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Podcast / conversationyoutube.com· 4 mars 2022 24 minActualité / polémiqueEnvironnement & énergieDéfenseÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

Deciphering Yannick Jadot’s interview

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 14:12Yannick JadotFait
    « Tout ça, c'est du bricolage absolu. »
  • 21:33Yannick JadotFait
    « Tout ça n'est pas compatible avec la loyauté, »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Invité 233 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 312 %
  • Auditeur4 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et on commence ce débrief de cette interview d'Yannick Jadot et j'accueille Pierre-Jacques. Bonjour Pierre, merci beaucoup d'être avec nous Jean-Daniel Lévy de l'Institut de sondage Arriss Interactive. Bonjour Jean-Daniel, merci d'être avec nous. Et Marion Vigreux, et Marion évidemment vous avez écouté cette interview attentivement pendant une heure. On va revenir sur cet échange, qu'est-ce que vous avez retenu ?

0:22
Invité

Alors un échange qui a commencé autour de l'attaque russe cette nuit de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhia, la plus grande d'Europe, Vladimir Poutine n'a plus de limites pour le candidat Europe Écologie Les Verts. Il faut poursuivre les sanctions, traquer les oligarques, livrer des armes à l'Ukraine et continuer le dialogue avec le chef du Kremlin. Mais Yannick Jadot préférait que ce soit l'Union Européenne qui s'en occupe et non Emmanuel Macron seul. Il faut qu'il y ait Olaf Scholz, Charles Michel, Ursula von der Leyen. Vladimir Poutine est un dictateur, a-t-il martelé ? On n'est pas amis avec quelqu'un qui a rasé Grozny.

On n'est pas amis avec quelqu'un qui empoisonne ses adversaires.

1:01
Présentateur

Et Marion, autre thématique abordée, l'annonce officielle de la candidature d'Emmanuel Macron.

1:05
Invité

C'est le même candidat en pire, comment dit Yannick Jadot. Pour lui, le président a une responsabilité dans la montée des inégalités dans le pays, dans l'absence de politique environnementale. Ça a été un président de lobby, déclare-t-il. Il attend désormais un débat avec le candidat, car il y a beaucoup de colère dans le pays et il faut l'apaiser.

1:26
Présentateur

Il a aussi été question du développement du nucléaire.

1:28
Invité

Et le choix d'Emmanuel Macron de développer six nouveaux réacteurs repères, c'est du bricolage absolu, dit Yannick Jadot, qui rappelle que l'uranium que nous importons vient notamment de pays sous tutelle russe. Il redonne, lui, son calendrier. « Investissement sur les économies d'énergie, déploiement des énergies renouvelables, fermeture au fur et à mesure des réacteurs nucléaires. Et sur le renouvelable, il admet une part de pollution, mais pour lui, ça reste la seule solution pour garantir notre indépendance énergétique. »

1:56
Présentateur

Autre sujet, d'autres sujets de préoccupation des Français ont été abordés.

1:59
Invité

« Oui, il propose la construction de nouveaux logements sociaux, l'investissement dans les transports collectifs, la gratuité du covoiturage, mais aussi un chèque énergie de 400 euros pour compenser la hausse des prix des carburants. Sur la santé, le candidat des Verts est favorable à une obligation d'installation des médecins dans les déserts médicaux. Et pour le grand âge, la suppression des EHPAD privés à but lucratif. Il veut également revoir toute la carte des régions et proposer une nouvelle politique de décentralisation. »

2:27
Présentateur

Sur l'agriculture, précarité des agriculteurs, installation des jeunes et la souveraineté alimentaire, il a répondu là-dessus.

2:32
Invité

« Le bilan de la politique agricole est une catastrophe, dit Yannick Jadot. Lui qui propose de reprendre la dette des agriculteurs, à condition qu'il passe au bio. Il propose également de mobiliser une enveloppe de 13 milliards d'euros pour un pack de transformation agricole. Il faut changer de modèle, dit-il, pour aller vers l'agroécologie et s'affranchir des importations de soja ou d'engrais azotés. »

2:54
Présentateur

Et puis, dernier point, il a réagi l'exclusion de Sandrine Rousseau. On a appris ça hier soir.

2:57
Invité

Oui, la candidate finaliste de la primaire écologiste ne participera pas à la campagne du candidat. Yannick Jadot estime qu'elle mène d'autres objectifs que celles des présidentielles. Une attitude qui n'est pas compatible avec la ligne de la campagne. Elle ne parlera pas plus au nom des écologistes dans cette campagne. C'est une forme de clarification, a-t-il dit. Il faut faire valoir la discipline pour éviter les prises de positions personnelles et parasites.

3:23
Présentateur

Merci Marion pour ce résumé très complet de cette heure d'interview. On va revenir en détail, bien sûr, sur les propositions. Mais d'abord, Pierre, Jean-Daniel, une question un peu large. Qu'est-ce que vous avez pensé de Yannick Jadot ? Comment vous l'avez trouvé ?

3:37
Invité

Je l'ai trouvé fidèle à lui-même. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose de l'ordre de la maîtrise, je trouve, de ses sujets. Il maîtrise absolument très bien, je trouve, les sujets écologiques. Évidemment, c'est les premiers qui concernent la famille des écologistes. Mais presque un peu trop techno.

C'est-à-dire qu'il y a quelque chose dans cette campagne, en tout cas, y compris principalement chez Yannick Jadot, qui fait que, alors qu'il devrait être presque au sommet de cette élection, et c'est le moment où les Français ont compris qu'il y avait un enjeu absolument crucial sur la question écologiste, Yannick Jadot devrait être a priori, justement, en tête à minima de la gauche et des écologistes, et peut-être même de cette élection. Alors, il patine dans les sondages. Et je pense que c'est lié à ça. C'est lié au fait que ça n'imprime pas. Il est peut-être trop techno. Là encore, dans votre émission ce matin, je l'ai trouvé, il n'a pas pris de risque.

Il répond très bien à toutes les questions. C'est presque trop un bon élève, je trouve. Et du coup, ça n'imprime pas. Je pense que dans l'opinion publique, Yannick Jadot ne laisse pas véritablement de traces, même si on peut lui reconnaître la maîtrise, encore une fois, de ses dossiers. Mais je pense qu'une élection présidentielle ne se joue pas à ça. Et je trouve qu'affiché, et d'ailleurs, vous l'avez très bien fait, l'ensemble des propositions qu'il a tenues et qu'il a proposées pendant une heure dans cette émission, je ne vois pas le projet qu'il dessine pour la France, la vision qu'il projette pour la France dans les cinq prochaines années, voire plus.

4:58
Présentateur

– Il manque une proposition choc, une proposition qui se retienne, c'est ça pour vous ?

5:01
Invité

– Ce n'est pas tant que des propositions qu'une perspective. C'est-à-dire que je trouve que ça ne donne pas matière à rêver. Vous savez, c'est Fabien Roussel qui a cette campagne des jours heureux. Il a imprimé parce qu'il y a une part de rêve. En politique, quand même, l'abandon du rêve, c'est un problème d'être trop pragmatique, d'être trop technocratique, ça ne fait pas rêver les Français. Je pense que les Français, dans une période dans laquelle on vit, même si elle est dramatique, évidemment, ont besoin de se projeter, mais par une vision en positif. Et il n'apporte pas ça, je trouve, Yannick Jadot, dans cette campagne.

Et c'est bien dommage parce que l'écologie doit être portée, justement, d'une manière plutôt positive, avec une vision de la société optimiste. et hélas, je ne trouve pas ça dans la campagne de Yannick Jadot.

5:41
Présentateur

– Jean-Daniel ?

5:42
Invité

– C'est vrai que souvent, on faisait le reproche aux écologistes d'être un peu des doux rêveurs, qu'ils avaient un propos qui apparaissait comme étant utopiste et irréaliste par la suite. Et que quand on regarde la manière dont Yannick Jadot mène sa campagne, quand on regarde l'interview qu'il a donnée ce matin, quand on écoute vos commentaires, effectivement, aujourd'hui, c'est plus forcément une critique qu'on effectue à l'égard des écologistes.

Il peut y avoir un débat pour savoir si on est d'accord ou pas d'accord, qu'on peut avoir une question concernant la faisabilité avec des enjeux internationaux, mais en tout cas, ni sur la question du constat, ni sur la question de la gravité de la situation que l'on connaît aujourd'hui en matière de dérèglement climatique, en matière des faits que cela peut avoir pour les individus, en matière de conséquences que cela peut avoir, par exemple, en matière de santé. Aujourd'hui, il y a une forme de contestation de ce que peuvent dire les écologistes.

Mais c'est vrai que la question du projet écologiste, la question, en fait, de ce que peut être l'envie, entre guillemets, de vivre dans une France qui serait dirigée par Yannick Jadot, aujourd'hui, fait quelque peu défaut. Ce qui est assez surprenant, c'est que ça n'a pas fonctionné, en tout cas, que ce registre-là n'ait pas fonctionné au cours des dernières élections municipales. Alors certes, il y avait une participation qui était faible, mais on a pu voir que dans un certain nombre de grandes villes, notamment dans les endroits, en fait, où le système politique apparaissait comme étant déliquissant ou en difficulté, les écologistes ont réussi à gagner.

Ils ont réussi à gagner, alors même que leur candidate ou leur candidat n'était pas connu, ce qui apparaissait comme étant une nouveauté. Et autour d'une idée, on arrivait globalement à se dire « j'arrive à voir ce que peut être ma ville et dirigée par un écologiste ». On voyait ce que ça pouvait être en matière de politique publique, c'est-à-dire quel type de transport va être développé, quel type d'alimentation va être porté, quel type de rapport on peut avoir, d'une manière générale, avec la vie au quotidien. Et là, c'est vrai que cette difficulté existe là aujourd'hui.

Elle préexistait à la situation qu'on a pu voir en matière de tension au niveau international, mais il y avait toujours cette petite interrogation de se dire « est-ce qu'on arrive à voir ce que peut être une France en gros en 2027 qui aurait été dirigée par un écologiste et qui nous permettrait de voir globalement les modifications et le type de vie au quotidien que l'on pourrait avoir ? »

7:47
Présentateur

Qu'est-ce qu'explique pour vous, Jean-Daniel, le score de Yannick Jadot pour le moment dans les sondages ? C'est-à-dire qu'il est aux alentours de 5% alors que l'écologie, ça fait partie des préoccupations des Français. Est-ce que pour vous, c'est ça qui explique ce faible score pour le moment ?

7:59
Invité

Ça y participe. On peut dire que, d'une manière générale, la gauche a baissé depuis septembre dernier alors qu'on s'était demandé, notamment, on regarde ce qui s'était passé en Allemagne. En Allemagne, c'était le schéma complètement inverse. C'est-à-dire qu'au fur et à mesure que la campagne s'est déroulée, les écologistes et la gauche traditionnelle ont réussi à progresser.

Là, ça n'a pas été le cas parce que la thématique écologique et environnementale n'a pas été au centre du débat alors même qu'il s'agit d'une des principales préoccupations de la part de nos compatriotes et également parce qu'il n'y a pas toujours eu la perception qu'il y a eu une forme d'articulation entre les questions écologiques et environnementales d'un côté et les conséquences économiques et sociales de l'autre. Les Français sont prêts à entendre qu'il y ait une transformation de la cité qui est une transformation même d'une partie de notre modèle économique et de notre modèle social mais que ceci n'a pas été entendu.

C'est vrai en fait que quand vous regardez, il n'y a pas eu non plus cette perception qu'il y ait eu une forme de dynamique ni à la télévision ni même dans les meetings et que malgré tout, ça joue très fortement dans les dynamiques d'opinion de voir ce qui se passe également à la télévision.

8:58
Présentateur

Est-ce que la situation aussi actuelle, la situation notamment internationale, ne joue pas contre Yannick Jadot ? Est-ce qu'il ne va pas être contraint de revoir un peu son logiciel ?

9:07
Invité

La campagne est inédite, elle est évidemment complexe pour tous les candidats. D'abord parce qu'Emmanuel Macron n'était lui-même pas candidat jusqu'à hier soir, mais aussi évidemment parce que le contexte géopolitique, évidemment la guerre russo-ukrainienne prend de la place dans l'espace médiatique et que chacun des candidats doit réviser son agenda politique de campagne pour coller à l'actualité.

9:32
Présentateur

Mais est-ce que lui, plus ce d'autre, est-ce que là il va y avoir une inquiétude des Français sur notre indépendance, notre indépendance énergétique, notre indépendance alimentaire ?

9:37
Invité

– Alors hélas, à l'aune de cette guerre tragique, je pense que ça devrait, ça pourrait, et nous y avons une responsabilité, nous aussi en tant que journalistes, remettre le sens de ce qu'est une élection présidentielle. Je le disais tout à l'heure sur le déroulé presque des propositions de Yannick Jadot, je pense que les Français attendent moins se dérouler des propositions qu'une vision des choses, une vision de ce que doit être la France.

Et je pense qu'à l'aune justement de ce changement mondial, des relations, même mondiales, et du climat géopolitique, un président de la République, ou en tout cas un prétendant ou une prétendante à l'élection présidentielle, devrait nous dire c'est quoi la France de demain, quel est le rôle de la France dans les conflits du monde. Et je pense que ce qui nous arrive aujourd'hui, ce qui arrive au monde avec cette guerre russo-ukrainienne, devrait permettre justement à chacun des candidats de redire quel est l'objectif de sa candidature. C'est quoi la France ? C'est quoi l'idée de puissance ? Est-ce que vraiment l'idée de puissance a encore du sens aujourd'hui ? Puissance quoi ?

Comme le dit Emmanuel Macron, puissance économique, puissance énergétique, puissance de paix, comme il le dit, pour ne pas dire évidemment puissance militaire. C'est quoi le projet d'un président de la République ? C'est quoi le projet de la France ? Quelle France de main dans le monde ? Quelle diplomatie un candidat à l'élection présidentielle ? Et je pense que c'est ça qui doit être aujourd'hui au cœur de l'actualité et de cette campagne présidentielle. Et sans doute Yannick Jadot doit-il y répondre ? Je pense que chacun des candidats devra y répondre. Encore faut-il qu'il puisse y avoir un débat. Emmanuel Macron, visiblement, on n'en a pas envie.

J'ai entendu Yannick Jadot dire, souhaiter qu'il participe à ces débats. Ce serait intéressant justement de voir s'affronter ces différentes...

11:12
Présentateur

Mais par exemple sur la question du nucléaire, on va parler de cette question puisqu'évidemment Yannick Jadot en a longuement parlé. Quand on voit la dépendance de l'Allemagne vis-à-vis du gaz russe, elle est un peu point liée finalement de l'Allemagne au début de cette guerre en Ukraine, est-ce que les Français ne seraient pas tentés de se dire qu'il faut qu'on assure notre indépendance énergétique et du coup adhérer au discours d'Emmanuel Macron qui dit que notre indépendance énergétique, c'est le nucléaire ? Et est-ce que du coup, ça ne va pas pénaliser Yannick Jadot ?

11:39
Invité

On va voir. Et justement, c'est ça qui sera intéressant, c'est d'avoir une confrontation d'idée, une confrontation de point de vue entre le président sortant, Yannick Jadot, et les autres candidats. La question de l'indépendance, Emmanuel Macron l'a posée dans son allocution à la télévision en disant qu'on avait changé d'air, on avait changé de monde, que la crise climatique, avec aujourd'hui la crise russo-ukrainienne, doit nous conduire à nous poser une question qui est la question de l'indépendance, mais attention à ne pas tout faire de l'indépendance. Aujourd'hui, on est dans un monde interdépendant. Il faut arrêter de penser que la France seule peut quelque chose. On n'est pas...

On est dépendant évidemment de nos relations. Et donc, je pense que notamment la résolution des conflits ne peut pas se faire... Et je trouve que là-dessus, il a assez bien répondu Yannick Jadot, que ça ne peut pas être qu'en bilatéral, en tutoyant le président russe. C'est une stratégie globale, mondiale qui doit s'imposer aujourd'hui.

12:27
Présentateur

– Oui, on va revenir sur cette question de l'Ukraine, mais sur le nucléaire, Jean-Daniel, on va écouter dans quelques ondes Yannick Jadot, mais est-ce que du coup, les Français peuvent changer d'avis ? Il y a déjà un revirement de l'opinion sur cette question.

12:37
Invité

– Il y a une évolution d'opinion, mais ce n'est pas un sujet si structurant que ça. Et contrairement à ce qu'on croit, en fait, même dans les enquêtes que l'on menait auprès des électeurs écologistes ou des sympathisants écologistes, la question nucléaire n'était pas la question centrale. Et on voyait bien, en fait, qu'on avait d'une manière générale dans la cité française des Français qui étaient partagés à l'égard du nucléaire et que globalement, même chez les écologistes, il s'agissait loin sans faux de leur première motivation de vote.

Leur première motivation de vote, tout nous tourne d'une interrogation concernant le dérèglement climatique, les effets que cela peut avoir et les conséquences en matière de santé. Donc, on n'était pas forcément sur une thématique qui apparaissait comme étant absolument centrale.

Et ce qui est d'ailleurs intéressant, c'est qu'alors même qu'aujourd'hui, en fait, on est face à des Français qui sont profondément inquiets concernant le dérèglement climatique, qu'on est profondément inquiets à l'égard des effets en matière de santé, de ce que peut être la qualité de l'air, la qualité de l'eau, l'alimentation, que ces sujets-là, en fait, ne sont pas vraiment au centre du débat, alors qu'il s'agit du ressort de mobilisation en faveur des écologistes et que la question nucléaire ou la question de l'indépendance énergétique ne constitue pas, en tout cas, auprès du cœur de cet électorat-là qui est sensible à l'écologie ou qui pourrait être amené à voter en faveur de Yannick Jadot.

Je ne dis pas un sujet secondaire, mais en tout cas, qui n'est pas le sujet qui va structurer profondément leurs comportements électoraux.

13:47
Présentateur

On va l'écouter, Yannick Jadot, sur cette question du nucléaire et notamment sur la question des EPR.

13:53
Auditeur

Vous avez un président de la République qui dit « Vous avez des problèmes de factures d'énergie aujourd'hui ? On a un problème de climat aujourd'hui ? Je vous propose de multiplier par 6, 8, 14 un fiasco aujourd'hui pour avoir des EPR en 2040-2045. » Tout ça, c'est du bricolage absolu.

14:14
Présentateur

– Oui, sur cette question, Pierre Jacquemin, sur la réponse de Yannick Jadot, ce fiasco de l'EPR. Alors, il dit qu'il va quand même y avoir un audit sur l'EPR de Flamanville. Il ne dit pas « Je vais l'arrêter, je vais le poursuivre. » Il dit « Il y aura un audit. En fonction de l'audit et de l'avis des parlementaires, je déciderai. »

14:28
Invité

– Oui, vous le souleviez. Il y a forcément un paradoxe. C'est-à-dire qu'effectivement, les écologistes avaient réussi à imposer l'idée qu'il fallait sortir progressivement du nucléaire. Et la société s'était préparée à ça. Et cette campagne a effectivement un peu changé la donne. C'est-à-dire que l'ensemble des candidats, y compris d'ailleurs ceux à gauche qui plaidaient pour une sortie du nucléaire assez rapide, tout le monde a un peu changé de braquet. Et donc aujourd'hui, effectivement, tout le monde a plus ou moins compris que pour les questions de dépendance énergétique, d'indépendance énergétique, le nucléaire, on allait en avoir besoin.

Et y compris, c'était peut-être une énergie la plus fiable pour l'avenir.

Donc il y a cette difficulté, vous le disiez, de Yannick Jadot, d'être quasiment le seul candidat à plaider, alors peut-être pas pour la peine, c'est là où il y a une partie de rêve ou d'utopie de la part des écologistes, encore que je pense que le discours est totalement construit, totalement, pas verrouillé, mais il est, comment dire, je le trouve crédible, le discours des écologistes qui consiste à dire aujourd'hui, il faut viser la sortie du nucléaire en misant sur les énergies renouvelables, quelles qu'elles soient, on caricature beaucoup sur l'éolien, mais il n'y a pas que ça, il y a l'hydraulique, il y a évidemment d'autres alternatives que les écologistes proposent.

Donc là-dessus, ils sont plutôt, je trouve, crédibles. Il y a une forme de crédibilité. Et bon, c'est vrai que la difficulté, c'est qu'il y fasse des candidats qui proposent totalement l'inverse. Et j'ai le sentiment que la société bascule justement dans cette idée que pour des questions d'indépendance, de dépendance plutôt d'ailleurs, il va falloir maintenir et investir dans le nucléaire. C'est compliqué parce que ça nécessite aussi un discours sur la formation. Vous voyez, aujourd'hui, si vous dites aux jeunes le nucléaire demain c'est fini, personne ne va s'insérer dans les filières nucléaires d'apprentissage, d'études et de recherche sur la question du nucléaire.

Donc il faut aussi jongler sur un discours qui soit un discours, on va créer de l'emploi avec le nucléaire, on va créer de l'emploi sur les énergies renouvelables. Donc c'est là-dessus où Yannick Jadot, justement, il a du mal à, je trouve, peut-être à rebondir ou en tout cas à nuancer son propos.

16:22
Présentateur

On va parler de la guerre en Ukraine, début de l'interview, évidemment, la guerre en Ukraine qui fait l'actualité, qui inquiète les Français. Yannick Jadot l'a dit, alors il soutient le chef de l'État, mais il dit qu'il ne devrait pas y aller seul, que c'est à l'Union européenne de parler avec Vladimir Poutine. Est-ce que ce sujet est en train d'écraser la campagne et de faire qu'il n'y aura pas de campagne, Jean-Daniel, pour vous ?

16:42
Invité

Est-ce que, déjà, le sujet de l'Ukraine écrase la campagne ? La réponse est oui. Est-ce qu'on est face à des Français qui sont terriblement préoccupés ? La réponse est oui. Et dans un même élan, avec, à l'heure actuelle, un niveau de confiance qui est exprimé à l'égard d'Emmanuel Macron, qui est largement supérieur à l'égard des autres candidats.

Et ce qui est même intéressant, c'est que c'est le seul, en fait, aujourd'hui, de disposer d'un niveau de confiance absolu et que tous les autres candidats à l'élection présidentielle ne suscitent pas, en fait, un niveau de confiance assez net avec une personne qui, plus que les autres, en fait, aujourd'hui, pâtit à l'heure actuelle de cette difficulté. Il s'agit de Valérie Pécresse, dont on voit bien, en fait, que son électorat considère qu'en l'espèce, Emmanuel Macron, entre guillemets, est à la hauteur des événements. Ça n'est pas une situation qui est nouvelle.

Et en fait, ce qui est intéressant, c'est que ça vient quand même relativement de loin et que déjà, même avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, il y avait une confiance concernant les enjeux internationaux qui était très claire en faveur d'Emmanuel Macron, aussi parce qu'il est en poste, aussi parce qu'il est chef des armées, aussi parce qu'il est représentant de la France au niveau international, bien plus, en fait, que les autres candidats à l'élection présidentielle. Donc ça, ça vient ajouter un élément supplémentaire dans des traits d'image qui préexistait à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

18:03
Présentateur

Elle est en train de bloquer la campagne. Dans sa lettre, Emmanuel Macron, sa lettre publiée ce matin dans la presse régionale, il dit « je ne pourrai pas mener campagne comme je l'aurais souhaité en raison du contexte ». Il n'y aura pas de campagne ?

18:12
Invité

Vraisemblablement, il n'a pas fait le choix de rentrer dans l'arène politique et donc de se confronter aux autres candidats à l'élection présidentielle. Encore une fois, on vit un moment quand même assez tragique et inédit. On sort d'une crise sanitaire, on rentre dans un conflit qui risque de durer comme lui-même le président de la République l'a annoncé. Il fallait s'attendre à ce que ce conflit dure. Je crains qu'effectivement, il n'y ait pas de débat, qu'il n'y ait pas de véritable campagne présidentielle. Emmanuel Macron fait presque comme si tout ça n'allait être qu'une formalité.

Il va être président jusqu'au bout, il l'a dit jusqu'aux dernières secondes, jusqu'aux dernières minutes, et qu'il n'y aura pas eu de campagne véritable, il n'y aura pas eu de débat télévisé, il n'y aura peut-être pas de meeting de la part du candidat Macron. Il a annulé, pour les raisons que l'on connaît qui sont celles de la guerre russo-ukrainienne, son premier meeting qu'il devait avoir lieu à Marseille. Non, hélas, je pense qu'il va y avoir une grande frustration de la part des autres candidats qui avaient envie justement de solliciter Emmanuel Macron pour avoir son bilan, pour connaître son bilan, pour qu'il fasse aussi le point sur son action de ces cinq dernières années.

Donc, ça va être une campagne étonnante, inédite, hélas, où peut-être que la démocratie va avoir empathie.

19:25
Présentateur

Frustration des autres candidats, dit Pierre, est-ce qu'il peut aussi y avoir une frustration chez les Français, Jean-Daniel, ou est-ce que les Français comprennent que dans le contexte actuel, c'est normal qu'il n'y ait pas de campagne présidentielle ?

19:33
Invité

Les deux. C'est-à-dire que indéniablement, même quand on a posé il y a quelques semaines la question de savoir est-ce qu'Emmanuel Macron doit se déclarer ou est-ce qu'au regard des grands enjeux internationaux et sanitaires, il est, entre guillemets, légitime que le président de la République retarde sa déclaration de candidature ? On avait des Français qui étaient partagés, mais les personnes qui déclaraient qu'ils avaient l'intention de voter pour Emmanuel Macron ou ceux qui étaient un peu plus à gauche ou un peu plus à droite sur l'échiquier politique considéraient que c'était légitime que le président de la République n'entre pas tout de suite en campagne.

Donc, il y avait une pression médiatique qui existait, il y a une pression militante, mais qui n'était pas forcément la pression de la part de l'opinion. Et dans un même élan, les Français considèrent que tous les cinq ans, au moins, on s'arrête. On se pose et on arrive à se dire qui sommes-nous, où allons-nous et sur qui pouvons-nous compter pour pouvoir avoir un destin commun qui, globalement, nous emmène de manière positive. Ils en sont privés. On peut, dans une certaine mesure, considérer que déjà en 2017, il n'y avait pas eu énormément de débats. En tout cas, c'est ce que nous avaient indiqué les Français, que le mandat qui était fixé à Emmanuel Macron n'était pas extrêmement clair.

Ça s'était traduit au cours des élections législatives. Ça a été peu souligné. Mais moins de 50% de participation au premier tour des élections législatives, moins de 43% de participation au deuxième tour des élections législatives, ça a été des records d'abstention depuis la création de la cinquième réplique dans le cadre de cette consultation électorale.

Je ne dis pas que ça s'est traduit de manière manifeste par le mouvement des Gilets jaunes, mais en tout cas, une des sources des Gilets jaunes a été aussi cette difficulté initiale, pas de mandat clair fixé au président de la plique et pas de corps intermédiaire ou de capacité à pouvoir se projeter à travers une expression de ce que peut être la conflictualité politique de manière intellectuelle marquée, qui se traduit à travers d'autres types de comportements et d'autres types de manifestations.

21:15
Présentateur

Un mot sur la campagne des Verts. Pour terminer, on va écouter Yannick Jadot, puisqu'évidemment, on l'a fait réagir à l'exclusion, hier, de son équipe de campagne de Sandrine Rousseau.

21:23
Auditeur

– Vous avez bien vu que Sandrine Rousseau, depuis des semaines, depuis la primaire, mène d'autres campagnes que la campagne présidentielle. Tout ça n'est pas compatible avec la loyauté, la ligne politique de la campagne. – Elle a été déloyée selon vous ? – De la campagne, et donc, on en tire, moi je prends acte, d'énièmes prises de position qui ne sont pas celles de la campagne.

21:52
Présentateur

– Clarification, finalement, dit Yannick Jadot.

21:56
Invité

– Clarification, je trouve que les écologistes, on ne l'a pas dit tout à l'heure quand on parlait de cette candidature d'Yannick Jadot, mais les écologistes ont réussi une primaire qui a été plutôt bien organisée, à un moment où on parlait d'identité, d'immigration en permanence, et eux, ils avaient réussi à faire ressurgir dans le débat public, dans le débat politique, la question écologique, et justement, les points d'intérêt que sont ceux de la gauche et les écologistes. Donc, ils avaient réussi ça. Il y avait deux lignes qui, effectivement, s'affrontaient, qui étaient celles de Sandrine Rousseau et de Yannick Jadot, mais quasiment à égalité, puisqu'ils sont arrivés à 25%, 25% chacun.

Donc, les deux ont une forme de légitimité. C'est vrai que Sandrine Rousseau a assez mal digéré d'avoir perdu à quelques voix près, et Yannick Jadot ne lui a pas fait non plus la place, sans doute, qu'elle estimait pouvoir obtenir. Elle a été quand même finalement nommée présidente du Conseil politique des écologistes. Elle n'était pas porte-parole. La porte-parole était aussi candidate à l'élection présidentielle d'Elphine Bateau. Et c'est vrai qu'on voit plus aujourd'hui Sandrine Rousseau que d'Elphine Bateau. Donc, c'était compliqué, effectivement, entre les deux, d'autant qu'ils n'ont pas forcément les mêmes lignes.

Je trouve que l'attitude de Yannick Jadot, en tout cas la réponse qu'il a portée ce matin, n'est pas tout à fait à la hauteur. C'est-à-dire qu'il considérait que peut-être, possiblement, elle aurait des stratégies de reprendre le parti, etc. D'abord, ce n'est pas très grave. Et puis, surtout, ça n'empêche pas de faire une campagne écologique en parallèle, même avec des sensibilités différentes.

23:08
Présentateur

Et en 30 secondes, la fin, Jean-Daniel ?

23:09
Invité

Sandrine Rousseau occupait une place qui était extrêmement importante, qui est bien plus importante, par exemple, que celle que peut occuper Éric Ciotti dans le cadre de la campagne, aujourd'hui, par exemple, de Valérie Bécresse. Et dans ce contexte-là, on voyait bien qu'il y avait quand même des divergences, qui n'étaient pas que des divergences tactiques, qui étaient des divergences de fond et qui n'étaient pas entièrement réglées. Et que, sur les plateaux, à chaque fois qu'on écoutait Sandrine Rousseau, on n'avait pas forcément le sentiment d'entendre quelqu'un qui parlait au nom de Yannick Jadot, mais qu'on entendait vraiment une parole qui apparaissait comme étant singulière.

23:37
Présentateur

Et voilà ce qu'on pouvait dire de cette interview d'Yannick Jadot.