Le choc de l'abstention, le dernier défi de Macron - Reportage #cdanslair 22.06.2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
« Bienvenue à l'Elysée ! Bienvenue à toutes et tous ! » Une ambiance de fête qui détonne pour un lendemain de défaite. Hier soir, la musique résonne dans la cour de l'Elysée, mais toujours aucun mot du président sur la déroute de son parti au régional, comme si de rien n'était. Emmanuel Macron, qui prend même le temps de poser avec la star canadienne Justin Bieber, en visite au palais. Pourtant, au même moment, une autre partition se joue en France, celle de l'entre-deux-tours des régionales et ses grandes manœuvres. Retrait de la gauche en PACA pour faire barrage au RN, fusion des listes de gauche en centre Val-de-Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes.
Fusion des listes de gauche aussi en Ile-de-France. Hier après-midi, après 12 heures de tractation, c'était enfin l'heure de la photo de famille pour Julien Bayou, Clémentine Autain et Audrey Pulvar.
Il y a un espoir, dimanche, de l'emporter pour mettre la région Ile-de-France sur la voie de la transition écologique dans la justice sociale. Il y a eu beaucoup d'abstention, mais avec les scores que nous avons tous les trois réalisés, nous sommes en mesure de rivaliser avec la présidente sortante.
Pour leur premier déplacement commun, ils ont choisi Aubert-Villiers, au moins d'un habitant sur quatre à voter le week-end dernier. Mais pas toujours facile à trois de convaincre les électeurs. Bonjour. Ce père de famille ancien infirmier a voté pour la France insoumise au premier tour. Et moi, je suis juste inquiet, parce qu'au niveau de l'alliance... Mais de là à voter pour l'union des gauches... On a eu quand même un gouvernement Hollande qui a continué la classe du service public hospitalier. Donc d'un côté, je suis d'accord que, pourquoi pas, la gauche et la gauche unies passent à la droite.
Mais ce qu'on veut, c'est casser la politique de droite, justement, et la politique qui est de casse du service public. Donc moi, dimanche, pour aller voter, je ne sais pas trop. Parce que j'ai confiance en Clémentine, par exemple. Ce n'est pas vous, madame. Mais envers la politique du PS, beaucoup moins, en fait. Au même moment où presque à une quinzaine de kilomètres de là, l'actuelle présidente de région, elle aussi, est sur le terrain. Au programme de la journée, un déplacement à Alfortville, commune sinistrée par les intempéries.
Non, ça aurait pu être très, très violent, on aurait pu avoir des morts.
Arrivé en tête avec 36% des voix au premier tour, Valérie Pécresse pourrait bien se faire rattraper par l'alliance de la gauche, contre laquelle elle ne mâche pas ses mots.
Aujourd'hui, le PS en Ile-de-France, il a perdu son âme. Il a accepté de faire une alliance avec les amis de M. Mélenchon. Oui, il y aura un choix de société à faire dimanche. Et oui, ce sera serré. Parce qu'en Ile-de-France, rien n'est gagné. C'est pour cela que j'appelle à la mobilisation de tous les Franciliens. Qu'ils ne se laissent pas, j'allais dire, endormir par les très bons résultats du premier tour. En Ile-de-France aujourd'hui, cette alliance de la gauche radicale et de la gauche extrême, elle peut l'emporter. Et ce serait une catastrophe. Ce serait une catastrophe pour l'Ile-de-France. Ça la conduirait à la faillite économique et à la faillite républicaine.
Reste deux autres listes. Celle du Rassemblement national.
Et le sursaut est nécessaire.
Et de la République en marche. Dans les deux cas, hors de question de renoncer au second tour. Le moindre siège au Conseil régional est bon à prendre.
Moi, je veux que les voix de la majorité présidentielle pèsent. Je veux que nous soyons constructifs demain à la région. C'est-à-dire que quand quelque chose sera positif, nous puissions l'accompagner. Mais aussi que nous soyons une vigie. Que nous soyons en contrôle de ce qui se fera pour le quotidien des habitants.
Lorsqu'on disait il y a quelques semaines que l'on pouvait être la première force d'opposition à Valérie Pécresse en région Ile-de-France, tout le monde nous riait au nez. Donc nous sommes aujourd'hui, c'est vrai, la première force d'opposition à Valérie Pécresse en Ile-de-France. Mais en Ile-de-France comme ailleurs, les électeurs du Rassemblement national ne se sont pas déplacés. Donc moi, je les appelle à aller voter.
En Ile-de-France, le taux d'abstention a atteint un niveau record au premier tour, près de 70%. Autant d'électeurs que chaque liste espère convaincre d'ici dimanche.
Clémentine Autain