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InterviewLe Média (sur YouTube)· 6 mars 2019 36 minComplaisantActualité / polémiqueSantéSolidarités & familleTravail & emploiÉconomie & entreprises

EHPAD | DES VIEUX MALHEUREUX POUR DES PROFITS SCANDALEUX

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Vous pouvez nous parler de votre grand-mère et de ce qui vous a amenée vers ce métier ?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Vous dites avoir un combat à mener après votre premier jour. Pouvez-vous nous en dire plus ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Vous parlez de salaires indécents et de conditions de travail extrêmes. Comment en est-on arrivé là ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous dénoncez des dérives dans les associations. Pouvez-vous donner un exemple précis ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Vous comparez la prise en soins des personnes âgées à celle des bébés. Pourquoi cette comparaison ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Les EHPAD privés coûtent jusqu'à 10 000 euros par mois. Qui paie vraiment ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30Anne-Sophie PelletierFait
    « C'est toujours dur de parler de sa grand-mère, surtout qu'en plus elle est partie. »
  • 7:00Anne-Sophie PelletierFait
    « On envoie des femmes au casse-pipe et on met aussi des personnes âgées en danger. »
  • 13:00Anne-Sophie PelletierFait
    « Juan était mon urgence mais pas celle de l'État. »
  • 21:30Anne-Sophie PelletierFait
    « Dans cette société libérale d'Emmanuel Macron, on est dans le tout-argent, tout-fric. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Générique] [Virginie] Anne-Sophie Pelletier, bonjour. – Je suis suis très ravie de vous avoir une nouvelle fois sur le plateau du Média. Vous venez nous parler de votre livre "EHPAD, Une honte française" paru aux éditions Plon, où vous racontez votre parcours auprès des personnes âgées.

Tout d'abord, je voudrais revenir sur votre grand-mère, à qui vous dédiez ce livre, et qui vous a amenée vers ce métier. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu d'elle en préambule ? – C'est toujours dur de parler de sa grand-mère, surtout qu'en plus elle est partie.

C'est beaucoup d'émotions. On a tous dans nos familles quelqu'un qui nous a touché ou plus porté que d'autres. Dans mon cas c'était ma grand-mère, une femme indépendante, féministe, institutrice, directrice d'école primaire après, et qui a été un modèle de valeurs, de solidarité, de répartie aussi parce que la répartie des anciens est très souvent de bon sens.

Grâce à ma grand-mère je me suis à un moment dit qu'il fallait arrêter de faire un travail qui juste me nourrissait, et qu'il fallait se sentir utile, et utile aux autres. C'est important cette solidarité, et on le voit bien en ce moment. C'est ce qu'on demande, de la solidarité.

Et dans les petits villages dans le Jura, du temps de ma grand-mère, si quelqu'un n'allait pas bien, on voyait les volets fermés, on allait frapper, on allait lui demander ce qui se passe. On allait lui chercher son pain, son journal, et on passait un peu de temps avec lui. Aujourd'hui malheureusement les gens n'ont plus le temps de faire ça.

Parce-que la société a changé. Donc on envoie des aides à domicile ou des auxiliaires de vie. Des femmes essentielles dans l'accompagnement des quotidiens. – C'est comme ça que vous avez commencé votre long parcours auprès des personnes âgées.

Vous dites au début de votre livre que vous devenez femme de ménage. En fait vous faites bien plus que du ménage, vous accompagnez, clairement, des personnes âgées. Et dès votre premier jour, vous racontez au début de votre livre, vous rencontrez Georgette.

Et vous vous dites tout de suite, je vous cite, que vous avez un combat à mener. – Oui, parce-que quand je postule pour l'association qui va m'employer, pour moi j'y vais la fleur au fusil, et j'y vais avec cette pensée toute simple que, comme je suis une femme et que je dois aller faire des ménages, je saurai forcément faire. Et puis je me suis trompée, ça c'est l'idée qu'on s'en fait à peu près tous.

Mais les aides à domicile ne sont pas des femmes de ménage. C'est beaucoup plus, c'est de la présence. C'est aussi malheureusement du glissement de tâches.

C'est ce que je raconte, mon premier jour. Parce-qu'on me demande d'accompagner l'infirmière dans une toilette alitée, d'utiliser un lève-malade. Je rappelle que je sors de l'hôtellerie et que j'étais directrice d'hôtel.

Donc je n'ai absolument jamais utilisé un lève-malade. Je n'ai même jamais vu une personne âgée nue. Je ne sais pas ce que c'est que d'accompagner une toilette, de mobiliser une personne âgée.

Je suis lancée dans ce grand bain où finalement, je me rends déjà compte que la nudité est finalement une habitude. Comme je raconte dans le livre, il y a ce mot "habitude" que je ne supporte plus. La nudité c'est devenu une habitude, et parfois dans l'empressement, on n'y prend pas garde.

Tout ça je le découvre le premier jour, et mon combat ce sera celui de remettre la dignité au cœur des accompagnements, pour tout le monde. – Vous racontez que certains mois vous travaillez plus de 180h pour un modique salaire de 1100 euros par mois. Et vous avez cette phrase dans votre livre où vous dites que ces femmes, qui sont souvent seules avec enfants, on les envoie comme ça au charbon sans aucune formation, sans aucune aide psychologique.

Comme nous sommes des femmes, il est inscrit de facto dans nos gènes que nous savons nous occuper des autres. – C'est ça, et je pense qu'il faut qu'il y ait à un moment donné la société qui regarde ces métiers autrement. et qui regarde aussi les femmes autrement, et on est sur la semaine du 8 mars, donc ça tombe bien cet entretien.

Ce n'est parce que nous sommes des femmes que nous avons inscrit dans nos gènes cette faculté de pouvoir s'occuper des autres, non ! On ne mobilise pas une personne âgée comme on s'occupe d'un bébé. Ce n'est pas la même chose.

On va faire du ménage pareil, chez soi ou ailleurs, sauf que chez une personne âgée vous allez utiliser peut-être plus de produits, vous allez être obligée de faire attention aux pathologies qui peuvent être contagieuses et si vous n'avez pas un minimum de formation eh bien on envoie des femmes au casse pipe et on met aussi des personnes âgées en danger et ça, ça n'est plus concevable. Je veux penser aussi à toutes ces femmes dévouées, aides à domicile qui souvent ont des temps partiels contraints, des horaires décalés, parfois en famille mono-parentale et qui ont des salaires qui ne sont même pas à la hauteur du smig. Donc ce sont des femmes qui sont dévouées aux autres, parce qu'il faut que ce soit une vocation sinon on ne reste pas longtemps dans ce travail, dans ce métier, qui sont dévouées aux autres, et qui, finalement, ne peuvent pas bénéficier d'un salaire décent et ne peuvent même pas vivre de leur salaire.

Et on le voit aussi sur le mouvement des Gilets jaunes, on voit énormément de femmes, aides à domiciles, auxiliaires de vie sociale, soignantes parce que les salaires des soignants sont tellement indécents que femmes et hommes soignants, là je vais mettre aussi les hommes, nous ne pouvons plus vivre de nos salaires. Et il faut savoir aussi qu'il existe quand même des choses un petit peu… , où je dénonce aussi ces fameux kilomètres remboursés où certaines associations, pas toutes, s'arrangent à ce que les kilomètres pour ces aides à domicile ne soient pas remboursés. Et comment on le fait ?

En fait la convention collective dit clairement que le remboursement des kilomètres ne se fait que si il y a moins d'une heure entre deux interventions, donc quand on envoie quelqu'un à 9 heures, comme je l'ai écrit dans le livre, c'était mon cas, à 12 kilomètres, et comme on le fait terminer à midi et que je ne reprends qu'à 13 heure, eh bien les 24 kilomètres, c'est à ma charge. Donc tout ça, eh bien, n'aide pas le fait qu'elles ont un pouvoir d'achat qui est diminué, si en plus certains employeurs s'amusent à avoir ces quelques dérives, et bien ça ne peut pas fonctionner. Et quand je parle de 180 heures par mois, c'est parce qu'il existe des nouveaux contrats qui s'appellent des contrats modulés, donc en fait les contrats modulés, c'est : vous faites un nombre d'heures par mois, et les heures supplémentaires sont mises comme sur un compte épargne-temps. – Et elles ne sont pas payées. – Elles ne sont pas payées.

Et l'excuse qui est donnée c'est "mais vous comprenez, si la personne âgée est hospitalisée ça vous permettra de prendre sur vos heures supplémentaires pour être payée. Sauf que lorsque les personnes âgées ne sont pas hospitalisées, et tant mieux, eh bien ces heures sont payées en fin d'année, mais un pour un. Donc on fait fi de toute majoration.

C'est une façon aussi de ne pas reconnaître le travail de ces femmes qui ont travaillé parfois 180, 190 heures pas mois. Parce que là aussi, on voit beaucoup, et on va revenir sur la formation, on voit beaucoup d'accident de travail, beaucoup. Si vous n'êtes pas formé, comment vous voulez ne pas vous blesser ?

N'oublions pas, et ça on en avait déjà parlé, mais que le métier d'aide à domicile ou de soignant, d'un point de vue taux d'accident du travail, est supérieur à celui du bâtiment. Et le burn-out n'étant pas considéré comme une maladie professionnelle, n'est pas comptabilisé dans ces chiffres, donc on exploserait les compteurs. – Et d'ailleurs, c'est assez étonnant de voir qu'il y a beaucoup de femmes dans ce métier, pas de formation et c'est un métier qui demande quand même une certaine puissance physique.

Dans votre livre ainsi vous passez beaucoup de temps à porter, au sens propre du terme, les personnes, sans aucune formation, sans aucune aide, et d'ailleurs il y a de nombreux troubles qui se développent, des pathologies du dos chez ces femmes qui se retrouvent à souffrir physiquement de leur travail mais aussi psychologiquement, parce que vous dites que vous dépassez vos heures à chaque fois. Vous ne pouvez pas ne rester qu'une heure, déjà vous n'avez pas le temps de faire le ménage, de porter la personne, de lui faire à manger, et puis surtout de lui parler. – On est déjà dans cette relation d'humains qui se raréfie de plus en plus.

Comme je l'écris, quand on a une demi heure pour donner un petit déjeuner à une personne âgée alitée 365 jours sur 365, qu'il faut surveiller la prise des repas, une demi heure, des fois c'est un peu juste. Quand on a une heure pour donner le repas, et bien une heure ne suffit pas. Soit vous donnez le repas, soit vous faites le ménage mais, s'il faut une surveillance à la prise du repas, alors c'est le ménage qui ne se fait pas, et ça ça s'enchaîne et c'est de plus en plus fréquent.

J'ai discuté avec nombre d'aides à domicile depuis que le livre est sorti, je vais vous raconter une anecdote. L'une d'entre elles me racontait que l'association pour laquelle elle travaille la paye sur 55 minutes. La personne âgée paye un temps de présence sur 60 minutes.

On est d'accord qu'il y a une différence de 5 minutes. L'association considère que cette différence est le temps qu'elle passe à dire bonjour, comment allez-vous ? C'est du temps de courtoisie et pour elle, ce n'est pas du travail.

Donc on voit bien que toute cette partie du travail d'aide à domicile et de soignant est invisibilisée puisque même là, dans ce cas précis, on lui enlève 5 minutes de sa paye parce que ce serait du temps de courtoisie. En fait tout n'est que vitesse, rapidité, et déjà de la rentabilité. Ça n'est plus dans le caractère humain, transmission des savoirs, accompagnement quotidien.

Parce qu'être en bonne santé, ça veut dire quoi ? Ce n'est pas uniquement être en bonne santé physique, mais aussi en bonne santé psychologique. Il ne faut pas oublier que les personnes âgées parfois, leur aide à domicile est la seule visite qu'ils ont de la journée, quand ils ont la chance d'en avoir une tous les jours, et parfois la seule de la semaine, Il y a besoin de recréer cette relation avec l'humain.

Les aides à domicile, comme on le disait, ne sont pas des professionnels de la serpillière. Il s'agit d'autre chose, il y a d'autres formes, quoi. Elles apportent aussi tout ce qui est lutte contre leur précarité sociale, leur isolement au quotidien.

Il faut vraiment prendre la mesure de cet accompagnement au domicile qui commence à devenir malgré tout comme en EHPAD. – Et vous racontez à travers des portraits que vous faites de personnes chez qui vous allez, comment des petits gestes sont des choses énormes pour ces personnes. Par exemple faire une jolie salade, mettre un foulard sur la tête d'une personne atteinte de cancer, prendre un petit déjeuner avec un monsieur.

Comment tout ça n'est pas comptabilisé dans votre temps de travail. On se rend compte, du moins c'est le sentiment que j'ai en lisant votre livre, qu'on veut faire de vous des robots à "nettoyer" clairement les personnes, sans tenir compte du fait que ce sont des personnes. – C'est ça, c'est tout à fait ça.

On se rend compte et je l'ai dit dans le livre, la première chose que l'on me dit quand je suis embauchée c'est : "Ne vous attachez pas". Or je me suis toujours attachée aux personnes âgées que j'ai accompagnées. Toujours et peut-être trop.

Mais comment ne pas s'attacher ? Tous ces moments dont vous parlez, de mettre un foulard sur ma tête aussi parce que cette dame a eu un cancer et qu'elle a perdu ses cheveux, c'est juste du temps que l'on prend parce qu'à un moment on se dit qu'il faut qu'elle retrouve une vie sociale. Ce qu'on disait tout à l'heure, être en bonne santé c'est aussi être bien dans sa tête.

Avoir un psychologique qui va bien. C'est être avec ce monsieur pour le petit déjeuner, et puis si je ne le prenais pas le petit déjeuner il me fâchait vraiment… C'est juste avoir quelqu'un à côté de soi pour eux. C'est ne pas être seul.

Ne pas avoir quelqu'un qui s'affaire dans tous les sens. Ce qu'ils aspirent à avoir c'est de la tranquillité. La vieillesse devrait être synonyme de repos, tranquillité.

Or on voit bien, qu'avec le peu de temps qui est accordé aux aides à domicile, on va toujours en faire plus dans un minimum de temps et donc le ratio du temps passé avec la personne âgée diminue de plus en plus dans la relation. – Vous dites que ces personnes ne sont pas considérées comme des personnes malgré que ce soit nos aînées mais un simple numéro de dossier pour l'administration. Vous racontez l'histoire de Juan chez qui vous allez et qui a besoin de plus d'heures.

Vous n'avez qu'une heure et c'est clairement insuffisant. Vous faites les démarches pour qu'il ait plus d'heures pour que vous puissiez être plus auprès de lui. Vous écrivez après son décès, c'est important : « Cher État français, soyez rassuré Juan ne vous coûtera plus rien.

Il n'était pour vous qu'un numéro de dossier, il était pour moi un être humain en souffrance et vous l'avez abandonné » – Ouais, parce que Juan je me suis battue pour qu'il puisse, déjà avoir plus d'heures, ça s'appelle avoir un certificat d'aggravation. C'est un médecin traitant qui fait le certificat d'aggravation et après ça part au Conseil départemental. Et là c'est une attente très longue mais je dénonce aussi le fait qu'il y a un médecin du Conseil départemental qui vient voir Juan pour voir si vraiment le certificat d'aggravation est vrai.

S'il ne courre pas comme un lapin. Non, si l'on fait un certificat d'aggravation sur une personne âgée c'est qu'elle ne va pas bien. Sinon on ne le ferait pas.

Faut pas penser que tout le monde fraude. Juan ne s'appelle pas Benjamin Button, il n'a pas rajeuni. L'attente est très longue.

Je demande aussi à ce qu'il puisse avoir un lit médicalisé parce que Juan était très douloureux dans sa fin de vie. Il devenait difficile à mobiliser dans un vieil appartement, une vielle maison avec un lit un peu… pareil, dans le même état quoi ! Il était important qu'il ait ce confort de fin de vie or comme je dis, or comme je dis, Juan était mon urgence mais pas celle de l'État.

Parce-qu'il est parti avant, avant qu'on puisse recevoir tout ça. Je crois que la réponse du Conseil départemental, on ne l'a jamais eue, mais ça a dû durer au moins un mois. Un mois avant le décès de Juan, et pendant un mois on aurait pu faire autrement si l'État était allé beaucoup plus vite. – À contrario, je rappelle que ces aides à domicile, tout le monde y a droit.

Faut-il encore savoir qu'on y a droit. Et ce sont souvent les familles qui font les démarches pour leurs parents. – Et ceux qui n'ont pas ou peu de famille, ou une famille qui ne s'occupe pas d'eux, sont complètement livrés à eux-mêmes.

Et à l'inverse, vous racontez le cas d'une personne chez qui vous allez faire le ménage, mais pas pour la personne âgée qui en a besoin, mais vraiment faire le ménage aux frais de l'État, de l'argent public, de la famille. Et vous dénoncez ça, et rien n'est fait. – Oui, alors je dénonce ça parce-que c'est une expérience que je raconte mais j'en ai eue plusieurs de ce style-là, et puis même en parlant encore avec des aides à domicile, elles m'ont rapporté la même chose.

Il y a des dérives, tout le monde le sait. En fait, en recevant l'allocation personnalisée d'autonomie versée par le Conseil départemental à une association d'aides à domicile, cette enveloppe financière se transforme en temps de présence. Sauf que, dans le cas que je raconte, les enfants vivaient avec et chez la personne âgée.

Et quand je venais pour intervenir pour la personne âgée, en fait je faisais plus le ménage des enfants que le ménage pour cette dame dont je devais m'occuper et qui devait avoir une chambre de 9 m². Et quand je dénonce cette dérive, on me répond qu'on a besoin d'un dossier, c'est un dossier. Et bien non, ce n'est pas qu'un dossier, moi je suis là pour une personne âgée et je travaille en fait pour des enfants qui vont très bien et qui n'ont pas besoin d'une femme de ménage, qui sont en plus particulièrement aisés, c'étaient pas des gens dans la précarité, c'étaient des gens particulièrement aisés.

Et ils auraient très bien pu se payer une femme de ménage et laisser le temps accordé à la personne âgée à elle, et non au nettoyage de leur chambre, au nettoyage de leur bureau, au nettoyage de leur salle de bain, jusqu'aux cuivres ou à l'argenterie parce que ces Messieurs-Dames recevaient. Donc on voit aussi que certaines associations ne sont pas en reste, pour finalement garder un dossier même si derrière on sait très bien qu'on ne fait pas vraiment ce pour quoi on est envoyée. – Alors vous continuez à vous battre, vous continuez ce combat que vous avez débuté.

Vous passez donc sans aucune formation, votre diplôme d'auxiliaire de vie sociale que vous obtenez haut la main. Mais en fait, pour vous dans votre métier, ça ne change pas grand chose puisque vous l'étiez déjà. – Oui, dans ma fiche de poste, je l'étais déjà alors que j'étais aide à domicile. – Et puis, après ces années en tant qu'aide à domicile, vous rejoignez un établissement, un EHPAD où vous voyez que les choses sont encore pires. – Oui, alors je passe mes diplômes pas pour un salaire, puisque de toute façon, qu'on soigne à domicile ou qu'on soit auxiliaire de vie sociale, il y a une différence qui n'est pas très significative.

Mais pourquoi j'ai voulu écrire sur le fait de passer des diplômes, c'est parce que je les ai passés toute seule. J'ai eu beau à demander à mon employeur d'avoir un accompagnement, je me suis vue une réponse complètement négative : "non, pas d'argent, pas le temps, notre formatrice est en stage, ou n'est pas là". Donc vraiment, c'est encore cette façon de laisser ces femmes, nos femmes, pas dans l'ignorance puisque nous en savons beaucoup finalement, mais de nous laisser dans un espèce de maelström de : « on n'a pas besoin de les former », et ça n'est pas normal.

Comme si nous n'avions pas à penser finalement. Parce que quelqu'un qui est formé, après c'est beaucoup plus difficile de le manipuler. – Oui parce que vous parlez beaucoup de la convention collective, dont beaucoup de femmes ne connaissent rien.

Encore faut-il avoir le temps de la lire, les moyens de la comprendre. – C'est ça, et puis on ne vous l'amène pas tout le temps, la convention collective, on vous en parle rarement. Vous êtes rarement au courant des négociations de la convention collective.

Donc si vous n'êtes pas au courant vous n'allez pas défendre vos droits. C'est pour ça peut-être aussi, c'est mon avis, qu'on a tendance à ne pas vraiment former ces femmes, et ces hommes, parce-qu'il y en a quelques-uns à être auxiliaires de vie sociale, puis AMP, puisque ce qui est quand même dramatique dans l'histoire, c'est qu'on sait que la société est vieillissante, qu'on va avoir encore plus de personnes âgées d'ici 20-30 ans. Ça peut être un vivier d'emplois exceptionnel, mais faut-il encore qu'on ait envie d'y mettre les moyens.

Et quand ensuite je vois tout ça et que je suis vraiment laminée à un moment donné, je n'en peux plus, je me dis que je vais aller en EHPAD et j'aurai une équipe derrière moi et ce sera forcément plus humain. Et là c'est la déconvenue, au bout de trois mois où je suis embauchée, j'ai pas attendu 5 ou 6 ans, je décide de ne plus être complice de ce système où, rentabilité et sacrifice sur l'autel de l'humain, avec mes collègues on se met en grève pendant 117 jours. – La grève de Foucherans, 117 jours, une grève record pour un EHPAD – Et vous devenez tout de suite lanceuse d'alerte sur ce qui se passe en silence dans les EHPAD. – Alors ça avait déjà un peu été fait en 2002 par Lacan qui dénonçait déjà ce qui se passait dans les EHPAD et qui avait demandé me semble-t-il, si je ne me trompe pas, que le contrôleur des prisons aille voir ce qu'il se passe dans les EHPAD.

Ça a été refusé, c'est pour dire. Et en fait, mes collègues sont épuisés, sont malades de venir travailler. Moi ça fait 3 mois que je suis là et je n'en peux déjà plus, parce-qu'on voit bien que notre humain est sacrifié et qu'on n'a pas le temps de le faire, et que l'humain est la quintessence de nos métiers.

Dans nos métiers il y a plusieurs notions, il y a le savoir-faire et le savoir-être. Ce sont deux notions qui sont essentielles. Le savoir-faire c'est tout ce qui est technique, mais même là, la technicité ne pouvait pas être aboutie.

Puisque quand on n'a que 15 minutes pour faire une toilette, c'est pas juste laver quelqu'un, faire une toilette, c'est l'amener à la salle de bain, le déshabiller, lui faire sa toilette, le rhabiller, le mettre à déjeuner et faire son lit. Eh bien, on se rend compte que ça n'est pas possible, et que notre technicité ne peut pas être aboutie, parce que derrière ces 15 minutes il y a forcément une priorisation des soins. Et qui dit priorisation, dit déjà début d'une maltraitance.

Mais d'une maltraitance institutionnalisée parce que nous n'avons pas les moyens que nous sommes obligés de prioriser les soins. Ce sont des prescriptions de travail qui sont maltraitantes. Et il faut faire attention avec le mot maltraitance.

La maltraitance elle commence aussi avec le vocabulaire. Et elle commence dans le fait de ne pas avoir le temps de faire les choses comme elles devraient être faites. Et donc quand on voit tout ça, on se dit que ça n'est juste pas possible.

On a beau prévenir, on a beau dire, on a beau hurler le mal-être, rien ne passe et rien ne change. – Alors quand vous dites maltraitance, vous donnez un exemple très simple. Ce sont les changes, ce sont des personnes à qui souvent on met des couches pour éviter de les emmener aux toilettes, ce qui fait perdre du temps aux personnes qui s'en occupent.

Et on ne les change pas, on les laisse baigner clairement, il faut dire les choses, dans leurs excréments pour gagner du temps, au final pour gagner de l'argent. – Alors le temps, vous diraient des patrons, c'est de l'argent. Le temps n'est pas quantifiable dans l'humain, mais par contre il est en quantifiable en argent, et la perte de temps c'est perte d'argent.

Et c'est là où ça devient indécent. C'est-à-dire que non, on devrait prendre le temps. Tout à l'heure je disais que les personnes âgées n'aspirent qu'à avoir la paix, du repos, et finir leur vie tranquillement.

À un moment, ils ont travaillé toute leur vie, ils ont cotisé toute leur vie, de quel droit on se permet de leur faire subir un EHPAD dans ces conditions-là ? Et pour revenir sur les protections, ça prend moins de temps quand une personne âgée a des protections parce que nous n'avons pas le temps de les emmener aux toilettes, donc comme ça, ça permet de «gagner du temps», mais en même temps nous sommes un peu complices de leur régression et de leur perte d'autonomie. Donc il faut s'insurger contre ça, et nous c'est pour ça aussi qu'on s'est insurgés.

Quand on voit que certains groupes, pas tous, parce qu'il y a des EHPAD ou ça se passe bien et je ne voudrais pas mettre tout le monde dans le même sac, et j'en ai visité un il n'y a pas très longtemps, quand on voit que certains EHPAD veulent faire des économies sur la qualité des protections, ou rationnent les protections, où est la dignité ? Où est la dignité pour les personnes âgées ? Et comment sont les soignants derrière ?

Cette culpabilité qui est portée en continu, en continu. Parce que dans ces histoires, il y a trois vies qui sont liées : celle de la personne âgée, celle du soignant, et celle de la famille. C'est trois vies en souffrance, et ça, il faut que ça change.

Ce livre, il est aussi écrit pour que justement la peur change de camp. Les soignants ne sont pas seuls, les familles ne sont pas seules. Donc il faut continuer à dénoncer, à se mobiliser parce-que je pense que le nombre, un jour, fera force.

Nous sommes tous amenés à devenir vieux. Les vieux de demain, c'est nous. Et je ne veux pas que mes enfants aient à mettre la main à la poche parce que je devrai rentrer dans un EHPAD privé parce que tous les EHPAD publics auront été fermés.

Et je ne veux pas être prise en soin, je dis «prise en soin» volontairement, parce-que j'ai horreur du mot « prise en charge », les personnes âgées ne sont pas des paquets. Je ne veux pas être prise en soin dans ces conditions-là. – Vous comparez la prise en soins des personnes âgées et des bébés, Et vous dites, jamais, on n'accepterait qu'on traite de cette manière là, un bébé.

Pourtant ça reste une personne. – Et, je vais même plus loin. Je dis aussi qu'il existe, et tant mieux, l'Association L214 pour les animaux, mais il n'existe pas de L214 pour les EHPAD.

Il existe une société protectrice des animaux, Il n'existe pas de société protectrice des aînés. Et je pense qu'il est là le problème. Il est là parce qu'en fait la société est jeuniste.

La société n'aime pas forcément voir cette vieillesse dépendante. On peut pas la blâmer. Par exemple, les EHPAD ne sont plus au cœur des villes.

Ils sont exclus. Les personnes âgées dépendantes aujourd'hui sont exclues de la cité. Or non, ils sont des citoyens à part entière ils devraient être dans la cité.

Et puis cette vieillesse dépendante, elle est aussi très enrichissante humainement. Mais on ne voit que l'enrichissement, le dividende et pas cet enrichissement humain. Parce que n'oublions pas qu'ils sont notre culture commune.

Pourquoi j'aime travailler avec des personnes âgées ? Il en reste quelques uns qui ont connu la guerre, la deuxième Guerre mondiale. Qui mieux qu'eux peuvent me raconter leurs ressentis, tout ce que je n'apprendrais pas dans un livre d'histoire, personne… Donc nous avons, nous soignants, le devoir de dénoncer, et l'État a le devoir de mettre les moyens pour que nos personnes âgées soient prises en soins dans la dignité qui leur est due.

Et ce, par des soignants qui soient reconnus et pas invisibilisés. – Le marché de ces personnes vieillissantes, on appelle ça aujourd'hui "l'or gris", est en pleine expansion. On fait les lits médicalisés, les lèves-personnes.

C'est un vrai marché, il y a des EHPAD qui coûtent très chers. – Oui surtout autour de Paris. – On peut aller jusqu'à… – 10000 euros, à peu près. – Voila, 10000 euros par mois. – Oui. – Et puis ben, les autres qui ont travaillé toute leur vies.

Aujourd'hui on entend beaucoup les Gilets jaunes dirent : " Je travaille, je n'arrive même pas à vivre décemment de mon salaire." Mais là, au niveau des personnes qui ont travaillé toute leur vie et qui n'arrivent même pas à mourir décemment. Ben c'est exactement ça.

Et c'est toute l’indécence du système libéral. Parce que, on voit très bien le plan qui est mis en marche. Baisser les dotations aux services publics, fermer des EHPAD publics, pour derrière faire quoi ?

Laisser cette opportunité de "marché" pour la vieillesse. Or, la Vieillesse devrait être sanctuarisée, comme l’Éducation, comme la Justice, comme la Santé, sont des notions qui devraient être sanctuarisées. Ça ne devrait pas rentrer dans les mains du privé.

Ça c'est mon avis. Après, si vraiment le public ne suffit pas, parce qu'on l'a pas déconstruit, on a mis les moyens mais on l'a pas déconstruit, si le public ne suffit pas, des EHPAD privés s'ouvrent, ok. Mais dans ce cas là on ne les finance pas avec de l'argent public.

Parce que le salaire des soignants, l'enveloppe de protection, l'enveloppe de matériel de soin, c'est de l'argent public. Donc, finalement, on donne à des privés, de l'argent public. Vous connaissez beaucoup de maçons, qui ont un ouvrier payé par l'argent public vous ?

Et même chez Renault, allez prenons l'exemple d'une grande entreprise, les ouvriers sont payés par de l'argent public ? Non. Sachant qu'en plus, le reste à charge dans les EHPAD privés à but lucratif est beaucoup plus élevé.

Mais il sert à quoi cet argent ? Et ben il sert à engraisser des banques, des prêts financiers, immobiliers. Et il sert à quoi d'autre ?

Qui est aux manettes de ces établissements ? Pas des philanthropes, des actionnaires. Donc toute cette libéralisation de la vieillesse, fait qu'aujourd'hui on a des personnes qui sont dépossédées.

Mais pas que des personnes âgées. Des familles aussi. Parce que je vous rappelle qu'il y a, l'obligation alimentaire.

Chaque parent doit assistance à ses enfants et réciproquement. Donc, si la personne âgées n'a pas assez de moyens pour payer un EHPAD, les enfants vont être obligés, les petits-enfants vont être obligés. Et aux vues de la conjoncture actuelle, tout le monde n'a pas un boulot même si il a traversé la route longtemps.

A vouloir priver de services publics, qui est notre richesse et qui est la richesse de ceux qui n'ont rien justement, et bien, on en arrive à des absurdités d'EHPAD privés à but lucratif, qui au final ne sont pas là dans l’intérêt général, ne sont pas là pour prendre en soins les personnes âgées, et leur permettre d'avoir une vie, une fin de vie digne, mais qui sont là pour de la rentabilité et pour faire de l'argent. Alors, regardez. Moi je veux bien qu'on me dise la Poste et tout ça.

Mais la Poste actuellement, pour un passage par semaine, offre la possibilité de recevoir un SMS par le facteur, comme quoi votre parent va bien. Enfin, va bien, je veux dire le facteur, il n'est pas médecin, donc il juge que la personne est pas tombée, qu'elle a l'air d'aller bien, mais on sait pas si il y a une difficulté en fait. Et bien ça, pour 19,90 euros par mois, la Poste vous le propose.

Alors je veux bien entendre, que il y a moins de courrier, que ça fait du boulot au facteur, évidement. Mais tout ça, ça existait avant. Les facteurs le faisaient sans qu'on ait besoin d'avoir, ce genre de "marché", ce genre de service qui se mette en place.

J'entends beaucoup depuis que le livre est sorti, que "les familles n'ont qu'à s'occuper de leurs parents". J'invite tous ces gens qui ont cette logique, à aller regarder un petit peu comment ça se passe, parce qu'on a une mauvaise vue d'ensemble quand on y regarde de trop près. Aujourd'hui les familles, ne sont plus forcement à côté de chez leurs parents.

Deuxièmement, les pathologies ont changées. Troisièmement, la société a changé. Et même, parce que si on veut aller voir ces parents, si on veut aller s'occuper de ses parents, et bien ça devient compliqué.

Alors si il y a encore quelque chose, là aussi, ce sont souvent les filles qui vont s'occuper de leurs parents. Parfois les garçons, mais le plus souvent des filles. Et on sait très bien que les femmes, elles ont leur journée de travail, et après elles ont encore leur journée à la maison.

Et ça n'excuse pas le fait de pas pouvoir aller voir leurs parents, mais il faut essayer de comprendre aussi. Parce que cette culpabilité de ne pas pouvoir s'occuper des parents, et bien les familles la porte, tous les jours. Et la peur, la crainte, et bien elle est là.

Parce qu'il y a une grande omerta dans les EHPAD. Quand une famille commence à ne pas être contente de la qualité du service et qu'elle commence à aller dire : "Bon écoutez, je suis pas très contente, j'ai retrouvé mon papa ou ma maman dans cet état, bon, écoutez." On va leur répondre quoi ? "Si vous êtes pas content, trouvez autre chose." Quoi ?

Comment trouver autre chose ? Y'a plus de place. Y'a plus de place, sinon dans des EHPAD encore plus chers.

Nos personnes âgées déjà sont obligées de vendre leurs biens pour pouvoir vivre en EHPAD, ils font une espèce de plan d'investissement sur leur mort, puisque on prend le montant de la vente de la maison, on le divise par le montant du loyer et on sait combien de temps il leur reste à vivre, sans que les enfants aient à mettre la main à la poche. Mais comment on peut faire porter, aussi, cette espèce d’épée de Damoclès, au dessus de la tête des familles. Dans cette startup nation de Monsieur Macron, les personnes âgées ne sont pas des productifs finalement.

Ils sont des gens qui coûtent. Le travail est une richesse, mais la vieillesse aussi. C'est une richesse humaine.

C'est pas une richesse financière. Donc, arrêtons là les dégâts. L'urgence sociale aujourd'hui, c'est de mettre les moyens pour cette vieillesse dépendante.

Cette vieillesse dépendante n'est pas des riens. Les retraités ne sont pas des riens. Les citoyens et les citoyennes ne sont pas des riens.

Les soignants ne sont certainement pas des riens. Et donc il faut arrêter ce mépris qui va finalement de l'enfance à la mort. Nous ne devons qu'être des gens qui permettent à d'autres de gagner beaucoup d'argent .

Eh bien non, c'est pas ça la vie. La vie, c'est de l'humain du respect, et de la solidarité. Et je pense qu'on le voit bien en ce moment.

Il n'y a eu vraiment aucune politique d'anticipation. Et pourtant, il faut arrêter de se cacher derrière un brin d'herbe, la démographie, ce n'est pas aujourd'hui qu'on la découvre. Mais surtout, la faute aussi est à cet État qui ne remplit pas son devoir face à ces personnes âgées.

L'État doit être là, et permettre que les personnes âgées dépendantes puissent être prises en soin dignement. Mais comme ça ne rapporte pas, et que l'État ne souhaite que des choses qui rapportent, ce n'est pas sa priorité. Et puis cette culpabilité, il faut quand même la voir dans les propos de Madame Buzyn qui dit clairement que, si les soignants n'y arrivent pas dans les hôpitaux, c'est parce qu'ils ne savent pas s'organiser.

Leur faire porter cette culpabilité, qu'ils ne savent pas s'organiser, permettre qu'un service ne fonctionne plus parce qu'on n'y met pas les moyens, c'est juste une façon de montrer que, si le service public ne fonctionne pas, on ferme. Regardez la lettre d'Emmanuel Macron sur « quels services publics, pour vous, coûtent trop cher ou n'est plus rentable ? ».

Rentable ! un service public ? Même dans les mots, un service public n'a pas à être rentable.

Il ne coûte pas trop cher, un service public. Il est d'intérêt général. Comment expliquer qu'un hôpital coûte trop cher ?

Ça veut dire quoi ? – Est-ce qu'on est pas, dans cette société à la Macron, en train de fermer les yeux et de mettre le plus loin possible tout ceux qu'on considère comme faibles parce qu'ils ne produisent rien en tout cas, ils ne produisent pas d'argent ? – On le voit bien je trouve avec le mouvement des Gilets jaunes.

Tous ces oubliés de la République, ou qui se sentent oubliés de la République, des territoires ruraux, qui se soulèvent pour dire : « nous aussi, on existe et arrêtez de faire une désertification de nos services publics. Nous voulons avoir nos hôpitaux, nos écoles.» Combien d'écoles primaires ferment dans les petits villages ?

Combien d'hôpitaux de proximité ont des services qui se voient réduits en capacité de lits, des urgences saturées, des maternités qui ferment, des lignes de SMUR qui sont supprimées ? C'est notre culture, donc il faut continuer à se battre, pour moi. Il faut continuer à se battre pour que ça ne soit pas encore déconstruit.

Parce-que c'est ce qui se passe et c'est le grand plan, de déconstruire de plus en plus les services publics. Parce-que, dans cette société libérale d'Emmanuel Macron, on est dans le tout-argent, tout-fric. Et rapidement, si possible, c'est mieux.

J'espère simplement qu'il va y avoir une prise de conscience qu'il faut que tout ça change. Ce n'est plus supportable. – Merci Anne-Sophie Pelletier d'être venue sur notre plateau.

Je vous rappelle que votre livre, « EHPAD, une honte française», est disponible dans toutes les bonnes librairies. On va dédier cet entretien à toutes les personnes peut-être dans les EHPAD. – Alors je le dédie à ma grand-mère mais elle le sait déjà, à toutes les personnes en EHPAD, à tous les soignants, à toutes les familles.

Ne vous laissez pas faire, vous avez des droits et ensembles on pourra y arriver.