Valérie Pécresse peut-elle réconcilier la droite ?, avec Dominique Reynié - C à Vous - 06/12/2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 10 %Défensif 80 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:11OuverteRéponse directe
C'est-à-dire qu'il y a une droite qui a abandonné ses fondamentaux ?
- 1:15OuverteRéponse directe
C'est-à-dire qu'il faut que ses droites se retrouvent électoralement derrière un seul candidat ?
- 1:29OuverteRéponse partielle
Avec des chances d'aboutir à ce que vous dites ce soir ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Alors tout le monde a noté lors du meeting d'Éric Zemmour les appels du pied à Éric Ciotti
- 3:31OuverteRéponse directe
Le message ici, c'est que la droite est unie.
- 4:49OuverteRéponse directe
Ça fait trois candidats sur le même terrain, même si le rapport de force électorale a changé
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurChiffre
« Au moment où se situe cette convention de Villepinte à 90, on est après 88, Le Pen fait 14,5%. »
- 0:18PrésentateurChiffre
« Sur 100 électeurs de droite, il y en a 15 qui sont FN, le reste, en gros, c'est la droite de gouvernement. »
- 0:28PrésentateurChiffre
« Aujourd'hui, sur 100 électeurs de droite, vous en avez 70 qui sont à la droite de la droite et 30 qui sont à la droite de gouvernement. »
- 2:26PrésentateurFait
« Marine Le Pen est en réalité une candidate fatiguée, qui fatigue son propre électorat, on le mesure »
- 7:32PrésentateurChiffre
« la gauche fait son plus mauvais score depuis 1965. »
- 8:06Invité politiqueChiffre
« Dernier sondage IFOP, pour être très précise, Éric Zemmour 13%, Marine Le Pen 17%, Valérie Pécresse 17% »
Temps de parole
- Présentateur57 %
- Invité10 %
- Invité 210 %
- Invité 39 %
- Invité politique7 %
- Invité 45 %
- Invité 53 %
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Dominique Reynier, c'est vrai qu'il se présente comme le candidat du RPR, Éric Zemmour, il a démarré sa campagne sur ce thème-là ?
Oui, quelque chose a profondément changé entre ces deux moments. Au moment où se situe cette convention de Villepinte à 90, on est après 88, Le Pen fait 14,5%. Avant 95, il va faire 15%. Sur 100 électeurs de droite, il y en a 15 qui sont FN, le reste, en gros, c'est la droite de gouvernement. Aujourd'hui, sur 100 électeurs de droite, vous en avez 70 qui sont à la droite de la droite et 30 qui sont à la droite de gouvernement. C'est un retournement complet. Entre-temps, tous ces défaits et les électeurs sont passés du côté de ce qu'on peut appeler l'extrême droite, la droite populiste, etc., principalement représentés par Le Pen père et fille.
Et donc la situation, à bien des égards, n'est plus comparable. Et au fond, quand Éric Zemmour parle du RPR, moi j'ai le sentiment que ce qu'il est en train de faire passer, et je crois que ça va passer dans l'esprit public, car il rompt beaucoup de conventions, c'est la thèse de la fusion des droites.
C'est-à-dire qu'il y a une droite qui a abandonné ses fondamentaux ?
C'est-à-dire qu'il faut que ses droites se retrouvent électoralement derrière un seul candidat ? C'est un discours qui développe depuis des années. Absolument. Mais je veux dire, là et maintenant, il est candidat. Oui, bien sûr. Et donc c'est une opérationnalisation de cette thèse qui est présente depuis longtemps.
Avec des chances d'aboutir à ce que vous dites ce soir.
Moi, ce que je considère, c'est qu'il ne faut pas regarder avec trop d'assurance ce qui s'est passé avant, même s'il faut le considérer, je l'ai fait récemment en reprenant tous les résultats électoraux, parce que nous sommes dans une époque qui est différente. Nous sommes dans une époque de surgissement où, ici comme ailleurs, Trump débarque, 5 étoiles, enfin je ne vais pas faire la liste, il surgit comme ça dans nos démocraties des figures qui emportent tout ou qui peuvent emporter tout. Et rien ne dit qu'Éric Zemmour n'est pas un de ceux-là. Il peut aussi s'effondrer, faire des erreurs importantes.
Il peut même y avoir plus de violence et cela peut poser un problème à l'organisation de l'élection. Soyons attentifs à l'ouverture du champ des possibles. N'ayons pas des attentes qui sont, je dirais, déterminées par les habitudes prises au cours des élections précédentes. Et donc il faut regarder tout cela, parce que Marine Le Pen est en réalité une candidate fatiguée, qui fatigue son propre électorat, on le mesure, Valérie Pécresse aura forte à faire pour montrer avec de tels propos qu'elle existe et qu'elle est de droite. Ce sera compliqué. Donc voilà, il faut, d'abord il faut que Zemmour ait sa signature, il ne les a pas encore, il y a beaucoup de conditions. – Beaucoup d'hypothèses.
– Mais attention, l'époque est aux ruptures, donc nous ne sommes pas à l'abri d'une rupture de plus.
– Alors tout le monde a noté lors du meeting d'Éric Zemmour les appels du pied à Éric Ciotti et l'assistance à plusieurs reprises, scandant son nom comme pour l'appeler au ralliement. Éric Ciotti qui avait le sourire aujourd'hui à Nice, oui, en accueillant la candidate des Républicains, lui qui déshier la critiquait d'avoir dit qu'elle ne reprendrait pas obligatoirement toutes les propositions d'Éric Ciotti. Petit début de crise que les deux finalistes de la compétition chez les Républicains se sont attachés à gommer aujourd'hui dans les Alpes-Maritimes. Vous allez l'entendre et la voir, Valérie Pécresse choisit ses mots, Éric Ciotti module son petit sourire.
– Le message ici, c'est que la droite est unie. Aujourd'hui, Éric Ciotti, après sa magnifique campagne, aura une place singulière auprès de moi dans la campagne, la place que tenait un Charles Pasqua auprès de Jacques Chirac, auprès de Nicolas Sarkozy. C'est cette droite qu'Éric Ciotti incarne, une droite forte, une droite d'autorité qui l'incarne, et il l'incarnera à mes côtés. – Et rien de mieux qu'une photo de déjeuner, où on note sur le tweet d'ailleurs que Mme Pécresse a dégusté des mets du comté de Nice. Donc certains y voient la métaphore d'avoir avalé des couleuvres. En tout cas, elle aura fort à faire pour réunir tout le monde. – Avec de l'huile d'olive sur la table.
– Vous savez qu'en politique, il ne suffit pas d'avaler des couleuvres, il faut dire qu'on les trouve bonnes.
– Elle a l'air de les trouver délicieuses là ?
– En tout cas, c'est une situation, si je puis dire juste un mot là-dessus, c'est une situation qui est tout à fait frappante, parce que compte tenu du rapport de force, ce que sait parfaitement Éric Ciotti, elle ne peut pas être au second tour, si elle ne fait pas une campagne, je dirais, qui en même temps parle à sa droite, qui est très nombreuse, plus nombreuse encore, et un peu au centre, parce que malgré tout, il faudra bien une partie des électeurs.
– Ça fait trois candidats sur le même terrain, même si le rapport de force électorale a changé, comme vous l'avez fait remarquer, ça fait beaucoup. – Exactement. – Jean-Marie Le Pen, Éric Zemmour et Valérie Pécresse. – Marie Le Pen.
– Patrick Cohen, c'est ce qui fait que le taux, le niveau de qualification au second tour va baisser. Tous les trois vont se partager un électorat grosso modo commun, et donc on va voir, mais si c'est 14, 15, 16 pour l'un des trois, la candidate qui fera 16 sera au second tour, ce peut être Marine Le Pen, ce peut être Éric Zemmour, ce peut être aussi Valérie Pécresse.
– Qui a pris des points dans les sondages depuis les dernières intentions de Vos.
– Oui, j'imagine, il y a l'effet d'investiture, et donc si ça tient, on peut passer au second tour avec 16, et après vous affrontez probablement le président sortant, et l'histoire ne sera pas la même si c'est Valérie Pécresse, Marine Le Pen ou Éric Zemmour.
– Et la gauche dans tout ça, Jean-Luc Mélenchon tenait un meeting à la Défense juste avant celui d'Éric Zemmour, une démonstration de force que les autres candidats de gauche auraient peut-être du mal à égaler, mais ça ne suffit pas non plus pour décoller dans les sondages, il a tenté d'ailleurs de secouer son électorat, il a appelé à l'action contre les droites, des actions comme la manifestation qui a eu lieu ce week-end à Paris, environ 2200 personnes selon la police, qui ont manifesté pour dénoncer les candidatures de personnalités d'extrême droite, notamment d'Éric Zemmour, Ibn Raïs et Camille Schmittiété.
– Je pense qu'il se passe quelque chose de très grave en ce moment, qu'il y a un climat préfasciste, une conscience à quel point tous les signaux sont au rouge sur ce climat préfasciste, à la fois un climat extrêmement en torse, une banalisation de la parole raciste, et donc je crois qu'il y a des citoyens, des syndicalistes, des associatifs, mais aussi des politiques qui sont très inquiets et qui prennent conscience de la riposte nécessaire à mettre en œuvre.
– La gauche semble avoir du mal à se faire entendre dans cette campagne, elle a du mal à mobiliser pour Jean-Luc Mélenchon, alors rien n'est perdu, il a dit qu'il considérait que la véritable campagne commencera après les fêtes, donnant même une date, la date du 10 janvier, est-ce qu'il peut encore y avoir un bon, une surprise ? – C'est le lundi qui suit la rentrée, enfin une semaine après la rentrée.
– Non, moi je ne peux pas considérer qu'un candidat est hors course tant qu'il est concerné, mais maintenant c'est vrai que ça devient très compliqué. Aujourd'hui, si les sondages ne se trompent pas, la gauche fait son plus mauvais score depuis 1965. Donc c'est une situation tout à fait impressionnante. Une partie des électeurs sont allés vers Emmanuel Macron, c'est vrai, beaucoup sont allés aussi dans l'abstention ou à la droite de la droite, et donc faire revenir ces électeurs, ça suppose des motifs qui sont puissants.
J'ajoute une remarque, la gauche a beaucoup investi depuis quelques années, et le thème de la décroissance ou de la sobriété pour des classes populaires, ça ne marche pas, ce n'est pas du tout ce qu'elles attendent.
– Dernier sondage IFOP, pour être très précise, Éric Zemmour 13%, Marine Le Pen 17%, Valérie Pécresse 17%, et Emmanuel Macron à 25%, la droite dominée par la droite, parce qu'on additionne les scores des trois candidats de droite et d'extrême droite, c'est considérable.
– Moi j'ajoute Dupont-Aignan, je fais mon petit calcul, et je suis bien dans cette proportion-là. De toute façon c'est frappant, quand Marine Le Pen monte, Éric Zemmour baisse, et inversement, c'est un transfert de l'un à l'autre. Valérie Pécresse à 17%, ça lui laisse une chance d'être au second tour et d'affronter Emmanuel Macron. – Sous-titrage Société Radio-Canada