Pillages, violences... Macron à l'épreuve - Reportage #cdanslair 01.07.2023
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Un supermarché attaqué à la voiture Bélier. Quatrième nuit de violence et de pillage généralisé. La nuit dernière, le chaos a gagné les centres-villes des grandes agglomérations. Particulièrement touchés, Marseille, Lyon ou encore Grenoble. A chaque fois les mêmes scènes, des commerces saccagés par une foule compacte. Bilan de la nuit selon le ministère de l'Intérieur, 246 bâtiments incendiés ou dégradés, 2560 incendies sur la voie publique, un tiers de moins que la veille, mais plus d'interpellations, 1311 records, 500 de plus que la nuit passée.
Face à ces violences, l'équipe de France de football appelle dans un communiqué à l'apaisement et à la responsabilisation des émeutiers, pointant en risque d'autodestruction.
Depuis ce tragique événement, nous assistons à l'expression d'une colère populaire dont nous comprenons le fond, mais dont nous ne pouvons cautionner la forme. La violence ne résout rien, encore moins lorsqu'elle se retourne inéluctablement et inlassablement contre ceux qui l'expriment.
Débordés, les maires des grandes villes appellent l'État à l'aide et réclament des renforts policiers. Marseille cette nuit et Lyon cet après-midi.
Hier soir, malgré l'engagement de nombreuses forces, on fait le constat que les policiers étaient en nombre insuffisant pour pouvoir faire face à l'ensemble des débordements et des actes de violence. Il nous faut des renforts si on veut que cela ne se reproduise pas.
Aussitôt demandé, aussitôt obtenu, le ministère de l'Intérieur annonce l'envoi immédiat d'une unité de CRS en place dès ce soir. L'État mit sous pression, lui, qui a déjà mobilisé 45 000 policiers et gendarmes, soit trois fois plus que lors des émeutes de 2005. Le raid est aussi intervenu cette nuit à Marseille et Lyon, et des blindés légers de la gendarmerie ainsi que des hélicoptères ont été déployés. Mais cela ne suffit pas toujours à contenir les émeutiers, qui font parfois reculer les forces de l'ordre. Une police débordée, de quoi faire réagir les syndicats Allianz et une sapolisse dans un communiqué en forme d'avertissement pour le gouvernement.
Le terme de nuisible est employé pour désigner les émeutiers.
Face à ces hordes sauvages, demander le calme ne suffit plus, il faut l'imposer. Aujourd'hui, les policiers sont au combat, car nous sommes en guerre. Demain, nous serons en résistance et le gouvernement devra en prendre conscience.
Des policiers exaspérés et un ministre de l'Intérieur sur tous les fronts pour les soutenir, comme cette nuit, auprès des gendarmes à Montelajoli dans les Yvelines. Interrogé hier sur le vocabulaire guerrier employé par les syndicats, Gérald Darmanin élude et réitère son soutien aux forces de l'ordre.
Moi, je ne suis pas là pour polémiquer, ce ne sont pas mes mots. Je suis ministre de l'Intérieur, mon travail, c'est d'être le chef de mon administration, qui sont les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers. Je veux aussi saluer les policiers municipaux, leur dire qu'on les encourage, qu'ils respectent évidemment les règles de la République, et je sais qu'ils le font. Et ce n'est pas parce qu'une personne, éventuellement, la justice se dira, a déraillé, a commis l'irréparable, que nous devons tous cracher sur les policiers. C'est honteux de le faire.
Craignant une nouvelle nuit d'émeute et de dégradation, des commerces commencent à se barricader, quand d'autres sont appelés à baisser le rideau dès cet après-midi, à Strasbourg par exemple, tandis que les événements culturels continuent d'être annulés ou reportés, comme les concerts de Mylène Farmer au Stade de France. Merci.
Merci. Merci.
Gérald Darmanin