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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 29 juin 2026 64 min

Iran : c'est par où la sortie de crise ? - C dans l’air - 30.05.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

-La perfection au masculin Sous-titrage en direct france.tv access. -A.Casse: Bonsoir à tous.

Bienvenue dans "C dans l'air". A quoi joue la Maison Blanche? Pourquoi avoir dit qu'un accord avec l'Iran avait été trouvé pour prolonger le cessez-le-feu de 60 jours et qu'il ne manquait plus que la signature de Donald Trump?

A quoi a servi la réunion de deux heures hier qui nous a été présentée comme étant décisive? Donald Trump s'est-il piégé dans cette guerre qui n'arrive pas à bouger? C'est par où, la sortie de crise?

Ca fait sourire Agnès Levallois. Vous avez participé au livre "Le livre noir de Gaza" aux éditions du seuil. Mariam Pirzadeh, vous êtes journaliste et ancienne correspondante à Téhéran.

Michel Olhagaray, vous êtes ancien commandant de l'école navale et ancien directeur du Centre des hautes études militaires. Alain Pirot, vous êtes journaliste Alain Pirot, vous êtes journaliste Alain Pirot, vous êtes journaliste et spécialiste des questions de défense. On a eu l'impression qu'hier, le monde était suspendu au stylo de Donald Trump.

On n'a pas avancé d'un centimètre? -A.Pirot: On arrive à un moment où il doit prendre une décision à l'échéance.

Ca ressort de la réunion d'hier. Il en ressort qu'il n'a toujours pas pris sa décision. C'est ce qu'il se passe depuis des semaines.

Quelle est la situation de Donald Trump sur tout compromis qui serait fait avec l'Iran, compte tenu des déclarations qu'il a faites depuis des semaines? Il y a deux mois, il disait...

J'aime bien regarder les tweets. Il disait que tous les puits de pétrole iraniens seraient détruits. On oublie certaines déclarations.

Donald Trump doit prendre sa décision. Il ne sait pas quelle décision prendre. -A.Casse: On est piégé par cette guerre?

Il y a une extrême scénarisation. On avait l'impression que l'on se rapprochait d'une heure de vérité minute après minute. -M.Pirzadeh: Dimanche dernier, on annonce qu'un accord va être signé le dimanche.

On espère que la guerre est finie. J'étais extrêmement sceptique. L'accord n'a pas été signé.

Il souffle le chaud et le froid en permanence. "Je vais détruire l'Iran." Parfois, il parle de détruire Oman.

Il dit qu'il va signer un accord. Il ne sait pas où il va. Il est entouré de personnes qui lui disent ce qu'il veut entendre.

Des économistes lui disent que le détroit d'Ormuz bloqué fonctionne. Il y a des épisodes qui sont restés opaques. Il y avait une marée noire de pétrole dans le sud de l'Iran.

Comme les Iraniens n'arrivent pas à faire sortir leur pétrole, il y aurait une surproduction de pétrole. C'est une manne financière importante pour les gardiens de la révolution. Ce qui est hallucinant, c'est qu'on n'a aucune information concrète.

On se base sur des on dit des journalistes de la Maison Blanche. On a entendu tout et son contraire. On a entendu que les Iraniens allaient récupérer des avoirs gelés depuis des années.

C'est ce que demande la République islamique. Elle avait arrêté un père et son fils il y a 10 ans. Ils avaient réussi à obtenir le dégel de 6 milliards de dollars.

Ca avait été critiqué par Donald Trump à l'époque en disant que Barack Obama avait livré des cargaisons de dollars sur l'Iran. Il s'est bloqué tout seul. Il ne sait pas comment se sortir de la situation.

Il joue la montre. Le problème, c'est que c'est en faveur des Iraniens. Ils reconstruisent leur arsenal.

La guerre en Europe repart. Ils peuvent remobiliser leurs troupes. -A.Casse: Il y a des élections de mi-mandat en novembre.

Le temps presse. Agnès Levallois, vous pensez que c'est un jour sans fin? -A.Levallois: On voit que Trump ne sait pas comment se sortir lui-même du dépit dans lequel il s'est mis.

Il se rend compte que les conséquences deviennent importantes sur l'économie américaine en particulier, et les conséquences à l'échelle mondiale. Il doit recevoir des coups de fil d'un certain nombre de responsables à travers la planète. La situation n'est pas tenable indéfiniment.

Les conséquences vont être sur des mois et des mois. Ca va ralentir toute l'économie internationale. Il doit en sortir.

Dans la séquence qui vient de se dérouler, il a donné un levier incroyable aux Iraniens, le contrôle du détroit d'Ormuz. Jusque-là, tout le monde pouvait circuler. Grâce à monsieur Trump, les Iraniens sont à la tête d'une bombe que représente le contrôle du détroit d'Ormuz.

Comment faire en sorte de sortir la tête haute de cela, alors qu'il est en train de dire que l'accord qu'il négocie avec les Iraniens sera meilleur que celui d'Obama? Force est de constater que ce serait l'inverse. L'accord qui risque de sortir de la négociation...

Il y aura forcément un accord. Il risque d'être bien moins bon que celui d'Obama et qui lui avait valu les foudres de Trump qui avait considéré que c'était le pire deal jamais négocié par les Américains. Même s'il ne connaît pas grand-chose, qu'il n'a pas de mémoire et qu'il transformera un échec en victoire, pour beaucoup d'Américains, ça risque de laisser des traces.

Comment sortir la tête haute? Il faut que les Iraniens lui donnent l'occasion de sortir de cette crise. Dans ce qu'on comprend des négociations, Trump serait d'accord pour mettre les avoirs gelés.

On ne parle plus du nucléaire. La priorité dans l'accord est devenue le détroit d'Ormuz. La guerre a été menée pour lutter contre le programme nucléaire.

Les Iraniens peuvent dire qu'ils acceptent de remettre la circulation du détroit d'Ormuz, sans un péage, mais peut-être avec une taxe pour assurer la sécurité du détroit. -A.Casse: Je ne vois pas quelle serait la victoire de Donald Trump. -A.Levallois: Il transformera tout en victoire même si c'est un échec.

Quoi qu'il arrive, il masque la réalité. Il n'est pas à ça près. Ca ne l'a jamais traumatisé de dire des informations qui n'ont rien à voir avec la réalité. -A.Casse: C'est par où, la sortie de crise? -M.Olhagaray: Par Trump.

Il a pris l'initiative de la guerre, il doit prendre l'initiative de la paix. Les Iraniens ne vont pas lui fournir une solution. -A.Levallois: S'il récupère les avoirs, il peut y avoir un intérêt. -M.Olhagaray: C'est quand même un solide bras de fer.

Il doit accepter...

Il est à l'initiative de la guerre donc il doit être à l'initiative de la paix. Tout le monde attend sa décision. On s'aperçoit que potentiellement, l'Iran est à peu près détruit, mais l'Iran apparaît comme grand perdant.

Pourtant, ce pays devrait être à genoux. Du point de vue militaire, l'Iran est affaibli, mais il lui reste quelques possibilités. Il y a les missiles, évidemment.

Tout se concentrait sur Ormuz, y compris les opérations. Les deux pays avaient bien délimité le champ pour que puissent continuer les négociations. Un missile s'est garé au Koweït. -A.Casse: Comment vous l'expliquez? -M.Olhagaray: Je ne sais pas.

Je me demande si ce n'est pas dangereux pour l'escalade. Ca a été minimisé par les Américains. Les missiles, c'est un énorme problème.

On ne sait pas combien ils en ont, mais ils en ont beaucoup. Toutes les monarchies du Golfe sont dans l'expectative. Ca provoque des remous politiques très importants.

Il y a aussi les mines. La mine virtuelle est la plus efficace. Elle laisse planer un doute important. -A.Casse: On n'a pas de certitude sur le fait que le détroit soit miné? -M.Olhagaray: J'ai vu passer des destroyers américains.

Il y a un trafic qui continue. Je doute beaucoup de ce fameux scoop qui a fait dire à certains que le détroit était miné. Trump a dit: "S'il était miné, on le déminerait".

On ne sait pas s'il sait ou s'il ne sait pas. Mais son corps expéditionnaire est très lourd. Il pousse à bout toutes ses capacités, y compris en porte-avions.

Il reste déployé pendant 10 mois. Entretien technologique, du matériel, du personnel...

Pete Hegseth a fait cette opération... -A.Casse: On va voir ça dans un instant. -M.Olhagaray: Les hommes ne transpiraient pas d'enthousiasme.

Ca peut être épuisant, y compris pour les militaires américains. -A.Casse: La reprise du conflit n'est-elle pas inévitable? -A.Pirot: Personne n'a intérêt à reprendre l'escalade compte tenu de tout ce que vient de dire mon confrère.

La manière dont étaient utilisés les stocks américains... "On n'aurait aucun problème à repartir, on a les stocks suffisants".

C'est Pete Hegseth qui a dit ça. Il répond à un problème que tout le monde soulève dans l'opinion américaine. Personne n'a intérêt à reprendre.

Il cherche la manière d'habiller un échec. On le voit bien dans la presse américaine. On le voit sur certaines chaînes, où des éditorialistes trouvent des arguments déroutants sur la manière d'habiller une forme d'échec comme une forme de victoire.

Ca va être un jeu d'équilibriste qui va durer un certain nombre de semaines. On verra la réalité de l'accord qui sera signé. Je pense que Trump doit terminer l'opération.

Il fait face à un dilemme. Quel compromis doit-il accepter quand au départ de l'opération, aucun compromis n'était envisageable avec le régime iranien? Ca pèsera sur tout le reste du mandat.

C'est la réalité de ce conflit. Il est devenu très politique du point de vue américain. Du point de vue militaire, vous voyez des bateaux qui circulent escortés par la marine américaine.

On leur explique comment couper leurs transpondeurs pour ne pas être visibles. On est très loin de la fameuse opération Liberté. On devait organiser le passage des navires.

C'est abracadabrantesque. -A.Casse: On va en parler davantage.

Vous parliez des médias américains. Selon l'un d'eux, il prévoit un accès illimité au détroit d'Ormuz. "Le temps presse" selon l'agence internationale de l'énergie. - Dans la situation room de la Maison Blanche, Donald Trump réunit ses conseillers pour explorer des options pour la fin de la guerre en Iran. - Donald Trump envisage une avancée majeure pour arrêter le cessez-le-feu et ouvrir le détroit d'Ormuz. - On ne sait rien du déroulement de la réunion. - Enième coup de bluff ou issue tant attendue?

Trois mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump semble prêt à prendre une décision sur la guerre. Une fois n'est pas coutume, il pose ses conditions. Des exigences sans surprise pas vraiment du goût de Téhéran.

Aucun accord final n'a été conclu avec les Etats-Unis. Les propos de Donald Trump sont un mélange de vérité et de mensonge. Nous revoilà plongés dans un jour sans fin.

A l'issue de sa réunion, le président américain n'a finalement pas pris de décision. Son ministre de la Défense remet un coup de pression. - Nous sommes tout à fait capables de reprendre les opérations en Iran si nécessaire.

Nos stocks sont adaptés à cet objectif grâce à la manière dont nous équilibrons nos munitions. Nous sommes dans une bonne position. - Ces derniers jours, pourtant, les signaux positifs se sont multipliés.

Selon un média américain, les Etats-Unis et l'Iran seraient parvenus à un accord d'un cessez-le-feu de 60 jours. En échange de l'uranium iranien, les Etats-Unis promettent le déblocage de fonds. - Il est clair que les Iraniens souhaitent un accord et la réouverture du détroit d'Ormuz.

Nous partageons ce souhait. Il subsiste des points de désaccord concernant le nucléaire. Nous poursuivons les négociations.

Nous pensons qu'ils négocient, jusqu'à présent, de bonne foi. Nous progressons. - Signe de la fébrilité ambiante, pourtant, le regain de tension entre l'Iran et les Etats-Unis ces derniers jours, avec des violations du cessez-le-feu des deux côtés.

Si les deux pays continuent de discuter, c'est qu'ils ont un objectif commun, débloquer dès que possible le détroit d'Ormuz. Le couloir maritime est devenu le point névralgique de la guerre. Donald Trump menace l'un de ses alliés sur le sujet. - Personne ne va contrôler ce détroit.

Oman se comportera comme tout le monde ou nous le bombarderons. - Oman suspecte un partenariat avec l'Iran pour installer une sorte de péage. Le sultanat s'en défend.

Les Etats-Unis se méfient. Si la situation ne revient pas à ce qu'elle était avant la guerre, l'offensive américaine pourrait bien virer au fiasco. Une situation instable qui continue de faire vaciller l'économie mondiale.

Selon l'agence internationale de l'énergie, le marché pétrolier déjà très tendu pourrait basculer en zone rouge dès cet été. -A.Casse: Il y a des images que l'on devrait bientôt voir, celles des funérailles d'Ali Khamenei.

Ce sont les informations de la télévision d'Etat. On se souvient qu'il n'y a pas eu de grandes funérailles. C'était la guerre.

Le fait qu'elles aient lieu, ça montre que l'Iran ouvre un nouveau chapitre? -M.Pirzadeh: Non, il y a eu d'autres funérailles de membres du régime.

Quand le chef du Hezbollah a été tué, les funérailles n'ont pas eu lieu tout de suite. C'est un moyen de dire que la guerre est finie et qu'ils ont la possibilité d'en sortir. Les funérailles vont rassembler les membres du régime.

Pour l'instant, ils se cachent. Le dirigeant de l'Iran, après la mort d'Ali Khamenei, le 13 ou le 14 mars, il sort dehors pour une grande manifestation et est tué trois jours plus tard. Depuis, les manifestations de partisans du régime qui représentent une minorité très infime de la population iranienne, on ne les voyait plus.

Les funérailles interviennent trois mois après. C'est symbolique. C'est une démonstration de force. -A.Casse: Quelles sont les nouvelles que l'on a du nouveau guide suprême iranien?

Le fils d'Ali Khamenei? Pour expliquer pourquoi les négociations prennent autant de temps, il semblerait que chaque information soit datée et souvent très tardive. -M.Pirzadeh: Il y a une interrogation sur son état de santé.

Le 28 février, il était aux côtés de son père et de sa mère. Il a perdu ses parents, sa femme et quelques-uns de ses enfants. Il a aussi perdu sa soeur.

Lui, il a été très grièvement blessé. Il est soigné dans un hôpital caché. Il y a peu de personnes qui savent où il se trouve et dans quel état il se trouve.

Il n'est pas visible. En trois mois, depuis sa nomination, il n'y a aucune image de lui qui est sortie. Il y a très peu d'images de lui, déjà.

Il n'y a pas de son de sa voix. Il y a les discours qui sont à la télévision d'Etat. Il y a des photos qui émergent, générées par l'intelligence artificielle.

Ca corrobore le fait qu'il n'est pas en état d'être vu. Il ne va pas bien. Je suis persuadée que ce n'est pas lui qui a la main sur la négociation.

Je pense que ce sont les gardiens de la révolution. Ce sont probablement quelques personnalités de son corps armé. Ce n'est pas lui.

Il n'aura pas le statut qu'avait son père. Son père avait réussi à agréger autour de lui une grande partie du régime. Les gardiens de la révolution lui répondaient.

Là, c'est l'inverse. Les pasdarans, cette armée créée au lendemain de la révolution iranienne, ils ont pris la main. -A.Casse: Voici une question. -A.Levallois: Il faut faire attention.

Les Iraniens sont capables de tenir tête aux Américains. Ca ne veut pas dire qu'ils vont ressortir plus forts. Ils vont pouvoir mettre en avant le fait qu'ils ne sont pas tombés.

Beaucoup de responsables ont été tués. C'est un régime qui va ressortir de cette séquence extrêmement affaibli. Aujourd'hui, dans le rapport de force tel qu'il apparaît, les gardiens de la révolution donnent le sentiment de contrôler la situation, de tenir tête à Trump.

C'est vrai dans une certaine mesure, mais c'est un régime qui a été sérieusement affaibli. Le pays a été beaucoup détruit par des bombardements. Une fois la guerre terminée, ce que je n'exclus pas, c'est que le régime finisse par s'écrouler en raison de toutes ces tensions qui résultent de cette séquence.

Vous allez peut-être me trouver à côté de la plaque. Actuellement, les gardiens de la révolution tiennent tête. Il ne faudrait pas pour autant en conclure immédiatement que les Iraniens vont sortir vainqueurs.

Il faut être plus prudent. Il y a des pans entiers de ce système et de cette société...

La société n'en peut plus de cette République islamique et encore moins des gardiens de la révolution. Ils possèdent l'intégralité du pouvoir. La répression continue de façon considérable.

En temps de guerre, ça ne permet pas de grande mobilisation. On ne peut pas protester contre la répression, mais les effets de la répression seront là au sein de la société. Il faut être plus prudent.

La situation est plus compliquée. -M.Pirzadeh: Le grand perdant est la population iranienne.

Il y a la population et le régime. Pour beaucoup, ça ne les représente plus. Les grands perdants, c'est les Iraniens.

Ils sont abandonnés à leur sort. Il y a trois à quatre exécutions qui sont annoncées par jour, donc il y en a beaucoup plus. On est dans le pays qui exécute le plus au monde ses opposants.

Pour empêcher la population de sortir dans la rue, ils pendent ceux qui ont manifesté en janvier et ceux qui ont exprimé leur avis sur la guerre de février. Ils tentent de faire peur à la population et de ne pas la laisser sortir. On ne parle jamais des Iraniens.

Ils sortent de trois mois de black out. Ils ont retrouvé Internet il y a trois jours. -A.Casse: Vous arrivez à les joindre? -M.Pirzadeh: Oui, j'ai entendu les voix de personnes proches.

C'est un sentiment très fort. Ils ne disent rien de ce qui se passe en réalité. On parle avec de la poésie.

C'est comme ça que les Iraniens s'expriment, en s'envoyant des vers de poète ou en parlant de manière détournée et en faisant des sous-entendus. Je ressens une lassitude, un désespoir comme jamais j'ai pu ressentir. Quelqu'un me disait que cette guerre n'avait servi à rien si ce n'est à aggraver l'inflation et les problèmes qu'ils avaient.

Je connaissais des personnes en faveur de la guerre. Le 28 février, ils étaient heureux que la guerre débute. -A.Casse: On avait vu des scènes de joie, parce qu'Ali Khamenei avait été éliminé. -M.Pirzadeh: Ces personnes ne sont plus en faveur de la guerre.

Tout le monde les a lâchés. Les plus grandes armées n'arrivent pas à venir à bout de ce régime. Ils sont en train de se dire que ce régime ne tombera jamais.

C'est une chape de plomb. Il y a les licenciements, aussi. Il y a des milliers d'emplois détruits. -A.Casse: On a du mal à se représenter le monde qui est en train de changer et qui sera différent après cette guerre.

Ce qui était présenté comme un but de guerre, la libération du peuple iranien, n'a jamais abouti. On a entendu Trump parler de pulvériser Oman. Qu'est-ce qu'il veut dire?

Certains disaient qu'il avait l'air de confondre avec l'Iran. -A.Pirot: Je n'ai pas cru qu'il se trompait.

Il avait une colère assez exprimée sur la manière dont Oman participait aux négociations. On parlait de la mise en place, non pas de péage, mais de contribution. -A.Casse: La différence, c'est pour que ce soit légal? -A.Pirot: Exactement.

Il le vit très mal. Donald Trump vit beaucoup de choses très mal. La partie omanaise est très mécontente de la façon dont la guerre a été lancée sans les prévenir.

La partie omanaise avait dit que les négociations se déroulaient bien, au début. Il y a une réalité. Depuis le cessez-le-feu, nous ne sommes plus dans une guerre militaire, mais dans une guerre informationnelle permanente, alimentée par Donald Trump au quotidien.

Nous essayons de la décortiquer avec les éléments dont nous disposons. Ce que vous évoquez avec les funérailles annoncées, la sortie de l'obscurité du guide actuel...

Dans la guerre informationnelle, ça pèse très lourd. Les images qui circulent de funérailles, que l'on imagine grandioses...

Ils auraient tort de s'en priver. D'un point de vue informationnel, ça pèsera très fort. -A.Casse: Grandioses et en présence d'un large public. -A.Pirot: Avec un certain nombre de responsables du régime qui montreront qui ils sont. -A.Levallois: Une démonstration de force. -A.Pirot: Ce sera soit JD Vance, soit Pete Hegseth.

JD Vance a une façon plus équilibrée de dire que les choses avancent. Donald Trump n'est pas dans cette logique. Il dit qu'il a gagné tout le temps. -A.Casse: Qu'est-ce qui se joue...

On ne sait pas combien de temps il faudra pour qu'il y ait un accord entre les Etats-Unis et l'Iran. Il y a eu cinq négociations. Peut-être que dans quatre ans, nous serons autour de cette table.

Si Donald Trump est vu comme le grand perdant, c'est la fin de son hyper puissance. -M.Olhagaray: Son hyper puissance est déjà battue en brèche.

Il a dilapidé tout le capital confiance dont pouvait se targuer le pays à son arrivée. Il traite mieux ses ennemis que ses amis. Il veut rayer Oman de la carte.

Comment a-t-il traité l'OTAN? Les Européens? Il supporte Poutine...

Il est allé voir Xi Jinping. Les monarchies du Golfe n'ont pas été protégées. Tout ces pays sont en train de bruisser.

Oman, c'était un facteur d'équilibre dans la région. C'est un pays qui se maintenait à mi-distance. Il parlait à l'Iran et aux Etats-Unis.

Tout est très particulier dans ce domaine. On parlait de l'Iran. Il y a les Iraniens.

Ils sont très divers. Le régime iranien a été frappé. 40 têtes au sommet de la pyramide ont disparu.

Les meilleurs alliés du peuple iranien, maintenant, ce sera Israël. Israël n'admettra pas que le nucléaire ne soit pas totalement éradiqué, il se battra toujours tant que le régime sera en place. Etrangement, Israël va se révéler peut-être un allié.

Il n'a pas envie d'arrêter sa guerre dans le Liban-sud. Il n'arrive pas à éradiquer le Hezbollah. Pour l'instant, les seuls qui peuvent faire quelque chose, a priori, dans le temps, ce sont les Israéliens.

Le nucléaire et les négociations, elles ont pris cinq ou six ans pour le précédent accord, et ça prendra encore des années. On peut toujours parler de moratoire, mais le régime actuel, il va employer toutes les possibilités moratoires pour repousser tout cela. Trump, vous avez souligné la façon de s'exprimer de JD Vance.

Il est très succinct. -A.Casse: Il joue une autre partie. "L'après Trump a déjà commencé." Apparemment, on lui conseille de ne pas faire du Trump pour être le futur dirigeant. -M.Olhagaray: On voit beaucoup Marco Rubio pour le moment.

Il n'y a que des coups à prendre. Il y a plein de possibilités. Il a mis de côté le temps à gagner.

Il n'est pas à l'abri d'une bonne surprise si les Iraniens acceptent de signer quoi que ce soit. Ce ne sera qu'un chiffon de papier. -A.Casse: Une nouvelle question. -A.Levallois: Israël avait beaucoup insisté auprès de Trump pour mener cette guerre.

Cette guerre aura des conséquences trop importantes. C'est un divorce entre la position d'Israël et des pays du Golfe sur cette question. Les pays du Golfe veulent que cette guerre cesse.

Leurs conséquences sont trop compliquées. Il y a des conséquences économiques, et tout le modèle de développement de ces pays est remis en question. -A.Levallois: Les habitants d'Oman en veulent beaucoup aux Américains.

La médiation était sur le point d'aboutir. Les Américains et les Israéliens ont décidé de bombarder. Ils se sont considérés complètement trahis.

C'était déjà le cas lors de la guerre des Douze Jours en juin 2025. Deux fois de suite, ils se sont fait rouler dans la farine par les Américains qui ne respectent pas la médiation qu'on leur demande de respecter. -A.Casse: Ils se tournent davantage vers les Iraniens? -A.Levallois: Ils ont toujours gardé une bonne relation avec les Iraniens.

Ca accentue un divorce...

C'est un divorce vis-à-vis des Américains. Il y a les habitants d'Oman, les Saoudiens, les habitants du Qatar qui sont opposés à cette stratégie menée par Israël et les Américains avec le seul pays les Emirats arabes unis, qui ont accentué leur ancrage avec Israël. C'est le seul pays qui avait signé les accords de normalisation en 2020.

Ce qui se joue aujourd'hui de la part de ses pays du Golfe, c'est le sentiment qu'ils tirent l'enseignement qu'au dernier moment, celui qui l'emportera sera Israël même si la politique suggérée par Israël va à l'encontre même des intérêts américains, y compris de leurs propres intérêts. Il y a une rupture. A la fin de cette guerre, il y aura vraiment des évolutions intéressantes.

Ca ne veut pas dire que ces pays sortiront de l'orbite américaine. Ils n'en ont pas les moyens. Leur sécurité est assurée, même si elle n'a pas été parfaite, par les Américains.

Cet ancrage compte. L'Arabie a signé un accord de partenariat avec le Pakistan, ceci dit. Tout est en train de bouger.

La grande interrogation, c'est jusqu'où veut aller Israël dans cette affaire contre l'Iran avec les Américains. J'ai le sentiment que Netanyahou a compris que Trump veut sortir de l'affaire iranienne. Ce n'est pas l'objectif des Israéliens qui veulent continuer tant qu'il n'y a pas d'uranium qui a disparu.

Les Israéliens veulent continuer. Trump veut sortir de cette guerre. Ce qu'il a obtenu, c'est le Liban totalement libre.

On voit la recrudescence de la violence au Liban. C'est inimaginable. On en parle peu, mais c'est considérable.

On voit bien que Trump dit à Netanyahou d'y aller et qu'il le laisse faire comme s'il y avait une répartition des rôles. Les Américains continuent avec le dossier iranien parce que Trump s'y est engagé, mais pour calmer Netanyahou, il lui laisse les mains libres au Liban. -A.Casse: On va se demander maintenant quel rôle nous pouvons jouer, nous, les Français, dans la réouverture du détroit d'Ormuz.

Le porte-avions Charles de Gaulle est sur zone. - C'est l'un des fleurons de la marine française, un outil de dissuasion majeure. Le porte-avions Charles de Gaulle et ses 20 Rafale embarqués.

Début mai, sur ordre du président, le navire a mis le cap sur le détroit d'Ormuz toujours bloqué. Il est dans le golfe, positionné stratégiquement au plus près du conflit. - Il est sur zone, mais il n'est pas dans le détroit d'Ormuz.

Depuis le début, la position de la France est d'offrir une possibilité de reprendre la liberté de circulation maritime dans le détroit, mais selon une modalité qui n'est pas offensive, mais complètement défensive et dans le respect du droit international. - Le gouvernement l'assure, la mission militaire est strictement défensive. Le navire de guerre français pourrait mener des missions de surveillance ou escorter des bateaux de commerce si la paix revient.

Une manoeuvre pas au goût de l'Iran qui avertit: le porte-avions ne doit pas trop s'approcher. Pas de quoi inquiéter Emmanuel Macron, à la tête d'une coalition réunissant une cinquantaine d'Etats belligérants oeuvrant sur le plan diplomatique pour réouvrir le détroit. - Le conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran, qui a des conséquences sur nos économies, et nous avons là-dessus une vision commune: défendre la liberté de navigation, travailler à la déconstruction, refuser toute prétention de fermer le détroit. - La France a aussi renforcé sa présence militaire dans les pays du Golfe partenaires, notamment aux Emirats arabes unis où la France dispose de plusieurs bases. 5000 militaires seraient déployés au Moyen-Orient pour un budget d'un milliard d'euros.

Pour alléger la facture, l'armée de terre a envoyé des hélicoptères capable de détruire des drones iraniens pour un coût moins élevé que les avions de chasse Rafale. - C'est une capacité de reconnaissance, de travail de jour comme de nuit pour éliminer une menace. - Le déploiement du porte-avions, tout un symbole.

Du côté des oppositions politiques, on reste dubitatif sur la stratégie de Emmabuel Macron. - C'est un élément de puissance, mais ce n'est pas le Charles de Gaulle qui peut sécuriser le détroit d'Ormuz. Il sera ouvert ou fermé en fonction des négociations qui sont en cours entre Donald Trump et l'Iran. - Il faut croiser les doigts.

Il faut pas qu'on nous demande de montrer de quoi on est capable car nous avons un équipement performant, important, mais nous ne sommes pas de taille avec un porte-avions à affronter cette situation. - Des députés français exigent d'être consultés en cas de nouvelle redirection du porte-avions dans le golfe. -A.Casse: Est-ce que vous pouvez nous dire où est le porte-avions exactement? -M.Olhagaray: Certainement pas, mais pas près des zones de conflit.

D'abord, il y a la zone de blocus américain qui est assez loin. -A.Casse: A quoi ça sert de l'avoir positionné sur zone? -M.Olhagaray: Ce n'est un porte-avions français que d'apparence.

Il est issu d'une concertation qui a réuni plusieurs pays à l'Elysée, une cinquantaine. C'était pour rétablir le commerce international qui est gravement touché par cette excursion du président Trump. Cette initiative a un volet politique.

Il y a aussi un volet militaire à Londres pour savoir avec quoi on fait cette stratégie. Quel pays va mettre quels outils militaires à disposition? La France a envoyé le porte-avions.

Les autres pays se concertent. Il y a plusieurs bâtiments britanniques qui peuvent mettre à l'eau des drones anti-mines. -A.Casse: Il y a les Néerlandais aussi. -M.Olhagaray: Il y aurait une vingtaine de pays concernés, y compris le Japon.

Ils sont intéressés par le commerce mondial. L'Iran se saisit de ce rapport. Il y a une décision politique.

Il n'y a pas encore de titre à cette décision politique. Il y a un outil militaire. C'est une opération qui n'a pas de titre non plus.

Elle s'appuie sur une mission qui a déjà comme mission de surveiller le détroit d'Ormuz, mais qui est sous leadership français et qui est strictement européenne. Cette nouvelle initiative se veut mondiale. D'où éventuellement une motion posée à l'ONU avec une résurrection de l'ONU.

Personne n'adhère à la proposition de Donald Trump. -A.Casse: Personne n'adhère à sa proposition. -M.Olhagaray: Le droit international refait surface.

Keir Starmer et Emmanuel Macron essayent de se mettre sous une dimension de l'ONU pour pouvoir entamer, lorsque les hostilités seront terminées, une mission de sécurisation, mais pas forcément lorsque le papier final sera signé. -A.Casse: Lorsque les hostilités seront terminées...

Le porte-avions peut rester indéfiniment à cet endroit? -A.Pirot: Non.

Les conséquences financières sur le maintien d'un dispositif en mer et les conséquences sur des hommes...

Plusieurs porte-avions américains sont revenus. Il y a eu une vague de démissions. Ils avaient déjà plusieurs démissions parce que beaucoup de gens s'étaient engagés sur des opérations qui durent trois à quatre mois.

Ils ont été éloignés de leur famille parfois près d'un an. L'un des drames de l'armée française ces dernières années, c'était d'aider les familles à mieux vivre le départ de leur conjoint. -M.Olhagaray: C'est un devoir de l'armée française. -A.Pirot: Par rapport au déblocage du détroit d'Ormuz, il y a une chose qu'il faudra analyser.

Ce détroit n'a pas été bloqué en alignant des bateaux militaires iraniens côte à côte. Il a été bloqué pourquoi? Parce qu'on a rompu la confiance.

C'est dû à l'explosion du prix des assurances. Beaucoup d'armateurs ont dit d'arrêter d'y aller ou ils ont carrément abandonné le navire et l'équipage. On dit que l'Iran a gagné une partie du détroit d'Ormuz avec une arme asymétrique.

C'est le cas avec potentiellement des mines ou en disant qu'ils allaient potentiellement frapper. -A.Casse: Il y a eu des frappes. -A.Pirot: Mais si vous les comparez au nombre de bateaux qui ont été bloqués, le pourcentage est infime.

La menace était telle que beaucoup de compagnies ont demandé à ne pas s'engager. C'est ce qui est terrible. Vous n'avez pas eu un barrage militaire de bateaux alignés les uns à côté des autres qui a fait peur, c'est la confiance qui a été rompue.

Si elle revient avec un accord, dans tous les cas, ça prendra du temps. Il y aura un coût sur les assurances. -M.Olhagaray: Le commerce ne reprendra pas s'ils disent qu'il y a des mines. -A.Pirot: Ca va prendre un certain temps.

Il ne faut pas grand-chose, au fond, pour stopper 20% du commerce mondial. -A.Casse: C'est l'arme psychologique dont vous parlez.

Est-ce que le régime iranien a dit qu'il avait miné le détroit? D'où vient cette impression générale et les contre-scoops qui disent que finalement, non? -M.Pirzadeh: Les Iraniens l'ont dit.

Et ils ne savaient plus où ils ont mis les mines. On ne sait pas de combien de mines on parle. 4 000? 40 000?

Dans ce pseudo accord, il était prévu que les Iraniens déminent le détroit d'Ormuz. C'est un régime sous sanction depuis sa création, depuis 40 ans, avec un embargo pétrolier, et c'est un des pays les plus sanctionnés au monde. Je suis peut-être naïve de le penser, mais peut-être que ces mines ne fonctionnent pas.

Qui les a aidés? Où ils ont acquis cette technologie? En tout cas, ils ont été aidés. -M.Olhagaray: Ils savent les fabriquer.

Ce n'est pas une technologie très élaborée. -M.Pirzadeh: Ils ont été aidés par les Chinois pour la coupure d'Internet.

Ils n'avaient pas cette technologie. -A.Casse: Il y a aussi un scénario du fiasco qui est mentionné par le sécrétaire d'Etat américain Marco Rubio.

Il a parlé d'un accord. Nous devons prévoir un plan B. Que se passerait-il si l'Iran décidait de refuser de rouvrir le détroit, d'en prendre le contrôle et d'imposer des droits de passage?" Les Etats-Unis envisagent clairement ce scénario de l'échec? -A.Levallois: Ils sont tenus de l'imaginer pour tenter d'avoir une porte de sortie s'il n'y a pas de négociations concluantes.

Ils doivent mettre sur la table le scénario idéal, celui de la reprise de la circulation, mais... -A.Casse: Ils ont besoin de nous.

Ils nous appellent à l'aide? -A.Levallois: Ca va être compliqué.

Comment va-t-on pouvoir y aller? Les Européens ne veulent pas entrer en guerre. Il a été dit qu'il en était hors de question.

Comment agir pour aider à la circulation du détroit d'Ormuz? La France l'a dit clairement: on interviendra une fois que l'accord sera là, mais nous n'interviendrons pas avant. On est dans une position où il y a une volonté d'affichage de la part d'une coalition internationale de dire qu'elle s'intéresse aux détroit d'Ormuz, et c'est une façon de répondre aussi à Donald Trump.

Il avait exigé qu'on prête main-forte aux Américains pour lever le blocus contre les détroit d'Ormuz. Tout le monde a refusé cela. Mais la coalition était d'accord pour intervenir dans un deuxième temps.

Donald Trump a dit que ce serait trop tard. On est aussi dans un bras de fer aujourd'hui entre Trump et le reste du monde, qui est opposé à cette guerre, considérant que c'est aussi à lui d'assumer cet engagement militaire qu'il a entamé. Ce n'est pas aux autres pays de venir au secours des Américains alors qu'on n'a rien demandé à personne. -A.Casse: Il y a aussi cette alerte de l'agence internationale de l'énergie sur un risque de pénurie de pétrole concernant le marché mondial dès cet été.

On va écouter celui qu'on voit de plus en plus en France comme étant le ministre de l'énergie bis, le patron de Total, Patrick Pouyanné. - Cette valeur a représenté 60 milliards de dollars en 2025. C'est beaucoup d'argent.

Dans le contexte actuel d'envolée des prix, certains ne peuvent s'empêcher de penser que TotalEnergies gagne trop d'argent. Je suis sûr que vous ne le pensez pas, vous, mais certains pensent qu'il faut nous taxer. Sachez d'abord que cette performance est le résultat de nos efforts constants.

Elle est le fruit d'un travail collectif, exigeant, mené depuis plusieurs années. TotalEnergies n'a pas à s'excuser de réussir. - Lui d'ordinaire si discret et sorti de l'ombre pour répondre aux critiques, Patrick Pouyanné, PDG de Total, a menacé le gouvernement pour éviter d'être taxé. - Le patron de Total semble répondre à une légère hésitation du Premier ministre. - Est-ce qu'on demande à Total d'en faire plus?

Oui. - A l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu se montre presque alarmant. - La géopolitique est rentrée dans le réservoir de carburant des Françaises et des Français.

Cela va durer. La question énergétique fait partie des guerres hybrides qui seront menées. - Face aux polémiques, changement de ton.

Le Premier ministre vole au secours de Total. - On peut avoir le débat sur si Total paye suffisamment d'impôts. C'est un mensonge de dire que Total n'en paye aucun.

On peut se demander si c'est suffisant, mais ce n'est pas zéro. - Derrière lui, tout le gouvernement fait front pour défendre Total. - Le Total bashing qui existe aujourd'hui est désagréable.

C'est une grande entreprise française. - Total paye des impôts en France. - Un front uni, pendant que LFI à gauche, regorge d'idées pour redistribuer les bénéfices de Total. - La taxation des multinationales... - Ce serait rentable dès la première année. - Ce bénéfice a explosé par rapport à l'an dernier.

Le Parti Socialiste a proposé une proposition de loi. - Il n'est pas anormal que l'Etat demande une contribution. - Le Rassemblement National défend une baisse de la fiscalité, mais Marine Le Pen n'exclut pas la nécessité de taxer les superprofits un jour. - Je pense au pouvoir d'achat des Français.

Il faudra faire les comptes. Nous verrons si ça correspond à la contribution que nous souhaitons obtenir de ceux qui bénéficient de la crise. - L'Etat finira-t-il par taxer les superprofits de la crise?

Patrick Pouyanné sera auditionné par la Commission des finances le 17 juin. Une audition portée sur les superprofits engrangés par le géant pétrolier. -A.Casse: On mesure à quel point cette guerre percute nos vies dans notre quotidien.

On parle de notre pouvoir d'achat. On est inquiet quand on entend qu'il y aura un risque de pénurie mondiale dès cet été. -A.Pirot: Vous avez eu une alerte très clair sur le kérosène qui dit que cet été, la zone Europe sera dans le rouge.

Ca nous amène loin de l'Iran, mais en réalité, cette crise arrive à un moment où le gouvernement n'a aucune marge de manoeuvre financière. Une semaine avant le début de la crise, le gouvernement se félicite d'avoir un déficit en dessous du score prévu. On sait que ce chiffre va déraper.

Un certain nombre de déploiements militaires que vous avez évoqués vont devoir être financés. Ca arrive au pire moment. Comme toutes les crises, dans un pays qui n'a jamais préparé des marges de manoeuvre par rapport au conflit, qui a abandonné ses capacités de raffinage...

Certains produits pétroliers ne sont pas disponibles. C'est un manque d'anticipation des capacités de raffinage. C'est un choc pour tout le monde.

On peut l'évoquer en Asie. Au fond, le monde redécouvre, et la France aussi, que l'économie mondiale, les prix dont nous bénéficions, sont la conséquence de la maritimisation de toute l'économie. Quand un détroit est bloqué, on le paye à la pompe.

On est loin d'avoir tout vu sur un certain nombre d'engrais, produits prioritaires dans la vie quotidienne. Je vais prendre un exemple tout bête. L'acide sulfurique se fait à partir de souffre.

L'Iran en produit une énorme quantité qu'il envoie à la Chine. La Chine produit l'acide sulfurique. Sans acide sulfurique, vous ne pouvez pas produire de cuivre.

Au Chili, ils vont arrêter la production de cuivre cet été. Ils sont à court de quantité. La Chine a bloqué ses exportations.

C'est l'effet papillon d'une maritimisation de toute l'économie mondiale. L'Europe est bien embêtée. Vous parliez du porte-avions Charles-de-Gaulle.

Si la réalité perdure dans le temps et qu'un certain nombre de taxes sont appliquées sur les produits, comment l'Europe va agir? Comme elle pourra. Sans capacité réelle de pouvoir influer sur la maritimisation, car elle en a pas les moyens.

Nous, nous ne produisons pas de pétrole. Nous le payons une nouvelle fois. C'est la conséquence d'un manque de marge de manoeuvre générale.

Quel est l'endettement de tous ces responsables politiques? Une partie de son économie a été confiée aux entreprises en proposant de créer des emplois. Comment voulez-vous que TotalEnergies, qui a une grosse capitalisation...

C'est un choc général et mondial. Donald Trump le découvre aussi dans son pays tous les jours, dans un pays qui a confié une partie de son économie aux mers et aux océans. -A.Casse: On passe aux questions SMS. -A.Levallois: La Chine, depuis le départ, a très rapidement réussi à faire passer ses bateaux et elle a continué à récupérer du pétrole par l'Iran.

Il y a des relations commerciales extrêmement importantes. La Chine importe une grande partie de son pétrole d'Iran. Ca n'a pas cessé.

La Chine arrive à négocier avec l'Iran. On l'a vu lors de la visite de Trump en Chine. On avait le sentiment que c'était le président chinois qui avait l'ascendant sur Trump.

La Chine n'a absolument rien lâché de sa relation avec l'Iran en dépit des demandes qui ont été exprimées par Trump. La Chine n'accepte absolument pas de changer sa politique. Elle voit qu'elle veut préserver ses intérêts.

Pour l'instant, elle a réussi à le faire. -A.Casse: Une nouvelle question. -M.Olhagaray: On peut compléter? -A.Casse: On a peu de temps. -M.Olhagaray: Les Etats-Unis laissent aussi passer le pétrole chinois.

En politique internationale, c'est plus important encore que les relations entre l'Iran et la Chine. -A.Casse: On passe à la question suivante. -M.Pirzadeh: Si le régime iranien tombait, le monde serait différent.

Peut-être que le début de la fin de ce régime est enclenché, mais ça va prendre beaucoup de temps. -A.Casse: Encore une question.

Ce n'est pas évident de répondre. -M.Pirzadeh: On le voit dans les cotes de popularité de Donald Trump.

A 6 mois d'une élection cruciale pour lui, il a quasiment perdu d'avance. Il y a des petites élections partielles. Il a réussi à faire gagner un de ses candidats récemment en Californie.

Pardon, dans un autre Etat. Il a réussi ce pari qui n'était pas gagné. Les sondages montrent à quel point il est devenu impopulaire alors qu'il ne l'était pas tant que cela. -A.Casse: Encore une question, pour Mariam Pirzadeh. -M.Pirzadeh: Le régime ne voulait pas qu'ils partent sur le sol américain.

Finalement, le président de la FIFA a dit que les Iraniens allaient faire la Coupe du Monde. Ils ne dormiront pas sur le sol américain mais au Mexique. Il y aura un souci logistique.

L'un des buteurs de l'équipe est privé de Coupe du Monde car il a posté une photo de lui avec un chef émirati. Le régime a décidé, au grand dame du vice-président iranien...

On voit qu'il y a des tensions. Il a été privé de Coupe du Monde. Le foot est extrêmement suivi en Iran.

C'est une passion populaire. -A.Casse: Ca fait enrager les Iraniens?

C'est celui que l'on voit? -M.Pirzadeh: Oui.

Très peu d'Iraniens évoluent dans des clubs internationaux. Il en fait partie. Il y a une chape de plomb sur d'autres joueurs.

Il y a un Maradona asiatique qui s'est fait saisir ses biens. -A.Casse: Une nouvelle question. -A.Pirot: Il ne se rapproche pas.

Pour moi, il ne se rapproche pas. -A.Casse: Il est plus proche qu'il y a un mois. -M.Olhagaray: Il y a peut-être eu une manoeuvre de circulation. -A.Pirot: Le porte-avions, c'est un message politique envoyé par l'Europe qui explique qu'elle est concernée par le sujet.

De là à intervenir directement... -A.Casse: Nouvelle question. -M.Olhagaray: Avec les Américains et l'accord des Iraniens.

Une opération de déminage prend du temps. Cela va permettre aussi au président Trump d'avoir encore plus de temps. On va être obligé de donner du temps aux forces de déminage pour que la confiance s'établisse.

Ca prend beaucoup de temps. C'est une notion statistique. On fait autant de passages pour surveiller les fonds qu'il le faut.

C'est très mathématique. Ca dépend aussi des éléments maritimes. Ca prendra du temps.

Les Européens sont prêts. Il y a les chasseurs de mines français qui sont dans la Méditerranée. Il y a des Néerlandais qui seraient du côté de Gibraltar.

Un bâtiment britannique pourrait larguer des drones anti-mines. Nous sommes prêts et organisés. Les Belges, les Britanniques, les Français. -A.Casse: Une nouvelle question pour vous, Agnès. -A.Levallois: La Chine engrange sans rien faire, en observant, en montrant qu'elle est beaucoup plus raisonnable que d'autres.

Il n'y a pas de tweet toute la journée de Xi Jinping qui regarde la situation. Il apparaît comme un sage par rapport à la situation menée par Trump. Les Chinois n'ont rien lâché.

Ils n'ont pas lâché leur soutien à l'Iran, ils ont gardé leur position. Ils restent dans leur stratégie. Ca peut renforcer le poids de cette puissance qui entend continuer à engranger des gains grâce à l'attitude de Trump. -A.Casse: Merci beaucoup d'avoir été nos invités.

Je voulais citer ce philosophe résistant qui nous a quittés aujourd'hui. Il avait 104 ans. Je trouve que sa phrase s'applique très bien à cette émission.

N'oubliez pas votre rendez-vous dimanche soir sur la guerre de l'IA. Ce sera à 21h10 et animé par Caroline Roux. Il y aura un débrief avec des experts.

Bonne soirée.