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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 6 septembre 2017 5 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Martine Aubry : "Aujourd'hui on y voit clair sur le mauvais départ du Président de la République"

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    sur des garanties au moins équivalentes. Qu'est-ce que ça veut dire ?

  • 0:02FerméeRéponse partielle

    Ça veut dire, je vous donne un peu plus, par exemple, 1% de plus sur votre assurance maladie, mais je mets des CDD de 2 ans. Est-ce que c'est équivalent ou pas ?

  • 0:11RelanceRéponse partielle

    Rien n'est prévu comme contrôle. Auparavant, il y avait le contrôle du juge, quand il y avait la commission paritaire des branches.

  • 0:31RelanceRéponse partielle

    Et moi, je ne comprends pas que des ministres de l'économie, je pense aux deux ministres de l'économie et des comptes, qui se battent pour la concurrence, fassent là une mauvaise concurrence.

  • 1:18OuverteRéponse directe

    Mais Martine Aubry, il aurait fallu faire quoi ? Parce que jusqu'à présent, on a un chômage de masse, beaucoup de choses ont été essayées, mais pas ça.

  • 1:32ComplaisanteRéponse partielle

    Ah ça pourrait être profond, c'est profond.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « Si on reprend certains droits et qu'on en rend d'autres, ou qu'on en imagine d'autres, on estime que la balance est égale. Oui, mais personne ne mesure cette équivalence. »
  • 1:26Invité politiqueFait
    « on a un chômage de masse, beaucoup de choses ont été essayées, mais pas ça. Ça on peut au moins le mettre au crédit d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, il y a une réforme profonde. »
  • 2:31PrésentateurFait
    « Il faut mettre en place la sécurisation des parcours. »
  • 3:12Invité politiqueFait
    « la gauche est dans un piteux état aujourd'hui, notamment le parti socialiste. »
  • 4:04Invité politiqueFait
    « C'est un groupuscule social-démocrate, le PS, aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Présentateur88 %
  • Martine Aubry12 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

sur des garanties au moins équivalentes. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire, je vous donne un peu plus, par exemple, 1% de plus sur votre assurance maladie, mais je mets des CDD de 2 ans. Voilà. Est-ce que c'est équivalent ou pas ? Rien n'est prévu comme contrôle. Auparavant, il y avait le contrôle du juge, quand il y avait la commission paritaire des branches. Là, on nous dit qu'une convention d'entreprise, dès lors que les jugés équivalents, pourra remettre en cause. Il y a les salaires minimaux là-dedans.

0:23
Martine Aubry

Si on reprend certains droits et qu'on en rend d'autres, ou qu'on en imagine d'autres, on estime que la balance est égale. Oui, mais personne ne mesure cette équivalence.

0:31
Présentateur

Et moi, je ne comprends pas que des ministres de l'économie, je pense aux deux ministres de l'économie et des comptes, qui se battent pour la concurrence, moi aussi je me bats pour la concurrence, fassent là une mauvaise concurrence. Car dans le fond, au-delà de la loi qui fixait, j'allais dire, puisqu'aujourd'hui on peut y déroger dans beaucoup de domaines, qui fixait les règles applicables à tous, les conventions collectives fixaient les règles applicables dans un secteur professionnel.

pour qu'une entreprise qui joue le jeu, moi j'en ai tellement dans ma ville, des entreprises qui ne sont pas des entreprises du court terme et de la financiarisation, qui préparent l'avenir, qui jouent le jeu avec leur organisation syndicale, et bien celles-là vont être pénalisées par celles qui auront des accords dérogatoires pour appliquer des salaires plus bas, ne pas mettre en place la mensualisation, etc.

1:18
Martine Aubry

Mais Martine Aubry, il aurait fallu faire quoi ? Parce que jusqu'à présent, on a un chômage de masse, beaucoup de choses ont été essayées, mais pas ça. Ça on peut au moins le mettre au crédit d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, il y a une réforme profonde.

1:32
Présentateur

Ah ça pourrait être profond, c'est profond.

1:34
Martine Aubry

Mais est-ce que ça va dans le bon sens ? Est-ce que ça peut être utile ?

1:36
Présentateur

Pour moi, c'est une réforme d'arrière-garde. Voilà ce qu'il aurait fallu faire. Et j'en avais fait les propositions. Oui, il y a des domaines où il faut simplifier, je l'ai dit pour les PME, et j'en suis totalement d'accord. Il aurait fallu préparer la suite. Par exemple, réunir les délégués du personnel et les comités d'entreprise dans les petites entreprises, oui, c'est une bonne idée. Réduire même le nombre de moyens, parce que dans le fond, il y a tellement de moyens et de délégués que finalement, on ne les met pas en place. Donc, le meilleur entraîne le pire. Il aurait surtout fallu faire ce que font les pays du Nord, c'est-à-dire préparer les salariés, les mobiliser dans l'entreprise.

Comment peut-on être mobilisé quand on est précarisé ? Comment peut-on être mobilisé quand on est en permanence sous le chantage de l'entreprise qui vous dit « Attention, si tu bouges, si tu as une idée, si tu fais quelque chose, tu vas être dehors, on ne renouvelera pas ton contrat ou on va te licencier pour des raisons diverses ou variées qui aujourd'hui ne sont plus contrôlées. » Il faut mettre en place la sécurisation des parcours. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on met des règles collectives, mais à l'intérieur de la liberté. C'est ça la modernité.

Un salarié peut choisir de prendre une année de formation pour changer de métier dans son entreprise ou aller ailleurs, peut décider de partir plus tard à la retraite parce qu'il aura pris une année pour s'occuper de ses enfants. C'est ça la modernité. La modernité, ce n'est pas de précariser, ce n'est pas de revenir sur des droits collectifs, c'est de préparer des bases que s'appliquent à tous et laisser de la liberté au milieu pour mobiliser les salariés. Et puis c'est la recherche, c'est la créativité, c'est la formation.

3:11
Martine Aubry

Un mot de politique, la gauche est dans un piteux état aujourd'hui, notamment le parti socialiste. C'est l'héritage direct de François Hollande ?

3:19
Présentateur

Non, je crois qu'on ne peut pas dire ça et je pense qu'il ne faut pas commencer par dire ça. D'abord, c'est un peu paradoxal. On n'a jamais eu autant besoin de la gauche pour répondre aux défis du monde. L'écologie, justement les droits, comment on travaille demain, l'évolution du travail, avec ce que j'ai parlé tout à l'heure de l'ubérisation, on pourrait développer. Il y a besoin de gauche, mais qui alors aujourd'hui ? Le problème identitaire. On n'a jamais eu autant besoin de gauche et elle va mal. France Insoumise va aujourd'hui mieux, mais dans la contestation.

Moi, je ne fais pas de la politique pour contester, j'en fais pour changer la vie des gens, pour me mettre les mains dans le cambouis lorsqu'il le faut. Et le Parti Socialiste, comme les Verts d'ailleurs, sont effectivement dans une vraie crise.

4:04
Martine Aubry

C'est un groupuscule social-démocrate, le PS, aujourd'hui.

4:08
Présentateur

Oui, enfin, vous savez, moi j'ai pris le Parti Socialiste, on me parlait d'un cadavre à la renverse, quatre ans plus tard, on a tout gagné. Bon, au-delà de ce qu'on pouvait espérer, le Sénat, la majorité à l'Assemblée, la présidence de la République, bien évidemment, les députés, etc. Et aujourd'hui, c'est à la renverse. À la renverse, oui, j'en suis tout à fait d'accord, mais il faut reprendre les recettes. Les premières, respecter les autres, respecter les règles. Ça n'a pas été le cas. Voilà. Encore cet été, j'ai entendu des petits mots des uns contre les autres, et le respect des règles au moment des primaires n'ont pas eu lieu. Mais surtout, refaire de la politique. Accepter le débat.

Moi, je suis rentrée au Parti Socialiste, moi qui suis une ancienne, au moment où on se battait avec le CRS et que ça allait du CRS au regard cardiaire. Mais on discutait politiquement, on portait les mêmes valeurs, et on débattait sur la façon d'y arriver. Il faut se remettre au boulot. Moi, c'est ce que j'ai fait quand j'ai pris le parti. Et je crois que c'est ce qu'il faut faire et arrêter les petites phrases des uns contre les autres, se respecter.

Martine Aubry : "Aujourd'hui on y voit clair sur le mauvais départ du Président de la République" — Martine Aubry · Pourquijevote