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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 décembre 2024 20 minMixte

Gouvernement Bayrou, soutien à Mayotte, accord UE-Mercosur... Le "8h30 franceinfo" d'Arnaud Rousseau

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Temps de parole

  • Arnaud Rousseau70 %
  • Locuteur 216 %
  • Présentateur7 %
  • Locuteur 16 %

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0:01
Présentateur

Bonjour Arnaud Rousseau, nous avons un nouveau gouvernement depuis trois jours, vous étiez inquiet après la censure du gouvernement Barnier face à l'instabilité. Finalement, Annie Gennevard reste ministre de l'agriculture, est-ce que ça vous soulage ?

0:16
Arnaud Rousseau

Écoutez, vous savez, les agriculteurs comme tous les français ont eu quatre premiers ministres en un an et l'idée d'avoir un troisième ministre de l'agriculture était quelque chose qui ne nous allait pas puisque nous avons besoin 1. de stabilité et 2. de réponses concrètes aux demandes que nous formulons depuis près d'un an. Et donc on a besoin d'un ministre, d'une ministre qui est au travail et qui, encore une fois, apporte des réponses concrètes rapidement. On ne sait plus comment le demander, on a besoin maintenant que ça aille vite.

0:39
Présentateur

On va revenir justement sur ces demandes. Vous avez demandé un rendez-vous avec François Bayrou, vous avez des nouvelles ?

0:44
Arnaud Rousseau

Non, nous n'en avons pas à ce stade, même si nous comprenons que la problématique Mayotte aujourd'hui occupe le premier plan et évidemment avec une pensée pour nos collègues maorais, mais nous avons besoin évidemment de rencontrer le Premier ministre très rapidement.

0:55
Locuteur 2

Qu'est-ce que vous souhaitez lui dire à François Bayrou ?

0:58
Arnaud Rousseau

On souhaite lui dire que depuis près d'un an, les agriculteurs sont mobilisés sur le terrain pour avoir des réponses sur trois sujets. D'abord, sur la dignité du métier et le sens qu'on souhaite donner à ce métier avec la question de la souveraineté alimentaire. Veut-on oui ou non en France continuer à construire l'assiette des Français, ce qu'on y mettra dans 20 ans ? Le deuxième sujet, c'est le revenu des agriculteurs, ça n'est pas nouveau. On réclame évidemment que sur les sujets de revenus, sur les sujets de vie au quotidien, on puisse faciliter la vie des agriculteurs.

Et puis le troisième sujet, comme d'autres secteurs je crois, c'est la simplification administrative et tout le sujet des contrôles. C'est les trois sujets sur lesquels on travaille depuis un an, sur lesquels on a eu des engagements. Et ce qu'on attend de François Bayrou, c'est qu'il puisse dire très rapidement s'il les reprend à son compte et dans quel délai il apporte les réponses.

1:40
Locuteur 2

Vous souhaitez, vous avez besoin de le voir quand ? Il faut que ce soit avant son discours de politique générale qui sera le 14 janvier ?

1:45
Arnaud Rousseau

Écoutez, il nous semble évidemment essentiel qu'on le voit avant ce discours de politique générale parce qu'il nous semble que c'est important qu'il reprenne dans ce que sera le squelette, la trame de son action, la question agricole. Moi, j'avais compris qu'il y avait été sensibilisé. Maintenant, on a non seulement besoin de le voir matérialisé, mais encore une fois, on a besoin d'échéance. C'est ça qui urge.

2:06
Locuteur 2

Il y avait eu des mobilisations avant la chute du gouvernement Barnier, des mobilisations agricoles. Est-ce que vous allez, vu que vous êtes toujours en train d'attendre des nouvelles de Premier ministre, relancer des actions en janvier ?

2:17
Arnaud Rousseau

Écoutez, pour le moment, on a besoin de rencontrer le Premier ministre et savoir ce qu'il a à nous dire. Et fort de ce qu'il nous dira, nous verrons ensuite quel est le mode opératoire que nous souhaitons donner. Vous savez, ça fait près d'un an que les panneaux étaient retournés avec le « on marche sur la tête ». Au mois de janvier l'année dernière, tout le monde était sur le terrain. Et depuis, je l'ai dit, quatre premiers ministres, des gouvernements successifs et puis le constat aujourd'hui d'une forme d'incapacité à répondre aux questions. Il me semble que c'est ça le vrai rôle du politique, c'est de répondre aux questions des Français.

Pour ce qui concerne l'agriculture, ce qui nous concerne, nous, les agriculteurs, les réponses ne sont pas apportées.

2:49
Présentateur

Mais il y a quelques semaines, vous nous disiez qu'on pourrait reprendre.

2:51
Arnaud Rousseau

Oui, mais encore une fois, rien n'est arrêté puisque quand on parle des lois, on nous a promis une loi d'orientation agricole.

2:58
Locuteur 2

Vous avez justement un calendrier pour l'examen de cette loi d'orientation agricole qui est encalminée depuis des mois à cause de la dissolution ?

3:06
Arnaud Rousseau

Non, nous n'en avons pas. Nous en avons une concernant la loi de simplification, le projet, la proposition de loi de simplification qui est portée par des sénateurs et qui sera remise au Sénat sur le métier le 14 janvier, nous dit-on.

3:23
Locuteur 2

Notamment pour faciliter l'usage des pesticides ?

3:25
Arnaud Rousseau

Pas du tout.

3:26
Locuteur 2

Si, ça parle de pesticides.

3:27
Arnaud Rousseau

Non, mais ça parle de beaucoup de sujets. Il y a évidemment des sujets sur les moyens de production, la question de l'eau, la question d'un certain nombre d'utilisations de matières actives autorisées en Europe, je le redis, et interdites en France. Mais des sujets aussi de simplification. C'est une loi plus large qui est attendue par les agriculteurs, qui est portée par des sénateurs, notamment le sénateur Duplomb. Et puis, cette loi d'orientation agricole, dont on parle depuis deux ans et demi, deux ans et demi.

3:49
Locuteur 2

Elle devait arriver, pour le redire à nos auditeurs et téléspectateurs, elle devait arriver au Parlement au printemps dernier. Elle a été décalée pour apporter des nouvelles réponses suite à la colère agricole. Elle a été votée par les députés juste avant la dissolution. Et là, maintenant, on attend qu'elle passe au Sénat, qu'elle soit reprise par le gouvernement. Mais a priori, vous avez des garanties qu'Annie Gennevard, la toujours ministre de l'Agriculture, reprend ce texte tel qu'il était prévu ?

4:16
Arnaud Rousseau

Oui, elle le souhaite, c'est ce qu'elle a déclaré. Nous le souhaitons également, mais dans un temps qui ne nous est pas connu à ce stade. Elle a été votée, vous avez raison de le rappeler en première lecture à l'Assemblée, au mois de mai. Nous sommes début janvier et nous ne savons toujours pas, quand elle arrivera au Sénat, vous voyez bien que tout ça ne peut pas attendre.

4:33
Locuteur 2

C'était prévu en commission au Sénat dès le mois de décembre et en janvier en séance plénière. Mais la chute du gouvernement Barnier a effectivement à nouveau perturbé ce calendrier.

4:43
Arnaud Rousseau

Oui, c'est exact. Et vous voyez bien que c'est toute l'inquiétude du moment. Tout le monde fait le constat que la situation politique est particulièrement instable. Et cette instabilité, elle ne permet pas d'apporter les réponses, encore une fois, nécessaires. Ce qui compte pour les agriculteurs, c'est que, quel que soit le gouvernement, on apporte des réponses. Et surtout, qu'on respecte les engagements et les promesses qui ont été faites.

5:00
Présentateur

Mais qu'on comprenne bien, quand vous allez voir François Bayrou, vous allez lui dire notre priorité. La première, c'est quoi ?

5:06
Arnaud Rousseau

D'abord, qu'il respecte la parole de l'État concernant les prêts de trésorerie. Parce qu'encore une fois, derrière, ce sont des hommes et des femmes qui, dans leur ferme, attendent avec des paquets de factures sur le coin du bureau qu'ils ne sont pas capables de régler. Parce que les engagements qu'on leur a fait sur les prêts de trésorerie n'arrivent pas encore dans les fermes. Donc, de l'argent. De l'argent. Ensuite, l'indemnisation de la fièvre cataralovine. Vous savez, cette fameuse maladie de la langue bleue qui a frappé durement l'élevage à la fin de l'été. Et sur lesquelles il y a des indemnisations qui ont été prévues. Avec une enveloppe déjà encore là.

5:33
Locuteur 2

75 millions déjà prévues.

5:35
Arnaud Rousseau

Oui.

5:35
Locuteur 2

Ça arrive dans les fermes.

5:37
Arnaud Rousseau

Non, pas un centime au moment où je vous parle.

5:38
Présentateur

Alors, il y a des fermes du... J'ai vu des éleveurs du Nord qui disaient justement qu'ils avaient commencé à toucher des indemnisations.

5:43
Arnaud Rousseau

Mais pas suffisantes. Non, ils ont touché un accompte. Pour une toute petite partie d'entre eux, un accompte. Donc, c'est de l'argent quand même. Non, mais attendez. Quand je dis la semaine dernière, c'était pas un centime. Donc là, il y a les tout premiers accomptes qui commencent à arriver. Et le guichet, puisque vous savez qu'il faut ouvrir un guichet concernant le sérotype 8, celui qui a été le plus mortel dans le sud de la France, sur les brebis notamment, ne sera ouvert que fin janvier. Et donc, vous voyez bien qu'entre l'annonce du premier ministre de l'époque, M. Barnier, le 4 octobre et le début des paiements, il va se passer près de 6 mois. Ça, ça n'est pas tenable.

Voilà ce que je vais dire à M. Bayrou. Puis ensuite, on parlera évidemment de sa vision de l'agriculture. Au moment où on a des accords sur le Mercosur, est-ce que la France, est-ce que son gouvernement va agir ? Sur les lois, on vient d'en dire un mot. Est-ce que le calendrier parlementaire sera tenu ? Et puis ensuite, est-ce que dans la préparation du salon de l'agriculture, qui, vous savez, sera dans à peine deux mois, on aura une vision du chef de l'État ? Je rappelle que le chef de l'État nous avait dit, je donnerai ma nouvelle vision de l'agriculture.

À l'issue du dernier salon de l'agriculture, on est quasiment dix mois après, on ne sait toujours pas, après le discours de Rungis et la montée en gamme, dont on voit bien la limite aujourd'hui, ce qu'est la nouvelle vision politique. On est dans l'incertitude la plus totale. Ça ne peut pas durer. On a besoin de se construire un avenir, pas seulement pour le secteur agricole, mais aussi pour la manière dont les Français envisagent leur souveraineté alimentaire.

7:02
Locuteur 2

– Incertitude aussi sur le budget, Arnaud Rousseau, la France, avec la chute du gouvernement Barnier, n'a pas adopté son budget pour 2025. Il y avait des mesures fiscales, notamment sur le gazole non routier. Le précédent gouvernement avait prévu de ne pas augmenter finalement ses taxes. Est-ce que vous dites aux nouveaux locataires de Bercy, il faut maintenir cette promesse-là, ne pas augmenter nos taxes sur le GNR qui est utilisé dans les tracteurs ?

7:25
Arnaud Rousseau

– Oui, on a reçu des garanties sur le sujet du GNR à la fin du mois de décembre, pour, en tous les cas, que les choses restent en l'état pour le moment. Mais vous avez raison de parler du budget. On avait, dans le budget qui est tombé, on avait près de 400 millions de mesures qui concernaient les retraites, qui concernaient les travailleurs occasionnels pour la partie budget social. Mais dans le reste du budget, on avait des sujets d'allègement de charges, notamment sur la taxe sur le foncier non bâti. Autant de mesures qui sont très attendues et qui, encore une fois, on nous avait promises.

7:56
Locuteur 2

– Et pour l'instant, ça a quoi comme conséquence, concrètement, dans les fermes, que ces mesures ne soient pas appliquées au 1er janvier ?

8:02
Arnaud Rousseau

– Eh bien, par exemple, quand vous êtes un éleveur bovin et que vous avez à déclarer la valeur de votre chétel, la valeur de votre troupeau, vous attendiez une mesure fiscale, 150 millions d'euros promis au printemps dernier, qui n'est toujours pas en œuvre. Eh bien, ça, très concrètement, ça veut dire de la fiscalité en plus et ça n'est pas tenable dans le moment dans lequel on est.

8:18
Présentateur

– Pour en revenir sur le GNR, la mesure est estimée à 160 millions d'euros. Est-ce que la France en a encore les moyens, vu l'état des finances publiques, selon vous ?

8:26
Arnaud Rousseau

– Non, mais je rappelle que, d'abord, qu'il y a un effort à fournir pour l'ensemble des Français, tout le monde en est particulièrement conscient. Le sujet pour nous, c'est un sujet de compétitivité. Et par ailleurs, parce que derrière l'enjeu du GNR, c'est l'enjeu de la décarbonation. Aujourd'hui, comment on fera pour décarboner dans les 10 à 15 prochaines années si on n'a pas des sols travaillés, des exploitations agricoles qui sont capables de faire ce travail ? L'agriculture, c'est aussi une solution.

Et c'est ça qu'il faut expliquer, et c'est que dans l'enjeu écologique que nous avons collectivement à relever, et je voudrais rappeler quand même que la France est plutôt meilleure élève quand on regarde ce qui se fait en Chine ou ce qui se fait aux Etats-Unis, mais que pour continuer à le faire, elle a besoin notamment que le sol, qui est un pourvoyeur important de décarbonation, puisse être cultivé. Et ça, c'est important que les agriculteurs continuent à être à la manœuvre. Donc ce sujet, ce n'est pas un sujet de coût. Pour nous, c'est un sujet d'investissement sur l'avenir.

9:18
Locuteur 2

Vous évoquiez tout à l'heure Mayotte qui accapare le gouvernement bien légitimement. C'est sans doute la zone la plus en crise de France aujourd'hui, et notamment aussi au niveau agricole. Des plantations de bananes, de mangue, de manioc ont été totalement dévastées. Est-ce que vous avez un bilan des destructions agricoles sur place ?

9:37
Arnaud Rousseau

Oui, vous savez, le bilan, on a eu Léni, notre collègue qui préside la FDSA de Mayotte. On a mis d'ailleurs quelques jours à l'avoir avec inquiétude, puisque toutes les communications sont interrompues dans les zones rurales. Et elle nous dit que c'est quasi 100% de la production locale, même si Mayotte importe énormément de son alimentation, tout ce qui était produit sur place. Le petit élevage, vous avez parlé de la banane, du manioc, de la mangue. Tout est ravagé, il n'y a plus un arbre debout.

10:05
Locuteur 2

Notamment pour les cultures vivrières aussi.

10:07
Arnaud Rousseau

Absolument. Tout est à l'arrêt. Et leur première demande, c'était de nous dire on a besoin de tronçonneuses. Vous voyez, c'est très concret. On a besoin de tronçonneuses parce que c'est un tel enchevêtrement, c'est un tel chaos qu'il faut qu'on commence par nettoyer et débarrasser.

10:23
Locuteur 2

La FNSEA, d'ailleurs, s'était engagée à envoyer du matériel à Mayotte. Est-ce que vous avez déjà pu faire partir du matériel à Mayotte ?

10:28
Arnaud Rousseau

Oui, nous étions engagés avec les jeunes agriculteurs à fournir dans un temps record des tronçonneuses puisque c'était la première demande. Et en dix jours, avec l'aide du ministère de l'Intérieur que je remercie, nous avons été capables d'acheminer ce matériel. Il est arrivé depuis trois jours. On a eu une communication rapide, certes, et quelques photos pour montrer que ce matériel était arrivé sur place avec évidemment un peu de baume au cœur. Modeste, certes, dans cette période de grand chaos, mais c'est ça notre réseau aussi. C'est l'efficacité pour pouvoir répondre très rapidement à la demande des agriculteurs maorais. Ils ne sont pas les seuls, malheureusement.

C'est tout le peuple maorais, c'est tous les Français de Mayotte qui sont aujourd'hui dans cette grande difficulté. Et la goutte d'eau qu'on a pu apporter pour essayer de rétablir une situation plus favorable. Nous sommes fiers de l'avoir fait. Il restera encore beaucoup à faire.

11:17
Présentateur

Vous envisagez d'autres envois, peut-être de denrées ou d'autres matériels plus tard ?

11:22
Arnaud Rousseau

Oui, on l'envisage évidemment. Le premier vice-président de la FNSFA, Jérôme Despey, se rendra à Mayotte dans les premiers jours de janvier, dès que la situation le permettra, pour aller constater de visu et voir très concrètement ce qu'on peut faire pour le plus vite possible, remettre en production, parce que quand les arbres sont cassés, on ne peut pas les remettre en production.

11:40
Locuteur 2

Oui, ça peut prendre des mois, si ce n'est des années avant de pouvoir reproduire.

11:43
Arnaud Rousseau

Bien sûr, des années, mais en tous les cas, pour le petit élevage et pour le maraîchage, on peut aller assez rapidement. Et donc ça, c'est le constat, c'est d'aller faire ce constat sur place et rapidement d'envoyer les moyens nécessaires pour que la production redémarre le plus vite possible. C'est ça qui compte au moment où on se parle.

12:00
Présentateur

Arnaud Rousseau, président de la FNSFA, vous restez avec nous. On se retrouve dans quelques instants sur France Info après le fil info de Marine Klet à 8h45.

12:08
Locuteur 1

Gérald Darmanin veut allonger le délai de garde à vue dans le cadre de violences sexuelles aggravées et de féminicides. 72 heures au lieu de 48 actuellement. Le nouveau ministre de la Justice estime que cela permettra de mieux protéger la victime et de faire davantage de constatations. Oui, Sam Ben Yéder, entendu en ce moment par la Justice, l'ex-capitaine de l'AS Monaco comparé pour violences psychologiques contre son épouse. Le footballeur a déjà été condamné il y a un mois pour agressions sexuelles en état d'ivresse. 61 migrants secourus en mer dans le détroit du Pas-de-Calais. Tous ont été ramenés à Calais.

Sauvetage dans la nuit de mercredi à jeudi par un navire affrété par la Marine Nationale spécifiquement pour ses interventions dans la Manche. La Finlande reçoit le soutien de l'Union Européenne et de l'OTAN. Le pays enquête en ce moment sur le possible sabotage d'un de ses câbles sous-marins par un pétrolier. La police finlandaise soupçonne une flotte fantôme russe qui contournerait les sanctions économiques liées à la guerre en Ukraine. Et puis, dernier service pour Irvine Gapet avec Poitiers ce soir face à Tours. L'international de volée s'envolera ensuite vers le club de Fenerbahce en Turquie. Plus aucun strapantin de disponible. 5200 spectateurs sont attendus.

13:18
Arnaud Rousseau

Nous sommes toujours avec Arnaud Rousseau,

13:29
Locuteur 2

président de la FNSEA, le premier syndicat agricole français. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a conclu début décembre les négociations avec les pays du Mercosur en Amérique latine. Est-ce que vous pensez encore pouvoir empêcher la ratification de cet accord de libre-échange par l'Union Européenne ?

13:47
Arnaud Rousseau

Écoutez, nous continuons à mettre toute notre énergie pour lutter contre cet accord qui, nous le répétons, n'est pas un bon accord et qui, sur le plan agricole, est absolument dévastateur pour la question européenne. Même si, je l'entends parfois, il peut y avoir dans quelques secteurs des intérêts offensifs, en tous les cas, pour l'agriculture européenne.

14:03
Locuteur 2

Pour le vin, le fromage, par exemple, c'est un bon accord.

14:05
Arnaud Rousseau

Oui, mais les producteurs eux-mêmes ont compris qu'on ne pouvait pas couper en rondelles, si je puis dire, les différents secteurs et qu'il fallait regarder. Le sujet, c'est quoi ? Le sujet, c'est celui de la traçabilité. Il n'existe pas de traçabilité. Et le sujet, c'est celui de l'utilisation de matières actives interdites en Europe. Le sujet, c'est celui du respect de l'accord de Paris. Sur ces trois points-là, il y a un constat unanime de tous les agriculteurs européens, je voudrais le rappeler, qui sont contre cet accord et qui, pour dans certains États, doivent passer leur temps, en tous les cas, le temps restant, à convaincre leur État membre du bien fondé de ne pas signer cet accord.

Le combat n'est pas perdu. Il reste deux batailles à mener, celle des chefs d'État et de gouvernement. Et donc, nous redisons au président de la République que nous avons besoin de son engagement auprès de ses collègues européens. Et puis, il viendra ensuite le combat auprès des députés européens parce que l'accord sera probablement splitté et nécessitera un vote du Parlement européen.

14:57
Présentateur

Et justement, avant les vacances, Giorgia Meloni, en Italie, a expliqué qu'elle voulait encore des garanties concrètes de protection des agriculteurs. Est-ce que vous comptez sur l'Italie pour aider la France à bloquer la ratification ?

15:09
Arnaud Rousseau

Oui, on compte sur la Pologne, on compte sur l'Italie, on compte sur l'Autriche, on compte sur un certain nombre d'États membres. Vous savez, pour le bloquer, il faut quatre États membres.

15:16
Locuteur 2

Qui représentent 35% de la population européenne. C'est important que nos auditeurs et téléspectateurs le sachent. Il ne suffit pas que la France toute seule ne peut rien faire et même si on est tout seul avec la Pologne, ça ne marche pas.

15:26
Arnaud Rousseau

Alors, au moment où on se parle, la France pourrait bloquer l'accord toute seule parce que l'accord n'est pas encore ce qu'on appelle splitté. C'est-à-dire que cet accord, il a un volet commercial, il a un volet coopération. Mais tout porte à croire que la présidente de la Commission va splitter, couper, diviser. C'est le terme bruxellois. Va couper en deux cet accord. Et s'il n'y a qu'un volet commercial, alors la France a délégué à l'Europe le choix d'arbitrer les choses. Et donc, nous, on a besoin à la fois de Mme Mélanie, vous l'avez compris, on a besoin de la Pologne, on a besoin de l'Autriche parce qu'on est évidemment convaincu que cet accord sera divisé.

16:02
Locuteur 2

C'est vraiment si grave que ça si l'accord avec le Mercosur finissait par s'appliquer ? On estime que le tonnage de viande sud-américaine qui arriverait dans l'Europe et qui vaudrait à un steak par an par Européen, est-ce que c'est vraiment si grave que ça s'il s'applique ?

16:16
Arnaud Rousseau

Non, mais les volumes, vous avez raison de dire, c'est 99 000 tonnes de viande bovine supplémentaires. Il y a déjà du commerce aujourd'hui avec le Brésil. Le sujet, c'est la vision politique que porte ce type d'accord dans la manière dont on veut construire un avenir à la souveraineté alimentaire sur notre continent et singulièrement en France. Vous savez, demain, on peut dire, on délègue la totalité de notre alimentation. Je voudrais juste rappeler à vos auditeurs qu'aujourd'hui, on importe un poulet sur deux, 40% de nos légumes, 60% de nos fruits, 60% de nos ovins.

On peut continuer comme ça et un jour, on découvrira qu'on a perdu toute capacité de production en Europe et qu'on dépend des autres pour se nourrir. Et ce sera une catastrophe.

16:56
Présentateur

Justement, quand Carrefour Intermarché indique qu'ils ne vont pas vendre de la viande originaire du Mercosur, c'est de la com' ou vous espérez vraiment qu'ils vont tenir leurs promesses et est-ce que vous invitez les autres à faire pareil ?

17:05
Arnaud Rousseau

Non, mais on espère, encore une fois, on espère que tout ça permettra de faire prendre conscience que si on a besoin de continuer à échanger parce que les fruits exotiques, parce que le café, parce que tout ça ne sera pas produit en Europe, on a par ailleurs besoin de s'assurer qu'il y ait de la réciprocité. Et moi, je remercie Carrefour et Intermarché et d'autres qui aujourd'hui veulent travailler et le sujet aussi, c'est qu'on travaille sur l'origine des produits, qu'on explique aux consommateurs d'où viennent les produits qu'ils achètent. Voilà, ce sont des combats que nous menons et le sujet n'est pas le combat contre l'Argentine, le Brésil ou tel ou tel pays.

Le sujet, c'est pour qu'on reconnaisse qu'en Europe, on a des conditions de production qui sont parmi les plus élevées de la planète et qu'on ne peut pas nous mettre en concurrence avec des secteurs ou des pays qui ne respectent aucune des normes auxquelles nous sommes soumis. Je crois que ça protège le consommateur, c'est sûr que ça protège l'agriculteur.

17:56
Locuteur 2

Arnaud Rousseau, un des sujets pour les agriculteurs français, c'est aussi l'accès à l'eau pendant l'été. La justice administrative vient de déclarer illégale la méga-bassine de Sainte-Solines dans les Deux-Sèvres. Est-ce que ça vous inquiète pour les futurs projets pour irriguer les cultures françaises ?

18:12
Arnaud Rousseau

Pardonnez-moi, le tribunal administratif de Bordeaux n'en a pas dit ça. Le tribunal administratif de Bordeaux a dit qu'il suspendait les projets dans l'attente d'une dérogation...

18:21
Locuteur 2

Car ça menace la biodiversité, notamment une espèce

18:23
Arnaud Rousseau

d'oiseau protégé ? Vous voyez bien que ce n'est pas exactement la même chose et qu'à partir du moment où il y aurait l'obtention d'une dérogation, ce projet pourrait se poursuivre. Par ailleurs, il y avait 16 projets de bassines de réserve de substitution, c'est ce que nous disons nous, qui étaient autorisés. 4 sont en construction, une est terminée, scène de Sainte-Solines. Donc ces 4 aujourd'hui sont suspendus. Par ailleurs, l'eau qui est dedans peut être utilisée et évidemment, il y a la volonté de se mettre en conformité y compris avec ces sujets pour pouvoir poursuivre. Le sujet de fond, vous l'avez dit, c'est le sujet du stockage de l'eau.

Regardez ce qu'il a plu en France toute cette année. On aurait, si on avait été proactifs...

19:00
Locuteur 2

Oui, cette année était particulièrement pluvieuse.

19:03
Arnaud Rousseau

On n'a plus du double, on n'aurait évidemment plus à la fois stocker de l'eau, ne pas interagir avec le milieu et faire en sorte que les réducteurs disposent d'eau parce que l'eau, elle est nécessaire. Il n'y a pas d'agriculture sans eau. Et donc, est-ce qu'on peut anticiper le fait que le changement climatique que nous observons soit demain, on puisse lutter avec le stockage de l'eau ?

19:23
Présentateur

Mais on voit quand même les limites avec ces décisions judiciaires. On voit aussi que certains agriculteurs en reviennent parce que ça coûte cher aussi de puiser l'eau dans ses réserves. Il y a des limites à tout cela.

19:31
Arnaud Rousseau

Non mais bien sûr qu'il y a des limites. Il y a des limites financières, il y a des limites de faisabilité, mais il y a un besoin. Aucun pays ne peut se passer d'eau pour son agriculture. L'agriculture, c'est une chance pour la France. On a besoin de la porter et donc on a besoin d'eau. Il faut qu'on la stocke. C'est l'engagement de la ministre de l'Agriculture qui vient d'être conduit. On attend aussi que sur ces sujets, elle nous donne des garanties et qu'elle avance.

19:51
Présentateur

Merci Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, d'avoir répondu à nos questions ce matin. Merci Aurélie Herbemont. La Faux continue sur France Info. Bonne journée à tous.