Budget de la Sécurité sociale, troubles "Dys" ... Le "8h30 franceinfo" de Stéphanie Rist
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Bonjour Stéphanie Riste. Bonjour. Bonjour Paul Barcelone. Bonjour à tous. Madame la ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, on va prendre le temps d'évoquer le vif débat sur le budget, le cas emblématique de la fermeture de la maternité des lilas et évidemment dans le menu détail parce que ça nous concerne tous notre santé, le projet de loi de financement de la sécurité sociale PLFSS de son petit nom. Mais à l'instant, la procureure de Paris, chez nos confrères d'RTL, annonce 5 interpellations dans le cadre de l'affaire de Cas du Louvre. C'était hier soir à 21h à Paris dans l'agglomération parisienne et notamment en Seine-Saint-Denis.
Quelle est la réaction de la ministre de la Santé là-dessus ?
Écoutez, moi je suis comme tous les Français en fait. J'ai été choquée par ce cambriolage et il y a une enquête en cours. Je fais tout à fait confiance à mes collègues du gouvernement d'ailleurs pour faire avancer le dossier.
C'est un bon signe, vous avez bon espoir que les bijoux finissent par être retrouvés. L'affaire a été très symbolique. Vous avez dit, vous comme les Français, ont été choqués par cette affaire, ce casse du siècle presque.
Oui, j'espère vraiment que les bijoux vont être retrouvés mais encore une fois, je suis comme tous les Français là.
Nous vous proposons d'écouter la présidente du groupe de la France Insoumise, Mathilde Panot. Elle était assise à votre place hier matin et elle vous a laissé un message.
Nous avons un gouvernement qui est en train de présenter le budget le plus cruel pour les gens qui n'ait jamais été présenté au XXIe siècle. Qui prend à la fois aux apprentis 50 euros par mois, qui prend aux chômeurs, qui prend aux malades y compris aux malades du cancer, qui prend aux retraités.
On va prendre le temps ce matin de dérouler tout ce PLFSF, donc ce projet du financement de la sécurité sociale. Vous avez fixé ce qu'on appelle un ONDAM. On va essayer de ne pas trop jargonner. C'est un objectif de dépense de santé bien en dessous de l'inflation médicale. C'est important ça aussi, on va expliquer ce que c'est. Tout le monde, tout le monde, la fédération hospitalière, les syndicats, toutes les assos disent que ça va casser la machine. Madame la ministre de la Santé, est-ce que ce budget de la Sécu est un budget d'austérité ?
Alors, ce budget de la Sécurité sociale, il augmente, je crois qu'il faut dire les choses aux Français. Il est difficile, je le reconnais, mais il augmente les dépenses de 5 milliards d'euros. 5 milliards, c'est le remboursement des fauteuils roulants à partir du 1er décembre. C'est plus de 1500 personnels en plus pour nos EHPAD. C'est des places pour les personnes en situation de handicap. C'est des mesures d'accès aux soins avec les maisons France Santé. Ce que je veux dire par là, c'est qu'on a une responsabilité collective à faire que le trou de la Sécu, qui est à 23 milliards cette année, doit diminuer l'année prochaine.
Pas pour se faire plaisir, mais parce que c'est comme ça que notre Sécurité sociale va pouvoir continuer à protéger les Français. Donc on peut dire, oui, c'est difficile, c'est vrai que c'est difficile. Mais on a une responsabilité aujourd'hui à faire attention à notre Sécurité sociale pour que demain, elle puisse nous protéger.
Mais est-ce que philosophiquement, c'est souhaitable d'avoir des dépenses de santé qui explosent, mais surtout de faire des économies sur la santé, au risque peut-être que les Français trouvent ça extrêmement injuste ?
Alors on fait des maîtrises de dépenses.
Plus que des économies ?
J'insiste sur le fait de dire que ce budget est en augmentation de 5 milliards. Pourquoi je dis ça ? Parce que ça veut dire aussi que si on ne le vote pas, on n'aura pas ces 5 milliards en plus. Donc il est important d'arriver au bout de ce vote de ce budget de la Sécurité sociale. Mais oui, on doit maîtriser nos dépenses et il y a un effort collectif qui est demandé dans cette copie. Il est vrai, aux assurés, aux industries pharmaceutiques, aux organismes complémentaires, aux professionnels de santé, on a tous un rôle pour prendre notre Sécurité sociale en charge, je dirais.
On va rentrer dans le concret, ça nous concerne tous d'abord le doublement des franchises médicales. Concrètement, une boîte de médicaments, ce serait 1 à 2 euros en plus. Et quand on ira chez le médecin, de 2 à 4 euros. Là, vous allez essayer de me vendre ce que vous appelez un forfait de responsabilité. Qu'est-ce que c'est ?
Oui, pourquoi j'appelle ça un forfait de responsabilité ? Parce que je l'ai dit, on a une responsabilité collective. Mais je crois que dans ce collectif, on a aussi une responsabilité individuelle. Quand on est le pays qui consomme le plus de paracétamol, d'antidouleur, alors qu'on a les mêmes maladies que nos voisins, on est quand même le premier pays qui consomme. Peut-être qu'on peut regarder dans nos pharmacies, s'il nous reste des boîtes de paracétamol,
avant d'aller en racheter.
Vous savez, malgré cette augmentation de forfaits de responsabilité, je voudrais dire deux choses. Malgré cette augmentation, on reste le pays qui a le reste à payer, le reste à charge, le moins haut du monde. Malgré cette augmentation. Et surtout, une deuxième chose, parce que je crois qu'il faut rassurer nos concitoyens sur ces franchises, ces forfaits de responsabilité. 18 millions de Français ne les payent pas. Un Français sur trois ne les paye pas. Les plus fragiles. Parce que mon boulot de ministre de la Santé, c'est de protéger les plus fragiles. Donc vous avez les femmes enceintes, les mineurs, les gens qui ont la complémentaire solidaire.
Et c'est un débat qui pourrait être intéressant à avoir au Parlement sur ce sujet de qui doit les payer ou pas. Mais un Français sur trois ne paye pas ces franchises. Les plus fragiles ne les payent pas.
Ce que vous reprochent vos oppositions, mais aussi certains professionnels et experts du secteur, on en reparlera tout à l'heure, mais c'est de cibler en priorité les malades. Paul parlait de la hausse des franchises médicales, du reste à charge. Moindre remboursement chez le dentiste. Limitation de la durée du premier arrêt maladie. 15 jours maximum, renouvelable par tranche de deux mois. Est-ce que vous ne craignez pas malgré tout de faire des malades une sorte de bouc émissaire ? Ou alors de créer une santé réservée aux riches ?
Non, ma motivation et mon seul enjeu est de faire que les malades puissent continuer à être soignés aujourd'hui et demain. Mais dans ce budget, il y a un effort demandé aux malades. Je ne le néglige pas, je viens de le dire sur les franchises. Mais il y a aussi sur les autres secteurs. L'industrie pharmaceutique, pour qui on va baisser le prix des médicaments de 1,6 milliard, c'est beaucoup. Sur les taxes, sur les complémentaires, sur les professionnels de santé, qui sont en excès, je dirais, de rente. Voilà. Donc tous les secteurs, parce que l'objectif, c'est qu'un euro dépensé de la sécurité sociale aille au bon endroit.
Si on ne fait pas cet effort-là, on aura du mal à faire pérenniser notre sécurité sociale.
Madame la ministre de la Santé, il faut qu'on avance, parce qu'on a énormément de questions avec vous. Je vous en prie. Réforme des affections de longue durée, ça inquiète énormément de personnes. Je rappelle qu'actuellement, il y a 30 maladies graves qui sont intégralement remboursées par la Sécu, sans limite de temps. Vous avez annoncé un objectif de recentrer cela sur ce que vous appelez les cas les plus graves. Est-ce qu'on peut être très concret ? Et combien de milliards d'euros d'économie vous espérez ?
Ce qu'on dit dans ce texte, et qu'il y a une réforme, je voudrais m'arrêter deux secondes parce que c'est vraiment important, parce que c'est un changement culturel. On dit que la Sécurité sociale va prendre en charge des soins qui actuellement ne sont pas pris en charge, comme l'activité physique adaptée pour certaines maladies, pour éviter qu'ils arrivent en ALD, en allocation longue durée. Affection longue durée. Et donc, ça va permettre effectivement des économies, parce que les gens vont aller mieux. Vous voyez, c'est un changement de philosophie.
N'allez-vous pas retourner ma question ? C'est ça la mesure. Vous allez aussi limiter dans la durée, si je ne m'abuse.
Ce qu'on fait, c'est qu'on fait cette mesure, et donc l'idée est de dire aussi, dans le cadre de cette mesure, quand est-ce qu'on sort de ces affections longue durée ? C'est-à-dire, si vous allez mieux, C'était ça ma question.
Quand est-ce que vous allez sortir de ces affections longue durée ?
Pardon ?
C'était ça ma question. Quand est-ce que vous allez sortir ? Quels sont vos critères pour sortir ? Parce que ça peut inquiéter des gens malades.
Mais ça va en sorte que vous voyez, parce que l'objectif qu'on a, c'est que les gens soient moins malades. Mais il y a aussi une partie économie.
Oui, mais il y a aussi une partie économie. Quels seront vos critères pour les économies ?
Notre question est de dire, soyons sérieux, si le malade n'a plus de raison d'être en ALD, il ne faut plus qu'il y soit. C'est ce qu'on dit.
Autre mesure de votre projet de budget de la sécurité sociale, qui a fait polémique, notamment cette semaine, et on va vous entendre dans un instant, c'est l'idée de la vaccination contre la grippe pour tous les soignants et les résidents, notamment en EHPAD. Je vous propose d'écouter, avant d'en parler ensemble, Françoise Gobelède, elle est présidente de la Fédération nationale des associations de personnes âgées en établissement. Elle était lundi l'invitée de la matinale de France Info.
Non, on ne la soutient pas, parce que là, on est quand même contre la liberté individuelle des résidents, et puis contre le code de la santé publique, comme quoi aucun acte médical ou traitement ne peut être pratiqué sans consentement éclairé.
Vous entendez que ça puisse générer de l'inquiétude. Est-ce que ce n'est pas une mesure qui vient fouler au pied la liberté individuelle, le principe de liberté individuelle ?
Il y a un soignant sur cinq qui se vaccine, c'est trop bas. Ce qu'on dit dans le texte du budget de la Sécurité sociale, c'est s'il y a des raisons scientifiques, c'est la Haute Autorité de Santé qui est une autorité indépendante qui le dira, nous ferons cette obligation. Mais pas pour obliger, pour obliger, déjà pour protéger plus les soignants, mais surtout pour protéger, s'il y a des raisons scientifiques, les personnels. Vous savez, le vaccin, il y a beaucoup de gens qui en ont peur. Le Covid a emmené ce lot de désinformations qui entraîne de la peur, de l'angoisse sur le vaccin.
Ce que je dis, parce que c'est le moment là d'aller se faire vacciner, notamment pour les plus fragiles, les plus de 65 ans. C'est en ce moment qu'il faut aller se faire vacciner. Si vous avez peur, vous avez le droit d'avoir peur. Allez en parler aux professionnels. On a des réponses qui sont des réponses scientifiques. Les réponses scientifiques, ça veut dire qu'il y a des raisons d'aller se faire vacciner, que c'est protecteur et que ça abîme pas les gens, ça les protège.
Je me mets aussi à la place des enfants, des personnes qui sont dans les EHPAD et qui se disent mais pourquoi mes parents se font vacciner alors que le personnel ne se fait pas vacciner. Vous nous annoncez ce matin qu'un membre du personnel sur cinq seulement est vacciné donc vous allez les obliger à vacciner, c'est bien ça ?
Ce qu'on dit, c'est que là, je les encourage. Je leur dis allez vous faire vacciner. C'est pas obligatoire. Ça va être obligatoire si la Haute Autorité de Santé qui est une autorité scientifique indépendante dit qu'il y a une raison scientifique pour les professionnels.
Dans votre projet de loi de la sécurité sociale, il y a aussi la brûlante réforme des retraites. Est-ce que vous avez lu Gérard Larcher, le président qui a dit qu'il promettait de rétablir la réforme des retraites et que le Premier ministre a proposé lui de suspendre en échange de la non-censure du PS. C'est un dossier extrêmement compliqué. Qu'est-ce que vous répondez à Gérard Larcher ?
Je dis comme ce que le Premier ministre a dit. On a suspendu la réforme pour qu'il puisse y avoir un débat parlementaire et donc je n'ai pas de conseil à donner à aucun parlementaire. Le débat va avoir lieu et c'est important.
Les Français ne comprennent plus rien. Vous avez délé la suspension de la réforme des retraites en échange de la non-censure du PS. Vos alliés ou anciens alliés, d'ailleurs je vous pose la question, des Républicains disent mais non, non, on va la rétablir. Est-ce qu'on y voit encore clair ? Est-ce que le prix à payer n'est pas trop cher ?
J'étais rapporteur de la réforme des retraites quand j'étais députée. J'avais combattu avec conviction cette réforme que je pense nécessaire. Je crois que chacun doit être dans sa responsabilité et dans son rôle de débat. C'est ce que le Premier ministre s'est engagé, c'est ce qui va se passer. Il va y avoir un débat sur la suspension de la réforme des retraites. Je crois que c'est important.
Vous êtes totalement à l'aise avec ça ? Ce n'est pas trop douloureux pour vous ? Vous disiez...
J'ai mes convictions personnelles. Si j'étais députée, je les défendrais en tant que convictions personnelles. Mais il y a la réalité en face et la réalité politique de notre pays, la stabilité qui est nécessaire. Donc il y a une majorité
pour suspendre aujourd'hui ?
Cette réalité entraîne le débat et de voir s'il y a une majorité pour suspendre ce que je crois, oui.
Le 830 France Info, Paul Barcelone, Paul Larouturu. Avec Stéphanie Riste, ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Semaine cruciale au Parlement avec l'examen du budget, Paul.
Et peut-être de la taxe Zuckman dans les prochaines heures. On va vous poser la question dans un instant. D'abord, j'ai prononcé ce mot, taxe, qui est peut-être le mot à la mode des dernières heures dans les débats qui se poursuivent au Parlement sur ce budget. Taxe sur les géants du numérique, taxe sur les bénéfices des multinationales, des taxes, des taxes, chaque jour sa nouvelle taxe. Est-ce que le gouvernement contrôle encore quelque chose dans cette copie ?
Le gouvernement a dit que la copie était celle du Parlement et c'est l'engagement quand on retire le 49-3. C'est-à-dire que le Parlement va proposer une copie. Moi, je pense qu'il faut que cette copie, elle soit, je dirais, réaliste et qu'elle n'entraîne pas trop d'illusions.
Elle ne l'est pas aujourd'hui en l'état ?
Je ne sais pas. Vous savez, je suis concentrée sur les sujets qui correspondent à mon ministère. Mon budget de la Sécurité sociale et rencontrer tous les acteurs comme on l'a dit tout à l'heure. Mais quand même, il y a des illusions pour vous ?
Qui a des illusions pour reprendre votre mot ?
Non, ce que je veux dire, c'est qu'il faut qu'il puisse y avoir plus de justice fiscale. On l'a dit. Il faut avancer vers ça. Les Français nous le demandent. Il ne faut pas faire semblant. Parce que quand on est parfois enfermé dans un débat qui fait parfois de la surenchère, je l'ai vécu dans tous les autres budgets que j'ai pu voter en tant que député, je vois que parfois, on s'emballe et on est loin de la réalité.
Est-ce que vous croyez toujours à la possibilité d'un vote solennel comme prévu a priori le 4 novembre, donc la semaine prochaine, dans moins d'une semaine ? Ça risque quand même de faire très court et questions connectées à ce que vous appelez solennellement, comme l'a fait Éric Coquerellière, les oppositions, voire même le groupe Renaissance, à retirer des amendements pour que ça passe dans les temps.
Alors, on est au début d'un grand cheminement. Le budget, c'est d'abord l'Assemblée, ensuite le Sénat. Moi, je commence le budget de la Sécurité sociale mardi prochain à l'Assemblée. Enfin, vous voyez, je crois qu'il faut regarder vraiment cette évolution sur l'ensemble et pas jour, un vote de la première partie. Enfin, il y aura aussi la deuxième partie, vous voyez. Je pense qu'il faut qu'on avance, que ce budget peut être voté. En tout cas, on doit continuer à faire. Et moi, ma mission au gouvernement, elle est comme mes collègues, celle d'essayer d'avoir du compromis pour arriver à un vote parce qu'on a besoin d'un budget.
Vous faisiez référence au fait que Sébastien Lecornu a promis de ne pas utiliser le 49.3 qui permet de passer en force et de faire adopter des budgets sans vote. C'est valable pour le budget de l'État et votre budget de la Sécurité sociale. Est-ce que tout cela ouvre la voie à des budgets, y compris pour vous, pour la Sécurité sociale, adoptés par ordonnance ?
Je ne le souhaite pas. Comme je l'ai dit, on a une augmentation du budget qui est prévue de 5 milliards, alors qu'il n'est probablement pas suffisant par rapport à ce que tout le monde voudrait. Mais c'est une augmentation. Avec les ordonnances, vous n'avez pas ces mesures nouvelles. Donc je crois qu'on doit vraiment avoir un rôle de responsabilité collective. Et je mettrai toute mon énergie à essayer d'obtenir ces compromis pour faire évoluer la copie, pour qu'à la fin elle puisse être votée pour qu'il y ait des mesures pour les Français. C'est ça l'important.
C'est un dossier emblématique pour des raisons financières. La maternité des Lilas en Seine-Saint-Denis va fermer demain à 20h. Une marche silencieuse et d'ailleurs prévue aujourd'hui. Beaucoup d'émotions, notamment pour la psychologue Naomi Seigneur au micro France Info d'Augustin Ourlier.
C'était très émouvant pour moi aussi d'avoir ma dernière consultation avec cette femme qui disait au revoir à ce lieu. Mais du coup, moi aussi, j'avais un peu envie de pleurer avec elle à ce moment-là. Puis nous, dans l'équipe, on est pas mal à être nés ici aussi. Donc on dit au revoir au lieu où on est nés aussi.
En tant que médecin rhumatologue, vous n'êtes pas franchement dans les maternités mais vous connaissez quand même. Est-ce que vous aussi, ça vous fait plairer ? Est-ce que c'est un lieu mythique, symbole d'un problème français ?
Alors, c'est vrai que c'est un symbole. C'est un symbole plutôt d'une prise en charge innovante, moderne, à l'époque surtout. C'est une page vraiment qui se tourne. Après, c'est aussi l'évolution qui est celle-là et c'est pas un abandon d'ailleurs de toute existence pour cet endroit.
Il y a un peu de fatalisme chez vous ce matin en entendant ce dossier-là ?
Non, alors pas de fatalisme parce que dans cet endroit, il va y avoir une prise en charge des femmes avant l'accouchement, après l'accouchement où il pourra y avoir encore de l'innovation. Juste, il n'y aura pas le moment de l'accouchement. Je crois que ce qui est très important pour les femmes...
Pardon, c'est pas de la langue de bois, il n'y aura pas le moment de l'accouchement, excusez-moi.
Bah, c'est pas de la langue de bois. C'est le moment d'accoucher.
Dans une maternité, s'il n'y a pas le moment de l'accouchement, à quoi sert une maternité ?
Ah bah non, vous avez tout l'accompagnement avant d'accoucher qui est très important, tout l'accompagnement après l'accouchement qui est très important et parfois plus qu'important que le moment pile où vous accouchez. Quand même. Ah non, l'accompagnement, ça a été bien démontré après l'accouchement pour les mille premiers jours de l'enfant et de la prise en charge de dépression post-partum. Donc il y a des moments et la préparation de l'accouchement, elle est un moment très important où on peut amener de l'innovation. Donc ce centre va rester un centre pour la santé des femmes.
Vous savez, moi je suis très engagée sur la santé des femmes, j'ai pu faire un rapport sur la ménopause, je vous en reparlerai, c'est sûr. Donc il faut qu'on prenne en compte la santé des femmes. Cet endroit sera un endroit pour la santé des femmes. Juste le moment technique, le moment où on a besoin de professionnels, beaucoup de professionnels, ne peut plus se faire dans cet endroit.
Si je vous posais la question du fatalisme, c'est aussi celle de l'impuissance. Il y a une forme d'impuissance quand vous êtes ministre de la Santé à constater aujourd'hui la fermeture des lits des maternités en région parisienne de plus en plus difficile d'accoucher ?
Non, alors je ne crois pas. Moi je crois que le boulot de la ministre que je suis, elle est de dire la vérité. Elle est de dire si vous n'êtes pas en sécurité à tel endroit, j'aurais la responsabilité de fermer cet endroit. Mais j'aurais la responsabilité aussi de vous accompagner pour que vous puissiez être prise en charge correctement. Donc c'est les deux choses, ce n'est pas que la fermeture et tant pis pour vous. C'est comment on fait pour vous accompagner ? On reviendra avec le Premier ministre dès cet après-midi sur les maisons France Santé. Vous verrez que c'est tout l'engagement que le Premier ministre porte sur le sujet.
Je vais vous proposer de partir plutôt à Marseille mais d'abord on part à Bruxelles. Mardi, les eurodéputés ont adopté définitivement une réforme du permis de conduire dans l'Union Européenne. Selon cette réforme, les permis seront désormais valables uniquement 15 ans et la durée de validité pourra être réduite pour les personnes de plus de 65 ans et il faudra des visites médicales. On va partir, je vous le disais, à Marseille. On va écouter Raymond. Raymond, il a 80 ans, il est initiatique et c'est hors de question. Il ne fera pas de visite médicale. Il est au micro ici Provence de Justine Leblon.
Il devrait faire un point plutôt sur les jeunes. Le cannabis, la cocaïne, là, il est nécessaire de faire des visites médicales.
Qu'est-ce que vous répondez à Raymond ? Il ne veut pas y aller à la visite médicale. Il n'est pas le seul en France, à mon avis, il ne la fera pas à la visite médicale.
Je réponds deux choses. Un, quand le Parlement européen décide, on a trois ans pour que les différents pays mettent dans leur loi. Donc, il va y avoir un débat.
Il y a une vraie pression de Bruxelles. C'est un dossier politiquement explosif, sérieusement.
C'est vrai, c'est vrai, mais il va y avoir un débat sur ce sujet. Mais ce que je dis, c'est dès aujourd'hui, il ne faut pas attendre, je suis ministre de la Santé. Dès aujourd'hui, il faut que les Français se demandent s'ils sont capables de prendre la voiture avant de la prendre. Mais vous dites
que c'est un enjeu de sécurité et de santé publique ?
Je dis que dès aujourd'hui, quand on prend la route, on a une arme entre les mains. Dès qu'on prend la route, on doit se poser la question est-ce qu'on est en capacité de la prendre ? Est-ce qu'on a pris des médicaments ? Est-ce qu'on a pris des produits interdits ? Est-ce qu'on a trop bu d'alcool ? On n'a pas le droit de prendre la voiture si on n'est pas apte à la prendre ? Et ce n'est pas que chez les personnes âgées. En tout cas, c'est ma position.
Autre question très intéressante dans les archives d'Anne Le Gall du service santé et environnement de France Info. Nous avons trouvé une promesse un petit peu oubliée. Nous sommes le 1er septembre dernier. Votre prédécesseur Yannick Noder était en déplacement dans le Sud-Ouest, dans les Landes, pour annoncer le déploiement, je cite, ce mot est important, dès la semaine suivante du dispositif des médecins volontaires. On n'en a pas trop entendu parler depuis. Vous en êtes où avec le dispositif des médecins volontaires ?
Oui, mais ce n'est pas parce qu'on n'a pas entendu parler que ce n'est pas mis en place. Ça se met en place. Les administrations, d'ailleurs, les agences régionales de santé ont fait un énorme travail avec les professionnels de santé, avec les élus locaux, pour mettre en place des lieux qui accueillent des médecins volontaires. C'est en route. Il y a une plateforme qui permet aux médecins d'aller faire des consultations. Donc, il y a plus de 150 endroits où ça se fait. Donc, c'est en train d'être mis en place et il y a mon engagement pour continuer ce dispositif.
Vous leur demandez un effort, concrètement, comment ça peut se traduire et quel va être le bénéfice pour les Français qui nous écoutent ?
Là aussi, c'est une responsabilité collective et notamment des professionnels, mais aussi de toute l'administration pour les accompagner. Parce que quand vous arrivez dans un cabinet, il faut qu'il puisse y avoir un dossier informatique, il faut que vous puissiez avoir un bureau, bref. Ce que je dis pour les Français qui nous écoutent, c'est que toute l'énergie qu'on met, c'est qu'il y ait un accès aux soins très proche de chez eux. C'est l'engagement aussi de France Santé qui va compléter ce dispositif.
Et l'engagement de France Info, c'est de vérifier aussi ce qui se passe sur le terrain et les agences régionales de santé et les médecins que nous avons contactés font état de difficultés administratives majeures ou matérielles pour pouvoir effectivement démarrer ces consultations. Qu'est-ce que vous répondez vraiment concrètement ?
Concrètement, j'ai eu encore une réunion lundi avec les agences régionales de santé. Oui, il y a des difficultés. Oui, nous prenons problème par problème et c'est un peu mon mantra depuis que je suis arrivée puisque avec beaucoup d'humilité, je suis la huitième ministre de la santé en deux ans. Donc ce que j'ai dit, c'est qu'il fallait qu'on débloque tous les jours un blocage. Donc ça fait partie des déblocages qu'il faut que nous fassions et chaque jour, nous avançons pour accueillir des médecins mais c'est déjà mis en place dans certains endroits.
Est-ce que c'est le genre de dispositif qui peut permettre de lutter contre la désertification médicale ? C'est un peu ça la question de Paul.
Oui, avec le Premier ministre, on se déplace cet après-midi pour présenter le dispositif Maison France Santé et vous aurez vraiment des réponses et surtout nos concitoyens pour avoir, comme l'a dit le Premier ministre, un médecin à moins de 30 minutes dans les 48 heures une réponse à votre demande en santé.
Vous pensez réussir là où tous vos prédécesseurs ont échoué ? Parce que des heures médicaux ça grave.
Non, je ne pense pas réussir là où les autres ont échoué mais par contre il y a eu beaucoup de travail de fait ces dernières années qui permettent de pouvoir passer un cran et c'est ce que j'espère qu'on va pouvoir faire dès cet après-midi
avec le Premier ministre. Il est 8h56 sur France Info il est l'heure de la question qui aujourd'hui la question qui se confie exceptionnellement Madame la Ministre vous avez eu droit à l'avoir un tout petit peu en avance parce que vous êtes Madame la Ministre notamment chargée des personnes handicapées et vous-même vous n'avez non pas un handicap mais vous avez une particularité une singularité c'est que vous avez une dyslexie.
Oui alors je ne suis pas je ne suis pas la seule et je ne suis pas très très embêtée avec ça mais c'est vrai que je n'étais pas une bonne élève du coup et que j'ai heureusement eu l'amour et la confiance de mes parents qui m'ont pas mal soutenue voilà donc ce que je voudrais dire je suis aussi la ministre des familles
Mais pardon racontez-moi parce que vous m'en racontiez tout à l'heure vous avez découvert tardivement vous avez une dyslexie en lisant une affiche racontez-moi c'est très intéressant vous avez du mal avec certains mots c'est pas à l'écrit c'est ça ?
Non c'est que parfois les phrases sont compliquées à être correctement les mots sont mis difficilement les uns après les autres si je peux dire donc voilà ça s'embrouille un peu dans ma tête pour que ça sorte voilà clairement donc c'est ça donne des difficultés scolaires et puis ça oui je m'en suis rendue compte très récemment parce que je n'arrivais pas à lire une affiche voilà et que quelqu'un m'a dit mais tu dois avoir une petite dyslexie ça concerne environ
un français sur dix qui a des troubles de ce qu'on appelle dys donc vous concrètement là pour préparer cette interview par exemple ça vous demande un effort particulier comment vous le vivez en tant que ministre ça peut donner l'espoir d'ailleurs à toutes les personnes dyslexiques ce matin
oh mais ça donne un peu d'humilité c'est pas mal dans ces temps voilà mais ça demande beaucoup de travail mais ça veut dire aussi et beaucoup de confiance et je voudrais dire à ceux qui nous écoutent ça c'est quand on travaille on peut aussi avancer et avoir ce qu'on veut dans la vie
ce type de poste auquel vous accédez aujourd'hui ministre etc c'est aussi un message d'espoir ?
oui je crois qu'on peut le dire comme ça voilà j'étais pas une très bonne élève personne n'était politique ou docteur dans mon entourage et on peut quand on est bien accompagné et je voudrais le dire parce que je suis ministre des familles de l'enfance et que c'est cette protection de l'enfant qui me tient beaucoup à coeur et voilà c'était important pour moi de le dire aussi
merci madame la ministre de votre confiance il est 8h58 un entretien à retrouver sur le youtube de France Info et évidemment sur l'application Radio France c'est à vous Paul Barcelone merci beaucoup
merci à vous Paul merci madame la ministre et bien sûr l'info continue sur France Info merci à vous
merci à vous merci à vous
Stéphanie Rist