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La voiture électrique française qui connaît un coup d'accélérateur grâce à la hausse du prix de l'essence. Les chiffres sont assez impressionnants. Les ventes de véhicules neufs électriques sont en hausse de 48% sur les premiers mois de l'année 2026 avec 185 000 immatriculations. La voiture électrique booste notre industrie automobile qui était plutôt à l'arrêt ces derniers temps. Pour en parler, j'accueille Alain Cadec. Bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur des Côtes d'Armor et auteur d'un rapport publié à la fin de l'année dernière sur l'avenir de la filière automobile française.
Alors quand vous voyez ces chiffres sur les ventes de véhicules électriques neufs depuis le début de l'année, est-ce que vous vous dites que la voiture électrique va rebooster l'industrie automobile ? Je ne suis pas sûr qu'elle rebooste l'industrie automobile française. Elle va rebooster l'industrie automobile en général et notamment l'industrie automobile asiatique et chinoise en particulier. On voit bien ce qui se passe. On voit bien ce qui se passe actuellement puisque les fabricants chinois sont en train de s'installer en Europe,
de s'installer même en France puisque dans mon secteur, à Rennes, à l'unine de la Jeunesse, chez Stenantis, on va fabriquer des véhicules Dongfeng par exemple. On va en parler. Par ailleurs, vous avez évoqué tout de suite le boom un peu du véhicule électrique. Je pense qu'il est en partie conjoncturel puisque aujourd'hui, avec les problèmes au Moyen-Orient et notamment le blocage du détroit d'Ormuz, évidemment, il y a des problèmes d'approvisionnement de carburant et de prix de carburant.
Donc je pense que c'est ça. Par ailleurs, les mesures incitatives que vous avez évoquées du gouvernement s'adressent notamment aux entreprises et aux flottes.
C'est déductibilité totale du prix d'achat, c'est exonération de la taxe annuelle incitative, c'est abattement sur les avantages en nature. Donc ça veut dire que c'est des véhicules qui coûtent beaucoup moins cher que ce qu'ils devraient coûter. Pour les entreprises et les flottes, évidemment, ça représente beaucoup de choses. L'augmentation de vente des véhicules électriques, ce n'est pas chez les particuliers aujourd'hui. On parlera de toutes ces mesures incitatives.
Ah, pardonnez-moi. Vous faites un peu le menu de notre entretien. Je ne suis pas journaliste, je ne suis que moi, justement, éditeur, pardonnez-moi. Juste d'abord sur ces chiffres de vente de véhicules neufs électriques, ils ne cachent pas quand même une réalité qui est plus terne pour l'automobile français avec une chute de la production et des pertes financières. Ces derniers temps. Totalement. Aujourd'hui, l'industrie automobile française est en grand danger.
Européenne, même, ça va plus loin, mais là, on va parler du français étant en grand danger. Et donc, en effet, cette poussée de l'électrique va plutôt vers les marques étrangères. Et nos grandes entreprises qui étaient des fleurons de notre industrie, je pense à Stellantis, donc c'est un Peugeot, Citroën, des choses comme ça, c'est Stellantis, ou Renault, ont évidemment de grandes difficultés à s'adapter au marché. Oui. Il y a beaucoup de retard sur l'industrie chinoise.
Et alors, pour quelles raisons ce déclin de l'automobile française ? C'est des fautes, des erreurs stratégiques de la part de ces groupes industriels français ? Comment expliquer ce retard avec les Chinois ? C'est sans doute la conjonction d'un certain nombre de facteurs, mais sûrement des erreurs stratégiques à certains moments, oui, certainement. Par ailleurs, il y a la décision de l'Union européenne d'arrêter la vente des moteurs thermiques en 2035,
qui est en train d'évoluer puisqu'il y a une clause de revoyure. On n'a pas su s'adapter à tout ça, je pense. Et pendant tout ce temps-là, les Chinois, eux, ont avancé de manière exponentielle, très rapide, très importante. Je suis allé en Chine, j'ai été voir les fabricants chinois il y a un an à peu près, avec la commission des affaires économiques du Sénat. Je suis revenu terrifié. Pourquoi ? Terrifié parce qu'ils ont 15 ans d'avance sur nous, en termes de technologie, en termes d'ingénieurs.
Pour fabriquer des véhicules désormais de très grande qualité. Auparavant, on disait « Ah, c'est chinois, c'est pas bien, c'est mal fait, c'est mal fini ». Aujourd'hui, quand on voit les véhicules chinois, ce sont des véhicules qui sont remarquablement faits. Par ailleurs, il faut quand même le dire, c'est quand même extrêmement important dans ce problème, dans cette conjoncture. Je parlais des problèmes du détrônement, mais dans le même temps, les batteries qui alimentent les véhicules électriques,
elles sont fabriquées en Chine, au moins les cellules, toutes. On va parler de cette concurrence chinoise qui peut parfois se transformer en partenaire. On va aller dans votre région, Alain Kadek, on va aller à Rennes, retrouver nos partenaires de la chaîne TVR avec Stéphane Beignet. Bonjour. Bonjour Alexandre. Stéphane, vous êtes le directeur de l'information de TVRennes. Et la nouvelle est tombée au milieu du mois de mai. L'usine Stellantis de Rennes-la-Janaise va produire bientôt, au moins,
un modèle fabriqué par le groupe chinois Dongfeng et qui est destiné au marché européen. Et c'est plutôt une nouvelle qui a été bien accueillie sur place. Oui, parce qu'il faut dire, et le sénateur Alain Kadek connaît parfaitement cette usine Stellantis de Rennes-la-Janaise qui a ouvert ses portes en avril 61 et qui a été dans les années 60-70 le premier employeur de Bretagne avec 14 000 salariés contre 3 000 aujourd'hui. Et bien, ce site lit une nouvelle phase stratégique, vous l'avez dit,
avec l'arrivée annoncée d'un véhicule du groupe chinois Dongfeng, en plus de la Citroën C5 Aircross déjà produite sur le site. Alors, le véhicule chinois concerné serait de la marque premium Voya avec une motorisation électrique ou hybride, selon les premières informations. Alors, pour la Janais, c'est un signal de charge industrielle supplémentaire dans un site qui a connu de vives inquiétudes sur son avenir et des épisodes de sous-activité par le passé.
Stellantis présente donc un projet comme levier de visibilité industrielle et de conciliation du site Rennes. En revanche, les syndicats demandent, eux, des garanties solides pour l'emploi, la sous-traitance et la pérennité du site. Toujours est-il que cette ouverture de Dongfeng relance le débat sur la dépendance de l'industrie automobile européenne à des partenaires extra-européens. Un sénateur, Alain Kadek. Une question à vous poser, vous qui avez alerté au Sénat sur les risques de crash de cette filière automobile française.
L'arrivée d'un véhicule Dongfeng à Rennes, la Janais, est-elle pour vous une chance de sauver l'emploi ou alors le signe d'une dépendance industrielle accrue ? Les deux. Les deux. C'est une bouffée d'oxygène pour le site de la Janais, bien sûr, comme vous l'avez dit, puisque vous le connaissez bien, vous êtes à Rennes. Donc, la Janais a été... C'était un fleuron de l'industrie bretonne pendant de nombreuses années. Ça avait diminué le nombre de salariés.
Grâce à Dongfeng, ça va se maintenir, voire augmenter. Alors, Dong, c'est une bouffée d'oxygène sur le plan de l'emploi. Mais c'est aussi l'arrivée des Chinois sur le territoire français. Et ça, c'est beaucoup plus inquiétant par rapport à l'industrie automobile dite française. C'est ça, le problème. C'est-à-dire qu'il y a 30 ans, c'était Citroën qui partait conquérir la Chine. Maintenant, c'est l'inverse. Ce sont les Chinois qui viennent conquérir les usines.
Les usines européennes. Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera. Pas de moi. Donc, on va être de plus en plus dépendant. Je pense que oui, c'est l'exemple type de l'accord de Stellantis. Stellantis a d'ailleurs déjà passé des accords avec les Chinois puisque Stellantis distribue la marque Lipmotor à travers ses concessions Citroën ou Peugeot en général Citroën. Et donc, c'est un pas de plus en fait vers le fait que les Chinois prennent pied,
sur le territoire industriel automobile européen. Merci beaucoup Stéphane Beignet pour votre intervention. Je rappelle que vous êtes directeur de l'information de notre partenaire TV Rennes. Justement, Alain Kadek, sur ce retard technologique avec la Chine, comment ça se fait qu'il y a un tel retard ? Les voitures sont meilleures que les nôtres ? Quand la Chine sort 10 000 ingénieurs par an, la France en sort 1 000. Il y a un problème de formation déjà.
Alors vous savez, ça pose un problème. Évidemment, ils sont beaucoup plus efficaces, ils sont beaucoup plus forts. En plus, c'est une économie administrée. Ça ne vous a pas échappé. Donc, c'est plus facile de prendre des décisions en Chine, ça va beaucoup plus vite que dans les pays occidentaux, en Union Européenne et en France en particulier. Donc, tous ces éléments mis bout à bout font qu'il y a des moyens financiers considérables. Des subventions d'État massives ?
Oui, des subventions massives de la part de l'État puisque tout est administré, tout est organisé. Donc, je vous dis, les décisions sont techniques. Les décisions sont extrêmement rapides. Donc, ils ont vu qu'il y avait un marché à conquérir et ils se sont dit, on fonce dedans, on y va. Et là, aujourd'hui, le phénomène d'Omfeng, chez Stellantis, à la Jeunesse et à Rennes, il y a d'autres sites en Europe, mais dont celui-là, il n'y a pas que Rennes, il y a quatre sites en Europe,
est évidemment inquiétant pour l'industrie automobile française. Évidemment. Alors oui, ça va maintenir l'emploi au début. Tant mieux pour l'emploi, tant mieux pour les salariés. Mais l'indépendance, on la perd petit à petit. Ce n'est plus nous qui allons créer les automobiles, c'est les autres. C'est une forme de cheval de Troie, cet exemple de Omfeng qui arrive à Rennes. Un petit peu, oui, tout à fait. Oui, ça correspond à peu près à ça, mais on s'y attendait.
Alors, évidemment, on souhaite que les Chinois, notamment, investissent en Europe, en Union européenne et en France, mais pas en venant s'installer dans des usines existantes déjà et en disant... Maintenant, on va fabriquer des automobiles chinoises en France qui vont être distribuées en France. Donc, ça veut dire que ce sera en concurrence directe avec les véhicules européens. Et comme ils ont des méthodes de travail qui leur permettent de diminuer les coûts,
ces voitures-là sont toujours moins chères que les véhicules françaises. Alors, l'Europe reste quand même une industrie automobile forte. Quelle doit être la réponse européenne pour essayer de rattraper des parts de marché face à cette concurrence chinoise sur la voiture électrique ? Je vous invite à lire avec intérêt le rapport qui a été fait par l'Union européenne. C'est un rapport qui a été fait par l'Union européenne. C'est un rapport qui a été fait par l'Union européenne.
Qui a été fait au Sénat par deux de mes collègues et moi-même. Non, non, nous proposons un certain nombre de solutions. Enfin, en tous les cas, de choses qui permettraient de limiter cet impact. Alors, on ne va pas lire le rapport sur le plateau. Non, non, non. Mais peut-être, pour résumer, il faut aller vers une forme de protectionnisme face aux voitures chinoises ? Alors, déjà, il faut faire preuve d'un petit peu de protectionnisme. C'est-à-dire qu'il faut installer des droits de douane.
Alors, évidemment, les Chinois sont extrêmement malins. On leur dit, il faut que ce soit fabriqué en Europe. Ben, ne bougez pas. On arrive. On arrive. On vit en Europe et on va les fabriquer en Europe. Et là, ça rentrera dans les clous. Et là, il y aura les subventions européennes. Et là, on pourra vous aider. Donc, les solutions, elles sont compliquées à trouver, en fait. Elles sont compliquées à trouver. Je vous dis, on a pris un tel retard. Parce que, inéluctablement, il faut bien le dire,
on va venir petit à petit aux véhicules électriques. Aux véhicules hybrides, d'abord. Aux véhicules électriques, ensuite. On y viendra, petit à petit. Même si, il y a un hic, quand même. C'est que... Dans des secteurs où il y a beaucoup de ruralité. Et en ruralité, c'est compliqué. Il faut avoir des véhicules qui ont une certaine autonomie. Parce qu'il n'y a pas des bornes partout. D'ailleurs, en Chine, même, pour y être allé, pour avoir observé, à Shanghai, il n'y a que des véhicules électriques.
Mais dès que vous sortez de Shanghai, dès que vous allez dans la campagne chinoise, ils sont encore au thermique. Il ne faut pas rêver. Donc, dernière question sur cette concurrence chinoise. Quelle serait la solution ? C'est vraiment de fermer les usines européennes au-delà de la chine. C'est-à-dire, il y a des véhicules électriques. Au chinois ? J'ai du mal à trouver la solution. Parce qu'on voit bien qu'on peut toujours détourner les règlements.
On peut toujours les détourner. Quand il y a une volonté politique, économique farouche, on n'y arrive toujours. On ne peut rien y faire. C'est compliqué, quoi. C'est très compliqué. Moi, je suis très inquiet pour le devenir de notre industrie automobile telle qu'on l'a connue et telle qu'on l'imagine. Alors, en tout cas, le gouvernement peut essayer d'inciter les Français à prendre le virage de la voiture électrique. On va en parler avec vous. Stéphane Duguay, avec cet objectif du gouvernement,
c'est d'électrifier les transports pour réduire un peu plus la part des énergies fossiles dans la consommation finale. Oui, c'est ça. Parce qu'il faut le rappeler, Alexandre, le secteur des transports dépend très largement du pétrole. Et donc, dans son plan d'électrification présenté le 23 avril, le gouvernement a insisté sur la voiture électrique. La première mesure qui est proposée s'adresse aux ménages les plus modestes avec une nouvelle campagne de leasing social.
La location sociale. Ça existe déjà. Et les chiffres du gouvernement nous indiquent que le dispositif a permis à 100 000 foyers modestes de rouler en électrique jusqu'ici. L'objectif est d'augmenter le nombre de véhicules en circulation à 50 000. Voilà, vous le voyez d'ici à la fin de l'année 2026. Alors, à qui s'adresse ce dispositif ? Alors, aux ménages qui ont un revenu fiscal de référence de moins de 16 300 euros. Et ça permet de louer une voiture électrique auprès d'un concessionnaire
pour moins de 200 euros par mois. Avec des offres qui peuvent même passer sous la barre des 100 euros par mois. Cette nouvelle phase de location sociale de voiture électrique doit ouvrir au mois de juillet. Et pour les particuliers, il existe aussi des aides destinées aux grands rouleurs. Une aide qui s'adresse à ceux qui roulent plus de 12 000 kilomètres par an et qui ne peuvent pas prétendre à la location sociale. Ce dispositif est par contre là aussi inconditionné à votre revenu.
Et ça ne marche que si vous achetez une voiture avec un bon écoscore et une batterie fabriquée en Europe. Le montant de l'aide à l'achat peut aller jusqu'à 7 700 euros. Alain Kadek, une des critiques qu'on fait à la voiture électrique, c'est qu'elle est trop chère. Est-ce que ces dispositifs peuvent permettre d'élargir le public cible, le public qui peut acheter une voiture électrique ? Alors oui, totalement comme ça oui, bien entendu. Puisque si on incite par des mesures financières à acheter des véhicules,
on peut imaginer qu'on en achètera davantage. Cependant déjà, le budget de la France étant ce qu'il est, il va falloir trouver de l'argent pour aider ça. C'est ça. Ça ne va pas être simple. Ce n'est pas simple du tout. Par ailleurs, le leasing social qui avait déjà été tenté une fois, ça n'avait pas été une grande réussite, s'adresse à très peu de population. La tranche de population concernée est infinitésimale. Et ensuite, c'est ce que je disais tout à l'heure,
la plupart des aides qui sont proposées sont des aides qui sont proposées aux entreprises et aux flottes qui les incitent à acheter des véhicules électriques. Alors, inciter à acheter des véhicules électriques, pourquoi pas ? Mais encore faut-il qu'il y ait des infrastructures autour. On en parlera. Le président de la République nous a dit qu'on allait avoir des bornes un peu partout. Moi, je veux bien, mais je ne demande que ça. Mais vous savez, ça fait 10 ans que le président de la République nous fait des annonces.
C'est la première sur les bornes. Mais il y en a une dans d'autres domaines. On attend toujours la concrétisation de ces annonces. Donc, moi, je m'inquiète quand même beaucoup sur la viabilité de ces véhicules électriques dans nos campagnes, notamment dans nos parties rurales. Pour revenir sur les conditions de ces aides, elles sont conditionnées à ce que la batterie de la voiture électrique soit fabriquée en Europe. Est-ce que c'est une forme de réponse à ce que vous disiez tout à l'heure
sur les entreprises chinoises viennent fabriquer en France ? Mais je vous rassure, pardonnez-moi, dans ce qu'on a appelé pompeusement les gigafactory, qui sont toujours des mini-factory par rapport à ce qui se fait en Chine, les batteries qui sont fabriquées là, je cite très bien, je ne citerai pas les fabricants, mais je les ai visitées, les batteries qui sont fabriquées là sont des batteries qui sont fabriquées avec des cellules qui viennent de Chine.
Nous, on ne fabrique pas les cellules, on les assemble. On les achète aux Chinois. Par ailleurs, les métaux rares qui composent ces batteries sont des métaux rares qui sont traités en Chine, qui sont d'abord récoltés en Chine et traités en Chine. Encore une dépendance totale, y compris sur les batteries. Alors, quand les Chinois fabriquent des batteries, nous, on en fabrique 1000 batteries, nous, on en fabrique 10 en Europe. Donc, c'est l'antiche depuis longtemps, d'ailleurs,
sur les véhicules qu'ils ont, les véhicules électriques, les équipes de batteries chinoises. Donc, vous voyez, ce n'est pas une obsession sur la Chine, mais c'est un constat, c'est factuel. Alors Stéphane, on a parlé des incitations pour les particuliers à acheter des voitures électriques, mais ces aides s'adressent aussi à d'autres types de véhicules. Oui, dans ce plan d'électrification, le gouvernement va revaloriser les aides pour l'achat de véhicules utilitaires électriques
jusqu'à 9500 euros d'aides. Même chose pour les poids lourds électriques. Les entreprises de transport peuvent bénéficier d'un financement jusqu'à 100 000 euros. L'objectif est d'augmenter la part de véhicules électriques dans les voitures particulières, dans les camionnettes, dans les poids lourds. Voilà ce visuel publié par l'Élysée. Il existe aussi des dispositifs dans cette stratégie d'électrification pour encourager le passage à l'électrique d'engins de chantier ou d'engins agricoles,
mais ça, ça reste assez embryonnaire. Est-ce que ça ne va quand même pas dans le bon sens d'encourager à la fois les particuliers, mais aussi les professionnels à passer à l'électrique, notamment sur le transport routier de poids lourd ? Il n'y avait que 2% de poids lourds électriques neufs dans les ventes en 2025. D'abord, par rapport aux ventes, une petite remarque. Les ventes globales de voitures neuves ont diminué considérablement, y compris dans ces chiffres.
Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'en valeur absolue, tout ça, ça a diminué. Donc évidemment, la part peut-être plus importante de l'électrique aujourd'hui est toujours une part qui est trop basse. C'est la première chose. En tous les cas, par rapport aux objectifs que se sont fixés le gouvernement, par exemple. Alors, s'agissant des incitations, en effet, pour les poids lourds, moi, j'ai du mal à y croire. Aujourd'hui, les poids lourds, c'est très compliqué.
Ça consomme beaucoup de gasoil, puisque évidemment, ce sont des diesels. C'est très compliqué de les électrifier. Et en tous les cas, les batteries sont énormes sur les gros véhicules. Donc, ça me paraît être une niche, un peu, quelque part. Alors, autant on peut imaginer ça sur des flottes de véhicules de transport en commun dans les villes, par exemple, comme ça existe déjà, l'hydrogène ou l'électrique, parce qu'ils peuvent recharger facilement.
Ça, pourquoi pas ? Mais le poids lourd qui fait de l'international, ça me paraît extrêmement compliqué. Alors Stéphane, on a parlé des véhicules, parce que tout cela fonctionne. Eh bien, il faut des bornes de recharge. C'est ce que vous disaient Alain Kadek et Emmanuel Macron. On en a parlé la semaine dernière, quand il a réuni autour de lui ce qu'il a appelé l'équipe de France de l'électrification, avec 240 000 bornes en plus de celles qui existent déjà.
Écoutez le Président. Ces bornes et ces annonces viendront compléter les plus de 185 000 bornes déjà en service pour atteindre notre objectif de 400 000 points de recharge ouverts au public en 2030. Dans la diversité que je viens d'évoquer, qui participent à cet effort collectif. Le gouvernement s'est doté d'un schéma directeur de déploiement de ces infrastructures de recharge. Vous le disiez tout à l'heure. Pour vous, ce n'est pas suffisant ? Ça ne résoudra pas les problèmes
de maillage de bornes sur le territoire ? Si on arrive à l'objectif fixé par le Président de la République, on fera du progrès, évidemment. Mais je doute qu'on y arrive. Pourquoi ? Encore une fois, comme beaucoup d'annonces, il faut que tout le monde s'y mette. Il faut que les industriels s'y mettent. Il faut que les collectivités s'y mettent. Tout ça, ça a un coût, ça a un prix. Et aujourd'hui, notre pays, comme vous le savez, a des grosses difficultés financières.
Tout ça, c'est lié, en fait. Tout ça, c'est lié. Mais cette problématique, on la retrouve aussi en Allemagne. On la retrouve aussi en Espagne. On la retrouve aussi dans la Pologne. Tous ces pays-là ont le même problème. Les Allemands ont le même problème. Ça va être aussi douloureux que les Français, les Allemands. Pour l'instant, ça va, parce qu'ils font des premiums chez BMW ou chez Mercedes. Mais Volkswagen, actuellement, est en très grande difficulté
à cause de ce... J'en reviens au chinois, pardonnez-moi. Mais ce n'est pas la multiplication des bornes en zone urbaine, d'ailleurs, entre parenthèses, qui va régler le problème. En quelques secondes, est-ce que l'État a raison de s'appuyer sur les opérateurs privés, comme le fait Emmanuel Macron, à défaut de lancer un grand plan d'investissement national ? Vous le disiez, le budget est contraint. Et est-ce que ce n'est pas ça qui manque, finalement ?
C'est un choix politique. Puis il y a TotalEnergie, aussi, qui va investir dans des bornes. Qui investit déjà, TotalEnergie. Mais oui, je pense qu'il faudrait... Vous savez, je suis un vieux gaulliste au canal historique. Donc l'intervention de la puissance publique dans l'économie, ce n'est pas un tabou. Donc pourquoi pas, de temps en temps, donner ça uniquement aux privés ? Je pense qu'il faut planifier, sans doute, oui. Alain Cadec, on va finir cet entretien en regardant
ce qu'il y a aujourd'hui dans la presse régionale. On a sélectionné pour vous trois unes de la PQR. D'abord, la une du Courrier de l'Ouest, qui parle, finalement, du sujet de notre conversation, avec ce méga-projet du groupe Scania, le groupe suédois de transport de poids lourd, pour passer ses camions à l'électrique. 70 millions d'euros d'investissement annoncés sur son site Angevin. À la une du Progrès de Lyon, face à la hausse du prix de l'essence,
ces Français qui laissent leurs voitures au garage et qui réduisent leurs déplacements pour faire des économies. Et puis, à la une du journal Nord-Éclair, à Roubaix, le dispositif renforcé pour lutter contre les rodéos urbains. Sur quelle une vous souhaitez réagir ?
Sur les trois, rapidement. Mais le projet de Scania... D'abord, Scania, il faut rappeler que c'est suédois, qu'il y a des capitaux chinois dans Scania. Les Chinois ont racheté Volvo. Volvo appartient au groupe Geely aujourd'hui, alors que c'était un fleuron de l'industrie suédoise. Et donc, est-ce que ce sont vraiment des véhicules européens en tant que tels ? Je n'en suis pas sûr. Par ailleurs, il y a le mot projet dans le titre, et je suis toujours inquiet maintenant
quand je vois le mot projet. Les cotisations, ça me va, mais projet, c'est plus compliqué. Alors ça, c'est la première chose. La deuxième une, oui, je vous en parle. Et rapidement, sur la deuxième une, qui parle de la hausse du prix de l'essence pour les Français français. Encore une fois, en zone rurale notamment, ils ne peuvent plus utiliser leurs véhicules. Donc ils font du covoiturage, ils font un certain nombre de choses, ils essayent de se débrouiller,
ils trouvent des solutions. Ils ne les ont pas toujours. Il n'y a pas toujours les transports en commun qui permettent de se déplacer. Donc c'est vrai, c'est un gros problème pour les Français. Et le pouvoir d'achat est à la hausse du prix de l'essence. On prend encore un coup. Merci beaucoup Alain Kadek d'avoir été notre invité aujourd'hui.
Alain Cadec