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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 16 octobre 2025 39 minAutoproduitMixteSanté

Le cancer du sein à l'épreuve du couple

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 19 %

Temps de parole

  • Invité30 %
  • Invité 225 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 312 %
  • Invité 411 %
  • Invité 55 %
  • Invité 63 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

J'ai une copine qui n'arrivait plus à se regarder dans la glace quand elle a perdu ses cheveux. Elle en rigole aujourd'hui puisqu'elle va bien, mais comme il fallait passer devant un grand miroir pour entrer dans sa chambre, elle allait se coucher en courant. Pour la cicatrice à la place du sein gauche, une autre m'a raconté qu'elle s'est douchée en fermant les yeux pendant plusieurs semaines. C'est difficile de voir son corps sans les dire, mettons des mots sur les choses, c'est pas beau. Un cancer et un cancer de la féminité renvoient en plus au désir, à la séduction, je ne vous apprends rien.

Refuser de se voir, refuser de se toucher, c'est aussi refuser que l'autre vous touche et vous regarde. Et il n'est pas toujours évident qu'il le comprenne. Avoir un cancer du sein, c'est aussi quand un conjoint ne peut pas ou ne veut plus vous toucher et vous regarder. Avoir un cancer du sein, ça vous bouscule évidemment vous, mais ça bouscule aussi votre conjoint par ricochet. Et penser que le couple en sortira parfaitement indemne est une utopie. J'ai croisé cette statistique en préparant cette émission. Une femme a 6 fois plus de risque de voir son conjoint partir après le diagnostic que l'inverse.

C'est pas très reluisant, on lit des témoignages qui font vraiment mal et attention, je n'invente rien. Qu'est-ce que t'as, tu fais la gueule ? Non, je suis fatiguée. Tu veux pas mettre ta perruque ? Ok. Tu veux pas mettre une écharpe parce qu'on voit un bout de ta cicatrice ? Ok encore. Est-ce qu'après la chirurgie, tu ressembleras exactement à ce que t'étais avant ou pas ? Ben, pas exactement. Toutes les histoires, évidemment, ne ressemblent pas à celles-là et heureusement. Mais quand même, il faut savoir, ne pas confondre, ne pas transformer sa peur en colère, son dégoût de la maladie en dégoût de l'autre.

Et nous allons essayer de brasser tout ça dans notre discussion, raconter le couple qui tient la barre ou qui explose, ce que vous avez entendu, ce que vous avez traversé, ce qu'il en reste aujourd'hui, c'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus. Sophie, vous êtes la première et vous êtes la bienvenue. Sophie, bonsoir. Oui, merci Fabienne. On vous écoute. Oui, en fait, moi j'ai eu un cancer en 2023, en chimiothérapie jusqu'à fin 2024, avec radiothérapie, j'ai perdu mes cheveux, ablation partielle du sein. J'ai traversé tout ça avec beaucoup de fatigue, comme beaucoup de femmes.

Mais moi, par contre, j'ai décidé de quitter mon mari aujourd'hui parce que, en fait, là où vous avez besoin d'une épaule, quand vous êtes vraiment au plus bas, la première personne vers qui vous vous tournez, c'est quand même votre mari. Et puis voilà, ça n'a pas été, pour lui, ça a été compliqué aussi, parce qu'il m'a avoué avoir fait une dépression, c'est quelque chose de très fort quand même, un cancer.

Donc ça n'a pas été facile, c'est pas un monstre non plus, mais quand j'étais au plus bas, et comme je l'ai raconté, quand vous avez besoin que quelqu'un vous fasse une soupe, tout simplement, que vous n'avez pas la force d'épucher une carotte et que votre mari n'arrive pas à le faire, ça devient compliqué. Et quand il ne vient pas au rendez-vous important avec vous, ou qu'il vous demande « est-ce que tu veux venir ? », c'est des choses qui ne vont pas, en fait. Voilà, donc aujourd'hui, j'ai décidé de tourner la page et puis pour me reconstruire au mieux, de me séparer. Et c'est une décision qui est très claire pour moi. Et c'est intéressant parce que vous l'avez fait après, en fait, Sophie.

Au fond, je vous écoute, j'ai l'impression que c'est... Une fois que vous êtes capable de comprendre ce que vous avez vécu, et que vous vous asseyez pour comprendre ce qui vous est arrivé, vous faites le tri, en quelque sorte, en fait, dans ce que vous avez vécu. Ah oui, et puis, de toute façon, quand vous êtes en soin, vous n'avez pas la force, en fait, de faire ça. Vous n'avez pas la force de prendre une décision et d'aller de l'avant. Vous n'avez qu'une chose en tête, en fait, c'est votre dirigeant. Donc, vous prenez en charge. Et voilà, j'ai un caractère assez fort, donc je me suis pris vraiment en charge et il a été, par ailleurs, par des amis aussi, puis moi, de la soupe.

Mais voilà, donc, en fait... Et il a compris, lui, ou pas, Sophie ? Il a compris, ou pas ? Oui, bien sûr que quelque chose était cassé. Donc, il sait très bien la posture qu'il a eue. Donc, je vous dis, ce n'est pas un montre non plus. Là, tu veux qu'il faire des courses, me ramasser par terre quand je me suis évanouie, bien sûr. Mais des choses essentielles, comme ça, je vous dis, faire à manger, ça paraît anodin, mais ça ne l'est pas, en fait, parce qu'on est très, très faible. Et au fond, même, on se dit que c'est presque le plus important, parce qu'après tout, votre conjoint n'est pas médecin. Donc là, il y a des choses sur lesquelles il est complètement impuissant.

Mais en revanche, effectivement, faire une soupe, demander si ça va... Oui, c'est ça, en fait. Et puis, il a été à côté de moi, en fait, mais pas participatif. Alors, bon, chacun... Ce n'est pas évident pour tout le monde, dans cette histoire-là, mais évidemment, les couples n'en sortent pas indemnes, ça, c'est évident. C'est évident. Sophie, je vous remercie beaucoup pour votre témoignage et pour cette entrée en matière. On croise les doigts pour vous et pour la nouvelle vie que vous avez en face de vous. Merci vraiment pour discuter ensemble jusqu'à 20h avec nous. Il y a Mariana Aboula, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes patiente ressource de la Ligue contre le cancer.

Vous, votre cancer du sein a duré 4 ans, de 2019 jusqu'à 2023, la fin de la reconstruction. Est-ce que je me trompe ? Oui, voilà. Il y a Patrick Bensoussan qui est avec nous également. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes psychiatre à Marseille. Vous avez dirigé pendant plus de 20 ans le département de psychologie clinique de l'Institut Paoli Calmette, qui est le centre régional de lutte contre le cancer en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Vous avez écrit un livre dont je ne me lasse jamais du titre. Je ne vous ai pas guéri, mais j'ai le toupet de pensée que vous êtes mieux porté aux éditions RS en 2023. Mariam Abdullah, alors vous, votre couple va bien d'abord. C'est important de le dire quand même.

Toutes les histoires ne ressemblent pas à celles de Sophie. Ce que je trouve très émouvant, c'est qu'en effet, on se dit que le compagnonnage, c'est plus la soupe de carottes, les petites aides de ce genre-là que quelque chose de plus médical en fait. C'est ça qui est le plus difficile.

5:59
Présentateur

Oui, en effet, le cancer arrive dans notre vie. Là, le cancer du sein, il nous atteint dans notre intimité, dans notre identité en tant que femme, en tant que maman, en tant que conjointe. Et finalement, c'est important de le dire, c'est qu'on a du mal aussi à trouver la place de chacun, à préserver la vie qu'on a à côté du cancer. C'est ça qui est très difficile parce que tout d'un coup, on se retrouve malade et on se retrouve le malade qui est suivi à l'hôpital. On est focussé sur la guérison, mais il faut qu'on soit accompagné, qu'on puisse aussi faire vivre toutes ces cellules qui sont encore vivantes.

Moi, j'ai pour habitude de dire que j'ai quelques cellules qui sont malades, mais j'ai beaucoup de cellules qui sont encore vivantes et il faut pouvoir les préserver. Et c'est difficile de laisser une place aussi aux conjoints, aux proches là-dedans.

7:08
Invité

Et on y viendra effectivement avec le témoignage suivant. Il y a à la fois l'attitude que peut avoir le conjoint, mais l'attitude qu'on a nous aussi parfois par rapport à ce conjoint. Patrick Bensoussan, est-ce que ça fait partie des... Pas forcément des premières choses qu'on dit, parce qu'elle a raison, Mariam, la première chose, on est tous concentrés sur la guérison d'abord et le fait de se soigner. Mais est-ce qu'au fond, très rapidement, est-ce que ce n'est pas aussi votre travail à vous, c'est de prendre le conjoint par la main et lui dire, il va se passer des choses chez ta femme, il y a des choses auxquelles il va falloir se préparer ?

Oui, bien sûr, c'est cette assurance que la maladie cancéreuse, et d'autant le cancer du sein, n'est absolument pas une maladie solitaire qu'on vit seul dans son coin. L'expérience même de la maladie, bien entendu, elle est totalement personnelle et intime pour la personne qui la vit, mais le cancer, quand il arrive, il arrive dans une famille, il arrive dans un couple, il touche à la fois le conjoint, il touche les enfants, il touche les collègues de travail, etc. Donc, il y a une constellation incroyablement importante qui est touchée dans ce type d'atteinte-là, et il faut vraiment prendre en compte cette dynamique.

Est-ce qu'il vous arrive de demander à vos patientes, amenez-moi votre mari la prochaine fois, est-ce qu'il sait, comment ça se fait que je ne l'ai pas vu lors de la dernière chimio, etc. Ça vous arrive de faire ça ou c'est trop intrusif de votre côté, Patrick Bensoussan ?

Vous savez, moi, il m'arrive de faire des choses totalement incroyables, mais ce n'est pas le lieu pour les évoquer, mais bien entendu, je crois que cette question, elle est vraiment capitale, c'est ce que disait la personne au téléphone à l'instant, cette assurance qu'être à côté, ce n'est plus possible, il faut être ensemble, il faut partager, il faut l'idée de la soupe, l'idée d'aller faire les courses, d'accompagner, d'amener les enfants quelque part, de s'occuper de tel ou tel élément, c'est vraiment des petites choses qui semblaient être des petites choses, mais qui sont incroyablement capitales.

Vous savez, cette bande dessinée d'Emma sur la charge mentale, qui s'appelait « Fallait demander », il ne faudrait plus que dans les couples, les hommes demandent « Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » quand leur femme est atteinte d'un cancer du sein, il faudrait pouvoir se déterminer comme ça, simplement, spontanément, mais on voit que ce n'est pas simple. Non, ce n'est pas simple et c'est surtout statistiquement assez raide, pour dire les choses très honnêtement. Voici Stéphanie qui nous attend. Bonsoir Stéphanie. Bonsoir. On vous écoute. Alors, moi je suis en rémission d'un cancer du sein qui s'est déclaré en 2021 et je suis sous hormonothérapie.

Oui, je n'ai pas eu de chimie, heureusement, mais par contre, j'ai eu deux opérations et une mastectomie partielle, la radiothérapie, et j'ai une très grosse cicatrice. Et c'est vrai qu'au départ, je ne supportais pas mon corps, en fait, alors que mon mari a vraiment été adorable, il n'a montré aucune réticence, mais c'est moi qui me bloquais et je ne pouvais pas passer devant un glace, je ne pouvais même pas me regarder ni mettre de la crème, en fait, c'était vraiment à ce point-là. Et après, avec l'hormonothérapie, je n'étais pas ménovoisée, donc je me suis pris la ménopause x10, donc ça a été la double peine.

Et là, vraiment, j'avais encore du désir pour mon mari, mais par exemple, je restais habillée, je gardais un t-shirt, je ne voulais pas qu'il me voie avec les stigmates de la maladie. Et en fait, j'ai dû faire un gros travail sur moi-même, et c'est la danse qui m'a aidée à me sortir de là, reprendre le contrôle de mon corps, et à me sentir jolie et féminine. Mais ça a été vraiment un gros travail de ma part, alors que mon mari, vraiment, il n'a eu aucun souci de son côté. C'est moi qui me bloquais. Merci beaucoup, Stéphanie, pour ce témoignage. Marianne Maboula, est-ce que vous vous reconnaissez dans ce que dit Stéphanie ?

C'est-à-dire qu'il y a le moment où il faut s'accepter soi, et donc accepter que l'autre vous regarde. Ce qui est très compliqué parfois pour le conjoint, justement, c'est qu'il faut avancer à votre rythme, et pas au sien. Peut-être que c'est ça la difficulté.

11:07
Présentateur

Oui, c'est bien ça, en fait. Avec du recul, maintenant, je me dis que le cancer, c'est qu'il y a un avant, un pendant et un après. Et on a, par réflexe, de se dire, une fois que les traitements sont finis, on fait la reconstruction, on tourne la page. Et ça, c'est important, c'est qu'on ne peut pas tourner la page, parce qu'on garde quand même toutes les marques du passage du cancer dans notre corps, sur notre corps, quand on se regarde, quand on le vit. Et il faut pouvoir faire ce travail pour continuer, non pas à se reconstruire, en imaginant qu'on sera comme avant, mais construire avec d'autres bases.

Et pour le conjoint, ce n'est pas évident, parce que, même avec une reconstruction, on reste quand même, nous, dans notre chair, on reste meurtris et on ne reconnaît pas ce qu'on a. Donc, c'est tout un travail. Moi, je me reconnais tout à fait dans ce qu'elle disait.

12:16
Invité

J'aime bien ce que dit Stéphanie Patrick-Bensoussan, parce que ça dit vraiment... Alors, moi, j'ai mon rythme. Si je ne m'accepte pas, moi, de toute façon, je n'accepterai pas qu'on me regarde. Donc, je vais le faire à mon rythme, mais j'aimerais bien que l'autre suive ce rythme-là. Et ça aussi, ça fait partie des choses, j'imagine, dont vous discutez, vous, avec les patients, mais aussi les patientes, mais aussi avec leur conjoint. Laisse-la faire comme elle veut et tu verras que tu la rattraperas un moment.

Oui, et dans le même temps, vous imaginez bien que le regard qu'une femme va porter sur son corps, atteint de maladies cancéreuses ou pas, il est aussi induit par un certain nombre de représentations, de normes sociales, de marqueurs culturels, etc., etc. Et qu'il y avait, à l'époque, une recherche qui avait été faite, par exemple, sur l'allaitement, et qui disait combien l'impact de la décision du mari était importante dans la mise en acte de l'allaitement chez la femme. On voit bien aussi que dans le cadre du cancer, le regard masculin porté sur le corps de son épouse dans un couple est aussi quelque chose de particulièrement pertinent.

C'est aussi à partir de là que se construit l'identité propre de la femme. Et c'est vraiment quelque chose dont il faut prendre compte parce qu'il y a le réel même de ce que vit la femme dans sa maladie et dans son corps. Et puis il y a aussi tout ce qui est induit par toutes ces représentations, c'est symbolique, ce regard masculin qu'on évoque souvent et sur quoi il faut être attentif. Et il y a aussi, c'est ce que disait Mariam Abdoulou à l'instant, ce ne sera jamais comme avant. Donc malgré la reconstruction, malgré tout ça, et ça aussi, c'est quelque chose qu'il faut intégrer et intégrer dans le couple.

Il n'y a pas un moment où c'est fini et puis hop, allez, on passe à autre chose, c'est comme si rien ne s'était passé. Bien sûr, mais le avant, ça ne veut pas dire pire. Bien sûr. Ce n'est pas dans cette idée de ce ne sera jamais comme avant. ça ne veut pas dire que immanquablement, ça va être terrible et on rêve tous. Vous savez, c'est ce que disaient les latins, restitutio ad integrum, retrouver l'intégrité et puis retrouver le temps d'avant la maladie comme un espèce de temps qui d'ailleurs n'a jamais existé, qui est un temps magnifique et magique.

On peut très bien être différemment le même, comme disait un de nos collègues, et pouvoir traverser la réalité d'une nouvelle façon d'habiter son corps, de nouvelles sensations, de nouveaux rapports à l'autre qui sont foncièrement différents de ce qui était établi auparavant. Mais ce n'est pas pour ça qu'ils sont terriblement négatifs. François est avec nous. Bonsoir François. François ? Est-ce que François est là ? Eh bien visiblement, François n'est pas là, mais ce n'est pas grave, si François n'est pas là, il va sûrement réapparaître à un moment.

On a ce message sur WhatsApp de Corinne qui est assez terrible et qui dit bonsoir à un témoignage parmi d'autres, cancer du sein diagnostiqué, mon conjoint père de nos deux enfants était très distant, nous dit-elle, et j'ose lui demander tu veux qu'on se sépare ? Et sa réponse a été oui, je n'ai pas envie de rester moine à 50 ans. Pouf ! C'est quand même d'une terrible violence. Ça veut dire, en gros, ce que ça dit, Patrick Bensoussan, cette remarque, c'est il n'y a plus de sexualité, tu n'es plus un être sexué, désormais je ne te reconnais pas comme étant un être sexué. C'est ça que ça dit en fait ? Oui, bien sûr.

Ça dit simplement que le sein, les seins, c'est l'organe du féminin par excellence et ça incarne la féminité, ça incarne la sexualité, ça incarne la maternité, certes, mais c'est incroyablement chargé. Et donc du coup, le corps des femmes quand elles sont atteintes d'un cancer du sein semblait totalement dépossédé de la réalité même, de ce qu'on met derrière le mot de féminité, la grâce, le charme, la délicatesse, la jeunesse aussi, la séduction, vous voyez, des tas d'éléments qui sont incroyablement portés par ça et du coup, mais peut-être, il faut revenir sur cette représentation. Ah bien, bien sûr.

Des espèces de types qui sont que des salopiots et qui se barrent dès que leur femme est malade. Bien sûr, mais ça, clairement, mais pas 100%, et d'ailleurs, on l'a bien dit spécifiquement, bien sûr, il y en a qui sont formidables, la question ne se pose pas. Ça existe aussi. Pas qu'il y en a qui sont formidables. Habituellement, statistiquement, les mecs ne se débinent pas. Il y a des représentations comme ça qui sont très actives là-dessus, mais la stabilité conjugale après le cancer du sein a été démontrée par un nombre incroyable d'études.

Et la représentation, là encore, qu'on en a, c'est le mec se barre parce qu'il va aller trouver son bonheur et sa sexualité plus épanouie ailleurs et pas au pluré de cette femme qui est diminuée. Mais ça, c'est aussi une représentation qui est particulièrement active aujourd'hui. Il ne faut pas continuellement développer cette réalité-là. Heureusement. Marie, il y a un mot avant de retrouver François qu'on a finalement récupéré au standard. Est-ce que vous avez eu peur ? Est-ce que vous avez eu cette conversation avec votre homme ? Est-ce que vous lui avez posé cette question comme ça ? Est-ce que tu es sûre que tu m'aimeras encore ? Est-ce que des mots comme ça ont été prononcés ?

17:25
Présentateur

Alors, je ne lui ai pas posé la question parce que j'étais... Ça a été assez rapide. Donc, on est rentré dans le vif du sujet avec la chimiothérapie. Moi, j'ai eu la chimiothérapie néoadjuvante. J'ai eu une tumorectomie. Finalement, il a fallu passer par la mastectomie. Je me suis posé la question parce qu'au-delà de ma poitrine que j'essayais de sauver et cette image féminine, il ne faut pas oublier non plus, on perd ses cheveux. ont des chimiothérapies. Les traitements aussi jouent sur la vie sexuelle en tant que telle. Donc, la libido, les sécheresses, les choses comme ça qui sont un cumul en fait de notre intimité avec notre conjoint.

Et c'est vrai que c'est délicat de poser la question parce qu'il y a la culpabilité. on se sent déjà coupable d'avoir ramené tout ça au sein du foyer et c'est peut-être un peu trop pour nous aussi d'aller au devant de la réponse.

18:32
Invité

Oui, mais je comprends. Il y a des questions que parfois on n'a pas envie de poser parce qu'on n'a pas envie d'entendre la réponse ou alors ce n'est pas le moment d'entendre cette réponse ou laissons-nous le temps. Voici François qu'on a retrouvé. Bonsoir François. Bonsoir Fabienne. On vous écoute François. Eh bien moi, je voulais apporter mon témoignage puisque ma femme a eu un cancer du sein il y a 14 ans maintenant.

Elle avait 37 ans et on est rentré dans cette espèce de train fantôme et tout s'est accéléré de façon assez très violente et dramatique et quand j'ai entendu le thème du téléphone sonne j'étais en voiture et ça m'a fait utile parce que mercredi dernier 14 ans après on était en octobre 2011 ma femme Lucille a subi une autre chirurgie de reconstruction ma mère donc 14 ans après même si elle est sortie de cette période difficile eh bien il y a encore on est encore confronté à cette maladie et puis je voulais apporter le témoignage d'un conjoint parce que le rôle du conjoint il est vraiment compliqué il est vraiment compliqué parce que nous on ne souffre pas dans notre chair mais on souffre psychologiquement énormément après je pense que ça a été moi la perte de ma vie où j'ai quelque part été le plus courageux je ne suis pas le plus courageux des hommes mais là je pense que j'ai fait preuve de courage parce qu'il fallait affronter ça à deux et puis que nos enfants étaient petits Garance avait 7 ans et Germain 4 donc c'est tout notre quotidien qui est bouleversé mais du coup François vous l'avez eu cette conversation ou pas on sait qu'on va rentrer dans un tunnel on sait que ce sera moche il y a des moments où on va se disputer c'est idiot parce que c'est la maladie qu'on en voudra mais bêtement on s'engueulera l'un l'autre vous avez eu cette conversation avant ou pas ?

oui il y a des moments enfin alors ce qui s'est passé c'est que ça va tellement vite que en fait la question de l'intimité du couple elle ne se pose pas tout de suite donc il y a eu un protocole de chimio de chimio on est rentré tout de suite dans le vif du sujet et puis il faut essayer d'assurer le quotidien parce que les enfants sont des éponges donc on commence par ça et après l'intimité du couple bah oui ça vient et on voit bien que ça ne sera plus jamais pareil et qu'il va falloir quelque part se réinventer alors voilà c'est compliqué nous on a eu la chance on s'est connus à 18 ans au lycée ça fait 34 ans qu'on est ensemble donc le couple était déjà plutôt solide avec des bases solides avec un environnement familial aussi qui était là derrière est-ce que dites François est-ce que vous avez eu besoin de parler à un homme en fait peut-être à un autre mari dont la femme enfin parce qu'il y a des choses effectivement dont on a envie de parler exactement comme les femmes quand elles ont envie de parler entre elles et les hommes aussi ça vous a fait envie est-ce que vous l'avez trouvé ça ou pas ?

moi j'ai enfin comment dire quand on on a discuté avec des amis que ce soit des amis femmes des amis hommes sur cette période mon frère ma soeur mes parents ma belle famille moi j'ai toujours essayé d'être le plus de m'exprimer sur ces questions on peut pas rentrer dans bien sûr je veux dire l'intimité la plus profonde mais j'ai jamais eu trop de difficulté à m'exprimer là-dessus après moi je suis toujours étonné qu'il y ait beaucoup d'hommes qui

21:46
Locuteur

qui qui qui

21:47
Invité

qui panique en tout cas moi aussi j'ai paniqué on sait plus on comprend rien on se prend une bombe sur la tête tout s'écroule et puis et puis le lendemain il y a l'école il y a les enfants à l'école il faut il faut retourner au boulot il faut il faut tout se réorganiser et tout faire pour que pour qu'elles s'en sortent quoi mais après j'ai envie de dire l'intimité du couple elle arrive après mais bien sûr tout a été réinventé alors des fois c'est compliqué voilà parce que parce qu'on est touché dans sa chair et et on comprend les difficultés que peut rencontrer sa femme moi après je voilà elle m'a tellement donné de leçons de courage que quelque part enfin j'ai envie de dire je l'aime comme au premier jour malgré tout ce qu'elle a vécu mais mais c'est son corps je voilà je j'essaie de lui laisser enfin c'est à elle c'est son ce sont ses choix elle a voulu faire de la reconstruction pour justement se sentir encore mieux dans son corps le rapport assez sain j'ai envie de dire et je voilà je ne peux que l'accompagner et voilà même si je je l'aime comme elle était avant comme elle a été après enfin voilà mais je veux aussi donner un petit témoignage aussi pour dire que c'est extrêmement compliqué heureusement on peut s'en sortir et puis que quelque part c'est aussi renforcé le couple et puis quand il y a des enfants tout ça je trouve qu'on enfin je ne vois pas comment on ne peut pas accompagner et mettre toutes ses forces dans cette bataille merci beaucoup c'est une réelle saloperie c'est moi qu'on puisse dire François merci beaucoup vraiment pour pour les jolies témoigneuses Patrick Bensoussan un mot sur le témoignage de François et et moi ce que j'en retiens surtout au fond c'est il faut tout dénouer en fait c'est à dire dénouer le facile et le difficile aller jusqu'à dénouer la honte la honte de son corps il faut tout dénouer quand on peut il faut tout dénouer et dénouer à deux oui mais vous le dites bien quand on peut et et ce que disait François c'était aussi l'histoire qu'il avait qu'il avait créée avec son épouse bien des années avant la survenue de ce cancer c'est les enfants c'est ce qui crée du lien en fait et qui est là pour témoigner de cette réalité que la maladie cancéreuse le cancer du sein mais parfois un certain nombre d'événements qu'on va dire traumatiques entre guillemets de la vie viennent affecter un couple en fonction de sa capacité à pouvoir tenir avancer être solide etc quoi et qu'on voit très vite que la violence de la maladie cancéreuse la violence et spécifiquement du cancer du sein pour cette atteinte à la sexualité à la maternité elle vient infracter de façon vraiment importante les bases de solidité d'un couple si le couple est un peu vacillant si des questions se posent si tout ce que vous voudrez c'est une tempête qui envoie la maison de paille ou de bric en l'air et puis après on ne peut rien quoi il y a quelque chose de cette idée que le cancer est un loup qui rentre dans la bergerie et à un moment donné il peut faire imploser l'entièreté de la bergerie et ce n'est pas simplement la réalité même de la maladie cancéreuse mais c'est comment est-ce qu'un couple va pouvoir être résilient face aux difficultés qu'il peut rencontrer donc ça ça témoigne aussi beaucoup de la question de qu'est-ce qu'un couple qu'est-ce que c'est que l'amour qu'on peut se porter l'un à l'égard de l'autre et en quoi en particulier la sexualité peut être un élément très prédicteur de comment ça se passe dans un couple et qui est sûrement la chose la plus taboue déjà c'est quelque chose d'assez tabou la sexualité mais encore plus dans la maladie effectivement la chose très taboue est-ce que je dis non est-ce que je dis oui pour faire comme si les choses allaient bien comment je fais on peut comprendre cette difficulté Maria Maboulos que j'aime dans le témoignage de François aussi c'est qu'il dit en même temps le lendemain de l'annonce on se prend un coup sur la tête puis après il y a les enfants il faut les amener à l'école il faut faire tout ça vous vous en avez trois des enfants et du coup vous avez le sentiment que les enfants ont structuré en bien au fond ce tunnel que vous avez traversé là pour le coup avec votre mari parce que c'est ce qui tient de vous les enfants est-ce qu'ils ont aussi servi à ça finalement ou pas ?

26:21
Présentateur

oui parce que là ce qui était bien c'est quand j'ai eu l'annonce mon conjoint est venu et c'était pas autant pour moi que c'était important qu'il soit là parce qu'on a une compréhension différente c'est un moment très important vous avez la roue des émotions complètes qui tournent dans votre tête et en fait lui il a sa compréhension avec ses bagages et moi j'avais la mienne mais surtout qu'on s'est dit dans 6 kilomètres je me suis dit je rentre à la maison ma fille aînée avait 8 ans j'avais la seconde qui avait 5 ans et mon garçon qui allait sur 5 ans et mon garçon avait 3 ans et c'est ce qui nous a accrochés à à ce qui était de réel dans la vie parce que tout le reste est arrivé d'un coup et on ne maîtrisait pas on ne pouvait pas maîtriser et la seule chose qui nous restait peut-être de fiable c'était les enfants donc je pense qu'on s'est accrochés là-dessus aussi chacun à notre façon et comme le disait François le couple et tout le reste est passé un petit peu après aussi parce qu'on on s'accroche à ce qu'on peut maîtriser et ce qu'on peut ce qu'on peut voir

27:43
Invité

voici Chris qui est avec nous bonsoir Chris bonsoir on vous écoute moi j'ai eu un cancer en 2013 ça a été j'avais 5 enfants qui étaient qui avaient de 4 à 18 ans et voilà et mon mari était démuni dépité était malheureux mais en fait ça lui a permis de se rendre compte à quel point il tenait à moi et en fait ça a été vraiment presque une nouvelle vie pour nous il a décidé de moins travailler de plus profiter de la vie et voilà et avec nos enfants enfin je me retrouve dans beaucoup de témoignages ça nous aide en fait à sortir de tout ça on est obligé on n'a pas le choix ils sont là il faut eux on leur annonce et après ils passent vite à autre chose il faut vivre quoi il faut c'est l'énergie l'énergie de l'enfance moi je pensais qu'à me battre à combattre et mon mari était un petit peu je dirais observateur et en même temps il s'est senti un peu un petit peu admiratif je pense de mon combat et tout ça et on a traversé tout ça ensemble je vois je vois je vois Chris parce que vous savez Christine pardon on a les petits bouts de messages moi je les ai devant les yeux le début en tout cas il est médecin votre mari c'est ça ?

et alors pour un médecin est-ce que c'est encore plus désarçonnant finalement ?

parce que c'est pas votre médecin c'est votre mari donc le rôle qu'il a à jouer là c'est pas celui de médecin c'est celui de mari ça a dû un peu tourneboulé dans sa tête tout à fait en fait il pouvait rien pour moi il était perdu il était complètement voilà lui il est urgentiste il est pas du tout dans le temps un peu plus long des traitements si vous vous étiez cassé une jambe il savait faire mais sinon pour le reste c'était plus difficile oui c'est ça tout à fait et c'était encore encore plus dur je pense pour lui parce qu'il savait il pouvait pas me guérir voilà donc il a fallu sortir de tout ça ensemble et voilà et franchement aujourd'hui on est heureux donc si je comprends bien il vous a fait de la soupe contrairement à notre première auditrice oui aussi et enfin enfin je pouvais j'avais une excuse pour aller me reposer parce que quand on a cinq enfants on se repose pas on est toujours toujours au taquet et voilà et j'avais une excuse j'ai dit là je suis trop fatiguée je vais me coucher et voilà vous savez que normalement on n'a pas besoin d'excuses pour dire à son mec de s'occuper des cinq enfants Chris vous remercie il fallait quand même il faut assurer il faut assurer pour les enfants donc voilà c'est un peu l'idée Jean merci pour votre témoignage Chris merci beaucoup on est dans le témoignage positif avec Christine et c'est tant mieux on a le Cécile sur Whatsapp qui dit moi j'ai envie d'apporter du positif j'ai rencontré mon mari quelques semaines après l'annonce de mon cancer j'ai essayé de le décourager en lui disant que c'était pas le bon moment mais il n'a rien lâché il a été d'un soutien sans faille tout au long des soins et son amour m'a littéralement porté nous sommes mariés trois ans plus tard et j'ai eu beaucoup de chance il a été exceptionnel écrit avec des grandes lettres capitales écrit en bâton ce que je trouve très joli dans les témoignages là et dans celui de Christine notamment Patrick Bensoussan c'est que son mari est médecin et subitement voilà le médecin qui est tout démuni il n'y a pas vraiment besoin d'être médecin pour être démuni quand ça se passe comme ça dans une histoire de couple ça je comprends mais cette idée qu'il est médecin mais ce n'est pas ces compétences dont on a besoin à ce moment là donc il y a quelque chose qui chamboule un peu dans la tête bien sûr mais c'est ce qu'on dit bien en termes d'intimité et d'humanité c'est à ce niveau là que ça se passe c'est à dire quel est le mode relationnel qui était établi et comment on se débrouillait dans le lien avec son compagnon sa compagne c'est vraiment des choses importantes qui arrivent qui sont très existentielles qui sont presque philosophiques métaphysiques c'est combien l'autre compte pour moi qu'est-ce que je fais pour lui qu'est-ce que j'aspire pour lui quel est l'avenir que je pense pour lui et donc aussi pour nous toutes ces questions là je voudrais juste revenir sur l'aspect des enfants vous savez la convocation des enfants dans ces moments là il ne faut pas que les enfants viennent aussi cacher le pouvoir du jouir pour le dire de façon crue je crois que les hommes et les femmes ils ont aussi besoin d'un certain nombre d'expériences et de vécu qui les concernent eux en propre et qu'il y a une réalité de la sexualité qui est aussi importante à prendre en compte et à traiter c'est bien et d'être bien avec son compagnon de pouvoir partager des choses de pouvoir avoir des moments de passion et des moments de tendresse etc et la question qui est aussi posée dans le champ du cancer du sein c'est cette idée là de la féminité et de la sexualité donc c'est quelque chose qui se passe dans un autre registre que le modèle de la maternité et des enfants et il faut y être attentif aussi un mot de Julie sur Whatsapp qui dit ceci j'écoute votre émission sur le cancer du sein qui s'est invité de notre vie l'année dernière ma compagne a subi chimiothérapie mastectomie radiothérapie à nouveau chimiothérapie et je voulais témoigner sur le fait que je suis une femme et que le discours que j'entends sur les conjoints s'applique aussi aux conjointes avec des implications qui sont similaires elle a raison Julie et c'est évidemment bien de le dire voici Dominique qui nous attend au standard bonsoir Dominique oui bonsoir on vous écoute et bien bon moi j'ai un témoignage qui n'est pas forcément positif parce que ça s'est terminé par un divorce mais voilà je vais bien maintenant donc je pense qu'on peut on peut dépasser on peut dépasser tout ça cela dit c'est vraiment ça a été très dur bien sûr et ça date quand même d'il y a une quinzaine d'années est-ce que vous avez le sentiment Dominique qu'au fond 15 ans c'est beaucoup et que peut-être aujourd'hui avec ce qu'on sait avec le fait qu'on a mis de la lumière sur le cancer sur les chimiothérapies etc les choses auraient été plus faciles pour vous est-ce que vous pensez que ça aurait pu jouer ou pas du tout ?

je crois que c'est toujours pareil en fait je pense que c'est toujours pareil ça reste une épreuve énorme je pense que il faudrait qu'on en parle davantage que l'on dise ça et que et que disons nos conjoints se rendent compte que c'est une qui doivent être là pour nous aider bon maintenant il faut il faut jamais voir les choses en noir et blanc c'est-à-dire que pour ma part c'est vrai qu'il y avait quelques failures déjà dans le couple mais ça a été ça a été quand même un raz-de-marée à ce moment-là et pardon de vous poser une question très personnelle mais il vous a lâché quand en fait à quel moment dans la maladie ?

on va dire qu'il a été sympa pendant 15 jours ensuite non non en fait voilà il y avait quand même déjà une histoire il y avait un terrain il y avait un terrain et donc voilà c'est vrai que j'ai beaucoup de mal à pardonner c'est clair Dominique merci beaucoup et je comprends évidemment ce que vous nous dites des fois on se dit Patrick Bensoussan que ouais c'est rude quand il arrive quelque chose pareil Dominique mais vu comment c'était parti il vaut mieux vivre cette expérience là toute seule que de se traîner en fait un conjoint qui de toute façon n'arrivera pas à suivre enfin pour dire les choses clairement quoi un gros boulet quoi dans le même temps vous savez de toute façon c'est une expérience qui est dure difficile qui engage énormément d'énergie les traitements sont aussi compliqués on n'en a pas assez parlé un certain nombre de traitements qui entraînent des effets secondaires particulièrement importants au niveau du ressenti du corps vécu de la sexualité de la libido donc il y a aussi des atteintes qui sont difficiles à interpréter parce que ça fait partie du traitement pour aller mieux donc c'est compliqué de pouvoir adhérer à ce type de données et ce que vous dites là ce que tous vos auditeurs ont dit il y a de la fatigue on ne se sent pas pareil on est débordé on se pose des tas de questions on est inquiet quand même pour le moins c'est quand même une maladie mortelle on peut en dire ce qu'on veut donc il y a toute cette charge là qui impacte mais de façon résolue sur la femme mais aussi donc sur son couple et aussi sur son conjoint ou sa conjointe et ça c'est quelque chose qui on l'a dit aujourd'hui encore continue à être particulièrement pesant dans la vie des femmes qui sont atteintes de ces maladies Dominique vous vouliez ajouter un mot puisque vous êtes toujours là on vous écoute Dominique je suis toujours là oui en fait pour ma part le sentiment qui a dominé pendant tout ce moment c'était la colère en fait et cette colère n'a pas été du tout comprise je pense que la colère elle fait partie de ce qu'on traverse quand on a cancer et cette incompréhension a finalement hâté la fin donc je pense qu'il faudrait expliquer expliquer un peu mieux quels sont les sentiments que l'on traverse à ce moment là et comment ça peut impacter sur la vie de couple et qu'on a le droit à la colère en fait je pense qu'on y a droit moi j'y tenais beaucoup parce que cette colère m'a donné beaucoup d'énergie en fait elle peut être aussi conseillère cette colère je peux terminer juste sur ce que je disais tout à l'heure je n'ai pas je n'ai pas de regrets je pense qu'on n'aurait pas pu continuer comme ça parce que en fait moi je sais que je ne rajeunis pas je peux avoir d'autres maladies si mon compagnon se comporte comme ça une fois pourquoi continuer pourquoi continuer la colère vous l'avez accepté vous Marie-Anne Aboula vous l'avez embrassé la colère quand il le fallait oui j'ai

38:11
Présentateur

j'ai été en colère parce que j'ai j'ai pas compris mais ça c'est c'est normal au départ avec du recul je sais que c'est normal mais on ne comprend pas ce qui nous tombe sur la tête mais pardon

38:26
Invité

c'est l'heure et je vous ai fait signe mais vous avez le droit de finir votre phrase

38:30
Présentateur

et en fait il faut qu'on soit accompagné et aujourd'hui ce qui me rassure juste pour finir ce qui me rassure c'est que on en parle de plus en plus il y a des associations il y a la ligue il y a des personnes qui peuvent accompagner les conjoints les aidants et les patients et ça il faut bien le signaler qu'on a accès plus on en parle plus on peut avoir des séchants

38:56
Invité

je vous remercie mille fois je vous remercie parce qu'on est très en retard j'ai vu ce message de Nina et je voudrais la saluer Nina sur Whatsapp vraiment qui dit bonsoir diagnostiqué le 19 mai je venais de rencontrer mon compagnon depuis moins d'un an je le vis très mal ce timing c'est compliqué surtout quand certains de l'entourage nous font sentir qu'il va falloir sauver le couple en même temps que nous sauver d'abord la psychologue spécialisée m'aide beaucoup je dois être sur tous les fronts heureusement je n'ai pas encore d'enfant dit-elle le couple pour le moment se consolide et pourvu que ça dure c'est tout ce qu'on vous souhaite Nina et on vous embrasse très fort je vous remercie

39:26
Locuteur

c'est tout ce qui est c'est tout ce qui est c'est tout ce qui est c'est tout ce qui est

Le cancer du sein à l'épreuve du couple · Pourquijevote