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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 janvier 2021 25 min

Vaccin anti-Covid de Sanofi, Génération identitaire, présidentielle 2022... Le "8h30 franceinfo" de Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Marine Le Pen, avant-hier lors de vos voeux à la presse, vous avez qualifié la gestion de la crise sanitaire par l'exécutif, je cite, de chien crevé au fil de l'eau. Qu'est-ce que ça signifie ?

0:09
Marine Le Pen

Ça signifie qu'il n'y a pas de stratégie, qu'il n'y a pas eu de réflexion en amont, qu'il n'y a pas eu de préparation d'un plan pandémie comme le plan d'ailleurs Grippal qui est préparé chaque année. Il n'y a pas eu de plan pandémie avant la deuxième vague, ni même avant la première bien sûr, mais même pas avant la deuxième vague. Et ça veut dire qu'on a le sentiment, si vous voulez, que le gouvernement en réalité prend des décisions en fonction d'une circulation du virus qu'il ne maîtrise pas. Et ça, ça pose un énorme problème pour l'avenir. Est-ce qu'on va continuer comme ça ?

C'est-à-dire à être balotté en quelque sorte et à courir, comme disent un certain nombre de chercheurs, après le virus, ou est-ce qu'on prend la décision d'avoir un temps d'avance sur le virus ? Et pour avoir un temps d'avance sur le virus, il faut mettre en place un certain nombre de mesures et de dispositifs qui aujourd'hui ne sont pas mis en œuvre par le gouvernement.

0:59
Présentateur

Lesquels ?

1:00
Marine Le Pen

D'abord, à mon avis, l'usage de l'analyse des eaux usées. Il faut qu'on le fasse de manière massive. Parce que dans les eaux usées, on voit 3 à 4 jours avant que les personnes développent les symptômes, qu'on est confronté à une augmentation de la circulation du virus. Et lorsque l'on analyse les eaux usées, on peut après être de plus en plus précis. C'est-à-dire qu'on voit qu'il y a une augmentation sur la ville. Et puis après, une augmentation, on peut aller dans des quartiers, dans un EHPAD, sur une école, sur une restauration collective. Donc on peut être au plus près, si vous voulez, pour pouvoir faire quoi ? Pour pouvoir massivement tester et puis isoler.

Parce que c'est ça, en réalité, dès le départ, ce qu'on a raté. C'est isoler les gens qui sont contaminés pour éviter le développement de contaminations anarchiques, hors contrôle.

1:59
Invité

Marine Le Pen, justement, la surveillance des eaux usées, plusieurs collectivités territoriales utilisent ces données. Ce n'est pas assez aujourd'hui. Quel autre indicateur, quelle autre donnée il faudrait utiliser pour prendre des décisions comme le confinement ?

2:14
Marine Le Pen

L'autre élément, à mon avis, qui est tout à fait défaillant, c'est le séquençage. En réalité, nous n'avons pas la capacité de séquençage massif en France. On a des capacités très restreintes de séquençage. C'est quoi le séquençage ? C'est ce qui permet de déterminer la circulation de variants. C'est-à-dire savoir si on a affaire à la première forme du virus ou aux variants britanniques, sud-africains, etc. Ça, c'est extrêmement important. Or, aujourd'hui, on n'a pas les moyens de séquençage. Ce séquençage, il peut se faire d'ailleurs grâce aux eaux usées. Mais on ne peut pas le faire simplement par des tests.

Les tests PCR, sauf une exception, mais qui est vraiment dérisoire, les tests en eux-mêmes ne permettent pas le séquençage du virus. Donc, il faut développer assez massivement le séquençage pour savoir, évidemment, comment évolue ce virus. Parce qu'on a une chance aujourd'hui. C'est que, semble-t-il, les vaccins mis à disposition sont efficaces contre le variant britannique. Peut-être beaucoup moins contre le variant sud-africain. Mais on pourrait se retrouver demain avec un virus, avec un vaccin qui est inefficace sur tel ou tel nouveau variant. Peut-être même le variant français, puisqu'il semblerait qu'il y en ait un qui émerge dans l'Oise.

3:27
Présentateur

Dans les décisions qui ont été prises ces derniers mois à l'étranger, est-ce qu'il y a un pays pour vous à suivre ? Un pays qui peut... La figure de modèle.

3:35
Marine Le Pen

Je pense qu'il y a toute une série de pays asiatiques qui ont fait le choix, eux, véritablement, de l'isolement, de la détection ultra précoce et de l'isolement assez sévère des personnes qui avaient le Covid.

3:50
Présentateur

Avec des mesures parfois très radicales d'interdiction de sortie, très contraignantes, qu'on n'a pas pris en France. Oui, ça dépend des pays. Vous pensez auquel en particulier ?

3:55
Marine Le Pen

Ça dépend des pays. Le Cambodge, par exemple, a des très bons résultats. Il faut quand même l'admettre. Beaucoup de pays asiatiques ont des très bons résultats, en tout cas bien meilleurs que les nôtres. Parce qu'encore une fois, on est en train de réfléchir aujourd'hui en se disant « Mais est-ce qu'il faut reconfiner ? » Moi, j'ai toujours considéré que le confinement, c'est quand on a raté le reste. Raté le contrôle des frontières. Je vous signale quand même qu'elles sont restées ouvertes pendant un an, les frontières. Avec, évidemment, le risque de voir arriver sur le territoire des nouvelles variations du virus, ce qui est exactement ce qui s'est passé.

Le confinement, c'est quand on a raté.

4:30
Présentateur

Ça veut dire que tous nos voisins ont raté. Les Britanniques en sont à leur troisième. Il n'y a pas un pays, finalement, en Europe, qui a fait ce qu'il fallait.

4:37
Marine Le Pen

Non, les Britanniques, eux, ils étaient partis sur l'idée d'une immunité collective. Donc, ils n'ont strictement rien fait.

4:42
Invité

Ils n'ont rien fait pendant des semaines.

4:44
Marine Le Pen

Au dernier moment, en réalité, après nous, d'ailleurs, ils ont décidé de confiner parce qu'ils étaient confrontés à l'explosion du virus. Le confinement, c'est quand on ne peut plus rien faire. La question, c'est qu'est-ce qu'on fait pendant le confinement ? C'est-à-dire, est-ce qu'on se sert du confinement, qui est effectivement la dernière solution quand on a raté toutes les autres, pour mettre en place, pour revenir à la première phase dont je vous parlais ? C'est-à-dire la maîtrise, la détection, le test et l'isolement. Pendant le premier confinement, j'avais dit, mais enfin, écoutez, tout le monde est confiné. Il faudrait tester tous ceux qui travaillent.

Profitons que tout le monde ait coincé pendant deux mois, quand même. C'est considérable pour pouvoir tester tous les gens qui sont à l'extérieur, qui travaillent, les soignants, toutes les personnes qui travaillaient dans les commerces de bouche, les éboueurs, enfin, tous ceux qui ont été essentiels, d'ailleurs, au fonctionnement du pays, les routiers. Comme ça, lorsque l'on sortira du confinement, eh bien, on arrivera sur un terrain qui aura été totalement assaini et où le virus ne circulera plus. On ne l'a pas fait. Question, qu'est-ce qu'on fait si le gouvernement décide demain de confiner ? On en profite pour faire quoi ? Vacciner massivement ?

Retester à nouveau de manière extrêmement précise ? Mettre en place l'analyse des eaux usées pour savoir où le virus continue à se développer ? Où on attend juste ? C'est-à-dire, on confine, on bloque les gens, ce qui est une atteinte quand même importante à leur liberté. Alors, il faut confiner ou pas ? On obtient un ralentissement. Il faut reconfiner ou pas ? Mais la question n'est pas là. Encore une fois, est-ce que les chiffres aujourd'hui obligent à confiner ? Je ne peux pas vous le dire parce que moi, j'ai participé pendant de nombreux mois à des réunions qui étaient organisées par le Premier ministre. Et puis un jour, il a décidé que je n'y participerai plus.

Donc le Rassemblement national ne participe plus aux réunions organisées par M. Castex.

6:34
Invité

Ils ne vous invitent pas à Matignon pour vous tenir informé régulièrement ?

6:37
Marine Le Pen

Non, ils ont changé les critères. Ils ont modifié les critères. Et aujourd'hui, ce ne sont que... Il a vraiment fallu qu'ils réfléchissent pour essayer d'exclure le Rassemblement national. Donc aujourd'hui, ce ne sont que les groupes représentés à l'Assemblée nationale.

6:50
Présentateur

Ce qui fait, Marine Le Pen, que vous n'avez pas de position sur la nécessité ou non de se reconfiner ?

6:54
Marine Le Pen

C'est-à-dire que je n'ai surtout pas de position sur la circulation effective du virus.

6:58
Présentateur

Les rapports du Conseil scientifique, par exemple, ne suffisent pas à se faire un...

7:00
Marine Le Pen

Je n'ai pas d'éléments précis. Le problème du Conseil scientifique, c'est que, si vous voulez, ils sont tous en désaccord les uns avec les autres. Ça, c'est un peu le problème. C'est pour ça que je dis... Il y a un seul avis du Conseil scientifique. Moi, j'appelle pour le... Oui, enfin, on sait qu'à l'intérieur, il y a des débats. On sait très bien qu'en ce moment, il y a des gens qui sont pour le confinement et des gens qui sont contre...

7:16
Présentateur

C'est le principe d'un Conseil scientifique. On débat et parfois, on cherche un consensus.

7:19
Marine Le Pen

Vous avez raison. Mais je crois que le plus important, c'est la décision politique, après. C'est-à-dire l'acceptabilité de la mesure. Alors, justement, vous craignez un ras-le-bol des Français s'il y a un reconfinement ? Oui, je crois que c'est très lourd. C'est très difficile. On risque ce qu'il se passe. Ils ont fait beaucoup de sacrifices. Les Français, ils ont été très obéissants, d'ailleurs. Honnêtement, par rapport à d'autres pays, ils sont résilients. Ils sont très respectueux des instructions qui sont données par le gouvernement. Et je pense qu'ils continueront à l'être, d'ailleurs.

Mais ce n'est pas pour ça qu'ils ne s'interrogent pas sur à quoi sert tout ça et combien de temps ça va durer. D'autant que dans le même temps, on n'en a pas parlé, mais on est quand même un peu obligés d'en parler. Dans le même temps, nous n'avons pas de vaccin national.

8:01
Présentateur

On va en parler dans un instant, si vous le permettez, Marine Le Pen. On s'interrompt juste le temps de fin d'info à 8h41 pour retrouver Mélanie Delaunay.

8:09
Invité

Sanofi va aider à conditionner les vaccins contre le Covid de son concurrent Pfizer. La ministre de l'Industrie veut que d'autres s'y mettent. Elle veut mobiliser toutes les capacités de production de vaccins. Agnès Pannier-Runacher parle sur France 2 d'opérations Commando. En plus de Sanofi, trois sites français pourraient mettre à contribution leurs lignes de production. La justice va dire aujourd'hui, si elle autorise de nouvelles expertises ADN dans l'affaire du petit Grégory, les parents veulent des analyses de courrier anonyme et de vêtements de l'enfant assassiné il y a 36 ans.

La pollution dans le métro parisien reste à un niveau préoccupant et les mesures de contrôle de la RATP sont insuffisantes, affirme l'association Respire, qui a évalué la qualité de l'air dans 10 stations de métro différentes. Il en ressort que la pollution aux particules fines dépasse parfois largement les seuils d'alerte. 300 bénévoles pourront faire une haie d'honneur pour accueillir les skippers du Vendée Globe, le nom du chenal au sable d'Olonne. La préfecture de Vendée l'autorise finalement. Les premiers navigateurs sont attendus ce soir. Après 80 jours en mer, Charlie Dalin est toujours en tête, mais son avance sur Boris Herrmann et Louis Burton se réduit.

9:11
Présentateur

Sur les vaccins Marine Le Pen, puisqu'on en parlait il y a quelques instants, il semble, je dis bien, il semble que vous ayez changé d'avis. Il y a tout juste un mois, vous expliquiez que vous préfériez attendre un vaccin traditionnel, car on n'a pas le recul nécessaire sur les vaccins à ARN messager, ça c'est moi qui l'ajoute. Il y a quelques jours, vous avez expliqué que finalement vous vous ferez bien vacciner quand votre tour viendra, puisque vous n'êtes pas dans les publics prioritaires. Est-ce que vous avez changé d'avis et si oui, pourquoi ?

9:43
Marine Le Pen

Non, je n'ai pas changé d'avis. La réalité, c'est qu'en décembre, on m'a interrogé et en décembre, on en était à une période où Pfizer avait juste donné un communiqué de presse. Si vous voulez, moi, je ne me fais pas vacciner sur la base d'un communiqué de presse. Donc j'avais dit, j'attends que mon médecin traitant ait l'ensemble des études qui ont été fournies par le laboratoire pour savoir si effectivement je vais me faire vacciner. Bon, entre temps, il y a eu ces éléments-là et donc moi, je me ferai vacciner le moment venu et je pense qu'il faut que les personnes âgées se fassent vacciner.

Si tant est que l'on respecte le délai existant dans la notice d'utilisation du vaccin entre la première et la deuxième injection...

10:19
Présentateur

C'est le cas, puisque le gouvernement a annoncé hier qu'on gardera bien les trois semaines.

10:22
Marine Le Pen

Il a eu raison, car je crois que les pays qui ont fait un choix différent prennent un risque important.

10:28
Invité

Deux laboratoires français, Pasteur et Sanofi, pour le premier, un échec. Pour le second, un retard sur le vaccin. Est-ce qu'il faut en tirer des leçons ?

10:36
Marine Le Pen

Non, mais c'est pire qu'un retard, Sanofi, pardon. Pour le moment, c'est un retard. C'est un plantage. Non, parce qu'ils abandonnent l'idée du vaccin sur lequel ils étaient partis pour revenir sur un vaccin ARN messager. C'est un véritable plantage. Mais c'est surtout la démonstration de l'effondrement de la France dans ce domaine. Nous n'avons pas de vaccin national. Nous sommes le seul pays du Conseil de sécurité à ne pas avoir notre vaccin. Enfin, je veux dire, pour la France, c'est évidemment la démonstration d'un déclassement qui est extrêmement inquiétant. À qui la faute ? Aux chercheurs ? Ah non, pas aux chercheurs.

La faute à la manière dont on finance ou qu'on ne finance pas la recherche. Ce sont deux groupes privés. Quand on voit que Sanofi touche 250 millions pour le crédit impôt recherche et vient d'annoncer qu'il mettait fin à l'engagement de 400 chercheurs, on se dit mais à quoi sert l'argent public qu'on déverse sur des structures qui en réalité ne sont plus des structures nationales. Donc il faut tout revoir, il faut revoir tout ça. Et il faut d'ailleurs anticiper parce qu'il y a des grandes chances pour que ce virus en réalité soit un virus maintenant saisonnier. C'est-à-dire qu'il revienne l'année prochaine, l'année d'après, c'est possible.

Eh bien, il faut à tout prix qu'on structure les moyens de production, d'abord de création de notre propre vaccin et de production de notre propre vaccin.

11:57
Présentateur

Comment on le fait dans le cadre de deux entreprises privées que sont Pasteur et Sanofi ?

12:00
Marine Le Pen

Eh bien, il faut avoir une entreprise publique, il faut recréer une structure qui soit une structure publique pour avoir la main en quelque sorte comme les Allemands d'ailleurs.

12:08
Présentateur

Il y a une grosse structure qui a été créée il y a deux ans par l'État, c'est l'IHU Méditerranée du professeur Raoult, qui n'a pas trouvé de vaccin, par ma connaissance en tout cas.

12:16
Marine Le Pen

Oui, non mais d'accord, ils n'ont pas trouvé de vaccin, ils n'ont pas non plus les moyens de recherche qu'ont l'immense laboratoire, enfin laboratoire, l'immense structure d'État des Allemands. Donc il faut restructurer cela, mais c'est maintenant qu'il faut y penser, c'est ça que je dis, il faut y penser maintenant, et dans le cadre d'une réindustrialisation, d'une indépendance et d'une souveraineté françaises, il faut envisager dès aujourd'hui de structurer les moyens de recherche et de production.

12:44
Présentateur

Là-dessus vous parlez presque comme Arnaud Montebourg.

12:46
Marine Le Pen

Oui, enfin c'est Arnaud Montebourg qui parle quand même un petit peu comme moi, parce que je dis ça depuis de très nombreuses années, vous savez. Mais aussi, il était ministre du redressement productif. Et d'ailleurs quand il a été, la bataille qu'il a menée, notamment dans le cadre d'Alstom contre les volontés d'Emmanuel Macron, j'ai toujours dit que je soutenais parfaitement cette démarche. Donc sur le plan de la défense, de l'indépendance, de la souveraineté du pays, du combat contre la vente systématique de nos pépites à des moyens étrangers, je suis sur la même ligne, nous sommes sur la même ligne avec Arnaud Montebourg.

13:23
Présentateur

Salut à moi-t-il.

13:24
Invité

Marine Le Pen, Gérald Darmanin envisage de dissoudre Génération Identitaire, ce groupuscule d'extrême droite après leur dernière action dans les Pyrénées. Est-ce que vous comprenez sa décision ?

13:35
Marine Le Pen

Écoutez, les éléments qui ont été donnés par Gérald Darmanin sont quand même un peu légers. Il a dit qu'il était... Scandalisé. Scandalisé. Donc ce qui scandalise M. Darmanin doit faire l'objet d'une dissolution. Ça, c'est pas l'État de droit.

13:48
Invité

Moi, j'en appelle... Les services du ministère de l'Intérieur vont chercher...

13:52
Marine Le Pen

Oui, oui, c'est ça. On va chercher. Oui, mais vous voyez, j'appelle à faire attention à ça, parce qu'on peut aller regarder un film qu'aime pas M. Darmanin, on peut écouter de la musique qu'aime pas M. Darmanin, et on peut accessoirement d'ailleurs adhérer à une association, pour ceux qui le souhaitent, qui scandalise M. Darmanin. Je voudrais rappeler à M. Darmanin, moi, la définition que donne la Cour européenne des droits de l'homme de la liberté d'expression. Parce que... Et ce qu'elle en tire comme conclusion.

La CEDH dit que la liberté d'expression, je lis, vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensive ou indifférente, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l'État, on est pile dans la définition, ou une fraction quelconque de la population. Là, c'est l'État qu'ils inquiètent, ou ce sont les humildrants quand ils vont ? Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture, sans lesquels il n'y a pas de société démocratique. Donc, attention que le ministre de l'Intérieur ne torde pas le droit, les grandes libertés publiques, parce qu'il n'apprécie pas tel ou tel aspect.

Il y a des tas d'associations que je n'apprécie pas, il y a des tas d'associations dont les actions me choquent, me heurtent, et pour ça, je ne réclame pas leur dissolution.

15:04
Invité

Même s'ils utilisent des drones pour repérer les migrants à la frontière, ce n'est pas gênant, ce n'est pas de la dénonciation, ça ?

15:08
Marine Le Pen

Je ne sais pas ce qu'il en est, encore une fois, de cela. Ce que je sais, c'est qu'ils font de l'agite propre, on peut apprécier ou ne pas apprécier la méthode. Mais que ces éléments-là ont déjà fait l'objet d'un traitement par la justice, et que la justice a considéré qu'il n'y avait rien à leur reprocher. Encore une fois, après, ça relève d'un sentiment personnel, mais sur le plan de l'état de droit, et moi, c'est ça qui m'intéresse, je dis attention, parce que je pense que le ministre de l'Intérieur est sur une pente dangereuse.

15:39
Présentateur

Alors Gérald Darmanin, toujours lui, qualifie votre parti Marine Le Pen, c'était hier dans les colonnes du Parisien, aujourd'hui en France, d'escroquerie intellectuelle, il vous reproche notamment de ne pas avoir voté la plupart des dispositions du projet de loi confortant les principes républicains, c'est le nouveau nom du projet de loi contre les séparatismes, est-ce que c'est exact ?

15:56
Marine Le Pen

Non, non, ce n'est pas exact, mais il y a un certain nombre d'articles qui me posent des difficultés, oui, c'est sûr. C'est sûr, et pour une raison très simple, c'est que je considère que ce projet de loi est totalement inefficace. Et je vais même aller plus loin que cela. Je pense que, comme d'habitude avec En Marche, en fait, ils font une loi qui tape sur absolument tout le monde, et donc qui attendent à la liberté individuelle de tout le monde, parce qu'ils sont incapables d'avoir le courage de s'attaquer précisément à ceux qui luttent contre la République française, à savoir...

16:28
Présentateur

Donc ce n'est pas une loi anti-musulman, comme on a pu l'entendre chez certains. Mais non, c'est au contraire, c'est eux qui font ça.

16:32
Marine Le Pen

Dans leur projet de loi, on ne cesse de parler de religion. On s'attaque à toutes les religions. On veut modifier la loi de 1905, qui est la loi, objectivement, qui a réussi à se mettre en place dans des conditions difficiles, mais qui, pour l'instant, a été plutôt équilibrée et respectée par toutes les religions. Là, on s'attaque à tout le monde. On s'attaque à l'instruction à domicile de dizaines de milliers de familles qui ne posent de problème à personne. Pourquoi ? Parce qu'il y a des islamistes qui, encore une fois, ne respectent pas les lois de la République. Mais attaquons-nous à l'islamisme. Et comment vous faites, vous ?

Eh bien, nous, nous allons présenter, je vais présenter vendredi un projet de loi de lutte contre l'islamisme. L'islamisme, c'est une idéologie totalitaire que je vais décrire et dont je vais exprimer les moyens de la contraindre pour la faire disparaître de notre pays.

17:22
Invité

Juste un exemple, la priorité pour vous, comment vous vous attaquez à l'islamisme, concrètement ?

17:26
Marine Le Pen

Par l'intermédiaire d'une loi. Partout, partout, l'islamisme s'exprime.

17:31
Présentateur

Avec les outils et en visant qui, précisément ?

17:32
Marine Le Pen

Mais en visant l'idéologie islamiste. Alors, je vais vous donner un exemple, par exemple, l'idéologie islamiste. Ce que le président de la République appelle l'islamisme radical. Bon. L'islamisme radical, il est absolument partout. Il se développe dans les administrations. D'ailleurs, le projet de loi l'envisage. Et ça, c'est plutôt la partie...

17:54
Invité

La neutralité des agents.

17:55
Marine Le Pen

La partie positive. Mais il se développe aussi dans l'entreprise. Rien dans la loi de Gérald Darmanin sur l'entreprise. Les chefs d'entreprise sont confrontés tous les jours. C'est privé ?

18:05
Invité

Les entreprises, par définition, elles sont privées ?

18:07
Marine Le Pen

Et alors ?

18:08
Invité

Et donc, c'est les chefs d'entreprise qui gèrent leurs entreprises ?

18:10
Marine Le Pen

Oui, le seul problème, c'est qu'aujourd'hui, quand un chef d'entreprise fait voter un règlement intérieur interdisant les revendications islamistes, eh bien, il peut être condamné par les tribunaux. Qu'est-ce que vous appelez, Marine Le Pen ? Il faut donc que la loi leur donne la possibilité aux chefs d'entreprise, précisément par l'intermédiaire du règlement intérieur, de pouvoir lutter contre les revendications islamistes de toute nature.

18:32
Présentateur

Marine Le Pen, on vous retrouve dans un instant. 8h51, le fil inférieur de l'honneur. J'allais vous donner des éléments, mais bon. A tout de suite.

18:38
Invité

C'est une première en France, une action de groupe contre les contrôles d'identité au faciès. Si le gouvernement n'agit pas dans les 4 mois qui viennent, les 6 associations qui mettent l'État en demeure comptent saisir la justice. Quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé, avait reconnu Emmanuel Macron le mois dernier. Un nouveau conseil de défense sanitaire va bientôt débuter. A l'Elysée, pas d'annonce de reconfinement à ce stade. La progression du variant britannique du Covid va être examinée de près. Il représente près d'un cas positif sur 10 en Ile-de-France selon une étude de l'APHP.

Un nouveau contretemps dans la campagne de vaccination contre le coronavirus. Les 500 000 nouveaux créneaux de rendez-vous seront finalement ouverts à la réservation après-demain, vendredi, avec 3 jours de retard sur ce qui était prévu. Une victoire et ils seront dans le dernier carré. Les handballeurs français affrontent la Hongrie ce soir en quart de finale du Mondial. France Info

19:35
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Marine Le Pen, vous êtes candidate déclarée à l'Elysée. L'élection est dans 15 mois maintenant. Votre parti vient de se séparer de 4 de ses salariés. Licenciements économiques pour faire des économies. D'autres départs à la retraite ne sont pas remplacés. Comment financer une campagne aussi importante et aussi coûteuse qu'une élection présidentielle quand on a un trou de 25 millions d'euros ? C'est le cas de votre parti dans ces caisses.

20:00
Marine Le Pen

Oui, enfin vous savez, il y a beaucoup de partis politiques qui ont des dettes. Ce n'est quand même pas non plus extraordinaire. Et l'important, c'est la capacité à les rembourser, ce que le Rassemblement national a toujours pu faire. Nous ferons ce que nous avons fait pour les élections européennes. Nous allons nous tourner auprès des Français puisque les banques ne veulent pas nous prêter, vous le savez. ce qui est un problème démocratique. Les banques françaises. Les banques françaises et les banques européennes d'ailleurs ne souhaitent pas nous prêter, ce qui pose un problème démocratique.

Mais Dieu merci, lors des Européennes, nous avons lancé un grand emprunt auprès de nos électeurs et ils nous ont donné les moyens de mener sereinement cette campagne européenne. Nous les avons remboursées et nous ferons donc la même opération auprès d'eux pour les élections présidentielles. Nous serons financés par les Français. Mais encore une fois, ce n'est pas parce que nous avons la capacité et qu'ils ont l'honneur d'accepter de financer la démocratie qu'il est normal d'admettre que la banque de la démocratie qui avait été une promesse d'Emmanuel Macron a été mise à la corbeille.

21:03
Invité

Vous pensez vraiment que les Français veulent revoir le match de 2017, Marine Le Pen, votre duel avec Emmanuel Macron ?

21:09
Marine Le Pen

En tout cas, c'est ce que je suis obligé de tirer des sondages qui ont été effectués depuis 4 ans et qui, depuis la dernière élection présidentielle, énoncent la possibilité, l'image, la photo d'un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Mais en réalité, ce n'est pas tellement une question de personne. C'est une rivalité qui est fondamentale et les Français l'ont bien compris entre deux visions radicalement différentes. C'est la vision nationale que je porte et la vision mondialiste que porte Emmanuel Macron. C'est entre ces deux grands choix de société, choix qui n'a pas été véritablement tranché en 2017, qu'il va falloir choisir.

Peut-être, je ne sais pas, peut-être un peu de ma faute. Peut-être que je n'ai pas été assez pédagogue pour faire comprendre aux Français l'importance, encore une fois, de ce choix.

21:59
Présentateur

Vous avez dit notamment, je vous cite Marine Le Pen au sujet du débat d'entre-deux-tours face à Emmanuel Macron. Vous l'avez dit récemment dans un documentaire. Je l'ai raté. C'est moi qui le dis comme ça. J'étais trop offensive. Je ne me cherche aucune excuse. Si ça se reproduit un jour, est-ce que vous serez meilleure ? Est-ce que vous avez changé ? Est-ce que vous avez davantage travaillé qu'à l'époque ?

22:17
Marine Le Pen

Il faut espérer quand même qu'on tire quand même les leçons de ses erreurs. Donc, oui, très certainement, je changerai de stratégie. Ce ne sera pas la même Marine Le Pen en 2022. Ce qui sera très important, c'est, je crois, que tous les Français comprennent qu'il y a un grand choix à faire et que si on continue avec le mondialisme qui est porté par Emmanuel Macron, alors nous irons de mal en pis et que ces choix attendront à notre liberté, à nos libertés, à notre indépendance, à notre souveraineté, à nos capacités de rebond pour nos enfants, mais aussi à notre prospérité et à notre sécurité. C'est donc quelque chose d'essentiel.

Il a fallu deux fois pour trancher entre le libéralisme et le socialisme. Et il a fallu deux présidentielles. Il faudra peut-être deux présidentielles pour trancher entre le choix national et le choix mondialiste.

23:07
Invité

Marine Le Pen, il y a la présidentielle et dans la foulée, il y a les élections législatives. Qu'est-ce que vous pensez de l'initiative de François Bayrou qui remet sur la table la question de la proportionnelle ?

23:16
Marine Le Pen

Je suis évidemment tout à fait... Je le regarde de manière tout à fait positive parce que je crois beaucoup à la proportionnelle. Je crois qu'une des raisons des crises systématiques que nous vivons et notamment celle des Gilets jaunes, c'est l'absence de représentativité du peuple français à l'Assemblée nationale. Très clairement, nous sommes le premier parti de France ou un des deux premiers partis de France, disons-le. Et nous avons six députés sur 577. Ce n'est pas possible, ça. Ça ne peut pas fonctionner comme ça.

23:48
Présentateur

Ça mène ainsi parfois à la situation qu'on connaît en Italie, pas plus tard qu'hier, avec un nouveau changement de gouvernement, un changement de premier ministre tous les six mois. Et ça s'appelle la 4ème République.

23:57
Marine Le Pen

Non mais mieux vaut... Est-ce qu'il vaut mieux qu'on travaille à trouver des majorités au sein de l'Assemblée nationale ou est-ce qu'il vaut mieux que des centaines de milliers de gens descendent dans la rue parce qu'ils ont le sentiment que les débats ne se déroulent pas à l'Assemblée nationale et donc qu'il faut qu'ils se déroulent dans la rue ? Non, moi je ne le crois pas. Et je crois en plus que la proportionnelle en réalité est une forme de stabilité et non pas d'instabilité.

24:17
Présentateur

Comme le souhaite François Bayrou pour trancher cette question.

24:20
Marine Le Pen

Si Emmanuel Macron n'a pas le courage d'assumer les promesses qu'il a pu faire aux Français car c'est une promesse d'Emmanuel Macron alors et s'il faut en passer par un référendum on en passera par un référendum. Mais objectivement tous les partis quasiment sont pour la proportionnelle. 75% des Français sont pour la proportionnelle parce qu'à un moment donné on peut aller dans le sens de ce que souhaitent les Français quand il s'agit d'un élément aussi important pour le fonctionnement démocratique.

24:45
Présentateur

Merci à vous Marine Le Pen.