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interviewFrance Inter — Questions politiques· 18 avril 2021 54 min

Xavier Bertrand : "Il faut changer les priorités vaccinales avec ceux qui ne télétravaillent pas"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour et bienvenue. Bonjour et bienvenue. Merci d'être aussi fidèle à Questions politiques. Le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Questions politiques qui restent grâce à vous et de loin le premier rendez-vous politique du week-end. Et vous démontrez que la politique peut intéresser, qu'elle peut même passionner. Et ça nous réchauffe le cœur et ça nous donne l'envie de poursuivre et de continuer. Notre invité aujourd'hui, c'est une figure majeure de la vie politique française. Et il est en pleine campagne. Campagne au pluriel. Il mène deux campagnes simultanément. D'abord pour les élections régionales.

On sait maintenant qu'elles auront lieu les 20 et 27 juin prochains. Le premier ministre le confirmait cette semaine. Il est aussi en campagne pour l'élection présidentielle. Lui qui a quitté les Républicains, réussira-t-il à rallier derrière lui l'ensemble de la droite ? Est-ce que c'est à l'échelle régionale, locale ou à l'échelle nationale dans un pays jacobin et encore très centralisé ? Nous sommes en direct jusqu'à 13h avec le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Nous reviendrons évidemment avec lui sur les grands enjeux politiques qui font l'actualité et ceux qui seront déterminants dans la France de demain.

1:18
Invité

France Inter, questions politiques, Alibadou.

1:24
Présentateur

Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Et bienvenue l'équipe de questions politiques. A mes côtés, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à tous. Solène Deroyer du journal Le Monde. Bonjour Solène. Bonjour à tous. Et Karine Becker de France Inter. Bonjour Karine.

1:36
Invité

Salut tout le monde.

1:37
Présentateur

Bonjour à toutes. Karine qui a préparé votre portrait, Xavier Bertrand, et nous le découvrirons tout à l'heure. Alors, nous voulions commencer cette émission avec un chiffre, un cap qui était franchi cette semaine. L'hécatombe du Covid-19 a fait plus de 100 000 morts en France. J'aimerais savoir ce que ce chiffre dit pour vous. Est-ce qu'il suffit à prendre la mesure de cette tragédie que nous traversons ? Et faut-il en France un hommage national à ceux qui en ont été les victimes ? Un hommage national comme en Allemagne, comme au Royaume-Uni, comme dans d'autres pays ?

2:10
Xavier Bertrand

Il faudra un hommage national. Il faudra un hommage national à la fois de solidarité, de compassion, et peut-être aussi surtout pour toutes les familles, tous les membres des familles qui n'ont pas pu dire bien au revoir. Le moment n'est pas encore fixé, il ne peut pas être fixé, c'est quand on sera sorti, quand on sortira de la Covid. Ça sera aussi une façon de rendre hommage, parce qu'on ne les applaudit plus en ce moment, à tous nos soignants, aussi à tous ceux qui, sans perdre la vie, ont été blessés. A tous ceux qui ont souffert, notamment beaucoup d'acteurs économiques, des commerçants, des entrepreneurs, des membres de la culture.

2:48
Présentateur

Le moment de l'hommage n'est pas encore venu ?

2:51
Xavier Bertrand

Je pense que le cap des 100 000, ce n'est pas un chiffre. C'est autant de familles qui ont perdu l'un des leurs, et qui ont perdu l'un des leurs dans des conditions extrêmement difficiles. Les rites funéraires, ça a aussi une symbolique. Ces rites funéraires n'ont pas pu avoir lieu comme c'est le cas d'habitude. Et je pense que nous ne réussirons à nous reconstruire, à dépasser le Covid, que quand ce deuil-là aura été fait dans son ensemble. C'est pour ça que j'attache beaucoup d'importance. Je vois que les Allemands le font aujourd'hui. Il y a d'ailleurs toute une cohésion, toute une union nationale autour de cet événement. Je pense que nous en avons besoin aussi en France.

Nathalie Saint-Cricain.

3:30
Invité

Vous pensez qu'on a besoin effectivement d'une symbolique pour tout le pays, ou est-ce qu'on n'a pas plutôt besoin d'une commission d'enquête pour savoir exactement tout ce qui n'a pas marché ? Est-ce que finalement, ces hommages perpétuels et ces commémorations successives, ce n'est pas quelque chose qui finalement est un peu facile à faire, et pas forcément toujours très utile ?

3:46
Xavier Bertrand

Vous avez raison, il y a deux choses différentes. Deux choses différentes. C'est vrai qu'il y a beaucoup de commémorations, il y a beaucoup de rendez-vous mémoriels, mais là je pense qu'il en faudra un. Là, pour moi, c'est incontournable. Il y a une deuxième chose. Comment ne plus jamais vivre cet état d'impréparation ? Comment nous préparer ? Nous l'avons été à différentes époques, mais nous n'avons jamais eu à affronter une épidémie comme celle-ci. Et celui qui dira, oui mais il y a eu la Covid, maintenant on est tranquille, celui-là sera un fou, un irresponsable, un incompétent. Donc nous devons en permanence nous préparer et tirer toutes les leçons, tous les enseignements.

Et vous avez raison, c'est vrai sur le plan national, c'est vrai aussi sur le plan européen, notamment sur la question des vaccins.

4:25
Présentateur

Mais justement, puisque vous êtes dans les Hauts-de-France et que vous voyez les falaises de calcaire du Royaume-Uni de l'autre côté de la Manche, qu'est-ce que ça vous inspire la situation là-bas ? La campagne de vaccination qui a des résultats bien plus importants qu'en France, c'est la possibilité de retrouver quelque chose comme une vie normale. On a vu que les pubs, c'est un symbole, ont rouvert à Londres par exemple.

4:50
Xavier Bertrand

Bon, la gestion du Covid n'a pas été parfaite de A jusque Z au Royaume-Uni. Il n'y a aucun pays, dans toutes ces circonstances-là, dont on peut se dire que c'est le seul exemple, peut-être la Nouvelle-Zélande, peut-être la Nouvelle-Zélande, mais autrement, force est de reconnaître qu'il y a eu aussi des difficultés. En revanche, Boris Johnson a tout misé sur la vaccination.

Il a non seulement pris un risque en commandant à AstraZeneca, il y a eu une organisation quasi-militaire, il y avait une personne, pas 36, qui s'occupait de la vaccination, une dame qui avait quitté ses fonctions privées, il n'y avait pas non plus la cacophonie des expressions, et ça fonctionne, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a une véritable réussite. Mais prenez le point le plus important, il a voulu un vaccin, et il a eu son vaccin, et il a pris un risque. Si ça n'avait pas fonctionné, on aurait pu le critiquer. Mais le rôle d'un responsable politique, c'est la prise de risque. Il n'est pas le seul à le faire. Moi, vous savez, je n'ai jamais été fan de M. Trump.

Mais en attendant, Donald Trump a dit à l'époque, je veux un vaccin, je mets les moyens sur la table pour l'avoir, et c'est aussi comme ça que nous avons Pfizer.

5:53
Invité

Mais quid de la stratégie vaccinale française qu'avait Bertrand ? Vous avez été très sévère au début, vous avez parlé même de fautes graves, ou de fautes gravissimes. Maintenant, les doses arrivent, le rythme s'accélère. Vous prenez acte ?

6:06
Xavier Bertrand

Écoutez, on n'a qu'une envie. Au-delà de l'inquiétude encore avec le Covid, au-delà de la lassitude, c'est que ça marche, et qu'on sorte du Covid, et on en sortira principalement par la vaccination. C'est vrai, en début d'année, c'était début janvier, je disais que cette stratégie nous amenait dans le mur. Elle a été en partie rectifiée.

Je regrette une chose, c'est de ne pas l'avoir dit encore plus fort, et encore plus tôt, parce qu'en septembre dernier, j'étais au Sénat, devant la commission d'enquête, en tant qu'ancien ministre de la Santé, et j'avais moi-même indiqué en septembre que le rendez-vous, qu'on ne pourrait pas manquer, après les masques, et après les tests, ce serait le rendez-vous des vaccins. Et force est de reconnaître que sur ce sujet, aujourd'hui, on nous dit l'accélération, très bien. Mais moi, je préférerais qu'on ait une vraie campagne de vaccination plutôt qu'une campagne de communication.

Aujourd'hui, dans les Hauts-de-France, et notamment à Marc, à côté de Calais, il y a des centres de vaccination qui sont fermés, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de candidats, c'est parce qu'il n'y a pas de doses de vaccins. Il y a des doses aussi qui arrivent dans d'autres centres. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on n'a qu'une envie que ça arrive. Et quand on nous dit que les plus de 55 ans vont pouvoir être vaccinés, et qu'on nous dit que ça va être le tour des enseignants, et notamment des forces de sécurité de plus de 55 ans. Mais c'est le cas pour toute la population. Vous voyez, c'est ça que je vous dis.

Mais il y a aussi des doses qui posent problème, c'est que ça arrive, que ça arrive vite, et qu'on associe tout le monde. J'ai fait des propositions en tant que président de région, depuis maintenant le mois de février, début février, seulement maintenant, on nous dit, on va travailler avec vous. Il ne faut pas perdre de temps.

7:37
Invité

Mais il y a aussi des problèmes avec certaines doses de vaccins. Je pense évidemment à l'AstraZeneca. Vous parliez tout à l'heure de ce qui s'est passé en Grande-Bretagne, certes. Je parle aussi, vous l'avez rappelé, à l'ancien ministre de la Santé. On fait quoi avec les doses d'AstraZeneca ? Comment le gouvernement doit gérer ? Est-ce qu'on continue à faire avec ? Est-ce qu'on continue à faire sans ? Comment on fait pour rassurer les Français vis-à-vis de ce vaccin, dont certains ne veulent plus ?

8:00
Xavier Bertrand

On fait avec, déjà. Et il ne faut pas non plus oublier ce qui s'est passé. C'est qu'on a eu, un jour, le Premier ministre qui nous dit que c'était un bon vaccin. Le lendemain, le Président qui décide, avant l'Europe, de dire, on suspend.

8:14
Invité

On ne pouvait pas ne pas suivre l'Allemagne, excusez-moi. Quand l'Allemagne, sans nous prévenir, suspend l'AstraZeneca, on ne peut pas être en train.

8:20
Xavier Bertrand

C'est de suivre en fonction de l'intérêt général et de la dimension scientifique des choses. Parce qu'encore une fois, je l'ai dit tout à l'heure, le problème que nous avons en France, c'est qu'il y a je ne sais pas combien de personnes qui sont habilitées à s'exprimer. Mais bon sang, depuis le début, comme en Grande-Bretagne, une personne qui parle et les autres se taisent.

8:37
Invité

Mais comment on redonne confiance ?

8:38
Xavier Bertrand

S'il n'y avait pas eu cette cacophonie, les Français auraient pu aussi davantage s'y retrouver. Donc ce vaccin, moi demain, on me propose de me faire vacciner avec AstraZeneca, je me ferai vacciner avec AstraZeneca. Et hier encore, je parlais avec des personnes que je connais qui ont eu ce vaccin, les choses vont très bien, vous savez. Tout médicament, tout vaccin, c'est ce que l'on appelle le bénéfice-risque. Le bénéfice l'emporte largement sur les risques de contracter ce satané virus. Alors on y va avec AstraZeneca.

Mais une communication positive, en réexpliquant bien les avantages, les cas qu'il peut y avoir en toute transparence, depuis le début, vous me le disiez tout à l'heure, je pense que pour traverser des crises comme celle-ci, qui sont inédites, où rien n'est facile, c'est la vérité, sur les commandes, sur les doses qui arrivent, et c'est la transparence, les deux. Quand vous faites ça, vous êtes capable de susciter la confiance de nos concitoyens.

9:34
Invité

Sur l'AstraZeneca, vous considérez qu'il faudrait qu'il y ait, je ne sais pas, un certain nombre de gens célèbres, de chanteurs, de politiques, que tout le monde ait une campagne généralisée pour dire, allez-y, ce n'est pas dangereux, vous avez parlé de vous, on a vu Jean Castex, vous pensez qu'il faut vraiment mettre un coup d'accélérateur là-dessus ?

9:50
Présentateur

Xavier Bertrand ?

9:51
Xavier Bertrand

Je ne suis pas sûr que ce soit des personnalités, je ne sais pas quels seraient les critères d'ailleurs, pour choisir ces personnalités, qui feraient la différence.

9:58
Présentateur

Vous allez regarder le match du PSG, Bappé par exemple,

10:00
Xavier Bertrand

même s'il est trop jeune. Alors, si j'ai un choix à faire, sur les priorités vaccinales, pour moi, ce ne sont plus les critères d'âge qui doivent rentrer en ligne de compte, à partir du moment où les plus fragiles ont été vaccinés.

10:13
Invité

Donc on fait sauter la priorisation, c'est tout le monde ?

10:16
Xavier Bertrand

À partir du moment où les plus fragiles, à peu près 15 millions de Français, là, vraiment les plus âgés, ou ceux qui ont des cas de comorbidité, comme l'on dit, 15 millions de personnes. À partir du moment où ceux-là sont vaccinés, je pense qu'il faut changer les priorités vaccinales, avec ceux qui travaillent en première ligne, qui ne télétravaillent pas. Il y a notamment les soignants, c'est fait, c'est lancé depuis longtemps et c'est normal. Vous avez les enseignants, tous les enseignants qu'ils souhaitent, le personnel également, qui n'est pas du personnel enseignant, qui est aussi dans les écoles, les collèges et les lycées, les forces de sécurité, et puis aussi...

10:53
Invité

C'est déjà le cas, les gendarmes et pompiers.

10:55
Xavier Bertrand

Pour les plus de 55 ans, comme pour la cocusation, je vais jusqu'au bout. Également, tous ces travailleurs qui ne télétravaillent pas, qui sont plus exposés que les autres, qui peuvent aussi contaminer plus de personnes, mais même s'il y a moins de clients aujourd'hui, un chauffeur de taxi est en contact avec beaucoup de monde. La caissière, dans une supérette ou dans une hypermarché, elle est au contact. Ceux des ouvriers qui doivent tenir leur place et qui sont au contact, même avec les gestes barrières, de leurs collègues, notamment les agents de sécurité.

Tous ceux qu'on a appelés à l'entrée de cet immeuble, les personnes qui s'occupent de la propreté, tous ces salariés de la deuxième ligne, la première ligne, c'était les soignants, ceux-là, on doit leur proposer en priorité. C'est pour les protéger, c'est de récompenser aussi ce qu'ils symbolisent, comme valeur travail, mais c'est aussi parce qu'ils peuvent aussi en contaminer d'autres. Donc pour moi, il faut un changement dans les priorités en leur proposant à cela.

11:46
Invité

Juste la piste de l'obligation de se faire vacciner, ça vous a effleuré à un moment donné, en vous disant que ce serait quand même quelque chose peut-être d'efficace ?

11:53
Xavier Bertrand

Obligé sans convaincre, ça ne marche pas. D'accord. Explication ? Il y a des choses, par exemple, dont nous ne sommes pas toujours convaincus, et pourtant, qui nous obligent. Oui, mais attendez, vous prenez les soignants, c'est un veillet, il faut vraiment les obliger. Et s'ils ne veulent pas, vous faites quoi ? Vous les mettez à pied, soyons sérieux, on a besoin qu'ils soient sur le pont, il faut jouer sur l'aspect de responsabilisation, et pour responsabiliser, il faut convaincre.

12:19
Présentateur

Comment faire de la politique et comment mener campagne, Xavier Bertrand, en pleine épidémie ? C'est une question qui est posée, Jean Castex a annoncé ce décret qui fixe les prochaines élections régionales au 20 et 27 juin prochain, une semaine de vaccination de gagné par rapport au calendrier initial, ce serait 2 millions de personnes vaccinées en plus, disait le Premier ministre, mais malgré tout, comment tout simplement s'adresser aux électeurs, essayer de mobiliser pour une élection, pour un scrutin dont on sait qu'ils ne mobilisent pas spontanément.

12:55
Xavier Bertrand

On a trouvé à un moment donné cette distinction inimaginable entre les commerces essentiels et non essentiels, il n'est pas question de faire une différence entre des élections essentielles et non essentielles. Et d'ailleurs, l'un des grands regrets que j'ai sur toute la conduite de la gestion de crise, c'est que la démocratie en elle-même a été bousculée, elle a été affaiblie. Je vous ai parlé tout à l'heure vérité et transparence, je suis intimement convaincu qu'il y avait une autre attitude à tenir à l'égard du Parlement. On ne fait pas voter le Parlement quand les décisions ont déjà été prises. On sollicite un débat en amont sur différentes hypothèses et chacun prend ses responsabilités.

Les séances de questions au gouvernement, assemblée, Sénat, ça ne suffit pas. Je pense que chaque semaine, chaque semaine, j'aurais imaginé, j'aurais voulu, j'aurais mis en place un vrai débat, mais pas un débat d'une heure où on se parle deux minutes et où on ne se répond pas, où on entend les options, les propositions des uns et des autres. Mais les différentes chances politiques sont régulièrement consultées, dit le gouvernement. Demandez aux représentants des groupes parlementaires et des partis politiques comment ça s'est passé. C'était un jeu... On ne voulait pas dire, on voulait avoir leur avis sans donner tous les éléments.

C'est important d'avoir aussi toutes les données épidémiologiques, scientifiques, solides dont dispose le gouvernement. J'ai été ministre auprès de Jacques Chirac, ministre, nous avons des éléments d'information que tout le monde n'a pas. Et puis, il y a aussi ensuite un autre aspect. Le conseil de défense, une fois que les décisions sont prises, on devrait savoir sur quel fondement ça a été pris. Ce n'est pas un conseil de guerre. Là, le virus n'est pas un ennemi qui chercherait des secrets. Donc, jouer la transparence, jouer la carte de la vérité, je pense que c'est quelque chose d'incontournable, encore une fois, pour avoir la confiance.

14:40
Invité

Mais vous regrettez surtout l'absence de commission d'enquête parlementaire. Il y en a eu une qui a fonctionné pendant neuf mois et elle a disparu effectivement en janvier dernier. Ça permettait de savoir ce qui se passait quand même.

14:47
Xavier Bertrand

Ce n'est pas le tout, la commission d'enquête. Moi, j'ai participé aux travaux, j'ai été invité et y participer pour expliquer comment, sous Jacques Chirac, nous avions préparé la France en termes de masques, en termes d'équipements, en termes de stratégies et en étant avec un maître mot l'anticipation. Mais Assemblée et Sénat, ça s'est arrêté très vite, trop vite. J'en suis intimement convaincu. Mais je vous dis que ça ne se résume pas à une commission d'enquête. C'est le rôle normal de la démocratie. Et prenez notamment pour les présidents de région que nous sommes. Oui.

Nous avons depuis maintenant des mois et des mois, nous n'avons même pas de visio, de réunion avec le Premier ministre une fois au tout départ, alors que bon, le système, vous allez me dire, est différent. Mais en Allemagne, Angela Merkel avec les présidents des lenders a régulièrement, je crois que tous les 10 jours, des réunions. Les lenders ont des compétences que n'ont pas les présidents de région. La question économie est essentielle. nous avons la gestion des lycées, d'une partie du personnel des lycées et également des locaux, également des transports.

Vous ne pensez pas, alors nous parlons avec le préfet, les préfets, nous parlons avec le directeur général de l'RS, mais à un moment donné, notamment quand il y a eu la question des réouvertures et des protocoles, vous comprenez bien quand même qu'une réunion de travail avec le ministre de l'Éducation nationale, ministre des Transports, serait eu du sens. Et nous ne sommes pas 3 000, nous sommes moins de 20 présidents de région. Donc quand on veut, et l'outre-mer. Et l'outre-mer ? Quand on veut, on peut.

Et je suis intimement convaincu, c'est pour ça d'ailleurs que je souhaite maintenant que l'on change tout cela, parce que la crise du Covid, c'est l'acte de décès du centralisme parisien tel qu'on le connaît. Et c'est pour ça que je souhaite maintenant qu'il y ait une république des territoires pour que l'on ne fonctionne pas sans État, mais que l'on donne davantage de responsabilité à l'échelon le plus proche. Vous voulez de l'efficacité ? Il faut de la proximité et du bon sens.

16:43
Invité

Un petit mot, un petit mot, Xavier Bertrand, sur les conséquences économiques de cette crise sanitaire. Le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, a estimé que l'année 2021 devait marquer la fin du quoi qu'il en coûte. Est-ce raisonnable ?

16:54
Xavier Bertrand

Il faudra à un moment ou un autre sortir du soutien tel qu'il a été mis en place. Et heureusement d'ailleurs qu'il a été mis en place. Mais encore une fois, ça avait du sens. Il vaut mieux garder du chômage partiel qu'avoir des salariés qui sont au chômage et qui perdent le lien avec leur entreprise. Nous savons toutes et tous que ça ne pourra pas durer indéfiniment. Mais en revanche, il faudra accompagner au fur et à mesure et ne pas arrêter brutalement les dispositifs d'aide. On sait qu'il y a aussi des commerces. Nos restaurants, tous nos commerces vont enfin réouvrir. Il est évident qu'ils ne pourront pas tourner avec le même nombre de clients. Donc il faudra les accompagner.

J'aimerais bien le savoir. J'aimerais bien le savoir parce que ça nous concerne également au travers de nos régions. Donc vous voyez, à chaque fois, il faut éviter la brutalité et comprendre que ce n'est pas seulement leur intérêt. C'est aussi notre intérêt que de les garder en activité, de les garder demain et aussi après-demain. Nathalie Saint-Crécaire.

17:48
Invité

Vous comprenez qu'il puisse y avoir éventuellement une sorte de flou sur la date des réouvertures. C'est-à-dire qu'on dise mi-mai certes ou peut-être vers mi-mai. Est-ce que vous créditez le gouvernement de ne pas avoir tous les éléments et même si ça ne durer qu'un jour de plus, il faut dire aux Français qu'il faut l'accepter ?

18:01
Xavier Bertrand

Cette épidémie a un caractère évolutif phénoménal et les variants ne font qu'accentuer justement cette tendance. Donc il est évident qu'ils ont des éléments dont nous ne disposons pas. Les éléments par exemple dont je dispose dans la région des Hauts-de-France montrent que nous pouvons repasser dans certains départements sous un taux d'incidence sous un taux d'incidence de 400. Ce n'est pas tout à fait la même chose dans les départements proches de l'Île-de-France. Donc ça dépend de tout cela. Il y a quand même aussi des facteurs sur lesquels honnêtement, quel que soit le taux d'incidence, expliquez-moi pourquoi nos musées sont restés fermés aussi longtemps. Il n'y a plus de touristes.

Il n'y a plus de touristes étrangers. Et il n'y a rien de plus simple que d'organiser des créneaux. Regardez notamment nos étudiants. On aurait très bien pu organiser des créneaux où ils pouvaient visiter les musées. Et après pour d'autres personnes. Là je ne comprends pas pourquoi on est allé aussi loin dans cette forme de comment dirais-je ? Une forme de raideur par rapport à cela. Parce qu'il n'y a rien de plus simple. Et vous avez aussi la question des commerces, les commerces de proximité. On a des lieux de culture où on pouvait organiser les choses avec une jauge singulièrement réduite mais de maintenir cette vie culturelle.

Donc là il y a des choses pour lesquelles soit ils ont des éléments scientifiques et ça aurait été bon d'ailleurs de les divulguer. Mais il y a des choses qu'on ne s'explique pas même si encore une fois encore une fois il est évident qu'à partir du moment où vous limitez les interactions et vous le voyez vous limitez très clairement les risques de contamination.

19:26
Présentateur

Alors l'avis démocratique Karine Bécard.

19:29
Invité

Alors il y a une question qui se pose également c'est autour du plan de relance. Ce plan de relance il a été échafaudé juste après le premier confinement. Est-ce qu'il est grand temps en fait de le réviser ce plan de relance ou est-ce que celui qui a été imaginé est le bon ? Il faut le garder.

19:43
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand. Il y a le plan Biden qui change fondamentalement les choses. A partir du moment où les Etats-Unis mettent en place un tel plan de relance l'Europe doit re- évidemment. Parce qu'autrement vous allez avoir une distorsion dans la compétition qui va s'ouvrir et puis il faut aussi regarder les choses jusqu'au bout. C'est que la façon dont M. Biden met en place son plan de relance c'est un plan de relance pour les Etats-Unis d'abord.

Et donc si nous ne comprenons pas qu'il faut changer le volume de notre plan de relance mais aussi s'armer je dis bien s'armer pour faire face à ce que veulent les Etats-Unis là on sera perdant sur toute la ligne et on doit en terminer soit avec une forme de naïveté ou aussi une forme d'égoïsme de certains pays. La vraie réponse notamment à ce que tu es en train de faire M.

Trump la politique ne changera pas énormément la politique économique entre Trump et Biden notamment sur les achats américains buy America first c'est clairement d'avoir un buy European Act c'est-à-dire une préférence européenne autrement nous nous ferons complètement avoir dans la compétition et nous y perdrons en termes d'emploi et d'activité économique ça nous amène à changer complètement les choses.

20:55
Invité

Vous dites qu'il faut effectivement redevenir keynésien comme sont en train de redevenir keynésien les Etats-Unis ?

20:59
Xavier Bertrand

Evidemment d'ailleurs dans la république des territoires que j'appelle de mes voeux je veux mettre en place des programmes d'investissement dans les infrastructures dans tout le pays que ce soit sur les routes que ce soit sur le fluvial que ce soit sur les trains que ce soit dans les infrastructures numériques il est temps de réaménager le territoire français

21:19
Présentateur

et j'aimerais qu'on s'arrête un moment justement sur vos compétences et sur ce que vous pouvez faire le discours du président de la république du 8 avril dernier était à cet égard éloquent on a beaucoup retenu on a retenu pardon essentiellement la suppression ou la modification de l'ENA mais le président Macron disait qu'il y avait deux institutions en France qui étaient des institutions structurantes les départements et les bassins de vie il n'a pas parlé des régions et vous revendiquez aujourd'hui la possibilité pour les régions d'agir là où l'état agit aujourd'hui avec d'autres que vous

21:52
Xavier Bertrand

vous trouvez aujourd'hui que le fonctionnement de l'état donne satisfaction moi non et les français non plus les français veulent donner des compétences aux collectivités locales à leurs élus locaux parce qu'ils sont près d'eux parce qu'ils sont à portée de baffe portée d'engueulade si vous le souhaitez et qu'ils savent tenir compte des véritables besoins moi je ne veux pas mais vous comprenez

22:16
Présentateur

qu'Emmanuel Macron n'ait pas parlé des régions

22:17
Xavier Bertrand

bien sûr j'ai compris attendez pas naïf j'ai plein de défauts mais certainement pas la naïfté non mais nous le sommes vu votre sourire vous ne l'êtes pas un seul instant je vais jusqu'au bout de mon raisonnement si vous le permettez aujourd'hui le système centralisé de fonctionnement et on l'a vu avec les agences régionales de santé dans la gestion du covid quelle que soit la qualité des personnels ça n'a pas fonctionné si vous êtes sur une gestion d'une crise sanitaire la responsabilité doit être celle de l'état via les préfets et demain le pilotage du système de santé dans les territoires ça doit être confié aux départements et aux régions les deux ensemble voilà ce pourquoi j'appelle de mes voeux un changement profond de notre façon de gérer la France mais aussi c'est un changement de modèle de société et vous me dites mais à quel titre vous faites ça c'est pour cela aussi que je suis candidat à l'élection présidentielle et que je veux être président de la république parce que l'impulsion elle vient d'en haut si la réforme de l'état consiste à changer le nom d'une école mais bien évidemment qu'il ne se passera rien et je voudrais vous dire plusieurs choses à ce titre moi-même j'ai appelé de mes voeux la transformation la suppression de l'ENA voilà bien longtemps parce que pour moi elle était synonyme de centralisation centralisation outrance et surtout elle est aussi la marque d'une administration qui est plus tournée vers le contrôle que vers l'accompagnement l'accompagnement des français des citoyens des entreprises c'est cette révolution là qu'il faut faire je veux que l'état soit fort mais je veux que l'état soit fort pour assurer notre sécurité pour renforcer la justice pour garantir la laïcité et lutter contre le terrorisme pour notre diplomatie en redéfinissant les intérêts français pour mieux contrôler l'immigration mais pour le reste je veux que ce ne soit plus à Paris que se gèrent les politiques économiques les politiques de logement les politiques de santé les politiques de transport c'est la seule façon d'être demain efficace et pour cela je vous l'ai dit c'est pas seulement un transfert de compétences je veux que nous puissions investir je dis bien investir pour pouvoir mettre la France à niveau et je ne suis pas en ce qui me concerne moi dans un débat contre les fonctionnaires je trouve même indigne le procès qui est fait aux fonctionnaires les fonctionnaires les hauts fonctionnaires ont le sens de l'état dans notre pays mais par contre c'est aux politiques c'est aux chefs de l'état de dire quel est le rôle de l'état quelle est la fonction de l'état quelles sont ses missions

24:39
Invité

vous êtes un peu contradictoire parce que vous dites voilà les hauts fonctionnaires finalement je les aime beaucoup donc il faut l'ENA ou il ne faut pas l'ENA parce que vous disiez à l'instant qu'il faut les supprimer donc on les forme où et comment je pense que vous avez

24:48
Xavier Bertrand

bien compris j'étais moi-même pour la transformation suppression de l'ENA depuis bien longtemps pour les raisons que je vous ai expliquées

24:53
Invité

donc vous applaudissez l'agence d'Emmanuel Macron de la suppression de l'ENA

24:56
Xavier Bertrand

mais encore une fois la différence moi je ne suis pas dans le paraître moi je suis dans l'être je veux faire les choses et je veux changer les choses la logique n'est pas de changer le nom d'une école ce que je viens d'expliquer à l'instant c'est de changer les choses en profondeur et de donner aussi un sens au rôle des fonctionnaires et de ne pas de ne pas les laisser un peu comme des cibles comme ils l'ont été justement dans ce débat c'est le politique qui est responsable vous savez à mes yeux la responsabilité politique elle ne se délègue pas et elle ne se partage pas c'est au chef de l'état de dire quel est le rôle de l'état et quelles sont les conditions à ce propos

25:33
Invité

Laurent Wauquiez qui effectue un grand comeback ou du moins dans le Figaro par une grande interview propose le spoil system c'est à dire qu'on considère que en gros quand quelqu'un arrive au pouvoir il faut disposer d'un volant de hauts fonctionnaires qu'on fait partir on prend les siens de manière à être efficace c'est ce qui se passe aux Etats-Unis est-ce que vous considérez que c'est un bon système de manière à avoir une sorte d'administration de mission qui sont des gens qui pensent la même chose politiquement que le président de manière à pouvoir faire appliquer sur le terrain sa politique

26:00
Xavier Bertrand

je veux aller beaucoup plus loin beaucoup plus loin parce que je souhaite que les responsabilités qui sont assurées à Paris soient des responsabilités bien moindres qu'aujourd'hui l'état doit aussi pouvoir assurer la régulation fixer un cadre mais pour le reste moi je fais par exemple confiance aux préfets et j'estime que les préfets devront avoir la possibilité d'adapter la loi nationale vous avez une loi SRU sur le nombre de logements sociaux elle est uniforme uniforme 25% sauf qu'on ne regarde pas que dans certaines communes il n'y a plus la possibilité de construire donc autant dire qu'on leur met une amende directement vous avez des textes qui sont en train de passer sur l'artificialisation des sols mais bon sang il n'y a pas deux régions qui se ressemblent il n'y a pas deux territoires qui se ressemblent dans certains endroits la loi appliquée de la même façon ça veut dire qu'on va mettre des territoires sous cloche moi dans ma région j'ai besoin de développer l'emploi on a réussi à faire baisser le chômage ça ne me suffit pas je continue à me battre pour l'emploi si on me dit demain que je ne peux plus installer autant d'entreprises que je le souhaiterais mais bon sang qu'est-ce que j'explique à ma population qu'est-ce que j'explique aux gens qui veulent sortir du chômage voilà pourquoi encore une fois on a besoin de davantage de souplesse de pragmatisme et pour avoir de l'efficacité il faut que vous soyez le plus proche du terrain le plus proche et puis

27:17
Invité

avec du bon sens ma question c'était du spoil system je vous ai dit

27:21
Xavier Bertrand

que je voulais aller plus loin

27:22
Présentateur

alors non mais du coup on va passer au portrait dans un instant vous avez Bertrand ce qu'on a du mal à comprendre c'est que vous êtes candidat à la présidence de la république mais vous voulez largement la vider de ses pouvoirs actuels alors soit depuis le début soit le début j'ai pas été contradictoire d'un côté la proximité celle du président de région de l'autre l'importance de l'échelon national et donc la présidence de la république c'est pas contradictoire de manière contradictoire d'envisager la politique

27:49
Xavier Bertrand

le projet de redressement que je veux porter il s'articule autour de l'autorité autour du travail de la valeur travail et autour d'une république des territoires et il n'y a que le président de la république qui peut à la fois porter cela donner l'impulsion et s'assurer que les choses seront clairement établies et rétablies la question de l'autorité je pense qu'on aura l'occasion d'en parler dans cette émission on va y venir juste après la portrait la sécurité aujourd'hui n'est plus assurée sur notre territoire comme elle le devrait la justice la justice n'inspire plus confiance comme elle le devrait dans notre pays je voulais aussi indiquer sur les enjeux diplomatiques avec les intérêts de la France qui doivent être redéfinis une politique migratoire une lutte acharnée pardon une guerre contre l'islam politique contre les islamistes tout cela tout cela vous pensez que c'est décharger le président de la république de ses responsabilités c'est au contraire au contraire montrer qu'il a conscience de ce que sont les enjeux prioritaires et s'assurer de cela matin, midi et soir et plus encore

28:51
Présentateur

le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand est notre invité ce dimanche

28:55
Invité

France Inter Alibadou question politique

29:01
Présentateur

c'est la tradition Xavier Bertrand votre portrait signée Karine Becker

29:04
Invité

vous êtes sans cesse candidat en 40 ans d'itinéraire politique avez-vous une idée Xavier Bertrand du nombre de fois où vous avez prononcé ce mot-là candidat parce qu'il y a 18 mois vous annonciez déjà que vous étiez donc candidat à votre succession à la région ça c'était il y a 18 mois et puis il y a un petit peu moins d'un mois vous avez assuré cette fois que vous serez candidat à la prochaine élection présidentielle comme vous y étiez également engagé pour la précédente avec 4 ans d'avance mais on y reviendra postuler gagner avancer vous avez tout de suite compris Xavier Bertrand qu'il fallait d'abord vous implanter localement ce qui vous a pris presque 20 ans à 16 ans vous commencez à militer à 24 chez vous dans l'Aisne à Saint-Quentin vous devenez conseiller municipal et ensuite étape classique les élections cantonales

29:54
Xavier Bertrand

je continue à travailler comme je l'ai toujours fait en étant un élu de terrain disponible présent à l'écoute mais ce résultat me permet aussi de continuer dans la dans la lignée de ce qu'a fait Jacques Braconnier parce que c'est quelqu'un qui m'a fait faire mes premiers pas en politique et ce soir je suis heureux avec cette élection de pouvoir lui rendre hommage

30:11
Invité

vous n'avez pas tellement changé 1998 de l'écoute de la présence de la disponibilité dites-vous ce triptyque vous n'avez jamais cessé de le répéter alors vous remerciez le sénateur Jacques Braconnier qui vous a mis le pied à l'étrier mais c'est surtout Jacques Chirac le premier qui vous a vraiment donné envie de vous engager à peine élu député vous devenez ministre de Chirac à ce moment-là Xavier Bertrand vous avez 39 ans et vous ne serez plus candidat à rien parce que tout va vous être donné deux fois ministre de la santé porte-parole du candidat Sarkozy puis deux fois ministre du travail sans oublier patron de l'UMP ce sentiment tout à coup d'être ou de vous croire absolument important va durer tout de même un petit peu plus de 7 ans jusqu'en 2012 quand vous serez réélu de justesse à l'Assemblée mais vous allez en réalité assez vite l'oublier

31:03
Xavier Bertrand

je serai candidat à la primaire pour l'élection présidentielle de 2017 et donc c'est la raison pour laquelle je ne me lance pas dans la compétition pour la présidence de l'UMP

31:14
Invité

résumons-nous entre juin et septembre 2012 vous êtes candidat Xavier Bertrand à la présidence du groupe des députés à l'Assemblée candidat à la présidence du parti de l'UMP et candidat donc à la primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle avec 4 ans d'avance ce qui est tout à fait impressionnant sauf que sincèrement dans la bataille entre Fillon et Copé vous aviez peu de chance de vous imposer donc vous avez préféré décliner quant à la primaire face notamment à Nicolas Sarkozy François Fillon et Alain Juppé il était sans doute là aussi préférable d'abandonner pour décrocher la région des Hauts-de-France battre Marine Le Pen et apparaître métamorphosée

31:58
Xavier Bertrand

cela fait 30 ans 30 années que l'ensemble de la classe politique dont je fais partie explique qu'elle a reçu le message qu'elle a tout compris que plus rien ne sera comme avant et pourtant qu'a-t-elle fait cette classe politique le résultat de ce soir nous oblige à rester humbles je ne pourrai jamais oublier ce que j'ai vécu pendant cette campagne cela changera à jamais ma façon de faire de la politique

32:25
Invité

vous êtes vous objectivement transformé Xavier Bertrand ce 13 décembre 2015 le ton semble étonnamment juste mais à 56 ans vous avez gardé comme bien d'autres la même ambition teintée de cette même détermination reste à savoir si vous pourrez et si vous oserez cette fois aller effectivement jusqu'au bout

32:47
Présentateur

Xavier Bertrand

32:48
Xavier Bertrand

vous me posiez la question est-ce que ce moment-là m'a profondément changé la réponse est oui parce que j'ai vu la mort de la politique j'ai vu des habitants de la région ils me disaient non mais attendez on ne va pas vous écouter on ne va pas discuter avec vous tout ce que l'on vit toutes nos difficultés c'est vous qui en êtes responsable j'avais beau leur dire je n'ai jamais été premier ministre jamais été président non non vous avez été ministre vous avez été député alors vous êtes responsable comme les autres dégagé et je suis élu dans des circonstances exceptionnelles c'est-à-dire que je réalise au premier tour avec mon équipe un score plus important que ce que fait la droite dans cette région je suis deuxième et le parti socialiste Pierre de Saint-Ignon décide de se retirer parce qu'ils ne veulent pas de l'élection de madame le pen et je comprends aussi ce jour-là que ce geste ce geste qui est pour faire barrage à ce que représente l'extrême droite il doit aussi rentrer en ligne de compte c'est-à-dire que je reste fidèle à ceux qui m'ont fait confiance dès le premier tour mais je comprends ce soir-là surtout quand vous êtes élu face aux extrêmes que vous ne devez pas être uniquement lié avec ceux du premier tour vous devez aussi penser à ceux qui ont voté pour vous comme à ceux qui n'ont pas voté pour vous et aussi à ceux qui n'ont pas voté du tout qui n'ont pas voté du tout et c'est-à-dire qu'il y a une logique qui s'impose vous devez rassembler pas vous renier pas renier mes idées je suis toujours un élu de droit d'une droite républicaine d'une droite populaire mais ça veut dire que vous ne devez pas piétiner les autres vous devez respecter leurs idées mais vous devez tout simplement avancer et c'est ça que j'ai vu et la raison juste en termes de chronologie je ne suis pas candidat à l'élection primaire je l'annonce au lendemain de cette élection je l'annonce au lendemain de cette élection c'est pas avant que j'y renonce c'est au lendemain de cette élection parce que j'ai vu que si je veux essayer de réconcilier avec la politique il va falloir s'y consacrer totalement

34:45
Présentateur

Solène de Royer puis Nathalie Saint-Cric le temps passe

34:49
Invité

vous voulez échapper au primaire Xavier Bertrand une question très simple comment convaincre votre ancien parti LR de vous soutenir à la présidentielle

34:55
Xavier Bertrand

parce qu'il ne s'agit pas seulement de convaincre un parti il s'agit de convaincre les français un parti la droite la gauche moi mon projet c'est pour la France c'est pour les français et je suis intimement convaincu aujourd'hui qu'il ne faut pas qu'il y ait de filtre il ne faut pas qu'il y ait de barrage pas de barrière entre le projet que je porte qui je suis et les français et c'est aussi pour ça que je suis parti en campagne très tôt parce que je suis prêt mais je sais aussi qu'il faut aller à la rencontre des français il y a un certain nombre d'idées que j'ai posées sur la table mais maintenant je veux aussi en parler les améliorer les expliquer aux partenaires sociaux aux élus locaux et aussi aux français et c'est la raison pour laquelle la campagne des régionales sera pour moi aussi l'occasion d'expliquer le projet la république des territoires ça concerne la région des Hauts-de-France toutes les régions de France ça concerne la France c'est la même logique c'est la même cohérence

35:45
Invité

donc vous considérez qu'à un moment donné vous serez le candidat naturel on entend beaucoup cette expression de la droite et un candidat naturel ça se voit à quoi ? ça se voit au sondage ? c'est ça la nouvelle règle pour déterminer finalement les candidats à la présidentielle ?

36:00
Xavier Bertrand

ne vous inquiétez pas ça se verra ça se verra et je crois beaucoup ça se verra comment ?

36:03
Invité

il faudra que ça se voit peut-être Valérie Pécresse Laurent Wauquiez tous les gens qui aimeraient bien que ça se voit pour eux aussi donc je voudrais juste savoir comment ça se verra ?

36:12
Xavier Bertrand

et je crois beaucoup à la dynamique la dynamique elle se fait parce que votre projet rencontre de l'écho et regardez ce qui s'est passé vous m'invitez aujourd'hui on parle beaucoup de la candidature à la présidentielle malgré tout le contexte du Covid malgré tout le gramme du Covid pourquoi ? parce qu'il y a énormément de français qui veulent une alternative une alternative républicaine au duel Emmanuel Macron Marine Le Pen

36:33
Invité

ça va s'imposer à un moment donné ?

36:35
Xavier Bertrand

mais d'ores et déjà trois quarts des français ne veulent pas de ce duel vous allez vous imposer naturellement je veux juste vous expliquer ne veulent pas de ce duel parce qu'ils savent que ça continuera à une crise alors que le pays il a besoin d'espoir et d'apaisement que ça conduirait ce duel Macron-Le Pen Le Pen-Macron à de nouvelles crispations à de nouvelles divisions ils veulent autre chose à moi de porter justement mon projet à moi d'expliquer comment je veux faire dans une logique de rassemblement et nous verrons dans les semaines et dans les mois qui viennent est-ce que je crée cette dynamique oui ou non ?

je sens d'ores et déjà je sens d'ores et déjà qu'il y a nombreuses personnes au-delà même de LR qui adhèrent justement à ce projet à moi de l'expliquer à moi de l'expliquer et d'expliquer aussi pourquoi pourquoi c'est un projet qui est basé sur le redressement pourquoi sur l'autorité moi vous savez je ne suis pas un candidat de l'ordre pour l'ordre mais c'est de l'ordre pour bien vivre pour mieux vivre pourquoi le travail ?

parce que j'ai été profondément marqué par la crise des gilets jaunes le message du début des gilets jaunes pas les violences des black blocs du début des gilets jaunes qui était le message il était double nous travaillons et nous n'arrivons pas à nous en sortir on n'arrive pas à faire plaisir à nos enfants moi ce message là je ne l'ai pas oublié je ne l'ai pas oublié dans ma région où nous avons mis en place des aides pour ceux qui travaillent qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler ils habitent plutôt en milieu rural bien souvent mais aussi pour la garde d'enfants et même au moment du covid pour tous ceux qui avaient dû travailler qui n'étaient pas des personnels de santé qui n'avaient pas reçu de prime ni de l'état ni de leur employeur on avait mis en place une aide de 200 euros pour les récompenser pour leur dire merci sous forme sous forme de chèques vacances qui étaient en plus consommés dans la région donc avec un effet économique

38:21
Présentateur

73 000 familles

38:27
Xavier Bertrand

en ont bénéficié c'est la valeur travail parce que le travail doit aussi payer et être reconnu mais votre droite

38:32
Invité

c'est une droite sociale du coup c'est une droite populaire c'est une droite populiste elle se situe où en fait

38:37
Xavier Bertrand

je viens de vous le montrer avec des exemples très concrets je suis pragmatique je ne me contente pas de faire des discours parce que en 2015 j'en disais mais les discours on en a marre ça sert à rien concrètement vous allez faire quoi pour nous et ces mesures là l'aide au transport des aides pour retrouver un emploi des aides notamment pour ses salariés ses secondes lignes c'est du concret dans la région

38:58
Invité

mais vous citiez Trump tout à l'heure est-ce que ça peut être effectivement un modèle est-ce que le populisme est-ce que le populisme malgré tout c'est un gros mot ou pas

39:06
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand certainement pas un modèle si j'ai des modèles c'est dans la vie politique française mais c'est pas monsieur Trump mais je sais une chose c'est qu'il faut se battre et il faut se battre pour les intérêts de la France il faut se battre pour les intérêts des français et je vous l'ai dit tout à l'heure il y a un autre message des gilets jaunes cet autre message c'est quand on n'habite pas dans les métropoles on n'est pas pour autant des citoyens de seconde zone on veut des services publics on veut qu'il y ait de la santé de l'éducation on veut également qu'il y ait de la culture on veut des moyens de transport dignes de ce nom d'où cette république des territoires vous voyez je suis parti à chaque fois des constats qui auraient dû d'ailleurs être beaucoup plus pris en considération les gilets jaunes c'est le dernier avertissement avant une secousse terrible dans notre pays et moi je veux y apporter des réponses je ne suis pas un sociologue je suis un responsable politique qui veut devenir président de la république pour apporter des solutions aux problèmes des français et aux problèmes du pays

40:00
Invité

deux choses précises vous pensez que ça se jouera sur le régalien aussi sécurité, justice vous trouvez que l'état de la France est inquiétant pour l'instant Emmanuel Macron fait un déplacement sur la sécurité du quotidien demain je crois à Montpellier est-ce que vous trouvez que des choses se sont dégradées en France

40:16
Xavier Bertrand

sécurité et justice c'est un constat d'échec total de sa part parce que je pense qu'il y a un problème de compréhension de ces enjeux depuis 4 ans il n'a jamais pris la mesure que le rôle du président de la république était déjà d'assurer la sécurité de ses concitoyens la raison pour laquelle le rétablissement de l'autorité je le redis c'est pas de l'autorité pour l'autorité c'est tout simplement pour que l'on puisse à nouveau vivre en sécurité il y a tout un enjeu sur nos forces de sécurité il leur faut des moyens des moyens humains il y en a plus depuis quelques années il leur faut des moyens matériels mais il faut aussi leur donner des consignes des instructions claires et il faut les soutenir les protéger Gérald Darmanin le fait non ?

c'est le rôle du président de la république d'être clair en permanence on ne peut pas dire qu'on soutient les forces de l'ordre et avoir le t-shirt d'un auteur de bande dessinée sur les violences policières à Angoulême on ne peut pas sur brut utiliser reprendre même le mot de violence policière il faut être cohérent quand on est président de la république et le soutien aux forces de l'ordre il n'est pas à géométrie variable elles doivent être exemplaires elles le sont s'il y a des dérapages des actes qui sont contre la loi ils doivent être durement sanctionnés mais on soutient les forces de l'ordre comme on soutient aussi les forces de l'ordre et leur environnement familial est-ce que vous applaudissez

41:36
Présentateur

à la justice du quotidien à la justice de proximité

41:39
Xavier Bertrand

juste terminer il y a un autre point qui est marquant on n'est pas dans les films on est dans la réalité vous avez de plus en plus de policiers voire parfois de gendarmes qui voient leur famille menacée j'ai des exemples dans ma région parlant avec eux quand ils m'expliquent leur quotidien parfois ils ne font plus les courses avec leur famille le week-end quand ils ne travaillent pas parce qu'ils ne veulent pas justement être reconnus vous avez vu ce qui s'est passé cette semaine où il y a eu dans une cage d'immeuble les photos des proches vous pouvez peut-être pas éviter qu'il y ait ce type d'acte mais elle était où la riposte on fait quoi pour réagir aussitôt pour justement dans le quartier en question interpeller tous ceux qui doivent l'être et les traduire devant la justice parce que si on commence ceux qui nous protègent et ils nous protègent parce que derrière c'est la vie en société si on n'est pas capable de les protéger c'en est fini et vous aurez quoi ?

vous aurez tout simplement de l'autodéfense vous avez des gens qui ne seront plus confiants des gens qui vivront séparés les uns des autres ça n'est pas pensable et c'est à la république de le faire il y a une politique

42:43
Présentateur

sur la justice aussi Nathalie l'évoquait rapidement quand vous entendez parler d'une justice de proximité d'une justice du quotidien pourquoi n'applaudissez-vous pas ?

42:53
Xavier Bertrand

parce que je veux une justice efficace la question Nathalie Saint-Cricq me le disait à l'instant il y a la question de la sécurité et dans la sécurité il y a la réponse pénale la réponse pénale aujourd'hui n'est pas au niveau et je ne suis pas de ceux qui par facilité vont faire le procès des juges quand une loi ne convient pas ou n'est pas suffisante on la change et dans les projets que je porte dans le projet sur le rétablissement de l'autorité il y a une part très importante pour la justice et un renforcement des moyens oui mais des moyens juridiques pour protéger les français un exemple on s'en prend un policier un gendarme un pompier ou un maire la peine de prison doit être automatique il y a bien sûr la possibilité de graduer c'est l'individualisation des peines on ne peut pas être automatique

43:39
Invité

oui

43:39
Xavier Bertrand

on s'en prend à eux il y a un minimum automatique il y a un minimum automatique c'est quelque chose pour moi avec lequel on ne transige pas parce qu'il n'y a plus de respect de rien vous avez ensuite un autre aspect vous êtes condamné avec du sursis la deuxième fois le sursis tombe et aujourd'hui la prison surtout pour les courtes peines ça n'est plus la solution voulue je le dis très clairement je veux construire des places de prison pas toutes les mêmes places parce qu'il faut qu'il y ait des prisons qui sont sur un format différent il faut aussi qu'il y ait sur tout ce qui est psychiatrie légale un renforcement des moyens très important mais c'est 20 000 places et c'est pas moins là aujourd'hui on est encore une fois en dessous de cet objectif de 20 000 places c'est la seule façon de pouvoir permettre à la justice d'être clairement efficace le projet de loi

44:25
Invité

pour une sécurité globale vient d'être adopté par le parlement vous l'auriez voté vous ?

44:28
Présentateur

oui

44:28
Invité

d'accord c'est clair

44:30
Présentateur

Karine Becker

44:30
Invité

on vous entend donc sur l'autorité le travail des territoires très bien on vous entend peu sur les questions d'écologie qui sont malgré tout aussi me semble-t-il au coeur des débats au coeur des inquiétudes des français vous vous affichez pro nucléaire anti-éolienne si j'ai bien suivi j'ai bien suivi comment réduire malgré tout de 40% les émissions de CO2 dans notre pays quel chemin est-ce que vous pensez emprunter ?

44:56
Xavier Bertrand

tout d'abord prenez une énergie décarbonée le nucléaire

44:59
Invité

ça suffira pas pour baisser de 40% les émissions de gaz à effet de serre

45:03
Xavier Bertrand

commençons déjà par cela commençons déjà par cela si je suis élu président c'est dès l'été 2022 que je prendrai la décision de lancer les nouveaux réacteurs je n'attendrai pas je ne tergiverserai pas je n'attendrai pas un an un an et demi de plus je prendrai cette décision très clairement et encore une fois il faut dire la vérité et être totalement transparent sur les intentions deuxièmement nous avons besoin sur l'industrie je veux réindustrialiser le pays d'avoir une industrie décarbonée c'est le recours massif à l'hydrogène il faut que l'on prenne un maximum d'avance en la matière et puis sur les énergies renouvelables il n'y a pas que l'éolien quand même pourquoi j'ai cette position sur l'éolien ?

parce que j'ai vu aujourd'hui dans une région comme la mienne c'est que nous avons des projets encore des projets sans tenir compte de l'avis des populations et sans tenir compte aussi de l'impact financier sur le photovoltaïque je ne vois pas pourquoi on ne met pas le même accent je ne vois pas pourquoi sur toute l'énergie marine on ne met pas le même accent c'est éolien éolien et je suis encore une fois désolé de vous dire que tous ceux qui font la promotion de l'éolien j'en vois très peu habiter au pied d'une éolienne et encore une fois il nous faut changer les textes parce qu'on ne peut plus imposer des projets éoliens comme c'est le cas aujourd'hui le gouvernement avait fait des promesses ils n'ont pas tenu ces promesses dans ma région pour commencer mais au sommet de l'état je changerai complètement notre politique en matière d'énergie renouvelable mais il y a aussi la question mais pensez-vous que les populations

46:34
Présentateur

sont contentes d'habiter près d'une centrale nucléaire pardon est-ce que les populations sont contentes d'habiter près d'une centrale nucléaire

46:39
Xavier Bertrand

demandez-leur justement je vous pose la question je vois Graveline je vois Graveline notamment et d'ailleurs je souhaite que dans ma région parce que Graveline aura une date de fin de vie c'est qu'il y ait un nouveau réacteur et encore une fois je suis très clair sur toutes ces questions les élus locaux sont aussi très clairs et favorables et s'ils sont élus c'est que la population y est aussi favorable une chose est certaine il n'est pas question il n'est pas question de transiger avec la sécurité ni aujourd'hui ni demain ni après demain mais vous me posiez la question de l'écologie moi je veux une écologie de progrès Luc Ferry est sur cette logique de l'écomodernisme il a raison c'est que nous ne réussirons à relever ces défis écologiques parce que nous aurons aussi des innovations du progrès depuis le temps que nous parlons

47:21
Invité

mais en 5 ans dans votre région par exemple il y a eu des innovations sur les mobilités vous avez mis en place des mobilités alternatives par exemple comme on essaie d'en mettre dans d'autres villes

47:29
Xavier Bertrand

je mets le paquet en commun bien évidemment nous sommes engagés notamment sur des trains à propulsion par batterie électrique nous avons également implanté un constructeur de bus qui fait des bus électriques et nous avons aussi c'est chez nous qu'il y a eu la première ligne de bus à hydrogène donc vous voyez on est engagé là-dessus et nous avons aussi engagé une autre démarche qui s'appelle la troisième révolution industrielle c'était le concept de Jérémy Rifkin porté par mon prédécesseur Daniel Percheron avec Philippe Vasseur où nous marions l'industrie la transition digitale et la transition écologique et aujourd'hui plus de 1300 projets sont devenus réalité avec des emplois donc je ne suis pas pour la décroissance je ne suis pas pour la décroissance mais je pense aussi que si nous voulons réindustrialiser notre pays on doit marier les deux mais certainement pas dire aujourd'hui que tout ce qui est développement économique doit passer après c'est pas pensable

48:23
Invité

Nathalie je voudrais juste comprendre quelque chose un certain nombre de leaders politiques considèrent que le nucléaire c'est une énergie de transition c'est à dire que certes c'est pas le rêve mais que c'est quand même moins pire que le charbon pour faire simple vous vous considérez que c'est une énergie d'avenir

48:35
Xavier Bertrand

je pense que c'est une énergie d'avenir une énergie d'avenir je ne suis pas capable de vous dire dans un siècle dans deux siècles si avec les progrès technologiques il y a d'autres choses

48:44
Invité

parce qu'on ne peut pas faire mieux vous dites ça ne me pose aucun problème

48:47
Xavier Bertrand

moi ça ne me pose aucun problème parce que derrière il y a aussi autre chose c'est que je vous ai parlé d'une énergie décarbonée et j'ai l'industrie j'ai l'industrie du nucléaire qui est à dire toute une filière avec des dizaines et des dizaines de milliers d'emplois c'est en plus tout un point sur lequel la France a de l'avance la France est aussi synonyme d'excellence je n'ai pas envie que l'on perde cette avance parce que c'est aussi ce qui permet à nos concitoyens d'avoir une facture d'électricité qui leur coûte beaucoup moins cher beaucoup moins cher qu'en Allemagne et après il y a aussi un autre aspect quand vous prenez les classements internationaux la France en Europe en termes de rejet n'est pas la plus mal placée bien au contraire donc nous devons bien évidemment continuer à être à la pointe notamment avec les accords de Paris mais il faut aussi bien voir qu'on a besoin de mobiliser l'ensemble de la communauté internationale mais aussi il faut parler des problèmes de pollution de pollution de l'air de pollution de l'air intérieur je suis aussi ancien ministre de la santé santé environnement ça me parle et puis aussi de voir comment on peut mieux valoriser la biodiversité ça aussi c'est quelque chose de très important

49:49
Présentateur

de la prochaine campagne présidentielle la ministre chargée de la citoyenneté je réponds à vos questions bien sûr non mais vous faites bien mais c'est vrai que ce sont autant de sujets qui seront débattus pendant la présidentielle espérons-le

49:59
Xavier Bertrand

et même dans les élections régionales parce que je continuerai à importer ce projet

50:02
Présentateur

même si ça ne relève pas toujours de vos compétences mais la ministre chargée de la citoyenneté Marlène Schiappa annonce une consultation nationale sur la laïcité dès mardi prochain elle lancera des états généraux de la laïcité qu'en attendez-vous ?

50:15
Xavier Bertrand

il est temps il est temps de toute façon le combat pour la laïcité est un combat qui est un combat pour la république et aussi plus largement pour la France parce que la France c'est la laïcité donc il y a un débat c'est une chose mais moi je souhaiterais que l'on ait des armes des armes pour lutter contre ceux qui s'en prennent à la laïcité

50:33
Invité

et quelle est votre vision de la laïcité

50:35
Xavier Bertrand

et la question c'est les islamistes les islamistes aujourd'hui il ne s'agit pas de leur dire la laïcité et là il s'agit de leur faire la guerre parce que c'est la notion même de république française qui est attaquée qu'est-ce que ça veut dire faire la guerre aux islamistes ? c'est-à-dire se donner les moyens de les mettre hors d'état de nuire de mettre hors d'état de nuire les terroristes islamiques c'est aussi de ça veut dire

50:56
Invité

on les met à vie en prison ça veut dire quoi exactement ?

51:01
Xavier Bertrand

j'ai une tête de dictateur

51:02
Invité

je ne sais pas Guillaume Pelletier dont vous êtes très proche du Parti des Républicains propose de les mettre en centre de réduction

51:08
Xavier Bertrand

je suis quelqu'un qui est très déterminé sur ces questions-là je ne suis pas un énervé mais je suis quelqu'un de très déterminé ça sera eux ou nous je ne suis pas de ceux qui pensent que ça se passera bien je n'ai pas envie que mes enfants plus tard grandissent en baissant la tête ou en évitant certains sujets de conversation ou en évitant certains lieux donc très clairement tous ceux qui sont à prêcher contre la France ceux-là ne doivent pas rester en France ils doivent partir tous ceux qui ne signent pas tous ceux soyons sérieux écoutez un court instant je vous ai dit je connais l'état de droit mais je veux tout simplement que le droit protège quand vous avez des gens qui prêchent contre la France qui prêchent la haine de la France c'est qu'ils ne sont pas français dehors mais dehors où ?

51:49
Invité

parce que leurs états en général ne veulent pas les récupérer ces gens-là donc en fait on les met où concrètement ?

51:53
Xavier Bertrand

et bien vous les mettez dans ces états en leur indiquant que s'ils ne reprennent pas leurs ressortissants plus aucun ressortissant du président au ministre aux entrepreneurs ne sera accepté en France je vous l'ai dit aussi on est aussi à une époque où il faut comprendre dans les relations internationales que votre détermination doit aussi passer par un bras de fer à chaque fois que ça s'impose c'est comme ça qu'on défend les intérêts de son pays c'est comme ça qu'on défend les intérêts des français

52:17
Invité

quand vous avez des histoires comme la mosquée d'Alberville vous considérez que la justice a dit le droit qu'est-ce qu'il faut faire ? qu'est-ce qu'on veut faire ?

52:24
Xavier Bertrand

encore une fois c'est la loi qu'il faut changer et la loi sur les séparatismes qui ne s'applique plus comme cela il va y avoir certainement un amendement de dernière minute depuis le début c'est en dessous de ce que ça devrait être depuis le début on dit qu'on n'a pas les moyens de les faire reculer et de lutter contre les islamistes moi-même j'ai toujours un problème d'ingérence étrangère dans un lycée je dis il y a eu une aide de Qatar Charity je n'arrive pas à savoir quelles sont les contreparties s'il y en a ou pas le ministère sur la question ne me répond pas donc j'ai aujourd'hui engagé une action en justice parce qu'on me somme de payer je veux savoir ce qu'il en est et bien souvent encore une fois on laisse les élus j'ai eu le maire Berville vendredi au téléphone pour voir avec lui justement quelle était la nature de son problème par rapport à ce que je vis c'est encore une fois la loi doit être changée et qui doit décider cela c'est le chef de l'Etat

53:15
Présentateur

dernière question

53:15
Xavier Bertrand

vous supportez le PSG ? pas seulement j'ai le droit d'avoir une préférence bien sûr c'est l'île lance l'île lance et que l'île finisse champion oui pardonnez-moi je préfère excusez-moi pour les parisiens qui nous écoutent

53:27
Présentateur

d'avoir été notre invité Xavier Bertrand question politique se termine à dimanche prochain on