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speechyoutube.com· 14 février 2026 44 min

Discours du Président Emmanuel Macron lors de la Conférence de Munich sur la sécurité 2026.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:03
Présentateur

Bonsoir. J'espère que vous pouvez me voir et j'espère que vous trouvez encore une place dans la salle. Nous attendons peut-être encore quelques secondes. Mesdames et Messieurs, c'est un grand plaisir pour moi, après cette journée d'intenses discussions et avant la fin, de souhaiter la bienvenue à un invité d'honneur, le président de la République, président Macron, est venu à la conférence au moins quatre fois, si je ne m'abuse. Donc, si je ne me trompe pas, maintenant, c'est la cinquième fois qu'il vient à la conférence de sécurité ici à Munich et nous voulons lui donner un certificat de loyauté vis-à-vis de notre conférence. Nous sommes très heureux de pouvoir lui souhaiter la bienvenue.

Monsieur le Président, c'est un grand honneur d'avoir le président de la République qui s'adresse à notre public et je vous demande d'applaudir le président Macron. Aujourd'hui, plus tôt dans la journée, il y a eu plusieurs présentations, notamment par le chancelier et plusieurs analyses de la position européenne et l'analyse européenne de la donne actuelle. Et demain matin, Marco Rubio s'adressera à la conférence et j'espère beaucoup que, comme on continue à discuter l'état des relations transatlantiques et les propositions, comment l'Union européenne peut devenir plus assertive, plus que dans le passé.

Et j'espère que nous ne perdons pas de vue qu'il y a un éléphant dans la salle, si l'on ose dire, et c'est l'Ukraine. Nous devons concentrer nos efforts et continuer à concentrer nos efforts pour éviter que ce pays endure une cinquième année de terreur et d'agression russe. Et c'est pourquoi demain, demain soir, nous n'allons pas remettre le prix Ewald von Kleist à une personnalité individuelle qui le mérite, mais nous avons décidé d'honorer le peuple de l'Ukraine, le peuple brave de l'Ukraine. Et maintenant, sans embâche, M. le Président, je vous donne la parole et par la suite, nous avons peut-être le temps pour quelques questions. M. le Président.

3:36
Invité

Merci. Mesdames et messieurs les chefs d'État et de gouvernement, mesdames et messieurs les ambassadeurs, mesdames et messieurs,

3:45
Emmanuel Macron

merci, M. l'ambassadeur, cher Wolfgang. Tout d'abord, merci d'avoir organisé cet applaudissement avant mon discours, comme ça, c'est jamais garanti. Et deuxièmement, merci d'incarner les relations transatlantiques. Je n'étais pas là l'année dernière, mais heureusement que vous êtes de nouveau parmi nous. C'est une bonne nouvelle. Je vais essayer de rebondir sur les points que vous avez mentionnés sur l'affirmation de l'Europe. Mais j'aimerais venir à vous aujourd'hui avec un message d'espoir et de détermination. Là où certains voient de la menace, je vois de la fortitude.

Là où certains voient des doutes, je vois des possibilités, car je suis convaincu que l'Europe est forte et peut être rendue encore plus forte. C'est le moment. Une Europe plus forte sera une meilleure amie pour nos alliés, pour les États-Unis. Et tout le monde nous demande de nous renforcer, sauf évidemment nos adversaires. Et évidemment, même nous, parfois, et c'est incompréhensible, nous-mêmes, nous sommes les obstacles. C'est pourquoi nous devons y remédier. Je pense, je suis convaincu vraiment, et j'aimerais commencer par cette remarque. Nous avons besoin d'un état d'esprit beaucoup plus positif. J'aimerais commencer par une clarification.

Il y a eu certaines tendances, ici et ailleurs, que ces derniers temps, on ignore l'Europe et de critiquer l'Europe. L'Europe a été discréditée comme une construction qui prend de l'âge et qui n'est plus du tout pertinente. Mais comme une ancienne société qui est maintenant ouverte à des traditions barbares, à une économie déclinante.

5:45
Invité

Or, c'est un continent où, c'était ce qu'on dit, que la liberté d'expression, que les faits alternatifs gouvernent en Europe.

5:57
Emmanuel Macron

C'est ce qu'on entend. Ce serait donc un continent de vieilles gardes. L'Europe, je vous propose une autre grille de lecture. L'Europe, c'est un continent inédit où nous avons constitutionnalisé la paix par l'interdépendance économique. Elle ne croyait pas une seule seconde que c'est une construction qui relève de la Viengarde. C'est exactement ce dont nous avons besoin et je le défends. Et nos amis des Balkans occidentaux sont présents. Ils veulent nous rejoindre dans l'Union européenne car ils savent quelle est la valeur de cette approche. Mais nous sommes trop timides. Nous n'osons pas dire que oui, nous sommes comme ça. C'est terrible pour nous de ne pas croire en nous-mêmes.

6:50
Invité

Je pense que tout le monde devrait s'inspirer de nous au lieu de nous critiquer sans cesse ou d'essayer de nous diviser.

6:56
Emmanuel Macron

Le président Poutine est venu ici même il y a 20 ans et s'est influencé et a essayé d'obtenir des sphères d'influence pour son pays. Et la peur de la coercition s'est faite aux dépens de l'Europe. Il a essayé de défendre une doctrine qui avait disparu déjà avant la fin de l'URSS. Là, mais nous sommes en Europe, là où des satellites sont créés, là où des pays n'ont pas disparu. Ces idées passéistes du président Poutine semblent redevenir d'actualité. Mais nous sommes dans l'Union européenne. Nous avons des alliés très proches, le Royaume-Uni, le Canada, les Balkans occidentaux.

8:02
Invité

Nous pouvons avoir un partenariat sur un pied d'égalité. Nous pouvons avoir une paix basée sur la prospérité, avec des indicateurs très clairs de prospérité.

8:22
Emmanuel Macron

Mais nous parlons de la santé. Et je pense que cela vaut mieux.

8:26
Invité

Nous parlons de compétitivité.

8:33
Emmanuel Macron

Parlons de cohésion entre nos politiques publiques. Parlons de convergence, de nos citoyens, de la presse, qui sont ainsi protégés, tout comme notre liberté universitaire. C'est un espace de liberté et non pas un espace de coercition.

8:50
Invité

Nous sommes proches de nos forces, bien évidemment.

9:01
Emmanuel Macron

Hier encore, nous avons parlé de notre compétitivité au niveau européen. Et je sais très bien ce que nous devons atteindre comme objectif. Nous avons donc du travail à faire. Mais faisons notre travail derrière des portes closes et atteignons nos objectifs. Mais projetons un effet positif vers l'extérieur, puisque, après tout, c'est ce dont ont besoin nos concitoyens et concitoyennes. Et je crois tout à fait dans la réalité de nos concitoyens. Nous devons être fiers de tout ce qui a été réalisé sur le continent européen. Et nous devrions être inspirés et inspirants. Ce n'est pas le cas. Cela ne veut pas dire, évidemment, que nous n'avons pas des défis. Mais il est temps de...

Il est toujours temps de lister les défis. Je voulais commencer par de l'optimisme, Wolfgang. Peut-être que vous aurez des questions sur le Moyen-Orient. Je ne vais pas parler plus que ça de l'Iran, évidemment.

9:57
Invité

Nous soutenons les sociétés civiles après tout ce qui s'est passé là.

10:01
Emmanuel Macron

Mais j'aimerais me concentrer plutôt sur les défis existentiels. L'Ukraine. L'Ukraine aujourd'hui, demain et après la guerre. Et la sécurité en Europe. L'Ukraine, évidemment, est le plus grand défi auquel nous sommes confrontés. Nous avons été mis au défi et nous avons fait ce qu'il fallait. Nous avons déjà réalisé un paquet d'aides de 127 milliards d'euros.

10:28
Invité

Et aujourd'hui, c'est une des seules sources de financement militaire de l'Ukraine.

10:35
Emmanuel Macron

Nous avons réalisé 20 paquets de sanctions envers la Russie. Et nous avons décidé de mettre fin à notre dépendance envers la Russie. Et personne, en février 2022, pensait que nous serions capables de mettre fin à notre dépendance envers la Russie. Je soutiens la volonté du président Trump de provoquer et de créer la paix. Et je pense effectivement que nous nous en rapprochons. Mais alors que la paix se dessine, la Russie continue de tuer des civils et de s'attaquer à des infrastructures stratégiques et critiques pour la population civile. La réponse ne peut pas être de céder aux exigences de la Russie, mais au contraire, d'augmenter la pression que nous exerçons sur la Russie.

Et regardons le contexte plus large. Vous prenez ces quatre dernières années. La Russie a envahi l'Ukraine. C'est maintenant un pays affaibli. La Russie dépense des milliards pour financer sa défense. C'est une puissance économique isolée qui dépend complètement de la Chine. C'est un pays qui avait déjà des problèmes démographiques conséquents. Et aujourd'hui, c'est encore pire. Il ne reste qu'une illusion. La Russie prétendait lutter contre l'expansion de l'OTAN. Résultat, la Suède et la Finlande ont rejoint l'OTAN. Et maintenant, l'Europe se réarme massivement. C'est une erreur, un piège fallacieux économique et militaire et stratégique, bien évidemment.

Évidemment, nous entendons ici encore des discours défaitistes sur l'Ukraine. J'entends pourtant certains, chers détails de gouvernement, qui appellent l'Ukraine à accepter les conditions de la Russie. C'est une erreur stratégique. Un jour, la Russie devra, et les Russes surtout, devront réaliser ce qui a été commis en leur nom. Et ils verront les conséquences de très long terme sur leur pays. Mais avant cela, nous ne continuerons, nous ne relâcherons pas la pression. Nous devons continuer à préserver l'aide à l'Ukraine, préserver nos traités, continuer à maintenir cette pression sur la Russie. Et c'est vraiment un exemple calamiteux pour le monde.

13:01
Invité

Quels sont les objets, qu'est-ce qui est en jeu ? Évidemment, cela a des conséquences sur tous les êtres humains du monde entier. Tout est lié à l'Ukraine.

13:13
Emmanuel Macron

Il faut nous assurer que l'Ukraine est en position de répondre et de résister aux attaques russes. L'année et la semaine dernière, 190 millions d'euros d'aide à l'Ukraine ont été décidés pour l'accès à des équipements militaires. La France va faire sa part. J'aimerais remercier Madame la Présidente de la Commission pour tout son travail pour négocier ce paquet d'aide à l'Ukraine. Notre ministre de la Défense, comme d'autres de ses homologues, se sont rendus à Kiev. Et j'aimerais remercier l'Allemagne notamment pour son engagement majeur et ses financements dans l'aide à l'Ukraine. Ensuite, il faut continuer à attaquer l'économie de guerre russe.

20 paquets de sanctions au niveau européen qui sont concentrés sur le nerf de la guerre. Pour ainsi dire, il faut continuer à cibler de plus en plus fort la flotte fantôme de la Russie. Et nous voyons bien que les revenus russes ont baissé de 25% en tout cas sur ce qui concerne la flotte fantôme. Et 25% de ces navires ne retournent pas non plus en Russie. Il faudrait donc intensifier nos efforts de lutte contre la flotte fantôme puisque cela fonctionne et cela touche l'économie des guerres russes en plein cœur. Donc intensifier notre travail de la coalition des volontaires sur les garanties de sécurité.

Il y a un an, nous tournions vers les Etats-Unis pour savoir s'ils voulaient nous engager vers plus de soutien à l'Ukraine ou s'il fallait avancer sur les négociations de paix. Mais on voit bien aujourd'hui, nous sommes dans une situation bien différente avec les Canadiens, les Néo-Zélandais, les Japonais. Nous finançons nous-mêmes, nous n'avons plus tous ces partenaires. Aujourd'hui même, du matériel a été livré à l'Ukraine par la coalition des volontaires financée par nous-mêmes. Et donc, cette coalition fonctionne.

Nous nous organisons pour organiser le soutien à l'Ukraine et nous avons un mandat politique très clair pour faire en sorte que la paix soit crédible et que le jour après le cessez-le-feu fonctionne pour l'Ukraine. Et donc, effectivement, nous avons le cadre fourni par les Etats-Unis et cette motivation. Mais nous, les Européens, nous travaillons avec nos alliés sur les garanties de sécurité. D'abord, il faudra que l'Ukraine accepte le deal, peu importe ce qu'il soit. C'est-à-dire que toutes les garanties de sécurité, toutes les levées de sanctions, toutes les décisions de la part de l'Union européenne dépendent de la vie de l'Ukraine. Il n'y aura pas de paix sans les Européens.

Vous ne pourrez pas négocier sans les Européens, soyez-en certains. Si nous ne sommes pas autour de la table, les Ukrainiens ne sont pas autour de la table. Et dans ce cas-là, il n'y a pas de paix. Il faut donc rétablir un canal de communication transparent avec la Russie, bien évidemment en coopération avec nos alliés américains et avec les Ukrainiens. Nous faisons partie de la solution et donc nous devons être associés à la discussion. C'est bien notre intérêt propre de défendre la stabilité dans notre propre continent. C'est pour moi le deuxième défi. Nous-mêmes, comment pouvons-nous avoir un avenir en Europe qui voit cohabiter une Russie agressive à nos frontières ?

Et nous avons bien ce problème maintenant. C'est une question qui se pose pour l'Ukraine, mais pas que. Il faudra nous aussi que nous répondons à une Russie agressive avec son industrie de défense en plein rush. Et il faudra arriver à limiter le risque d'escalade du conflit. En tant qu'européens, nous commencerons par définir notre propre intérêt de sécurité, nos propres intérêts. Et cela fait partie d'un accord de sécurité. Est-ce que nous acceptons que des missiles à longue portée soient déployés à nos frontières ? Quelle est la maîtrise des armements que nous attendons après la paix ? Est-ce qu'il est possible de définir des limitations des portées des missiles en Europe, peut-être ?

Comment nous mettons en œuvre ce contrôle et cette maîtrise des armements ? Quelle forme prendra le contrôle des armements alors que Newstart vient d'expirer ? Comment nous allons pouvoir aujourd'hui appliquer cela dans notre voisinage immédiat, alors que la Russie continue à établir sa présence au Moyen-Orient, en Méditerranée, en Afrique ?

18:28
Invité

Évidemment, cette liste n'est pas exhaustive.

18:34
Emmanuel Macron

Nous devons tous être actifs, tous, avec les Européens. Nous devons être à la table des négociations, parce que cette négociation aura lieu. Nous devons être préparés. Nous avons tous oublié qu'il y a quelques années à peine, nous avions un ordre international où toutes ces questions étaient déjà réglées, réglées par des traités très anciens, négociés sans les Européens, pour les Européens. Nous avons des traités sans que les Européens n'aient été consultés.

19:08
Invité

Et donc, nous sommes sans aucune coordination avec les Européens.

19:14
Emmanuel Macron

Et donc, quand le traité Newstart a été signé, je l'ai découvert dans les journaux, comme tout le monde. Et donc, il nous faut, nous, aujourd'hui, être inclus dans les négociations pour l'après-guerre contre l'Ukraine, puisque nous sommes concernés directement, puisque c'est nous qui allons vivre avec la Russie à nos frontières. Et ces négociations, je n'accepterai pas qu'elles prennent place sans nous, sans les Européens. Évidemment, cela peut être difficile après ces traités qui ont atténué les risques, bien évidemment, mais l'Union européenne et les Européens doivent très clairement défendre leurs intérêts.

Et ma proposition est la suivante, c'est-à-dire lancer une série de consultations sur cette problématique extrêmement importante du contrôle des armes. Nous avons déjà commencé avec nos collègues britanniques et Allemagne, avec une idée de concertation plus large au niveau européen sur la question des capacités, avec une pensée vraiment stratégique. J'ai vu mon collègue suédois et j'ai vu d'autres collègues. Il nous faut répondre à ces questions, il nous faut nous coordonner. Cela me mène à mon troisième défi. Comment nous pouvons exploiter nos forces pour entrer dans ces négociations avec une position forte ? L'Europe doit apprendre à être une puissance géopolitique.

Ce n'était fait pas effectivement partie de notre ADN.

20:47
Invité

Nous avons été créés, cette Union européenne, comme une construction politique,

20:52
Emmanuel Macron

et ensuite avec un marché unique en matière économique. Et maintenant, dans ce nouvel environnement géopolitique, ces négociations pour la paix, il faut que l'Europe devienne une puissance géopolitique. Nous sommes sur la bonne voie, mais il faut vraiment accepter d'avancer plus loin sur ce sujet. Et il nous faut nous affirmer face à toutes ces grandes puissances pour être beaucoup plus indépendants. Quand je pense d'une puissance géopolitique, je ne parle pas ici de la France, de l'Allemagne. Je pense Europe, et donc il nous faut penser et agir en tant qu'Européens. Dès le départ, c'est là notre mission aujourd'hui.

21:43
Invité

Et c'est maintenant l'époque des synergies, de pouvoir. Et si nous continuons à penser de manière nationale, ce serait une erreur.

21:53
Emmanuel Macron

La puissance maintenant, c'est une puissance au niveau européen. Il faut penser à la défense. Il faut également réduire nos dépendances, que ce soit dans les minerais critiques, le cloud, les technologies du cloud, le design et la conception de l'armement. Dans tous ces domaines, nous devons clairement exprimer une préférence européenne.

22:23
Invité

Et j'aimerais remercier la Commission

22:27
Emmanuel Macron

pour le travail qui a été fait déjà sur ce sujet. Nous ne serons crédibles que si nous sommes capables, nous, Européens, de produire ce dont nous avons besoin. Nous avons déjà atteint de réaliser du grand progrès l'année dernière. Nous sommes d'accord sur le plan d'ici à 2030 pour combler nos lacunes capacitaires, ainsi que sur des standards d'interopérabilité. Et je pense que maintenant, nous avons posé la première pierre. Il faut continuer et ne pas relâcher tout ça. C'est pourquoi nous avons donc le projet du SCAF avec l'Allemagne et l'Espagne. Et c'est pourquoi nous avons tous les projets de défense aérienne avec le Royaume-Uni.

Cela a du sens d'avoir des systèmes d'alerte aérienne et spatiales précoces avec l'Allemagne. Et maintenant, il faut accélérer tout cela, tout ce que nous avons lancé il y a 7 ou 8 ans. Maintenant, il faut l'accélérer et ajouter

23:26
Invité

une nouvelle approche de coopération.

23:31
Emmanuel Macron

Il y a beaucoup d'argent sur le marché européen en termes de défense et de sécurité. Si cet argent n'est utilisé que pour avoir des solutions nationales ou pour favoriser des acteurs nationaux sans effort d'avoir des normes européennes, un standard européen, des exigences européennes et développer et ensuite déployer des systèmes au niveau européen, cela n'a aucun sens. Nous aurons simplement gâché nos fonds et créé l'inverse de ce que nous cherchons à apporter.

24:08
Invité

On parle beaucoup du SCAF actuellement,

24:11
Emmanuel Macron

mais j'en crois, je crois en cette nouvelle génération d'avions de combat, puisque c'est compliqué pour moi de comprendre comment nous arriverons à arriver à des nouvelles innovations si nous ruinons déjà ce qui a été fait.

24:25
Présentateur

Et nous avons adopté un nouveau système

24:33
Invité

de financement, de l'instrument SAFE.

24:41
Présentateur

C'est un instrument très, très fort pour notre protection commune. Je ne veux pas parler ici de nom. Je sais qu'il y a parfois des tabous, mais nous avons décidé d'avoir des obligations communes pour la défense. C'est quelque chose de merveilleux. Parce que cet argent, il y a beaucoup d'appétit sur le marché pour cet argent.

25:08
Invité

Le marché le prend.

25:12
Présentateur

Et il faut de l'argent européen qui sera utilisé pour des programmes et des solutions européennes. Et c'est une innovation parfaite. Nous devrions étendre notre boîte à outils et aussi miser sur des instruments classiques. Les initiatives européennes du nom de ELSA sont très importantes dans ce contexte parce que malgré la fin du traité sur les forces intermédiaires, c'est quelque chose qui pourra remplir cette lac-lune. Ensemble avec la Grande-Bretagne, l'Allemagne et d'autres acteurs européens, nous aurons une nouvelle génération de missiles à longue distance, à longue portée. Mais ce n'est pas seulement une question de missiles. La crédibilité est une question de détermination.

Et si nous voulons être pris au sérieux sur le continent européen et au-delà, nous devons montrer que nous sommes décidés d'honorer notre parole. Cela concerne l'Ukraine, mais cela concerne également, par exemple, les douanes non justifiées et les prises de territoires injustifiés, territoires européens.

26:27
Invité

Et avant de venir à la fin,

26:29
Présentateur

j'aimerais mentionner encore un dernier défi pour beaucoup de nos Européens parce que dans beaucoup de pays européens, il y aura des élections. Nous devons protéger notre souveraineté et notre intégrité du débat public, notre démocratie. Voici la question de sécurité pour toutes nos sociétés. Et cette société est sous attaque. Et je parle ici sous le contrôle de plusieurs leaders européens. La manipulation de l'information, l'ingérence étrangère, c'est un sujet critique et primordial pour nous.

27:11
Invité

Qu'est-ce que nous pouvons faire pour éviter ce narratif nocif ? Nous avons d'abord commencé

27:21
Présentateur

à établir un agenda européen qui était tout à fait acceptable, le DSA, parce que la première fois, nous avons créé une plateforme européenne. Mais comment est-ce que nous pouvons être conséquents dans le domaine de la sécurité ? La liberté d'expérience veut dire aucune réglementation dans les médias sociaux. Mais la libre expression d'opinion, cela concerne aussi les esprits, les cœurs des jeunes qui ne partagent peut-être pas nos valeurs et qui sont exposés aux algorithmes chinois sans aucune protection. C'est pourquoi nous avons lancé cette initiative d'accès des enfants qui ont moins de 15 ans, d'addiction d'accès aux réseaux sociaux.

Mais comment est-ce que nous pouvons imaginer que tout ce qui serait défendu dans l'espace public, le discours antisémitique, le discours de haine, etc., comment est-ce que cela pourrait être également défendu, peut être permis dans les médias sociaux parce que ce serait de l'expression libre d'une opinion ? Le siècle de lumière en Europe, la aufklärung, il y a des règles, des règles de respect. Et la limite de ma liberté, c'est la limite de votre liberté. C'est de cela qu'il s'agit pour la libre expression d'opinion.

28:59
Invité

C'est aussi une question de démocratie.

29:09
Présentateur

Nous, les démocraties, nous voulons respecter les autres et nous voulons être respectés. Ça, c'est notre position.

29:15
Invité

C'est aussi notre interprétation

29:19
Présentateur

d'une bonne relation transatlantique. Et c'est pourquoi il est très important de continuer sur la voie de la réglementation des médias sociaux dans l'intérêt de notre démocratie, tout comme en préservant l'intégrité de notre démocratie. Parce qu'en même temps, nous avons ouvert la boîte de Pandore dans ces médias, sur ces plateformes. Nous sommes trop naïfs, nous sommes trop faibles vis-à-vis d'ingérences étrangères.

29:54
Invité

Nous devrons empêcher ces gens

30:00
Présentateur

d'ingérer dans notre sphère. Et nous devrons demander à ces plateformes de bloquer entièrement des trolls, des bots.

30:11
Invité

Nous devons être sûrs

30:13
Présentateur

qu'il y a une seule personne qui a un seul compte. Si c'est vraiment une personne, si c'est un système d'intelligence artificielle, si c'est quelque chose qui a été organisé par une grande entreprise, ça doit être défendu. Il nous faut de la transparence sur les algorithmes. Nous sommes des démocraties. Nous ne voulons pas l'idée, mais nous voulons de la transparence. Cela fait partie de notre démocratie. Et nous avons besoin aussi de rendre responsables ces plateformes s'ils ne respectent pas nos règles et notre ordre social. Et s'ils ne le font pas, nous devons aller plus loin s'ils ne respectent pas nos règles.

30:58
Invité

Et il faudra bloquer

31:00
Présentateur

ces ingérences dans nos systèmes. Donc, il y a beaucoup de choses à faire. Et je m'arrête là. Il faudra montrer de la force et être tenace vis-à-vis de l'Ukraine, défendre à long terme nos intérêts européens. Et aussi utiliser notre influence et aussi être optimiste en tant que démocratie. Ce sont les plus grands défis. Et vraiment, je crois dans la force de notre audacité. C'est le bon moment pour l'audacité. C'est le bon moment pour une Europe forte. Une Europe qui soutient clairement l'Ukraine. Qui clairement fixe ses conditions pour une paix qui est claire en ce qui concerne les exigences vis-à-vis de la Russie et qui est claire en ce qui concerne la défense de son modèle.

Et cette Europe sera un bon allié, un bon partenaire pour les États-Unis. Ce sera un partenaire qui acceptera sa partie de la charge. Un partenaire respecté. Et nous devons être respectés. Nous avons fait beaucoup et nous ferons plus. Nous poursuivons sur cette route. Croyez-moi. Merci. Merci, Monsieur le Président, pour ce discours, cette présentation très, très intéressante. Nous avons le temps pour quelques questions, pas beaucoup. Malheureusement, j'aimerais commencer en revenant à quelque chose que Friedrich Merz a déjà mentionné aujourd'hui. Je me souviens bien, c'était en 2020 quand vous étiez venu, il y a six ans. Vous avez parlé de la stratégie nucléaire.

Vous avez répété ce que vous avez déjà dit dans votre discours à Paris. Et maintenant, six ans après, si je ne m'abuse, mon gouvernement réagit et dit que nous devrions commencer des entretiens. Est-ce que vous pourriez revenir à cela et nous dire est-ce que nous avons vraiment perdu six ans? Est-ce que notre réponse s'est faite attendre pendant six ans? Que pourrions-nous attendre s'il y avait un dialogue? Probablement, j'espère, pas seulement un dialogue entre l'Allemagne et la France, mais avec les autres partenaires européens aussi. Merci, Wolfgang. Normalement, c'est quelque chose qui prend du temps. C'est un sujet compliqué.

J'aimerais vous rappeler que depuis le tout début, la dissociation française nucléaire avait toujours une inspiration européenne. Le général de Gaulle, durant les années 60, déjà avait parlé des intérêts vitaux de la France, mais cet intérêt vital comprenait aussi une dimension européenne. Et tous mes prédécessions ont répété cette approche. Mais pour moi, c'est quelque chose qui est clair, qui est clair depuis 2019. Depuis, les États-Unis se sont retirés du traité sur les forces intermédiaires. Nous devons réorganiser notre architecture de sécurité parce que l'architecture était complètement prévue pour les temps de la guerre froide. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Cette nouvelle architecture sécuritaire fait partie d'un paquet qui doit se développer dans le temps. Et c'est très important dans son contexte de tenir compte de toutes les capacités, nos propres capacités militaires au niveau international, quelques capacités européennes. Il faudrait y penser aussi. Les missiles à longue portée et les frappes en profondeur. Et un dialogue crédible avec la Russie parce qu'ils ont ces capacités. Nous voulons avoir ce dialogue crédible. Parfois, il faut faire plus, même si après les négociations, il y en a un peu moins. Mais c'est très important. Et nous devons réarticuler la dissuasion nucléaire pour cette approche.

Et c'est pourquoi, et je vais en parler d'ici quelques semaines, nous voulons commencer un dialogue stratégique avant ce lié à Mertz, mais aussi avec d'autres dirigeants européens pour savoir comment nous pourrions articuler notre doctrine nationale qui est fixée dans la Constitution, comment nous pouvons l'harmoniser avec des intérêts de sécurité de quelques autres pays. Pour la première fois, cela se fera avec l'Allemagne. Et je pense que ce dialogue est important en lui-même.

36:43
Invité

Il est important parce que

36:46
Présentateur

c'est une possibilité pour concevoir une approche holistique de la défense européenne. Nous pourrions ainsi arriver à la convergence dans notre culture stratégique entre la France et l'Allemagne. Pour moi, c'est très important parce que c'est la pierre angulaire de notre sécurité. Un dialogue spécifique avec la Grande-Bretagne, une autre force nucléaire européenne et un enfant que nous avons décidé d'aller plus loin dans cette direction. Et quelques dirigeants, la Suède en fait partie, font partie de cette discussion. Merci. Nous avons peut-être le temps pour une question parce que nous allons dîner. Un monsieur ici au troisième rang.

Est-ce que vous pouvez dire qui vous êtes avant de poser votre question?

37:51
Invité

Alexi Goncheren, membre du Parlement ukrainien. Merci beaucoup pour votre soutien à l'Ukraine dans votre discours. Ma question est la suivante.

38:03
Présentateur

Nous avons souvent parlé du rôle de l'Ukraine, mais il y a de moins en moins d'Ukrainien qui survivent à cette guerre.

38:14
Invité

Est-ce que cette coalition des volontaires va aussi être une coalition qui est prête à envoyer des troupes en Ukraine? parce que si on n'est pas prêt à le faire après le cessez-le-feu, seulement après le cessez-le-feu,

38:33
Présentateur

Poutine va continuer sa guerre. Mais nous avons besoin de la paix le plus rapidement possible en Ukraine. Merci beaucoup. Merci et merci aussi d'avoir parlé en français. J'aimerais réexprimer mon respect pour la force et la résistance du peuple ukrainien. Ce que vous venez de dire est tout à fait correct. nous voulons aider les crènes, soutenir les crènes dans sa guerre de résistance sans tomber dans une escalade avec la Russie. Donc, nous travaillons sous certaines limites et je comprends tout à fait votre frustration.

39:19
Invité

En même temps, nous avons fait beaucoup

39:22
Présentateur

qui paraissaient inimaginables pour d'aucuns. il y a quelques années. Par exemple, envoyer des chars, des capacités à longue portée, des avions de chasse, financer beaucoup d'instruments. Beaucoup de gens espèrent que ces efforts ne cesseront pas. Et en tant qu'Européens, nous avons formé un message clair. Notre soutien ne dépend pas du soutien financier des Etats-Unis. Nous ne sommes plus dépendants du soutien des Etats-Unis. Nous sommes toujours dépendants de quelques capacités des Etats-Unis, quelques équipements, un peu de matériel, mais nous l'achetons des Etats-Unis. Ils ne le donnent même pas avec l'argent

40:21
Invité

des contribuables

40:23
Présentateur

européens et canadiens. Donc, en digant les risques dans ce contexte. En ce qui concerne la discussion actuelle, je ne vois pas

40:36
Invité

de signe

40:39
Présentateur

que les Russes voudraient la paix maintenant. Ils bombent toujours les cités et des villes, les civils et ils utilisent des concessions qui ont été faits par les négociateurs auparavant. Donc, nous devons nous organiser pour résister.

41:01
Invité

Aujourd'hui,

41:02
Présentateur

si nous envoyons des troupes, ce serait assumer la responsabilité d'une escalade si nous envoyons des troupes sur le champ de bataille. Je pense qu'aujourd'hui, il n'y a pas de consensus et je ne veux pas promettre trop. Cela mènerait, à mon avis, à une perte de contrôle de la situation. Ce qui est important maintenant, c'est de livrer, de mettre en oeuvre le paquet que nous avons décidé de déployer de l'énergie pour résister

41:39
Invité

et avoir une perception commune avec les Etats-Unis.

41:48
Présentateur

Si, pour les Etats-Unis, ils veulent d'abord un scénario à court terme, nous aurons moins d'efficacité, nous perdrons d'efficacité par nos sanctions. Notre priorité doit être de nous réengager avec les Etats-Unis et reconnaître qu'il n'y a pas de possibilité d'une négociation à court terme. Nous devons prendre des actions contre la flotte fantôme et des actions contre l'économie russe pour finir cette guerre, mettre fin à cette guerre dans une meilleure situation. C'est mon point de vue, mais je comprends tout à fait que ce n'est pas idéal pour vous, cette perception de la situation, mais c'est l'appréciation crédible et à court terme, le meilleur scénario possible. Merci beaucoup, M.

le Président. Nous n'avons malheureusement plus de temps alors qu'il y a un coup de questions parce que le dîner nous attend, vous aussi, M. le Président, et c'est pourquoi je voudrais, une fois de plus, vous demander d'applaudir le Président de la République. Merci.