INCARCÉRÉE À 16 ANS, ELLE PASSE SA VIE ENTRE PR0ST*TUTION, VOL ET PROXÉNÉTISME
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
J'ai ma mère qui a été assassinée lorsque j'avais 2 ans. Après, je pense que ça ça a été le début de la grande galère. Comme je dis, moi j'ai pas la même approche de la prost.
Donc les autres, il m'est arrivé à 16 ans d'aller dormir avec un mec pour pas dormir dehors. Ben, j'ai dit tiens, ça c'est pas con, maintenant je peux gagner du fric. Surtout que le premier client, c'est un curé.
La première fois où j'ai été en prison au Quai des orphères, j'étais presque fier. Faut accepter les règles du jeu. Pas vu pas pris, ben de temps en temps, il faut perdre.
Tu as vraiment mangé des fourchettes et tu les as avalé ? Le plus dur, c'est pour passer là. Après, c'est fini hein.
Bonjour, je m'appelle Muriel. J'ai eu plusieurs vies. Une enfance chaotique, la prison plusieurs fois, la délinquence.
Je me suis prostitué des années. J'étais incarcérée plusieurs fois avant un grand virage dans ma vie et une autre vie la dernière. Et je raconte tout ça dans les gens d'aujourd'hui. [Musique] Bonjour Muriel.
Et ben bonjour Lola. Ravi de faire cette interview. Tu as eu 1000 vies.
Bonour. Tu es passé de la rue à faire la manche, à être voleuse, après ensuite aller en prison. Tu as même été prostitué.
On va revenir sur tout ça, mais d'abord on va commencer par ton enfance. Toi, tu as perdu ta mère très tôt. Ben, j'ai ma mère qui a été assassinée lorsque j'avais 2 ans par le cousin Germain, mon père.
Après, je pense que ça ça a été le début de la grande galère. J'avais 2 ans, les deux familles s'entendaient pas et qu'il fallait bien faire quelque chose de moi. Ils ont bricolé quelque chose mais ils s'en sont pas ils sont pas occupé de moi quoi.
Du coup, tu as été élevé par ton père, ta grand-mère ? Par tout le monde ? Mon père oui, ma grand-mère, l'autre grand-mère qui habitait Paris dans la mesure où il s'entendait pas, c'était très très compliqué parce que je je pense que pour eux, je reprends pour chaque famille les gênes, les mauvais gênes de l'autre. où tu es arrivé dans un cadre qui était quand même déjà compliqué à la base qui était très compliqué mais ça aide parce que quand ça quand on connaît ça dès le départ après c'est la normalité.
Et tu as des souvenirs avec ta maman ? Aucun. Le seul souvenir que j'ai, c'est pour ça que j'ai horreur de la ville de hier, c'est que lorsque j'étais gamine, que j'allais faire les courses avec ma grand-mère et tout d'être montré du doigt et les gens entendent les gens direent "Mais oui, tu sais, c'est la petite que sa mère s'est faite assassiner et tout et j'ai l'impression que dans cette ville, je n'existe que par ce par ce fait d'hiver".
Et on va te dire une phrase "Elle finira [ __ ] comme sa mère." "À Saint-Jour, je devais avoir 4 5 ans et j'avais décidé de partir en vélo à l'autre bout de la ville. Et ce jour-là, il y a une sœur à ma grand-mère qui était là qui a dit "Mais vous êtes fous, vous allez pas la laisser partir." La grand-mère, elle dit "C'est son père, la laisse qu'elle fasse ce qu'elle veut quoi." Elle se sent disputée mais vraiment violemment et devant moi, elle lui a dit "Laisla faire ce qu'elle veut, elle finira [ __ ] comme sa mère." Et après, il y a un sociologue qui a dit que cette phrase dite pas un référent, c'était obligé que ça arrive.
Est-ce que ta mère était prostituée ? Non, mais dans la mesure où elle avait trompé mon père avec son cousin, pour eux c'était c'était pareil quoi. Et à 12 ans, tu vas quand même avoir une adolescence pas comme les autres.
Une fois, tu vas voler le flingue de ton père. Ben, j'aimais bien mes petits copains du quartier et tout qui était un petit peu pas voyou parce que c'était des gamins. Et pour faire bien, je sais pas pourquoi, j'ai piqué le flingue à mon père et ils m'ont cherché pendant une semaine.
Je me baladais partout avec. Pour faire quoi ? La belle.
C'était stylé d'avoir un pistolet. B je sais pas. Je je peux pas dire pourquoi j'ai fait ça.
Et dans la rue, tu l'avais du coup ? Bah oui, je dormais dans l'abricé avec le flingue sous la tête, toute fière d'en avoir un jusqu'à ce qu'il me retrouve et que mon père, bon, il le récupère. Et c'est marrant parce que je l'ai retrouvé quand mon père est décédé en 98 à la CAP, je l'avais jamais revu pendant toutes ces années.
Et tu penses que la vie que tu vas avoir par la suite, c'est lié à ton enfance ? C'est pas obligé hein. Comme je dis, euh bon, je pense que si j'avais eu ma mère et une famille normale, j'aurais pas eu la même enfance.
Il y a peu de chance, il y aurait eu moins de chance que je fasse des conneries. Mais les présences sont pleines de personnes qui ont pas eu leur mère assassiné, hein. Hm.
Oui, ça c'est sûr. Donc, j'ai pas trouvé cette excuse. Euh, mais tu as pas grandi dans un petite.
J'aimais bien j'aimais bien cette vie et voilà. Et tu vas tomber enceinte très jeune à 14 ans ? À 13 ans et demi, je suis tombée enceinte.
Comment ça se passe ? Tu as tu vis avec ton père à ce moment-là ? Je vivais avec mon père et ma grand-mère à ce moment-là.
Tellement qu'ils s'occupaient de moi, ils s'en sont pas perçus. Moi, personne m'avait parlé de tout ça avant, donc je m'en occupais pas non plus. Et c'est la voisine qui s'en occupe en aperçu quand j'étais en scène de 6 mois.
Tu étais obligé de le garder du coup ? J'étais obligé de le garder et mon père le soir où j'ai accouché, il m'a dit "Ta qu'à crever, démerde-toi." Je suis partie toute seule à l'hôpital à coucher.
Et le père de l'enfant était était pas là. Ah non, après ça a été ça n' jamais occupé hein. J'ai même jamais dit à mon père qui c'était.
Et après, je suis revenue avec mon père, chez mon père et avec ma grand-mère avec mon fils et jusqu'à près à 15 ans, il m'a foutu, je me suis engueulé avec lui. Je suis partie et c'est lui qui a qui a gardé mon fils. Tu vas fuguer après ?
Oh ben souvent hein. Mais un jour tu vas partir ? Ben disons ça s'est joué un soir.
J'avais déjà ça faisait des années que je faisais je faisais des conneries et un soir je voulais sortir. Mon père il me dit non tu sors pas. Alors j'ai dit oui je sors.
Non tu sors pas. Oui je sors. Il m'a dit ben réfléchis bien si tu sors, tu rentres plus.
J'ai dit ben je sors. Je pense que ce soir-là, il aurait pu m'empêcher de sortir mais j'avais il m'a laissé le choix. Et le lendemain matin, quand je suis revenu, il y avait des valises devant la porte.
J'aurais pu taper à la porte, m'excuser pour rentrer. Non, j'ai pris mes valises et j'ai dit tiens, où je pourrais aller ? J'ai débarqué, je suis partie en stop à Paris.
J'ai débarqué rue de la Luchette. Tu laisses ton fils à ton père du coup ? Et mon fils est resté chez mon père.
Et alors, comment tu vas faire pour survivre quand tu arrives à Paris ? Tu vas faire la manche ? Ben, j'ai rencontré des gens aussi pas mieux que moi.
C'était juste un 70, c'était super. Il faisait de la manche au vergal la journée, il dormait, on dormait dehors et on se défonçait surtout. Et tu prenais quoi comme ?
On prenait de l'acide, on prend fumait. Euh et je me rappelle, il y avait au quartier Saint-Germain desprè le docteur Olivein qui avait une un dispensaire d'hygiène mental et tous les jeudis, il y avait une permanence et il y avait un grand carton avec plein de cachetons. On y allait à plusieurs.
Notre but c'était de voler les cachets, on prenait n'importe quoi. Et combien de fois on s'est retrouvé bien malade ? Comment tu fais pour quand tu dors dehors ?
On peut pas dire on dormait, il y a eu des nuits donc on dormait dehors. Et autrement, on avait trouvé un un hôtel dans les hal où il y avait un grand une cour, il y avait il y avait plusieurs entrées et quand on avait du fric, on prenait une chambre et on dormait à 5 ou 6 dans la chambre. Et c'était avec des gens qui étaient aussi à la rue.
Ah oui, des potes. Tu avais pas peur dans la rue ? Tu étais quand même une jeune fille, tu étais pas majeur.
Ah non, mais moi je pense que ce qui m'a sauvé, c'était parce que c'était dans les années 70. Ça serait maintenant avec le squir du craque et tout ce qui se passe, je pense que ça serait beaucoup plus grave. Tu penses qu'est-ce qui se serait passé ?
J'aurais pris du j'aurais pris n'importe quelle saloperie et j'aurais comme je pense qu'à 16 ans la prison m'a sauvé la vie parce que j'y trouvais un cadre, je pouvais plus me défoncer, c'était je pouvais me poser, c'était bien. Oui. Tu vas rentrer en prison parce que tu vas exceller en tant que pic pocket.
Comment tu comment tu Ben disons que j'avais trouvé une copine et on traîit dans le métro la journée, on était raide raide. Et on a vu des gars qui faisaient pipoquette, on dit tiens c'est pas con. Et en avant, on a sympathisé avec eux.
Comment on fait pour être petite poquette ? Comment on fait pour pas se faire cramer ? Ben j'en sais rien.
Moi c'était c'est venu naturellement hein. Avec ma pote, on a rencontré deux gars, on est sorti avec et on les a vu faire et tout. Après, on s'est lancé toutes les deux.
Tu volis tu volis quoi ? Les Japonais, j'ai honte parce que maintenant il m'adore. J'ai mauvaise conscience.
Tu ciblais principalement les Japonais, les touristes et tu tu ouvrais leurs sacs ? C'était quoi le mieux ? C'était les sacs, les poches ?
N'importe Non, moi j'ai fait ça dans toute l'Europe, hein. Oui, c'est ça. Parce qu'en plus tu te baladais en fonction des événements où tu sais qu'il allait avoir du monde.
Tu allais Et ben les deux derniers trucs que j'ai fait, c'est le mariage du prince Charles avec les Did et la coupe du monde. C'est un 81, l'autre 82. Et pourquoi tu es allé là-bas ?
Ben pour voler parce qu'il allait avoir plus de parce qu'il y avait beaucoup de monde. Et c'est quoi les techniques ? Tu te frottes dans la foule ?
Comment on fait ? On s'approcher le plus possible des gens et c'est pas comme maintenant où c'est des agressions presque qu'il font. Hm hm.
Et tu leur parlais ? Il y a quelqu'un qui faisait diversion ou du juste ? Non, même pas.
Mais c'est vrai que c'était comme j'ai dit tout ce que j'ai fait dans ma vie aussi bien dans mon resto qu'à la prostitution que volé, j'ai essayé, c'était mon métier à l'époque et je le faisais le mieux possible. Mais c'est vrai qu'à 16 ans l'âge et la la fin ça endort les scrupules parce qu'après c'est vrai que des fois je me suis trouvé à l'étranger, j'ai penser, j'ai dit j'imagine si quelqu'un quand j'étais en Turquie ou en Égypte quelqu'un me volait mes papiers le fric et tout j'ai dit ça serait c'était dégueulasse que je faisais mais à cette époque là j'avais pas de scampule j'y pensais pas alors et ça gagnait bien ah oui bien et quand j'allais en boîte le matin quand on pour se retrouver dans le dans le métro la gueule qui tirait les gens quand ils vont Et quand ils allaient au boulot, je me disais ben c'est ça le boulot, ils ont ils avaient l'air bien malheureux hein. Alors je dis moi en fin de compte, je vais en prison de temps en temps mais eux ils en ont pris pour perpète.
Et c'est-à-dire les gens vous avez vu le matin quand ils vont au boulot comme ils sont tristes. Ah c'est sûr qu'à Paris ils sont pas très souriants. Nu j'étais heureuse ou pas heureuse comme maintenant si vous me posez la question est-ce que je suis heureuse aujourd'hui ?
Je je pleure pas tous les jours. Je rigole pas tous les jours. C'est je vis.
Et tu avais pas peur de te faire attraper quand tu étais comme ça en train de Ben, je me suis fait attraper plein de fois mais avec du recul et j'avais rendez compte 15 ans les flics ils avaient peut-être des enfants de mon âge, il fallait bien m'empêcher de faire mes conneries. Bah oui, justement un jour tu vas arriver pour la première fois en prison, est-ce que tu peux me parler ? Ben, j'avais toujours eu des potes qui étaient allés en prison et tout.
La première fois où j'ai été en prison au qu des orfèves, j'étais presque fier. C'est comme j'avais passé un comment dit un examen, je rentrais l'examen de passage. Ben c'est juste une fois arrivé à Freine à Freine mineur que j'ai vu la surveillante arriver avec un grand trous de thé tais vousou là j'ai vu je me suis rendu compte là je faisais plus la belle hein.
Ça fait pas peur la prison le bruit des verrou l'ambiance mais pareil là l'avantage que j'ai c'est que j'ai connu ça à 15 16 ans. J'aurais que quelqu'un qui va en présent pour la première fois à 40 ans, je pense que c'est plus difficile mais à 15 16 ans on s'adapte à tout. Premier soir, c'était dur, le lendemain, j'ai trouvé des filles de mon âge et c'était la fête.
Ça ressemble à quoi une journée en prison ? Pour ceux qui connaissent pas, tu vois, on a du mal à s'imaginer. Ça fascine un peu aussi les gens là.
Mais ça dépend quelle quelle prison. Là par exemple, ta première prison, bah là c'était chez les mineurs. Il nous occupaiit comme il pouvait.
Et après à Fleur, ben à Fleur, j'allais à l'atelier, je travaillais pour les hôpitaux de Paris. On allait à l'atelier tous les jours. C'est comme la vie dehors.
Et dans la prison pour mineur, tu tu lis, tu regardes la télé, tu as de tu as de l'éducation aussi. Ah non, à l'époque, il y avait pas la télé, hein. Vous vous parlez des prisons de maintenant.
Nous, à l'époque, moi j'ai connu la prison où c'était le pot de chambre et le brodo. Pas pas de télé, pas de radio, il y avait rien de tout ça. Et c'est des chambres individuelles ?
Oui, moi j'ai toujours connu des cellules individuelles. Tu trouvais que c'était mieux que la rue pour dormir ? Tu avais un cadre au moins ?
Moi j'ai trouvé un cadre et j'ai j'ai jamais Moi, je pense que ceux qui diabolisent le plus la présin. C'est sûr qu'on est mieux dehors, mais c'est Non, ça m'a pas la preuve, j'y suis retourné plusieurs fois. Tout le monde y retourne.
Si c'était aussi terrible que ça, on n retournerait pas. Et du coup, quand à ce moment-là tu vois plus ton enfant quand tu es en prison et tout ça, tu as des liens avec ton père avec l'extérieur ? Non non, la première fois que je suis allé en prison, mon père il s'est fait jeter par le juge parce qu'il avait à l'époque la majorité é à 21 ans et j'avais pas d'habit de recherche.
Donc le juge a dit "Mais monsieur Ferrari, comment ça se fait ? Cette fille, elle est à Paris, vous êtes à Toulon, il y a pas d'habit de recherche et ça il a mal pris et après il m'a pris un truc, il m'a dit tu sais c'est ta [ __ ] en fais ce que tu en veux et compte pas sur moi quand tu es en prison et jamais à 8 ans jamais il m'a envoyé une lettre un mandat une visite. Par contre une chose que j'ai du mal à accepter c'est que son frère à cette époque-là il était à la santé à Paris et tous les mois à la prison de la santé et tous les mois il prenait l'avion de tout long à Paris pour voir son frère.
Mais toi il est jamais venu te voir ? Jamais. Et tu es contente de retourner en prison que tu dis que ça te donne un cadre ?
Non, je suis pas contente mais j'ai toujours été bonne joueuse hein. Moi, j'ai jamais dit les flics sont des cons, les matons et tout. C'est moi qui me suis mis en prison toute seule.
Si j'avais pas fait de conneries, j'y serais pas allé. Faut savoir perdre. Et c'est pour ça que je l'ai la prison, je l'ai toujours faite pas de bon cœur mais bien accepté.
Il faut accepter les règles du jeu. Pas vu, pas pris, ben de temps en temps, il faut perdre. J'étais pas contente de retourner mais j'étais pas c'était pas bon ben ça y est, j'y retourne bien en avant et on verra.
Mais j'espérais en sortir très vite mais c'est vrai que ça me traumatisait pas d'y aller. Quand on est bon joueur, on le prend mieux. Moi j'ai des amis qui ont 80 quelques années.
J'ai un ami qui a fait 35 ans de prison. Ben lui pareil, il dit "J'aurais pas fait le con, j'y serais pas allé." Voilà.
Il y avait les mêmes personnes quand tu revenais en prison. souvent les mêmes. Ben disons Jean Schneider, des gens comme ça où la femme à Jean-Charles Biloquet et tout qui était qui avait des longues peines.
Donc on retrouve à chaque fois et des gens comme moi qui tombions régulièrement. Et ils sont comment les matons ? Moi je sais pas là j'entends parler de la violence des matons et tout.
J'ai pas connu ça. Et après j'ai fait les parloirs dans toute la France voir des amis à moi ou des personnes avec qui je vivais dans les centrales et tout et j'ai jamais entendu j'ai jamais entendu parler de la violence des matons sinon. Donc ils étaient plutôt sympas.
Cool avec vous. Non, ils font leur boulot. C'est-à-dire euh ils sont payés pour nous garder et comme j'ai dit ça coûte rien le quand il nous ouvre la porte le matin, bonjour, au revoir, merci, ça ça c'est limite à ça mais d'être poli.
Maintenant ils sont insultés toute la journée, c'est devenu du grand n'importe quoi la prison. Et tu avais des nouvelles de l'extérieur quand tu étais en prison ? De ma famille ?
Pas du tout. Parce que tu disais qu'en 8 ans de prison, tu as jamais eu aucun mandat. Aucun !
De mon père ? Jamais, hein. Ça c'est sûr et certain.
Aucune visite. Non plus. Non plus.
Des amis à toi qui venaient te voir en 76 ? J'avais mis une annonce. J'étais la première femme à mettre une annonce d'un Libé pour avoir des correspondants et il y a 200 et quelques personnes qui m'ont répondu là-dedans.
Il y avait 27 prisonniers et il y en a deux qui venaient me voir, des personnes pas des prisonniers les autres qui venaient me voir au parloir. Mais autrement, j'ai jamais eu parloir. Ça te faisait du bien ?
Ça fait plaisir d'avoir de la visite ça nous sort au moins de la cellule. Tu dis dans ton livre que souvent les les matons c'est un peu hypocrite parce qu'ils font semblant de pas voir ce qui rentre dans la prison. Ben de toute façon, je pense que si moi j'avais un ami qui était à la centrale de Clerveau et à la centrale de Clervau, on arrive dans le village, les portables il passe pas.
Donc s'il vous voulez qu'il y ait plus de portable en prison, il mettraient des brouilleurs et il y en aurait plus. Je pense que s'il laissent les portables, c'est que ça les arrange parce que les les je les gens, ils sont aussi assez cons pour parler au téléphone et ça ça aide des flics. Et comme le cheat, hein, je pense qu'il laisse rentrer le cheat puis comme ça c'est ils dorment, ils sont tranquilles.
C'est la tranquillité. Toi, tu as fait rentrer quoi quand tu étais en prison ? Rien du tout.
Et là où ils sont encore plus cons, avant avant dans les prisons, les gens quand ils pouvaient se démerder, avoir des avantages, faire rentrer quelque chose par les matons, il faisait mais il fermait leur gueule. Tandis que maintenant vous allez sur TikTok, le gars il se fait rentrer du cheat et il se prend se filme dans la cellule en disant : "Je les ai bien escroqué, ils m'ont pas vu, regardez avec quoi je suis rentré. Il faut vraiment être con." Profites si tu veux te débrouiller, débrouille-toi.
Mais au moins passe pas, fais pas une vidéo et passe pas sur TikTok. Et tu t'es déjà battu en prison ? Jamais.
Quand on imagine la prison, même pour femmes, on Je me suis jamais battu ni dedans ni dehors. Tu te faisais respecter ? Si je restais à ma place, il y a pas de souci hein.
Tu as vu des choses en prison ? Des conflits entre des Mais des femmes, elles sont assez Moi, j'ai vu bon dans les années où il y avait la révolution, les hommes se révoltent, montent sur les toits, mais les femmes non. Par contre, je pense qu'il y a beaucoup plus de solidarité dans les prisons chez les hommes que chez les femmes.
Tu as trouvé que c'était égoïste un peu ? Chacun pour sa pomme ? Chez les femmes, je pense, oui.
Mais tu arrivais quand même à créer des amitiés ? Ah oui, mais le temps le temps de la prison parce qu'après le jour on sait qu'on va sortir, on se promet de se voir dehors et après ça passe. Et alors tu dis un truc aussi sur les prisons, c'est intéressant.
Tu dis dans certaines prisons, c'est même plus du laxisme, c'est qu'ils ont donné les clés. Ah moi je pense que les surveillants ont donné les clés pour avoir la paix la leur laisse faire ce qu'ils veulent aujourd'hui ou à ton époque maintenant. Moi de mon époque il y avait un certain respect des règles euh ce qui n'existe plus maintenant.
Tu es déjà allé euh au mitard comme on dit ? Non jamais parce que de toute façon maintenant la présence c'est devenue ben la vie des citaires on la retrouve en prison. Toi tu penses qu'il faudrait une justice qui est plus punitive qui est des centres pénitenciers qui sont plus sévères ?
Non, moi je pense que ça sert à rien parce que je me mets à la place d'un petit gamin à 12 13 ans, il fait le chouff dans son quartier, il prend 100 € il est pas con hein. Il se dit bien pourquoi ? Il a pas peur de la prison parce qu'il va y retrouver ses potes.
Il y a des chances que le son père, son oncle, les voisins, les frères, ils y soient allés. Donc il a pas peur de la prison. Il sait qu'il va retrouver ses potes.
Et avec tout le fric qui a à gagner, c'est vite calculé hein. Moi voulait que j'aille parler aux jeunes en prison. J'ai dit j'y vais pas.
Qu'est-ce que vous voulez qu'ils écoutent une vieille ? Et toi la plus grosse peine que tu as eu, c'est quoi ? 18 mois, je crois. 18 mois.
Et c'est pas dur de rester 1 an et demi sans voir l'extérieur. Il y a des promenades ? Il y a des promenades matin et soir.
Et alors, tu vas ressortir de prison et à 18 ans, tu vas retomber enceinte mais avec un copain qui était quand même pas très fréquentable qui était violent qui était violent qui qui me faisait voler. C'est pas lui qui m'a envoyé voler, il m'a rencontré, j'y allais déjà. Mais après, j'étais obligé de lui filer tout le fric que je que je gagnais comme un Mac en fait.
Voilà. à part qu'il prenait il avait pas de risque, il risquait pas de tomber pour vocénétisme. C'était bien pour lui.
Mais il y avait pas que moi. Il avait trois quatre gars aussi qui qui volait pour lui hein. Donc tu sors de prison, tu continues tes bêtises.
Bah oui, il fallait bien fallait bien vivre tout ce que tu volais. Tu le tu lui donnais à lui à 100 %. C'était un peu de l'emprise.
Ah oui, mais ça c'était à l'époque quand j'étais avec lui. Après, je suis pas resté. Ma fille est né en 74, après un 75 tout ça, je l'ai après je l'ai quitté hein.
Et lui, il est comment ? Je crois que quand tu étais enceinte, tu avais des œils au noir, c'était Ah ben ça, j' souvent hein. Qu'est-ce qu'il faisait ?
Ben, il était violent tous les jours. Pas tous les jours mais souvent. Souvent.
Et alors le pire, je crois que ce qui t'a fait, c'est à l'accouchement. Est-ce que tu peux me raconter un peu euh pour l'accouchement de ta fille ce qui s'est passé avec lui ? Il m'a emmené à la maternité, il est jamais revenu, il s'est fait arrêter, il est sorti de il est sorti à l'hôtel de l'hôtel lieu, il a trouvé des potes, il s'est saoulé la gueule, il s'est battu, il retiré en prison ou il t'a laissé accoucher toute seule pendant que il allait au bar.
Voilà. Oui. Et ta fille du coup, elle va être placée en pouponnière.
Toi, tu fais quoi ? Oui, elle été placée en pouponnière. Pourquoi ?
Parce que j'avais pas de domicile. J'avais rien pour la pour l'accueillir. Alors du coup, tu vas retourner en prison ?
Oui. Ta fille en pouponnière. Hm.
Pourquoi tu retournes en prison ? Mais parce que j'ai j'ai refait le con. Et en prison, il y a des souvenir là, j'étais avec la femme à Jacques Messine.
Mesine qui a un grand criminel braqueur qui était un grand braqueur et tout on bavait devant elle parce que elle elle pris 8 ans et tout la femme à meserine et on rêvait tout de rencontrer notre maerine et là ça a été une autre une autre affaire. Il était chouette les miens. Alors on va parler de ta vie un peu sentimentale.
Oh vaste sujet. Tu t'es marié combien de fois ? Trois fois en prison avec des prisonniers.
Oui. Et c'était comment d'être en couple avec des prisonniers ? Tu les tu les adulais ?
Tu disais tout à l'heure en couple avec Mrine c'était on voulait tout un un mec Ah ben on rêvait tout de notre mais c'est vrai c'est quand j'avais 20 ans, ben j'étais un peu con hein. On m'aurait présenté un mec, je l'aurais pas trouvé beau. Vous m'auriez dit il a fait 20 ans de prison d'un coup il était magnifique.
Et pour moi un mec s'il avait pas fait de la prison et ben même pas je l'ai calculé. Ah, il fallait qu'il soit C'était un critère. Ah oui, tes détenus préférés.
Tu préférais qu'ils aient fait quel délit ? Ah ben braquage. C'est sexy un braquage ?
Tu trouvais ça sexy ? Non, ça faisait dur. Et après, j'ai rencontré des gens qui m'ont incité à écrire et comme je leur ai dit, euh j'ai découvert qu'il y avait des gens en plus intéressants que tout ce milieu que j'avais fréquenté pendant des années.
Et je leur ai dit, vous avez fait descendre mes héros de pacot de leur piédestelle. Et après, j'ai vu les choses autrement. Mais c'est vrai que pendant des années, j'idolâtréis ces gens-là.
Ça ressemble à quoi d'être en couple avec un prisonnier ? C'est beaucoup de parloir. C'est de la connerie.
Bon, quand la fille, elle a rencontré son mari avant, qu'elle va le voir au parloir et tout, c'est normal. Mais quand on rencontre quelqu'un qui met une annonce ou qui on le rencontre, il est déjà en prison, c'est bien pour se servir de nous et bien fait pour nous hein. On s'est déjà servi de toi en amour.
Quand j'allais au parloir, c'était par intérêt hein pour de la compagnie, pour avoir de l'argent. Pour avoir de la compagnie, pour avoir de l'argent, pour avoir Oui. Tu dirais que tu as eu de la chance en amour quand même dans ta vie ?
La seule truc que je dis chaque fois, j'ai dit je peux pas tomber pire mais chaque fois j'y arrive. Et tu avais dit on a les gens qu'on mérite. Ah oui parce que le prochain livre que je fais, je m'adresse à Dieu et j'ai dit il paraît qu'on a les gens qu'on mérite.
J'ai dit ben tu dois avoir une piètre estime de moi parce que que tu me présentes. C'est pas chouette hein. Oui parce qu'en plus il y a 4 mois tu as vécu une relation un peu traumatisante avec un mec que tu as rencontré sur TikTok.
Ouais j'ai rencontré quelqu'un sur TikTok. Pendant 2 mois c'était on s'est parlé au téléphone, c'était le grand amour tout. J'ai cru et je m'en veux parce qu'elle le parcours que j'ai eu est aussi naïve à 70 ans.
Il faut vraiment être con. Et au bout de 2 mois, il est venu s'installer chez moi. Au départ, c'était super.
S'est installé dès le lendemain. On aurait dit qu'il était il avait pris ses marques, qu'on était ensemble depuis 20 ans. Je me voyais parti pour la vie.
Après, j'ai vu qu'il buvait et c'est vrai qu' c'est un excuse. J'ai un bar donc si tu entends et je lui ai dit il faut arrêter de boire parce que ça pourra pas le faire. Et il m'a dit ça va être dur d'arrêter.
Bon après elle a continué à boire et j'ai ça allait plus du tout. Et un soir je suis rentré il avait bu. J'ai dit bah là ça va plus le faire et tout.
Le lendemain, il m'a envoyé un message au resto. Excuse-moi, j'ai je suis con, je gâche tout. Je suis rentré le soir, il était évreemort et je pas parlé.
Je suis allé dans la chambre regarder la télé, il a voulu m'embrasser, je le repoussé et là il a voulu m'étrangler, il m'a sor un couteau 30 cm et j'ai vu ma dernière heure rêvée. J'ai pu me sauver en pyjama dans la rue. Et donc après la voisine, ma voisine, elle est chef à la police municipale et j'ai eu ma belle fille au téléphone, elle me dit "Maintenant, ça suffit, tu appelles les flics." Et ils sont venus le chercher, il avait 2 g 80.
Après, il a fallu que j'aille au commissariat faire un pensé verbal et j'ai pas voulu porter plainte et ça c'était un vendredi soir. Le samedi et le dimanche, les flics ils m'ont appelé en me disant que le procureur, je mettais le procureur et le parquet dans l'embarras parce qu'il était très dangereux. Il m'a ils m'ont dit "On peut pas vous dire quoi ça pas été jusqu'au meurtre mais il est très dangereux donc j'ai pas porté plainte et le lundi, il est passé en commission en comparion immédiate et j'ai découvert que j'étais la 12e femme qui l' agressé.
Tu as tu as failli mourir un peu. Là, j'ai vu ma dernière heure rêver et c'était le gars qui avait 62 ans super sympa et quand il m'a rencontré sur TikTok il y a 2 mois qu'il était sorti. Avant il avait fait ça à une femme de 79 ans.
Il cherchait des femmes en général sur TikTok seul. Il devait se renseigner s'il y avait de la famille ou pas près d'elle. Et après bon ben s'installer chez elle, il vivait que du RSA et c'est quelqu'un donc qui buvait et chaque fois ça finit mal.
Et je me suis aperçu une fois qu'il est qu'il m'a fait ça qu'il est tombé. que sur TikTok, elle a vu que j'acceptais plus qu' qu'il boive, il était déjà en train d'en chercher une autre. Tu étais amoureuse de lui toi en plus ?
Ah, je me suis attaché à lui. Oui. Tu es pas trop dur après ?
Là, c'était il y a que 4 mois. C mois au mois d'avril, 4 avril. Ben, une déception de plus mais c'est vrai que c'est pas après toutes ces années en prison, tu vas décider de te lancer dans la prostitution.
J'avais rencontré donc par annonce dans les annonces, il y avait un détenu qui était en quartier de haute sécurité et la directrice de Fleur m'a dit "Vous écrivez à qui vous voulez celui-là ?" Non. J'avais 20 ans, j'ai ben celui-là, ben celui-là je l'ai épousé.
Après donc et lui j'étais il voulait pas que je reste à Paris parce qu'il dit elle va encore tomber en prison. Donc il a voulu que je vienne à Lyon. Il dit le jour où tu sors c'est là que j'ai quand j'ai mangé les fourchettes et tout.
Je suis sortie de CCO de l'hôpital. Il a dit "Tu restes pas à Paris, tu viens à Lyon." Et à Lyon, il y a un ami à lui qui m'a réceptionné et il m'a dit "Bah pour te dépanner avant que avant que tu te sois tu te refasses, tu vas aller dormir chez ma femme." Donc j'ai été dormir chez sa femme, elle se prostituée et j'ai vu qu'elle gagnait plein de fric.
J'ai dit "C'est pas con ça." Comme je dis, moi j'ai pas la même approche de la prostitution que les autres. Il m'est arrivé à 15 16 à 16 ans d'aller dormir avec un mec pour pas dormir dehors.
Ben, j'ai dit tiens, ça c'est pas con. Maintenant, je peux gagner du fric et voilà comment j'ai j'ai commencé. Pour venir sur les fourchettes, comment tu as mangé vraiment au sens propre du terme, tu as vraiment mangé des fourchettes et tu les as avalé ?
Ben, j'étais en pleine crise et je j'avalé les fourchettes. Mais comment on avalé une fourchette ? Une fourchette en acier ?
J'avé la fourchette, le couteau, il y a que la grosse cuillère qui est pas passée. Mais attends, comment tu expliques-moi comment tu peux pas physiquement avaler une fourchette ? Ben oui, on met à plat et on le plus dur c'est pour passer là.
Après c'est fini hein. Et j'avais dit tous les mois je le ferai. Et ils m'ont opéré en décembre 76 et après ils m'ont mis dur.
Pourquoi ils t'ont opéré ? Ben pour la sortir. Oui, il faut l'enlever.
Il faut l'enlever après. Mais tu aurais pu mourir. Tu pensais pas ?
J'ai pas c'était pas le but hein. C'était pour faire quoi alors ? Pour les emmerder, pour sortir.
Oui, parce que tu disais que tu avais été incarcéré alors que tu avais rien fait. Cette fois-là, j'avais rien fait. Du coup, c'était pour protester.
Voilà. Et tu as réavalé d'autres fourchettes depuis où tu t'es Ah non, là c'est bon. J'avais jamais entendu ça de ma vie.
Ben pourtant je suis pas la seule hein. C'est vrai c'est courant en prison à Freine ils ont il a l'hôpital de Freine ils ont des gens qui ont avalé toutes sortes de choses pour mettre fin à leur jour. Non pour revendiquer des choses.
Peut-être certains pour mettre fin à leur jour mais pour revendiquer pour se battre. Ils avalent quoi tu sais des bout du ressort du lit c'est trucs pas possible ce qu'ils peuvent trouver hein. Ah ouais.
Alors après tu tombes dans la processution, tu m'as expliqué comment et tu Donc j'ai vu cette fille là qui gagnait bien sa vie. J'ai dit ben tiens donc j'ai commencé un processu avec elle. Après ça me plaisait pas.
Je suis reparti à Paris, je suis retombée en prison et après je après je suis sortie cette fois je m'y suis mis complètement. Et tu ressens quoi quand tu vends ton corps pour la première fois ? Mo pour moi c'est un boulot comme un autre.
Surtout que le premier client c'est un curé. C'est lui qui a payé les alliances du mariage en prison. Au début, c'est sur le trottoir, c'est ça ?
Oui. Après, tu vas aussi le faire en fourgon. Après, j'ai acheté un fourgon.
C'est quoi la différence ? Ben, c'est déjà lu. Les fourgons, c'est en dehors de la ville général accompagne alors que la l'otte ça dans la rue devant tout le monde.
Quand c'est sur le trottoir, tu vas te cacher derrière les voitures en sourie ? Non, les filles, on avait un appartement, hein. Ah, OK.
Tu faisais monter les Ah oui, on louit des studios. Tu as dit aussi dans ton livre, en 1 heure, tu gagnais le salaire d'un ouvrier une semaine. On gagnait bien notre vie.
C'est comme quand j'allais voler, je gagnais beaucoup plus qu'une ouvrier hein. La prostitution, tu gagnais plus qu'en étant pck pocket. Non, je pense que je gagnais plus en étant p pocket.
Mais tu voulais plus retourner en prison. C'est pas moi, c'est mon mari qui m'a dit ça suffit. C'est pas dur de livrer ton corps à quelqu'un.
Moi je vous dis pour moi c'est un boulot comme un autre. Et est-ce que le corps il l'esprit il se dissocie ou tu es Ben Heureusement. Tu buvais avant, tu te Ah non, j'ai non.
J'avais pas besoin de boire et je me défonçais plus à l'époque. Tu avais une arme pour te protéger parce qu'on sait que ça peut être dangereux. Ah non.
Tu disais que tu étais protégé par les des contacts que tu avais en prison. Tu crais rien toi ? Ah oui, c'est pas que je que j'ai j'avais des amis bon dans le milieu.
Mon mari qui était à l'époque haute sécurité et moi j'avais fait de la prison et tout. C'est pas j'ai pas la même relation qu'avec les que les autres. Il y a des trucs qui se respectent.
Mon mari est en prison et ben il me laisse travailler. Toi tu avais quel rapport avec les clients ? Pas des potes.
Il venait il faisait ce qu'ils avaient à faire et se cassé. On finit par s'habituer du coup à la prostitution ou tu te détruis à petit feu ? Non je me détruisais pas.
Moi pour moi j'allais voler c'était tel jour à tel jour de telle heure à telle heure. C'était mon boulot prostitué. C'était telle heure à telle heure.
Et des fois il y a il y a personne qui venait en une journée. Ah ben ça arrivait qu' a personne et des fois c'est rare. Il y avait de la concurrence entre les autres prostitués ?
Ah bah la concurrence, oui, il y en a d'autres hein, mais c'est pas comme ce que c'est devenu maintenant. Maintenant c'est des avec les blacks et les filles de l'Est, ce sont des groupes. Nous on était c'était individuel et c'était plus cool.
C'était la prostitution qui a qu'on a connu dans le temps. Tu devais donner tu devais pas reverser un bout de ton salaire à quelqu'un ? Ah non.
Tout ce que tu gagnais c'était pour toi. Bah oui. Et par contre tu devais payer ton emplacement je crois.
Non, moi j'ai jamais payé mon emplacement. Il y a des filles qui payaient leur emplacement. Pourquoi tu as pas payé ?
Parce que je connaissais les gens qui faisaient payer. C'est des amis. Et par contre, tu as été braqué deux fois.
Ben un jour, j'étais au boulot et il y a des gars qui sont arrivés. Je j'allais j'avais ma voiture et mon estfête. J'allais garer mon estfête pour prendre ma voiture et c'était devant un hôpital parking assez sombre.
Et je suis arrivé, j'ai je vais pour descendre mon estafette. Il y a une voiture qui est arrivé qui m'a coupé la route. Deux gars qui sont descendus, qui m'ont braqué et qui m'ont pris le fric. et 2 mois après, je pense que ce sont les mêmes, ils avaient agressé déjà une quarantaine de filles et on m'a refit le coup une deuxième fois.
J'ai eu une bonne idée de faire le Mac une fois parce que j'ai un pote qui faisait payer les places et il s'est fait tuer dans règlement de compte et j'ai une idée de génie. J'ai dit tiens si je prenais sa place proxénette proxénette j'avais de l'ambition hein. Je me je sais pas pour qui je me suis pris là et j'ai été voir les filles dit maintenant il faut me payer à moi.
Elle me dit oui oui la première fois où je suis venue chercher les sous le premier samedi les flics étaient là et voilà et voilà quoi ben ma carrière de proxinette a été très brève j'ai pas eu le temps d'encaisser un centime. Tu as été incarcéré après 2 mois là pour ce couplà. J'ai l'impression que tu as jamais eu trop peur dans ta vie.
Mais c'est ça se passe tellement rapidement et après c'est vrai qu'on appréhend toujours. C'est comme où j'habite maintenant, j'été cambriolé deux fois et ben j'appréhende d'être cambriolé à nouveau. Mais c'est pas pour ça que j'ai déménagé et que que j'ai peur chez moi.
Et alors à 48 ans, tu vas avoir un déclic. Tu vas arrêter la prostitution totalement. À 48 ans, j'étais grand-mère, je sais pas ce qui m'a pris.
J'ai voulu arrêter mais parce que j'avais 48 ans, plus beaucoup d'atout à mettre en évidence. J'arrivais plus à courir pour aller voler. C'est resté quand on arrive sur le marché de l'emploi à 48 ans avec un CB vierge et pas de calife et on a pas beaucoup de débouchés et comme j'ai m cuisiner j'ai dit bah tiens si j'ai essayé mais je pense qu'en 2003 il y en a pas beaucoup qui auraient parié que je sois encore là 23 ans après tu as ouvert au restaurant tu es la patronne donc c'est le café des artisans à Lyon le café des artisans à Lyon c'est un bouchon lyonnais tout il devait rigoler de dire la vite abandonné ça te plaît tu trouves ton Ah moi j'adore mon lie j'adore j'ai mes clients l'ambiance que je suis arrivée à créer l'ambiance des bou bouchon d'avant.
Comme j'ai dit en prison, j'ai toujours bien dormi mais au resto, il y a eu des nuits où je pensais à lui qui dans le temps qui risquait de venir et tout. C'était très Oui. Tu disais que c'était une forme un peu de prison aussi ?
Ah ben, j'ai dit que je me suis mis en prison toute seule parce que je me suis mis en prison d'un système, les impôts, l'ursaf, tout ça. Et tu es toute seule à gérer ça ? Oui, pas mal quand même.
Le service, la cuisine, les courses, tout. Tu as des employés quand même ? Non.
Zéro ? Non. Tu es toute seule à tout faire ?
Oui. Ah, il y a des journées ? Oui, c'est costaud.
Parce que tu as quel âge là ? Je vais avoir 70 ans le 11 septembre. Tu pourrais c'est un âge tu pourrais être à la retraite en soi.
Ouais, mais j'ai commencé par la retraite. Quand on arrive sur le marché de l'emploi à 48 ans, les trimestres, j'aurais tous mes trimestres 90 ans. Et tuas tu as des contacts encore avec tes deux enfants ?
Avec ma fille ? Pas trop. Et mon fils.
Oui, mais de toute façon, il y a que c'est de qu'à eux que j'accepte qu'il me juge parce qu'ils ont subi les conséquences de de mes conneries. Quoi ? Tu regrettes vis-à-vis d'eux ?
Oui. Et c'est pour ça que je j'évite de critiquer ma famille qui a été défaillante parce que j'ai été aussi défaillante envers eux. Donc je suis mal passée pour juger ma famille à moi.
Mais tu vois quand même ton fils régulièrement et je l'ai au téléphone. Voilà parce que ma fille est à Normandie et mon fils est à hier. Mais toi tu es à Lyon.
Oui mais je pense qu'on a c'est comme quand j'étais avec mon père tout ça qu'on a bricolé une relation les bases étant bien bancales. Oui. On a bricolé quelque chose.
Comme l'autre fois il y a un journaliste qui m'a demandé est-ce que tu as tu as été heureuse ou pas heureuse ? Il dit "Moi, je pleure pas tous les matins, je je me roule pas par terre." Et il m'a posé la question, "Est-ce que tu penses que tu as aimé que tu as aimé ou que tu as été aimé ?" J'ai dit "Non, je pense que non." Tu penses pas que tu as été aimé, Muril ?
Je pense pas et je pense, je suis pas sûre de l'avoir aimé non plus. On peut donner que ce qu'on a reçu. Et de ce côté-là dans la famille, ils étaient pas et je pense que je vous dis, on a bricolé quelque chose.
Je pense qu'on a fait tout semblant. Et quel résultat sur ta vie ? sur la vie que tu as que tu as eu aujourd'hui.
Si c'était refaire Ouais, la même. Je pense que je referai la même. Tu crois au destin toi ?
Tu crois que tout est écrit quand tu Moi je pense que tout est écrit et comme je dis avec des cartes qu'on m'avait distribué dès le départ, j'ai triché un peu mais est-ce que j'avais le choix ? Tous les gens qui sont présents ont pas eu leur mère assassiné hein. Mais moi, c'est vrai que j'ai une famille spéciale.
Et tu as plus de contact du tout avec le milieu, avec la délinquence. Tu as arrêté toutes les conneries ? Moi, j'ai arrêté les conneries, mais après je pas renier mes amis, hein.
Est-ce qu'il y a un truc dont tu es le plus fier dans ton parcours où tu te dis la seule chose dont je suis fière, c'est que depuis l'âge de 15 ans, j'ai jamais attendu après personne. J'ai toujours été cherché mon argent toute seule. Ça c'est une force.
J'ai jamais attendu sur un homme sur quiconque pour me nourrir. J'ai toujours été loyal vis-à-vis de mes amis. Respect des règles et tout et ça ça changera pas.
Si là il y a des jeunes qui nous écoutent qui sont dans la délinquence, qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ? Non, je pense que je leur dirai rien parce que moi à l'orage, j'aurais écouté personne. S'ils peuvent éviter qu'ils évitent mais je pense pas qu'on puisse leur dire quoi que ce soit.
Comment on sort de la délinquence d'après toi ? Moi je crois pas la réinsertion. Tous les assos et tout, j'y crois pas du tout parce que j'ai travaillé 2 ans dans un centre d'insertion sociale et professionnelle.
Et un jour dans un grand magasin, je croise une fille qui moi à l'époque, j'avais une trentaine d'années, elle elle avait 50 ans. Elle dit à son mari : "Ou là, viens, je te présente mon professeur." En parlant de moi, jour de la réunion, j'ai dit "Moi, je trouve que j'arnaque ces gens parce que j'ai un parcours plus chaotique leur et le fait qu'elle me dit ma prof, j'ai dit non, moi j'ai je me reconnais pas le droit de leur apporter quoi que ce soit quoi." Et on m'a répondu "Qu'est-ce que tu te casses la tête ?
Ils sont là juste pour 6 mois pour sortir des listes de chômeurs. Mais quand on entend ça, on se dit "Ben dis donc !" Mais pour toi, c'est peine perdu.
Il y a rien à faire quoi. Non, moi j'ai quand j'étais gaminé, on m'a mis tous les éduques de la terre sur le dos, j'étais pas dans l'optique d'arrêter et le jour où j'ai voulu arrêter, j'ai eu besoin de personne. Je pense que c'est la personne toute seule qui décide ça.
Alors, tu as écrit deux livres, je voulais vous dire qui raconte ton histoire et un deuxième, c'est silence qui ont ploublé nos vies qui raconè l'histoire de ta grand-mère, c'est ça ? qui a été prisonnée par les Allemands en 40 ans, qui travaille au service du STO à Paris. Elle aurait empêché 11000 personnes de partir en Allemagne.
Après, elle a été dénoncée, torturé et condamné à mort par le tribunal militaire allemand. Elle s'est retrouvée à Freine, là où j'ai été et au bout de 2 mois, ils ont décidé de plus fusiller les femmes. Ils l'ont envoyé à Rabinsbruck.
Et là où je d parle à ma grand-mère parce que je pense qu'elle aurait dû quand elle a su que j'étais à freine et elle aurait dû se sentir concernée parce qu'on a été toutes les deux à freine, on a marché dans les mêmes couloirs, pas dans la même cellule, ça serait vraiment exceptionnel mais dans les mêmes couloirs et dans les mêmes cours. Donc elle aurait dû se sentir encore plus concernée. Elle l'a pas fait et là où je lui ai dit, j'ai dit "Tu serais pas ma grand-mère, je te verrai comme un héros.
Tu risques ta vie pour 11000 inconnus et tu t'es jamais occupé de ta petite fille." Alors, je trouve que c'est ça m'interpellé quand j'ai lu ça parce qu'il m'ont sorti son dossier des archives historiques de la défense et quand je dis qu'elle a risqué sa vie pour 11000 personnes qu'elle connaissait pas, elle a pris beaucoup de risques pour rien. Bah, elle a quand même sauvé 11000 personnes.
Elle a empêché 11000 personnes de partir au stéo. Et ton premier livre, je voulais vous dire si tu racontes ton histoire, tu parles de la prison, de la prostitution. Oui, je raconte ma mon histoire.
La rue. La rue, tout. Et ben écoutez, on vous met tous les liens en description des deux livres de Muriel et aussi la page Google de ton restaurant, le café des artisans à Lyon et seront les bienvenus pour papoter.
Merci beaucoup Muriel. Merci. [Musique] [Musique] [Musique] Yeah.
Marina Ferrari