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interviewFrance Culture — Le Temps du débat· 18 mars 2026 39 min

Municipales : le RN a-t-il atteint ou manqué ses objectifs ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Culture, question du soir. Quentin l'a fait. Dès le premier tour des élections municipales, le Rassemblement national a vu ses maires en fonction être largement réélus, y compris à Perpignan, ville de plus de 100 000 habitants. Le parti d'extrême droite a en outre gagné plusieurs communes et a placé un certain nombre de candidats au second tour. Pour autant, le succès du RN semble à l'échelle du pays contenu et se concentre principalement sur certaines zones dans le nord et dans le sud-est, bien qu'aucun objectif précis n'ait été clairement défini avant le scrutin. Alors, le RN a-t-il atteint ou est-il en passe d'atteindre ou de rater ses objectifs ?

Peut-il être déçu de ses scores du premier tour ? Que peut-il attendre du second ? Comment expliquer le large succès de ces maires sortants ? Deux invités pour en débattre ce soir, Jean-Daniel Lévy. Bonsoir. Vous êtes directeur délégué de Toluna Harris Interactive France. Vous signez par ailleurs cette note pour la fondation Jean Jaurès intitulée « Sympathisants LR et RN, deux droites compatibles, points d'interrogation, convergence et fractures sociologiques et politiques ». Face à vous, Blanche Léridon, bonsoir. Bonsoir.

Vous êtes directrice des études de l'Institut Montaigne, institut qui a mis en place une opération spéciale pour les élections municipales, chiffrer les principales propositions des candidats dans les 12 plus grandes villes de France et produire des notes thématiques sur les grands enjeux de la campagne. Merci donc à vous deux d'être présents ce soir dans « Questions du soir ».

1:29
Marine Le Pen

Nous avons ce matin, nous sommes heureux de pouvoir nous en réjouir, 24 maires qui sont élus ou réélus avec évidemment des très grandes villes. Et puis un certain nombre de villes, 60 villes dans lesquelles nous faisons la course en tête. Donc on se dit que c'est jouable. Et puis il y a des villes dans lesquelles il y a un danger de gauche et où nous tendons la main à des gens qui ne peuvent pas se maintenir, à des listes concurrentes, à des listes adversaires qui ne peuvent pas se maintenir. Et nous leur disons « Nous sommes le meilleur rempart face à la gauche ou à l'extrême gauche ». Ces villes, elles existent.

Il y en a quand même quelques-unes dans lesquelles le vote utile, c'est le vote du Rassemblement National.

2:15
Présentateur

Heureux de nous en réjouir, dit Sébastien Chenu, le député du Nord et vice-président du Rassemblement National, Jean-Daniel Lévy. Alors, a-t-il raison de se satisfaire de ces résultats du premier tour ?

2:27
Invité

Il a raison parce que de toute façon, tous les responsables politiques se satisfont en général le soir ou le lendemain des élections pour dire que ça a été absolument formidable. Là où il a objectivement raison, c'est que, effectivement, quand vous regardez, l'ERN a eu une difficulté et des succès. La difficulté a été celle de la constitution des listes et qui n'est pas une nouveauté, parce qu'on sait qu'il rencontre un certain nombre de problèmes pour pouvoir avoir suffisamment de personnes. C'est le cas dans la majorité des communes de France. C'est loin d'être nouveau et c'était déjà le cas en 2020.

Là où il a quand même le REN obtenu un certain nombre de succès, c'est quand on regarde le score des maires REN sortants. Ils sont soit réélus au premier tour, soit réélus au premier tour brillamment, soit qualifié pour le deuxième tour avec de vraies chances de victoire dans le cadre du deuxième tour qui se déroulera dimanche prochain. Et c'est loin d'être une nouveauté. L'illustration de cela, c'est Perpignan, évidemment.

L'illustration de cela, c'est Perpignan, avec également, on va être amené à en parler, le soutien de l'ancien maire LR, face auquel il était candidat en 2020, qu'il avait battu et qu'il a rejoint avant même le premier tour et l'élection de Louis Alliot dès le premier tour, quand bien même il y a aujourd'hui une mise en examen et une interrogation sur la capacité qu'il pourrait à pouvoir assurer la totalité de son mandat, si jamais il devait être condamné ou pas. Et puis le deuxième registre que je trouve intéressant, c'est la question du forme d'installation dans le paysage politique du Rassemblement National Municipal qui ne suscite pas de tensions manifestes.

On se rappelle, en 1995, ça avait été, après Dreux en 1983, le premier moment au cours duquel l'URN avait réussi à conquérir un certain nombre de communes. Que s'était-il passé ? S'étaient passés deux phénomènes. Le premier phénomène, c'est qu'il y avait eu une mobilisation citoyenne nationale forte, il y avait eu des interrogations de la part des habitants qui n'étaient pas ARN pour savoir dans quelle mesure il devait y avoir un certain nombre de phénomènes de liens avec les associations, de liens avec le tissu économique, de liens avec le tissu associatif, de liens avec le tissu culturel. On se rappelle avec les festivals à Orange, etc. qui devaient ou pas être maintenus.

Ça a complètement disparu du débat. Et les électeurs qui avaient voté pour le FN à l'époque, en 1995, n'ont pas forcément reconduit leur comportement électoral lors des élections de 2001. Là, 2020, on a vu la confirmation des maires sortants. Et 2026, à nouveau, cette forme de confirmation. Donc, ce n'est pas une extension totale sur le territoire, mais déjà, c'est la confirmation de la part des électeurs qui déclarent qu'ils sont satisfaits de leur maire ARN dans les différentes communes.

5:09
Présentateur

Je reviens, Blanche Tréridon, sur les propos tenus par Sébastien Chenu. Discours sincère, objectif ou discours de façade uniquement ? Figure imposée, comme on le disait à l'instant. C'est-à-dire que ce qui est fascinant au lendemain d'une élection municipale, et en particulier de son premier tour, c'est que tout le monde déploie un discours victorieux dont il faut ensuite analyser les fondements et la légitimité. Tout le monde est heureux. Tout le monde est heureux. C'est formidable. Ce qui est intéressant avec le Rassemblement national, c'est que la victoire, elle ne se mesure pas uniquement de manière arithmétique et comptable.

C'est-à-dire qu'il y a, oui, cette capacité à avoir cette grosse vingtaine de maires élus dès le premier tour, cette soixantaine en tête pour le second. Mais je crois que ce qui se jouait aussi, c'était d'un autre ordre, en réalité, au-delà du nombre de mairies dans lesquelles ils pourront se qualifier, qui, en fin de compte, restent quand même assez minoritaires, dans la mesure où, à part Perpignan, ils ont très peu de villes de plus de 80 000 habitants. Et d'ailleurs, à Perpignan, je voudrais un petit peu relativiser le triomphe de Louis Alliot, rappeler quand même que c'est une ville où le taux de participation était assez faible.

Je crois qu'on avait 47% de taux de participation et que, finalement, Louis Alliot a été élu, je crois, avec 16 000 voix, quelque chose comme ça. Donc, on n'est pas non plus sur le raz-de-marée populaire. Et il faut, je crois, relativiser et toujours remettre un petit peu des ordres de grandeur. Malgré une élection au premier tour ? Malgré une élection au premier tour. Bien sûr, je ne remets pas ça en cause. Mais après, la reconduction des sortants aussi, la prime aux sortants est un phénomène qui est assez classique lors des élections municipales en général et qui n'a pas l'apanage du Rassemblement national.

Mais au-delà de la lecture purement arithmétique et comptable de combien de villes est-ce qu'ils vont remporter, etc., il y avait pour moi deux autres grilles de lecture possibles. La première, c'est vraiment la grille un petit peu politico-médiatique aussi. Le récit qu'on a fait de cette campagne et des résultats du premier tour. Moi, j'étais marquée. Jordan Bardella est le premier responsable politique à prendre la parole à 20h dimanche soir. Et donc, on se disait qu'il allait donner le la de la campagne de l'entre-deux-tours. Et finalement, ce n'est pas du tout le cas.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le récit, il est quand même exclusivement centré, en tout cas dans les grands médias nationaux. Et peut-être qu'en local, les choses se jouent différemment. Mais plutôt autour de la France insoumise, de sa percée que d'aucun qualifie d'historique et des alliances ou pas qui vont être faites avec le Parti socialiste. Et c'est vrai que le RN a été un tout petit peu éclipsé, alors même que Jordan Bardella voulait s'imposer comme un acteur politique de premier rang. Non pas tant parce qu'il aurait remporté des dizaines de mérites de plus de 100 000 habitants, mais parce qu'il serait une force d'appoint, notamment pour la droite républicaine.

Et ce qu'on voit, c'est qu'à Pararens, à Draguignan, dans des toutes petites villes, il y a très peu d'alliances entre le RN et les Républicains. En tout cas, d'alliances formelles sur le terrain. Donc là-dessus, eux qui voulaient s'imposer un peu comme challenger, comme personnages politiques très centraux pendant cet entre-deux-tours, je trouve que là, on n'est pas du tout sur ce qui avait été projeté. En tout cas, ce que j'imaginais, ce qu'on aurait pu imaginer du discours de Jordan Bardella. Mais par contre, et pour revenir peut-être, pour donner raison à M.

Chenu, dans son discours victorieux proclamé il y a quelques jours, pour moi, il y a une grille de lecture un peu plus tactique et de long terme qu'il faut avoir en tête. C'est-à-dire qu'en réalité, et pourquoi est-ce que d'ailleurs le RN ne s'était pas fixé des objectifs extrêmement clairs ? Parce qu'ils savaient pertinemment, ils sont très lucides, qu'ils n'allaient pas remporter toute une quantité de grandes villes et faire des percées monumentales dans les métropoles. Par contre, ce qu'ils savent pertinemment, c'est qu'il y a des élections sénatoriales en septembre 2026. Et que pour avoir un groupe politique au Sénat, il leur faut 10 sénateurs. Aujourd'hui, ils en ont 3.

Pour avoir 7 sénateurs supplémentaires, il leur faut sécuriser suffisamment de grands électeurs parmi les conseillers municipaux. Donc des conseillers municipaux qui peuvent faire partie de l'opposition dans un certain nombre de conseils. Et donc là, c'est ce travail-là, méticuleux, insidieux, sur la durée qui est en train de se faire et qui, je pense, est plutôt réussi parce que, que ce soit des conseillers municipaux éthiques TRN ou des conseillers municipaux de droite avec une certaine faveur pour le parti du Rassemblement national, là, je pense que c'est une petite... En tout cas, c'est un pas vers la victoire.

Et le juge de paix, peut-être, de ces municipales, ce ne sera pas tant le second tour que les sénatoriales de 26. On va parler des sénatoriales, mais je voudrais revenir sur le premier point soulevé par Blanche Léridon. Au fond, à quoi mesure-t-on une réussite, un succès électoral ? Est-ce qu'il faut comparer les résultats du Rassemblement national aux autres élections type nationales ? Alors, je pense aux élections législatives de 2024, aux européennes de 2024, ou bien faut-il comparer avec les autres élections municipales, celles de 2014 et de 2020 ? Quel est le bon référentiel, Jean-Daniel Lévy ?

9:42
Invité

Je ne me permettrais pas de dire qu'il y a un bon référentiel. Notre référentiel à nous, c'est de comparer élection après élection et de se dire, en fait, qu'il y a à chaque fois des modalités... Indépendamment des élections. C'est-à-dire de dire, on va regarder les élections municipales par rapport aux élections municipales. Donc, regarder aujourd'hui le résultat des élections municipales de 2026 par rapport aux résultats des élections municipales de 2020, par rapport aux résultats des élections de 2014.

Ça nous permet de voir globalement ce que peuvent être les dynamiques parce que ça correspond également à des questions d'implantation territoriale, des questions d'enjeux qui sont perçues de la part des citoyens qui ne sont pas forcément toujours les mêmes selon le type d'élection. Et puis également d'offres électorales parce qu'on a une offre électorale qui est imparfaite dans le cadre de ces élections municipales. C'est-à-dire que vous n'avez pas la totalité du champ politique entre guillemets qui est proposé à la totalité du corps électoral et que vous avez forcément, en fait, je pense, l'importance de comparer ce qui est comparable.

Donc, c'est-à-dire des scrutins les uns après les autres. Sachant que déjà, on a à chaque fois des variations qui peuvent être relativement importantes. On se rappelle que les dernières élections se sont déroulées par la période Covid. Donc, c'était un coin particulier.

10:43
Présentateur

Mais je vous interromps pour citer la fondation Jean Jaurès qui soulève un paradoxe. La cite, lors des élections européennes de 2024, avec 31% des suffrages au niveau national, le RN est ainsi arrivé en tête dans 93% de près des 35 000 communes françaises, majoritairement rurales ou de petite taille. Paradoxalement, bien que le RN bénéficie d'un large soutien dans les territoires, il reste peu enraciné dans les institutions locales. Il n'y a pas de pertinence, là, à comparer, justement, les européennes, ces résultats précis avec ces résultats de premier tour ?

11:15
Invité

On peut comparer différents aspects parce qu'en fait, on peut déjà voir que les élections européennes nous avaient renseignés sur un phénomène qui, d'ailleurs, ont été confirmés dans le cadre des élections initiatives qu'on suivit. C'est un double phénomène. Le premier phénomène, c'était un phénomène de présence plus importante du Rassemblement national dans les grands centres urbains, qui étaient des territoires dans lesquels ils étaient absents par le passé et qu'on a pu mesurer de manière très nette lors des élections européennes et lors des élections législatives.

On a vu également, si on parle toujours de dimension géographique, un développement de la carte électorale et notamment vers l'ouest du Rassemblement national qui étaient les territoires dans lesquels ils étaient absents et on peut le voir pour partie dans le cadre de ces élections municipales lorsque l'URN était candidat. On peut le voir également d'un point de vue de sociologie électorale, c'est-à-dire qu'on a un électorat qui a tendance non seulement à quelque peu vieillir.

Vous aviez au cours de ces élections européennes et législatives une personne sur quatre âgée de 50 ans et plus voire même 65 ans et plus qui votait à l'URN ce qui n'était pas forcément le cas lors des consultations précédentes, surtout pas aux élections européennes.

Et puis également un phénomène de modification également du niveau diplôme moyen des électeurs du RN qui était un électorat très populaire par le passé qui reste encore un électorat populaire mais auquel s'est agrégé des personnes qui sont ici des classes moyennes et supérieures qui ont aussi amené à ce niveau-là un quart des personnes qui étaient les plus diplômées à voter en faveur du Rassemblement national ce qu'on a pour partie retrouvé dans le cadre de ces élections municipales donc c'est pas exactement le même niveau en revanche on a des dimensions de structures anciennes qui ont percolé dans le cadre de ces élections municipales.

12:49
Présentateur

Même question si je puis dire Blanche Ceridon pour cadrer ces discussions quel est le bon référentiel le bon élément la bonne élection de comparaison ?

La limite avec les européennes c'est évidemment que les ressorts de la mobilisation et du vote ne sont pas du tout les mêmes c'est-à-dire que pour les municipales vous votez pour votre maire qui est une figure de proximité que dans 95% des municipalités vous connaissez parce que je rappelle que 93% des maires ont déjà été élus au premier tour donc là on est sur une minorité s'agissant de dimanche prochain donc c'est pas du tout les mêmes ressorts qui vont faire voter ensuite aux européennes où vous êtes sur des enjeux plus abstraits vous allez avoir une tendance aussi et on l'a vu en 2024 à surnationaliser le scrutin à vouloir infliger une défaite à Emmanuel Macron là Emmanuel Macron était absent de cette élection donc même s'il y avait une colère à son égard qui avait voulu s'exprimer matériellement elle ne pouvait pas s'exprimer dans la mesure où dans la majorité des communes où vous pouviez voter vous n'aviez pas de candidat macroniste donc c'est vrai donc c'est incomparable en tout cas c'est beaucoup plus facile de comparer effectivement municipal après municipal et avec un petit avantage pour le RN avec la comparaison de 2020 c'est que 2020 était une année beaucoup moins faste que 2014 donc la progression elle était naturelle elle était évidente de ce point de vue là puisqu'en 2020 en plus on sait qu'un certain nombre d'électeurs RN ne s'étaient pas déplacés à cause du Covid peut-être plus en proportion que les autres parties de l'électorat notamment électorat plus âgé qui ne s'étaient pas déplacés à cause des risques de pandémie et plus inquiets sur ces sujets là donc c'est vrai que là il partait avec un avantage comparatif énorme dans la mesure où ils avaient été plutôt ils avaient fait une contre-performance en 2020 et donc ils ne pouvaient que progresser par rapport à cette année-là peut-être ce qui est intéressant quand même c'est de regarder les législatives de 2024 de regarder un peu que le résultat s'inscrit quand même dans l'ombre portée de ce qu'on a vécu en 2024 c'est-à-dire que ce réagencement total du paysage politique du pays qui a été totalement acté lors des législatives anticipées de 2024 il commence à se structurer aussi désormais au niveau local et par exemple quand on s'interroge sur la présence de Franck Alizio au CEO à Marseille quand vous regardez les résultats des législatives dans les bouches du Rhône pour le RN ça a été un raz-de-marée pas possible donc c'est vrai qu'on voyait venir notamment dans les deux régions qu'on cite depuis le début de l'émission à savoir le nord de la France le Pas-de-Calais et puis tout le sud-est et le pourtour méditerranéen il y a quand même élection après élection une progression massive mais qui ne se fait pas du tout au même rythme c'est-à-dire que le rythme national n'est pas le rythme local où ça va prendre beaucoup plus de temps de s'implanter petit à petit dans ces territoires-là Si je repars du début Jean-Daniel Lévy quels étaient avant cette campagne pendant cette campagne et avant cette élection les objectifs fixés par le RN lui-même par ses cadres qu'avaient-ils édictés en termes d'ambition à atteindre ?

Vu qu'ils ne l'ont pas dit

15:49
Invité

de manière ouverte il est un peu difficile de pouvoir répondre Ils ont donné quelques éléments absolument Donc ça ne veut rien dire des dizaines c'est aussi flou Des victoires

15:59
Présentateur

dans des dizaines de villes s'ils avaient il me semble de déposer 650 listes

16:03
Invité

C'est ça

16:03
Présentateur

C'était un objectif formel

16:04
Invité

Et en fait en général quand on se fixe des objectifs en tout cas publics ce sont des objectifs dont on sait qu'ils vont être assez facilement atteignables pour pouvoir justement pour rebondir sur notre propos initial pouvoir dire vous voyez bien on s'était fixé cet objectif cet objectif a été atteint voire même il a été dépassé Je pense que l'objectif Effectivement Quels étaient les objectifs L'objectif sincère c'est un de pouvoir montrer au soir du premier tour que leurs maires sortants étaient des maires réélus pour pouvoir montrer dans le cadre du deuxième tour qu'ils avaient réussi à pouvoir conserver là aussi des mairies et voir éventuellement fracturer une partie du champ politique et être au centre du débat On voit que sur les premiers en tout cas ça doit être globalement atteint sur le deuxième c'est un peu plus limité c'est un peu plus limité parce que le débat à tort ou à raison aujourd'hui porte beaucoup plus sur la gauche et sur les alliances à gauche que sur ce qui se produit à droite d'une manière globale pour deux raisons un parce qu'en fait il y a eu une présence de la France insoumise qui a été vue comme étant un peu plus importante avec des scores qui étaient un peu plus importants que ce qui était anticipé par un certain nombre d'observateurs et qu'il y a le psychodrame qu'on voit de manière systématique dans l'entre-deux-tours qui traverse la gauche historiquement mais je serais tenté de dire quasiment depuis au moins 80 ans ou si ce n'est 100 ans qui est une forme d'habitude qu'on a un peu tendance à oublier mais qui traduit généralement la gauche et puis le deuxième aspect c'est qu'il y a peu de communes dans lesquelles il y a eu vraiment une tentation de la part de candidats LR de se dire ça vaut le coup de faire alliance avec le RN dans le cadre du deuxième tour et ça se compte si je ne me trompe pas sur les doigts d'une main absolument dans ce cas de figure donc c'est cette difficulté à laquelle ils ont été confrontés et puis peut-être une dernière difficulté on a souvent l'oeil qui est arrivé sur les grandes villes les très grandes villes et à Marseille le débat ne se pose pas ou en tout cas on voit bien que Alizio est fortement présent et qu'il n'y a pas eu de débat notamment avec madame Vassal à Lyon le débat ne s'est pas posé et pour cause et à Paris en fait le débat a été phagocité par Sarah Knafo et non pas par le candidat du Rassemblement National

18:06
Présentateur

on va revenir sur ces cas particuliers je voudrais d'abord vous interroger l'un et l'autre sur ce que cela signifie ces maires et reines réélus dès le premier tour est-ce que c'est la validation d'un bilan justement d'un premier mandat effectué notamment entre 2020 et 2026 est-ce que cela prouve le fait que au fond auprès de certains électeurs cette politique en localité cela fonctionne premier ou deuxième mandat parce que certains avaient déjà été élus dès 2014 alors oui il y avait la volonté en réalité je pense de ces municipalités de faire oublier la gestion chaotique de on l'a cité tout à l'heure la période 95-2001 et on pense notamment à Toulon et à monsieur le chevalier je pense que Laure Lavalette la candidate sans étiquette parce qu'elle est partie sans l'étiquette RN voulait à tout prix dégager une impression de crédibilité de sérieux et effacer tous les souvenirs contrairement à 95 de malversations financières exactement et d'une politique clientéliste qui d'ailleurs avait valu c'est le jeu de la démocratie à monsieur le chevalier sa place en 2001 qui avait perdu lors de l'élection suivante donc il y a cette volonté je pense de faire une espèce de vitrine de la bonne gestion municipale et donc on ne va pas renverser la table on va faire des politiques qui répondent aux attentes de notre électorat à savoir essentiellement focaliser sur les questions de sécurité propreté des centres-villes voilà quand vous interrogez les électeurs de Louis Allieu à Perpignan ils sont satisfaits de voir des policiers à vélo de voir que les rues sont propres mais quand vous en interrogez d'autres ils reprochent les coupes massives dans les subventions notamment pour la culture et un certain nombre d'autres champs associatifs qui ont été particulièrement touchés par l'ensemble des mairies RN mais oui dans l'absolu je crois que cette volonté de s'imposer en bon gestionnaire sérieux qui répondent aux attentes de leurs électorats sans faire de grandes révolutions dans aucune des villes que l'on a citées depuis le début de l'émission a été payant avec encore une fois à nuancer quand on regarde dans les chiffres en valeur absolue voilà tous ceux qui ont été élus à part Louis Alliot avec plus de 15 000 voix je pense qu'ils sont élus au premier tour avec à peine 10 000 voix pardonnez-moi lorsqu'on regarde ces bilans ils sont beaucoup plus en demi-teinte en réalité dans un certain nombre de villes et contrairement là aussi à ce qui est affirmé par les cas du Rassemblement National ils sont en demi-teinte mais l'électorat une partie de leur électorat sont satisfaits et c'est le jeu de la démocratie il y a aussi comme je l'ai dit à l'instant à Perpignan beaucoup d'abstention donc quand vous êtes élu avec 47% du corps électoral qui vote pour vous vous remportez 50% des voix ça vous donne une idée de votre légitimité démocratique et ça laisse entendre que bien sûr c'est en demi-teinte puisque vous avez la moitié des électeurs de votre ville qui un ne se sont pas déplacés et la moitié de ceux qui se sont déplacés n'ont pas voté pour vous sauf que c'est le jeu de la démocratie il n'empêche qu'il y a cette petite majorité qui a voulu voter pour lui et le reconduire dans ses fonctions Jean-Daniel Lévy sur ces bilans et la validation ou non de ces bilans

21:00
Invité

par l'électorat il y a deux aspects c'est que nous on pense structurellement qu'en France c'est qui nous pardonnez-moi chez Harris Interactive pardon en tant que sondeur j'essaie de pas avoir une expression de ma pensée propre mais d'une pensée qui est une pensée collective le deuxième aspect c'est qu'on a un regard que l'on porte en disant que d'une manière structurelle on ne juge pas les responsables politiques sur les bilans mais beaucoup plus sur les aspects de programme et puis le deuxième point pour être un petit peu incisif pour faire vite c'est pas forcément parce qu'une mesure est efficace ou pas efficace ou parce qu'une politique a été efficace ou pas efficace qu'elle sanctionne ou éventuellement qu'elle permet d'obtenir une assise électorale on vit beaucoup plus dans un pays qui se structure autour de la question des valeurs et des représentations générales et que dans ce contexte là il peut y avoir un certain nombre de politiques publiques qui ont été menées qui n'ont pas atteint leur objectif mais ça n'empêche pas pour autant les électeurs au regard d'un certain nombre de valeurs de voter et c'est ce sur quoi joue le RN et puis peut-être si vous me permettez notamment par rapport à ce qu'a dit Blancheléry donc tout à l'heure en prenant l'exemple de Perpignan en disant qu'il y avait un Perpignanais sur deux qui s'était inscrit sur la liste électorale qui ne s'était pas déplacé je trouve que cette donnée est une donnée extrêmement importante parce que certes Louis Alliot comme d'autres maires n'ont pas été élus de manière massive en termes de nombre de voix mais il y a eu une absence de contre-mobilisation électorale contre le Rassemblement National on aurait pu s'attendre et ce fut le cas on le voit de manière très nette en France lorsque c'est produit au cours de l'élection présidentielle de 2002 mais également par la suite dans de nombreux scrutins mais il y a une forme d'apathie de nos compatriotes à l'égard de la présence du Rassemblement National qui fait qu'il n'y a pas de surmobilisation et vous nous interrogez tout à l'heure sur le lien qu'il pouvait y avoir entre les différentes élections s'il y a une forme de constante qui commence à s'installer dans le paysage politique c'est que la présence du Rassemblement National au deuxième tour quasiment quel que soit le type de scrutin les législatives que ce soit des municipales que ce soit voire même l'élection présidentielle on n'a pas de surmobilisation entre le premier tour et le deuxième tour à l'élection présidentielle de 2017 et à l'élection présidentielle de 2022 pour la première fois depuis 1969 on a eu une baisse de la participation entre le premier tour et le deuxième tour et on a même eu entre 3 et 4 millions de blancs et nuls qui se sont exprimés quand bien même le RN était présent donc c'est en 2017 c'est 12% des français qui se déplacent au deuxième tour de l'élection présidentielle qui prennent un bulletin blanc ou nul et donc ça montre bien qu'il y a ce double phénomène qui est un phénomène en fait où ils arrivent à solidifier leur base et faire en sorte qu'il y ait une forme de reconduction de leurs élus et dans un même élan d'annihiler les contre-pouvoirs ou en tout cas les citoyens qui sont opposés à l'exercice du mandat par le maire RN

23:42
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas un peu contradictoire avec cette idée que l'électeur est de plus en plus volatile qu'il ferait son marché en fonction de l'offre politique là j'ai l'impression qu'il y a une contradiction apparente du moins entre ce que vous exposez là et ce qu'on nous dit par ailleurs sur justement cette volatilité de l'électeur et l'électorat Blanche Léridon Une autre forme de volatilité parce que quand vous basculez dans l'abstention c'est encore autre chose c'est pas tant basculer d'une offre politique à une autre que vous retirez totalement du jeu démocratique parce que pour d'ailleurs tout un tas de raisons quand on s'intéresse un petit peu au phénomène sous-jacent de l'abstention mais ce que vous dites qui est très très vrai dans beaucoup de villes moyennes et de petites communes est peut-être moins vrai dans les grandes villes je sais qu'on voulait aborder cette dimension là aussi Alors attendez-moi laissez-moi juste donner le chiffre sur les grandes villes il y a en France 42 villes de plus de 100 000 habitants une seule aujourd'hui est dirigée par le Rassemblement National Perpignan en l'occurrence dans le second tour l'ERN sera représenté dans 20 second tours c'est moins bien notamment qu'en 2014 Mons-Ferridon Bien sûr et quand on regarde les résultats qu'ils ont fait au premier tour dans un certain nombre de grandes villes je pense à Paris bien sûr les 1,6% qu'ils ont fait à Toulouse 5,3% Nantes 4,5% Strasbourg Nantes Lyon Bordeaux toutes ces grandes villes sont en dessous de 8% à Paris il y a quand même Sarah Knafow qui a fait plus de 10% Non mais c'est pas le même c'est pas le Rassemblement National et puis c'est vraiment quelque chose de très particulier d'un électorat en l'occurrence parisien très particulier aussi mais et même quand on parlait de réflexes au cordon sanitaire au front républicain quel que soit le nom qu'on lui donne on voit quand même qu'il y a encore un petit peu des réflexes dans les grandes villes je pense notamment à Nîmes où le Rassemblement National est pourtant arrivé largement en tête au premier tour et où vous avez deux listes de droite qui ont décidé de fusionner pour faire barrage le fait que Martine Vassal se maintienne à Marseille ça va évidemment entraver les perspectives de victoire d'un Franck Alizio donc on voit j'ai l'impression sous votre contrôle puisque vous avez des chiffres certainement beaucoup plus précis que les miens mais que dans les grandes villes on réactive encore ce front républicain ou en tout cas on est moins concerné par l'apathie à l'égard du péril que représenterait l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir Sur ce point alors Jean-Diane Lévy est-ce qu'il y a effectivement dans la plupart des grandes villes de France la formation d'un front républicain comme l'exprime Blanche-Saridon

26:00
Invité

il y a la formation d'un front républicain alors après chaque commune répond à des enjeux personnels et politiques et qui peuvent être différents on aura pour partie la réponse je pense dimanche prochain avec la première indication qu'on va regarder ça va être le taux de participation c'est est-ce que dans les communes dans lesquelles l'ERN est présent au deuxième tour il y a une surmobilisation ou il n'y a pas une surmobilisation qui s'effectue jusqu'à présent on a vu que ce n'était pas toujours le cas jusqu'à présent on a vu que ce n'était pas toujours le cas donc ça sera un indicateur en 2020 ce n'était pas le cas dans les communes en question quand vous regardez même aux élections législatives

26:33
Présentateur

pas de surmobilisation observée en 2020

26:35
Invité

pas de surmobilisation en 2020 quand vous regardez les élections législatives et même que vous prenez les circonscriptions dans lesquelles l'ERN est présent vous n'avez pas non plus de surmobilisation qui s'effectue et on n'a pas comme ce fut le cas par exemple en 2002 mais je prends 2002 parce que c'est de la dimension paroxystique une partie de l'électorat de gauche qui se déplace de manière nette pour aller voter pour un candidat qui est un candidat soit de droite soit éventuellement du centre je rappelle juste que vous avez la moitié des députés RN donc des 143 députés RN qui ont été élus au cours des dernières élections législatives qui ont battu un candidat de la majorité présidentielle non pas dans le cadre de triangulaires mais dans le cadre de duels donc ce front républicain qui existe il s'est opéré parce qu'on a eu 210 désistements au cours des dernières élections législatives par exemple entre le premier tour et le deuxième tour ça a été un front républicain qui a été un front républicain qui était lié déjà à des décisions d'ordre politique de la part des organisations politiques et pas uniquement du comportement électoral des français donc je ne suis pas en train de dire qu'il y a une basule complète à l'égard du rassemblement national mais qu'il y a quand même un phénomène si vous me permettez l'expression de grignotage qui s'effectue qui s'inscrit de manière insidieuse lente à bas bruit sans qu'il y ait de réaction épidermique de la part de la cité française

27:49
Présentateur

Par ailleurs Blanche Léridon cette notion de front républicain le rassemblement national tente depuis plusieurs semaines depuis plusieurs mois même de l'inverser aujourd'hui il se présente comme le parti du vote utile pour faire face à la France insoumise notamment Exactement et c'était d'ailleurs tout l'enjeu de la prise de parole de Jordan Bardella dimanche soir de tendre la main à cette droite je ne sais plus comment il l'a qualifié de sérieuse

28:14
Invité

La droite sincère

28:14
Présentateur

La droite sincère autant pour moi

28:16
Invité

Qui renvoyait la droite des honnêtes gens qui a été lancée par William Retailleau par ailleurs Il y a une droite sincère et une droite insincère Voilà

28:21
Présentateur

donc cette droite sincère sauf que cette main tendue elle n'a pas vraiment été prise on l'a dit à part ces trois villes qu'on a déjà citées Reims, Draguignan et Brie contre Robert en Seine-et-Marne vous n'avez pas d'alliance entre le rassemblement national et en tout cas pas d'alliance formelle après on va peut-être en parler quand on va venir dans le détail de votre note mais il y a une alliance qui se fait de manière là aussi plus insidieuse et plus difficile à cerner qui est une volatilité de l'électorat initialement qui appartenait à une droite plus classique et qui va basculer progressivement vers le rassemblement national mais en réalité en tout cas dans le cadre de cette élection là ça n'a pas du tout pris ce qui peut d'ailleurs surprendre que là tout le monde annonçait une déroute des insoumis dans le cadre de cette élection du fait des controverses de ces dernières semaines que ce soit sur Quentin de Ranck ou sur les accusations en antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon et il faut constater que ça n'a pas érodé un socle électoral qui reste quand même très robuste et en particulier dans un certain nombre de fièvres comme on l'a vu mais c'est pas le sujet de commenter cette famille politique là mais c'est vrai qu'il y a quand même cette volonté d'inversion du stigmate d'inverser les rôles et eux-mêmes ont longtemps été paria et maintenant veulent devenir partenaires et donc il faut identifier un nouveau paria et donc ce serait la France insoumise mais là encore et je reviens à mes trois grilles de lecture que j'évoquais quand vous m'interrogez au tout début de l'émission sur cette grille très politico-stratégique je trouve que le RN est plutôt perdant sur cette dimension là parce qu'il a très peu d'écho je trouve sur ce discours dans le débat public aujourd'hui La voix de Bruno Rotailloux ancien ministre de l'Intérieur président du parti Les Républicains il s'exprimait ce matin sur RMC Moi j'ai toujours rejeté l'union des appareils d'ailleurs le Rassemblement National dit qu'il n'est pas de droite et il va se maintenir dans des villes j'ai la liste ici où il pourrait faire gagner la gauche contre la droite contre nous mais ils ne sont pas de droite mais dans les urnes oui moi j'accepte et j'assume de dire aux électeurs du Rassemblement National votez surtout nos candidats parce que ce sont nos candidats qui dans la plupart des cas peuvent faire échouer la gauche et parfois et souvent désormais une gauche LFisée si on veut ébranler cette gauche souvent LFisée voilà notamment écologiste alors il faut s'allier parce que sinon il n'y a pas de voie de passage donc je pense que c'est une bonne chose et pour les élections locales ça se fait toujours Du point de vue analytique aussi Jean-Daniel Lévy que nous dit cette entre deux tours sur cette autre grande idée qui progresse depuis plusieurs mois là encore l'union des droites est-ce qu'elle vient illustrer renforcer le fait qu'une union des droites est en train de se former localement là en l'occurrence

31:03
Invité

Alors il y a deux aspects le premier point c'est qu'il y a ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas quand vous prenez la carte déjà de l'offre politique qui a été proposée vous voyez qu'il y a quand même dans l'ensemble de communes alors c'est surtout présent dans le sud-est où vous avez de manière on va dire quelque peu surprenante l'absence soit de candidats LR soit de candidats RN dans des municipalités un peu comme si je ne veux pas être complotiste mais en tout cas on sait que ça existe il pourrait y avoir un accord pour éviter que les uns et les autres se phagocytent dans le cadre de ces élections ça c'est peut-être le premier aspect le deuxième point l'union des droites elle s'effectue également Blanche Léridon l'avait évoqué tout à l'heure à travers des petits candidats qui se présentent sans étiquette mais dont on sait qu'ils vont être amenés à voter pour le Rassemblement National comment le sait-on à travers les élections sénatoriales on l'a vu au cours des dernières élections sénatoriales même s'ils n'ont pas gagné de sénateurs à proprement parler si vous faites l'analyse en voix d'un nombre de voix théorique qu'auraient dû recueillir les candidats RN et le nombre de voix réelles vous avez une disproportion en faveur du Rassemblement National et que on le verra et ça je suis intimement persuadé lors des élections sénatoriales en septembre prochain ou quel que soit le nombre de sénateurs qu'ils auront un nombre de voix qui sera disproportionné par rapport au nombre d'élus qu'ils auront revendiqué dans chacune des mairies et éventuellement dans les conseils départementaux donc tout ceci jouera et donc constitue si ce n'est une forme d'alliance en tout cas cette forme de montée également du RN qui s'inscrit dans le cadre d'électeurs qui jusqu'à présent avaient plutôt tendance à voter pour la droite de manière entre guillemets pavlovienne dans le cadre des élections sénatoriales et qui là bascule en faveur d'un candidat ou d'une candidate du RN Blanche Théridon

32:49
Présentateur

sur cette union des droites est-ce qu'elle est en train là aussi de voir le jour d'émerger un peu plus dans cet entre-deux-tours ? Là encore je reviens à mon exemple de Reims vous allez dire j'ai une petite obsession pour cette ville mais c'est quand même assez baroque l'extrême droite et la droite salient contre qui ?

Contre un maire horizon donc là on n'est pas en train de battre les grands méchants insoumis que nous décrit Jordan Bardella et par ailleurs pardonnez-moi à Nice aussi également Bruno Rotaillot n'a pas pris parti pour Christian Estrosi le candidat horizon alors ça ce qui est encore différent de Nice je crois qu'il faut vraiment envisager cette ville-là de manière totalement à part parce qu'Éric Chuty appartenait à cette famille politique-là donc lui il est un peu l'union des droites incarnée en sa personne et d'ailleurs je crois qu'il y a un enjeu Mais la non-position de Rotaillot nous dit bien quelque chose dans ce sens-là bien sûr mais là quand on regarde formellement les alliances qui ont été nouées effectivement dans le cadre du second tour et les listes qui ont été déposées hier à 18h vous avez très peu de listes RNLR et encore une fois pardon c'est quand même très baroque dans la plus grande ville où ça s'est fait c'est pour battre un maire de droite le maire horizon ce qui est quand même un tout petit peu surprenant et en décalage avec cette idée que l'union des droites serait en train de se faire partout mais oui bien sûr qu'elle se fait de manière plus insidieuse qu'on va en voir les résultats lors des sénatoriales et dans cette bascule aussi progressive d'un certain électorat mais je pense que sur Nice en particulier vous avez un Éric Ciotti qui appartenait à cette famille là donc pour beaucoup d'électeurs j'imagine que c'est Éric Ciotti quelle que soit l'appartenance partisane et d'ailleurs lui alors personne n'est dupe bien sûr mais a fait la campagne sans l'étiquette Rassemblement National c'est un peu la même chose qui a été fait à Toulon où Laure Lavalette s'est émancipée de toute étiquette partisane alors les électeurs ne sont pas idiots ils savent bien qu'elle est élue Rassemblement National mais on voit quand même qu'il y a cette espèce de pudeur et de prudence on sait à quel point elle peut être radioactive dans une partie de l'électorat et donc on s'imagine plus consensuel et rassembleur de l'ancienne droite et de la nouvelle droite en s'émancipant de la filiation partisane mais bien sûr qu'au lendemain du second tour s'il y a ou l'autre l'emporte même si j'ai l'impression qu'à Toulon ça va être compliqué pour Laure Lavalette mais si Éric Ciotti l'emporte je pense qu'ils réendosseront ensuite l'étiquette partisane d'emblée pour leur attribuer la victoire

35:03
Invité

Jean-Daniel Lévy Ce qui est assez frappant c'est que les propos de Bruno Rotaio ne sont pas nouveaux et ça correspond également à une évolution de la sémantique ou en tout cas des propos qui peuvent être retenus de la part du président des Républicains dans le cadre d'une législative partielle il avait indiqué pas une seule voix pour la gauche et il n'avait pas appelé à voter pour le RN et en plus de mémoire le candidat était socialiste n'était pas LFI à Nice il a indiqué qu'il ne prenait pas position en tant que tel et en tout cas qu'il n'appelait pas enfin qu'il ne soutenait plus à titre personnel le candidat Christian Christian Estrosi que d'une manière globale il a pris la parole pour dire pas une voix pour LFI donc il a des propos qui sont des propos où il cherche effectivement à indiquer qu'il y a un danger qui lui apparaît comme étant majeur qui s'appelle la France insoumise sans pour autant mettre sur un pied d'égalité la France insoumise d'un côté et ou le RN de l'autre

35:54
Présentateur

On parle par ailleurs depuis le début de cette discussion des maires reconduits et des têtes de liste il faut parler des autres c'est-à-dire des conseillers municipaux ceux du rassemblement national après le second tour de dimanche devrait mécaniquement augmenter Blanche Léridon Oui absolument et c'est ce qu'on disait avec l'enjeu évidemment majeur de structurer davantage dans le paysage politique cette fois national avec la perspective des sénatoriales de 2026 Oui a priori là si on s'en tient à la grille de lecture arithmétique et comptable il va y avoir une progression du nombre de conseillers municipaux avec tout ce que ça signifie sur l'implantation c'est-à-dire quand on connaît le Sénat c'est pas l'Assemblée nationale c'est-à-dire que les équilibres ils sont beaucoup plus constants et pérennes et donc à partir du moment où le Rassemblement national aura sécurisé son groupe au Sénat on pourra dire qu'il est inscrit durablement dans le paysage politique français et c'est pour ça que pour moi le juge de paix peut-être de cette élection c'est moins ce qu'on apprendra dimanche soir que ce qu'on apprendra en septembre 26 Jean-Daniel Lévy sur ces conseillers municipaux au Rassemblement national

36:58
Invité

Sur ces conseillers municipaux au Rassemblement national ils s'inscrivent ils sont présents et ils font parfois même un peu de politique à l'ancienne si vous me permettez c'est-à-dire qu'en fait ils sont présents dans le tissu associatif ils assistent aux fêtes de quartier ils assistent au conseil d'école ils font la politique locale en somme ils font la politique locale mais toutes les formations politiques ne le font pas et tous les élus municipaux ne le font pas et quand vous regardez et quand vous interrogez d'une manière générale les habitants ceux qui sont en lien avec leurs élus locaux déclarent souvent qu'ils ont un niveau de satisfaction à l'égard de leur conseiller municipal RN si tenté qu'ils arrivent à l'identifier qui est plus élevé qu'à l'égard des autres acteurs Blanche Léridon parlait tout à l'heure de la question de l'institutionnalisation quand vous interrogez les français sur le rôle des différentes formations politiques qui sont présentes à l'Assemblée nationale le groupe aujourd'hui qui apporte le plus de satisfaction aux français c'est le groupe Rassemblement national et qui dépasse largement le cadre de son électorat de premier tour des dernières élections législatives

38:02
Présentateur

Merci beaucoup à vous deux de ces éclairages donc d'entre deux tours Jean-Daniel Lévy vous êtes directeur délégué de Toluna Harris Interactive France Blanche Léridon directrice des études de l'Institut Montaigne merci à vous deux merci également à celles et ceux qui ont préparé cette émission Antoine Héral Stéphanie Villeneuve Mathias Mégy Diane Devancet à suivre après le journal municipal encore mais pour percer un mystère pourquoi les réseaux sociaux favorisent-ils des discours politiques plutôt que d'autres de l'Institut Montaigne

38:31
Locuteur

et de l'Institut Montaigne

Municipales : le RN a-t-il atteint ou manqué ses objectifs ? — Marine Le Pen · Pourquijevote