Ménopause et politique : le témoignage rare de Brigitte Fouré, ancienne maire d'Amiens
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Pourquoi donner la parole à Brigitte Fouré sur la ménopause ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment la ménopause a-t-elle été vécue dans votre vie professionnelle ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Avez-vous parlé de votre ménopause à vos collègues ?
- 11:00OuverteRéponse directe
La ménopause a-t-elle changé votre engagement politique ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Faut-il une grande cause nationale pour la ménopause ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Quelles mesures concrètes pour les femmes en ménopause ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 18:00Anna RoisChiffre
« Chaque année, il y a 125000 femmes qui rentrent en ménopause avec des symptômes sévères. »
- 19:00Anna RoisChiffre
« Ça représente 1 million de femmes qui sont concernées en permanence. »
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Un podcast ici. Brigitte Four a 70 ans et c'est une femme politique. Pendant 17 ans, elle a été maire d'Amien en Picardie et on a voulu lui donner la parole à quelques semaines des élections municipales et vous allez comprendre pourquoi.
Je m'appelle Anna Rois, je suis sage femme. Ce podcast s'adresse à toutes les femmes et à tous les hommes curieux aussi, quel que soit votre âge, où que vous habitiez. Bienvenue dans bouffée de chaleur.
Parmi les grands thèmes abordés, il y avait la ménopause, ce bouleversement hormonal qui marque la vie des femmes et est parfois très mal vécu. Tout de même. Oui, c'est gênant.
C'est gênant quand même. Pas trop grossir. Ceci cela.
On a l'impression que quelque chose arrive qu'on ne peut pas maîtriser et qui est fort désagréable parce qu'on prend du poids évidemment à la ménopause. Nous ne sommes plus à l'époque de Balzac où la femme de 30 ans était bonne à mettre au rebut. La ménopause, je l'ai dit et redit, c'est un sujet on ne peut plus intime, on ne peut plus personnel et chaque femme le vit à sa façon avec plus ou moins de désagrément, plus ou moins de soulagement.
Alors, quand ça arrive et que vous êtes élu et que vous devez rendre des comptes à vos administrés, que se passe-t-il ? Allez, je vous retrouve juste après le témoignage de Brigitte Four pour partager quelques réflexions. Avant la ménopause, ma vie c'est une vie dense, bien remplie, dans laquelle on ne compte pas son temps.
Je suis le municipal et en charge d'un poste d'adjoint. En fait, on voit on va même pas le temps passer. On y passe tout son temps.
C'est samedi, dimanche et fête. C'est le téléphone branché 24 he/ 24 365 jours par an. Mais c'est pas grave puisque c'est tellement passionnant.
On on fait des rencontres magnifiques. On a l'impression parfois qu'on est utile, pas toujours, mais mais en tout cas, on a la prétention de de chercher à l'être. Je suis célibataire et sans enfants.
Donc j'ai une vie qui est vraiment tournée vers mes fonctions politique plus que vers une vie privée au sens classique du terme. J'ai un équilibre familial qui est lié à mes proches et pour moi c'est extrêmement important cet équilibre là avec eux parce que parce que chez eux je suis pas l'élu, je ne suis pas le la femme publique, je suis ben je suis moi. Voilà et ça c'est très important.
Avant la ménopause je fais de l'endométriose. Là on m'a détecté des kistes endométriosiques qui m'ont amené à être opéré pour la petite histoire. J'avais un kiss qui m' a même explosé donc qui a tourné et qui a explosé.
Donc voilà, j'ai eu un temps, une douleur. Je me suis dit mais c'est vraiment pas possible, mon cœur va lâcher tellement j'ai mal. Ça a duré quelques secondes hein.
Et et à la suite de ça et bien j'ai dû être sous traitement parce que mon gynéco a essayé de après l'opération de me laisser reprendre ma vie normale, sauf que les kiste repoussait. Donc il fallait il a fallu que je sois sous traitement pendant toute ma vie de femme et puis ensuite sous traitement c'est c'est des règles artificielles. Je vais dire la ménopause arrive juste au moment où je deviens maire.
Donc en 2002 au moment où Gill Robien devenu ministre est amené à démissionner de son poste de maire. Tout ça est vraiment peut-être lié. Enfin, je après tout je n'en sais rien.
Mais en tout cas, il y a une conjonction de date qui fait que c'est à cette époque- làà que je fais une flébite. Mais peut-être parce que j'étais fatiguée de tout le climat ambiant. Je fais une flébite.
Je viens d'être élu maère. En plus, il faut que je me fasse hospitaliser quelques jours. Et c'est pas marrant, c'est pas facile parce qu'il faut pas le dire.
Faut surtout pas le dire. On n pas le droit de dire qu'on est malade quand on est élu. On le dit à personne, sauf aux très proches.
Tous se conjuguent en même temps. Lébite, la mairie et la ménopause. Ça fait peut-être beaucoup pour la même année, mais bon, après tout, moi je suis vraiment persuadée que si j'ai eu des soucis de santé à ce moment-là, c'est parce que les responsabilités plus lourdes m'arrivaient.
J'étais adjointe depuis longtemps, donc je savais quand même comment fonctionnait la mairie. Je sais à quel point c'est lourd de d'être élu local. Mais il y a une grosse différence quand même entre être adjoint et être mère.
Et ça, je ne m'en rendis pas compte avant. Après tout, je vais faire ma psy de bas étage. Mais peut-être que c'était plus simple de d'être ménéoposé.
Là, on était tranquille, plus le souci de règles et compagnie. Et pour tout vous dire, je l'ai pris comme une délivrance puisque ça voulait dire j'avais plus besoin de prendre de médicaments et donc que j'étais libéré de toute contrainte que je ne risquais plus d'avoir ces fameux kistes qui repoussent sans qu'on y prenne garde. Et effectivement tout s tout s'est arrêté et je suis tentée de dire non pas tout s'est arrêté mais je devrais peut-être dire tout est rentré dans l'ordre puisque je n'ai plus eu de souci de ce côté-là.
Pour moi, c'est ce moment c'est un c'est un réel soulagement parce que je me dis bon mais maintenant je suis tranquille et c'est vrai que pour moi la ménopause n'est pas un handicap, n'est pas source de difficulté ni de souffrance ni de trouble. Donc euh pour moi, c'est vraiment euh ouf là tranquille si je puis dire. Euh je vais plus être ennuyé.
Voilà. En 2002, au moment de la ménopause, j'en parlais forcément à mon gynéco, autrement euh à ma mère, à ma sœur. C'est à peu près tout.
Euh ça suffit d'ailleurs parce que effectivement c'est c'est logique de leur en parler à elle, d'autant que ma sœur est mon médecin en plus. Donc ça facilite les choses. Ma mère et ma sœur sont contentes pour moi parce qu'elles savent que ça me libère d'un certain nombre de d'inquiétudes toujours parce que depuis que j'ai 20 ans, je me pose tout la question de savoir si je vais pas avoir de nouveau des kistes ou je ne sais quel souci gynéco.
Je n'ai pas souvenir d'en avoir parlé au-delà, ni même à mes collègues de la mairie. C'est vraiment très rare qu'une femme dans mes collègues en tout cas aborde le sujet. C'est très très rare mais il y a une dizaine d'années, je me souviens très bien, c avec une collaboratrice et on est dans le bureau dans lequel on travaille toutes les deux et on discute d'un dossier.
À un moment donné, je vois qu'elle pique un phare, qu'elle se met à rougir et elle me dit tout de suite, "Ben, excusez-moi, j'ai une bouffée de chaleur." Et donc je lui dis, "Bah, sortez, allez prendre l'air si vous voulez pour vous retrouver quoi." Donc du coup après pendant quelques temps, je lui ai demandé comment elle allait parce que forcément on se préoccupe de de savoir comment ça se passe.
Mais ça en reste à ce stade là qu'on ne va pas plus loin parce qu'on a l'impression aussi autrement que que rentre dans encore une fois dans l'intimité, dans la vie vraiment privée de personnes. Donc voilà, c'est pas le but. Celles qui sont élues, oui, elles sont en général assez assez soudées, assez assez proches.
Non pas qu'on parle chiffon pour caricaturer, c'est pas du tout ça. Mais on se sent proche parce que on sent qu'on a besoin aussi de se soutenir entre nous pour non pas nous opposer aux messieurs mais pour nous affirmer face aux hommes qui sont quand même encore à l'époque très présents et très puissants. Mais malgré tout non pas de ces sujets-là.
Et je n'ai pas souvenir non plus d'avoir eu des collègues qui m'est parlaient de leur propre ménopause. Donc euh c'est pas seulement moi qui n'en parle pas, mais c'est l'inverse euh qui est également vrai. C'est pas des sujets qu'on aborde facilement en dehors du cercle des intimes vraiment.
C'est le le fait d'être ménopausé me donne probablement un nouvel élan parce que ça arrive au moment où je prends des responsabilités éminentes et plus fortes, beaucoup plus fortes. Effectivement, probablement ça veut dire que maintenant c'est c'est tout mon temps qui peut être consacré sans qu'il y ait de d'obstacle y compris physique que les autres n'avaient pas à voir mais que moi je pouvais ressentir parce que quand même on n'est pas tout à fait la même en période de règle et et en dehors de cette période. Donc oui, c'est c'est possible quee effectivement ce soit tombé au bon moment et que ça m'est permis de de me consacrer totalement pleinement à ma mission. tout bien considéré.
Peut-être que ça m'a aidé à m'affirmer aussi du coup dans dans ma vie politique à une époque où il y avait pas tant de femme que ça dans la vie politique. Peut-être peut-être que ça donne un peu plus de distance et de force de caractère parce que on a plus cette fragilité liée à à la possible maternité au fond à la la possibilité d'être mère. Il est possible et même probable que la ménopause mette davantage sur un pied d'égalité homme et femme puisque la femme ménopausée n'a plus ses variations lié aux hormones hein clairement.
Qu'est-ce que la ménopause a changé en moi ? Bah, j'aurais peut-être pu me dire que je passais dans le câ de ceux qui arrivaient dans la descente de la vie, mais en fait, j'ai plutôt le sentiment que je suis dans un cap de pleine possession de mes moyens. C'est plutôt ça.
Ouais. Je vois pas de côté négatif à la ménopause. Pour moi, c'est tellement une continuité que j'ai du mal à à dire avant après, qu'est-ce qui a changé ?
C'est c'est la vie quoi. Et ça continue. C'est bien comme ça.
Alors, je me sens mieux maintenant. Oui, parce que bon, je je sais qui je suis, je sais je vo et je suis consciente de de ce que j'ai fait et puis en plus je me sens assez libérée maintenant parce que j'ai moins de responsabilité aussi. Donc oui, moi je suis bien, je me sens très très bien.
J'aurais probablement aimé recevoir des conseils euh en tant que femme de la part de de celles qui m'ont précédé pour mieux gérer toutes les étapes de la vie entre le moment où on a 30 ans et on arrive quelque part et on vous prend pour la secrétaire parce que vous avez beau dire que vous êtes élu, on vous demande dans quel service vous travaillez. C'est authentique ce que je vous dis évidemment. celles qui peuvent connaître des troubles au moment de la ménopause en effet.
Et puis enfin voilà, j'aurais aimé peut-être être davantage accompagné par des femmes qui étaient passées par là avant moi dans toutes les étapes de de la vie. Donc je l'ai eu ça sur le plan personnel avec les membres de ma famille mais dans ma vie professionnelle et politique non. Et en même temps, je vous dis ça et en même temps, je n'ai pas le sentiment d'avoir joué ce rôle-là vis-à-vis des plus jeunes parce que c'est difficile aussi de dire à des plus jeunes "Si tu as besoin d'un coup de main, je suis là." parce que ça a l'air de pontifier un peu quoi, de d'être celle qui veut donner des leçons alors que chacun a a sa voix quoi, à son chemin.
Je pense qu'il faut dire à ces femmes qui sont plus jeunes que moi et qui arrivent à cette période de la ménopause là maintenant, bah qu'elle ne l'appréhendent pas, qu'elle le qu'elles en parlent autour d'elles si elles ont besoin de soutien, d'écoute et qu'elle n'ait aucun complexe. Encore une fois, c'est c'est une étape normale de la vie. Et chaque étape est magnifique dans cette vie.
Donc il faut vraiment qu'elle soit sans complexe, qu'elles fonce, qu'elle soit elle-même et et qu'elle s'épanouisse surtout dans ce qu'elles font, quel que soit leur état de vie, quelle que soit leur situation. J'ai toujours essayé dans dans ma vie publique de ne pas me comporter en homme mais en femme pour garder ma spécificité avec tout ce que ça comporte comme avantage et comme limite évidemment, mais être un homme c'est aussi plein d'avantages et des limites. De manière générale, est-il utile que que la ménopause soit soit perçue comme une grande cause nationale sans comparer avec d'autres évidemment parce que ça ne ça n'aurait pas de sens.
Je ne suis pas sûr qu'on soit prêt parce que ça consisterait à probablement fragiliser dans l'état actuel de notre civilisation. Je pense que ça aurait pour effet de fragiliser les femmes plus qu'autre chose dans un monde où on voit alors pas en France heureusement mais on voit dans d'autres pays le masculinisme ressurgir. Il est clair que dans la vie politique euh il faut surtout pas montrer ses fragilités.
Donc si la période de la ménopause crée une fragilité chez la femme, elle elle intérêt à ne pas en parler évidemment ou en parler uniquement à des personnes très proches dont elle est sûre de l'amitié et de de la gentillesse. Si si autrement elle donne des bâtons pour se faire taper dessus, c'est peut-être pas vraiment la peine. Vous savez, on est dans un monde où on cherche l'efficacité, hein, dans dans le travail.
Donc si on pense queune personne parce que elle est en face de ménopause est moins efficace, moins performante et cetera, ça peut être fragilisant là pour le pour la personne en question. Donc euh dans ces cas-là, il vaut mieux ne pas en parler mais je me trompe peut-être dans l'analyse. Il est vrai que depuis depuis quelques années, mais il y a pas si longtemps, on parle de congé menstruel et on voit que dans certaines entreprises ou collectivités, on prévoit ce genre de dispositif.
C'est vraiment très très nouveau parce que il y a toujours la difficulté de savoir si le congé en question va donner lieu, je pense dans l'esprit de tous va-t-il donner lieu à abus ou pas. Donc si c'est fait pour que les personnes qui en ont vraiment besoin puissent utiliser ce congé, pourquoi pas ? Je pense que c'est un plus en effet.
Et je pense que là, la mentalité ambiante actuelle ne stigmatise pas du coup les femmes par rapport aux hommes du même âge, je veux dire. Donc peut-être peut-être ira-t-on vers un dispositif de même nature en ce qui concerne la ménopause pour les femmes qui qui connaissent de véritables troubles au moment de de leur ménopause, mais je suis pas sûre que ce soit demain matin que ça arrive. Alors maintenant, faut-il faut-il y pousser ?
Moi, moi je n'y vois aucun inconvénient, au contraire, bien sûr, parce que si ça peut favoriser l'intégration professionnelle d'une femme, ben tant mieux évidemment, mais il ne faudrait pas que ça ait l'effet induit de stigmatiser les femmes par rapport aux hommes. Et c'est ça qui me fait peur moi. Merci beaucoup à Brigitte Fouret pour son témoignage.
Il est rare qu'une femme politique se livre sans détour sur un sujet aussi intime. Alors vraiment merci. Brigitte Four nous raconte plein de choses passionnantes sur la ménopause, que pour elle, ça a été un soulagement, que la politique sans surprise a été façonnée par les hommes et que ça continue de l'être. les femmes n'ont qu'à s'adapter et puis c'est tout et puis que les femmes n'en parlent pas du tout, y compris entre elles ou très peu.
Vous commencez à me connaître, je suis persuadée que c'est en parlant de la ménopause, en inondant les réseaux sociaux, en en parlant à ses amis, à sa famille, à ses collègues, à ses patrons, à qui sais-je, qu'on lèvera ce tableau et qu'on permettra enfin aux femmes de mieux vivre cette période de leur vie. Le savoir, c'est à la fois le pouvoir, mais c'est aussi pouvoir agir tout court. Et puis la ménopause, j'en suis convaincu, c'est un sujet éminemment politique.
La politique, c'est au sens littéral l'art d'organiser la vie commune pour le bien de tous, hein. C'est bien au-delà de la question des partis politiques. Or, ce qui se passe pour les femmes, c'est que leur vie intime, elle percute, qu'on le veille ou non, la vie publique.
On le voit bien. Il y a bien des congés maternités. Les femmes s'absentent du travail pendant quelques mois parce que leur vie intime percute la vie publique, ce qui est beaucoup moins le cas pour les hommes.
Et dans le cas précis de la ménopause, je vais faire des calculs un peu à la truelle, mais comme ça ça vous permettra de comprendre. En fait, c'est considérable. Le chiffre est considérable.
Chaque année, il y a 125000 femmes qui rentrent en ménopause avec des symptômes sévères. Il y en a beaucoup plus qui rentrent en ménopause tout court avec toutes sortes de symptômes. Et comme ces symptômes sévères durent plusieurs années parfois, et bien ça représente 1 million de femmes qui sont concernées en permanence.
Et puis pour les autres femmes, même si elles ne souffrent pas d'une symptomatologie bruyante, c'est un moment clé aussi. Donc ce chiffre, il est fondamental. Ce chiffre d'un million de femmes qui ont des symptômes sévères.
Ce n'est pas une minorité marginale, ce n'est pas un problème ponctuel, c'est une population équivalente à une grande métropole française et pourtant et bien c'est totalement invisible dans les politiques publiques. Donc en fait c'est pas possible de faire la sour d'oreille. On peut pas dire on s'en fiche.
En tout cas pas quand on a les reenes de la puissance publique. Alors quand même il y a des points positifs. Faut quand même toujours voir les choses telles qu'elles sont vraiment.
Il y a madame Rist qui a fait un rapport parlementaire sur la ménopause en avril 2025 et donc ça c'est bien. Et puis il y a quand même eu des suites concrètes à ce rapport. Il y a la haute autorité de santé qui a réévalué les traitements hormonaux.
Ça c'est très chouette. Ça veut dire qu'on a revu les recommandations et qu'on a édicté des recommandations qui donc maintenant sont à jour. Donc pour les femmes, c'est génial.
Le ministère a annoncé la mise en place de consultation médicale dédiée à la ménopause. Très bien aussi. La recherche épidémiologique est en cours, il y a une grande étude euh nationale qui est en cours et puis il y a des propositions de loi qui vont être discutter à l'Assemblée mais c'est un peu timide et on voudrait que ce soit pour ce million de femmes, on voudrait que ce soit beaucoup mieux que ça.
Pour moi, évidemment, les premières mesures à adopter, ce serait des choses médicales, bilan de santé, que les sages-femmes puissent prescrire le fameux traitement hormonal de la ménopause. Enfin, il y a plein de choses sur plan médical, mais comme je n'ai pas non plus 2 heures à vous parler, je pense que ce qui est très important, c'est la question du travail. C'est comment faire pour que les femmes qui souffrent beaucoup à ce moment-là de leur vie n'ait pas de répercussion sur leur carrière et sur leur vie professionnelle et ne quitte pas leur emploi juste parce qu'elles n'en peuvent plus.
Et moi, je suis pas une femme politique. Donc là, j'aimerais bien que les politiques travaillent. Et donc, il faut faire exactement comme pour le moment de la maternité, c'est-à-dire réfléchir.
Et d'abord, en premier lieu, il faut faire une grosse étude, une grosse analyse précise et faire des recommandations concrètes. Bref, tout est à faire quoi. J'aimerais que pour faire bouger les lignes, ça vienne du politique, ça viennent d'en haut, ça viennent des entreprises.
Sur les questions liées à la santé des femmes et aux femmes tout courts, c'est pas vraiment le cas. Donc moi, je pense que malheureusement pour faire bouger les lignes, ben il faut que ça vienne du bas, faut qu'il y ait une lame de fond du bas quand même. Ça a été le cas pour le postpactum et cetera.
Donc je suis désolée mais il va falloir encore se retrousser les manches aussi à l'échelle individuelle et j'espère que les politiques vont suivre. Et puis il y a un truc qui me paraît très important c'est qu'il faut qu'on vraiment qu'on change de regard sur cette période de la vie des femmes qui est pas du tout ajustée aujourd'hui qui est une période que on le dit hein qui est vue comme quelque chose de la salle d'attente du cercueil quoi. Et et c'est vraiment pas le cas.
Donc il faut aussi changer de regard qu'on ait un autre regard anthropologique sur cette question de la ménopause. Et plus que jamais prenez soin de vous. On se donne rendez-vous dans deux semaines pour un nouvel épisode.
Si celui-ci vous a plu, vous pouvez nous suivre ou vous abonner notamment sur l'application Radio France. Je vous dis à très bientôt et je vous embrasse. Vous venez d'écouter Bouffé de Chaleur, un podcast ici.
Prise de son Gaetan Gautier et Sarah Beécard. Mixage Gaetan Gautier. Journaliste Axel Labé.
Production Clémence Olivier studio de création ici. Se
Brigitte Fouré