Marine Le Pen, députée "Rassemblement national" du Pas-de-Calais - 16/10
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BFM politique en compagnie de Valérie Hacot pour le Parisien et Benjamin Duhamel. Et nous recevons ce midi Marine Le Pen. Madame Le Pen, c'est la galère dans les stations-service pour beaucoup de Français. Gabriel Attal juge ce matin que les blocages des raffineries sont inacceptables. Et vous ?
Le problème, si vous voulez, avec ce gouvernement, c'est que c'est toujours de la faute des autres. La réalité, lorsque l'on regarde la situation en France, c'est d'abord qu'il n'y a pas un seul domaine qui tient. Ou que vous regardiez, il y a des problèmes, et des problèmes lourds et des problèmes graves. Ce gouvernement, manifestement, ne maîtrise rien, ne contrôle rien, et on le voit dans l'affaire Total, n'anticipe rien. Et c'est donc lui le responsable.
C'est lui le responsable de cette situation de blocage, puisque c'est lui qui aurait dû, à l'évidence, pousser Total, compte tenu des résultats spectaculaires financiers de Total, pousser Total dès cet été, à discuter, à négocier, pour obtenir une augmentation des salaires.
Est-ce que pour autant, vous soutenez la CGT dans sa mobilisation ?
Non, mais le sujet n'est pas de savoir si on soutient la CGT ou si on ne soutient pas la CGT.
Pardonnez-moi, mais ceux qui bloquent en l'État, c'est la CGT qui refuse l'accord majoritaire qui a été signé par la CFDT et la CFE-CGT.
Je ne sais pas ce que ça veut dire. Ce que je sais, c'est qu'il y a un certain nombre d'entreprises...
Ce qui bloque les raffineries, c'est la CGT, Madame Le Pen.
Il y a un certain nombre d'entreprises qui ont fait des super profits. Nous avons réclamé que ces super profits soient taxés. Et pas seulement, d'ailleurs, les énergéticiens. L'ensemble des entreprises qui ont profité volontairement ou involontairement, d'ailleurs, des différentes crises successives, du Covid jusqu'à la crise énergétique, pour enregistrer des super profits. Le gouvernement a refusé de taxer ces super profits. Ce que réclament les Français, parce que c'est légitime, si vous voulez, d'opérer une taxation, ne serait-ce que pour payer les mesures de soutien au pouvoir d'achat. Donc, le gouvernement refuse la taxation des super profits.
Évidemment, ça crée un sentiment d'injustice. Ça le crée d'autant plus dans les entreprises qui ont, encore une fois, fait des bénéfices qui sont des bénéfices spectaculaires.
Je pense que, Madame Le Pen, vous êtes sur la taxation des super profits.
Si vous me laissez terminer, je vais arriver sur l'augmentation des salaires. Voilà, parce que c'était ma question. Est-ce que vous soutenez les salariés ? Merci, c'est gentil. Mais si vous me laissez aller au bout de mon développement, vous allez voir, je vais y arriver extrêmement vite. Nous avions donc anticipé tout cela. De la même manière que nous avions anticipé la nécessité d'augmenter les salaires, puisque nous avons fait une proposition durant la campagne présidentielle que nous continuons à faire, qui consistait à dire « Nous proposons aux entreprises qu'elles augmentent de 10% leurs salariés jusqu'à trois fois le SMIC. » Et en contrepartie, il n'y aura pas… Des baisses de charges.
Non, pas de baisses de charges. Pas d'augmentation des charges payées par les entreprises. Les entreprises soutenaient d'ailleurs notre proposition, qui était une proposition donnant-donnant. Celle-là aussi, on nous l'a refusé. Nous avons proposé, ça aurait réglé le problème dont vous parlez, la mise en œuvre d'une réserve légale de titres pour que les salariés d'une entreprise soient propriétaires, collectivement en quelque sorte, d'une partie des dividendes qui leur seraient automatiquement versés. En partie. Oui, mais c'est déjà le cas. Il y a déjà beaucoup de salariés qui sont actionnaires de l'entreprise. Beaucoup. Beaucoup, ce n'est pas tous. Moi, c'est tous.
Vous voyez, c'est peut-être une différence, mais une différence qui fait la différence entre une situation qui se déroule bien et une situation qui se déroule mal. Donc, voilà. Ce défaut d'anticipation fait que l'on se retrouve aujourd'hui dans une situation de blocage des Français et donc de nécessité d'évoquer ce terme de réquisition. Mais moi, je pose la question. Si demain, cette grève se généralise, on va réquisitionner combien de millions de salariés ? C'est ça, la question.
En l'occurrence, les réquisitions pour les dépôts qui se trouvent après les raffineries, c'est très peu de gens puisque pour ouvrir les vannes, il faut deux salariés, deux fois deux, en fait. Oui, bien sûr. Voilà ce qui a permis au gouvernement de dire qu'ils ne réquisitionnaient pas beaucoup de monde. Je voudrais revenir sur la question que vous posiez, Benjamin, Mme Le Pen.
Oui, mais moi, je vous parle. C'est qu'il y a un accord salarial
qui est signé par des syndicats majoritaires. Et la CGT, elle, dit non, nous, nous ne sommes pas d'accord, nous allons poursuivre.
Non, mais moi, ce n'est pas la NUPES, c'est le Rassemblement National. Donc, si vous voulez, la proximité avec la CGT, excusez-moi, mais on n'a pas de proximité politique avec la CGT. Est-ce que vous considérez
que ce blocage est illégitime maintenant qu'un accord majoritaire a été signé chez Total ? La question, elle est assez simple, Mme Le Pen.
Mais ça ne veut rien dire, un accord majoritaire. Est-ce que les salariés sont d'accord avec cet accord ? Est-ce qu'ils considèrent que cet accord remplit les besoins qui sont les leurs et juste ou non ? Alors, je reformule, est-ce que vous demandez
à la CGT d'arrêter de bloquer le pays ?
Ce que je demande, c'est qu'il y ait une grande conférence sur les salaires. Je demande que l'on prenne sérieusement en question ce problème des salaires bas dans notre pays qui est aggravé, vous l'avez bien compris, par la situation d'inflation que nous vivons. Et pas seulement inflation sur les prix à la pompe parce qu'on parle des blocages mais on ne parle pas des pompes à 2,40 euros. Donc, je vous rappelle tout de même que nous sommes encore sous le bénéfice de la ristourne de 30 centimes. Donc, ça veut donc dire que s'il n'y avait pas de ristourne, on serait à 2,70 euros.
Ça, c'est pour ceux qui dépassent aujourd'hui et on en a parlé hier sur BFM.
Mais je suis heureuse que vous en ayez parlé mais permettez-moi d'en parler également. Je ne parle pas de l'inflation non plus sur l'alimentation qui continue et contre lesquelles, là encore, rien n'est prévu. Donc, je veux dire, ce défaut d'anticipation fait qu'on en arrive à une situation de blocage et je pense que ce gouvernement est dans une forme de passivité et de déni, d'ailleurs,
de la réalité de ce sujet. Juste sur l'action du gouvernement, sur les réquisitions, pour que ce soit bien clair, vous les soutenez ou vous ne les soutenez pas ? Parce que selon les sondages, on a vu un sondage à l'âge cette semaine, 50% de vos électeurs sont pour ces réquisitions. 50% sont contre. Donc, c'est vrai que pour vous, ça ne facilite pas la prise de position. Est-ce que vous pouvez clarifier ?
Mais non, non, non. Vous avez une vision de la politique qui est quand même assez dégradée. Je vous le dis. C'est pas dégradé. Si, si, c'est dégradé. C'est dégradé parce qu'un responsable politique, il ne regarde pas les sondages avant de prendre une position. En tout cas, nous ne le faisons pas. Donc, très clairement, le gouvernement a eu tort. Il n'a pas anticipé. Il aurait dû imposer à Total, imposer à Total une négociation salariale.
Et comment on impose quelque chose à une entreprise privée, Madame Le Pen ?
Écoutez, c'est assez simple. Si vous n'augmentez pas les salaires de vos salariés et que ça entraîne du coup un blocage du pays où je suis obligé d'opérer des réquisitions, eh bien, nous allons mettre en place une taxation plus importante des super profits que ce que nous avions envisagé de faire. Croyez-moi, croyez-moi, il y a un certain nombre de grandes entreprises comme Total qui entendent très bien ce discours-là. Donc là, plus 7% dans l'accord,
juste pour ceux qui nous regardent, plus 7% pour les salariés de Total. C'est à l'inflation. C'est pas assez ? 5 plus 2. 5 plus 2.
C'est à l'inflation.
Donc, c'est pas assez ?
Non, mais...
C'est-à-dire qu'en fait, vous suivez exactement ce que demande la CGT,
c'est-à-dire plus 10% ? Non, ce que je dis, c'est qu'à partir... Alors, on va revenir, puisque ça vous intéresse sur la philosophie. Je vais vous dire quelle est ma philosophie de l'entreprise, moi. Une entreprise, ce sont des actionnaires, des salariés, des clients, des fournisseurs et accessoirement l'intérêt national. Vous voyez ? C'est pas inutile, surtout pour Total, de penser à cet intérêt national. Donc, à partir du moment où l'entreprise fait des bénéfices extraordinaires, de deux choses l'une. Soit c'est le fait d'une augmentation de la productivité des salariés et il est normal de les faire profiter.
Soit c'est en réalité le fait de la conjoncture, c'est-à-dire que ce sont des super profits entre guillemets illégitimes et dans ces conditions, il est normal qu'il y ait une taxation. Voilà quelle est ma position. Maintenant, à partir du moment où il y a 40% des stations essence qui ne fonctionnent plus à Paris avec les problématiques que ça entraîne, la seule solution qui reste au moment où nous nous parlons, c'est effectivement la réquisition. Mais ça n'est jamais une solution. C'est la mauvaise solution parce que toutes les autres solutions n'ont pas été mises en œuvre.
Comment sortons de ça ? Parce qu'en fait, il y a un accord salarial qui est signé par les syndicats qui sont majoritaires. Vous nous dites tout à l'heure...
Mais c'est réglé ! Vous me parlez de quoi ? Parce qu'il y a une réquisition... Vous voulez aller au bout
de vos réponses ? Laissez-moi aller au bout de mes questions, s'il vous plaît, Mme Le Pen. Il y a un accord qui est signé par les syndicats qui sont majoritaires. Vous nous dites tout à l'heure qu'il appartient aux salariés de décider. Donc, soit on ne reconnaît pas la représentation syndicale, elle n'a plus de valeur, soit il faut bien avancer dans la discussion au sein de l'entreprise. Comment est-ce que vous proposez de le faire ?
Mais quelle solution, me demandez-vous ? Puisque de toute façon, il a été décidé de réquisitionner. Donc, voilà. Si je puis me permettre, la solution a été déjà mise en œuvre. Je dis juste que cette solution est la pire et que c'est celle que l'on met en œuvre quand toutes les autres n'ont pas été tentées en amont. Il y a d'autres grandes entreprises, M. Neumann le disait tout à l'heure, qui ont fait l'objet de discussions, d'un dialogue autour des salaires dès cet été et qui ne sont pas aujourd'hui confrontées à une grève.
Il y a une autre échéance qu'on attend avec un peu de, je ne sais pas si c'est d'appréhension, mais c'est le début du mois de novembre, Valérie, avec la fin des aides. Exactement. La fin, en tout cas la baisse.
La réduction des aides effectivement à la pompe. Donc, les prix vont mécaniquement augmenter, vous en parliez tout à l'heure, ils sont déjà en train d'augmenter. Sans nouvelle aide, le lit du sans-plomb franchira à nouveau la barre des 2 euros le litre. Selon vous, M. Marine Le Pen, est-ce qu'il faut prolonger ce dispositif ?
Je considère qu'il faut évidemment prolonger ce dispositif. D'ailleurs, quand j'avais vu Elisabeth Borne, je lui avais dit pardon, mais vous envisagez de supprimer ce dispositif, ça va être extrêmement...
Pour être précis, ça ne le supprime pas, c'est-à-dire que ça diminue progressivement.
Oui, ça s'appelle une suppression.
Une baisse.
Une baisse. Oui, ça s'appelle une suppression sur deux mois. Bon, d'accord, essayons d'être précis, donc une suppression sur deux mois. Le problème que nous avons, c'est que tout augmente en même temps, vous avez bien compris. Alors, il y a des choses sur lesquelles on peut intervenir directement. Ce qui n'a pas été fait, c'est le prix de l'électricité. Déjà, on aurait très bien pu agir sur le prix de l'électricité en sortant, en réalité, de la fixation du prix sur le marché européen. On est d'accord que c'est ça qui a fait augmenter le prix de l'électricité en France. Alors que le prix de l'électricité était très bas, il est aujourd'hui beaucoup moins bas.
L'avantage compétitif que nous avions est beaucoup moins important aujourd'hui qu'il y a, par exemple, une quinzaine d'années. Le prix de l'électricité était 30% moins cher que les autres pays en 2008, par exemple. Il est aujourd'hui seulement 13% moins cher.
Donc, vous pensez qu'on achète moins cher si on achète seul ? Parce que le gouvernement dit l'inverse.
On n'achète pas en produits.
C'est justement
l'avantage de la France et qu'elle produit et elle produisait de l'électricité à la suite d'un certain nombre d'erreurs majeures qui ont été la fixation du prix par le marché européen. l'arène et d'ailleurs l'abandon en quelque sorte, l'affaiblissement de notre filière nucléaire, nous sommes aujourd'hui dans la situation que nous connaissons avec des prix qui flambent. Donc, il y a toujours une raison... Avec une inflation
en France qui reste parmi les plus basses d'Europe par rapport aux autres pays européens.
Oui, mais parce qu'en réalité, on aide massivement aussi. Donc, vous voyez, ça baisse à la fois... Enfin, ça baisse... Non, ça ne baisse pas, pardon. Ça augmente moins vite. Ça augmente moins vite. Oui, mais rappelons-le quand même parce que moi, quand je vois, si vous voulez, annoncer comme une victoire que les prix de l'électricité n'augmenteront que de 15 %, permettez-moi de vous dire que 15 %, c'est considérable. Oui, mais en Gros-Bretagne, par exemple,
c'était 40 %. Et là, nous parlons
des particuliers, nous parlons des TPE-PME, nous ne parlons pas des grandes entreprises ou des entreprises qui ne rentrent pas dans les critères et qui, eux, ne bénéficient pas de prix régulés et qui voient leurs factures exploser au point que leur survie est actuellement en cause. Mais qu'est-ce que vous faites
alors, Mme Le Pays ? Qu'est-ce que vous proposez ?
Moi, j'ai proposé quelque chose qui a été fait, d'ailleurs, par l'Espagne et le Portugal. C'est-à-dire se détacher en réalité le prix de l'électricité, du prix du gaz.
Les négociations sont en cours à l'échelle européenne. Ça ne va sans doute pas assez vite, mais en tout cas, l'idée est installée.
Vous voyez comment ça fonctionne au niveau européen. Dans un an et demi, on aura une réponse et entre-temps, des sociétés auront fermé, des gens auront été mis au chômage, des particuliers n'auront pas pu payer leurs factures. Et donc, cette situation est, encore une fois, pas prévue par le gouvernement, pas anticipée et surtout aggravée par les décisions du gouvernement. Donc, il y a des solutions à ces problèmes de prix de l'énergie. Il y en a toute une série, d'ailleurs, que j'avais évoquée pendant la campagne présidentielle. La baisse de la TVA sur l'énergie de 20 à 5,5. Pourquoi j'avais dit ça ?
J'avais dit ça parce qu'en réalité, on s'aperçoit d'ailleurs aujourd'hui que l'énergie est un bien de première nécessité. C'est un bien essentiel, l'énergie. Et donc, il est normal qu'elle soit à 5,5% de TVA et pas à 20% de TVA. Et ça, ça permettait d'avoir une baisse pérenne du prix du gaz, du prix d'électricité et évidemment, en premier lieu, du prix du carburant.
Après, il y a toujours les mêmes débats et nous avions déjà eu ces échanges, Madame Le Pen, au moment de la campagne présidentielle. On se répète. Le gouvernement... Non, vous maintenez vos propositions donc je maintiens mes questions et c'est bien normal. C'est que le gouvernement dit c'est une manne financière pour l'État qui est colossal et passer de 20 à 5,5%, c'est une perte pour financer toute une série de mesures ou de fonctionnement.
Vous savez combien ça nous coûte le bouclier tarifaire ? 100 milliards. 100 milliards. Eh bien moi, je dis que notre mesure coûtait moins cher que cela, 100 milliards, d'autant que ça n'est que pendant un temps. Je pense que de manière pérenne, le prix du carburant, le prix de l'électricité et le prix du gaz doivent baisser. En amont avec les mesures dont je vous ai parlé tout à l'heure et en aval avec la baisse de la TVA. Parce que l'idée, si vous voulez, que plus le prix du carburant à la pompe augmente et plus l'État voit de l'argent rentrer dans les caisses, c'est une idée qui me dérange. C'est mathématique. Je trouve ça. Oui, c'est ça, bien sûr, c'est mathématique. Mais c'est injuste.
Alors justement, pour faire bouger les lignes
de ce constat que vous partagez avec d'autres, l'appel à la mobilisation interprofessionnelle de mardi, c'est une bonne idée. Est-ce que la SNCF, la RATP, d'autres professions rejoignent la contestation ? Ça peut servir.
Non, mais le droit de grève est un droit constitutionnel. Ça, c'est une évidence. Je vous demande si vous jugez, Pauline, est-ce que vous soutenez ? Le droit de manifester est une des grandes libertés françaises. Moi, je pense que les solutions, elles s'obtiennent à l'Assemblée nationale. C'est à l'Assemblée nationale que le débat doit avoir lieu. C'est à l'Assemblée nationale que le combat doit être mené. C'est mon opinion. C'est l'opinion du Rassemblement national également. C'est la raison pour laquelle vous ne le voyez vraiment que très exceptionnellement aller dans des manifestations. Mais tous ces gens qui vont manifester...
Parce que ça gêne les Français ?
C'est ça qui vous gêne ? Non, non. Ça ne gêne absolument pas les Français que les gens manifestent un dimanche après-midi. Excusez-moi, mardi, s'il n'y a pas de train et pas de métro, ça gênera les Français. C'est la grève. On me parle de la manifestation. Non, non, je ne parle de la journée mardi. Je rappelle quand même que toutes ces organisations qui font appel à la grève et appel aux manifestations ont toutes appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle. Est-ce qu'on peut se le dire ou pas ? Bon. Quel est le lien
avec la grève générale ?
Parce que ça veut dire que les décisions d'Emmanuel Macron qu'ils contestent ne peuvent être mises en œuvre que grâce au vote qu'ils ont exprimé à son profit. Il y a quand même un tout petit lien.
Donc vous leur dites au lieu d'appeler à la grève générale, regardez-vous et regardez votre vote.
Il y a quand même un tout petit lien. Donc voilà, je pense que toutes les solutions, c'est à l'Assemblée nationale qu'elles se trouvent et c'est la raison pour laquelle d'ailleurs nous y sommes aussi dynamiques, aussi présents, aussi... On va revenir
dans quelques instants parce qu'il se passe effectivement plein de choses à l'Assemblée nationale.
Juste sur ce mouvement, certains dans la majorité redoutent que ça fasse un petit peu de tâche d'huile et que ça devienne un mouvement d'une ampleur de type gilet jaune. Vous aussi, vous avez cette crainte
concernant à ce mouvement ? Bien sûr, pour une raison simple. C'est qu'en réalité, depuis les gilets jaunes, on a mis le couvercle sur la cocotte minute et le gouvernement a regardé ailleurs en disant je ne vois rien donc c'est qu'il n'y a rien. Or, tous ceux qui ont un contact quel qu'il soit avec le peuple français, avec les préoccupations du peuple, étaient bien conscients que la colère couve et qu'il fallait à tout prix ne pas attendre une crise pour apporter des solutions. L'inflation sur les produits alimentaires, nous avions proposé une TVA à 0% sur un panier de 100 produits de première nécessité.
Ils ont refusé de le faire alors que l'on voit bien qu'aujourd'hui, les prix ont tellement augmenté que des familles se retrouvent dans la difficulté ne serait-ce que pour accéder à ces produits de première nécessité. Je vous rappelle, essayons de prendre un petit peu de hauteur, je vous rappelle que nous avons défendu, nous défendons le localisme depuis de très nombreuses années, nous défendons la relocalisation depuis de très nombreuses années. On nous avait expliqué que ça allait entraîner une inflation absolument épouvantable, une augmentation des prix.
Aujourd'hui, on n'a plus d'emplois sur notre territoire, on a des filières entières qui sont en train de disparaître, la filière de l'élevage par exemple est en grande difficulté, on ne sait pas demain si la filière du lait ne sera pas également en difficulté et qu'on ne sera pas obligé d'importer du lait, on importe des fruits et légumes, on importe du lait, on importe de la viande et on subit en plus l'inflation. Donc on a le chômage, la disparition d'un certain nombre de nos secteurs économiques et en plus des prix que nous ne maîtrisons pas. Suite de BFM politique dans quelques secondes.
Madame Le Pen, vous allez avoir plein de temps pour vous exprimer encore, c'est promis. Et cette saison, vous le savez sans doute, je vous montre au retour de l'émission dans quelques instants trois photos liées à l'actualité, vous ferez votre choix parmi ces clichés. A tout de suite. Marine Le Pen est l'invité de BFM politique ce dimanche.
Benjamin. Aujourd'hui, journée de mobilisation de la NUPES, question assez simple, vous contestez la réforme des retraites, vous êtes favorable à une taxation des super profits, vous voulez une augmentation des salaires de 10%. Qu'est-ce qui vous empêche d'être dans la rue aujourd'hui avec la NUPES ? Partagez les mêmes honneurs.
Je vous ai répondu juste avant. C'est surtout aujourd'hui le jour anniversaire de l'épouvantable assassinat de Samuel Paty
et on va en parler tout à l'heure.
Je pense que c'est ça en réalité l'actualité vraiment d'aujourd'hui. On va en parler Madame Le Pen. On en parle et c'est bien. Je vous ai répondu juste avant la pause si je puis me permettre. Je vous ai dit que je considère que le combat politique il doit avoir lieu à l'Assemblée nationale.
Alors justement, dans quelques instants, dans quelques instants nous allons revenir là-dessus parce qu'il y a beaucoup de choses, beaucoup de sujets à évoquer là-dessus. Je voudrais tout d'abord Madame Le Pen vous montrer trois photos elles sont liées à l'actualité. Vous allez pouvoir en choisir deux sur les trois et derrière chacune d'entre elles se cache une question. Vous allez voir apparaître deux jeunes femmes devant les tournesols de Van Gogh, les époux Klarsfeld et un chat. Quelle question souhaitez-vous ?
Les époux Klarsfeld ?
Les époux Klarsfeld. Alors Louis Alliot les a décorés dans sa ville de Perpignan cette semaine. En 2017, les époux Klarsfeld publiaient une affiche avec des barbelés et cette phrase « Le FN » c'est dans l'entre-de-tour de la présidentielle. « Le FN » « Non, jamais » ils appelaient à voter pour Emmanuel Macron. La question est simple, est-ce que l'opération dédiabolisation que vous avez en entreprise est absolument réussie aujourd'hui ?
Vous savez, j'ai toujours considéré que ce que vous avez appelé la dédiabolisation, d'ailleurs parce que c'est un terme qui était un terme utilisé par les journalistes, était pour nous l'obligation de nous montrer tel que nous sommes. Voilà. Et je pense que nous avons durant des années travaillé à nous montrer tel que nous sommes. et nous sommes très loin des caricatures qui pouvaient être faites de nous. Donc, un certain nombre de personnes, de plus en plus nombreuses si j'en crois les résultats des élections présidentielles et des élections législatives, ont pris conscience que nos positions étaient différentes de ce qu'ils pensaient peut-être ou de ce qu'on leur avait dit de nous.
Et il faut continuer à faire ce travail-là.
Il nous reste deux photos, donc, ces deux jeunes femmes d'une association pour le climat devant le portrait, les tournesols de Van Gogh et une photo d'un chat.
Vous allez me parler de la niche fiscale, je suis sûr.
Donc, le chat. Oui, vous êtes positionné en faveur d'un amendement LR sur la création d'une niche fiscale sur la stérilisation des chats. Pourquoi ?
Parce que les communes, les collectivités sont confrontées à d'énormes difficultés de gestion des populations de chats libres, c'est-à-dire de chats qui sont dans la rue, qui se reproduisent à une vitesse absolument incroyable, ce qui crée une très grande souffrance pour ces chats qui sont abandonnés, qui sont à la rue, qui souffrent du froid, qui souffrent de la faim. Or, il suffirait de mettre en œuvre une incitation à leur stérilisation, voire même, moi je serais assez pour, une obligation de stérilisation.
C'est le cas dans plusieurs pays.
Oui, c'est vrai que c'est le cas en Belgique notamment, pour régler une partie de ce problème
de souffrance animale.
De toute façon, ce sont les collectivités qui s'en occupent derrière et ce sont aussi les associations. d'aide et de lutte contre la maltraitance animale qui s'en occupent. Si elles pouvaient s'occuper peut-être d'autres secteurs de maltraitance animale plutôt que ça, alors qu'on a une solution, eh bien oui, donc il s'agissait, pour ceux qui n'ont pas compris, il s'agissait de pouvoir retirer de ces impôts la moitié du prix d'une stérilisation, c'est-à-dire en réalité 40 euros pour des mâles par exemple et 60 euros pour des femelles une fois tous les 10 ans ou 15 ans puisqu'on ne le fait qu'une fois bien entendu.
Franchement, je trouvais que compte tenu du but à remplir, c'était quelque chose qui ne m'apparaissait pas inutile.
Alors, c'était un amendement, c'est donc passé dans l'Assemblée nationale où il y a beaucoup d'activités, il se passe beaucoup de choses, j'allais dire enfin à l'Assemblée nationale. Le gouvernement pourrait, Mme Le Pen, cette semaine utiliser le 49-3 sur le texte du budget comme il en a le droit d'ailleurs à chaque fois qu'il est question de texte budgétaire. Comment allez-vous réagir s'il l'utilise ?
Qu'il l'utilise ne fait de doute pour personne. Tout le monde sait qu'il va utiliser le 49-3 pour une raison très simple, c'est qu'il n'a pas de majorité pour voter son budget. Voilà, c'est un fait, c'est le résultat des élections législatives. Moi, ce qui me choque, ce n'est pas qu'ils utilisent tant le 49-3 qu'il ne l'ait pas utilisé dès le départ car depuis une semaine...
Et vous auriez dit que c'était une forme de déni de démocratie s'il l'avait fait dès le début ?
Non, je n'ai jamais considéré...
Il n'y aurait eu aucune discussion sur le budget ? Il l'aurait fait dès le début ?
Non, il l'aurait fait dès le début et ils auraient pris comme la Constitution nous l'autorise une motion de censure. Voilà, c'est comme ça, c'est la règle du jeu. Et vous n'auriez pas
pu discuter de cet amendement sur la stérilisation des chats ? Vous n'auriez pas pu obtenir un certain nombre quand même là pour discuter. Allez-y madame Le Pen.
D'accord, merci. Donc, vous vous trompez. Et c'est pour ça que c'est contestable le choix du gouvernement. Parce qu'en réalité, ils vont sortir le 49-3 après nous avoir fait débattre pendant 8 ou 9 jours. Nous avons voté effectivement des dispositifs. Nous avons voté un dispositif pour taxer les super dividendes et pour taxer les super rachats d'actions. Nous avons voté un dispositif pour augmenter le plafond du crédit d'impôt pour les familles et leurs gardes d'enfants. Nous avons voté des dispositifs pour l'augmentation de la valeur du ticket restaurant. Nous avons voté tout cela. Et ils vont passer un 49-3 et ils vont mettre un grand trait de plume sur tout ce qui a été voté.
Et c'est là où c'est très contestable. Vous qui avez fait des amendements à ce budget, vous auriez pu le voter ? Non, je ne peux pas voter le budget parce que le budget c'est la traduction de la politique menée par Emmanuel Macron. J'y suis fondamentalement opposé. Donc, ce n'est pas parce qu'il y a quelques mesures qui sont positives que l'on vote l'intégralité d'une politique que l'on trouve néfaste pour le pays. Mais ce que je veux dire, c'est que là, il y a un vrai déni pour le coup de la volonté populaire exprimée au sein de l'Assemblée nationale.
C'est que, par exemple, l'amendement du président en Matéi sur les superdividendes, lorsqu'ils voteront le 49-3, ils voteront en réalité en supprimant cet amendement qui a pourtant été voté par la majorité de l'Assemblée nationale. Et ça, c'est vraiment critiquable. Dans ces cas-là, ils n'avaient qu'à sortir le 49-3
dès le départ, au moins les choses... Et vous l'avez dit, donc c'est mathématique, 49-3, motion de censure. Oui. C'est automatique, en fait.
Oui, c'est automatique.
Et est-ce que vous voterez, est-ce que le Rassemblement national votera la motion de censure déposée par la NUPES ?
A priori, non, puisque nous aurons une motion de censure nous-mêmes. Alors même qu'il y a quelques semaines,
vous expliquiez que vous voteriez toutes les motions de censure, même celles de la France insoumise et de la NUPES.
Il y a quand même un problème d'écoute. Il faut écouter ce que je dis. J'ai dit, donc, si le gouvernement utilise un cavalier budgétaire pour imposer la réforme des retraites dans le projet de loi finance de la Sécurité sociale, alors non seulement nous déposerons une motion de censure, mais nous voterons l'intégralité des motions de censure déposées. Vous voyez que c'était un cas précis. Moi, j'essaie d'être précise. Donc, je ne suis pas du tout en contradiction avec ce que j'ai pu dire. Et ça tient toujours, d'ailleurs, car nous ne savons pas si le gouvernement ne cherche pas à imposer sa réforme des retraites au travers du projet de loi de finances sur la Sécurité sociale.
On ne sait toujours pas pour clarifier les choses quelle forme va prendre cette réforme des retraites ? On subordore
quand même un petit peu que l'idée, c'est quand même de faire travailler les gens jusqu'à déplacer l'âge légal de département. sur le véhicule sur le véhicule législatif. On ne sait pas s'il y aura un amendement, on ne sait pas sur la loi ad hoc. Donc, vous voyez, moi, je fais ce que je dis et je dis ce que je vais faire.
Et vous appelez la NUPES à voter votre motion de censure ou pas ?
Ils font ce qu'ils veulent. Ils ne votent rien. Ils ne votent rien de ce que nous déposons. C'est-à-dire que même lorsque nous déposons un amendement qui va dans le sens de ce qu'ils défendent, ils ne le votent pas. L'inverse n'est pas vrai. Nous, nous votons des amendements qu'ils viennent de LR, à partir du moment où nous considérons que ça va dans le sens de l'intérêt des Français. Je vais vous donner... Pardon, vu sur la motion de censure au sein de LFU, vous dites qu'il ne vote rien.
Manuel Bompard, par exemple, lui, envisage, a ouvertement dit qu'il serait prêt à voter la vote. Est-ce que vous échangez avec eux ? Est-ce que vous parlez avec les gens de la NUPES précisément sur ce sujet-là ?
Vous savez, ils sont terriblement sectaires. Je vous le dis parce que je le vois au quotidien. En juillet, on a déposé un amendement sur la taxation des super-profits. Ils ont refusé de le voter alors qu'ils ont fait toute leur rentrée politique sur ce sujet. Ils sont terriblement sectaires. Nous, nous ne le sommes pas. Maintenant, une motion de censure, elle a aussi un contenu. Pourquoi on censure ? Est-ce qu'on censure exactement pour les mêmes raisons que la France Insoumise ? Ce n'est pas obligatoire. Ce n'est pas obligatoire. Nous, nous sommes en désaccord avec l'intégralité du budget.
Nous sommes en désaccord avec le fait de dépenser des milliards au bénéfice de l'immigration, y compris de l'immigration. Ce que vous dites, Mme Le Pen,
c'est que le fond de ce que vous censurez est plus important que l'objectif qui est donc à terme de faire tomber un gouvernement.
Nous faisons de la politique. Nous défendons l'intérêt des Français. Et par conséquent, il est tout à fait légitime que dans notre motion de censure, on retrouve les raisons qui ne sont peut-être pas les mêmes que celles de la France Insoumise pour lesquelles nous entendons censurer ce que...
Pour revenir à vos propos, ce que vous reprécisiez sur les discussions au sujet des retraites. Donc, les concertations ont débuté. Je le disais, on ne sait pas très bien encore quelle forme va prendre cette réforme. Est-ce que les concertations, c'est pour la forme ou est-ce que vraiment les discussions vont permettre d'avancer ?
Non, c'est pour la forme. Comme à chaque fois. C'est exactement comme les dialogues de Merci. La réalité, c'est que ce gouvernement fait mine de se concerter. C'est soit pour gagner du temps, soit pour permettre à un certain nombre d'éditorialistes sur les plateaux de dire, regardez comme ils sont gentils, ils se concertent, ils écoutent. Non, non, ils n'écoutent rien. Ils ont une feuille de route, ils suivent leur feuille de route et ils n'en démordent pas. Madame Borde,
vous ne vous avez pas écouté vendredi soir ?
Si, elle m'a écouté. Elle n'en aura pas tiré le moindre élément pour modifier son projet. C'est ça le problème du gouvernement, c'est qu'il n'a pas compris qu'en réalité, il n'a plus la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Et c'est d'ailleurs flagrant parce qu'à chaque fois qu'un amendement est voté par les oppositions contre l'avis du gouvernement, ils ont l'air terriblement agacés de ce fait, alors qu'ils devraient s'y attendre puisqu'ils n'ont pas la majorité absolue. Donc sur les retraites, on ne peut pas tomber d'accord. Profondément, nous sommes en désaccord.
Nous sommes en désaccord sur le fond, bien entendu, absolument, mais moi j'ai exprimé à Elisabeth Borne mon inquiétude également sur le calendrier. Car, si vous voulez, les Français vivent une situation terriblement difficile d'inflation partout, dans tous les domaines, et dès le mois de janvier, Madame Borne et surtout Emmanuel Macron considère qu'il y a une urgence absolue à solliciter. Vous ne vouliez pas
que ce soit dans le budget là, ils le font en janvier, à partir du moment où c'est un engagement présidentiel.
Peut-être le faire quand la situation économique entre le désordre économique est réglée tout de même. Parce que là, nous sommes en situation de très grand désordre économique et ils vont rajouter du désordre au désordre. En parlant de désordre, Madame Le Pen. On a l'impression d'avoir des enfants en train d'arracher les ailes des mouches. Madame Le Pen,
en parlant de désordre, je change un petit peu de sujet, mais c'est vrai que cette semaine à l'Assemblée nationale, alors que depuis le début de la législature, le groupe RN s'est quand même illustré par sa bonne tenue au sein de l'hémicycle, vous avez fait un coup d'éclat. Vous êtes sorti de l'hémicycle pendant une séance, après qu'un de vos députés ait traité Bruno Le Maire de lâche. Est-ce qu'il faut voir un changement de stratégie de la part du Rassemblement national ? Est-ce que c'est parce que vous aviez peur de devenir peut-être un peu trop lisse au sein de l'hémicycle ?
Non, absolument pas. Vous savez, vous cherchez toujours des raisons, des arrières-pensées, des stratégies derrière ce qui est juste l'expression de nos convictions. C'est aussi simple que ça. Un député est venu dire au ministre Le Maire, en rappelant d'ailleurs les propos en réalité de M. De Villepin, dont il a été le bras droit, donc c'était ça. C'est le lâche quand même. Sur la lâcheté, pardon ? C'était le lâche quand même le problème. Oui, d'accord, mais il y a une vraie lâcheté de la part du gouvernement qui laisse acheter des grandes entreprises stratégiques françaises par des capitaux étrangers et pour après venir pleurer sur la souveraineté perdue de la France.
Ça l'a mis très en colère, les excuses qu'il a demandées, donc il ne réserva pas, c'est ça ?
Non mais d'accord, ça le met très en colère, mais il faut qu'il se...
Tout était un peu surjoué. Bruno Le Maire s'était surjoué, le fait de quitter l'hémicycle comme ça, c'était un peu surjoué aussi.
Dans la question au gouvernement, le seul moyen d'exprimer son indignation, c'est de partir.
Alors justement, sur ce fonctionnement nouveau de l'Assemblée nationale,
Benjamin ? Ça ne reste pas un événement majeur de la vie politique.
On est d'accord. Une vingtaine de députés aériens absents pour des discussions nocturnes pendant le budget à l'Assemblée cette semaine, visiblement une absence qui vous aurait agacé. Ils ont reçu un rappel à l'ordre le lendemain par un de vos proches, Renaud Laveille. Vos troupes ne sont pas assez disciplinées, c'est ça ? Elles ne sont pas assez présentes dans l'hémicycle ?
C'est le groupe qui est le plus présent dans l'hémicycle. Voilà, de tous. Mais parfois, parce qu'il y a des événements circonscriptions, parce qu'il y a des événements professionnels, parce qu'il y a aussi des gens qui travaillent, qui sont députés, eh bien, il manque de voix. Mais il manque de voix quand il n'y a personne chez les LR, quand le groupe NUPES est présent à un tiers et que nous sommes, nous, présents à deux tiers. Disons que c'est mon sens de la perfection, je souhaiterais que nous soyons parfaits.
Autre sujet, Mme Le Pen, il y a deux ans, jour pour jour, Samuel Paty a été assassiné à Conflans-Saint-Honorin, victime d'un terroriste. Information BFMTV, le commanditaire présumé de l'attentat n'est toujours pas visé par un mandat d'arrêt dans cette affaire et cette enquête qui se poursuit. Que faut-il faire, selon vous ?
Il faut faire preuve d'une très grande fermeté, mais surtout, il faut passer une loi. Il faut voter une loi contre l'idéologie islamiste, l'idéologie totalitaire qu'est l'islamisme. Ce que nous faisons n'est pas suffisant et on le voit, l'islamisme en France ne recule pas. On avait dit après cet épouvantable assassinat, vous allez voir ce que vous allez voir, on va faire preuve de fermeté.
Il y a un texte qui a été adopté.
Pardon ? Il y a un texte qui a été adopté. Oui, mais ce texte est, pardon de le dire, manifestement inefficace puisque l'islamisme ne cesse d'avancer dans notre pays, qu'aujourd'hui, l'école est confrontée à des revendications islamistes permanentes, des remises en cause de la laïcité, des agressions à l'égard des professeurs, des tentatives d'intimidation. Donc, il avance et il ne recule pas. Donc, je pense qu'il faut considérer, faire un texte de loi, je l'ai fait d'ailleurs, il est rédigé, il est rédigé ce texte de loi considérant que l'idéologie islamiste
doit être mise hors la loi. Et vous parlez de l'école. Concernant les enseignants, est-ce qu'on est allé suffisamment loin pour les protéger ? Bien sûr que non.
Mais bien sûr que non. Et vous avez tous les jours, enfin moi j'ai tous les jours des témoignages de professeurs qui me disent on est encore dans la stratégie du pas de vague. C'est-à-dire qu'on essaye d'écraser le coup, d'arranger les choses lorsqu'il y a des atteintes qui sont des atteintes extrêmement graves à leur autorité mais également aux valeurs qui sont celles de notre pays et au premier rang desquelles la laïcité.
Mais très précisément Madame Le Pen, on voit qu'il y a une offensive en ce moment notamment sur les réseaux sociaux pour pousser un certain nombre d'élèves à tester l'institution à venir en Abaïa, en Camis. Qu'est-ce que l'État, qu'est-ce que la loi...
C'est une note d'enseignement ce dont vous parlez.
Exactement. Qu'est-ce que la loi peut faire ? Est-ce que par exemple il faut changer la loi de 2004 pour inscrire plus précisément que certaines tenues sont proscrites à l'école ? Qu'est-ce que vous feriez différemment ?
Je pense que c'est suffisant. Les textes sont suffisants. Comme dans beaucoup de domaines, ce ne sont pas les textes qui pêchent, c'est la volonté politique de les mettre en œuvre. À partir du moment où les instructions ne sont pas données à l'administration qu'on ne laisse rien passer. On ne laisse rien passer. Voilà. C'est la stratégie de la tolérance zéro appliquée aux revendications islamistes. Rien. Et derrière, il faut qu'il y ait des sanctions, des exclusions temporaires, y compris des exclusions définitives, y compris la recherche de la responsabilité pécuniaire des parents.
Or, on voit bien que ça n'est pas l'état d'esprit aujourd'hui qui est réclamé par le gouvernement à l'éducation nationale. Et donc, les professeurs sont en première ligne et un peu abandonnés, il faut bien le dire.
Marine Le Pen, vous êtes mise en retrait de la présidence de votre parti au cours de la dernière campagne présidentielle. Vous êtes désormais la présidente de votre groupe à l'Assemblée. Il y a donc une campagne qui s'ouvre pour votre succession. Louis Alliot et Jordan Bardella sont candidats. Tribune rédigée par le maire de Perpignan, Louis Alliot, dans l'Opinion, cette semaine, je vais citer la phrase entière, que ce soit clair pour le téléspectateur. Il dit, je le cite, « Les Français ont condamné électoralement la ligne inquiétante portée par les adeptes les plus déterminés du grand remplacement parce que ce thème est une grande ambiguïté, dit-il.
Il est une marotte qui transforme ses ambassadeurs en Sandrine Rousseau de droite. » Est-ce qu'il parle de Jordan Bardella ?
Bien sûr que non. Il parle d'Éric Zemmour, il le dit lui-même. Pourtant, non. Il dit que la ligne a été sanctionnée par les élections. Donc, il évoque, bien entendu, le choix de la radicalité qui a été exprimé par Éric Zemmour.
Vous dites qu'il ne parle pas de Jordan Bardella, sauf que Jordan Bardella, vendredi, a fait une interview à Valeurs Actuelles où lui-même, j'ai déjà fait publiquement en août 2021 le mot de grand remplacement, lui-même dit « Je n'utilise, je cite encore une fois, je n'utilise pas l'expression grand remplacement, souvent connotée, mais je reconnais la juste réalité qu'elle décrit. » Vous êtes d'accord avec ce qu'il dit là, Jordan Bardella ?
Ce que je dis depuis des années, j'ai déjà été interrogé sur ce terme de grand remplacement et j'ai dit moi je n'utilise pas ce terme-là parce que ce terme-là, précisément, il subodore une sorte de, comment dire, d'organisation, de complot qui existerait pour remplacer la population ? Moi je pense que le phénomène d'immigration massive qui existe dans notre pays,
vous allez me dire à nouveau que j'utilise les sondages, mais 92% de vos électeurs croient en cette théorie du grand remplacement.
Non, parce que la réalité c'est que énormément de gens pensent que quand on parle de grand remplacement, on parle d'immigration massive, dérégulée et anarchique. en réalité c'est un concept le grand remplacement qui a été promu par un écrivain qui veut dire autre chose que ce que pensent les gens.
Il y a le débat sur le grand remplacement et en réalité il y a cette tribune parce que c'est intéressant cette tribune qui a été interprétée.
C'est extrêmement intéressant de ne pas pouvoir terminer une phrase.
Juste parce que pour qu'on ait pu savoir le temps notamment de parler d'Ukraine, cette tribune a été interprétée par les proches de Jordan Bardella comme une forme d'ouverture des hostilités. Est-ce que vous avez peur qu'entre les deux les choses se tendent ? Par exemple, une histoire tumultueuse et ambiguë au sujet du Rassemblement National. Ce n'est pas franchement sympathique à votre regard. Comment est-ce que vous avez compris cette tribune ?
Je pense que tout ça a été fait. La réalité, c'est que ça a été fait depuis 11 ans. Depuis 11 ans, nous avons précisément coupé le cordon avec une histoire tumultueuse. Pourquoi il dit ça ? Nous n'avons plus, je crois, à le faire et les dernières personnes qui avaient une pensée plutôt radicale ont quitté le mouvement pour rejoindre Eric Zemmour et nous nous en sommes d'ailleurs réjouis.
Donc, ce que je souhaite, c'est que cette campagne continue à se dérouler sous l'hospice de la fraternité entre les candidats, du respect des uns pour les autres et vous verrez, les choses se dérouleront extrêmement bien d'autant que, encore une fois, il n'y a pas de différence, de ligne entre Louis Alliot et Jordan Bardella.
Les deux pensent, je crois pouvoir le dire, mais peut-être je serai contesté, les deux pensent, notamment sur ce sujet de l'immigration, qu'il faut évidemment résoudre de manière drastique les flux migratoires qui entrent dans notre pays, être plus exigeant sur les critères que nous posons pour rejoindre notre territoire, être extrêmement ferme sur les gens qui doivent repartir chez eux, notamment ceux qui commettent des crimes et des délits et que c'est probablement par lâcheté que l'ensemble de la classe politique a laissé cette situation se mettre en place et s'aggraver année après année.
Vous soutiendrez quelqu'un, Madame Lapiné ?
Non, je ne soutiendrai personne, précisément parce qu'il n'y a pas de différence de ligne entre les deux. Il ne faut pas essayer de s'en inventer, si je puis me permettre.
L'actualité, Benjamin l'a mentionné à l'instant, évidemment la guerre en Ukraine nous occupe depuis plus de sept mois désormais. Le ministre des Armées donnait un entretien hier soir dans lequel il précise que des soldats ukrainiens vont désormais être formés sur le territoire français. Est-ce que c'est une décision que vous soutenez ?
Tant que nous ne passons pas la ligne rouge de la cobelligérance, j'ai toujours expliqué que je n'étais pas du tout en désaccord avec le fait de livrer des armes défensives, de former des soldats ukrainiens. Attention, c'est toujours pareil, attention à ne pas faire le pas de trop qui ferait que nous entrerions dans une guerre que les Français ne souhaitent pas, que je ne souhaite pas, car je ne souhaite pas que la France entre en guerre. Les choses sont extrêmement claires. Je pense que ça révèle d'ailleurs ce que nous vivons, que nous devons conserver une diplomatie, puisque quand j'entends les déclarations de M.
Borrell, le chef de la diplomatie européenne, je me dis que si c'est lui qui pouvait décider à notre place, je pense qu'on serait déjà en guerre.
Lui, il promet à l'armée russe d'être anéantie par le feu nucléaire européen en cas d'attaque.
Voilà, c'est le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est ni dans la modération, ni dans la recherche de la négociation, ni dans la recherche d'une voie pour la paix.
Le terme de paix ayant d'ailleurs quasiment disparu des plateaux, des analyses, j'ai donc sollicité, j'ai proposé que la France prenne la tête d'une grande conférence pour la paix, parce que je crois que c'est son rôle, c'est son rôle historique, et qu'encore une fois, ce serait au bénéfice de l'ensemble des peuples, ceux qui sont dans ce conflit, bien entendu, au premier chef, le peuple ukrainien, et ceux qui sont autour et qui ne voudraient pas voir se reproduire une entrée en guerre automatique comme nous l'avons vécu lors de la Première Guerre mondiale.
Toujours sur ce sujet, Emmanuel Macron, cette semaine, dans son interview sur France 2, a annoncé qu'en cas de frappe nucléaire tactique russe sur le territoire ukrainien, la France ne riposterait pas elle-même par le biais d'une frappe nucléaire. Il a bien fait de préciser cela, Emmanuel Macron ?
Le concept de dissuasion nucléaire, c'est un concept simple. La dissuasion nucléaire sera utilisée à chaque fois que les intérêts vitaux du pays seront en jeu. Point. En général, la phrase s'arrête là. Car sinon, nous sortons, bien entendu, de la dissuasion nucléaire. Je pense que le président, dont j'ai soutenu un certain nombre d'initiatives par ailleurs, vous me l'accorderez, j'ai soutenu ces initiatives de négociation, j'ai soutenu le fait de ne pas rompre le canal de discussion avec l'ensemble des belligérants, je crois, là, est allé un peu trop loin.
Merci beaucoup, Madame Le Pen, d'avoir été notre invitée ce midi dans BFM Politique. Merci beaucoup, Valérie. Merci, Benjamin. Voici Philippe Godin, Dominique Rizet, c'est Affaires suivantes, tout de suite sur BFM TV. Je vous donne rendez-vous à 18h.
Sous-titrage ST' 501
Marine Le Pen