Désindustrialisation : François Ruffin dénonce "40 ans de dirigeants qui ont laissé faire le marché et les financiers"
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France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
Et dans le grand entretien ce matin avec Benjamin Duhamel, nous recevons le député de la Somme, président de son mouvement Debout. Chers auditeurs, vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour François Ruffin. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. On va parler évidemment de l'état de l'industrie en France avec la fermeture annoncée de trois usines. Novasco, on va parler du budget aussi, accepterez-vous le compromis ? Mais d'abord, François Ruffin, la France est sous le choc depuis jeudi dernier et l'assassinat de Mehdi Kessassi enterré hier à Marseille. Un point de bascule, a dit hier le ministre de l'Intérieur.
Un assassinat d'intimidation pour faire taire son frère Amine Kessassi engagé contre le narcotrafic. Je ne me tairai pas, dit-il ce matin dans une tribune au Monde et il interroge. Que fait l'état ? Il doit comprendre l'état qu'une lutte à mort est engagée. Est-ce que vous faites le même constat ? Oui. D'abord présenter mes condoléances à la famille de Mehdi Kessassi et saluer le courage de Amine qui refuse le silence et qui refuse leur mère ta.
Quand on avait organisé un colloque à l'Assemblée Nationale, j'avais laissé une chaise vide sur l'estrade parce qu'on avait une témoin, une mère de famille qui devait venir et qui à la dernière minute s'est décommandée par peur, par crainte des représailles. Et cette peur-là, elle est aujourd'hui dans tous les quartiers populaires. Quand c'est des parents qui disent à leurs enfants comment pour aller au collège, ils doivent emprunter un chemin et éviter les points de deal. Et qu'en rentrant, il faut qu'ils les appellent pour être rassurés qu'ils sont bien rentrés de l'école. Voilà la peur. Il y a les victimes, il y a les morts, mais au-delà de ça, il y a la peur.
Et je dis, ce sont les nôtres, ce sont les familles populaires qui sont touchées. Et face à ça, on a un État qui fait semblant, qui a mené jusqu'ici des opérations de sécurité qui étaient davantage des opérations de communication.
Juste, François Ruffin, on va venir sur les solutions. Quand vous parlez des quartiers populaires et du constat, chez vous, dans votre circonscription, dans la Somme, vous voyez aussi ce phénomène de narcotrafic ?
Et je l'ai dénoncé depuis longtemps, même je peux dire depuis 20 ans. Et chez moi, il y a eu un gamin avec qui j'ai joué au ping-pong et qui m'a battu, qui s'appelle Sofiane, qui était un collégien, qui avait 14 ans. Et un commando est rentré dans sa maison, cagoulé, cherchant son grand frère, le trouvant pas, et allant abattre les deux jumeaux dans leur lit le matin. Et il y a eu trois morts en un an de cette nature-là. Voilà ce qui se passe. Et donc, je dis, il y a ces victimes-là, mais il y a la peur que ça engendre.
C'est une mère de famille qui voit ce qui se passe devant chez elle, qui n'ose pas sortir, qui n'ose pas le dire, parce qu'elle se demande s'il y avait des représailles sur elle.
Sur l'État, qui ne ferait que de la communication, qu'est-ce qu'il faudrait faire de plus ? Vous avez, depuis quelques jours, dans le débat, ceux qui, notamment si l'on parle de la gauche, Fabien Roussel, le patron du Parti Communiste, dit qu'il faut être beaucoup plus sévère, il faut davantage d'effectifs. Vous avez à l'inverse, à la France Insoumise, qui explique qu'il ne faut pas de mesures autoritaires, qu'il faut un changement de doctrine. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? Qu'est-ce qu'on doit faire différemment pour lutter contre le narcotrafic ?
Il faut avancer sur deux pieds. Et j'en ai discuté avec Jérôme Durin, le sénateur socialiste, qui portait la proposition de loi sur le narcotrafic. Il y a un volet répression. Il y a un volet prévention. Cette guerre contre la drogue a se mené de l'extérieur et de l'intérieur. Ça veut dire quoi ? De l'extérieur, il nous faut une police. Une police qui reste, et pas seulement une police qui passe. Une police qui reste dans les quartiers et derrière, une police judiciaire qui a des moyens d'intervention.
Donc c'est la police de proximité, c'est la solution quand on a des gens qui tirent à la Kalachnikov sur des jeunes ?
La police de proximité, vous savez, elle a son utilité. Pourquoi ? Parce qu'elle ramène de l'information. Elle est au contact des habitants. Elle est au contact des associations. Et deux, il faut de la police judiciaire qui puisse aller taper les gros bonnets au porte-monnaie jusqu'à Dubaï. Ça, c'est le volet répression et il le faut pleinement. Et aujourd'hui, il n'y a pas les moyens de ce côté-là. Et d'ailleurs, c'est de réclamer dans la tramine de Amen Kessassi, il dit qu'il faut doter les enquêteurs et la police de moyens. Mais pourtant, vous vous êtes abstenu lors du vote de la loi narcotrafic qui créait, je rappelle, un parquet spécialisé qui élargit le statut de repenti.
Pourquoi vous ne l'avez pas voté, cette loi ? Parce qu'il y a un deuxième volet qui est complètement absent. C'est le volet prévention. C'est que cette guerre contre la drogue, on ne l'emportera pas seulement de l'extérieur. Les principales forces de résistance, elles sont à l'intérieur. Ce sont les familles, ce sont les parents, ce sont les centres sociaux, ce sont les associations, ce sont les clubs sportifs. Et sur ce plan-là, qu'est-ce qu'il y a ? Il n'y a rien. Il y a 5000 contrats adultes relais qui sont supprimés. Il y a le budget politique de la ville qui, cette année encore, continue de diminuer.
Je rebondis sur la question de Florence. Est-ce qu'il n'y a pas, parfois à gauche, une forme de frilosité quand il s'agit effectivement de durcir la loi, le parquet spécialisé dans la lutte contre la criminalité organisée, les réactions également quand des prisons de haute sécurité ont été mises en œuvre ? Est-ce que là-dessus, il n'y a pas une forme de frilosité quand il s'agit de durcir les dispositifs ?
Je vous dis de mon côté, monsieur Duhamel, il n'y a zéro frilosité. Ça fait des années que je mène le combat qu'auprès de mon préfet, je dis attention à ce qui se passe à cet endroit-là, cet endroit-là, cet endroit-là. Pourquoi ? Parce que je sais que ce sont les nôtres qui sont touchés. Ce sont les familles populaires qui sont en première ligne et qui vivent mal et qui vivent dans le malaise. Donc, je vous dis, on n'emportera pas cette guerre contre la grogue seulement avec des forces extérieures. Il faut un appui puissant aux forces intérieures. Quand on a un plan Borloo qu'on a laissé tomber à l'eau, on ne peut pas... Et d'ailleurs, c'est dit aussi dans la tribune d'Aminité Sassi.
Il dit, voilà, lutter contre l'échec scolaire parce que sinon, c'est de la main-d'œuvre qui est apportée aux narcotrafiquants.
Il y a effectivement ces deux gens mais il y a aussi la question de la responsabilisation des consommateurs. Emmanuel Macron hier dit quand on achète de la cocaïne ou du cannabis, on est complice. Est-ce que vous pourriez dire la même chose ? Est-ce qu'il a raison le président de la République ?
Je veux bien... Je suis contre la responsabilisation du consommateur en général y compris sur Chine et ainsi de suite. Ce n'est pas mon raisonnement. D'accord ? Maintenant, je vais vous dire qu'il y a deux drogues différentes là-dedans. Et je veux que...
Attendez, pardon, ce que dit Emmanuel Macron et ce qui avait d'ailleurs été dit par d'autres responsables politiques, Éric Dupond-Moretti, c'est de dire quand on achète une barrette de shit, quand on achète du cannabis, à la fin, on alimente ce trafic qui donne ce genre de...
Il n'a rien à voir avec le fait d'acheter des fringues sur Chine. Il n'a absolument rien à voir. Est-ce que vous croyez, M. Duhamel, on a un million de consommateurs quotidiens de cannabis ? Est-ce que vous croyez qu'on va réussir à éliminer cette consommation quotidienne ? Donc ils n'y sont pour rien ces consommateurs de cannabis ? Ne déplaçons pas là où on peut agir. D'accord ? Et je vais vous dire sur le cannabis, moi, ma position a évolué. Pourquoi ? J'ai un général de gendarmerie qui est venu à ma permanence qui m'a dit on perd notre temps, on perd notre énergie, on ne va pas y arriver.
Et donc, là où on ne peut plus agir parce que c'est devenu une consommation tellement massive, oui, je suis favorable à ce qu'on légalise ça et qu'en revanche, on se concentre à fond, pleinement, sur ce qui est appelé aujourd'hui un tsunami blanc. Donc la cocaïne.
Vous avez déjà acheté
ou consommé de la drogue ? Il m'est arrivé de fumer deux fois dans ma vie et je vais vous dire ça m'a produit tellement des mauvais rêves que je n'ai pas du tout renouvelé cette expérience. Mais donc vous ne dites pas ce matin aux consommateurs qu'il faut arrêter pour éviter que ce genre de drame arrive ? Je dis qu'il faut arrêter d'abord pour leur santé, il faut arrêter d'abord pour leur santé, il faut arrêter pour nourrir ce trafic, mais est-ce que quand on a la moitié des adultes qui ont consommé de la drogue aujourd'hui et on a un million qui consomment du cannabis quotidiennement, est-ce qu'on va y arriver sur ce chemin-là ? Ce n'est pas comme ça qu'on va endiguer M. Jamel.
Je vous assure qu'aujourd'hui on a la possibilité d'aller taper les gros bonnets aux porte-monnaies et on ne le fait pas. Donc il faut agir sur ce terrain-là. François Ruffin on va en venir à un autre sujet qui vous tient à cœur c'est la désindustrialisation qui s'invite de nouveau dans le débat avec la fermeture annoncée de 3 des 4 sites de l'acieriste Novasco 549 salariés sur le carreau l'État va poursuivre en justice l'investisseur Grébul qui n'a pas tenu ses engagements qu'est-ce qu'on aurait pu faire François Ruffin pour sauver cette entreprise parmi les dernières à produire de l'acier en France est-ce qu'on peut encore faire quelque chose ? D'abord le tableau général c'est quoi ?
C'est qu'on a la part de l'industrie dans le PIB qui est passée sous la part des 10% ça ne nous est jamais arrivé on est au niveau de la Grèce ça veut dire quoi ? ça veut dire que derrière ça il y a 40 ans 40 ans de gouvernement 40 ans de dirigeants qui laissent faire qui laissent faire le marché qui laissent faire les financiers c'est le cas de Novasco mais c'est le cas aussi de Arcelor qu'on a donné aux indiens de chez Mittal qui la refusent d'investir donc qu'est-ce qu'il faut faire ?
1 il faut protéger protéger deux choses il faut se protéger par l'Est des importations c'est-à-dire de la Chine de l'Inde des importations à bas coût qui aujourd'hui détruisent notre industrie donc ça veut dire faire du protectionnisme ?
et bien oui je suis partisan moi du protectionnisme depuis 20 ans à l'échelle de l'Europe à l'échelle de l'Europe si elle veut bien le faire et il faut des taxes aux frontières il faut des barrières douanières il faut des quotas d'importation il faut identifier 100 produits stratégiques on va pas le faire sur tout mais qu'il s'agisse des aliments des médicaments de l'armement de l'acier évidemment on identifie 100 produits stratégiques sur lesquels on se protège et 2 il faut protéger le capital plutôt que d'aller faire la danse du vent sur la Tchouz France pour faire venir les capitaux étrangers et les fonds de pension et les financiers on doit s'en protéger ce sont 1500 entreprises françaises qui sont passées aux fonds de pension américains là vous citez Novasco vous citez je cite Arcelor je peux ajouter Tesser une marque que connaissent tous les français mais juste attendez protéger le capital ça veut dire quoi concrètement ?
ça veut dire que on empêche les fonds de pension étrangers d'acquérir des entreprises françaises en particulier dans des domaines stratégiques comme France en Europe
simplement quand on regarde la situation de l'acier en France et en Europe il y a bien évidemment et c'est vraisemblablement le cas pour Novasco des investisseurs qui ne se sont pas bien comportés ou qui n'ont pas tenu leurs engagements mais il y a plus généralement une situation qui veut que ça coûte plus cher en France qu'en Asie de produire de l'acier que les coûts de l'énergie sont plus importants est-ce qu'il n'y a pas une tendance de fond contre laquelle il ne suffit pas de dire il faut faire du protectionnisme ou effectivement empêcher que le capital puisse partir dans des fonds de pension ?
Cette tendance de fond c'est ce qu'on a laissé faire je dis maintenant il faut arrêter de laisser faire je le dis depuis 20 ans mais oui si on laissait faire il n'y aura plus de sidérurgie dans notre pays donc qu'est-ce qu'il faut faire ?
Un, on se protège deux, on protège le capital mais ça veut dire qu'on mobilise le capital national quand on a 2000 milliards d'assurance vie quand les français n'ont jamais autant épargné Michel Barnier avait proposé par exemple un livret industrie moi je propose la mobilisation du capital national troisièmement les tarifs de l'électricité bah oui c'est un scandale qu'on en soit sur des tarifs de l'électricité européens qui flottent au gré des marchés alors qu'on a une production nationale avec EDF et nos centrales nucléaires et qu'on peut avoir une consommation nationale donc il faut fixer un tarif et que ça soit un tarif qui soit régulé enfin quatrième point les aides publiques on doit avoir des aides publiques qui soient ciblées là on arrose de manière générale vous savez les 200 milliards d'euros bon mais il faut cibler sur les PME par exemple quand on donne 1 million d'euros au PME ça crée 13 emplois quand on donne 1 million d'euros à des FIMR ça crée 0,6 emplois on est dans un rapport
François Riffin juste je rebondis sur cette question des aides sociales vous avez un discours ce matin pour dire il faut protéger davantage l'industrie française il faut éviter que ces entreprises ne ferment qu'il y ait des licenciements dans le même temps quand vous êtes à l'Assemblée nationale et que vous discutez du budget vous votez en faveur d'un certain nombre d'impôts qui sont votés leur application ça c'est une autre question est-ce qu'on peut être favorable à l'industrie française et dans le même temps passer sa journée à voter des milliards d'euros d'impôts en plus ça veut dire que est-ce que franchement c'est la meilleure chose pour inciter ces grands groupes à investir et donc à créer de l'emploi en France vous savez
ces grands groupes ont supprimé de l'emploi depuis 10 ans ils ont supprimé 100 000 emplois depuis 10 ans donc c'est pas par les grands groupes que ça passera c'est par les TPE et les PME mais oui vous pouvez faire des grands yeux monsieur Duhamel qu'est-ce qui se passe quand par exemple on nous dit on va supprimer la CV la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises 75% c'est pas pour l'industrie 75% c'est pour la grande distribution c'est pour les banques et on a que 25% pour l'industrie mais de manière générale monsieur Duhamel je veux vous dire ce qui se passe depuis 40 ans parce qu'on comprend rien à la situation politique de notre pays si on n'y met pas au coeur la question industrielle on a fait les dirigeants ont fait un choix qui est de plonger la France dans cette mondialisation quand est-ce que les français ont voté pour ça quand est-ce que les français ont voté pour eux le libre-échange avec la Chine quand est-ce que les français ont voté pour les traités du GATT quand est-ce que les français ont voté pour les élargissements européens
peut-être en consommant des produits qui sont importés
hors de l'Europe et bien on ne vote pas avec son caddie on vote avec son bulletin de vote et les français ont dit une fois ce qu'ils ont pensé ils l'ont dit il y a 20 ans ils l'ont dit le 29 mai 2005 et ils ont dit à ce moment-là à 55% et à 80% parmi les ouvriers nous ne vous ont pas la concurrence libre et démonfossé nous ne voulons pas la libre circulation des capitaux et des marchandises vous dire qu'à partir parce qu'on a des dirigeants qui vont dans une direction où les citoyens où les français où les gens ne veulent pas aller et c'est dans ce gouffre-là qu'on vient tuer la démocratie François Ruffin vous dites que le salut passera par les TPE-PME est-ce qu'il passera aussi par l'État ?
Est-ce qu'il faut nationaliser ArcelorMittal une proposition de loi des insoumis sera présentée aujourd'hui en commission des finances on estime le coût d'une nationalisation à 3 milliards d'euros est-ce que vous la soutenez cette proposition ? Oui pleinement Pourquoi ?
Parce que d'une part il faut établir de la protection ça c'est au niveau européen il doit y avoir une protection sur l'acier il est en train de se mettre en place de manière très imparfaite et il faut aller plus vite bon mais deuxièmement on a là un industriel Mittal qui est un géant et qui refuse d'investir qui refuse d'investir sur le site de Foix-sur-Mer qui refuse d'investir sur le site de Dunkerque alors que l'État est prêt à mettre 870 millions d'euros sur la table quand le capital le patron les PDG les sanctionnaires refusent de faire leur travail et d'investir et bien oui on doit prendre le relais et c'est ce qui est là proposé
Et on a les moyens dans le moment budgétaire de trouver 3 milliards d'euros pour aller nationaliser ArcelorMittal avec toujours la même question qui est celle que je vous posais tout à l'heure de la pérennité de l'acier en France et en Europe c'est mettre 3 milliards d'euros pour aider une entreprise en difficulté
Monsieur Duhamel je pense que vous faites des émissions ici pour dire qu'il est nécessaire qu'on ait une industrie de défense sur notre continent comment vous allez avoir une industrie de défense si vous n'avez pas d'industrie tout court et si vous n'avez pas de sidérurgie en particulier mais vous savez tout ici regardez les micros ils sont faits avec quoi ? ils sont faits avec de l'acier ma montre elle est faite avec quoi ?
elle est faite avec de l'acier la siège sur laquelle je suis assis est faite avec de l'acier on dit que l'acier c'est l'industrie de l'industrie si on se prive de cette base là on renonce à avoir une industrie dans notre continent mais finalement le raisonnement que vous avez là c'est celui de nos dirigeants depuis 40 ans moi j'essaye François Réquin d'apporter une forme de contradiction la contradiction que vous apportez c'est celle de nos dirigeants depuis 40 ans ils ont fait un choix ils ont fait un choix que de dire que l'industrie c'est le passé c'est dépassé ça pue, ça pollue il faut s'en débarrasser et ils s'en sont débarrassés ça a été Arcelor ça a été Alcatel ça a été Alstom ça a été Péchiné ils se sont débarrassés de tout ça et bien on voit que maintenant ça doit changer
Encore un mot avant de parler du budget rapidement vous allez déposer une proposition de loi qui vise à interdire les licenciements économiques ou plus exactement à contrôler ces licenciements économiques pour s'assurer qu'il y a un motif réel et sérieux quand des groupes décident de licencier là encore question très précise et pragmatique si vous mettez en oeuvre cette proposition et qu'un groupe a le choix d'investir entre eux et d'implanter une usine entre la France et l'Italie France où il y aurait un tel dispositif Italie où il n'y en aurait pas est-ce que vous pensez cela va faire le choix d'investir en France
Mais moi je pense à toutes les industries qui existent aujourd'hui dans notre pays à toute l'industrie nationale qui peut se développer dans notre pays et simplement vous dire vous vous placez là mais qu'est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui on a par exemple chez Tesser demain c'est un groupe britannique qui a racheté la marque Tesser qui a liquidé là en un an on a liquidé avec Carlsberg 120 millions d'euros de trésorerie et on va dire aux salariés il y a un motif économique voilà pourquoi on vous le licencie et dans 2-3 ans il y aura un tribunal qui viendra juger qu'il n'y a pas de motif économique mais l'industrie n'existera plus et les gens ils seront sur le carreau François Ruffin vous êtes député vous siégez donc en ce moment à l'Assemblée en plein examen chaotique du budget la gauche a obtenu un certain nombre de concessions de la part du gouvernement la suspension de la réforme des retraites la hausse de la fiscalité vous qui vous disiez il y a 3 ans social-démocrate vous allez le voter ce budget vous êtes très haut je dis toujours je suis social et démocrate mais le problème de la social-démocratie c'est qu'elle fait ça fait 40 ans qu'elle n'a pas fait grand chose de social et qu'elle n'est pas démocrate parce qu'avoir été démocrate ça aurait été respecté par exemple le vote sur le traité constitution européen de 2005 ok vous allez le voter ou pas ce budget il y a plusieurs volets dans le budget le volet sur les dépenses de la sécurité sociale et bien on a nettoyé un certain nombre de choses il n'y aura pas de taxation sur les apprentis il n'y aura pas de taxation sur les tickets des restaurants sur les chèques vacances sur un certain nombre de choses comme ça il n'y aura pas de gel des retraites donc ce volet là je veux dire je suis assez satisfait du travail qui a été effectué malheureusement on n'a pas pu aller jusqu'au vote bon en revanche sur le volet recettes on n'y est pas du tout moi sur le volet recettes j'avais dit écoutez donc ça ne suffit pas sur le volet recettes j'ai dit vous me trouvez 15 milliards vous me trouvez 15 milliards sur les grandes fortunes vous faites comme vous voulez vous relevez la taxe sur les dividendes vous mettez en place la taxe Jutman vous mettez en place un impôt de solidarité sur la fortune vous imposez les grandes transmissions vous faites ce que vous voulez donc il n'y a pas assez d'impôt pour les plus riches il n'y a rien sur les recettes il n'y a rien en revanche sur les dépenses on a nettoyé le budget comme il fallait donc en l'état pas possible de voter ce budget je ne peux pas voter un volet recettes c'est clair on n'assure pas pour que si jamais je veux qu'il y ait de la lutte contre le narcotrafic à Marseille et dans tout le pays ça suppose que l'état dispose de moyens et là il ne fait pas le nécessaire pour disposer de recettes et aller chercher des moyens 50 milliards d'euros sur les entreprises dit le président du MEDEF je pense qu'il délire il n'y a rien là je vous assure il n'y a rien l'état des lieux qui a été effectué par les fonctionnaires de l'Assemblée Nationale comme point d'étape sur le volet budget on était à moins 2 milliards ou à plus 1 milliard donc on ne sait pas trop mais je veux dire on n'assure pas des recettes supplémentaires aujourd'hui à l'état
François Ruffin avec Florence on voulait vous soumettre ce matin un sondage publié hier par l'IFOP et qui a suscité beaucoup de commentaires une enquête sur le rapport à la religion des musulmans en France qui constate que l'intégrisme progresse surtout chez les jeunes un musulman sur trois qui éprouve de la sympathie pour une mouvance islamiste 81% des 18-25 ans sont des qui considèrent que la religion a raison lorsqu'elle s'oppose à la science sur la question de la création du monde le port du voile qui dans cette même tranche d'âge donc 18-25 ans passe de 16% à 45% en l'espace de 20 ans est-ce qu'il vous inquiète ces chiffres ?
je vais vous répondre monsieur Duhamel mais permettez-moi d'abord d'avoir un message de fraternité à l'égard de nos compatriotes musulmans qui là se lèvent le matin allument leur radio ou leur télé et entendent à nouveau leur foi accusée pourquoi ?
pourquoi parce que vous savez il y a c'est un sondage qui les interroge et je crois que ici tout le monde fait la différence entre ce qu'est la pratique de l'islam et là des dérives qui sont catégorisées comme étant intégristes je vais vous répondre monsieur Duhamel
mais il faut mesurer l'usure la fatigue voire la souffrance de nos compatriotes musulmans quand on a des chaînes de télé qui sont tout entières consacrées à venir les pointer du doigt et les stigmatiser pour moi il y a des visages de ça vous savez quand j'ai Mohamed qui chez moi est un cadre de la SNCF est trésorier d'un club de foot et qui vient me dire moi je me sens français pleinement français et pourtant je dis à mon fils prépare-toi à ne pas avoir un avenir en France
mais François Ruffin pardon mais personne ne conteste ça là on vous soumet avec Florence des chiffres qui montrent une sorte de tendance rigoriste et vous nous répondez sur la stigmatisation et certains que vous croisez c'est quoi ? est-ce qu'il y a une forme de déni à gauche sur la progression d'un rigorisme
vous savez monsieur Duhamel que je ne suis pas dans ce déni non je ne suis pas dans ce déni mais je tiens à dire que l'organisation du débat public aujourd'hui y contribue à une stigmatisation régulière de nos compatriotes musulmans or la difficulté c'est qu'aujourd'hui on a deux séparatismes qui sont alliés on a un séparatisme de l'extrême droite oui vous pouvez faire les grands yeux pourquoi ?
non mais c'est pas ça c'est que là on vous interroge
sur des chiffres précis et ça fait deux minutes que vous ne répondez pas mais si je vous réponds sur ce qui se passe dans le pays sur pourquoi il y a cette réaction là dans le pays on a deux séparatismes qui sont alliés on a un séparatisme de l'extrême droite qui ne veut pas que les musulmans fassent partie de la république et on a de l'autre côté un séparatisme de l'islam radical qui veut se mettre en marge de la république et le rapport qui était paru au printemps dernier remis à Bruno Retailleau et Gérald Darmanin qu'est-ce qu'ils disaient ?
dans ses recommandations ils disaient ceci il faut envoyer des signes forts et positifs à destination de la communauté musulmane et ils citaient l'enseignement de l'arabe dans les collèges et ils citaient les carrés musulmans dans les cimetières pourquoi ? pour que les musulmans se sentent pleinement appartenir à la république une question politique au standard parce qu'on a des auditeurs qui veulent vous parler François Ruffin on accueille Marc bonjour Marc vous nous appelez de Corse et vous avez une question à poser à monsieur le député
oui bonjour merci beaucoup de prendre ma question en fait je voulais demander bonjour à François Ruffin s'il regardait ce qui se passait depuis quelques mois maintenant aux Etats-Unis où il y a un vrai réveil de la gauche alors c'est vrai que ce réveil il est lié à l'arrivée de la tornade fasciste Trump mais l'élection du maire de New York Zornandani en Californie Gavin Newsom et la Californie va être le premier Etat américain qui va réussir à mettre en place une taxe contre les super milliardaires c'est en train d'être mis en place ça va être voté à l'été prochain donc est-ce que les Etats-Unis finalement curieusement ne pourraient pas la gauche américaine ne pourraient pas être une source d'inspiration très prolifique pour la gauche française qui alors j'allais dire François Ruffin ne fait pas partie de la bande mais quand même qui roupit quand j'entends François Hollande encore invité sur France Inter je me demande ce que François Hollande fait encore sur France Inter voilà donc est-ce que la gauche américaine
on invite toute la classe politique Marc-François Ruffin sur le regard que vous portez et peut-être les influences que vous pourriez tirer de la gauche américaine
je regarde ce qui se passe évidemment aux Etats-Unis comme ailleurs et quand j'entends Bernie Sanders qui tirait comme conclusion de la victoire de Trump l'an dernier que quand les démocrates abandonnent les travailleurs il ne faut pas s'étonner que les travailleurs abandonnent les démocrates j'en fais une leçon pour nous maintenant je veux dire qu'il faut faire attention parce que oui on a la victoire de Mamdani à New York et tant mieux on a une victoire en Californie et tant mieux mais qu'est-ce qui se passe dans le cœur du pays américain et on ne gagnera pas seulement avec la côte ouest et la côte est et il en est de même en France
Ce que vous voulez dire François Ruffin là encore sans toujours dupliquer des situations qui ne sont pas les mêmes c'est que quand vous entendez des responsables politiques de gauche à la France Insoumise qui célèbre ces victoires américaines il passe un peu à côté des phénomènes de fond et notamment du Rassemblement National en France
Je dis que les bonnes nouvelles elles sont bonnes à prendre qu'on doit en tirer des leçons que par exemple c'est une primaire qui a permis à Mamdani d'émerger à New York et donc c'est peut-être quelque chose à regarder aussi mais maintenant je veux dire la gravité du moment on ne va pas se la raconter là il y a quasiment une victoire à renoncer de l'extrême droite avec une entrée de Marine Le Pen ou Jordan Bardella à l'Elysée nous nous avons pour devoir dans les quelques mois qui nous restent de venir étonner la catastrophe et je veux dire c'est pas Raphaël Glucksmann Olivier Faure Marine Tondelier François Ruffin Jean-Luc Mélenchon vous pouvez mettre tous les noms qui vont y arriver ma conviction c'est que le seul chemin pour y parvenir ça sera les gens le peuple les citoyens ma question c'est comment on fait pour faire qu'il y ait des millions de personnes qui surgissent c'est pour ça que j'ai dit primaire une primaire populaire une primaire geyser une primaire de débordement parce que les deux favoris à gauche ne veulent pas si jamais on a deux millions de personnes qui se saisissent dans le butin comme on reprend son destin en main et bien ensuite ils se sentent engagés sur un chemin et ça réancre la gauche dans tous les coins du pays et j'espère dans tous les cantons merci François Ruffin député debout de l'Assemblée nationale député de la Somme merci
François Ruffin