C'est le BAZAR à la tête de la France : on vous explique TOUT - l'Actu de la semaine
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 14 %Attaque 61 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36FerméeRéponse partielle
Combien de foyers ont été privés d'électricité en France lors du passage de la tempête Chiaran en 2023 ?
- 4:24OuverteRéponse partielle
Est-ce que Bruno Retailleau et les Républicains ont eu les yeux trop gros ?
- 5:33OuverteRéponse partielle
Est-ce que tu peux nous rappeler ce dont on parle dans le débat public quand on utilise la notion de domaine réservé du président de la République ?
- 9:02OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qui s'est passé le week-end dernier avec cette démission surprise de Sébastien Lecornu à cause de Bruno Le Maire ?
- 10:22OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Premier ministre des missionnaires qui reste en poste ?
- 13:37OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il existe toujours une ligne directe entre Emmanuel Macron et les Républicains ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55PrésentateurFait
« La bonne réponse, c'est la réponse C. »
- 0:57PrésentateurChiffre
« En 2023, 684 000 foyers ont été privés d'électricité lors du passage de la tempête Chiaran. »
- 2:41IntervenantFait
« À Retailleau-Darmanin. »
- 2:50IntervenantFait
« Bruno Le Maire. »
- 2:51IntervenantFait
« Bruno Le Maire, il était parti faire une petite retraite en Suisse, tranquille, faire prof là-bas de temps en temps. »
- 3:29IntervenantFait
« Ça, c'est la version du côté des Républicains. »
- 3:49IntervenantFait
« C'est exactement les termes qu'il a employés et des infos ensuite qu'on a eues. »
- 3:53IntervenantFait
« Lecornu a appelé ses proches, a appelé l'Elysée le dimanche soir et dans la nuit et a pris la décision de porter la démission du gouvernement pour la simple et bonne raison que pour lui, le pacte de confiance était rompu. »
- 5:40IntervenantFait
« Le domaine réservé, en fait, historiquement, c'est Jacques Chaband Elmas, au moment où un congrès de l'UNR, donc le parti gaulliste, au moment, en fait, où De Gaulle est en train de basculer pour l'indépendance de l'Algérie française, eh bien, il y a une bonne partie du parti qui n'est pas vraiment favorable à l'indépendance de l'Algérie, qui est plutôt favorable à l'Algérie française. »
- 8:11PrésentateurFait
« Moi, j'ai le souvenir, au moment où le NFP grattait à la porte pour Matignon à l'été 2024, qu'il avait dit qu'il n'y aurait pas de domaine réservé, que ce serait une cohabitation hardcore et qu'il n'y aurait pas de domaine partagé. »
- 9:13IntervenantFait
« Oui, une interview de Bruno Le Maire de 40 minutes. »
- 9:25IntervenantFait
« il disait qu'il ne comprenait pas pourquoi il y a eu quand même une démission de Lecornu, parce que déjà, comme tu disais, il s'entendait très bien, selon lui en tout cas, avec Bruno Retailleau. »
- 9:39IntervenantFait
« si c'est moi qui bloque, je me retire en réalité. »
- 10:04PrésentateurFait
« Emmanuel Macron, le président de la République, lui demandait de rester encore 48 heures pour poursuivre d'ultimes négociations, négociations qui avaient déjà lieu depuis un mois avec les différentes composantes, surtout du socle commun, un petit peu la gauche aussi, mais qui y allaient plus par politesse que pour autre chose. »
- 10:54IntervenantChiffre
« 14 heures et 26 minutes. »
- 11:59IntervenantFait
« les attributions du ministre des armées démissionnaires sont transférées au Premier ministre. »
- 19:08PrésentateurFait
« C'est l'annonce par Elisabeth Borne elle-même qu'elle était OK avec la suspension de la réforme des retraites si c'était nécessaire, si c'était utile, etc. »
- 35:30IntervenantFait
« si LFI l'extrême droite les censure comment ils vont faire pour gouverner je vois mal ça »
- 37:28PrésentateurFait
« la condamnation elle ne change rien vis-à-vis des électeurs du RN au contraire d'ailleurs elle mobilise encore plus l'électorat »
- 37:39IntervenantFait
« il nommerait Marine Le Pen à Matignon et pendant X années on aurait une inversion qui n'en est pas vraiment une des rapports de pouvoir et petite amnistie au passage »
- 38:21PrésentateurFait
« je ne pense pas qu'Emmanuel Macron soit en l'état actuel des choses en situation de présenter sa démission comme si le pays était à feu et à sang bloqué au point de ne pas pouvoir avancer sans l'organisation express d'une élection présidentielle »
- 38:54IntervenantFait
« depuis la dissolution il a nommé que des premiers ministres et premières ministres de droite en réalité »
- 39:59IntervenantFait
« il faudrait même encore aujourd'hui donner la chance au nouveau Front populaire donc LFI compris »
- 43:47IntervenantFait
« Jean-Louis Borleau qui a déclaré je suis au courant de rien on m'a pas appris ça me tue de rien »
- 46:04IntervenantFait
« c'est absurde et donc c'est absurde c'est affaiblir encore plus les institutions et c'est insulter encore plus »
- 52:47PrésentateurFait
« cet article c'est qu'il sera utilisé le jour où il y aura des coups de feu qui seront tirés dans le 7ème arrondissement »
- 57:34IntervenantChiffre
« plus de 80% des français sont d'accord pour abroger la réforme des retraites »
- 1:02:53IntervenantFait
« réforme des retraites, taxe Juckman, tout ça »
- 1:04:03IntervenantFait
« qui sont allés voter sur la législative anticipée de 2024 alors qu'ils n'avaient pas voté depuis longtemps »
- 1:05:00IntervenantFait
« est-ce que entre jeudi et lundi les 200 vous réussirez à se mettre d'accord ? »
Temps de parole
- Intervenant32 %
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- Intervenant 46 %
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This episode is brought to you by FIFA World Cup, launch edition on Netflix. It's a fast, fluid game where your phone is the controller and your TV is the stadium. You just launch it on your TV, scan the QR code with your phone, and boom, you're shooting and passing in seconds. Plus, it's included in your Netflix membership with zero extra costs. Go to the games tab and play FIFA World Cup launch edition now, only on Netflix. Avant ton émission, une petite question quiz. Combien de foyers ont été privés d'électricité en France lors du passage de la tempête Chiaran en 2023 ?
Est-ce que c'est réponse A près de 200 000 foyers, réponse B près de 400 000, réponse C près de 700 000 ou réponse D près d'un million ? La bonne réponse, c'est la réponse C. En 2023, 684 000 foyers ont été privés d'électricité lors du passage de la tempête Chiaran. Afin d'apporter des réponses à des conséquences concrètes du changement climatique, la CNDP organise des grands débats près de chez vous jusqu'au 16 janvier. Plus de détails en fin de vidéo. Mesdames et messieurs, quelle semaine de taré nous avons vécu. Nous allons essayer de prendre les choses de manière un petit peu chronologique pour revivre les événements un peu fous qui se sont passés. Ça a commencé sur les chapeaux de roue.
Lundi à 9h50, communiqué de presse de l'Elysée qui tombe. Emmanuel Macron accepte la démission du gouvernement de Sébastien Lecornu moins d'un mois après sa nomination à Matignon. Et 12h seulement après l'annonce de la nouvelle équipe gouvernementale, en tout cas d'une partie de la nouvelle équipe gouvernementale, puisqu'il avait été convenu que la moitié du gouvernement des postes les plus importants soit nommé le dimanche, que le mardi, il y ait une déclaration de politique générale en direct sur la chaîne Twitch de Jean Macier, et que dans un second temps, il y ait la deuxième partie du gouvernement, les ministres délégués, les secrétaires d'État, les trucs un peu moins importants.
Bref, nous, dimanche, on se met sous la dent la composition du nouveau gouvernement qui ne change rien avec la précédente, à part quelques entrées, mais rien de spectaculaire. Et le lundi matin, on apprend la démission du gouvernement Lecornu. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi le gouvernement s'est écroulé en aussi peu de temps ?
Malek. Je t'avoue que ce n'était pas trop dans mon bingo. Je suis très honnête. Dimanche soir, on a l'annonce du gouvernement, avec pas de grandes nouveautés. On a quand même de grandes personnes qui étaient dans le gouvernement de François Bayrou qui ont été recondues notamment au poste régalien. À Retailleau-Darmanin. Retailleau-Darmanin. Valls, qui est resté là aussi. La petite révolution, c'était le remplaçant de Sébastien Lecornu au ministère des Armées, Bruno Le Maire. Bruno Le Maire. Le comeback de Bruno Le Maire, c'est en ministre de l'économie et des finances depuis 2017. Enfin, ministre de l'agriculture, plus ministre de l'économie et des finances, c'est un peu son palmarès.
Bruno Le Maire, il était parti faire une petite retraite en Suisse, tranquille, faire prof là-bas de temps en temps. Et puis finalement, il revient nommé au ministère des Armées. Problème. Bruno Le Maire, Bruno Retailleau, un autre Bruno. Bruno Retailleau s'en est ému parce qu'il dit avoir passé 1h30 avec Sébastien Lecornu dimanche soir avant l'annonce du gouvernement et qu'à aucun moment il n'a été tenu au courant de la nomination de Bruno Le Maire. Ça, c'est la version du côté des Républicains. Après l'annonce du gouvernement, juste après 20h, tweet de Bruno Retailleau annonçant que dès demain, un conseil politique serait réuni en urgence. Des Républicains ? Des Républicains, exactement.
Bruno Retailleau également, ministre de l'Intérieur et président des Républicains. Il n'a pas dit que les équilibres n'étaient pas respectés ? C'est exactement les termes qu'il a employés et des infos ensuite qu'on a eues. Lecornu a appelé ses proches, a appelé l'Elysée le dimanche soir et dans la nuit et a pris la décision de porter la démission du gouvernement pour la simple et bonne raison que pour lui, le pacte de confiance était rompu. Et je pense que Bruno Retailleau s'attendait à tout, sauf à la démission. Je pense qu'en fait, il voulait jouer un petit peu pour avoir dans les ministres délégués un petit peu plus de ministres LR.
C'était en gros un jeu de gros bras dans le cadre du rapport de force et qu'à la fin, il s'est mangé la démission.
Est-ce que Bruno Retailleau et les Républicains ont eu les yeux trop gros ? Est-ce qu'ils en ont trop demandé à Lecornu, provoquant la cassure de la démission ? Qu'est-ce qui s'est passé ? En fait, pour bien comprendre pourquoi Bruno Retailleau a horreur de Bruno Le Maire, c'est parce que Bruno Le Maire est un symbole. C'est le symbole du macronisme triomphant des cinq premières années d'Emmanuel Macron. Et c'est aussi le symbole pour les Républicains, des raisons pour lesquelles ils étaient opposés à Macron pendant cinq ans, à savoir la dérive financière, l'endettement, le fiasco Bruno Le Maire sur lequel les Républicains n'ont pas arrêté de taper.
Le retour de Bruno Le Maire au gouvernement signait le retour des anciens du macronisme, la réhabilitation de Bruno Le Maire. Et ça, politiquement, les Retailleau n'en voulaient pas.
C'est important de rappeler que la défense, les armées, c'est quand même un domaine réservé du président de la République et que l'arrivée de Bruno Le Maire a été notamment demandée grandement par l'Elysée, par Emmanuel Macron. Ce n'est pas un domaine réservé. Enfin, traditionnellement, mais la Constitution toujours me rappelle à l'ordre.
On en reparlera tout à l'heure parce qu'il y a eu aussi la question du maintien du domaine partagé. Puisque tu es constitutionnaliste, Thibault, est-ce que tu peux nous rappeler ce dont on parle dans le débat public quand on utilise la notion de domaine réservé du président de la République ?
Alors, le domaine réservé, juste, le gouvernement tombe sur quand même un ministère qui ne posait pas de problème à LR parce que c'était réservé quand même à Macron, précisément parce que dans la pratique, c'est vu comme un domaine réservé. Le domaine réservé, en fait, historiquement, c'est Jacques Chaband Elmas, au moment où un congrès de l'UNR, donc le parti gaulliste, au moment, en fait, où De Gaulle est en train de basculer pour l'indépendance de l'Algérie française, eh bien, il y a une bonne partie du parti qui n'est pas vraiment favorable à l'indépendance de l'Algérie, qui est plutôt favorable à l'Algérie française.
Et de manière assez tactique, en fait, il utilise cette formule pour dire, en gros, taisez-vous, presque, le président de la République a un domaine réservé, la diplomatie, la défense et les affaires algériennes.
– Je croyais que c'était la cohabitation qui avait inventé ça, mais en fait, c'est plutôt, c'est Chaband Elmas.
– Et en fait, c'est une formule qui réussit bien, une très bonne postérité, puisque même Jacques Chaband Elmas, en fait, va renier l'existence constitutionnelle, mais elle va faire, en fait, son petit bout de chemin. Et depuis, en fait, on entend, dans le débat public, mais en fait, c'est dans nos représentations. Et quand Malek dit ça, c'est parfaitement exact, sur le plan pratique, c'est vu, perçu et compris comme ça, même par les oppositions et même par les partis qui s'opposent durement au régime de la cinquième. Mitterrand, dans le coup d'État permanent dans les années 60, conteste cela et quand il devient président, il le pratique.
Et on l'a vu, Jean-Luc Mélenchon, qui n'a pas pratiqué, mais au moment des élections présidentielles de la campagne, il y avait un discours qui avait parfaitement intériorisé cette logique du domaine réservé qui suggérerait, en réalité, que c'est le président qui décide. Alors, dans les faits, il décide, mais juridiquement, en réalité, sur les questions de défense et de diplomatie, il ne peut quasiment rien faire tout seul. Tout ce qui produira, c'est-à-dire des actes juridiques, en réalité, qui sont des traductions de ces décisions politiques, eh bien, ne peuvent être faites qu'avec l'accord au moins minimal du Premier ministre et des ministres concernés la plupart du temps.
Mais on a totalement intériorisé le fait qu'il y a une quasi-automaticité et pendant les cohabitations, eh bien, il y avait une acceptation, en fait, pour ne pas affaiblir la figure du président, il y avait une acceptation de laisser la main sur ces questions-là au président de la République.
Tu as parlé de Mélenchon. Moi, j'ai le souvenir, au moment où le NFP grattait à la porte pour Matignon à l'été 2024, qu'il avait dit qu'il n'y aurait pas de domaine réservé, que ce serait une cohabitation hardcore et qu'il n'y aurait pas de domaine partagé.
– Mais quand vous êtes en dissolution et qu'il n'y a pas de nouvelle élection présidentielle, vous adoptez une logique parlementariste. – Oui. – Typiquement, Baladur, en 80... Enfin, quand il est Premier ministre de Cohabitation, parle de notre politique étrangère dans le Figaro et Mitterrand le recadre immédiatement. Bon, il préparait la présidentielle. Mais Mélenchon dit ça. Bardella, qui connaît sans doute beaucoup moins son sujet, avait dit à peu près la même chose, ou Marine Le Pen, je ne sais plus, dans le Télégramme. – Marine Le Pen aussi, oui.
– Mais en 2022, il a un discours, parce qu'il anticipe une présidentielle et une pratique présidentialiste, où là, il intériorisait manifestement dans son discours pleinement le domaine réservé.
– Je reviens sur ce qui s'est passé le week-end dernier avec cette démission surprise de Sébastien Lecornu à cause de Bruno Le Maire. Lorraine, il y a eu une interview de Bruno Le Maire dans Brut ?
– Oui, une interview de Bruno Le Maire de 40 minutes. Je vous avoue, j'ai regardé un x 1.5, parce que c'était long. Mais en gros, il disait qu'il ne comprenait pas pourquoi il y a eu quand même une démission de Lecornu, parce que déjà, comme tu disais, il s'entendait très bien, selon lui en tout cas, avec Bruno Retailleau. Et parce que, surtout qu'après, il a dit, si c'est moi qui bloque, je me retire en réalité. Donc, du coup, le fait que c'est allé jusqu'à une démission de Lecornu, ça semble l'avoir lui-même étonné, en réalité.
– Oui. Non, mais clairement, ça a étonné tout le monde. J'ai l'impression qu'Emmanuel Macron lui-même a été surpris, désarçonné, qu'il n'avait pas anticipé ça, parce qu'on a appris plus tard dans l'après-midi de la bouche de Sébastien Lecornu qu'Emmanuel Macron, le président de la République, lui demandait de rester encore 48 heures pour poursuivre d'ultimes négociations, négociations qui avaient déjà lieu depuis un mois avec les différentes composantes, surtout du socle commun, un petit peu la gauche aussi, mais qui y allaient plus par politesse que pour autre chose. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Premier ministre des missionnaires qui reste en poste ? C'est possible, ça ?
– Alors, il est… Bon.
Bon, déjà, bravo pour la performance, parce qu'il a battu le record de la quatrième où c'était 48 heures à peu près le record. Donc là, il est explosé. En gros, il devient ministre de plein exercice au moment de la nomination. Enfin, il devient un gouvernement de plein exercice. Lui, il était déjà depuis 26 jours. Donc, ils avaient pleine attribution pendant à peu près, je ne sais pas, 12, 13, 14 heures. – 14 heures et 26 minutes. – 14 heures et 26 minutes, c'est précis. Donc vraiment, le record est bien explosé. Et la démission a un effet immédiat. Il redevient un gouvernement démissionnaire. Mais en plus, le corps nu lui-même est devenu un Premier ministre démissionnaire.
– Donc il est double démissionnaire ? – Non, non, non. – C'est-à-dire pour le ministère des armées et pour le Premier… – Ah non, il n'était plus ministre des armées puisqu'il y avait eu un gouvernement de plein exercice pendant 14 heures et 26 minutes. Donc le ministre démissionnaire, c'est là où il y a eu une petite dinguerie décrétale. C'est le ministre des armées de plein exercice et Bruno Le Maire, démission. Il devient ministre des armées démissionnaire.
Mais parce qu'il refuse, enfin, il veut s'en aller manifestement, et bien parce qu'il refuse d'assurer ses attributions de ministre démissionnaire, c'est-à-dire en gros faire tourner l'administration du ministère, et bien ils ont adopté un décret le lendemain, enfin je crois en même temps que le décret de cessation des fonctions du gouvernement, qui dit grosso modo, les attributions du ministre des armées démissionnaires sont transférées au Premier ministre. Et donc le corps nu a de nouveau cumulé les deux fonctions, mais cette fois-ci doublement démissionnaire alors que pendant les 26 jours, il était premier ministre de plein exercice et il était ministre des armées démissionnaire.
Là, il est full démissionnaire. C'est la démission. Mais ça montre quand même que, bon ça c'est surtout dans mon cours que je le dirais, mais ça montre quand même que même un ministre démissionnaire n'est pas totalement mort puisqu'on a besoin de transférer les attributions s'il ne veut plus le faire. Mais en revanche, pourquoi ce déclencheur et quelle est la raison ? Ça, c'est d'ordre politique. Mais tout a été fait dans le respect des règles, étonnamment.
Oui, il n'y a rien d'illégal, c'est surprenant, mais il n'y a rien d'illégal dans l'absolu. On a quand même eu sous nos yeux l'explosion en vol du socle commun. C'était la victoire de Bruno Retailleau en 2024 que de ramener les Républicains dans le giron gouvernemental, sortir de l'opposition et retourner au gouvernement dans un accord exigeant avec les Macronistes qui ne s'est pas toujours très très bien passé. Évidemment, ça a grincé quand même assez régulièrement des dents. Et là, on a vu quand même Bruno Retailleau et j'ai l'impression qu'il ne s'adresse même plus la parole maintenant. Et les deux Bruno ? Bruno Retailleau et Bruno...
Alors Bruno Le Maire, ça certainement, ça j'en suis convaincu. Mais même Le Cornu et Macron. Est-ce qu'il existe toujours une ligne directe entre Emmanuel Macron et les Républicains ? Je ne suis pas persuadé. Après ce qui s'est passé, après ce qu'a fait Retailleau, qu'est-ce que tu en penses, Malek ?
Je vais d'abord revenir un peu sur l'explosion du socle commun parce qu'en réalité, plus que sur Retailleau, tu vois, j'avais dit moi au moment de l'entre-deux-tours des élections législatives de 2024 que c'était déjà l'explosion de la Macronie. Je rappelle déjà qu'à l'époque, Gabriel Attal n'avait pas la même position puisqu'il disait qu'il était même prêt à appeler à voter LFI contre le Rassemblement National alors que certains étaient sur la position du fameux Nini dans le camp de la Macronie. En fait, vu que ce poison-là n'a fait que durer, on est en train de nous exposer la figure. Le problème, c'est que c'est les Français à la fois qui en passent, on en parlera après.
Est-ce qu'Emmanuel Macron a encore un lien avec les Républicains ? Je ne pense pas. Comment tu renoues un lien de confiance dans un gouvernement à venir avec les Républicains ? En fait, je pense que c'est parce qu'il y aura des opportunistes plus que des gens qui voudront vraiment travailler, que ça se fera pour faire barrage à la gauche. Pour moi, c'est la seule et unique raison qui fait que le canal sera à nouveau ouvert.
On a vu aussi que cette crise politique a placé Emmanuel Macron au cœur des critiques au sein de son propre camp. Et ça aussi, c'est quelque chose de relativement nouveau. mais les snipers que sont Édouard Philippe, qui avait déjà demandé des dissolutions par le passé, là, qui demandent carrément la démission du Président de la République. Gabriel Attal, en direct sur TF1, ça m'a fait décrocher ma mâchoire, qui dit qu'il ne comprend plus les décisions du Président de la République. Donc, il a complètement lâché. On vous a même fait un montage spécial backseat incroyable.
Nathalie Loiseau, ancienne tête de liste pour les élections européennes, qui, elle aussi, lâche Emmanuel Macron et demande une élection présidentielle. Valérie Hayé, Valérie Hayé, qui, elle aussi, en termes diplomatiques, ce qu'elle dit, c'est une trahison. Il faut bien se rendre compte que quand on fait partie du parti présidentiel, remettre comme ça en cause la stratégie et la parole du Président de la République, c'est quelque chose de grave, qu'on n'a pas vécu depuis l'effrondeur à l'époque du Parti Socialiste, grande époque. Donc, ouais, non, division du camp macroniste, qui, en fait, c'est toute la fragilité du camp macroniste qui ne repose pas sur des barons locaux indéboulonnables.
Et sur un socle idéologique. Et sur un socle, ni sur un socle idéologique, t'as raison, qui repose sur Emmanuel Macron. Et quand Emmanuel Macron flanche, c'est l'ensemble de la Macronie qui flanche et qui cherche à exister par elle-même. Qui éclate bien. Ouais, qui éclate bien. C'est une fragilité terrible pour un Président de la République, ce qu'on est en train de vivre, non ?
Oui, c'est une fragilité, mais je sais pas. Enfin, il y a un phénomène très... Enfin, milieu macroniste, finalement, ceux qui existent aussi par les nominations qu'a souhaité Emmanuel Macron, se retournent. Je crois qu'il y a aussi un phénomène qui est un peu plus à installer dans le moyen ou dans le long terme. C'est que, bon, Emmanuel Macron, sauf que ça arrive 18 mois avant la fin du mandat, en fait, n'a plus de position de force.
Alors, et là, il s'est lourdement affaibli, mais finalement, là, c'est le premier président qui a fait deux mandats dans la période quinquennale, mais en fait, c'est le premier président qui, en réalité, eh bien, comment dire, à part Mitterrand, mais qui était très affaibli par la cohabitation, mais qui qui voulait toujours jouer à un jeu politique alors qu'il ne peut pas se représenter. Et de fait, ça affaiblit quand même la fonction, sauf que ça paraît prématuré, mais en même temps, pour le plagier, Emmanuel Macron a joué avec le feu. C'est lui qui affaiblit la fonction présidentielle.
Oui, en fait, oui, oui, je suis d'ailleurs d'accord avec Gabriel Attal quand il dit que tout ça a commencé à la dissolution. Oui, même avant,
la non-compréhension de 2022, du résultat de 2022, c'est-à-dire le fait que parce qu'il a gagné, eh bien, on continue comme avant avec la Ve République à la Papa, alors qu'il avait une majorité relative, certes, qui était beaucoup plus importante qu'aujourd'hui, eh bien, ça n'a pas été pris en considération. D'ailleurs, preuve en est, les 2022-24... Je rappelle qu'entre 2022
et 2024, les macronistes ont gouverné de manière relativement tranquille parce que les LR acceptaient de ne pas voter l'émotion de censure. Absolument. Il y a des fois, c'est pas série crac, notamment la réforme des retraites, mais dans l'absolu...
Et quand ça chauffait, enfin, outils de... Enfin, les pratiques autoritaires avec les outils de la rationalisation du parlementarisme. Mais moi, je pense quand même que 2024, la dissolution, ça l'a quand même isolée dans son camp parce qu'on avait l'impression que même son camp ne comprenait pas cette décision puisque ça tenait plus ou moins. Donc, je pense qu'il y a eu ce côté des macronistes qui ne comprenaient pas non plus sa décision en se disant qu'en plus, c'était au lendemain des élections européennes donc l'extrême droite risquaient... Enfin, il risquait d'avoir une cohabitation avec l'extrême droite. On avait justement un Gabriel Attal qui, lui, était plutôt dans le...
Bah non, moi, je ne vais pas aller jusqu'à dire que LFI, c'est pareil que l'extrême droite. Donc, je pense qu'en vrai, il s'est de plus en plus isolé une fois qu'il y a eu la dissolution.
Il y a eu aussi une annonce qui a fait grand bruit au sein de la majorité... Enfin, au sein des macronistes. C'est l'annonce par Elisabeth Borne elle-même qu'elle était OK avec la suspension de la réforme des retraites si c'était nécessaire, si c'était utile, etc. Il faut savoir écouter. Hein ? Il faut savoir écouter. Il faut savoir écouter. C'est important et c'est Elisabeth Borne qui vous le dit donc vous serez gentils d'écouter, d'accord ? Ça a fait exploser le groupe macroniste.
On a des extraits d'une boucle télégramme du groupe macroniste à l'Assemblée nationale qui ont fuité et qui ont été révélés par un journaliste du Figaro où on voit une ambiance délétère au sein du groupe puisque un certain nombre de députés ne veulent pas entendre parler d'une remise en cause de ce totem du macronisme qu'est la réforme des retraites obtenue de hautes luttes face à des millions de manifestants à une opinion publique vent debout, etc. Ils ne veulent pas lâcher comme ça en race campagne dans des négo et on comprend bien pourquoi est-ce qu'ils ont fait ça à les macronistes et parce qu'ils sont et ça, on va en parler en train de négocier avec la gauche.
C'est ça. Moi, il y a un petit message de Maud Bréjon qui n'est pas sur ce screenshot mais qui, moi, m'a fait plaisir. Elle a dit qu'on ne va quand même pas faire disparaître notre seule réforme structurelle du mandat. Si possible. En fait, oui, si, parce que c'est quand même fait contre la vie des syndicats, contre la vie des Français dans leur grande majorité. Non, derrière tout ça, c'est aussi important parce qu'il y a quand même la popole qui quand même est là. tout le monde là va commencer un petit peu à sortir du bois parce qu'il y a les couloirs qui sont en train de se dessiner à l'approche de l'élection présidentielle.
Élection présidentielle de 2027 ou élection présidentielle anticipée, on en parlera peut-être après. Mais tout le monde est en train de se préparer. On sait que Edouard Philippe a communiqué petite info à Paris Match. Tiens, on choisit les médias à qui on donne les infos. Son projet présidentiel est prêt. On sait que Gabriel Attal a envie d'y aller aussi. C'est pour ça qu'il s'émancipe. Tout le monde est plus ou moins en train de se mettre dans les couloirs. C'est aussi important de dire qu'Elisabeth Borne n'a consulté ni Matignon ni l'Élysée pour faire son interview
au Parisien. Ah, c'est ça, je me demandais.
Est-ce qu'elle a consulté Gabriel Attal ? Je ne pense même pas. Je ne suis pas sûr qu'elle soit fidèle à Attal en plus. Non, ils se sont fait un petit peu la guéguerre
pour la tête du parti. Ah ouais, putain, elle a lâché ça en solo.
C'est dire qu'il n'y a plus d'autorité dans le... Mais vraiment, c'est plus un parti, c'est une espèce de syndicat de copropriété. Vraiment, le socle commun ne tient même pas. Il y a Édouard Philippe avec son mouvement Horizon qui dit clairement en gros Macron doit partir ou il doit y avoir une présidentielle anticipée. Il y a UDI qui les soutenait plus ou moins qui eux aussi disent c'est bon on se barre. Il y a même les macronistes les plus macronistes disent en fait on remet en question tout ce qu'ils disent tout ce qu'ils font on ne le comprend plus voire même on remet en question une des réformes qu'il a apportées à pleine main on va dire. Il est solo. Là, moi, un truc qui me...
une situation qui me marquait à chaque fois c'était le roi est nu mais vraiment là il est à poil.
C'était la lune de Libé. Le roi est nu après, je voudrais quand même rappeler que ce n'est pas la première fois qu'on voit une majorité se déliter en arrivant à la fin alors c'est vrai que je suis d'accord avec toi il reste 18 mois c'est énorme ça paraît extrêmement long par rapport à ce qu'on a connu par le passé enfin tu aurais vu l'état du PS à la fin du quinquennat de François Hollande tu aurais vu l'état de l'UMP à la fin du quinquennat tu vois c'est
bon l'odeur de fin de règne à 18 mois du scrutin ça c'est rare et j'ai envie de te dire l'odeur de fin de règne ça fait un moment qu'on l'a sent Thibaut parlait aussi de 2022 je rappelle qu'en 2022 Emmanuel Macron refuse de faire campagne
ça lui a plutôt réussi
oui parce qu'en fait il était conscient que c'était en arrivant sur un second tour par défaut qui pourrait rester au pouvoir donc après accouche de tout ça une majorité relative et il avait dit je me rappelle à l'entre-deux-tours meeting à Marseille qui gouvernerait autrement depuis 2022 je n'ai jamais vu sa façon de gouverner autrement donc déjà d'ailleurs pareil c'est pas le premier non mais c'est pas le premier oui c'est pas le premier mais là pour le coup tu sais Hollande il y avait quand même aussi des gens au parti c'était pas très nombreux mais il y avait quand même des gens au parti socialiste encore pour tenir la ligne oui c'est vrai là dis moi qui tient la ligne d'Emmanuel Macron voilà laquelle non mais laquelle même lui sa ligne
il n'y connait pas regarde ce qu'on a vécu lundi c'est quand même un peu lunaire on sent que le roi est nu et surtout le roi est hésitant et que le roi ne sait plus exactement ce qui lui reste comme option il essaye de compter son pouvoir il est un des derniers de la classe à comprendre qu'il n'a plus de majorité et qu'il n'arrivera plus à gouverner de la même manière après on va prendre le temps dans cette émission évidemment de regarder les options qu'il a justement discutons-en moi toute la journée de mardi j'ai fait un stream entier de 4h pour expliquer que pour moi il y avait une dissolution je ne voyais pas Sébastien Lecornu réussir son bout de négociation en 48h pourquoi en 48h il réussirait-ce qu'il n'a pas réussi en 3 semaines donc pour moi c'était dissolution contrainte et forcée de la part d'Emmanuel Macron est-ce que vous pensez que c'est encore une ouais Thibaut
non mais est-ce qu'il a réussi c'est ça que je voulais dire il manquait une question hier dans le 20h est-ce qu'il y a un accord de non-censure parce que sinon
il n'a rien réussi moi je te parle de mardi mardi on n'était pas encore à la fin de son truc je me disais il ne réussira pas est-ce qu'il a réussi je ne pense pas il a dit il existe au 20h de France 2 il a dit il existe une majorité de députés qui sont contre une nouvelle dissolution ça ne veut pas du tout dire qu'il existe une majorité de députés qui est prête à gouverner quoi que ce soit ensemble ni le début du commencement d'un socle parce qu'effectivement si tu demandes comme ça au parti qui veut une dissolution là tout de suite il n'y a que LFI et le RN qui répondent peut-être un peu les écolos ça dépend tu as dit deux questions
qui veut un budget jusqu'à la fin de l'année tout le monde et qui veut éviter la dissolution en vrai à part LFI un peu tout le monde ça ne te fait toujours pas un gouvernement ça ne te fait toujours pas même un accord qui peut se dessiner donc moi je ne sais toujours pas ce qu'il a réussi Sébastien Lecornu et donc c'est pour ça que je ne sais toujours pas te dire on va en parler après qui peut être à la tête du futur gouvernement mais en revanche si je peux me permettre ce qui se passe c'est vraiment hallucinant ce qui se passe le lundi et le mardi la continuité les fameux 48 heures mais en réel ça rappelle quand même quelque chose une pratique assez courante chez Emmanuel Macron et qui d'ailleurs parfaitement intériorisée par son groupe politique c'est de sortir des voies de droit c'est c'est à dire toute chose égale par ailleurs mais le grand débat le format Saint-Denis tous ces éléments là toutes ces pratiques là qui visent en fait à faire de la politique mais sans rester dans les cadres institutionnels et constitutionnels je ne dis pas que tu peux tout faire dans un cadre constitutionnel où tu dois tout faire mais finalement il y a des voies de droit il y a des outils constitutionnels à disposition pour régler une crise qui en réalité une crise très classique il y a un blocage entre le pôle exécutif et le parlement et là pour essayer de survivre à quelque chose qui n'était pas du tout anticipé manifestement il y a un état de préparation qui est remarquable et bien il y a ce bricolage de on va créer enfin utiliser un pré-négociateur qui aura vocation à trouver un négociateur qui limite négociera un budget parce qu'à la base c'était même pas une nomination d'un premier ministre c'était appeler enfin trouver un négociateur qui trouverait un moyen d'avoir un budget et ensuite à charge pour le président de la république de nommer un premier ministre qui ferait adopter un budget où il n'y aurait même plus de débat enfin
qu'est-ce que vous pensez de la grille de lecture qui est qui est assez partagée qui est celle de dire qu'une dissolution amènerait au même résultat qu'on aurait une assemblée tout aussi tripolarisée ça c'est pas grave
c'est pas grave bah non ça c'est pour moi ça c'est le faux argument c'est l'argument pour ne pas dissoudre surtout dans une cinquième république où quand même la dissolution c'est plutôt d'origine gaullienne c'est l'appel au peuple on peut l'accepter ou le critiquer mais c'est l'appel au peuple et en fait peut-être mais ça c'est le naïf qui parle c'est faire une dissolution il y aura sans doute une tripolarisation qui se confirmerait en tout cas la tripartition pardon n'est pas un phénomène en réalité qui apparaît en 2024 sauf qu'il se matérialise dans l'assemblée plutôt nettement en 2024 mais s'il y a à nouveau une tripartition et bien peut-être mais c'est sans doute naïf ce que je vais dire peut-être que ça ça participera à contraindre les acteurs et notamment les députés et bien se dire bon bah désormais on peut plus penser ambiance fait majoritaire ambiance pratique présidentialiste il va falloir faire du compromis c'est pour ça c'est pas évident
non non c'est pas évident on le voit bien on le constate mais je me dis qu'en plus si on fait une dissolution demain matin on n'aura pas très exactement le même résultat que l'année dernière je pense que les macronistes perdront encore des plumes et qu'ils en perdront d'autant plus que ce qui vient de se passer ne plaît pas du tout à l'électorat macroniste qui n'est vraiment pas super fan plutôt des gens qui aiment la stabilité la continuité etc donc pour moi on aurait une progression du rassemblement national de manière indéniable à l'assemblée nationale qui aurait probablement pas de majorité absolue mais potentiellement une majorité relative et ensuite on aurait la gauche qui progresserait un peu et une partie des macronistes qui subsisterait parce qu'ils gardent un fond quand même le macronisme n'a pas complètement disparu de l'opinion publique il reste quand même un fond à 15-20% quand même
oui mais en fait on arriverait quand même au même résultat dans le sens où il y aurait du coup trois blocs et qu'il y aura de toute façon une alliance qui devra se faire avec un bloc ou l'autre donc moi en fait je ne comprends pas à quoi ça s'avérerait de dissoudre maintenant pour leur dire oui bah vous voyez maintenant il faut négocier bah en fait je pense qu'ils savent déjà qu'il faut négocier ils ne savent pas faire ils ne savent pas faire est-ce qu'une dissolution avec un autre résultat ça est tout à fait mon savoir-faire non mais j'ai conscience que c'est naïf et d'ailleurs ça peut mener à un autre résultat peut-être positif pour certains c'est carrément changer des institutions mais ils ne savent pas faire le compromis parce que c'est des acteurs qui sont d'ailleurs les macronistes sont quand même souvent des pièces rapportées des partis de gouvernement en tout cas ceux qui sont assez dominants et bien c'est des acteurs qui ne savent pas faire parce qu'ils ont complètement intériorisé et hérité de pratiques qui consistaient à dire le fait majoritaire c'est gagner d'avance soit t'es dans l'opposition t'es assez faible tu obstrues et bon voilà t'espères l'alternance soit et bien t'es dans le fait majoritaire tu négocies en réalité dans les coulisses avec le gouvernement pour peser en tant que majorité mais dans l'hémicycle notamment à l'Assemblée nationale t'as un rôle relativement limité c'est à dire ratifier ce qui est demandé par un gouvernement il peut y avoir des tensions les socialistes l'avaient montré sous le monde indolente mais ils ne savent pas faire et ça prend du temps de changer des pratiques changer des représentations des croyances et la solution n'est pas nécessairement dans ni une dissolution ça je suis d'accord ni dans la constitution mais il faudra du temps si la tripolarisation s'installe durablement pour trouver un moyen de gouverner Malek ça fera peut-être le lien avec la suite moi je rejoins l'afre-gauchiste qui est Édouard Philippe parce qu'en fait je me suis vraiment posé la question avant de rejoindre cette position mais aujourd'hui je suis obligé de constater que Emmanuel Macron est le point bloquant notamment de tout ça c'est le blocage finalement c'est lui qui refuse la cohabitation est-ce qu'il a cohabité depuis 2024 ?
On n'est pas en situation de cohabitation il n'y a pas de majorité absolue alternative Ok mais ça majeu ne fonctionne pas non plus donc on fait quoi ? On négocie
Non mais tu vois on en revient à ça moi je n'ai pas plus de solutions mais pour moi notre problème il est parlementaire Oui
mais sauf que ça Thibault le disait ça demande une rééducation tu vois et donc en vrai ça prend du temps on a 18 mois il faut quand même qu'on puisse avancer tu vois Non mais surtout on a 18 mois mais surtout le budget doit être déposé lundi en fait les jeudis je ne veux pas affoler les gens le jeu qui dit dissolution en fait ça me ferait chier qu'on grille la cartouche de la dissolution là alors qu'on pourrait l'utiliser après une démission et après une présidentielle anticipée et fort de cette élection présidentielle et d'un débat d'une confrontation idée contre idée on débat vraiment et on décide de quelque chose pour la France et bien là il y a ensuite une autre photographie de l'Assemblée qui se dégage Mais en 35 jours tu es un afro-gauchiste comme Edouard Philippe tu as dit c'est vrai qu'il a dit de laisser un délai c'est vrai Edouard Philippe dit d'abord premier ministre pour voter un budget d'ici la fin de l'année le président de la république choisit son timing pour démissionner on se laisse un peu le temps pour pouvoir avoir une vraie campagne et pas 35 jours et on fait une dissole dans la foulée mais là tu retombes dans une espérance peut-être mais je t'interprète peut-être mal qu'on dissout enfin non on élit un nouveau président on dissout dans la foulée à la Mitterrand et on espère on croise les doigts pour une majorité absolue et le risque c'est de retomber dans une pratique
présidentialiste j'en ai encore vu dans le chat qui disait que selon eux s'il y avait un nouveau président de la république il y avait certainement une nouvelle majorité absolue un mois plus tard dans des élections législatives pour moi c'est de la pensée magique pour moi c'est un truc je crois que depuis 2022 on est rentré dans une phase nouvelle de notre vie politique qui peut s'installer pour longtemps dans laquelle c'est fini l'époque des hégémonies et des groupes à 350 députés à l'assemblée qui imposent leur volonté pour moi c'est un peu un modèle du passé compte tenu de l'éclatement du paysage politique et c'est marrant parce qu'en plus tout ça arrive avec le scrutin majoritaire qui était censé être le scrutin qui empêche ça qui garantit la stabilité la fameuse stabilité gouvernementale il est en train de nous démontrer que malgré le scrutin majoritaire on a 11 groupes à l'assemblée nationale on a un rassemblement national à 125 députés et que le scrutin majoritaire ne l'empêche plus donc non je sais pas je suis pas défaitiste mais presque
mais le scrutin majoritaire certes favorise une majorité absolue mais quand même Debray quand il présente les institutions en 1958 a complètement essentialisé ce qui n'existera plus quatre ans plus tard c'est à dire l'impossibilité d'avoir une majorité absolue à l'époque ils y croyaient encore oui ils étaient complètement traumatisés en fait on est revenu
dans un modèle Debray ils étaient traumatisés la quatrième
était justifié le scrutin majoritaire à deux tours pas un tour ils voulaient un tour là ça serait sans doute plus contraint à créer deux blocs majoritaires et les outils de rationalisation
Lorraine t'en penses quoi ? Est-ce que si on dissout demain on a les mêmes ?
Moi je pense qu'on aura qu'on aura effectivement les mêmes et qu'on sera toujours tout autant bloqués en fait et que pour moi il faut que je pense que 48 heures pour négocier une alliance c'est pas assez et qu'il faut que le camp macroniste en fait se mette eux aussi d'accord à mon avis sur qu'est-ce qu'ils sont prêts à lâcher parce que là on entend on part de suspension de potentiellement abrogation etc.
de la réforme des retraites bah en fait j'ai l'impression que est-ce que que l'ocornu négocie mais en fait il sait pas quelle cartouche il a en fait en réalité pour pouvoir négocier donc ça pour moi il n'y a que Emmanuel Macron et son parti que j'espère peut enfin il peut remettre en ordre pour pouvoir négocier mais moi en fait pour moi enfin hier j'ai touté parce qu'en fait je passe ma vie à regarder chaque notification pour comprendre ce qui se passe en temps réel mais je disais en fait j'ai l'impression que les socialistes croient un peu au Père Noël sur une cohabitation avec avec la avec la Macronie parce que en fait déjà même avec les Macronistes ils seront pas assez pour pouvoir gouverner sans être censurés c'est à dire que si LFI l'extrême droite les censure comment ils vont faire pour gouverner je vois mal ça et en plus de ça sur le fait que ils arrivent même pas à obtenir des choses concrètes en l'état enfin en fait j'ai l'impression que déjà admettons ils réussissent bah ils arrivent au gouvernement mais en fait ils sont dans un truc qui est en train de mourir donc je comprends même pas quel est l'intérêt pour eux d'essayer de sauver les macronistes
pour qui
pour les socialistes pour les socialistes oui ils sont beaucoup à perdre en cas de dissolution aussi bah ils sont énormément à perdre en cas de dissolution surtout si on part sur un accord électoral ouais voilà l'assurance vie du parti socialiste ce serait d'être au gouvernement
c'est ce que on en parlera notre invité tout à l'heure évidemment qui nous éclairera peut-être sur la pensée socialiste en ce moment si lui-même il a compris si d'aventure lui-même a compris quoi que ce soit parce que c'est parce que c'est clair pour personne et que le PS est un parti divisé c'est vrai et que le PS est un parti divisé mais c'est intéressant parce que ça en dit long aussi sur la culture du compromis qui existe à gauche ou qui n'existe pas entre l'intransigeance le refus absolu de négocier à qui que ce soit et être prêt à se vendre retoquer son propre programme et tout il n'y a pas que les macronistes qui sont dos au mur dans cette histoire et qui sont contraints à des négociations compliquées
mais clairement parce qu'en plus même on n'a pas parlé de l'extrême droite c'est que même l'extrême droite en réalité ils sont dans la merde désolé mais parce que là admettons il y a une une présidentielle anticipée Marine Le Pen est inéligible ils vont envoyer Bardella je ne vois pas en quoi ça leur profit il ne fait pas des moins bons scores dans les sondages aujourd'hui à date donc ça serait peut-être même d'ailleurs un avantage de quoi la condamnation ? d'envoyer Bardella non d'envoyer Bardella la condamnation aussi ça c'est mon avis
non mais la condamnation elle ne change rien vis-à-vis des électeurs du RN au contraire d'ailleurs
elle mobilise encore plus l'électorat parce que voilà on retourne sur le discours de système contre nous et pourrait très bien être élu il nommerait Marine Le Pen à Matignon et pendant X années on aurait une inversion qui n'en est pas vraiment une des rapports de pouvoir et petite amnistie au passage
à suivre on verra évidemment si on revient sur le scénario de cet afro-gauchiste d'Edouard Philippe est-ce qu'une démission du président de la république est réaliste en l'état ?
moi je il ne le fera jamais non mais voilà c'est ça il ne le fera jamais parce qu'il a un égo qui est gros comme as donc jamais il le fera moi je considère que le problème qu'on a actuellement est d'ordre parlementaire qu'on a une tripartition à l'Assemblée Nationale qui rend difficile des relations entre des partis qui n'ont pas de culture de compromis et qui doivent apprendre un petit peu dos au mur à le faire parce qu'on n'a pas le choix et qu'en plus le chrono tourne et qu'on a un budget à adopter je ne pense pas qu'Emmanuel Macron soit en l'état actuel des choses en situation de présenter sa démission comme si le pays était à feu et à sang bloqué au point de ne pas pouvoir avancer sans l'organisation express d'une élection présidentielle
moi je pense quand même qu'il bloque parce que ça reste le constitutionnaliste me corrigera si besoin ça reste une de ses responsabilités de nommer un premier ministre et ensuite de constituer un gouvernement là depuis la dissolution il a nommé que des premiers ministres et premières ministres de droite en réalité pour moi il aurait dû et peut-être il faudrait même encore aujourd'hui donner la chance au nouveau Front populaire donc LFI compris mais bon ça ça suppose que le PS et LFI arrivent à s'entendre et vouloir gouverner ensemble ça on en est sur autre chose mais en tout cas pour moi il est quand même responsable de ce blocage des institutions au sens où c'est quand même lui qui nomme le premier ministre au final oui non non oui oui absolument je suis très sensible à ce que tu dis parce que oui étant donné qu'il est le garant du fonctionnement régulier des institutions la nomination du premier ministre et le partage de compétences de la nomination des membres du gouvernement est importante mais et je ne dis pas qu'il ne faut pas nommer quelqu'un issu du NFP avec soit une alliance enfin une réintégration de LFI dans la boucle parce que je ne le vois pas nommer un premier ministre LFI quand même et soit un soutien sans participation enfin pour pour essayer d'avancer mais le problème c'est que c'est enfoncé une porte ouverte mais il a fait les choses tellement à l'envers qu'il a réussi en fait à installer dans le dans le discours enfin dans le champ politique le fait que ça ne sert à rien de faire ça alors que la censure serait sans doute assez rapide oui et elle aurait peut-être été tout autant il y a un an mais désormais c'est même plus une hypothèse qui est abordée ce qui fait que la démission pour moi elle est tout à fait réaliste elle est tout à fait réaliste pas parce qu'il a effectivement un melon mais parce que en droit constitutionnel cette matière elle marche toujours sur deux jambes la dimension légale mais la dimension de la légitimité et le lien avec l'autorité quand vous avez les plus proches enfin pas le noyau mais les plus proches qui le lâchent complètement voire qui l'insultent un peu quand même dans une certaine mesure vous voyez la perte d'autorité comme un peu François Hollande six mois avant la présidentielle sauf qu'il lui restait six mois et peut-être que la perte de légitimité sera telle que ça le conduira à cela et à titre personnel c'est un peu le constitutionnalisme mais aussi le citoyen pour moi ce serait un drame qui démissionne parce que ce serait intérioriser le fait que la solution à nos problèmes ça passe par la présidence de la république et je suis d'accord avec toi Jean la difficulté elle vient de comment on essaie de rétablir un équilibre qui consisterait à donner plus d'importance au parlement et donc au couple enfin au gouvernement assemblée nationale mais pour pas complètement les blâmer il y a aussi une difficulté c'est si les acteurs les représentants ont cette attitude et ont cette croyance que dès qu'on va faire du compromis on va trahir ils sont un peu le reflet je ne dis pas que les représentants sont la copie conforme loin de là mais ils sont aussi un peu le reflet de leur propre électorat et nous collectivement on a intériorisé le fait que la normalité c'est majorité absolue contre opposition et donc il n'y a pas besoin de faire du compromis
la nomination d'un négociateur ça aussi c'était une proposition qui a émergé notamment de la part de Gabriel Attal un truc un peu nébuleux tu peux nous en parler
Malek ?
Gabriel Attal il propose le cornu est un négociateur qui doit trouver des négociateurs qui vont négocier le négociable c'est ça c'est ça Gabriel Attal qui pousse l'idée et qui pousse d'ailleurs deux noms Jean-Louis Borloo et Laurent Berger Jean-Louis Borloo ancien ministre UDI et Laurent Berger ancien patron de la CFDT syndicat réformiste comme on dit syndicat de droite disons les termes et l'année dernière Laurent Berger le nom de Laurent Berger avait circulé notamment pour Matignon lui avait notamment une nouvelle aventure je crois du côté des mutuelles d'ailleurs si mes souvenirs sont bons Laurent Berger ah Berger oui oui bien sûr je crois que c'est ça et donc il était hypé par les mutuelles ok no offense on respecte et surtout il avait dit que sa ligne rouge lui c'était la réforme des retraites et que et que dans ce cas il pouvait pas prendre Matignon bon là il aurait déjà eu
des discussions avec Macron par le passé en lui disant je n'accepterais Matignon que si on abroge la réforme des retraites
et là c'est l'opinion qui a sorti cette info en début de semaine Laurent Berger aurait donné son accord à Gabriel Attal démenti quand même immédiat de la part de Renaissance pour l'instant il nous a rien dit mais voilà et on voit aussi que l'Elysée commence à faire circuler le nom de Jean-Louis Borleau aussi bon après Jean-Louis Borleau qui a déclaré je suis au courant de rien on m'a pas appris ça me tue de rien et c'était en ligne du Figaro pendant toute l'après-midi mais donc je comprends c'est Thibaut qui va nous éclairer sur est-ce qu'on peut installer un duo à Matignon je sais pas je comprends pas je comprends plus rien en fait est-ce que Gabriel Attal lui-même a compris ce qu'il était en train de proposer parce que ok d'accord on nomme Berger on nomme Borleau et on fait quoi ?
un duo à Matignon Thibaut bah bon bref non non mais Attal Attal est bien le produit du macronisme sur ce genre d'idée enfin je ne sais pas exactement qui conseille Gabriel Attal mais on voit vraiment une filiation avec Macron c'est-à-dire de sortir et de de donner une impression que c'est qu'il n'y a aucune solution et donc il faut sortir du cadre pour trouver un pré-négociateur qui va trouver le négociateur enfin tu l'as beaucoup mieux dit que moi mais juste un point c'est très rigolo Borleau parce que ça fait depuis 2010 qu'il doit être Premier ministre lui-même n'étant pas au courant manifestement donc c'est quand même assez rigolo mais c'est quelque chose qui est là on est confronté à vraiment un signe je pense que Attal le révèle avec cette proposition mais c'est Macron qui l'a initié mais un affaiblissement du système politique du régime politique en réalité qui conduit à une forme de dépolitisation je ne dis pas une dépolitisation au sens idéologique je pense que même les macronistes ont une forme d'idéologie mais une dépolitisation dans le sens où eh bien on cherche des voies en fait qui sont qui paraissent très techniques pas du tout clivantes qui sans doute le seraient si c'était mis en oeuvre et qui montrent en réalité un affaiblissement qui suit un état assez enfin une pratique assez autoritaire du pouvoir et on aboutit à quelque chose où la logique c'est ça si j'ai bien compris Attal mais si j'ai bien compris l'ancien Premier ministre c'est l'idée de faire quand même négocier un budget en amont et ensuite d'expliquer à un Premier ministre un gouvernement de plein exercice avec tous les attributs constitutionnels qu'on lui connait va à l'Assemblée et la copie est déjà prête c'est absurde et donc c'est absurde c'est affaiblir encore plus les institutions et c'est insulter encore plus mais on est un pays très antiparlementaire historiquement mais c'est dire aussi aux députés et aux sénateurs ne touchez à rien on a tout négocié en amont n'amendez pas déjà que leur prérogatif d'amendement en matière budgétaire elle n'est pas ouf c'est pas vraiment rassurant ce qu'ils peuvent faire c'est à dire pas grand chose là ce sera encore fait encore moins alors c'est sûr il n'y aurait pas de 49 alinéa 3 il n'y aurait même pas besoin mais c'est assez inquiétant je ne sais pas s'il y a une réflexion derrière je ne pense pas mais c'est un état de dépolitisation et d'affaiblissement du régime qui est assez effrayant moi j'en vois j'en vois une quand même de réflexion derrière après je ne suis pas dans la tête de Gabriel Attal et je n'ai pas envie d'y être c'est bien on fait les gestes de Gabriel Attal clairement même si j'aimerais bien être dans la tête surtout être dans la tête de Macron en ce moment bref moi je pense qu'il y a la logique des négociateurs en fait c'est parce que il y a clairement un souci avec les partis aujourd'hui et je pense que l'idée de passer par un négociateur de la même manière que le NFP en arrivant en tête en 2024 disait qu'il ne fallait pas un ou une première ministre issue des partis qui se sont alliés pour faire le NFP il fallait quelqu'un de la société civile pour surmonter en fait ces embrouilles en fait partisanes et que chacun regarde son agenda politique de ah mais moi en 2027 je vais me présenter ah machin ceci je veux l'hégémonie etc moi j'ai l'impression que le fait de parler de négociateurs extérieurs aux partis c'était peut-être une façon de dire bah en fait ce qui bloque aujourd'hui c'est les partis mais après que quelqu'un qui dit ça est chef lui-même d'un parti ça me paraît bizarre mais moi c'est la logique que je vois
dans le sens où les partis politiques ont des intérêts à des scénarios comme par exemple dissolution pas dissolution il y a des partis qui ont intérêt comme le RN des partis qui n'ont pas intérêt comme les macronistes du coup ça biaise un petit peu le truc pareil sur les stratégies vis-à-vis de l'élection présidentielle il y a des partis qui ont déjà un champion qui fait déjà des bons scores et d'autres qui se cherchent encore et qui performent assez mal dans cette élection très particulière donc je comprends l'idée mais j'ai du mal à considérer que les partis sont néfastes en eux-mêmes je suis d'accord avec Thibaut sur le fait qu'une partie de la solution est parlementaire c'est par l'exercice des prérogatives du parlement c'est à l'Assemblée nationale c'est en fait pour bien faire il faudrait que ce soit davantage avec les groupes parlementaires que les discussions aient lieu plutôt qu'avec les partis bon tu me diras souvent c'est très lié
donc moi j'en veux
à personne au fait d'Olivier Faure etc c'est très bien en plus il y va avec le président du groupe donc c'est très bien mais je sais pas il y a un truc sur lequel je voulais t'interroger Thibaut on a parlé des différents scénarios à la disposition du président de la république dissolution nommé des négociateurs démission un truc qui revient souvent dans le chat c'est l'article 16 de la constitution ça te fait sourire moi aussi parce que voilà je trouve ça intéressant parce que l'article 16 moi ça fait 10 ans que je suis sur Twitch je le vois revenir comme ça par vague à chaque fois à des moments où on est dans une incertitude on sait pas trop machin c'est très tentant ben ouais
c'est un peu comme tu peux rappeler ce que c'est déjà c'est un peu comme c'est un peu comme ça revient tout le temps depuis 10 ans ça revient tout le temps alors l'article 16 c'est l'article dit des pleins pouvoirs c'est l'idée selon laquelle sous certaines conditions qui ne sont pas réunies le président de la république peut mais c'est pas la formule du texte mais prendre les pleins pouvoirs qui en fait sont pas exactement des pleins pouvoirs mais cumuler les prérogatives exécutives et législatives c'est à dire en gros adopter des lois tout seul et adopter des règlements tout seul le volet juridictionnel n'est pas n'est pas intégré là dedans et cet article historiquement c'est vraiment une réponse au traumatisme de la défaite de la France en 1940 qui consiste en fait à dire nous avons été agressés nous n'avions pas les outils à notre disposition pour répondre à l'agression de l'Allemagne nazie donc il faut se donner des moyens pour surmonter cela donc ça a vraiment une historicité déjà très située plutôt liée aux problématiques extérieures mais la formulation et les conditions de fond de l'article posent que en cas de menaces graves et immédiates et bien qui porteraient atteinte à l'indépendance de la nation à l'intégrité du territoire ou à l'exécution normale des traités et bien et en plus de ça s'il y avait une interruption du fonctionnement normal ou régulier je ne sais plus quelle est la formule régulier du fonctionnement des institutions et bien le président serait en possibilité en capacité d'utiliser cet article ce qui n'est pas le cas en l'espèce il n'y a pas une menace grave et immédiate elle n'est pas immédiate sinon elle dure depuis longtemps et en plus de cela c'est quand même compliqué de dire bon le fonctionnement régulier des institutions est grippé la preuve en est non il y a eu une nomination il y a eu un décret de cessation on est en régime des affaires courantes et on essaie de trouver une solution mais la difficulté c'est pour ça que ça revient souvent c'est que c'est un article sans filet il n'y a aucune autorité habilité à contrôler le déclenchement si ce n'est un avis du conseil constitutionnel qui en fait le jour du déclenchement n'est pas comment dire n'est pas non n'est pas publié c'est 30 jours après ou 60 jours après mais ça c'est la réforme Sarkozy de 2008 qu'il publicise sa position et toujours est-il qu'il n'y a pas de filet il n'y a pas d'autorité juridictionnelle qui peut l'en empêcher ou dire tout de suite non non les conditions ne sont pas remplies et en plus de cela le parlement est réuni de plein droit donc s'il ne siège pas et bien il a le droit de siéger mais il ne peut pas faire grand chose puisqu'il ne peut pas contrôler l'action du gouvernement il n'y en a pas adopter des lois ce qui fait que la seule hypothèse puisqu'il siège en il siègerait et bien ce serait l'éventualité d'une destitution si jamais le parlement réuni à l'occasion en fait physiquement entre le Sénat et l'Assemblée nationale estimait qu'il y avait un manquement manifestement incompatible avec l'exercice de sa fonction mais en l'espèce les conditions ne sont pas remplies est-ce que c'est suffisant non c'est un article très dangereux mais encore une fois pour recourir à un tel article il faut avoir l'air insolide et la légitimité
moi ce que je dis parfois pour le vulgariser cet article c'est qu'il sera utilisé le jour où il y aura des coups de feu qui seront tirés dans le 7ème arrondissement
en vrai c'est un peu ça
c'est un niveau de crise où effectivement l'impossibilité pour les pouvoirs publics constitutionnels de se réunir et de fonctionner normalement est caractérisée évident c'est grave mais grave au point de coup de feu pas grave au point de on n'arrive pas à trouver un accord entre des groupes politiques c'est pas grave c'est le fonctionnement normal d'une démocratie parlementaire qui a du mal à se mettre d'accord
mais ça c'est vraiment l'illustration ces rumeurs qui reviennent parce que les médias le relaient de en fait quand il y a un blocage le réflexe est un peu autoritariste césariste on adore ça on adore ça ouais voilà c'est au lieu d'essayer de décider un peu plus collectivement on fait confiance à une personne qu'on a élue ça marchait avec De Gaulle peut-être et encore il l'utilise qu'une fois et de manière parfaitement excessive mais depuis ça n'a jamais été réutilisé
mais c'est intéressant ce que tu dis effectivement sur cette espèce de réflexe autoritaire qui revient à chaque fois par vague on adore ça on a un pays très paradoxal j'adore mesdames et messieurs nous allons accueillir une nouvelle chroniqueuse dans cette émission elle est arrivée elle nous rejoint Lumir l'après salut Lumir
salut à toutes et à tous
tu vas bien ?
ça va
ça fait plaisir de te retrouver sur le plateau de Baxit tu es activiste rurale et militante politique ancienne candidate NUPES en 2022 aux élections législatives tu es l'autrice d'un livre qui s'appelle ces gens là sorti aux éditions Payot là en cette rentrée c'est vrai ça et on t'avait déjà vu sur Baxit à l'occasion de notre émission spéciale ruralité à Poitiers en partenariat avec l'association des maires ruraux de France tout à fait aujourd'hui on va parler d'autre chose
moi je pourrais parler de ruralité tout le temps
tu peux continuer à parler de ruralité ce que tu veux là on va plutôt parler de la gauche je vais hijacker
cette conversation je propose qu'on me parle maintenant de la ruralité française voilà
non mais on a parlé de l'effondrement du bloc central là tout à l'heure pour toi il faut plutôt parler d'effondrement du régime de la 5ème république pour toi on est dans une crise d'ordre institutionnel
alors je suis pas constitutionnaliste quand même je le dis on en a un c'est pas grave ça arrive à des gens bien c'est pour ça mais ce que je constate quand même c'est que en ce moment personne n'est vraiment content de ce qu'il est en train de se passer et donc mine de rien ça dit une crise de légitimité alors c'est pas moi je suis désolée c'est pas une crise de légitimité du parlement le parlement on l'a dissou il y a un peu plus d'un an il a été réélu je sais pas pourquoi on continue de nous parler de dissolution c'est pas ça le sujet alors à minute on se dit le sujet c'est Macron ok donc why not une dissolution mais en réalité on est dans un contexte de montée du fascisme dans un contexte où il y a une une volonté populaire d'autodétermination forte où les gens ont envie d'avoir prise sur les décisions qui les concernent enfin genre c'est pas non plus zinzin comme demande quoi mais le régime dans lequel on est qui était censé quand même enfin là encore je pars sous couvert de l'expert mais dans mes cours j'ai appris que la cinquième était censée nous garder de l'instabilité de la troisième et de la quatrième république et que il fallait bien accepter un peu d'autoritarisme et d'exécutif plus plus pour qu'on puisse au moins expédier les affaires courantes et même ça c'est pas capable de le faire donc je pense que c'est une bonne opportunité un bon moment pour reprendre un peu de hauteur et se dire en fait on a une crise constitutionnelle cette constitution qui encore une fois et je l'ai appris sur Mediapart il n'y a pas longtemps là n'était pas en tout cas pensée pour durer pour toujours mais était pensée pour organiser les règles de la décision à un moment T il s'avère que le moment a évolué et peut-être que c'est le moment de repenser les règles de décision collective
moi j'ai toujours été pour rediscuter des règles de décision collective la notion de constituante l'idée de passer à une cinéma publique etc par contre ce que j'ai toujours dit c'est que ce sont des processus assez lents et longs pour moi changer de constitution oui mais c'est pas pour tout de suite ça prend du temps c'est nécessaire certainement mais ça prend du temps notre problème à nous là maintenant il est assez urgent il est pour le budget etc donc c'est je sais pas c'est vrai que j'ai vu beaucoup aussi dans le chat de gens parler de constituante par ailleurs je suis pas sûr qu'une sixième une septième une huitième république apporterait quoi que ce soit comme solution à une crise telle que celle qu'on a aujourd'hui à savoir un parlement tripartitionné où personne n'est d'accord je sais pas c'est quoi les mécanismes constitutionnels qui permettent de ça franchement à part plus d'autoritarisme non bah ça
j'espère pas mais tu vois par exemple on fait que de nous dire la France est divisée elle est ingouvernable il y a des choses sur lesquelles on est d'accord plus de 80% des français sont d'accord pour abroger la réforme des retraites plus de 80% des français sont d'accord pour taxer les ultra-riches notamment à travers la taxe Zuckman plus de 80% des français sont d'accord pour abolir la loi du plomb enfin tu vois en fait moi ce que je trouve intéressant c'est que dans cette moment de crise où on est visiblement ingouvernable la solution c'est de la même on les remet dans un autre ordre plutôt que de dire bon visiblement on a un souci de fond qui est qu'on a du mal à se mettre d'accord sur la vision de société dans laquelle on veut évoluer mais il y a quand même des choses sur lesquelles on est d'accord pourquoi on priorise pas ça tu vois pourquoi on dit pas bon en vrai il y a des trucs ça a pas l'air clair prenons le temps d'en parler par contre il y a visiblement des choses qui vous mettent 80% d'accord donc peut-être on pourrait faire ça tu vois
je j'en sais rien c'est parce que Macron
ne veut pas oui en fait il y a un même point en fait c'est ça le problème c'est que Macron ne souhaite pas mais c'est pas le seul oui l'écrasante majorité
de l'Assemblée Nationale ne veut pas je suis désolé de constater
la taxe du Kman la réforme des retraites etc bah oui mais il faut qu'ils dégagent alors qui ils représentent comme Retailleau
qui ils représentent et représentent leurs électeurs tu vois c'est pas parce que t'es pas d'accord avec l'opinion public que tu représentes personne
oui mais tu vois quand Retailleau nous dit oui moi je n'accepte je n'accepterais pas de coalition qui va de la mon reuf t'as 50 députés pourquoi tu parles ? déjà pourquoi t'es ministre en fait ?
parce que c'est une coalition
ouais mais tu vois c'est pas des ministres
de groupes minoritaires qui siègent c'est normal
ouais je sais bien mais moi ce qui me gêne un peu dans tout ça c'est quand même qu'il y a une coalition qui est arrivée en tête aux dernières élections législatives et qui n'a jamais eu l'occasion de pouvoir peut-être gouverner
ça ce serait bien qu'elle ait l'occasion de gouverner cette coalition en l'occurrence le nouveau Front Populaire qui va pas très bien en ce moment on va pas se mentir parce que niveau stratégie tout le monde est pas tout à fait d'accord et en l'occurrence mercredi matin on s'est tous réveillés avec un espèce de truc bizarre sur nos téléphones j'ai rien compris l'option Olivier Faure pourquoi pas le PS au pouvoir what the fuck source Olivier Faure source évidemment Olivier Faure ça en sort de là dessus mais ça a gambergé toute la journée moi j'en ai fait le titre de mon stream etc mais attends est-ce qu'il y a un monde où la gauche arrive au pouvoir est-ce qu'il y a un monde où Emmanuel Macron cède aux demandes du nouveau Front Populaire en tout cas d'une partie en nommant un gouvernement 100% de gauche 100 macronistes à l'intérieur sauf quelques exceptions sur le domaine partagé dont on parlait tout à l'heure qui n'existe pas vraiment mais enfin quand même et il y a quand même eu un truc qui est venu donner du grain à cette hypothèse c'est la sortie d'Elisabeth Borne sur la réforme des retraites où on a senti les macronistes bouger sur un point crispant de la discussion avec la gauche il était temps il était temps du coup ça a ouvert d'autant plus la porte à l'hypothèse de peut-être est-ce qu'on a eu une hallucination collective ce mercredi en pensant à ça ou est-ce que c'était fondé d'après toi Malek
Olivier Faure fait alors dans ma petite expertise c'est le syndrome Cookie je vais vous expliquer qui est Cookie K-O-U-K-I c'est un physio en boîte de nuit à Paris et Olivier Faure fait exactement ça quand je venais devant la boîte et que Cookie me disait tu ne rentres pas je forçais pour rentrer je vous assure qu'à la fin de l'histoire je ne rentrais toujours pas et c'est exactement ce qu'est en train de faire Olivier Faure moi surtout ce qui me j'essaie un petit peu depuis 2024 depuis le nouveau Front Populaire j'essaie de de voir un petit peu quand est-ce Olivier Faure avait bougé sur sa position anti-LFI oui c'est surtout en fait de dire au-delà de compromis c'est en vrai on est là pour faire compromis plus compromis et en plus sans LFI et tout ça est arrivé en réalité avec le congrès du Parti Socialiste Olivier Faure aujourd'hui est guidé par le simple fait qu'il a dû pour garder la tête du parti satisfaire ses oppositions c'est ni plus ni moins que ce qui s'est passé et donc aujourd'hui Olivier Faure est dans un jeu et en fait je connais bien Olivier Faure j'espère qu'on l'accueillera un jour je le vois et j'ai pas trop l'impression qu'il croit vraiment en ce qu'il dit et je vois en plus qu'ils sont pas gainés comme on dit comme on dit dans mon quartier c'est parce que le matin il est invité sur France Info et il dit ouais bah moi dans mon livre les ministres aujourd'hui actuels sur les postes régalants bah ouais ils peuvent rester au pouvoir il sort de Matignon il dit bah non c'est pas ce que j'ai dit Caner qui dit ah Borloo c'est cool en vrai ah bah non désolé c'est pas ce que j'ai dit oh les gars vous êtes même pas prêts les gars vous savez même pas ce que vous racontez en fait aujourd'hui c'est un jeu de poker menteur qui est en train de juste de faire alimenter ce petit truc de popole et à la fin on avance toujours pas
moi il y a un truc sur lequel je ne crois pas à une cohabitation avec la gauche pour la simple et bonne raison que la gauche n'est pas majoritaire à l'Assemblée Nationale c'est à dire que les macronistes quoi qu'on en pense ils sont quand même près de 200 donc ils ont moyen d'empêcher la gauche de faire des trucs de gauche à l'Assemblée Nationale et au gouvernement
donc je mais sauf que en fait si on se réunit parce qu'attends un moment dans ce groupe de 200 macronistes il y a sur les 200 et c'est ce que j'avais dit juste après la dissolution sur quand même des tout ce que vient de citer Lumière c'est à dire réforme des retraites taxe Juckman tout ça t'en as très peu bah oui tu fais peut-être pas une majo mais déjà quand même tu remplis un petit peu plus tes rangs et à un moment tu peux peut-être commencer justement à discuter sur cette base là en fait tu sais quoi et c'est ce que j'avais dit même sur ce plateau quand on avait reçu de Lucie Casté on nomme Lucie Casté elle se casse les dents elle se fait censurer c'est ok c'est le jeu c'est le jeu mais le problème c'est que même ça ça n'a pas de sens moi je suis pas d'accord que ça n'a pas de sens parce que tu vois mon travail c'est quand même de faire voter des gens de gauche pour la gauche bah en fait bon courage
bon courage c'est pas trop simple
mais ce qui revient beaucoup aujourd'hui c'est on a voté pour la gauche on a même pas eu une chance et en fait moi je suis désolé donner une chance à Lucie Casté ou donner une chance à quelqu'un d'autre là maintenant ça me permet de faire mon travail mais en fait on s'en fout moi mon travail ce qui est intéressant c'est que ça permet aux gens de gauche de dire bah si en fait c'est possible si il faut juste qu'on gagne plus la prochaine fois
mais ça les macronistes ils ont aucun intérêt à faire des cadeaux
en fait au delà de la gauche je te jure que pour des potes par exemple qui sont allés voter sur la législative anticipée de 2024 alors qu'ils n'avaient pas voté depuis longtemps on a vu dans les quartiers populaires des scores de participation qu'on n'avait pas vus depuis un moment le message que t'envoies sur ah ouais ok vous vous êtes un petit peu senti impliqué dans le jeu électoral mais en fait feu à qu'on s'en bat les rangs franchement c'est d'une violence mais même pas pour la gauche pour la démocratie c'est pour les gens exactement non mais ça je suis sans problème Lorraine moi pour moi l'intérêt pour la Macronie ce serait de revenir sur leur position de 2017 où soit disant ils sont ni de droite ni de gauche bah là ils ont fait à droite toutes bah qui montrent qu'ils peuvent faire à gauche toutes pour moi ce serait ça leur intérêt maintenant on a vu tout à l'heure leur groupe j'allais dire leur groupe WhatsApp leur groupe Telegram clairement dans les 200 c'est un très bon exemple à quel moment ça va tenir ne serait-ce que la réforme des retraites et encore une fois on a un budget à déposer pas à faire voter mais en tout cas au moins à déposer lundi est-ce que entre jeudi et lundi les 200 vous réussirez à se mettre d'accord ?
je suis même pas sûre parce que déjà rien qu'entre Gabriel Attal et Elisabeth Borne on voit que c'est chaud Horizon qui est censé être dans le bloc central c'est chaud aussi UDI on n'en parle même pas je vois aucun monde où ils arrivent à se mettre d'accord et à pouvoir composer un gouvernement avec le NFP déjà sachant que même le NFP n'est plus NFP du coup moi je vois pas moi ce que je trouve abusé c'est qu'en fait il faut qu'on gère nos problèmes nous aussi alors on va en parler
on va en parler avec notre invité après la pause il s'agira d'Arthur Delaporte du 4 septembre au 16 janvier la CNDP organise un grand débat lié à la transformation du réseau électrique tu peux te tenir informé en ligne ou près de chez toi grâce au lien en description en te renseignant et en cliquant sur le lien tu soutiens aussi Backseat car la CNDP est partenaire de notre émission