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interviewyoutube.com· 11 juillet 2026

[Entretien] Catherine Pégard pour le Prix château de Versailles du livre d'Histoire 2020

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

En fait, nous avons lancé ce prix du livre d'histoire parce que nous pensions que le château de Versailles, au fond, avait été le théâtre de tant d'histoires, grandes et petites, qui traversent toutes les époques, parce que quelquefois on ne veut retenir que la monarchie ou l'Ancien Régime, et on s'aperçoit que jusqu'à aujourd'hui, le château de Versailles est un décor pour toute notre histoire, pour l'histoire de la France, et quelquefois pour l'histoire aussi de nos voisins. Donc il y avait une légitimité à ce que le château de Versailles revendique un prix, la création d'un prix, et puis aussi je pense que c'était dans nos missions de défendre les auteurs de livres d'histoire, d'essayer de les aider, et puis de promouvoir l'écrit. Comme vous le savez, j'ai été très longtemps journaliste, être journaliste politique, au fond, c'est vivre l'histoire du présent, et ici j'ai voulu faire vivre l'histoire du passé.

Alors je crois que c'est encore plus important cette année, après la crise que nous venons de traverser, les éditeurs sont dans une situation très difficile, évidemment les auteurs aussi, et je crois que là aussi, si nous pouvons contribuer à faire naître de l'engouement pour un nouveau livre, pour deux nouveaux livres, puisqu'il y a effectivement le lauréat du prix, mais il y a tous les autres qui méritent qu'on les lise, et je pense que là aussi, on remplit une mission, à côté de celle qui est la nôtre, en ouvrant le château de Versailles, c'est de l'ouvrir d'une certaine manière, d'une autre façon, en ouvrant les livres d'histoire qui quelquefois s'y réfèrent. Et je pense que dans cette période où on s'est aperçu à la fois qu'il y avait un grand désir d'histoire, un grand désir de lire des livres d'histoire, il y a eu en même temps cette crise économique pour le monde littéraire. Et donc c'est presque un paradoxe, c'est au moment où les Français montrent le goût qu'ils ont à la fois pour leur patrimoine, pour l'histoire, qu'il y a une situation dramatique de la culture en général, de l'édition en particulier, mais du patrimoine aussi.

Et donc je crois que pour toutes ces raisons, nous sommes tout à fait fondés à, encore une fois cette année, défendre ce prix Versailles du livre d'histoire. Oui, cette année d'ailleurs, on a un petit peu choisi ce lauréat dans des conditions singulières, puisque nous ne nous sommes pas rencontrés physiquement, le jury a délibéré dans l'intimité de chacun de son propre cabinet, mais nous avons abouti au même résultat, et avec une très belle unanimité, nous avons désigné Edmond Diabowski pour son livre « Le siècle des révolutions » aux éditions Perrin. Je sais très bien que l'histoire ne se répète pas, et qu'il faut toujours prendre garde à ne pas plaquer des réalités qui appartiennent à un contexte économique, social, culturel, très différent d'une autre, mais il n'empêche que les tensions actuelles que l'on voit se naître et se développer, à la fois en France, mais aussi dans d'autres pays, revêtent à la fois une originalité profonde, mais on voit également se répéter une scénographie qui existait il y a maintenant plus de 200 ans ou 300 ans, notamment cette défense de ce qu'on appelait les libertés, les privilèges, qui provoquent des révoltes qui peuvent déboucher ensuite sur des événements encore plus considérables.

Je le souhaite, et même si nous ne pouvons pas, en raison des consignes et des contraintes sanitaires qui sont les nôtres aujourd'hui, peut-être réunir comme on le voudrait, tous ceux que nous souhaiterions associer à la remise de ce prix, en tous les cas pour honorer notre lauréat, pour honorer notre jury, notre jury qui nous est très fidèle, et puis pour aussi saluer tous ceux qui étaient les compétiteurs de ce prix, je voudrais qu'ils puissent venir à Versailles, dans ce Versailles que nous venons de réouvrir, et qu'ils fassent à la fois une petite visite, et que nous puissions effectivement fêter ce prix qui est un très beau prix, je trouve, cette année. Oui, nous avons pu réouvrir le château le 6 juin, évidemment dans des conditions très différentes, puisqu'il faut respecter à la fois les règles sanitaires, et puis se résigner à avoir perdu tous les touristes étrangers. Il y avait 80% de visiteurs étrangers à Versailles, donc aujourd'hui nous ne les reverrons que lorsqu'ils pourront voyager de nouveau.

En attendant, nous incitons beaucoup les Français à venir et à revenir, parce qu'on constate toujours que souvent les Français viennent à Versailles quand ils sont enfants, et puis ils reviennent avec leurs propres enfants. Entre deux, il s'est écoulé presque une génération, et pendant ce temps-là, ceux qui sont à Versailles et qui travaillent quotidiennement font beaucoup de choses, et travaillent à faire revivre ce château année après année. Je crois que dans les 8 dernières années, nous avons réouvert plus de 60 pièces du château de Versailles.

C'est dire que la découverte du château de Versailles, elle est toujours nouvelle, même si ce château ne bouge pas depuis plus de trois siècles.