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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 novembre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asile

Présidentielle américaine, crise sanitaire, petits commerces... Le "8h30" franceinfo" de Laurent Jacobelli

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse partielle

    Est-ce que le Rassemblement National félicite enfin Joe Biden ce matin ?

  • 2:16RelanceÉludée

    Qu'est-ce qui ferait que le Rassemblement national dise que Trump a perdu, Biden a gagné ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Le gouvernement a écarté tout allègement du reconfinement. Vous comprenez cette décision ?

  • 6:50OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il est temps de mettre en œuvre en France le vote par correspondance ?

  • 9:11OuverteRéponse directe

    Le gouvernement a écarté tout allègement du reconfinement. Vous comprenez cette décision ?

  • 11:33RelanceRéponse directe

    Comment vous vous positionnez par rapport aux petits commerçants qui souffrent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:17Invité politiqueFait
    « Les principales agences nationales qui ont été chargées de surveiller le scrutin au niveau national, au niveau local, disent que cette présidentielle est la plus sûre de l'histoire des États-Unis. »
  • 10:53Locuteur non identifiéChiffre
    « On nous avait promis 12 000 lits de réanimation. C'était M. Véran qui nous avait regardés dans les yeux, qui nous avait dit ça. »
  • 11:10Locuteur non identifiéFait
    « Est-ce que vous savez qu'on peut toujours arriver en France en provenance d'une zone très largement infestée par le virus, sans test et sans contrôle ? »
  • 12:19Locuteur non identifiéChiffre
    « Il y a une étude des Etats-Unis qui vient de sortir, réalisée sur 98 millions de personnes, donc c'est une étude qui, je pense, est fiable, et qui montre que le lieu public où l'on se contamine le moins, ce sont les petits commerces. »
  • 17:20Locuteur non identifiéChiffre
    « Il y en a 51 seulement qui seraient expulsables sur 4011. »
  • 22:26Locuteur non identifiéChiffre
    « Est-ce que vous savez par exemple qu'il y a un fonds européen le FEDER qui a donné à cette même entreprise 24 millions d'euros pour construire un site en Pologne ? »
  • 23:16Locuteur non identifiéFait
    « Ces contreparties c'est quoi ? Interdiction de délocaliser, interdiction de faire des licenciements purement économiques, interdiction d'utiliser des travailleurs détachés. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié55 %
  • Laurent Jacobelli19 %
  • Présentateur13 %
  • Invité10 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info du samedi. Myriam Ancawa, et là bonjour Myriam. Bonjour Mathéo, bonjour à tous. Journaliste à la chaîne parlementaire, notre invitée ce matin est le porte-parole du Rassemblement National.

0:16
Laurent Jacobelli

Bonjour Laurent Jacobelli.

0:18
Présentateur

Bonjour.

0:18
Laurent Jacobelli

Bienvenue sur ce plateau, cela fait pile une semaine aujourd'hui que Joe Biden a été désigné vainqueur aux Etats-Unis sur la base des suffrages exprimés et décomptés dans la quasi-totalité des Etats. Pour la première fois, Donald Trump a évoqué hier soir la possibilité d'une défaite. On va l'écouter, c'est au détour, une petite phrase au détour d'une allocution sur la crise sanitaire à la Maison Blanche.

0:42
Invité

Cette administration n'imposera pas de confinement. Je pense que l'OTAN nous dira quelle administration nous aurons, mais quoi qu'il se passe à l'avenir, qui sait, je peux vous dire que cette administration n'imposera pas de confinement.

0:54
Laurent Jacobelli

Est-ce que le Rassemblement National félicite enfin Joe Biden ce matin ?

0:59
Locuteur non identifié

Écoutez, à ce que je sache, les juges américains n'ont pas encore jugé l'ensemble des recours que le président Trump a effectués. Dans une démocratie apaisée, on attend en général que l'administration reconnaisse la victoire d'un des candidats, surtout lorsqu'il y a des doutes, surtout lorsqu'il y a des recours. Moi, je suis un peu surpris.

1:17
Laurent Jacobelli

Les principales agences nationales qui ont été chargées de surveiller le scrutin au niveau national, au niveau local, disent que cette présidentielle est la plus sûre de l'histoire des États-Unis.

1:29
Locuteur non identifié

Eh bien, tant mieux. Je pense que la démocratie a tout à y gagner. Maintenant, il reste six États dans lesquels les 17 recours des avocats de Donald Trump ont lieu. Attendons les résultats. Nous verrons bien qui a gagné. Mais de ce que je me souviens, lorsque M. Al Gore avait demandé le recontage en Floride, la presse américaine et la presse française ne s'étaient pas pressées pour déclarer la victoire de George Bush Jr. Faisons la même chose. Moi, je suis un petit peu surpris quand même que la chasse au Trump ait été lancée, que beaucoup médias se soient félicités.

1:57
Présentateur

Les écarts étaient quand même beaucoup plus réduits.

1:59
Locuteur non identifié

Tout à fait. Mais gardons les principes. Moi, je pense que qui décide du futur président des États-Unis, ce n'est pas la presse, ce n'est pas une forme d'intelligentsia, c'est le peuple américain.

2:09
Laurent Jacobelli

Mais comment vous qualifiez alors ce moment-là, cette transition bloquée ?

2:12
Locuteur non identifié

On est dans un entre-deux. Nous attendons le feu vert ou le feu rouge.

2:16
Présentateur

Mais qu'est-ce qui serait votre feu vert ? Qu'est-ce qui ferait que le Rassemblement national... Est-ce qu'on tourne autour du pot ? Qu'est-ce qui ferait que le Rassemblement national dise, bon, ben voilà, Trump a perdu, Biden a gagné, on passe à autre chose ?

2:25
Locuteur non identifié

Eh bien, écoutez, lorsque les recours auront été jugés, lorsque les administrations ou les juridictions concernées se seront prononcées, le Rassemblement national, évidemment, félicitera et reconnaîtra le vainqueur.

2:36
Laurent Jacobelli

Donc vous attendez la justice, ce n'est pas la parole de Donald Trump qui donne le la du Rassemblement national ?

2:41
Locuteur non identifié

Évidemment non, mais ce n'est pas non plus la parole de Joe Biden, ce n'est pas non plus la parole de la presse internationale. Moi, je suis, je vous le dis, très choqué du deux poids deux mesures dans le traitement de l'info. Je suis très choqué que quand on fait le portrait de Joe Biden, on fasse une caricature de Donald Trump, que quand on explique le programme de Joe Biden, on ridiculise le programme de Donald Trump. Finalement, il n'a pas un mauvais bilan, ni économique, ni sur le traitement des minorités, ni sur la question de l'immigration. Et c'est d'ailleurs...

3:08
Laurent Jacobelli

C'est un modèle ? C'est un modèle ? C'est un modèle ? Pour le Rassemblement national ou pour Marine Le Pen ?

3:12
Locuteur non identifié

Non, je pense que, d'abord, on n'a pas besoin de modèle, on a nos propres valeurs. Mais je pense qu'il a montré, et c'est probablement ce qui gêne aussi, qu'on pouvait être souverainiste, on pouvait être fier de son pays, on pouvait être patriote, et en même temps, faire relancer l'économie, ce qu'il a fait en étant protectionniste. On pouvait avoir une vraie idée de la nation et en même temps, ne pas faire la guerre. C'est le premier président des États-Unis depuis longtemps qui n'est pas allé faire la guerre à l'extérieur. On pouvait avoir un discours qui était fier de son histoire et en même temps, assurer l'essor des minorités. Je pense qu'il a cassé un certain nombre de caricatures.

3:47
Présentateur

Pour revenir sur l'élection américaine, Laurent Jacobelli, Joe Biden a été proclamé, c'est même pas désigné, a proclamé vainqueur par rapport aux suffrages exprimés dans la quasi-totalité des États, en tout cas ceux qui ont fini de compter. Vous dites que ce n'est pas la presse qui élit des présidents, ce n'est pas la presse qui décide, c'est la justice ou ce sont les suffrages. Est-ce que ce n'est pas un peu un jeu dangereux ? Ça reviendrait à dire, sur ce cas précis, mais vous savez très bien que le climat en ce moment est compliqué, ce n'est pas un peu dangereux de considérer que la presse ment forcément en l'espèce sur cette élection américaine ?

Et vous savez que je peux faire référence à d'autres sujets d'actualité.

4:22
Locuteur non identifié

Je dis que la presse s'est précipitée. Peut-être a-t-elle pris ses désirs pour des réalités. En revanche, une élection, elle ne se fait que par un moyen, c'est le résultat de l'urne, c'est le vote des citoyens. Mais là, ils ont voté il y a dix jours, ce n'est pas de la précipitation. Mais il y a encore six États qui sont dans le doute. Soit vous avez des informations que je n'ai pas et partageons-les, soit vous ne les avez pas. Et comme moi, vous devez être dans l'attente du résultat. Probablement, probablement, Joe Biden peut gagner. Vous avez raison si vous dites ça. Mais dire Joe Biden a gagné avant que ces six États se prononcent me paraît prématuré.

4:54
Laurent Jacobelli

Ça pose aussi la question des faits dans le débat démocratique. Et ça m'amène à ce film Hold Up qui fait couler beaucoup d'encre, truffé de fake news et de thèses complotistes, près de trois heures autour de cette question qui prétend démontrer que la crise sanitaire est une vaste manipulation des médias et des politiques. Est-ce que vous condamnez ce film ce matin ?

5:17
Locuteur non identifié

Je ne suis pas sûr que le mot condamner soit le bon mot. Je ne suis une fois encore pas juge ni arbitre des élégances. En tout cas, moi, ce reportage, je dois le dire, me met mal à l'aise parce qu'il fait le lien entre différentes choses. Il en tire des conclusions où il estime qu'il y a derrière un complot qui me paraît, en tout cas, parfois un peu fantaisiste. Ceci n'empêche qu'un certain nombre d'effets relevés sont réels et que... Lesquels précisément ? Lorsqu'il parle, par exemple, du cafouillage sur les masques, lorsqu'on peut...

5:44
Laurent Jacobelli

Parce qu'il y a aussi beaucoup de choses qui sont fausses.

5:46
Locuteur non identifié

C'est ce que j'ai dit. C'est compliqué. Je pense que vous avez entendu ce que j'ai dit. Mais ce n'est pas parce qu'il y a des choses fausses qu'il n'y a pas des choses vraies. Une fois encore, je pense que l'amalgame qui peut être fait entre un certain nombre de faits est dérangeant. Et d'ailleurs, il y a eu beaucoup de médias qui ont révélé ce qui était vrai et ce qui était faux. Je dois dire que les fake news, il y en a eu beaucoup dans cette crise du coronavirus. Le port du masque n'est pas utile, fake news. L'étude de Lancet sur l'hydroxychloroquine, fake news. Bref, depuis le début, il y a des fake news sur ça.

Je pense que malheureusement, le flou entretenu par le gouvernement, un certain nombre de mensonges d'État qui a pu avoir lieu, prête le flanc.

6:23
Laurent Jacobelli

Donc tout est relatif, tout ce vaut et ce film n'est pas dangereux ?

6:25
Locuteur non identifié

Non, vous n'avez pas entendu ce que j'ai dit. Je n'ai pas dit ça du tout. J'ai dit simplement que quand on veut soi-même faire le procès d'un certain nombre de documentaires ou de médias, il faut être soi-même tout à fait parfait et tout à fait transparent, ce qui n'avait pas été le cas du gouvernement. Mais les fautes des uns n'excusent pas les fautes des autres.

6:45
Présentateur

Un dernier mot sur les États-Unis et sur l'élection. On passera à d'autres sujets après, notamment la gestion de la crise sanitaire. Justement, est-ce qu'il est temps de mettre en œuvre en France le vote par correspondance ? Il y a un débat en ce moment sur le modèle américain, justement. Il y a un débat en France. Est-ce que vous êtes pour ou contre, vous personnellement, et vous, Rassemblement National ?

7:02
Locuteur non identifié

C'est drôle, cet anachronisme. On vient de voir aux États-Unis que le vote par correspondance était, on va dire, source de suspicion réelle ou pas. Nous verrons bien ce que ça dira. Et c'est pile le moment où on choisit pour réintroduire le débat en France. Non, clairement, soyons sérieux. On a arrêté avec le vote par correspondance en 1975 à cause des risques de fraude. Ne revenons pas à un système où il y aurait doute. Je pense que la parole politique est aujourd'hui suffisamment mise en question. Il y a un écart qui se fait entre la population et ses élus. Il ne faut pas maintenant introduire le doute dans le vote. Gardons le vote tel qu'il est.

7:37
Présentateur

Dans un instant, on continue à parler ensemble. Laurent Jacobéli, jusqu'à 9h dans le 8.30 France Info à 9h-20. C'est Diane Farchit qui revient pour le fil info.

7:47
Invité

Avec la fermeture des rayons non essentiels, le chômage partiel concerne désormais les salariés de la grande distribution. 90 000 personnes chez Carrefour, selon les informations de France Info. Avec deux jours par semaine pour les salariés des bureaux, deux à trois jours pour les rayons non essentiels fermés. Un jour par quinzaine aussi pour les caissières ou encore les vigiles. Les syndicats dénoncent une fraude. L'appel à l'aide pour les quartiers prioritaires. Une centaine de maires et de responsables d'associations adresse une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Il lui demande à ce que 1% du plan de relance soit consacré à ces territoires, soit 1 milliard d'euros.

On sent bien que ceux qui vont payer le prix le plus fort de cette crise sanitaire, ce sont les populations de nos quartiers. S'inquiète sur France Info, le maire d'Arras, Frédéric Le Turc. Gérald Darmanin recevra les représentants des principaux cultes lundi. Après ses déclarations sur la verbalisation de croyants rassemblés devant des églises pour célébrer la messe. De telles célébrations se sont tenues dimanche dernier à Nantes et à Versailles. Entre autres, plusieurs manifestations de catholiques sont prévues ce week-end. Les Bleus à Lisbonne ce soir pour l'avant-dernière journée de la phase de poule de la Ligue des Nations.

Objectif d'écrocher la première place du groupe face au Portugal pour accéder aux demi-finales. Coup d'envoi à 20h45, une rencontre à vivre sur France Info.

9:04
Présentateur

France Info. Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National, est notre invité ce matin sur France Info avec Myriam Ancawa.

9:10
Laurent Jacobelli

On va parler à présent de la crise sanitaire. Le gouvernement a écarté jeudi soir tout allègement du reconfinement. On va écouter Jean Castex, le Premier ministre.

9:17
Invité

Il serait irresponsable de lever ou même d'alléger le dispositif dès maintenant. Nous avons donc décidé ce matin de maintenir inchangé, au moins pour les 15 prochains jours, les règles du confinement.

9:37
Laurent Jacobelli

Voilà, pas question de desserrer les règles jusqu'au 1er décembre, au moins. Vous comprenez cette décision du gouvernement ?

9:43
Locuteur non identifié

Écoutez, on n'avait pas le choix. On a été mis au pied du mur par une gestion chaotique, voire fantaisiste, de la crise de la Covid depuis le début. Malheureusement, les bonnes décisions qui auraient pu nous empêcher de nous retrouver dans cette situation n'ont pas été prises en matière de tests, en matière d'isolement, en matière de contrôle des aéroports. Alors voilà, on est dans cette situation où maintenant les Français trinquent à cause de l'indigence du gouvernement dans la gestion de cette crise.

Ceux qui trinquent le plus, ce sont les personnes âgées, qui se retrouvent souvent dans des situations de solitude, de désespérance, parce qu'elles sont isolées de leur famille et du reste de la population, et évidemment les petits commerces et les restaurateurs.

10:21
Laurent Jacobelli

On va y venir, mais au moins on voit, alors il faut rester très prudent, mais qu'il y a un début de ralentissement avec ces décisions drastiques, le ralentissement de la circulation du virus, c'est Santé publique France qui l'explique, et stabilisation du nombre d'admissions à réanimation. On s'en félicite ce matin au Rassemblement National ?

10:39
Locuteur non identifié

Mais évidemment que tous les indicateurs qui vont dans un sens optimiste nous rassurent et nous font plaisir. Maintenant, ce qui leur a été beaucoup plus intelligent, c'est pendant les huit mois qui nous ont séparés du premier confinement, du deuxième confinement, que des décisions soient prises, on nous avait promis 12 000 lits de réanimation. C'était M. Véran qui nous avait regardés dans les yeux, qui nous avait dit ça. Rien n'a été fait, ou quasiment rien. Le président de la République lui-même nous avait dit, en cas de deuxième vague, nous serons prêts. Et nous ne sommes pas plus prêts que pour la première vague. Bref, on voit bien que rien n'a été fait. Même pire, les aéroports.

Est-ce que vous savez qu'on peut toujours arriver en France en provenance d'une zone très largement infestée par le virus, sans test et sans contrôle ? Les rares tests qui existent aujourd'hui, c'est pour les Français qui partent vers l'étranger. Cette politique incohérente qui nous amène ensuite à prendre des restrictions sur nos libertés individuelles, et sur notre quotidien, et sur l'avenir économique de beaucoup d'entreprises, doit être ici dénoncée.

11:33
Présentateur

Et ça doit être compliqué en ce moment d'être dans l'opposition en général, parce que vous seriez tenté de soutenir les petits commerçants qui souffrent en ce moment, qui ne peuvent pas rouvrir, qui s'inquiètent pour la période de Noël. Les soutenir, soutenir leur réouverture, y compris là maintenant, alors que c'est interdit, ça revient à soutenir des choses qui sont interdites. Donc comment vous faites ? Comment vous vous positionnez par rapport à ça ? Ah ben alors, sans aucun complexe.

11:54
Locuteur non identifié

Nous soutenons la réouverture des petits commerces, en toute légalité, mais nous demandons au gouvernement de changer son fusil d'épaule.

12:01
Présentateur

Mais là par exemple, si quelqu'un veut ouvrir, on sait que c'est le cas d'un commerçant à Toulouse, aujourd'hui, alors que ce n'est pas autorisé, vous ne le soutenez pas ?

12:06
Locuteur non identifié

On le comprend, mais respect de la loi, évidemment, nous sommes un parti légitimiste, mais j'aimerais quand même que l'on comprenne à quel point ces mesures sont absurdes. Il y a une étude des Etats-Unis qui vient de sortir, réalisée sur 98 millions de personnes, donc c'est une étude qui, je pense, est fiable, et qui montre que le lieu public où l'on se contamine le moins, ce sont les petits commerces. Pourquoi est-ce que les petits commerçants ont été les victimes de la politique du gouvernement ? Il nous dit, on a le droit de continuer à travailler. Oui, tout le monde, sauf les petits commerces. On a le droit de continuer à acheter des choses. Oui, tout le monde, sauf le petit commerce.

Qu'on m'explique, moi, pourquoi il est plus dangereux d'aller chez son coiffeur, chez sa fleuriste, si on est seul ou si on est deux dans le magasin avec un masque, qu'on s'est lavé les mains au gel hydroalcoolique, en quoi est-ce plus dangereux que d'aller dans un supermarché, que de prendre le métro ou que d'aller travailler dans une grande entreprise ?

12:54
Laurent Jacobelli

Franchement que si on avait des règles à la carte, parce que quand on en arrive à un reconfinement, on sait bien qu'il n'y a plus d'autres solutions.

12:59
Locuteur non identifié

Oui, c'est à l'échelle, vous avez raison.

13:00
Laurent Jacobelli

Non, la question c'est, est-ce qu'on pourrait, de façon extrêmement précise, et faire du sur-mesure, quand on en arrive, à ces données sanitaires-là ?

13:10
Locuteur non identifié

On pourrait faire au moins preuve de bon sens. C'est-à-dire, plutôt que de dire, un magasin qui vend du pain est moins dangereux qu'un magasin qui vend des fleurs, on pourrait mettre en place des critères, qui soient des critères, je dirais, architecturaux, qui est la surface, qui est la disposition des lieux, qui est les règles sanitaires, et les commerçants sont prêts à le faire. Bref, des règles intelligentes. On a un petit peu l'impression que le gouvernement réagit, lit d'hôpital ouvert après lit d'hôpital ouvert, en prenant des mesures faciles, en termes de communication, mais probablement inefficaces.

13:41
Laurent Jacobelli

En attendant, c'est vrai que ces règles sont transgressées par une majorité de Français qui le reconnaissent. 60% d'entre eux expliquent qu'ils ont déjà outrepassé ces règles, notamment la règle du kilomètre. Il y a un débat qui monte sur la question démocratique dans la prise de décision. Jean-Luc Mélenchon fustige le conseil de défense, comité secret à ses yeux, sans légitimité. Et François Hollande, l'ancien chef de l'État, dénonce l'absence de décision collective. On va l'écouter. Il était sur France Inter cette semaine.

14:11
Invité

Décider solitairement, dans un cénacle étroit, sans associer l'ensemble des forces vives, le Parlement, les élus locaux, les syndicats, les partenaires sociaux et les organisations professionnelles, le patronat, ça me paraît être une démarche qui ne peut pas, aujourd'hui, produire de l'unité et du consensus.

14:32
Laurent Jacobelli

Il y a un problème démocratique dans la prise de décision aujourd'hui ?

14:34
Locuteur non identifié

Oui, c'est évident. Vous aurez réussi l'exploit à me mettre d'accord avec François Hollande, vous vous rendez compte ? Et avec Jean-Luc Mélenchon ? Et même avec Jean-Luc Mélenchon. On est dans un pays où on a à prendre des décisions difficiles. Pour qu'une décision soit acceptée, il faut qu'elle soit partagée. Moi, je suis surpris de la mise à l'écart du Parlement, par exemple, dans ces décisions. Je suis surpris que la voix de l'opposition n'ait pas été écoutée.

14:56
Laurent Jacobelli

Il valide la prolongation de l'état d'urgence systématiquement ?

14:59
Locuteur non identifié

Il est devant le fait accompli. Il n'y a pas de débat. Vous avez vu, quand il y a un débat, dans quel état ça met le ministre de la Santé, qui dit aux députés d'opposition, mais sortez d'ici si vous n'êtes pas d'accord. Bref, tout ça est un petit peu inquiétant. Imaginez une autre gestion de la crise. Imaginez que les commerçants aient été vus en amont et qu'on ait, avec eux, élaboré un protocole sanitaire. La situation serait beaucoup plus calme. S'il y avait eu la même chose avec les parents d'élèves, les professeurs et les instituteurs, la situation serait beaucoup plus calme.

Et Marine Le Pen a fait un certain nombre de propositions, par exemple, notamment sur le contrôle des aéroports, sur les masques, sur l'élaboration d'un plan stratégique. Et elle n'a été écoutée en rien. Les faits ont montré qu'elle avait eu raison en tout. Est-ce que vous ne trouvez pas que cette gestion autocratique, idéologique de la crise est à côté de la plaque ?

15:42
Présentateur

Dans l'actualité sanitaire, il y a ces fidèles catholiques, on en parlait il y a un instant sur France Info, qui, faute de pouvoir aller à la messe, parce que c'est interdit en ce moment, se rassemblent à l'extérieur pour prier ensemble. Ça a été le cas à Nantes et à Versailles le week-end dernier. C'était le cas aussi à Saint-Sulpice, à Paris, hier. Gérald Darmanin a averti hier sur France Info que des sanctions pourraient tomber. Est-ce qu'en l'espèce, il a raison d'être intransigeant ?

16:04
Locuteur non identifié

Je pense que Gérald Darmanin a d'autres dossiers à gérer. Voilà. Gérald Darmanin nous explique fièrement qu'il a expulsé en trois mois 48 radicalisés étrangers. 48 sur 4100 radicalisés étrangers. Donc, plutôt que de s'en prendre à des gens qui veulent pratiquer leur foi, plutôt que de s'en prendre à des commerçants, plutôt que de s'en prendre à des gens qui vont sur la plage, il ferait mieux, je pense, de mobiliser les forces de l'ordre là où c'est réellement utile. Vous savez, à faire le shérif avec un pistolet à eau, je pense qu'il se décrédibilise.

16:37
Présentateur

Radicalisés en situation irrégulière, c'est autour de 400. Non, attendez. En situation irrégulière, j'entends.

16:42
Locuteur non identifié

Radicalisés étrangers, ça suffit. Oui, oui. Non, mais attendez, il y a plus de 4000 radicalisés étrangers.

16:47
Présentateur

Sur les 8000 fichiers S ?

16:49
Locuteur non identifié

Sur les 8000 radicalisés, je parle des fichiers S, des fichiers qui sont, le fichier, vous savez, des radicalisés. Pas seulement les fichiers S. Il y en a 4000. 4000 personnes qui croient que l'islam politique est plus fort que les lois de la République et qui sont prêts à s'en prendre à nos concitoyens et à nos valeurs. On nous explique que sur ces 4000, il y en a qui ne sont pas étrangers, qui sont binationaux. Ceux-là, on n'y touche pas. Pourquoi ? Des chances de nationalité et expulsion. Ça me paraît logique. Attendez. On nous explique que parmi ces 4000, il y en a qui sont en prison auxquelles on ne peut pas toucher, etc.

Bref, quand vous faites le décompte et vos confrères du Midi Libre l'ont fait, il y en a 51 seulement qui seraient expulsables sur 4011. Il faut changer les règles. Il faut que ces 4000 personnes partent du territoire national. On ne peut pas garder chez nous des gens qui veulent nous tuer. C'est clair.

17:31
Présentateur

Mais juste pour en revenir aux fidèles catholiques, très rapidement, vous disiez tout à l'heure qu'il fallait respecter le confinement. Là, quand on se rassemble dans la rue, on ne le respecte pas. Oui, d'accord, c'est vrai. Mais est-ce que s'en prendre à eux, ce n'est pas un petit peu plus simple que d'aller dans certains quartiers où on ne va plus ? Vous restez avec nous jusqu'à 9h, évidemment, à 8h50. C'est le Fil Info qui revient avec Dan Ferschit.

17:49
Invité

Le nombre de patients atteints du coronavirus en réanimation se stabilise. Un peu en dessous de 4900. Santé publique France relève 467 morts en 24 heures. Le confinement et la fermeture de commerces non essentiels se poursuivent. Et c'est désormais la grande distribution qui fait appel au chômage partiel. 90 000 personnes concernées chez Carrefour. Une fraude pour les syndicats qui dénoncent un véritable scandale. Sur France Info, le maire d'Arras, Frédéric Le Turc, dit voir un nombre de personnes au RSA qui augmentent dans les quartiers prioritaires davantage de familles qui ont du mal à payer leur nourriture et fait partie des signataires de la lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron.

Une centaine de maires et de responsables d'associations qui lui demandent à ce qu'un pour cent du plan de relance un milliard d'euros soit destiné à ces quartiers. Le sujet a divisé la majorité droite mais le Sénat vote pour le doublement du congé paternité de 14 à 28 jours. Les sept premiers jours seront obligatoires. La mesure entrera en vigueur le 1er juillet prochain. Le temps nous dira à quelle administration nous aurons. Les mots de Donald Trump qui semblent laisser entrevoir une possible défaite de sa part à l'élection présidentielle pour sa première prise de parole depuis le scrutin. Il s'est surtout exprimé sur le coronavirus. L'épidémie étant en pleine flambée aux Etats-Unis.

Donald Trump promet un vaccin pour le mois d'avril.

19:06
Présentateur

Le porte-parole du Rassemblement National. Oui, je l'ai bien dit. Laurent Jacobelli avec nous jusqu'à 9h sur France Info, Myriam.

19:12
Laurent Jacobelli

Alors, vous nous avez expliqué qu'il fallait adapter notre état de droit pour lutter contre le terrorisme, la menace islamiste. Il y a un autre texte avant le texte sur le séparatisme qu'on attend début décembre qui arrive à l'Assemblée Nationale en début de semaine. Il concerne la sécurité des Français, protéger ceux qui nous protègent, les policiers. Une polémique. Elle monte en ce moment sur l'interdiction à certaines conditions de diffuser des images de policiers en opération sur Internet. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que le gouvernement donne des gages aux forces de l'ordre ?

19:45
Locuteur non identifié

Je pense que d'abord il faut soutenir nos forces de l'ordre qui vivent dans une situation très difficile. Le nombre d'agressions de policiers mais d'ailleurs de tous les représentants de l'État, pompiers, gendarmes, etc. a augmenté. Et évidemment, on ne peut pas livrer ceux qui nous protègent en pâture en laissant apparaître leur visage, par exemple. On a vu souvent, malheureusement, qu'on pouvait s'en prendre à leur famille et rechercher où ils habitaient ou aller leurs enfants à l'école. Le défenseur des droits

20:08
Laurent Jacobelli

dénonce avec cet article précis de cette proposition de loi une atteinte fondamentale à la liberté d'informer.

20:13
Locuteur non identifié

Non mais on peut informer et flouter un visage, par exemple. Ça se fait.

20:16
Laurent Jacobelli

Alors, ce n'est pas ce qui est prévu dans le texte, pas de floutage. Ce qui est prévu, c'est qu'on interdise si l'atteinte est physique ou psychique à cette personne, à ce policier.

20:26
Locuteur non identifié

Est-ce que c'est bien ficelé ? Je vais vous dire, il ne faut pas se tromper d'ennemi. L'ennemi, ce n'est pas le policier. Jamais. Par principe, le policier doit être soutenu, doit être protégé et on doit lui donner le bénéfice du doute dans toutes les circonstances. Contrairement à ce qu'avait fait M. Castaner avant. Nos policiers, je pense, ne doivent pas être livrés en pâture. Donc, tout ce qui les protégera sera le bienvenu.

20:47
Laurent Jacobelli

Les vidéos qui circulent sur Internet, pas seulement filmées par des journalistes, ça peut être aussi des citoyens lanceurs d'alerte. Je pense effectivement aux conditions de l'interpellation de Cédric Chouvia. Elles sont les bienvenues. Elles permettent de garantir un cadre démocratique, y compris quand les forces de l'ordre dérapent.

21:04
Locuteur non identifié

C'est une question délicate. Évidemment, personne ne veut que les forces de l'ordre dérapent et tout dérapage doit être condamné. On est très clair là-dessus mais il faut garder à l'esprit que le dérapage est l'exception dans l'exercice de la police.

21:17
Laurent Jacobelli

La fille de Cédric Chouvia estime que sans cette image, il n'y aurait pas eu

21:22
Locuteur non identifié

d'enquête. Sachez aussi qu'un certain nombre de délinquants filment maintenant systématiquement leur provocation aux policiers pour espérer un dérapage et que la vidéo est devenue un outil de protection pour un certain nombre de voyous ou de malfrats en se disant si jamais le policier dérape je serai protégé. Donc je pense qu'il ne faut pas rentrer dans ce jeu dangereux dans lequel on a mis le doigt. On a mis le doigt dans un engrenage où aujourd'hui la parole du policier, l'action du policier est mise sur le même plan que celle de multi-récidivistes. Il faut que ça cesse et il faut que maintenant on protège les policiers et personne d'autre.

21:56
Présentateur

L'actualité de la semaine a aussi été marquée par Bridgestone qui persiste et signe ferme son usine de Béthune laissant plus de 800 salariés sur le carreau. Ça veut dire que l'État définitivement ne peut pas tout. Est-ce qu'on peut faire crédit à ce gouvernement d'avoir au moins essayé ou d'avoir des solutions encore sous le coude ? Non.

22:14
Locuteur non identifié

Non, c'était chronique d'une mort annoncée et on voit là le résultat d'une mondialisation sauvage. On le voit là le résultat de la perte de contrôle de notre économie. Est-ce que vous savez par exemple qu'il y a un fonds européen le FEDER qui a donné à cette même entreprise 24 millions d'euros pour construire un site en Pologne ? Voilà la situation dans laquelle nous sommes. Alors concrètement

22:36
Laurent Jacobelli

vous seriez aux affaires

22:37
Locuteur non identifié

qu'est-ce que vous auriez fait ? Très concrètement il faut maintenant avoir une politique d'abord économique stratégique. Quelles sont les industries vitales pour la France ? Comment on investit dedans ? Comment on les aide ? Oui mais ça c'est pour l'avenir. Vous seriez aux affaires auriez-vous pu

22:50
Laurent Jacobelli

empêcher Bridgestone de fermer ? Très concrètement sur ce cas prétient ?

22:55
Locuteur non identifié

On serait aux affaires nous n'en serions pas arrivés là et c'est ce que j'essaye de vous expliquer. Quand par exemple il y a une aide qu'elle vienne du gouvernement français ou qu'elle vienne du gouvernement enfin du gouvernement qu'elle l'absusse qu'elle vienne de l'Union Européenne et bien il faut que cette aide soit conditionnée et jamais la France ne doit accepter par exemple que des millions d'euros soient donnés à une entreprise sans contrepartie. Ces contreparties c'est quoi ?

Interdiction de délocaliser, interdiction de faire des licenciements purement économiques, interdiction d'utiliser des travailleurs détachés bref l'argent des contribuables français doit servir à maintenir l'activité

23:29
Laurent Jacobelli

Donc revoir complètement les traités européens

23:31
Locuteur non identifié

mais absolument

23:32
Laurent Jacobelli

sans sortir de l'Union

23:33
Locuteur non identifié

sans sortir mais revoir les traités européens et revoir aussi les aides attribuées par la France la France n'est pas une planche à billets lorsqu'on aide une entreprise c'est pour le bien de l'économie française et des salariés français un état stratège tiens on célébrait les 50 ans de la disparition du général de Gaulle voilà une aspiration l'état stratège et non pas un état qui finance la mondialisation pour mettre ses citoyens sur le carreau Petite question pour terminer

23:56
Laurent Jacobelli

très politique sur ce qui se passe à l'intérieur de votre parti le Rassemblement National Jean Messia un cadre du parti a claqué la porte cette semaine pour des raisons différentes avec Marine Le Pen et il a eu cette petite phrase pour expliquer son choix nous avons largement gagné la bataille des idées mais le parti n'arrive pas à susciter un grand élan populaire qui se traduit par des victoires très franches dans les urnes est-ce qu'il n'a pas un peu raison ?

24:25
Locuteur non identifié

Non je ne pense pas Jean Messia a choisi de vivre une aventure personnelle il est parti du Rassemblement National c'est son choix notre parti est ouvert on peut en sortir on peut y arriver d'ailleurs je remarque qu'on peut insister là-dessus des gens nous rejoignent de la droite des sans étiquette moi-même je viens de Debout la France donc le Rassemblement vous voyez

24:44
Laurent Jacobelli

mais les voix s'élèvent aussi hors le Rassemblement National de la droite hors les murs pour dire que Marine Le Pen ne serait pas capable de gagner l'élection

24:53
Locuteur non identifié

pas assez rassembleuse mais vous savez la voix je pense à Robert Ménard bien sûr bien sûr qui est un très bon maire de Béziers mais qui est probablement un moins fin analyste politique aujourd'hui nous sommes le premier parti d'opposition il y a de grands enjeux qui arrivent qui sont les élections départementales et régionales qui sont peut-être décalées d'ailleurs et bien nous verrons bien nous verrons bien mais croyez qu'on est en ordre de bataille en ordre de marche et que le Rassemblement se fait

25:16
Présentateur

merci d'être passé à France Info ce matin Laurent Jacobelli porte-parole du Rassemblement National merci beaucoup Myriam merci à vous demain à 8h30 bonne journée à tous