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interviewDanièle Obono· 5 juillet 2025 64 min

🎙️ ENTRETIEN POLITIQUE | Que faire face au racisme ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

En France, un acte raciste est signalé environ toutes les heures. En 2024, c'est pas moins de 9000 actes à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux qui ont été recensés par le ministère de l'intérieur, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023. Et ça, c'est que la partie visible.

En parallèle, on assiste à une montée historique de l'extrême droite, à une multiplication des lois sécuritaires et à la stigmatisation des quartiers populaires ainsi que des attaques répétées envers les personnes migrantes. Alors en 2025, comment est-ce qu'on lutte encore contre le racisme, la xénophobie ou les discriminations envers les personnes qui pratiquent une religion ? Pour en discuter, on reçoit sur le plateau de trait d'union la députée Daniel Obonau, député de Paris.

On va revenir ensemble sur son parcours, son engagement et réfléchir à comment est-ce qu'on construit, comment est-ce qu'on résiste et comment est-ce qu'on lutte contre le racisme et les discrimination. Et bien, bonjour Daniel, merci d'avoir accepté notre invitation. Bon, merci pour l'invitation.

Est-ce que vous pouvez nous raconter votre parcours politique ? Comment est-ce que vous êtes engageant politique et quel a été l'élément déclencheur ? Il y a pas un élément déclencheur de mon engagement.

Ça s'est fait, j'allais dire un peu au fil des rencontres. J'ai commencé à militer au lycée en me mobilisant contre l'extrême droite. Euh c'était notamment une époque où les conseils régionaux avaient des membres de l'extrême droite puisque la droite s'était allié avec l'extrême droite et donc ils avaient eu euh des élus et on s'est mobilisé avec des des camarades de classe à l'époque.

Et puis en fait voilà, de fil en aiguille, j'habitais à Montpellier et c'était la période de d'immobilisation alter mondialiste et notamment autour de José Bovet qui avait démonté des McDo et puis il y avait une mobilisation pour le soutenir et c'était je crois un an au moment du procès du coup du démontage où avec des camarades là on était allé le soutenir et on a rencontré des militants d'attaque et des militants de d'extrême gauche. Trotquist et c'est comme ça que en fait ensuite on on s'est on s'est engagé dans la vague de toutes les mobilisations alter mondialistes qui a eu dans les années 2000. Et c'était en quelle année ça ?

Année 2000 du coup ? Ouai dans les années 2000. Enfin le le procès du de du démontage du McDo par Bovet et et la confit euh c'était Oui. c'était 2000.

Je crois que c'était l'été 2000 et ensuite en arrivant à Paris, c'est voilà, c'est le je crois que la première mobilisation à laquelle on a participé à l'époque, c'était euh en décembre 2000 euh contre un sommet de un sommet de lieu à Nice, quelque chose comme ça. Les les les historiens du du mouvement altère mondialiste s'en rappelleront peut-être. Et donc c'est la première mobilisation lequelle on a participé avec Attaque et avec des militants des militants euh politiques.

Et nous on était pas militant, on était voilà des des lycéennes et devenu étudiantes qui qui se sont engagés euh dans ce grand mouvement. Et donc c'est comme ça qu'ensuite voilà on a suivi toutes les mobilisations, les mobilisations anti-guerre et qu'on a entré du coup des militants politiques. Et est-ce qu'il y a pas une personnalité politique en particulier ?

Des lectures, des discours ? Non, vraiment c'était c'était la période en fait et c'est vrai que la dimension aussi internationale de ce mouvement alter mondialiste à l'époque parce qu'en fait on s'est tout de suite engagé justement dans cette mobilisation autour des contresommets du du G7 notamment et c'est et on va dire peut-être qu'un événement marquant pour moi à l'époque c'est le sommet du G8 à Genè en 2001 et à ce moment-là C'est c'est la vraiment la période des contresommets avec des des milliers de personnes qui viennent de toute l'Europe pour empêcher la tenue des sommets avec bon un discours de remise en cause justement de de l'ordre néolibéral et à Gen cette mobilisation il y a eu la mort de d'un jeune homme qui s'appelle qui s'appelait Carlo Giuliani et qui a été tué par les policiers de de Berlusconi qui était à l'époque le premier ministre italien et qui avait mis en place Voilà, une répression de de ses mobilisations et c'est vraiment ce qui s'est joué à Gène à ce moment-là a été une des impulsions justement qui ont donner ensuite euh de de une dimension encore plus politique au mouvement alter mondialiste parce que il y a eu une mobilisation des des dizaines de milliers de personnes sont venues le lendemain pour manifester et c'est ce qui a donné aussi la dynamique en Italie euh du du premier forum social européen qui a qui qui a eu lieu ensuite l'automne suivant Et voilà, moi j'ai vraiment été formée dans cette dans cette galaxie alter mondialiste. C'est le titre d'un ouvrage auquel j'ai contribué qui parlait justement de tous ces galax mondialiste.

Ouais. OK. Et et donc voilà, c'est un c'est voilà c'est ça vraiment qui m'a beaucoup inspiré.

Et en fait dans ce mouvement là, j'avais trouve que nous avions avec les les camarades et amis qui étions impliqués dans dans ces mobilisations, rencontrer des militants politiques et c'est aussi la rencontre justement avec ces militants politiques d'extrême gauche et de découverte du du marxisme et de et de cette tradition politique qui était très mouvementiste et avec en même temps une boussole politique très claire et une voilà un corpus de référence très très solide. Donc voilà la l'articulation entre ça euh une pensée politique et un mouvement de masse et c'est vraiment ça qui m'a qui m'a formé en fait politiquement. OK.

Donc ça fait assez longtemps du coup. Ouais. Ça commence à faire.

Ça commence à faire. Et euh actuellement vous vous militez à la France insoumise. Euh pourquoi pourquoi ce choix et qu'est-ce qui qu'est-ce qui vous a mené du coup à vous engager auprès enfin dans le mouvement la France insoumise ?

C'est la continuité, moi de mon point de vue de justement ce cette cet engagement initial parce que au fil des mobilisations, au fil des des luttes, ce qui s'est passé en France, on va dire entre 2002 et 2000 et 2012, c'est justement l'expression politique de cette ce renouveau d'élisation, de la contestation du système capitaliste euh et et moi du coup je m'étais engagé dans dans les dans la gauche radicale, dans des des des petites organisations et qui participaient justement de de ce mouvement et de ces débats alors à notre toute petite échelle quoi, mais sur justement la nécessité d'en finir avec le néolibéralisme et aussi cette idée que euh notamment avec les résultats qu' avait eu en 2002 euh les candidats d'extrême gauche, il y avait un potentiel, un écho pour des des positions, voilà, radicales. et et donc c'est dans ce mouvement là justement de de de convergence unitaire que j'ai j'ai rencontré les les militants qui ensuite sont sortis du Parti socialiste à l'époque Jean-Luc Mélenchon et et c'est comme ça que voilà dans dans la dynamique de constitution alors il y a eu j'allais dire le le tournant c'est 2005 et la mobilisation contre le traité constitutionnel européen qui a donné à voir en fait ce qui était possible c'estàdire c'était des tribunes avec euh de Olivier Besancot à Jean-Luc Mélenchon et avec justement tout le palais de toutes ses forces et puis aussi une dynamique de front social et politique puisqueil y avait des associations et cetera et donc voilà c'est un peu dans cette dans dans cette accumulation, j'allais dire de d'expérience. cette accumulation qui m'a amené ensuite à rejoindre le Front de gauche d'abord euh j'étais j'étais à la LCR.

Bon, après avoir été dans des des petits groupes, j'ai été à la à la LCR justement après 2002 et le résultat de de Besanno et de voir le potentiel que ça représentait à l'époque, on parlait de l'unité des révolutionnaires et et dans la LCR, j'ai participé justement au euh au courants qui ont porté la nécessité de se dépasser, de faire le NPA et dans le NPA ensuite quand justement Jean-Luc Mélenchon et d'autres sont sortis et ont et ont proposé euh de de se regrouper autour du front de gauche, bah de rejoindre ce cadre là. On n pas été euh majoritaire sur ça et donc avec des camarades, on est sorti du NPA pour rejoindre la dynamique du Front de gauche et c'est comme ça que voilà. OK.

Donc tout naturellement, c'est Ouais. Bah voilà, naturellement je sais pas mais en fait c'est justement ce cette ces dynamiques de de mobilisation et de débat politiques qui m'ont amené du coup à à rejoindre à rencontrer tous les militants qui ensuite ont ont lancé la la France insoumise après le fron de gauche. Est-ce que vous pouvez nous raconter votre première élection ?

Donc c'était 2017. Oui, j'ai été élu une première fois en 2017. Comment ça s'est passé ?

Qu'est-ce que comment la campagne s'est passée et les premiers pas du coup à l'Assemblée nationale ? Alors, c'est ça a été euh c'était c'était particulier parce que nous on avait la la France insoumise s'est constituée donc en 2016 autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle et dès le départ euh la présidentielle et législative étaient lié puisque l'enjeu c'était d'être de gagner et d'avoir une majorité législative pour mettre en œuvre le programme. qu'il y a toujours eu cette cette euh articulation très claire entre présidentielle et législative dans la dans la démarche de la France insoumise.

Et donc voilà, moi je je faisais partie de celles et ceux qui avaient euh qui s'étaient engagé dès le départ en tant que sensibilité justement. J'étais pas membre du PG, j'étais pas membre j'étais pas membre des des de j'étais plus membre de l'AL LCR. Mais donc on s'est engagé là-dedans.

Donc on a participé à la euh à l'élaboration du programme et et au soutien à Jean-Luc Mélenchon. Et du coup, j'ai été candidate euh dans le dans le 18e et 19e abrondissement sur la 17e circonscription. Et donc on a fait voilà la campagne législative dans la dans la foulée et c'est vrai que l'élection euh j'ai été la seule député de la France insoumise élu en 2017 dans Paris.

Euh donc euh et et on était 17 et c'est vrai que ça a immédiatement aussi transformer euh enfin nous a tous transformé parce que c'était pour moi et pour une majeure partie des des du groupe à l'époque une première élection euh un premier mandat. Voilà. Et euh et avec en plus le la responsabilité donnée par le résultat de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et en fait euh nous ce qu'on a toujours dit c'est que c'est un programme qui a été porté euh et la la première confirmation en fait de de du processus qui avait été engagé depuis le Front de gauche et auquel on arrivait avec 19 % pour ce programme de la gauche radicale qui passe devant en en fait la sociale démocratie devenue sociale libérale euh ce qui a été confirmé en 2022 mais voilà 2019 c'est voilà le le sort passo que qui se fait en fait et et du coup ça nous a mis tout de suite en responsabilité vis-à-vis de du peuple de gauche, j'allais dire et au-delà parce que on s'adressait on a on s'est toujours adressé au peuple dans son ensemble au pays parce qu'on a on a cet objectif porté depuis le départ de gouverner ce pays et Du coup, on on se prépare à ça.

Le programme est chiffré et et on a mis en œuvre pendant ce mandat là justement euh à travers nos propositions de loi, à travers nos amendements et cetera, voilà, des les bases de ce que serait un gouvernement de de rupture. Donc voilà, c'est une expérience assez euh assez forte euh intense et euh voilà et transformatrice en terme de de d'apprentissage un peu. Qu'est-ce que ça veut dire ? euh de voir de l'intérieur, y compris comment fonctionnent les institutions et euh et d'apprendre voilà à être à à constituer une une direction politique parce que d' 2017 et 2022, le groupe va vraiment jouer un rôle de direction politique.

Euh et en même temps euh on on a aussi un mouvement qui se développe et qui passe de d'une d'un d'une campagne électorale. en fait un mouvement voilà qui a qui a qui a qui a un certain nombre de responsabilités. Voilà, donc il y a beaucoup de choses qui se passent à ce moment-là et de très très intense et aussi sur le fond un certain nombre de de clarifications qui nous mettent aussi dans une position singulière par rapport au reste de de la gauche.

Justement, vous disiez donc vous étiez 17 h h euh de gros enjeux, de grosses responsabilités. Comment est-ce que vous personnellement vous avez vécu votre entrée à l'assemblée ? En plus, il y a beaucoup d'oppositions à ce moment-là, aujourd'hui encore d'ailleurs entre la France insoumise.

Euh vous personnellement, comment est-ce que vous l'avez vécu ? Ben comme je dis, c'est assez euh c'est particulier parce qu'on passe de militants et militantes à euh à députés d'abord. Enfin, faut faut rentrer, faut le temps de rentrer dans la fonction.

Ça change beaucoup dans sa vie. Bah voilà, moi j'étais euh bibliothécaire euh je viens député euh et tout un coup j'ai à organiser m'organiser professionnellement de manière tout à fait différente à organiser un cabinet et puis en même temps faut répondre politiquement chaque jour en fait au aux interpellations, aux enjeux et cetera. Donc c'est ça prend du temps, ça prend beaucoup de temps euh pour trouver son euh retrouver une forme d'équilibre et construire une forme d'équilibre.

Euh c'est c'était euh aussi très violent en fait à plusieurs à plusieurs niveaux symboliquement et et euh et politiquement dans la mesure où même si on est 17 face à une Macronie qui est une qui est majoritaire qui est la majorité absolue à ce moment-là, euh on est aussi en fait la seule véritable opposition face au Macronis et du coup on fait l'objet de de toutes les attaques dès le départ en fait dès 2017 nous sommes voilà et Donc et donc voilà, c'est un c'est une situation où du coup on a une forme de d'ultra visibilité et du coup d'ultra violence dans le dans les attaques qu'on peut avoir de nos adversaires politiques d'une part, mais aussi de la sphère médiatique qui aussi dès le départ a considéré que la France insoumise devenait alors ça pas ça ça a pris une autre dimension depuis 2022 parce que comme on a confirmé en fait notre notre positionnement hégémonique en fait à gauche, ça voilà ça a pris ça a pris une autre dimension mais déjà voilà entre 2017 et 2022 on fait on fait cette expérience là et je pense que ce qui ce qui ce qui a fait que on a tenu d'abord c'est bah la solidité de nos de nos convictions et de notre de notre de nos boussoles bous politiques et puis aussi le fait que on a été un groupe euh uni euh et le cadre collectif en fait a été une protection euh protection collective et protection individuel surtout qu'on a été ciblé voilà individuellement et le fait de tenir bon ça c'est aussi quelque chose dans j'allais dire la culture insoumise euh cette cette compréhension que en fait quand on s'attaque à une personne euh c'est pas cette personne-là, c'est ce qu'elle représente. Donc du coup euh savoir bah protéger les voilà protéger les camarades et faire bloc et ce qui empêche pas d'avoir des débats ou des désaccords ou des différences d'appréciation mais voilà c'est comme ça qu'on avance et je trouve et voilà je trouve que cette expérience 2017 à 2022 y compris nous a fait aussi euh avancer sur un certain nombre de questions comme les questions antiracistes de manière euh significative et cruciale dans la période étant donné la la centralité de ces ces questionsl donc ouais c'est c'est une expérience très forte. Très bien.

Ben justement, on va rentrer dans le vif du sujet. Euh c'est quoi le racisme et c'est quoi sa place en France en 2025 ? Alors c'est quoi le racisme ?

C'est l'objet d'une formation de 3h que que je fais à au cursus renforcé de la Boessie. Donc difficile de de résumer en fait. On pourrait en parler désorma, mais j'allais dire le racisme, c'est pour pour faire très bref euh c'est une forme d'oppression structurante de des sociétés contemporaines parce que parce que c'est un un système qui s'est construit au à à au moment où les États-ntions, le capitalisme moderne se sont forgés et et qui a été un des un des un des vecteurs et un des éléments structurants en en fait à la fois du système capitaliste actuel et des sociétés et des États-nations.

Et donc cette cette oppression qui donc s'appuie sur la différenciation et la racialisation des individus, des groupes à partir d'un critère et et à une dimension profondément inscrite dans le fonctionnement des sociétés et qui explique pourquoi ça se reproduit, que c'est pas c'est pas une question individuelle, c'est pas une question juste de comportement ou d'éducation, c'est vraiment une question systémique. Euh et donc oui, la société française actuelle est euh structurée, travaillé, façonné par ces dynamiques ces dynamiques structurelles. Comment est-ce que ça se manifeste justement le racisme structurel en 2025 en France ?

Ça se manifeste par exemple euh par ce que vient à nouveau de de rapporter euh la défenseur des droits, c'est-à-dire le contrôle aux facièes. Euh le fait que euh quand on est euh un jeune homme euh noir ou arabe ou perçu comme noir ou arabe, on a euh je crois c'est 20 fois enfin selon noir ou arabe 20 fois plus de chances d'être contrôlé par les forces de sécurité. Ça se manifeste au quotidien par le fait que euh l'accès à l'emploi et là aussi c'est euh au sein de la défenseur des droits qui recueille les les requêtes des des citoyens et des citoyennes sur le sur tout un informe de sujet sur la question des discriminations.

Ben en fait oui, l'accès à l'emploi dans l'emploi, on est systématiquement discriminé en fonction de sa couleur de peau, de son origine, de sa religion aussi. ce qui est un facteur de de discrimination. Euh voilà, ça ça se manifeste dans euh tous les aspects de de la vie en société et par des des atteintes racistes, des violences, de la discrimination et jusqu'au meurtre puisque comme on l'a vu voilà dans les au cours des derniers mois euh c'est le le racisme tue, l'antisémitisme, l'islamophobie et voilà Donc c'est un phénomène social, c'est une construction sociale et ça c'est important aussi parce que la manière dont c'est appréhend la dans la dans le discours dominant, c'est on a l'impression d'abord que c'est voilà des idées qui naissent, on sait pas trop comment, et que ce sont simplement des attitudes individuelles.

Et en fait, il y a il y a une vraiment une individualisation. Alors bien sûr, il y a des actes individuels de sur lesquels les les personnes doivent rendre compte, mais comprendre d'abord son histoire et comment ça s'inscrit dans l'histoire des sociétés et pourquoi en fait du coup ça subsiste malgré la dénégation des théories racialistes du 19e siècle. Déjà comprendre que ça ne date pas que du 19e siècle. le le moment le moment clé tournant entre le 16e et le 18e notamment autour de autour de la traite esclavagiste qu'il y a des prémisses déjà dans le moyen-âge européen avec la manière dont les populations descendantes de de juifs et de musulmans ont été racialisés à l'époque.

Et donc voilà, tout ça explique pourquoi aujourd'hui encore en France, en Europe et dans le reste du monde, il y a une division raciale du travail, il n'y a une une racialisation politique et géopolitique que encore dans l'actualité, malheureusement toutes les vies ne se valent pas. que le droit international est perçu par les puissances occidentales à géométrie et à géographie variable. Enfin voilà, tous les niveaux du plus du plus intime euh au géopolitique sont traversé et structuré par par cette dimension du de racisme.

Je vais rebondir là-dessus en te demandant enfin vous demandant pardon quelle est l'articulation entre l'immigration, le racisme et l'héritage colonial ? Comment est-ce que ça fonctionne du coup ces trois ? Alors, dans la dans la société la société française est une société qui a été une société coloniale, qui a colonisé, qui a esclavigé, qui a euh assujetti des peuples euh pendant pendant des siècles à une domination politique, économique, culturelle et même après la décolonisation qui s'est faite dans par la guerre qui s'est faite par les luttes de libération qui n'a pas été octroyée de manière bienveillante et compréhensive par la puissance coloniale.

Elle a continué à maintenir dans un certain nombre de pays, notamment des pays africains, une forme de domination post-coloniale à travers notamment les les les intérêts économiques et géopolitiques. la France-Afrique. Voilà la la fameuse France-Afrique et et puis donc très concrètement en fait déjà comprendre ça, c'est comprendre pourquoi est-ce que en fait nous sommes un pays qui est tissu de migration littéralement parce que ce soit dans l'empire colonial français et et après la fin de l'empire colonial français, les populations anciennement assujettes ont aussi été utilisées après la guerre pour permettre la reconstruction de la France et ce qui a fait euh l'immigration dite post-coloniale et euh et ces ces populations-là euh ont ont continué à être traité voilà de manière raciale et racialisée. l'excellent ouvrage de Rachid Abbrahim qui s'appelle la race tue de foi qui étudie les violences racistes les à la fois agression et meurtrre dans en France des années 70 à 2000 et qui fait un un une synthèse vraiment très claire de la manière dont la politique d'immigration est un une forme voilà de de politique raciale vis-à-vis notamment des populations d'Afrique du Nord et justement comment est-ce que l'administration en fait a continué à traiter ces populations là avec tout un ensemble de prismes et de et de de catégories de pensées racialisantes et cetera.

Donc donc oui, c'est c'est vis-à-vis de ces de ces de ces populations là qui ont été utilisées, voilà, essentiellement comme de la force de travail économique que et et avant sous la sous la sous la colonisation, on peut penser également à leur utilisation pour la guerre, pour défendre une patrie qui leur déignait en fait le statut de citoyens qui qui ont été par ailleurs effacés de la mémoire et souvent il faut encore continuer à se mobiliser pour la reconnaissance de de de ces de ces de ces troupes coloniales à la libération, à la première guerre et à la seconde guerre mondiale. Et donc voilà, il y a une continuité historique dans le traitement de de ces populations. Et donc oui, le le la politique migratoire est devenue un des éléments, un des enjeux politiques, un des la la problématisation de la de la question migratoire l'a été par le prisme du racisme et de la racialisation de ces populations euh qui jusqu'à aujourd'hui enfin c'est c'est vraiment le cœur c'est le cœur de la de la de la propagande d'extrême droite du Rassemblant national.

C'est autour de ça que ça s'est structuré. enfin le cette idéologie euh profondément etnoraciale de l'extrême droite et euh et et c'est appuyé euh à la fois sur l'antisémitisme au 19e siècle et sur justement la la stigmatisation de l'immigration avec l'idée justement de la France, les ennemis intérieurs et aujourd'hui c'est l'invasion migratoire et donc c'est quelque chose de structurant dans cette idéologie là parce que c'est quelque chose de structurant dans l'histoire dans l'histoire politique et dans la dans la politique française depuis longtemps. On l'a dit en introduction qu'il y a une montée du racisme en France en 2025.

Est-ce qu'il y a pas une responsabilité historique de la gauche aussi là-dessus ? parce que il y a eu une époque pas si lointaine que ça où les adversaires politiques étaient attaqués sur le le volet de la moralisation et il y ait pas forcément un combat euh de fond sur l'antiracisme. Est-ce que tu peux enfin vous pouvez revenir là-dessus et mais il y a il y a une gauche une certaine gauche a quand même été au pouvoir dans ce dans ce pays.

Si on pense sous la 5e République pendant 20 25 30 ans, on prend les ququenas mitéran euh le le mandat de Jospin et puis le mandat d'Hollande, ça commence à faire ça faire beaucoup et donc au pouvoir. Oui. cette cette gauche là, il y compris dans dans l'histoire là, il y a il y a une gauche qui a allègrement participé à la colonisation, qui a justifié la mission, enfin la gauche au sens, j'allais dire large sous les Républiques précédentes qui a allègrement justifié la la colonisation et et donc oui, ces ces ces courants politiques là sont aussi traversés et ne sont pas immunisés contre contre une vision raciste antisémite et une gauche antisémite en France.

Bah, je dire comme l'antisémitisme pareil a été un des éléments structurants de la modernité européenne en même temps que le justement le racisme colonial l'a été. Donc on a euh cette ce ce ce double mouvement dont parle Céser sur la la continuité en fait dans les formes de racisme dans ce dans ce dans ce dans cette formation des États nations modernes européens. Donc donc oui, la gauche a a est héritière de ça et puis surtout quand elle a été au pouvoir euh elle a mené des politiques qui ont euh qui ont clairement alimenté euh ce ce racisme.

Encore une fois, je renvoie à l'ouvrage de de Rachid Abraham qui montre comment voilà les politiques migratoires qu'on qu'ont mis en œuvre les gouvernements dans les années 80 qui en bonne partie des gouvernements de gauche ont été dans la continuité bien plus que dans la rupture de ce qui avait été fait précédemment et du traitement colonial de à la fois donc colonial de des populations de de génération euh de de descendants et descendantes d'immigrés et puis y compris dans la la continuité des du traitement néocolonial, je veux dire vis-à-vis d'un certain nombre d'état. Donc en fait ça fait ça fait ça fait système tout ça. Et c'est vrai que y compris dans l'approche de de même de l'antiracisme si on pense par exemple à à des mouvements comme SOS racisme qui ont été très liés au pouvoir politique de gauche dans les années 80 90 et qui ont été très critiqués justement par les euh les personnes concernées, les mouvements plus j'allais dire plus radicaux dans les années 80. je pense à la marche la marche pour l'égalité euh et tous ces mouvements, le MIB et cetera qui ont beaucoup critiqué l'antiracisme officiel, institutionnel euh et donc notamment la vision assez superficielle et la vision en fait très paternaliste, c'est le le symbole de touche pas à mon pote, le slogan qui en fait traduit vraiment la position de voilà qui parle et et qui parle à qui et en fait c'est voilà le pote, c'est le racisé qui a pas la parole puisque c'est le c'est la personne blanche qui dit à une autre personne blanche touche pas à mon pote face ça dit c'est ce slogan là qui est très associé justement à la gauche au pouvoir dans les années 80 90 et au aux organisations antiracistes officiell euh voilà dit justement même dans le combat antiraciste à quel point euh la la vision qui a été qui était qui était développée en fait n'était pas une vision qui pensait véritablement le racisme structurel et systémique et qui n'a pas déconstruit en fait les biais les biaiss propres à cette vision coloniale et post-coloniale de gauche quoi.

Justement en là en 2025, il faut avancer là-dessus et il y a on voit plusieurs lignes de force apparaître sur l'antiracisme actuellement. Comment est-ce qu'on fait pour les les réconcilier et surtout comment est-ce qu'on ne reproduit pas les erreurs qui ont été commises par le passé dire à gauche en tout cas ? Alors, je sais pas si c'est des lignes de force ou enfin je en en c'est des stratégies euh différentes.

Oui. Alors, il y a un débat stratégique. Je pense que parler en terme de débat stratégique, d'abord comment on analyse voilà la la les rapports de force globaux aujourd'hui en France et y compris comment on comprend l'avancée des idées racistes et réactionnaires et la forme de plus en plus violente que que qu'elle qu'elle prend et comment ça s'intègre dans en fait la le la lutte des classes au sens général, j'allais dire et y compris quand on porte moi je porte et et la France insoumise, nous portons une analyse justement du racisme comme un alément structurel et systémique et du fait que c'est pas juste quelque chose à part, c'est pas une diversion et c'est peut-être ça le débat justement sur comment on considère le racisme un outil de la classe dirigeante.

Est-ce que c'est pour faire diversion ? Et en gros, on dit bon, c'est une diversion donc faut voilà, faut revenir aux vraies questions où est-ce qu'on comprend que euh d'abord c'est pas une diversion parce qu'en fait les personnes qui sont victimes du racisme euh c'est pas c'est pas un divertissement pour eux en fait. Il c'est c'est quelque chose de concret, c'est de réel, c'est de quotidien.

Donc c'est leur vie en fait qui est en jeu, c'est leur survie qui est qu'en jeu pour ces personnes-là. Et puis euh du point de vue même de la classe dirigeante, si on pense le racisme comme un outil de domination et euh de division et d'exploitation, euh c'est en fait c'est pas c'est pas c'est pas diversion, c'est une attaque frontale, c'est une grille de lecture qui racialise l'ensemble des rapports sociaux et et l'ensemble des rapports sociaux sont racialisés. Euh la division aujourd'hui du travail, il y a une dimension genrée du travail, il y a une dimension raciale du travail.

Quand on regarde voilà dans dans tous les secteur euh on va dire euh les emplois les plus durs, les emplois les moins qualifiés, les moins bien euh payés euh sont euh les emplois où les personnes euh racisées et et stigmatisées sont les plus près les plus les plus les plus nombreuses, les plus précaires et cetera. Enfin voilà, je je vais pas refaire la liste et ça on le voit sur tout un ensemble de de dimensions. Et donc si on comprend ça, on comprend aussi pourquoi est-ce queon ne fera pas l'économie justement d'une d'une stratégie qui confronte la question du racisme et que et c'est là les débats qui peut qui qui peut exister à gauche l'idée que par exemple pour lutter contre l'extrême droite, il suffit pas il suffira pas de parler social en disant voilà on veut pas parler des questions identitaires et cetera.

En fait, le social est est une dimension de de de la structuration racial de la société, de la cris de lecture. Vous avez aujourd'hui des de nombreux chercheurs qui confirment ce que disent depuis des années, les personnes concernées, les collectifs et cetera. Euh je pense dernièrement l'ouvrage de Féliicien For qui a fait une enquête sur justement la le les électeurs et les électrices du Rassemblement national du franc.

FN RN euh et qui montre justement comment euh leur vision et la et l'idéologie d'extrême droite elle-même euh donne une grille de lecture où et on le et on le retrouve du coup pas juste dans l'extrême droite, mais vous avez quand même aujourd'hui au plus haut sommet de l'État un président de la République qui explique que le problème de la de l'hôpital c'est les Mamadou et et et enfin voilà c'est c'est voilà et ça et et si on comprend pas que du coup il faut confronter et assumer de confronter la question du rac parce que c'est une attaque frontale contre notre contre notre camp social. C'est une attaque qui vise à à diviser qui qui vise à à affaiblir d'une part notre camp pour permettre la surexploitation de ceux qui sont par ailleurs euh les forces essentielles qui font tourner le le système et qui et du coup justifier leur leur position subbalterne au niveau économique. Et puis c'est aussi une dimension et ça c'est important de comprendre que c'est un élément qui unifie la classe dirigeante.

Quand on voit aujourd'hui le rôle d'un rotaillot entre le bloc bourgeois macroniste et le bloc d'extrême droite quand les les mots d'ordre qu'il lancent que ce soit à bas le voile que ce soit la chasse aux étrangers la chasse raciste et xénophobe dont il se se félicite et qu'il lance il y a quelques il y a quelques jours encore ce sont des des mots d'ordre profondément racistes et xénophobes qui visent en fait à raller pas simplement l'électorat par ailleurs, hein, c'est pas juste c'est pas juste quelque chose de politicien. Je pense que ces gens-là ont cette vision là. Euh Rotaille, je pense que Macron a une vision euh euh de de ce type-là quand quand on reprend euh toutes les déclarations qu'il a pu euh euh avoir euh sur euh sur ces sujets.

Et donc ce sont des éléments qui essaient de constituer le bloc le bloc d'adhésion politique pour pour le pour le pour le bloc bourgeois dont dont il dont il manque parce que le néolibéralisme en fait n'a pas de n'a pas de supplément d'armes autre que voilà la le chacun pour soi et cetera. Donc et du coup je je je crois que c'est vraiment ça je sais pas s'il s'agit de réconcilier mais qu'il s'agit de convaincre en fait de la dimension stratégique. Et pour nous notre stratégie étant d'unir le peuple sur des revendications politiques. pour pour unir ce peuple-là, il faut tenir compte en fait de tous les éléments qui visent à le diviser et donc les combattre pied à pied et pas faire comme si en fait voilà, on va on va oublier parce qu'en fait euh ceux et celles qui sont censés se battre ensemble, si une partie d'entre elles et eux sont constamment stigmatisés et divisés, sont enfin voilà affaiblis pour la lutte, ben en fait la lutte collective elle elle aura pas lieu quoi.

Donc pour moi, c'est ça le c'est un débat en fait stratégique et il y a besoin de le gagner d'abord pour les personnes concernées parce que parce que c'est encore une fois des violences pas simplement symboliques mais concrètes quotidiennes. Et puis pour nous pour nous tous en fait, si on veut si on veut arriver à à mobiliser le grand nombre, ce grand nombre voilà, il est fait de de de toutes ces justement en parlant de mobilisation du grand nombre, comment est-ce qu'on lutte contre le racisme dans les les zones enfin hors en tout cas zone centreurbain quoi ? Comment est-ce que on peut faire pour toucher ces populations ?

Bah déjà, je pense que faut pas sous-estimer le fait que il faut se battre en fait, il faut se battre partout. Je veux dire, les formes de racisme, encore une fois aujourd'hui, c'est des formes qui prennent une dimension qui sont systémiques et quotidiennes. Donc en fait, les les personnes qui subissent le racisme le subissent partout. et et donc euh mener la bataille là-dessus, c'est euh être au côté de celles et ceux qui subissent les formes de racisme, c'est participer à des collectifs, c'est participer euh à au à aider les associations euh de défense des droits humains, de lutte antiraciste, ben en fait à exister.

Il y a tout un travail qui est fait et qui est très important. Alors, peut-être parce que c'est ma ma casquette commissaire au loi qui euh euh qui qui qui parle, c'est le le fait toutes les actions en justice qui sont qui sont faites par de nombreuses associations aujourd'hui justement pour y compris changer la jurisprudence, y compris euh c'est ça qui a fait évoluer en partie le droit pour tenir compte par exemple du caractère raciste de de et et qui et qui a fait changer petit à petit la législation. Il y a tout un travail au point de vue, voilà, par exemple du droit, euh l'aide aux victimes, le on a besoin en fait d'avoir des associations antiraciste beaucoup plus fortes.

On faut enfin moi le constat que je fais c'est que les associations autant cette dimension là et ce débat-là euh et dans l'actualité malheureusement quand il y a des violences, des meurtres et cetera, ça devient un débat stratégique important. Mais au niveau euh j'allais dire de des associations, on a un éclatement et en fait on a on a une très grande faiblesse en fait du du mouvement euh euh du mouvement associatif et cetera. Et donc on a besoin de reconstituer en fait ces forces-là euh qui sont celles qui aident les les personnes directement concernées euh au en premier lieu et qui et qui permettent en fait bah l'auto-organisation de ces de ces personnes concernées là.

Donc à mon sens, la première le premier front de bataille de lutte, c'est celle-là, c'est celle du quotidien, c'est celle de comment euh renforcer euh les structures. Il y en a plein qui existent localement et ça c'est vrai aussi bien dans les centres urbains que justement dans des territoires voilà où il y a il y a il y a des des des problématiques, des démographies différentes. Mais en fait les besoins les gens qui vont être victimes de racisme et de discrimination, ils auront quand même besoin d'accompagnement juridique.

Ils auront besoin de de conseils, ils auront besoin bah de s'auto-organiser pour se mobiliser. Et donc à mon sens, il faut qu'on reconstitue en fait ce tissu associatif de collectif d'autoorganisation. Pour moi, c'est vraiment la première bataille.

Petit faux du monde sur le terrain pour convaincre. Exactement. Mais pour d'abord pour pour aider quoi, on a besoin de gens parce que il y a besoin du coup de main, il y a besoin d'être au côté des gens qui se mobilisent.

Euh et ça c'est la première la première tâche et euh et ensuite confronter euh les le racisme quand il s'exprime à travers euh des actes à travers des paroles. avoir justement une clarté politique pour dire ben en fait on laisse rien passer, on laisse rien passer des expressions parce que ce qu'on ce qui ce qui a été observé encore le le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits humains donc sur le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie qui qui étudie tous les ans justement les les l'état du racisme en France montre à quel point et ça d'autres rapports l'ont montré aussi par exemple en juin en juillet 2024 au moment de au moment de la campagne législative après la après la dissolution, il y a eu une explosion de la parole raciste, d'acte racistes et cetera. Voilà.

Et donc ça aussi du coup là c'est c'est c'est les les militants politiques, j'allais dire euh d'avoir aussi une stratégie de repost en fait construire la riposte antiraciste. Il y a la protection, l'autoprotection, le soutien aux victimes et puis il y a la dimension de ripost. Et là euh du coup euh faut avoir euh voilà la boussole antiraciste bien ancrée euh pour euh pour construire aussi cette réponse-là sur le terrain en fait parce que sur le terrain bah ouais, il y a de l'intimulation euh d'autant plus que les les les groupes d'extrême droite, les les groupes racistes sont encouragés par le discours dominant, par le discours médiatique, par le discours politique et gouvernemental. et nous on met cette bataille-là du coup dans la tranchée parlementaire euh dans l'arène médiatique, mais il faut qu'elle soit menée aussi euh du coup sur le sur le terrain là et et ça c'est euh voilà euh dans les communes au niveau local euh euh sur tout le territoire, il faut euh s'organiser aussi pour répondre pied à pied sur cette offensive là.

Je voulais revenir sur le le terme racisé, c'est un terme qui a beaucoup fait débat. Est-ce que pour vous il est il est pertinent et surtout comment est-ce qu'on l'explique à ceux qui voient une division ? Bah d'abord c'est faut rappeler l'histoire de ce terme-là.

C'est un terme de de sociologie. c'est euh Colette Guillemin qui est une des des premières sociologues dans les années 80 7080 qui étudie la question du racisme, qui parle de de de cette dimension systémique du racisme, elle a cette formule en disant "La race n'existe pas mais elle tue." Euh que je trouve qui est qui qui dit bien en fait le le le de quoi on parle.

Et euh et donc d'abord, c'est un c'est un terme de de ce courant euh d'analyse critique de la race et du racisme qui permet en fait de comprendre. Moi, je suis de cette tradition justement euh qui qui pense que que la question de comprendre le monde pour pouvoir le changer est un élément et un moteur en fait de de l'engagement et donc analyser, dire les termes en fait, dire les choses, de quoi on parle, de quoi on parle, qu'est-ce que c'est la race, le racisme et cetera. Donc le terme il il traduit une analyse sociologique qui euh déconstruit en fait qui vise à déconstruire de quoi on parle, y compris je trouve que souvent on le voit euh de manière unilatérale parce que le processus de racialisation, ce que montrent ces chercheurs-là euh comme Guillaume mais comme d'autres en France et et surtout à l'étranger puisque c'est un c'est un c'est ce sont des des des analyses et des débats et des écoles de de recherche scientifique qui ont voilà des décennies d'existence et énormément de travaux.

Ce le le processus de racialisation en fait, il racialise tout le monde. Souvent, on pense au racisé euh dominer euh mais euh par exemple le blanc est racisé comme blanc. Euh et je pense que quand on quand on on comprend ça, on comprend en fait que c'est un processus d'aliénation et euh et de racialisation qui concerne tout le monde.

Et donc du coup, c'est pas voilà quand on dit euh voilà quand quand on dit y compris le noir euh c'est un processus de racialisation et les les identités elles ont pas elles ont elles ont pas euh euh les les avant euh la colonisation les africains ne se pensaient pas comme noir. Il se pensait comme plein de choses différents, mais il ne se pensait pas comme noir. Euh enfin donc je je pense que c'est un c'est un outil d'analyse et de compréhension des des processus.

Après ça, j'allais dire ça s'est vulgarisé dans le monde militant et et et ça et ça a été repris ici ou là dans les médias souvent de manière très caricaturale et de manière justement de de contre de contreoffensive réactionnaire. C'est-à-dire que c'est comme euh même si ça pas la même dimension, mais le terme W qui est devenu un épouvantail en fait, un un un un terme de ralliment euh quand en fait d'abord c'est c'est le produit là, c'est le produit d'une d'une tradition euh militante qui renvoie à l'idée en fait d'être conscient et ouvert aux discriminations, aux dominations, à sa propre domination et cetera. Donc fait ça une histoire très riche et donc c'est devenu un espèce de mot euh qui est agité un peu pour faire peur.

La le terme racisé, il a plus une dimension euh sociologique mais pour moi en fait c'est c'est c'est un élément voilà de des outils de de compréhension. Après, enfin je je ne crois pas que il y ait besoin de le brandir. Voilà, quand quand on quand on fait du travail antiraciste de terrain, de parler euh j'allais dire ça ça peut avoir l'air d'être un peu gros mot de du jargon scientifique.

Mais encore une fois, je pense que quand on on explique de quoi de quoi il s'agit, euh on on peut euh justement déconstruire les les appréhensions et justement questionner les gens en fait. C'est quoi enfin l'identité pour pourquoi est-ce que les gens se disent blanc ou d'où ça vient ? euh la la le dernier ouvrage de Solen Brun que j'ai l'occasion de de d'inviter et qu'on a eu l'occasion d'entendre dans le cadre de notre du colloque que j'organise le 21 mars enfin depuis plusieurs années autour de la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.

Et donc elle a elle a elle a sorti un ouvrage qui elle s'appelle la domination blanche. Ouais. et qui revient notamment euh alors pas sur le terme de racisé en tant que tel, mais sur justement c'est quoi la catégorie euh personne blanche euh elle elle s'appuie sur des sur un certain nombre de de travaux euh justement pour aller au-delà de par exemple ce qu'on ce qu'on appelle le privilège blanc, c'est pas ça c'est pas une question juste de privilège de domination.

Et elle explique justement comment les catégories identitaires raciales se sont construites et euh et c'est très éclairant en fait dans de ce ce qu'elle dit. Donc pour moi ça cette utilitél après que ce soit un terme militant qui soit qui soit utilisé pour expliquer l'analyse et la stratégie, mais voilà, je je pense qu'il faut il faut arrêter de faire de voilà de des mots en fait des épouvantails. Il faut il faut dire les termes et ce terme là il s'explique et il explique quelque chose mais pas se focaliser sur le terme en disant en fait en gros vous avez dit le mot racisé ou je vous écoute plus enfin je trouve que c'est pas pour un gros mot quoi en fait.

Oui et puis je pense que voilà je pense que c'est les les réactions sont souvent d en fait à la propagande médiatique de de panique morale générale. Voilà. Après, je je je dis pas qu'il faut justement il l'enjeu, c'est plutôt d'expliquer ce que le ce que le terme veut dire et en quoi il est il est utile. pas en faire un étendard non plus en disant voilà si que les gens voilà utilisent ce terme là ou un autre à la rigueur j'allais dire je m'en fiche si on si on est si on arrive à se comprendre et à comprendre de quoi on parle et à et être d'accord sur le fait que ce processus là qui racialise et cetera, ben en fait c'est c'est ça qui explique le racisme et c'est ce contre quoi il faut se battre parce qu'en définitive euh c'est c'est ces ces termes-l ils permettent de comprendre pour agir et l'action C'est c'est ce qui est pour pour moi en fait l'objectif l'objectif final, l'action collective avec les gens.

Donc à l'ur quel que soit le terme que vous utilisez, battons-nous ensemble pour combattre la réalité que ce que c'est que les que les différents termes en fait essaient de retranscrire. Je voulais qu'on aborde ensemble la question de la représentation. euh comment est-ce qu'on fait pour avoir une meilleure représentation des personnes justement dites racisées au sein de nos organisations politiques parce qu'on on représente du coup les classes populaires mais euh ça manque encore de représentation toutes les classes populaires.

Oui, mais on fait comme on a toujours fait dans le mouvement dans le mouvement social, dans le mouvement euh ouvrier. C'est-à-dire que d'abord le fait que les personnes concernées aient la capacité de pointer et de dire en fait quel est le problème. Moi je pense c'est souvent l'exemple qui est utilisé mais la lutte la lutte féministe et le fait de de d'avoir mené ces batailles là dans les espaces militants et pas que politique par ailleurs hein parce que quand vous regardez le mouvement social, le mouvement associatif vous voyez quand même que il y a aussi une répartition euh genrée et et raciale des des responsabilités de la la représentation.

Et du coup euh ce qu' a montré aussi le mouvement féministe par exemple sur le fait de euh même dans les réflexes militants, le fait que aujourd'hui avoir des tribunes où il y a que des mecs euh c'est devenu quelque chose où on se dit enfin il y a un problème quelque part. Mais pour en arriver là euh j'allais dire je vais faire mon ancienne. Moi quand j'ai commencé à militer en fait c'était quelque chose qui était très courant en fait et qu'il a fallu bah en fait que batailler politiquement dire en fait non c'est pas possible.

Alors, il y a eu tous les débats de dire "Oui, on va pas mettre une femme que parce queon va mettre faudrait mettre une femme". Mais en fait, les femmes dans les dans les mouvements en fait sont aussi capable. Faut se poser la question pourquoi est-ce qu'elles prennent pas assez la parole ?

Pourquoi est se elles militent pas aussi suffisamment ? parce qu'il y a des conditions matérielles et sociales qui font que et donc il faut qu'on prenne en charge le fait que voilà, il faut il faut se donner les moyens pour et on a et on a réussi en fait à faire en sorte que et donc de la même manière en fait la question c'est comment est-ce que on on identifie dans nos espaces dans nos organisations et encore une fois je parle des organisations au sens large pas que politique syndical aussi associative aussi que comment on on on déconstruit les la la euh la la reproduction dans nos espaces bah en fait de tous les biaiss sociaux et des biais raciaux comme des biais de genre et cetera. On n'est pas immunisé contre ces phénomènes structurels.

Si on pense qu'il y a que le patriarcat existe donc que c'est un système que le racisme comme système existe, on doit comprendre que nous-mêmes nous reproduisons nous reproduisons dans nos espaces ces formes-là de microsexisme, de microoracisme voire de plafond de verre. Euh et donc déjà avoir conscience de ça et avoir du coup la volonté politique bah de euh d'agir euh d'agir là-dessus. Et donc euh après il y a il y a différentes modalités mais je pense que encore une fois ça me semble être à l'étoi que on peut pas prétendre être un mouvement et là pour ce qui est politiquement mais je pourrais encore parler des syndicats.

On peut pas prétendre représenter la classe ouvrière et et et dans toute sa diversité et n'avoir dans les dirigeants syndicaux de la représentation que des blancs voir des hommes blancs. Alors ça les moins maintenant mais voilà c'est pas ça fait pas longtemps en fait qu'il y a des dirigeantes syndicales femmes de haut niveau mais voilà sur la question de la représentation et êtrenoculturelle c'est la même chose. et et du coup bah avoir une attention particulière justement aux conditions sociales qui font que telle catégorie va pas avoir la le réflexe de s'engager, de se voir comme légitime et cetera et puis voilà, donner les outils pour faire en sorte que les individus puissent le faire.

Je pense à un exemple un très concret en fait de ce que de ce qui se fait euh aujourd'hui euh dans le cursus renforcé de l'Institut Laabéie euh où en fait il y a eu un travail pour les différents cursus, il y a un appel à candidature et euh d'ailleurs c'est en ligne hein, vous pouvez voir comment été déterminé. En fait, l'objectif étant de corriger tous les biaets, c'est-à-dire le fait que par exemple, quand on a fait un appel à la candidature, on va avoir 70 % d'hommes et de femmes. Donc voilà, dans la dans la sélection, on va on va on va rectifier ce ce truclà.

Euh on va avoir 70 % de gens de de région parisienne et euh peu d'autres régions. Donc, on corrige ça. Et donc, en fait, on va corriger tout un ensemble de de critères dans dans dans la sélection, notamment des critères sociaux, économiques, de là où les gens vivent et cetera.

Et en fait ce travail-là, il a permis que en fait les les les promotions du cursus renforcé de la BOI en fait sont vraiment plus représentatives, y compris que d'autres espaces dans le dans le mouvement en tant que tel en termes sociaux, économique, de genre, d'origine territoriale et cetera. Et donc en fait ça c'est un exemple, c'est pas justement c'est pas un truc de quotard. On n'a pas dit bah on veut trois Arabes de noirs de de trucs.

Non, on est parti de de d'éléments euh structurants, sociaux, économiques en terme de revenus et cetera. Et ça permet en fait de diversifier ben et d'avoir au final des promotions qui où il y a une diversité. Donc ça c'est des ça c'est des outils et des manières de de de travailler où on on veut consciemment faire en sorte que voilà, on soit euh représentatif vraiment de de la société.

Et j'allais dire dans l'autre sens, le travail qu'on a fait aussi au niveau de de la direction de la France insoumise, on vient de de d'avoir notre assemblée représentative ou qui a travaillé sur le renouvellement dans les dans les instances et notamment de la coordination. Et du coup, on a aussi eu cette cette volonté de faire en sorte qu'en s'appuyant sur le travail, dans l'épaule, dans les espaces euh et en fait voilà la volonté de de d'accorder une attention euh à euh qui on met en responsabilité, à qui on à qui on donne voilà des outils pour pouvoir s'engager et cetera. Bah dans la dans la dans la dans la nouvelle coordination, ben il y a des camarades notamment euh des femmes de des des camarades qui sont euh euh pas de la région parisienne, de territoire urbain et cetera.

Euh et puis euh et puis euh des camarades qui vont être des personnes racisées plus que ce qu'il y avait euh qu'il y avait au départ où en fait j'étais la seule euh femme noire en 2018 quand la première euh coordination euh a a s'est mis en place. Et donc voilà. Et donc là, il y a il y a un travail, mais ça ça veut dire que c'est un travail constant qu'il faut faire en fait, volontariste qu'il faut faire à toutes les échelles. la question aussi de des élections et de dire bah en fait dans nos processus euh de de désignation, faut penser ouvrir et élargir et pas juste reproduire ce qui est sociologiquement en fait, j'allais dire presque euh normalisé en fait le fait que il y a une il y a une reproduction sociale dans tous les cadres sociaux y compris les cadres militants et les mêmes gens euh recrutent des gens qui leur ressemblent et cetera et cetera.

Donc on sait qu'il y a ça et donc on essaie systématiquement à tous les à tous les niveaux de corriger ces biaisl euh voilà en en s'appuyant bah sur sur les outils qui existent sur sur dans nos dans nos espaces de comment voilà comment on favorise mais comme voilà la question de favoriser l'implication des femmes, avoir des outils qui permettent qu'elles s'impliquent et cetera et cetera. OK. Donc ces outils peuvent être en tout cas euh adaptables.

Euh voilà la question c'est est-ce que on on a en tête bah le fait que il faut on a ces billets-là et que la volonté politique de les corriger et ensuite on se donne les moyens de le faire. Je dis pas que c'est simple et ça prend beaucoup de temps. C'est c'est et puis c'est voilà c'est des c'est des processus humains aussi en fait.

C'est pas on décide pas comme ça du journalement. Encore une fois, il s'agit pas de faire United Color of Beneton, un truc complètement voilà donc mais les gens sont là en fait. C'est pas comme si voilà, il y a il y a des il y a des femmes partout et il fallait juste se donner les moyens pour que les femmes puissent être à à à égalité de responsabilité.

Il y a des femmes capables partout et c'est pas c'est on met pas juste des femmes pour faire des poturs mais pareil, il y a des noirs et des arabes partout y compris au fin fond de la creuse y compris et cetera. Les gens sont là en fait la la l'envie est là. C'est juste que les biais structurels et systémiques euh voilà sont là aussi.

Donc notre responsabilité collective, bah c'est de déconstruire ces biais-là pour permettre bah que tout le monde puisse puisse s'engager pleinement et qu'on soit et qu'on soit c'est pas juste représentatif pour faire bien mais que que ces ces ces histoires-là, ces ces parcours là, ces trajectoires là aussi enrichissent en fait du coup notre compréhension et euh notre voilà notre manière d'intervenir et cetera. Donc c'est vraiment un enjeu y compris collectif en fait pour qu'on soit qu'on soit plus plus plus efficace peut-être. Oui.

Plus efficace collectivement. Voilà. Euh si vous pouvez abolir une loi ou en faire passer une, ce serait laquelle ?

Oh là là. abolir une loi en faire passer une. Euh ouais, il y en a il y en a plein qu'il faudrait qu'il faudrait qu'il faudrait abolir.

J'allais dire symboliquement, je crois qu'il reste encore dans le dans le dans le dans la législation française des scories du du code noir. Je crois qu'il y a eu une proposition qui avait été faite là-dessus justement sur ça en fait symboliquement euh de de voilà de de d'abroger en fait tout toutes les tout tout ce qui reste un peu de de de la de la législation coloniale et esclavagiste dans le dans dans le code pénal et dans la la législation française et puis faire une loi euh j'allais dire liée aux question de de lutte contre le le racisme. Écoutez, nous on travaille on essaie de faire avancer l'idée qu'il faudra un un code de la non discrimination.

C'est-à-dire que en fait dans le dans le droit justement grâce au aux luttes, aux mobilisations, à la euh à l'avancée justement de de la prise de conscience antiraciste, il y a eu beaucoup de de textes qui ont été faits sur la question de la lutte contre l'excrémation, pas que les disrémations raciales, mais voilà. Mais en fait, elles sont euh éclatées dans plein de textes différents et du coup, c'est pas le le droit de la non discrimination est pas très lisible même pour les professionnels du droit. Et donc là euh c'est une des revendications et une proposition qu'on porte dans le programme de constituer un code de la nondiscrimination qui permettrait de regrouper l'ensemble de ces de ces mesures. du coup de donner une plus grande visibilité parce que un des enjeux en terme de de lutte antidiscrimination euh raciale, mais pas que, c'est le ce qu'on appelle le chiffre noir, c'est-à-dire le le décalage entre les nombres de personnes qui déclarent être victimes d'une forme ou une autre de racisme.

Il y a plus d'un million de personnes en fait chaque année qui étaient qui ont été évaluées euh et le nombre de personnes qui vont engager une procédure en justice euh pour euh pour euh euh faire sanctionner et et se faire reconnaître le le préjudice qu'elles ont suivi. Donc 1 million, on a à peu près alors pour dire grosso modo 10000 10000 procédures et à peine un millier de condamnations pour dire voilà décalage voilà donc un des enjeux alors il y a plusieurs il y a plusieurs politiques à mettre en œuvre donc notamment y compris la formation des magistrats des des des forces de police pour les pour les pour les pour accueillir les victimes parce que un des un des une des des choses qui euh empêche de de faire de porter plainte, c'est la peur de ne pas être bien reçu et puis bon plein de de processus. Donc il y a un enjeu là-dessus, mais aussi le fait de connaître ses droits, de pouvoir identifier que en fait ce qui m'est arrivé est est un délit, est une infraction, est un crime.

Euh et donc la question du code de non discrimination est un des éléments, pas le seul, qui pourrait permettre en fait de donner plus de de visibilité et de un outil y compris pour les professionnels du droit. Très bien. Bah écoutez, on arrive à la fin de cette interview.

Est-ce que vous avez un message à pour nos auditeurs et notamment aux jeunes qui qui s'engagent en politique ? Euh j'allais dire euh on a j'allais dire on a besoin de tout le monde dans la lutte et que tout le monde est est utile, tout le monde a une place à à à occuper, a une tâche à accomplir parce que le travail est immense. À quoi on ça on s'attaque, c'est rien moins qu'un système de domination économique, sociale, voilà, qui a plusieurs siècles.

Euh et euh et des des oppressions qui sont par ailleurs des oppressions euh croisées euh intercessionnelles et qui euh et du coup qui qui sont pas que des choses macro euh intellectuelles qui qui voilà qui qui attaquent euh la personne dans son dans son intimité, dans sa donc c'est quelque chose d'immense et en même temps nous sommes une force collectivement en fait on a le nombre et on a l'intelligence et on a les ressources pour pour mettre ce système. Donc donc engagez-vous quoi. Euh engagez-vous.

C'est le moment, c'est le moment où jamais. Il on est à un tournant et donc on a besoin de vous. Et d'autant plus si euh euh c'est d'autant plus vrai pour celles et ceux qui euh se sentent le moins légitime en fait euh parce que voilà, les biais notamment racistes et autres euh font qu'on se sent moins légitime dans la lutte alors que en fait on est euh j'allais dire on est euh il y a personne qui est qui est qui est indispensable mais tout le monde est précieux et tout le monde peut apporter.

Donc allez-y, engagez-vous sous toutes les formes possibles pour mener ensemble la repost. Merci beaucoup Daniel, merci pour votre témoignage et vos analyses. Quant à vous, si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à liker, commenter et si vous voulez soutenir la chaîne, à vous abonner et activer la cloche.

Merci. Super. Merci.