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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 24 janvier 2025 10 min

Poutine / Trump : une rencontre imminente ? - C dans l’air l’invité - 24.01.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Matmut, c'est plus juste pour tous. égaler une sorte de capitulation de l'Ukraine. - A.de Tarlé: Peuvent-ils s'entendre?

Ecoutons le ministre des Armées française, S.Lecornu, qui estime que D.Trump aura aussi des exigences. - S.Lecornu: Je ne crois pas du tout que l'administration américaine ait envie de montrer de faiblesse face à Moscou, parce que derrière, il y a Pékin, Téhéran...

Les Etats-Unis n'ont pas intérêt à ce que l'architecture de sécurité de l'Europe et de l'Ukraine soit bâclée. - A.de Tarlé: De part et d'autre, on a 2 mâles alphas, 2 hommes forts, et ni l'un ni l'autre ne voudra avoir eu l'impression d'avoir cédé? - T.Kastouéva-Jean: Je pense que le ministre Lecornu a raison.

Derrière, il y a la Chine en embuscade. Il s'agit d'envoyer des signaux à la Chine, que chacun doit rester dans sa zone d'influence et ne pas essayer d'empiéter sur celle des autres. Je ne suis pas certain que D.Trump ait intérêt à cela.

Il promettait d'ailleurs de résoudre le conflit en 24 heures. Il a été très peu vocal sur l'Ukraine entre l'élection et l'investiture. Je pense que ses équipes travaillaient durement sur le dossier, derrière, pour comprendre sa complexité et tout ce que cela implique.

En plus, il s'est entouré d'une équipe qui n'est pas homogène. On ne peut pas dire que toutes ces personnes partagent la même position sur l'Ukraine et la même vision des conséquences si on cède à V.Poutine. - A.de Tarlé: Ce qui a changé, c'est qu'on est à plus de 3 ans de guerre.

En Ukraine, on sent une fatigue. Voici des réactions à Pokrovsk, sur la ligne de front. Les habitants sont fatigués et attendent la paix. - C'est l'impasse.

On a le choix entre se suicider ou continuer à souffrir en attendant de se faire tuer. - Il faut rétablir Internet et l'électricité. Je me moque de comment et qui.

Je ne veux plus de cette vie. - A.de Tarlé: Côté ukrainien, vous sentez cette fatigue qui fait qu'on est prêts à baisser les bras?

On a d'ailleurs renoncé à vouloir reconquérir le Donbass. - T.Kastouéva-Jean: Bien sûr qu'il y a de la fatigue.

Plus de 50 % des Ukrainiens disent qu'ils seraient prêts à des concessions territoriales pour avoir la fin de la guerre. Il y a quand même des conditions. Les Ukrainiens ne peuvent pas céder sans avoir des garanties de sécurité.

Quelles sortes de garanties? Ca reste le sujet qui fera partie de la négociation. Simplement céder devant V.Poutine, arrêter la guerre pour l'arrêter...

L'alternative n'est pas entre la guerre et la paix. Elle est entre la guerre et la disparition en tant que nation, avec une identité ukrainienne forte. Et que se passera-t-il par la suite?

On voit comment ça se passe dans les régions occupées. On commence par la langue ukrainienne et on finit par les répressions contre les personnes qui portent un discours pro-ukrainien, un discours patriotique. Les conséquences dans le quotidien des gens peuvent aller très loin.

Ils ne sont pas prêts à céder juste pour céder, pour avoir la paix, qui risque d'être très instable. - A.de Tarlé: Et le moral, côté russe?

Le soir de son investiture, D.Trump a eu cette phrase: "V.Poutine est en train de détruire son pays.

Je pense que la Russie a un gros problème. Regardez leur économie, regardez l'inflation." A-t-il dit ça en l'air ou a-t-il des informations selon lesquelles les Russes vont mal?

Après 3 ans de guerre, eux aussi sont fatigués? - T.Kastouéva-Jean: Je pense que D.Trump et ses équipes voient bien que les indicateurs de l'économie russe sont au rouge.

L'inflation est forte. Le taux directeur de la Banque centrale est à 21 %. Personne ne peut investir et se développer... - A.de Tarlé: Ca tue toute économie. - T.Kastouéva-Jean: Bien sûr.

Les acteurs sont très faibles face aux concurrents chinois et coupent tous les projets. Il suffit de voir les interviews. On voit entre les lignes ou très directement une litanie de complaintes des entrepreneurs russes et la difficulté de travailler.

Ca ne veut pas dire que l'économie russe risque de s'écrouler du jour au lendemain ni que V.Poutine tient compte de cela. La question, c'est comment il voit l'état de son économie.

A mon avis, il y aura 2 sons de cloche. Là, très alarmiste sur l'état de l'économie russe... - A.de Tarlé: La voix de la directrice de la Banque centrale russe.

Il reste des voix libres. - T.Kastouéva-Jean: Libres, non, mais des voix qui alertent.

Sa solution a été de relever le taux directeur de la Banque centrale. Il y a aussi des voix qui sont beaucoup plus rassurantes. V.Poutine voit que l'économie la plus sanctionnée au monde tient la route, affiche un taux de croissance.

Il regarde les 3 ans parcourus en condition de guerre. Dans tous ses discours, il est très fier des prouesses de l'économie russe. Je ne suis pas certaine de sa grille de lecture de la situation.

Ne parlons pas du nombre de morts. Les Russes payent un prix exorbitant pour chaque mètre carré gagné à l'Ukraine. V.Poutine Estime que la cause dépasse ce coût.

Il est prêt à continuer cette guerre. - A.de Tarlé: Vous sentez que cette guerre va se poursuivre en 2025? - T.Kastouéva-Jean: C'est tout à fait possible.

Il peut y avoir une sorte de Bidenisation de Trump. Qu'il maintienne un niveau d'aide à l'Ukraine parce qu'il ne voudra pas céder à V.Poutine, toujours avec cette pensée de la Chine derrière.

Il ne voudra pas non plus aller à l'escalade, y compris nucléaire. Il va continuer à suivre cette ligne de crête et il va encore prolonger la guerre, probablement jusqu'à ce que l'Ukraine s'effondre sous le poids de cette guerre qui pèse autant sur la population et l'économie. - A.de Tarlé: Ce matin, le porte-parole du Kremlin, en même temps qu'il disait que V.Poutine était prêt à échanger avec D.Trump, a eu cette phrase.

Il a engagé les Etats-Unis à poursuivre la négociation de désarmement nucléaire. Il a dit qu'il fallait tenir compte du potentiel nucléaire de la France ou du Royaume-Uni. On ne comprend pas bien.

Il veut que la France se désarme nucléairement? C'est V.Poutine qui commande à grande échelle des missiles à capacité nucléaire, non? - T.Kastouéva-Jean: C'est un vieux débat sur le nucléaire.

L'URSS puis la Russie ont toujours voulu que les arsenaux nucléaires français et britannique soient inclus dans les négociations sur le désarmement, sans quoi les négociations n'étaient pas équilibrées. V.Poutine ne se satisfera pas d'un gel du conflit.

Il voudra une solution beaucoup plus large par rapport à l'Ukraine. Il cherche surtout à renégocier avec Trump toute la sécurité européenne. Les accords sur le désarmement et les réductions des armements en font partie.

C'est ce grand dialogue de la guerre froide qu'il cherche à rétablir avec ce facteur, cette vieille rengaine: inclure les arsenaux français et britannique dans les négociations. - A.de Tarlé: On imagine mal la France se dénucléariser pour faire plaisir à V.Poutine.

Poutine / Trump : une rencontre imminente ? - C dans l’air l’invité - 24.01.2025 — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote