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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 5 mai 2026 49 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprisesSanté

Rachel Keke, ex-députée LFI et femme de ménage : punie pour avoir lutté ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 46 %Défensif 34 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:20OuverteRéponse directe

    Après deux ans passés à l'Assemblée nationale, vous avez décidé de reprendre votre travail. Est-ce que c'est d'abord une décision facile à prendre ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Et justement, comment s'est déroulé ce retour ?

  • 5:26RelanceRéponse directe

    Votre employeur STN essaie de vous affecter à Bourret-sur-Juine, donc à 40 kilomètres de votre domicile. Et comme vous venez de le dire, c'est contraire à l'accord qui avait été passé à la fin du conflit.

  • 6:28OuverteRéponse directe

    Cette nouvelle affectation, pour qu'on comprenne, qu'est-ce que ça va modifier d'être à 40 kilomètres de chez vous ?

  • 7:26RelanceRéponse directe

    Vous parlez donc de punition. La direction parle, elle, juste d'une réorganisation, qui est tout à fait normale.

  • 9:28OuverteRéponse directe

    Parce que votre situation résonne chez beaucoup de salariés qui craignent des représailles après une activité syndicale ou politique.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:34Invité politiqueFait
    « la politique, ce n'est pas un CDI »
  • 3:44Invité politiqueChiffre
    « ils ont perdu beaucoup d'argent »
  • 5:21PrésentateurFait
    « l'accord signé par la société le 25 mai 2021, et qui indique que vous ne pouvez pas être affecté à plus de 15 kilomètres de votre domicile »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « il faut que je me lève tôt le matin, parce que, et puis, on connaît les problèmes des transports. On sait comment fonctionne le RSC »
  • 9:50Invité politiqueFait
    « je peux apporter même mon soutien à Gaëlle de La Poste, qui est, comment je peux dire, qui est poursuivre par l'employeur parce que c'est un bon syndicat qui défend les salariés »
  • 10:05Invité politiqueFait
    « je suis aussi le syndicat de la CGT-ASPE qui était, comment je peux dire, M. Claude Lévy et Tiziri, qu'on dit, aussi, qui sont passés devant les tribunaux parce qu'ils défendent bien les salariés »
  • 10:24Invité politiqueChiffre
    « tous les jours, il y a minimum 5 salariés qui m'appellent pour les accompagner pour un entretien qui peut aller jusqu'au licenciement »
  • 18:52PrésentateurFait
    « la direction de Stellantis a officialisé l'arrêt définitif de l'assemblage automobile à l'usine de Poissy après 2028 »
  • 20:47Locuteur 7Fait
    « ce sont des venteurs quand ils disent qu'il n'y aura pas de licenciement sec »
  • 20:55Locuteur 7Fait
    « c'est faux et archi faux »
  • 25:50Locuteur 2Chiffre
    « 2000 emplois toutes catégories professionnelles confondues à l'intérieur de l'usine plus 300 sous-traitants »
  • 30:55Locuteur 2Chiffre
    « la CGT l'a dénombrée, elle l'estime à près de 300 000 en France »
  • 33:45Locuteur 1Fait
    « pour le moment c'est beaucoup d'incertitudes parce que nous on a appris ça il y a des dates un peu dans le paysage la possibilité que des repreneurs se positionnent peut-être le 15 juin que ce soit ensuite validé au mois d'octobre »
  • 35:19Locuteur 1Chiffre
    « 850 étudiants parce que c'est des écoles d'infirmières des écoles d'aides-soignantes de travailleurs sociaux de pueréquitrices et qu'en fait c'est autant d'étudiants qui ne rentreront pas ensuite dans les hôpitaux dans tous les services de soins etc »
  • 36:17Locuteur 1Promesse
    « nous on veut pouvoir être public pour pouvoir étudier correctement rejoindre les nombreux IFSI publics être attaché à un hôpital être attaché à un autre des IFSI qui existent déjà mais surtout ne pas fermer et ne pas être dispatché n'importe où »
  • 38:47Locuteur 8Chiffre
    « une retenue d'eau une méga bassine de 350 000 mètres carrés »
  • 39:14Locuteur 8Fait
    « le projet de développement est principalement axé sur la production d'exportation et de maïs semences »

Temps de parole

  • Présentateur28 %
  • Rachel Keke24 %
  • Locuteur 219 %
  • Locuteur 17 %
  • Locuteur 36 %
  • Locuteur 46 %
  • Locuteur 84 %
  • Locuteur 103 %
  • Locuteur 52 %

0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et heureux de vous retrouver pour ce nouveau rendez-vous hebdomadaire. Chaque semaine, le journal des luttes revient sur les combats sociaux, syndicaux qui agitent notre société et comme on a l'habitude de le faire, en donnant la parole à celles et ceux qui luttent au quotidien. Merci à vous de nous soutenir et n'oubliez pas pour devenir abonné, sociaux, faire un don ponctuel.

Rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr et je vous le rappelle, nous sommes également candidats pour la TNT francilienne donc n'hésitez pas à aller sur tnt.lemédiatv.fr Et au journal des luttes, vous pouvez nous contacter et nous écrire à jdl.lemédiatv.fr ou nous laisser un message au 06 86 46 08 46 C'est avec vous que le combat continue. Le journal des luttes, c'est parti. Au sommaire de cette édition, nous serons avec Rachel Kéké. Souvenez-vous de cette figure emblématique de la lutte des femmes de chambre de l'hôtel Ibis des Batignolles qui revient sur le devant de l'actualité car son employeur ne veut pas respecter un accord et veut la muter à plus de 40 km de son habitation.

Et nous parlerons également de Stellantis. Stellantis Poissy, ce site, on l'a annoncé le 16 avril dernier, va arrêter la fabrication d'automobiles. Les salariés sont en colère. Un reportage dans cette édition. Le journal des luttes hebdo, c'est tout de suite. Elle a été le visage de la lutte des femmes de chambre de l'hôtel Ibis-Batignolles, une figure de proue de la mobilisation sociale, avant de devenir députée de la République. Aujourd'hui, Rachel Kéké est de retour au cœur de l'actualité, mais pas sur les bancs de l'Assemblée. Après la fin de son mandat, elle a retrouvé son ancien employeur, le groupe STN, et c'est désormais devant le Conseil des Prud'hommes qu'elle se bat.

Mutation à 40 km de chez elle. Sanction ou simple réorganisation ? Rachel Kéké nous explique pourquoi, après avoir porté la voix des travailleurs à l'Assemblée, elle doit aujourd'hui mener sa propre bataille pour le respect et la dignité. C'est parti pour l'entretien. Rachel Kéké, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Après deux ans passés à l'Assemblée nationale, vous avez décidé de reprendre votre travail. Est-ce que c'est d'abord une décision facile à prendre ?

2:28
Rachel Keke

C'est une décision facile parce qu'il faut savoir que la politique, ce n'est pas un CDI. Donc finalement, quand tu finis, tu vas voir, comme je dis, je suis allée découvrir, je suis allée voir au sein de l'Assemblée nationale comment on vote les lois, comment, par rapport aux lois votées, quels sont les partis politiques qui sont pour le peuple. Mais après, ma mission, comme je peux dire, il faut que je retourne, d'où je suis quittée, pour reprendre mon travail tranquillement.

3:00
Présentateur

Et justement, comment s'est déroulé ce retour ?

3:04
Rachel Keke

En fait, j'ai fait quand même, après les deux ans, je suis restée une année. Et c'est comme ça, l'Assemblée nationale m'avait dit qu'en janvier, je n'avais plus mes droits. Donc, il fallait que je reprenne quand même mon travail. Donc, j'ai appelé la société estienne pour leur dire, finalement, je voulais un rendez-vous avec eux pour discuter pour la reprise. Et c'est ce qui a été fait. Donc, le 8 janvier, ils m'ont donné un rendez-vous. Je suis allée à l'entretien. Et voilà, ils m'ont rappelé qu'on a fait une grève pendant 22 mois et qu'ils ont perdu beaucoup d'argent. Et que, en quelque sorte, c'est une punition. Voilà, parce que c'est ce qu'ils vous ont dit.

Oui, c'est ce qu'ils m'ont dit. On a perdu beaucoup d'argent. Les médias ont parlé de nous. Voilà, on n'a pas de place. C'est-à-dire, en fait, ils n'ont pas de place pour moi à Paris. Donc, moi, je leur dis, c'est que moi, je suis en train de vous dire, pendant qu'on était maltraités, on était exploités, on était venus vous voir, en fait, pour trouver une négociation, une porte de sortie. Vous nous avez dit carrément, vous pouvez aller faire la grève 3 mois, 4 mois, vous êtes habitués. Ils ont dit, non, c'est pas ça. Je dis, si, c'est ce que vous nous avez dit dans cette même salle où nous sommes en train de faire l'entretien. Donc, vous, vous avez perdu de l'argent.

Mais nous, en fait, on a été humiliés parce qu'on partait sur les piquets des grèves. On versait de l'eau sur nous. On nous jetait des canettes même. On versait même du café sur nous, en dessous du bâtiment de l'hôtel. Voilà, on nous versait des gros sauts en plein hiver. Donc, on faisait Noël même devant les hôtels avec le syndicat, avec nos familles. Donc, nous, au contraire, c'est nous qui avons été humiliés. Vous, vous n'avez pas, vous dites que vous avez perdu beaucoup d'argent. Mais la société, aujourd'hui, la société fonctionne. La société n'est pas fermée. Donc, si je comprends bien, c'est une punition.

Voilà, c'est-à-dire, il ne faut pas, en quelque sorte, ne viens pas nous emmerder. On te ramène plus loin, c'est-à-dire pour rester jaune. Je ne sais même pas où c'est. Et ce qui me fait un peu, c'est-à-dire, je ne comprends pas cette société, en fait. Parce qu'on a signé un protocole à la fin de notre conflit qu'il était interdit d'amener le salarié à plus de 15 kilomètres de son lieu de domicile.

5:26
Présentateur

– Justement, votre employeur, je reprends ce que vous venez de nous dire, votre employeur STN, elle essaie de vous affecter à Bourret-sur-Juine, donc à 40 kilomètres de votre domicile, c'est dans l'Essonne. Et donc, comme vous venez de le dire à l'instant, c'est contraire à l'accord qui avait été passé à la fin du conflit, l'accord signé par la société le 25 mai 2021, et qui indique que vous ne pouvez pas être affecté à plus de 15 kilomètres de votre domicile. – Exactement. – Et là, cet accord, il n'est pas à respecter.

5:53
Rachel Keke

– C'est ça, c'est ça la société. C'est-à-dire, je peux dire que quoi, j'ai l'argent, je suis plus fort, et le salarié qui n'a pas de protection derrière, je fais ce que je veux. Comme j'ai dit, heureusement qu'il y a des prud'hommes, il y a des tribunaux. Donc moi, je suis quelqu'un quand même, une femme qui a mené une grève. Pendant 22 mois, je ne vais pas me laisser faire, et je n'aimerais pas qu'on bafoue, comment je peux dire, ma dignité déjà, et puis, on me bafoue mes droits. Voilà, donc c'est pour ça que j'ai saisi le prud'homme. La lutte continue, et je ne vais pas laisser, je ne vais pas baisser mes bras, mais on ira jusqu'au bout.

6:28
Présentateur

– Justement, cette nouvelle affectation, pour qu'on comprenne, qu'est-ce que ça va modifier d'être à 40 kilomètres de chez vous, donc ça fait 80 kilomètres par jour, qu'est-ce que ça modifie dans votre quotidien d'être aussi loin ?

6:40
Rachel Keke

– Déjà, il faut que je me lève tôt le matin, parce que, et puis, on connaît les problèmes des transports. On sait comment fonctionne le RSC, et le problème, c'est que quand j'arrive à Bourrech-sur-Jeune, c'est-à-dire deux chemins à Bourrech-sur-Jeune, ça fait 1h30 en transport, et de Bourrech-sur-Jeune au domaine où on m'amène, ça fait 34 minutes à pied. Souvent, ce n'est pas bien desservi. Donc, imaginez-vous un peu, tu fais deux heures déjà, tu te lèves tôt le matin pour prendre le métro pour aller, mais moralement, physiquement, c'est fatigant. C'est ça, moi-même, j'appelle ça de la maltraitance. C'est fatigant, c'est-à-dire, oui, on t'amène, tu seras fatigué et toi-même, tu partiras.

Voilà, c'est ce qu'ils sont en train de faire. Moi, je pense qu'ils sont mal tombés parce qu'ils ont été en face de Rachel Keké, qui a mené une lutte pendant 22 mois, qui ne les a pas lâchés et je ne les lâcherai pas.

7:26
Présentateur

Oui, et vous, vous parlez donc de punition. La direction parle, elle, juste d'une réorganisation, qui est tout à fait normale et qu'après tout, c'était une modification du contrat parce qu'ils n'ont pas, sur Paris, selon eux, de place peut-être pour vous.

7:41
Rachel Keke

Moi, je connais Estenne. Estenne, ils ne vont pas dire qu'ils n'ont pas d'hôtel à Paris parce que quand ils ont eu le contrat avec Ibis, mais c'est dans Paris, je connais bien Estenne. Depuis 2016, Estenne nous sous-traiteurs dans le sein de l'hôtel Ibis-les-Batignoles et que souvent, ils nous déplaçaient pour aller dans d'autres hôtels, c'est-à-dire pour qu'on a négocié cet accord, pour ne pas qu'on nous amène à plus de 40 kilomètres.

C'est-à-dire qu'au départ, quand on arrive pour travailler, quand il est midi, la gouvernante générale vient pour dire « Tu arrêtes ton boulot, tu vas dans un autre hôtel pour aller travailler parce qu'il n'y a pas de femmes, parce qu'on a besoin des femmes de chambre là-bas pour travailler. » Et ça faisait que les femmes, en plus, elles ont fait 20 chambres et qu'on vient leur dire d'arrêter d'aller encore travailler dans un autre hôtel, on trouvait que c'était de trop. Donc c'est pour ça que dans nos négociations, on a mis ce point-là. Donc, SN ne va pas dire qu'ils n'ont pas d'hôtel à Paris. Moi, c'est Hachifo. Ils ont plein d'hôtels à Paris.

Ils viennent d'avoir même un hôtel que j'ai appris à Roissy-Charles-de-Gaulle. Ils viennent d'avoir un hôtel, je ne sais pas si c'est sur les Champs-Elysées, je crois, mais ils ont plein d'hôtels à Paris. Voilà. Donc que les gens partent mener les enquêtes, ils verront qu'ils ont beaucoup d'hôtels à Paris. Donc c'est une punition. Parce que, pourquoi ils ne m'ont pas dit qu'ils n'ont pas d'hôtel à Paris ? Pourquoi ils m'ont dit que c'est parce que vous avez fait la grève qu'on a perdu beaucoup d'argent ? Donc ça sous-estime quoi, en fait ? Voilà. C'est mieux de dire non, mais on n'a pas d'hôtel à Paris.

Si les gens mettent l'enquête qu'on voit que vous avez plein d'hôtels à Paris, vous faites quoi, en fait ? Voilà. Donc c'est ce système-là que le patronat commence à faire, voilà, faire passer devant les gens non, on n'a pas d'hôtel, non. Dites que les femmes, Mme Kéké, elle a fait une grève, on a perdu beaucoup d'argent. Donc c'est une punition. Voilà.

9:28
Présentateur

Justement, parce que votre situation résonne chez beaucoup de salariés qui craignent des représailles après une activité syndicale ou politique. Et cela arrive souvent. Vous avez des échos d'autres syndicalistes ou des gens qui ont mené des combats comme ça qui, une fois, quand ils sont revenus ou au cours de leur contrat, ont subi des punitions, des représailles.

9:48
Rachel Keke

Là, je peux apporter même mon soutien à Gaëlle de La Poste, qui est, comment je peux dire, qui est poursuivre par l'employeur parce que c'est un bon syndicat qui défend les salariés. Aujourd'hui, souvent, il est devant les tribunaux. Je suis aussi le syndicat de la CGT-ASPE qui était, comment je peux dire, M. Claude Lévy et Tiziri, qu'on dit, aussi, qui sont passés devant les tribunaux parce qu'ils défendent bien les salariés. Donc, moi, à l'époque, j'étais conseiller du salarié. Mais aujourd'hui, comme quand je suis arrivé à l'Assemblée nationale, ils ne m'ont pas renouvelé renouvelé, le mandat du conseiller des salariés.

Mais je vous dis, tous les jours, il y a minimum 5 salariés qui m'appellent pour les accompagner pour un entretien qui peut aller jusqu'au licenciement. Tous les jours, 5 salariés. Donc, ça devient maintenant, comment je peux dire, de l'abus du pouvoir, de pouvoir licencier les gens parce qu'ils ont envie de licencier les gens. Je ne sais pas d'où sortent ce pouvoir-là. Donc, moi, c'est pour ça que je dis, il faut que les syndicats se mettent ensemble. Ou bien, s'il n'y a pas de syndicats pour pouvoir protéger ses salariés, mais il faut que les salariés arrêtent de travailler. Il faut que les salariés arrêtent de travailler pour mettre fin à cet acharnement-là.

Parce que tu as des enfants à nourrir, tu as un loyer à payer, c'est-à-dire que tu n'as plus de vie parce que tu as peur. Je ne sais pas si demain, si tu arrives au travail, on va te dire, arrête là. Parce que là, tu ne viens plus, arrête ton travail. Et là, c'est ce que les gens vivent au quotidien. Mais où est-ce qu'on va aller jusqu'en ce jour ?

11:18
Présentateur

Et justement, vous, dans le combat que vous menez actuellement contre votre employeur qui veut vous faire travailler à plus de 40 kilomètres de chez vous, vous êtes soutenu politiquement, syndicalement actuellement ?

11:29
Rachel Keke

Syndicalement, oui. Le syndicat qui nous a soutenus pendant notre grève, la CGTHPE, ils ne sont plus... Claude Lévy, M. Claude Lévy, il est maintenant à la retraite, mais il me soutient. Et Thiseric a dit aussi qu'il n'est plus CGTHPE, mais qu'il est Saint-Husseau. Parce que c'est elle qui fait derrière les courriers, tout ça, ils sont toujours là. Et partie politique, je profite pour remercier aussi les députés de la France Insoumise qui sont là. Il y a certains qui pensent que non, mais on t'a abandonné, on a... la France Insoumise l'a abandonnée, la France Insoumise n'est pas à ses côtés, c'est faux, ils sont là, ils me soutiennent, ils m'appellent, voilà.

Donc moi, je suis soutenu par beaucoup de personnes.

12:10
Présentateur

La question que je me pose quand je vois que finalement votre employeur vous punit, parce que c'est ce qu'il vous a dit lors de votre entretien, entre guillemets, est-ce que finalement les victoires que vous avez obtenues au moment de votre grande grève à Delibis-Batignol, c'est des victoires sur le temps qui sont finalement fragiles, puisqu'on peut malgré tout toujours vous remettre.

12:29
Rachel Keke

Oui, mais moi je dis que c'est fragile, donc il faut toujours tenir, parce que par exemple, les femmes de chambre de l'hôtel Delibis-Batignol, il y a Sylvie Kimmissat qui était la deuxième porte-parole, quand c'est Honnête maintenant qui a récupéré le site, mais c'est un combat à chaque jour avec Honnête pour que, comment je peux dire, pour que tout ce qu'on a gagné soit respecté. Et aujourd'hui, franchement, cette société respecte ce qu'on a gagné. Donc ça veut dire que quoi ? Ça veut dire, si on ne se bat pas, ce n'est pas parce que tu as gagné que tu penses qu'il faut arrêter le combat.

Parce que si tu gagnes, tu dis que tu arrêtes le combat, mais derrière, ils vont faire ce qu'ils ont envie de faire parce qu'eux, ils sont comme ça. Les patrons, c'est des vicieux. Ils font ce qu'ils ont. Ils font, comment je peux dire, ils cherchent, ils vont, ils touchent pour voir. Voilà. Donc moi, j'appelle aux gens qui travaillent, surtout les travailleurs, quand vous connaissez vos droits, ne vous laissez pas bafouer vos droits. Voilà. Il faut tenir dur parce que, comme on peut dire, si tu ne combats pas, tu n'as pas de victoire.

13:28
Présentateur

Effectivement. Et donc là, vous, vous avez le sentiment aussi qu'aujourd'hui, avec votre retour à votre travail, à votre métier, on cherche aussi à casser un peu la figure de la lutte de l'époque, histoire que vous ne puissiez justement pas pouvoir continuer à mener les combats tel que vous les mener. On cherche à casser entre guillemets Rachel Kéké.

13:49
Rachel Keke

Oui, mais je pense que c'est ce qu'ils veulent faire. C'est-à-dire, voilà, on ne veut plus d'elle, on la casse, et on la mène jusqu'à Bourré-sur-Jeune et puis, on sait, elle est fatiguée, elle est fatiguée et puis, bon, après, on la... Voilà, ça, ce n'est pas la Rachel Kéké, ça. Ce n'est pas ça. C'est-à-dire, on fait un faux calcul, il faut qu'il revoit et puis, bon, voilà, on va se retrouver au tribunal parce que le procès aura lieu le 15 juin à 13 heures. Donc, je pense que c'est le métro Lublin et le Prud'homme, le tribunal à côté. Donc, voilà, pour ceux qui veulent venir soutenir Rachel Kéké, mais qu'ils viennent.

14:22
Présentateur

Le 15 juin à 13 heures, métro Louis-Blanc pour le conseil des Prud'homme. Vous le disiez tout à l'heure, vous êtes toujours soutenu par la France insoumise. D'ailleurs, vous n'avez pas abandonné la politique pour autant, même si, comme vous le disiez, vous êtes passé pour voir un peu comment tout ça marche. Vous étiez candidate aux élections municipales à Cheville-la-Rue. Vous comptez continuer, que ce soit peut-être les municipales, bon, c'est un peu longtemps, mais il y a les législatives qui pourraient arriver en 2027. Vous êtes toujours sur ce terrain-là ?

14:51
Rachel Keke

Je ne peux pas dire que je ne peux pas abandonner la politique parce que, comme j'ai dit aux gens, il faut que les gens s'intéressent à la politique parce que c'est quand tu t'intéresses à la politique que tu comprends beaucoup de choses qui se passent au sein de la politique parce que, dans ce que nous sommes, je peux dire, dans ce pays où nous sommes, si tu ne t'intéresses pas à la politique, tu deviens naïf, en fait. Donc, la France insoumise m'a donné la chance, comme je peux dire, parce que j'attends souvent dire, non, on l'a utilisé, on l'a manipulé. Moi, personne ne peut m'utiliser, personne ne peut me manipuler.

Je ne suis pas un enfant, je sais très bien ce que je fais, mais je remercie parce que, étant femme de Chambcey, aujourd'hui, je suis rentrée dans l'histoire française parce qu'il faut dire, c'est qu'il y a eu un parti qui m'a donné cette chance-là. Et je remercie ce parti-là. Pour cette chance qu'ils m'ont donnée, j'ai gagné les élections. Et on a vu comment ça fait le bruit, tout ça, dans ce monde. Oui, je peux dire dans le monde. Donc, je remercie ce parti et même aussi qui a donné la chance aux municipales, à beaucoup de personnes qui sont aujourd'hui conseillers municipales.

Donc, on ne va pas dire aujourd'hui, taper sur ce parti pour dire, non, on l'a abandonné, non, on ne m'a pas abandonné. Au contraire, c'est les Français qui n'ont pas voté. Voilà. Parce que s'ils avaient voté, ils allaient avoir beaucoup de personnes qui les représentaient soit dans les municipales ou bien, comment je peux dire, à l'Assemblée nationale. Il faut que les Français votent ceux qui les ressemblent et qui peuvent défendre leur cause. Donc, je continue la politique parce que maintenant, pour les législatives, je ne sais pas, mais pour l'instant, je continue, je suis dedans. Là, il y a les présidentielles qui arrivent l'année prochaine.

Il faut bien soutenir le candidat, je ne sais pas si c'est Jean-Luc Mélenchon ou bien je ne sais pas c'est qui, mais il faut soutenir et je serai sur le terrain pour porter la voix de la France insoumise pendant les élections présidentielles.

16:39
Présentateur

Justement, sur la France insoumise et ce qu'on a pu voir lors des élections municipales, j'ai le sentiment, moi, que votre élection en 2022 a permis peut-être aussi aux gens de se dire que c'était possible, en fait. Vous êtes arrivée quand même, vous êtes une femme de chambre qui est arrivée à l'Assemblée nationale. Vous l'avez dit, c'était quasiment historique. Je pense que vous êtes la seule et l'unique dans l'histoire de France. Et ça a pu, aujourd'hui, emmener à ce que d'autres élus, maires cette fois-ci, pour beaucoup d'entre eux a été soutenue par la France insoumise. Vous avez le sentiment d'avoir participé à ce chemin de l'histoire.

En fait, vous avez mis un pavé qui d'autres, après on a jeté d'autres pavés qui font qu'en fait, il y a de plus en plus de gens qui se peuvent se sentir représentés aujourd'hui dans la politique française.

17:24
Rachel Keke

Moi-même, déjà même, je ne savais même pas que les gens allaient dire « Ah, merci, madame, qu'est-ce qu'on peut ? » C'est les gens même qui viennent me dire, qui viennent me dire que, souvent ils me demandent « J'ai envie de rentrer dans la politique, j'ai envie de faire de la politique. » Il y a d'autres qui me demandent « Je vais devenir député. Comment est-ce que ça se passe ? » Donc, il y a d'autres qui disent « Ton histoire, c'est-à-dire ton histoire, nous donnent cette force de dire « Tout est possible. » Tout est possible.

Et j'ai vu, surtout quand je vois, par exemple, je peux dire à Saint-Denis, les jeunes qui sont au conseil municipal, qu'on leur échappe, mais c'est une fierté, pour dire que la politique ouvre les portes. Quand tu t'intéresses et quand tu fais un bon choix, tu avances dans la vie. Donc, mon histoire a ouvert beaucoup de portes ou bien mon histoire a donné beaucoup de force, si je peux dire, à beaucoup de personnes de croire pour dire « Un jour, tout est possible. » C'est-à-dire de ne pas abandonner, de ne pas être découragé. Même si c'est dur qu'on se bat, on peut y arriver.

18:22
Présentateur

Merci beaucoup, Rachel Kéke, d'avoir été avec nous aujourd'hui. On va suivre de près la suite de votre affaire au Prud'homme par rapport à votre employeur qui n'a pas voulu respecter un accord qu'il avait lui-même signé. qui disait que vous ne deviez pas travailler à plus de 15 kilomètres de chez vous. Donc, on va suivre ça de près. Merci d'avoir été avec nous. Merci beaucoup. Merci. On enchaîne avec le second entretien de ce journal des luttes et on va parler de Stellantis. Le 16 avril 2026, la direction de Stellantis a officialisé l'arrêt définitif de l'assemblage automobile à l'usine de Poissy après 2028, bien que le site soit reconverti vers des activités de support, de déconstruction.

Les syndicats dénoncent une casse de l'emploi et une fermeture déguisée, craignant une réduction drastique des effectifs passés de 2000 à environ 1200 salariés. Il y a quelques jours, les salariés ont fait grève et se sont rassemblés à Poissy. Mon collègue André Manivite était sur place. Reportage.

19:20
Locuteur 2

Aujourd'hui,

19:41
Présentateur

on se rassemble et on manifeste,

19:42
Locuteur 4

on s'est mis en grève parce que suite aux annonces de la direction de Poissy, on n'aurait plus de nouveaux véhicules à produire sur le site et qu'à la place, on aurait des activités qui aura comme impact une case de l'emploi à hauteur de 900 ouvriers.

19:54
Locuteur 7

Aujourd'hui, cette activité annexe fait peur à tout le monde dans le sens où nous avons des personnes aujourd'hui qui resteront forcément sur le carreau.

20:05
Présentateur

On fabriquerait plus de voitures après l'Opel Mocha et la DS3 Crossback, c'est fini, on ne fabrique plus de voitures. Quand on arrête la fabrication et la production d'automobiles, c'est la fin, c'est la fermeture. Ah ouais, ce n'est pas une ligne, c'est... Oui, on ne fabrique plus de voitures, c'est toute l'usine. Et nous entendons des politiques aux ordres du capital, aux ordres de la finance, comme madame la maire de Poissy, dire, nous soulageons qu'il n'y ait qu'un millier d'emplois supprimés.

Et nous, à la CGT, nous refusons ce constat, nous refusons de négocier la régression sociale et la casse sociale parce que derrière, en plus, ce sont des venteurs quand ils disent qu'il n'y aura qu'un millier.

20:47
Locuteur 7

Ce sont des venteurs quand ils disent qu'il n'y aura pas de licenciement sec. Quand ils annoncent 1200 emplois, c'est faux et archi faux. C'est faux et archi faux et on le sait et aujourd'hui, la direction ne nous donne pas de réponse concrète.

21:02
Présentateur

Ça fait plus de 30 ans qu'on a passé notre carrière ici et on n'a pas l'âge de partir à la retraite. Donc, c'est un coup dur.

21:09
Locuteur 10

Pour moi,

21:36
Locuteur 7

c'est un éternel recommencement puisque je viens d'une usine qui a fermé. J'étais à l'usine d'Aulnay et donc, on nous a vendu de la poudre à Perlin-Pin-Pin pour venir travailler ici. On a fait confiance et au final, c'est un éternel recommencement. Moi, je pense que les choix qu'avait fait à l'époque Tavares, il s'est littéralement planté en fait. Il s'est littéralement planté. C'est lui qui nous a amenés à tout ça.

22:17
Présentateur

Après le reportage que nous venons de voir sur la détermination des salariés de l'usine Ceylantis de Poissy, je suis avec Jean-Pierre Mercier, figure emblématique de la lutte syndicale sur ce site. Bonjour Jean-Pierre Mercier, merci d'être avec nous. Bonjour. On voit une colère, on vient de le voir, une colère qui ne retombe pas depuis l'annonce le 16 avril dernier par la direction de l'arrêt définitif de la production automobile sur le site à l'horizon de 2028, je le disais. Qu'est-ce qui a fait cette fois-ci déborder le vase ?

23:03
Locuteur 2

Ce qui a fait déborder le vase, c'est l'annonce officielle de la part de la direction de décider d'arrêter de fabriquer des voitures sur le site de Poissy parce que ça fait plus de deux ans qu'en tout cas au niveau de Sud, on dénonçait ce projet. à l'époque, on s'était fait malmener par la direction, traiter d'irresponsable, d'inconscient, qu'on voulait mettre le feu à l'usine, qu'on voulait fermer cette usine, que bien sûr que non, il fallait travailler le mieux possible, faire de la qualité et qu'en étant rentable, on allait avoir un nouveau véhicule. Bref, durant deux ans, ça a été mensonge sur mensonge de la part de la direction.

Juste pour une petite anecdote, elle avait livré à l'ensemble des organisations syndicales soi-disant une étude qui avait été finalisée pour un nouveau atelier de peinture. Il faut savoir que la peinture qu'on a aujourd'hui sur Poissy, elle est trop vieille pour démarrer un nouveau véhicule. Donc pour avoir un nouveau projet, un nouveau véhicule, il fallait une nouvelle peinture.

Pas de souci pour la direction et voilà qu'elle nous présente des études complètement finalisées et vous allez voir ce que vous allez voir et puis patatras, les masques tombent et donc ce 16 avril, elle annonce l'arrêt de la fabrication de voitures sur Poissy qui pour nous signe réellement la fermeture de l'usine, sa volonté de fermer l'usine et pour nous c'est inacceptable.

24:33
Présentateur

Justement, ce sentiment d'abandon des salariés vis-à-vis de la direction est très fort. Certains ont même l'impression d'un éternel recommencement, on l'entendait dans le reportage, notamment ceux qui travaillaient auparavant sur le site d'Aulnay.

24:44
Locuteur 2

Dont j'ai fait partie, j'ai travaillé pendant 18 ans dans l'usine d'Aulnay-Sous-Bois, on s'est battus contre la fermeture de cette usine durant deux mois, donc quatre mois de grève non-stop, ça a été une bataille qui a été rude, on n'a pas empêché cette fermeture d'usine mais on est partis avec des droits, des concessions de la part de la direction qui étaient appréciables mais il n'y a pas que Aulnay, il y a aussi des camarades qui étaient à Aulnay qui ont atterri à l'usine de Saint-Ouen qui a fermé il y a quelques années, elle aussi, et donc qui se retrouvent à Poissy.

Donc pour certains, c'est vraiment une histoire qui bafouille à chaque fois avec le même mensonge, la même propagande mensongère de la direction jusqu'à temps que les masques tombent et là, on se retrouve devant un bras de fer à mener, un rapport de force à instaurer à l'intérieur de l'usine mais pas que à l'intérieur de l'usine parce que j'ouvre une petite parenthèse mais c'est une véritable saignée sur l'emploi qui est en train de se préparer.

2000 emplois toutes catégories professionnelles confondues à l'intérieur de l'usine plus 300 sous-traitants mais c'est au-delà de l'usine de Poissy des milliers de travailleurs qui travaillent dans les équipementiers chez les sous-traitants qui nous fournissent les pièces pour fabriquer cette Opel Mocha qui eux sont directement menacés de mort de perdre leur boulot avec l'arrêt de la fabrication de voitures.

Donc c'est pour nous un enjeu énorme à la fois de mobiliser à l'intérieur de l'usine mais aussi il va falloir qu'on s'adresse à l'extérieur de l'usine évidemment chez les équipementiers mais pas que chez nos camarades de Renault-Flin chez les autres camarades de Stellantis et puis à tous les travailleurs dans le pays aujourd'hui qui sont menacés de licenciement et de fermeture d'usine.

26:35
Présentateur

Et quelles sont vos revendications concrètes aujourd'hui justement face à cette direction vous attendez quoi ?

26:43
Locuteur 2

Nous on ne veut pas crever avec la fin de la Mocha on connaît parfaitement cette direction vous évoquiez à l'instant l'annonce de la fermeture d'Olnay-sous-bois à l'époque en 2013 2012 2013 2014 il faut se rappeler que cette direction a menti devant la France entière pendant deux ans en disant que cette fermeture n'était pas d'actualité donc c'est une direction qui de toute façon va mettre en pièce l'ensemble des emplois et nous ce qu'on veut c'est ne pas mourir ne pas crever avec la fin de l'Opel-Mocha ça veut dire obtenir de la part de la direction et des pouvoirs publics des garanties nécessaires sérieuses en fonction de l'âge et de la situation personnelle de chacun d'entre nous à la fois de ceux de Stellantis mais aussi des équipementiers et des sous-traitants qu'on puisse continuer à faire vivre nos familles après la fin de l'Opel-Mocha un certain nombre de syndicats préfèrent discuter projet industriel nouveau véhicule ou pas ces histoires de reconversion de transformation de l'usine nous on est prêt à discuter de ça une fois qu'on a obtenu la garantie qu'on ne va pas crever après la Mocha parce que sinon c'est trop facile on l'a vécu avec l'usine de Aulnay-sous-Bois où la promesse de la direction la main sur le cœur c'était 1500 emplois qui devaient sortir de terre de ce site d'Aulnay-sous-Bois il y a eu zéro zéro pointé alors on n'a pas envie de revivre la même histoire nous on veut des garanties d'abord et avant tout et après on discute de tout ce qu'ils veulent mais d'abord des garanties pour qu'on puisse continuer à faire vivre nos familles

28:24
Présentateur

comment on le disait peut-être un peu en introduction mais le site de Poissy est un site historique de Stellantis comment se traduit justement le rapport de force que vous pouvez avoir par rapport à la direction de Stellantis est-ce que vous avez le sentiment que dans ce combat que vous menez il y a une ouverture de la part de la direction suite au peut-être par rapport au rapport de force que vous pouvez instaurer

28:48
Locuteur 2

pour l'instant la direction est fermée fermée obtue à toute ouverture de discussion même d'envisager de discuter pour vous dire alors on a une direction c'est un patron de combat c'est un patron qui est très politique qui est bien conscient des enjeux sociaux et politiques d'une telle fermeture d'une usine de fabrication de voitures et aujourd'hui je le dis sincèrement on n'a pas encore le rapport de force pour la faire reculer mais on est en train d'y militer on est en train d'y travailler on milite pour ça et vous savez si je me souviens de l'usine d'Aulnès-sous-Bois il a fallu 18 mois de travail acharné d'énergie déployée auprès des travailleurs de l'usine pour qu'enfin le rapport de force le bras de fer s'engage et qu'on puisse le remporter d'une manière ou d'une autre donc là on est vraiment au début de l'histoire mais ça fait deux ans qu'on travaille qu'on milite et pendant ces deux ans on n'a pas rien fait on a été d'abord on a dénoncé ce projet de fermeture ce projet d'arrêt de fabrication de voitures et puis on a été contacter les sous-traitants qui sont à portée de voiture j'ose dire c'est les camarades de Forvia à Meru dans l'Oise qui eux sont conscients qu'à partir du moment où la voiture s'arrête d'être fabriquée à Poissy eux ils meurent les camarades de Lyre une boîte américaine un sous-traitant américain qui nous fournit les sièges qui est à Airblay dans le 95 les camarades de MC Synchro qui nous fournissent les roues à Chanclou-les-Vignes c'est des centaines de salariés qu'on a contactés durant ces deux ans on a tissé des liens certains étaient à la manifestation le 23 avril à Poissy et nous notre ambition notre objectif c'est de marcher ensemble ceux de Stellantis et ceux des sous-traitants équipementiers notre force c'est notre nombre mais surtout c'est notre capacité à s'organiser à s'unir et à s'adresser au plus grand nombre et je vous assure que dans le pays aujourd'hui des travailleurs qui sont menacés de licenciement ou de fermeture d'usines il y en a la CGT l'a dénombrée elle l'estime à près de 300 000 en France donc on a des alliés potentiels qui sont dans le pays ça c'est certain et c'est cette solidarité

31:05
Présentateur

qui vous permet en tout cas de maintenir le moral des troupes parce que quand on fait grève parfois justement ça peut peser sur les bulletins de paye c'est cette solidarité qui maintient un peu les combattants en tout cas les salariés qui veulent combattre pour leurs droits

31:18
Locuteur 2

bien sûr le moral quand on est un travailleur à Stellantis ou chez un équipementier qui travaille pour Stellantis Stellantis c'est puissant c'est un mastodon international de construction automobile ils ont l'état français derrière eux ils ont les banques ils ont la solidarité des patrons donc ce qui peut maintenir le moral chez les travailleurs c'est justement que dans ce camp là on est une politique on est des perspectives on est des objectifs et surtout qu'on fonctionne démocratiquement vous savez on dénonce toute cette division syndicale qui est un véritable poison chez les travailleurs dans le monde syndical qui met des bâtons dans les roues qui met un frein à la mobilisation donc ce qu'on défend comme idée c'est qu'il faut que les travailleurs ne se passent pas de syndicats c'est pas ça notre souci mais qui s'organisent eux-mêmes concrètement qui ne comptent que sur eux-mêmes avec l'aide ou pas des syndicats qui voudront les soutenir mais qu'ils aient leurs propres politiques leurs propres objectifs leurs propres revendications qu'ils ont décidé démocratiquement eux-mêmes dans l'atelier et puis qu'ils marchent ensemble et dans ces moments-là c'est là où le moral est le plus grand et où il y a beaucoup d'opportunités qui s'ouvrent à eux et c'est là où on peut changer bien des choses

32:41
Présentateur

Jean-Pierre Mercier merci d'avoir été avec nous on va suivre ça de très près suivre votre combat merci de nous avoir permis d'avoir un peu plus de lumière sur ce qui se passe à Stellantis Poissy merci beaucoup et merci pour votre invitation au revoir avec plaisir au revoir le secteur de la santé est en souffrance tout le monde le sait et le manque de personnel est criant dans nos hôpitaux pourtant paradoxalement c'est une école d'infirmières qui est aujourd'hui menacée de disparition l'IFSI de la Croix-Saint-Simon une institution historique est menacée de fermeture suite à la liquidation judiciaire de la fondation qui l'abrite pour les étudiants c'est l'avenir la vocation et des années d'études qui pourraient s'effondrer du jour au lendemain pour nous parler de ce combat qu'elle mène avec détermination pour sauver leur formation nous sommes en ligne avec Philomène membre du collectif d'étudiants opposés à cette fermeture bonjour Philomène et merci d'être avec nous bonjour ma première question c'est savoir justement que signifie concrètement pour vous et vos camarades de promotion le risque de perdre votre école du jour au lendemain

33:45
Locuteur 1

pour le moment c'est beaucoup d'incertitudes parce que nous on a appris ça il y a des dates un peu dans le paysage la possibilité que des repreneurs se positionnent peut-être le 15 juin que ce soit ensuite validé au mois d'octobre mais la réalité c'est que nous on ne sait pas si on pourra rentrer en septembre on sait qu'on peut finir l'année mais on ne sait pas si on va pouvoir poursuivre il y a des lycéens qui sont en train de candidater sur Parcoursup pour cette formation et qui ne savent pas si en septembre ils vont pouvoir étudier donc c'est déjà beaucoup d'incertitudes et de questionnements la fermeture de la formation

34:17
Présentateur

oui vous n'avez pas vous n'avez pas d'information de la part de la direction ou des responsables de l'établissement pas plus que ça

34:22
Locuteur 1

non la réalité c'est qu'on nous a dit il y a six mois vous inquiétez pas c'est un redressement judiciaire mais ça n'affectera pas vos études et on se retrouve six mois plus tard à apprendre par nos enseignants on l'a même appris parce qu'en fait il y a deux IFSI dans la Croix-Saint-Simon et on a appris à l'autre école d'infirmières que nos formations étaient en train de fermer ils n'étaient même pas au courant on voit qu'on n'est pas un sujet pour eux et que la seule question c'est de voir ben voilà comment ils vont pouvoir sauver une partie des meubles et une partie des sous mais que la question de notre avenir de comment on va pouvoir étudier dans quelles conditions etc c'est pas quelque chose qui est en train de les préoccuper pas du tout

35:00
Présentateur

justement quel signal ça envoie selon vous de fermer une école d'infirmières justement en pleine période de tension dans nos hôpitaux

35:07
Locuteur 1

ben nous on pense que c'est un signal catastrophique parce que c'est ça qu'on veut dire en se mobilisant c'est qu'à la fois nous on veut pouvoir continuer à étudier ensemble dans nos promotions etc mais on pense aussi au fait que c'est 850 étudiants parce que c'est des écoles d'infirmières des écoles d'aides-soignantes de travailleurs sociaux de pueréquitrices et qu'en fait c'est autant d'étudiants qui ne rentreront pas ensuite dans les hôpitaux dans tous les services de soins etc et qu'on pense que c'est une catastrophe il y a un appel à l'aide depuis les hôpitaux on le sait même en étant juste en stage en école d'infirmière où on voit l'état de l'hôpital on voit l'état des structures et on se dit que c'est un signal qui montre que le système est en train de marcher totalement sur la tête

35:47
Présentateur

Aujourd'hui justement vous vous battez pour sauver votre formation quelles sont les garanties ou les solutions que vous demandez concrètement aux autorités pour ne pas avoir votre cursus sacrifié ?

35:57
Locuteur 1

Nous on voudrait devenir public parce que là du coup c'est une structure qui est privée il n'y a pas que nous derrière c'est aussi un hôpital mère bébé des EHPAD 35 crèches beaucoup de parents qui doivent être inquiets pour leurs enfants en ce moment etc et en fait on pense que ce n'est pas normal que ce soit le soin ou que ce soit la formation ça ne peut pas rapporter de l'argent ça ne fonctionne pas pour ça donc nous on veut pouvoir être public pour pouvoir étudier correctement rejoindre les nombreux IFSI publics être attaché à un hôpital être attaché à un autre des IFSI qui existent déjà mais surtout ne pas fermer et ne pas être dispatché n'importe où ça c'est quelque chose qui compte énormément pour nous et on pense que c'est aussi le signe qu'il faut lutter contre la privatisation que ce soit dans les écoles ou que ce soit dans les hôpitaux on a besoin de conserver nos lieux de soins l'accès à la santé c'est un truc qui est essentiel

36:45
Présentateur

Votre pétition parce qu'il y a une pétition qui a déjà mobilisé de nombreuses personnes quel message souhaitez-vous faire passer aujourd'hui sur notre antenne à ceux qui nous regardent et qui se demandent pourquoi il est important de soutenir votre combat aujourd'hui ?

36:57
Locuteur 1

Je pense qu'on passe tous à l'hôpital à un moment donné dans notre vie si ce n'est pas nous c'est nos proches on a besoin d'infirmières vous allez avoir besoin de nous et là pour le moment c'est nous qui avons besoin de vous pour pouvoir sauver notre école pour pouvoir continuer à étudier donc soutenez-nous partagez la pétition partagez notre combat pour qu'on puisse continuer nos études et que notre école d'infirmière elle devienne publique

37:19
Présentateur

Merci beaucoup Philomène on le rappelle on mettra le lien de votre pétition dans la description de cette vidéo on va suivre ça à de près en tout cas on reste informé et on vous appellera si jamais il y a des évolutions sur ce dossier-là merci d'avoir été avec nous

37:34
Locuteur 7

Merci

37:36
Présentateur

Le 11 avril dernier 300 personnes se sont rassemblées contre un projet d'extension d'une carrière de sable sur la commune des Aleudes une extension qui pourrait s'accompagner de la mise en place d'une retenue d'eau une méga bassine de 350 000 mètres carrés une double peine aux yeux des manifestants qui répondaient à l'appel de la Confédération Paysanne et de la CGT pour demander l'arrêt du projet d'extension de la carrière de l'accaparement de l'eau au profit d'une minorité d'agriculteurs et d'un modèle agricole productiviste qui répond avant tout à des enjeux économiques notre correspondant Théo Perron a rencontré les manifestants reportage

38:17
Locuteur 4

On voit bien qu'il y a une spirale infernale et que les agriculteurs sont les premières victimes

38:21
Locuteur 8

C'est une mobilisation d'informations au sujet d'un projet La thème officielle c'est la réserve de substitution avec prélèvement hivernal dans la nappe et dans les cours d'eau ce qu'on appelle de manière un peu plus médiatique une méga bassine qui serait sur la commune des Aleux à côté de Brissac

38:51
Locuteur 10

Nous nous plaidons

39:02
Locuteur 8

pour une agriculture avant tout locale et nourricière avec une priorité d'irrigation sur les cultures vivérières Le projet de développement est principalement axé sur la production d'exportation et de maïs semences et ça c'est pas du tout un modèle que nous on veut voir continuer Nous ce qu'on aimerait avant tout c'est vraiment au delà de la bassine qu'il y a un débat sur l'utilisation de l'eau et sur le modèle d'agricole qu'on défend et sur la question de ces filières longues d'exportation qui en ce moment sont en train en plus avec le contexte de tensions internationales de profiter de cette situation pour parfois se développer donc je n'accuse personne localement en disant ça mais c'est c'est une problématique à avoir en tête néanmoins et je pense aussi qu'au delà de mobilisations éventuelles à venir contre la bassine ce qu'on appelle surtout c'est une mobilisation globale sur tous les tous les sujets agricoles et les sujets de partage de ressources

40:09
Locuteur 10

Est-ce que vous êtes content d'être sur du bitume ? Non ! Eh bien montrez !

40:38
Locuteur 3

Une démarche de continuité notamment avec l'interpellation qu'a fait la CGT et nous on l'a fait dans le département sur aux candidats justement des élections municipales parce que sur plusieurs revendications qu'on a et notamment sur tout ce qui est la gestion de biens communs que ça soit l'eau, l'énergie pour l'avenir en fait de manière à ce que ça ne soit pas une politique qui soit captée uniquement par certains détenteurs de capitaux comme là actuellement des entrepreneurs pour capter des richesses en fait qui sont normalement à partager qui ne sont même pas à partager en fait elles appartiennent à tous donc elles ne doivent pas être la propriété et source d'intérêt parce qu'en fait aujourd'hui c'est ça donc et là là dessus on rejoint la confédération paysanne parce qu'on est vraiment pour une autre société que celle gérée par le capital

41:31
Locuteur 4

Voilà et puis on est aussi inquiet aujourd'hui de ce qui se passe dans le monde agricole la production intensive avec la course à l'exportation qui au départ est sur engrais chimiques pesticides herbicides les conséquences sur la faune sur la biodiversité mais aussi sur les salariés et les consommateurs elle est très inquiétante donc on pense qu'il y a un virage à opérer et on parlait des biens communs on est sur le service de la sécurité sociale alimentaire donc un service public au service de tous au service déjà des salariés qui travaillent dans le domaine agricole mais au service de tous les consommateurs et des collectivités en sachant que la problématique de l'eau même si on n'a pas atteint des seuils critiques sur notre région là cette année on n'est quand même pas entre guillemets avec des gros taux de pluie-métrie donc les collègues de la confédération paysanne ils le soulignent on a besoin d'adapter les cultures à ces changements climatiques or là ce qu'on observe c'est du maïs avec irrigation à 24h sur 24 donc ça n'a pas de sens et ça mettrait en péril d'une part l'alimentation en eau potable des collectivités et puis tous les autres secteurs d'activité agricole mais aussi il y a d'autres secteurs d'activité comme l'industrie et tout qui ont besoin d'eau donc voilà on est sur les biens communs on est sur une gestion collective de l'eau donc c'est pour ça qu'on alerte les élus sur le fait qu'il faut être vigilant là-dessus et il ne faut pas se faire accaparer que ce soit des matériaux ou des terres pour ça il faut vraiment

43:17
Locuteur 3

un autre choix politique et c'est là-dessus qu'on allait c'est vraiment qu'il faut que ça soit déjà il faut de la transparence et il faut vraiment que ça soit mis en commun et pas de la captation comme là l'exemple d'aujourd'hui c'est vraiment la méga-bassine pour de la captation pour de la production intensive et il faut plutôt réfléchir plutôt que la production de maïs et ces choses il y a d'autres productions qui peuvent être mises en place moins gourmands dans nos on sait qu'on est dans un changement climatique donc il faut aussi réfléchir à tout pour pouvoir préserver aussi les générations futures et pas puiser dans les nappes phréatiques et appauvrir encore plus nos sols donc parce que nous on est aussi ça touche toute la population les travailleurs donc on va tous subir ces choix politiques aujourd'hui donc les élus quels qu'ils soient à quelques niveaux il y a toute une réflexion politique à avoir sur tout ce qui est bien commun et elle ne doit pas être faite par des détenteurs de grosses entreprises pour de la captation à titre personnel de leur entreprise et de leur exploitation là on est avec la Confédération Paysanne parce que la Confédération Paysanne elle est bien sur de l'agriculture raisonnée biologique et avec un projet qui est comme celui qu'on peut porter à la CGT qui est sur vraiment le partage le partage des richesses et dans le bien de tous pour préserver l'avenir et c'est ce qui est le plus important

44:45
Locuteur 10

la difficulté en fait

44:54
Locuteur 5

c'est qu'on rentre dans un système où forcé par la FNSEA de plus en plus le modèle agricole c'est un modèle qui se base sur toujours produire de plus en plus on est sur un modèle avec des grandes structures et grandes structures de cultures qui demandent de l'eau et plutôt que de s'adapter aux dérèglements climatiques on essaye d'adapter les outils aux besoins d'une agriculture qui ne tient plus la route donc pour l'agro-industrie qui exporte et bien on estime avoir besoin de plus en plus d'eau et donc on crée des méga-vaccines qu'on va remplir en pompant dans les nappes phréatiques et donc ces nappes phréatiques alors qu'elles sont censées nourrir l'ensemble des habitants qui habitent au-dessus de la nappe et bien du coup les quelques agriculteurs qui pompent dans la bassine enfin dans les nappes pour remplir leurs bassines irriguent de manière très importante quelques terres ou quelques cultures qui vont à l'exportation

45:54
Locuteur 3

aujourd'hui une méga-bassine qui va capter parce que c'est ça en fait on capte les ressources naturelles pour on sait de l'agriculture qui est énergivore et qui en plus ne respecte pas l'environnement donc oui ça peut enfin je vois pas en quoi ça peut être bien pour tous donc oui on va droit dans le milieu avec ce genre de production

46:17
Locuteur 4

on voit bien qu'il y a une spirale infernale et que les agriculteurs sont les premières victimes on voit bien le nombre de manifestations avec des agriculteurs qui arrivent pas à vivre de leur secteur nous on est bien pour la sécurité sociale alimentaire on est pour le développement des AMAP au plus près de la population on est pour le développement du bio dans la restauration collective on pense que ça ça a du sens mais que ça doit être accompagné par la puissance publique et on est très content qu'il puisse y avoir davantage de coordination entre les différents acteurs que ça soit syndicaux associatifs sur ces enjeux là

46:48
Présentateur

ne lâchez surtout rien la bataille va être longue et difficile soyez très attentifs à tout ce qui se passe et de toute façon on vous apporte notre soutien plein et entier on passe maintenant à l'agenda pas de nazis dans Paris c'est le mot d'ordre d'une manifestation qui aura lieu le 9 mai prochain les collectifs Marche des Solidarités et Antifa Paris 20 ainsi que d'autres organisations politiques et syndicales organisent une marche en opposition à celle du comité du 9 mai un groupuscule d'extrême droite depuis plusieurs années maintenant des néo-nazis défilent à Paris pour rendre hommage à Sébastien Desieux militant nationaliste de 22 ans tombé d'un immeuble en mai 1994 alors qu'il tentait d'échapper à la police lors d'une manifestation interdite à Paris l'an dernier ils étaient un millier à défiler dans le 6ème arrondissement cette marche s'était conclue par des saluts nazis cette semaine dans notre émission Toujours debout nous recevons ceux qui organisent cette contre-manifestation pas de nazis dans Paris Merci à vous d'avoir suivi cette édition le JDL c'est fini pour cette semaine on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro n'oubliez pas de nous soutenir sur tnt.lemediatv.fr nous sommes actuellement en pleine candidature pour la TNT Île-de-France et on a besoin de votre soutien je vous souhaite de passer une très belle journée sur le média et je vous laisse avec la suite de nos programmes Sous-titrage Société Radio-Canada