Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement - 31/01
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 53 %Attaque 26 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse directe
Est-ce que ça change vraiment la donne depuis deux jours ?
- 1:22RelanceRéponse directe
Si concomitamment ils ne renforcent pas les moyens de l'hôpital, nous allons être submergés.
- 2:01FerméeRéponse directe
Gabriel Attal, ne craignez-vous pas que la crédibilité de votre parole soit abîmée ?
- 2:22RelanceRéponse directe
Est-ce que vous avez employé volontairement ces mots, très serrés, pour préparer l'opinion ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Cet appel aux Français, est-ce que ce n'est pas la fin de l'infantilisation ?
- 4:44FerméeRéponse partielle
Pas d'infantilisation, la responsabilisation des Français. Vous ne demanderez pas d'attestation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42InvitéFait
« On n'a pas connu d'explosion de l'épidémie comme on l'a vu chez un certain nombre de nos voisins depuis maintenant plusieurs semaines parce qu'on a pris des mesures très tôt, parce que les Français ont fait énormément d'efforts. »
- 1:30InvitéFait
« Mais les moyens de l'hôpital, on les renforce depuis le début de cette crise. »
- 1:41InvitéChiffre
« On a mis en place le Ségur de la santé quand même, 10 milliards d'euros pour revaloriser les salaires à l'hôpital, pour que les métiers soient plus attractifs, pour créer des lits supplémentaires à la demande, pour créer des postes supplémentaires. »
- 2:37InvitéFait
« J'ai été très clair. J'ai dit qu'il y avait un éventail de possibilités qui allaient d'un renforcement du cadre actuel jusqu'à un reconfinement. »
- 3:11InvitéFait
« On donne toutes les données, tout est en open data, tout est disponible, et on leur dit quelles sont les pistes qu'on regarde pour les protéger. »
- 3:50InvitéFait
« Moi, je n'ai jamais dit aux Français qu'il fallait ne plus parler, se taire dans le métro, comme j'ai pu le lire dans certaines propositions. »
- 4:27InvitéFait
« Vous pouvez y aller. Vous pouvez fêter Noël en famille. »
- 7:32InvitéFait
« La limitation du passage des frontières avec la France pour des personnes qui viennent de pays hors de l'Union européenne, elle date du printemps 2020. »
- 7:53InvitéFait
« Dès l'été dernier, on a renforcé, avec des tests PCR obligatoires qui devaient être faits dans le pays d'origine ou à l'arrivée, sur un certain nombre de pays. »
- 8:01InvitéFait
« Et maintenant, effectivement, on passe une étape supplémentaire, où y compris pour les Français, il faut un motif impérieux, par exemple, le décès d'un proche, une personne de notre famille qui est en pronostic vital engagé. »
- 9:11InvitéFait
« S'agissant de la Guyane, des Antilles, il y a la proximité avec le Brésil. »
- 10:01InvitéFait
« Je vous ai fait la démonstration à l'instant qu'on avait démarré des contrôles importants et même des limitations de passage des frontières à nos frontières depuis quasiment un an, depuis le printemps dernier. »
- 10:15InvitéFait
« C'est un sujet sur lequel on a avancé en coordination européenne. »
- 14:18InvitéPromesse
« Le moindre mois, la moindre semaine, le moindre jour de confinement qu'on peut éviter aux Français, il faut qu'on le prenne. »
- 15:55InvitéFait
« On regarde en permanence les données qui nous sont apportées, la moyenne du nombre de cas sur les sept derniers jours. »
- 17:31InvitéFait
« On a généralisé le port du masque assez tôt, avant d'autres pays. »
- 18:00InvitéFait
« Le confinement, ça a toujours été pour nous une mesure ultime de protection des Français et de notre hôpital. »
- 20:30InvitéFait
« Dès le mois de juin dernier, on avait mis en place une aide exceptionnelle pour les étudiants, notamment boursiers ou ceux qui avaient perdu un stage ou un job étudiant et donc des ressources. »
- 20:41InvitéChiffre
« On avait mis en place une aide de 200 euros, je crois, déjà à l'époque. »
- 20:58InvitéFait
« C'est le repas à 1 euro midi et soir pour tous les étudiants qui en ont besoin dans les restaurants universitaires. »
- 22:51InvitéChiffre
« L'objectif est d'arriver à 1 million de tests par mois, c'est-à-dire environ 300 000 par semaine. »
- 29:50InvitéFait
« Il y avait ce crédit d'impôt qui avait été mis en place au départ, auquel on a ajouté une autre mesure dès le mois de décembre, c'est la prise en charge de 20% du chiffre d'affaires plutôt que les 10 000 euros pour précisément couvrir les frais fixes, les loyers, notamment des petits restaurants ou des commerces. »
- 32:13InvitéFait
« Il y a des discussions qui se font en cours avec Elisabeth Borne. »
- 37:09InvitéChiffre
« Entre 2005 et 2015, la part de la France dans les parts de marché mondial sur les produits pharmaceutiques a été divisée par deux. »
- 37:56InvitéFait
« Le vaccin, on ne regarde pas sa nationalité, on regarde son efficacité et sa sécurité. »
- 39:39InvitéFait
« Ce n'est pas des supporters qu'on voit, c'est des pratiques de voyous. »
- 40:59InvitéChiffre
« Le président de la République a fait le choix de recruter 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires sur ce quinquennat. »
Temps de parole
- Invité66 %
- Présentateur13 %
- Intervenant11 %
- Intervenant 29 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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BFM Politique sur BFM TV que vous écoutez, que vous regardez également sur BFM Business désormais avec Edwige Chevrillon qui représente BFM Business et David Ducan du Parisien. Le porte-parole du gouvernement est notre invité, Gabriel Attal. À Gabriel Attal, les frontières sont donc plus surveillées, le télétravail renforcé, les grands centres commerciaux fermés sont les trois principales mesures annoncées vendredi par Jean Castex. Est-ce que ça change vraiment la donne depuis deux jours ? On l'entend chez les professionnels de santé, chez les grands médecins, beaucoup, beaucoup de scepticisme.
Il y a une situation épidémique, sanitaire qui est fragile en France. On n'a pas connu d'explosion de l'épidémie comme on l'a vu chez un certain nombre de nos voisins depuis maintenant plusieurs semaines parce qu'on a pris des mesures très tôt, parce que les Français ont fait énormément d'efforts. Il y a le développement des variants qui peuvent changer la donne. Et dans ces conditions, la question qui est posée, c'est est-ce qu'on a encore la possibilité d'éviter un reconfinement dont on connaît l'impact pour les Français en termes économiques, en termes de santé mentale, en termes psychologiques ? Et la réponse, est oui. On a encore cette possibilité-là.
Il y a des mesures qui peuvent être renforcées. C'est ce qu'a annoncé le Premier ministre vendredi soir. On a un couvre-feu à 18h qui est en place depuis maintenant deux semaines.
Mais vous entendez les professionnels de santé qui disent si concomitamment ils ne renforcent pas les moyens de l'hôpital, nous allons être submergés. C'est inévitable.
Mais les moyens de l'hôpital, on les renforce depuis le début de cette crise. On a augmenté le nombre de capacités de réanimation qu'on a, même si dans un temps très court, c'est difficile de multiplier les lits de réanimation, parce qu'il faut former des soignants. On a mis en place le Ségur de la santé quand même, 10 milliards d'euros pour revaloriser les salaires à l'hôpital, pour que les métiers soient plus attractifs, pour créer des lits supplémentaires à la demande, pour créer des postes supplémentaires. Tout ça, on le fait, évidemment. Et on prendra toujours les mesures nécessaires pour protéger notre hôpital, pour permettre à nos soignants de soigner ceux qui en ont besoin.
Ça reste évidemment notre boussole.
Gabriel Attal, ne craignez-vous pas que la crédibilité de votre parole soit abîmée ? Il y a quatre jours, vous parliez de la possibilité d'un reconfinement, je vous cite, très serré. Finalement, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé, ce n'est pas du tout ce qu'a annoncé Jean Castex. Est-ce que, moi je vous pose la question directement, est-ce que vous avez employé volontairement ces mots, très serrés, pour préparer l'opinion, et pour qu'au fond, nos concitoyens se disent, ouf, on l'a échappé belle, et acceptent plus facilement les contraintes qui ont été annoncées vendredi par Jean Castex ?
Je me suis exprimé à plusieurs reprises cette semaine. Dimanche dernier, j'étais sur une chaîne concurrente, à un moment où un journal annonçait un reconfinement imminent. J'ai été très clair. J'ai dit qu'il y avait un éventail de possibilités qui allaient d'un renforcement du cadre actuel jusqu'à un reconfinement. C'est les mêmes mots que j'ai employés à plusieurs reprises cette semaine, mercredi notamment, quand je me suis exprimé. Moi, ce que j'observe, David Doucan, c'est que, quand on en dit peu, on nous dit qu'on n'en dit pas assez, qu'on n'est pas transparent. Et quand on est transparent sur les pistes qui sont regardées par le gouvernement, on nous dit qu'on en dit trop.
On essaye d'être transparent, de dire aux Français, dans les yeux, quelle est la situation. On donne toutes les données, tout est en open data, tout est disponible, et on leur dit quelles sont les pistes qu'on regarde pour les protéger. Ça me semble être une nécessité absolue, et on continuera à le faire. J'ai été très clair, encore une fois, sur le fait qu'il y avait plusieurs scénarios. C'est celui-ci qui a été retenu, et je pense qu'on devait, aux Français, de le retenir dès lors que c'était possible.
Gabriel Attal, malgré tout, cet appel aux Français, est-ce que ce n'est pas la fin de l'infantilisation ? On a bien vu, on nous a interdit de parler dans le métro, on était un peu dans cette logique-là, on va dire ça comme ça. Mais en même temps, vous avez des contrôles de police renforcés. Donc la question, c'est, est-ce que ce n'est pas un peu la caractéristique battant ? C'est quoi comme tactique ?
Moi, comme vous, je considère qu'il ne faut pas d'infantilisation. Vous avez cité des pistes, des mesures qui n'ont jamais été portées par le gouvernement. Qui ont été dites ? Qui ont été dites par des scientifiques indépendants. Moi, je n'ai jamais dit aux Français qu'il fallait ne plus parler, se taire dans le métro, comme j'ai pu le lire dans certaines propositions. C'était absurde de le dire ? J'avoue que j'ai trouvé ça assez lunaire. Honnêtement, quand on prend le métro, on voit bien que ce n'est pas un salon de thé où on cause. Je veux dire, voilà, tout le monde n'est pas en grande conversation dans le métro.
Et honnêtement, je pense qu'il y a parfois, c'est vrai, un peu un côté concours l'épine de savants qui sortent des propositions. Voilà, nous, on essaye d'être clairs et de ne pas infantiliser, justement. Sur les fêtes de Noël, il y a des pays qui ont dit, vous ne devez pas être à plus de temps, sous aucune condition, vous ne pouvez pas aller fêter Noël. Nous, on a dit aux Français, vous pouvez y aller. Vous pouvez fêter Noël en famille. On vous donne des recommandations, une recommandation, tout en disant que si vous êtes 7 ou 8 dans la famille, évidemment, on ne va pas vous demander d'exclure un frère ou une sœur du dîner de Noël.
Mais c'est vrai qu'il y a un équilibre difficile à tenir entre les recommandations, ce qu'on demande comme effort aux Français, et puis l'infantilisation. Et c'est toujours ce chemin qu'on essaye de suivre.
Du coup, pas d'infantilisation, la responsabilisation des Français. J'imagine que si jamais, et personne ne le souhaite, nous sommes reconfinés, dans cette lignée, vous ne demanderez pas d'attestation. Il n'y aura pas de limite de déplacement vérifié par la police, puisque nous sommes responsables et que vous nous faites confiance.
Aujourd'hui, M. Boursier, il y a un couvre-feu qui est en place, à partir de 18h. Et pour sortir après le couvre-feu, vous devez présenter une attestation, il y a des contrôles qui sont faits. Il n'est pas respecté lorsque vous voyez le nombre de personnes dans la rue. Oui, mais Edwige Chevrion, moi, j'entends qu'il peut y avoir des personnes qui ne respectent pas les règles. Mais je vais vous dire, ma conviction et ce que je vois, c'est que la grande majorité des Français respectent les règles. Et on parle toujours de ceux qui ne les respectent pas. Non, mais c'est l'objet de ma question, Gabriel, il faut augmenter les contrôles.
Et on le fait, Edwige Chevrion, mais je veux dire, si la majorité des Français ne respectait pas les règles, ne faisait pas d'effort, on ne serait pas dans cette situation aujourd'hui. Sur votre antenne, pendant des semaines au mois de décembre, je me souviens, on entendait des gens nous dire qu'il va y avoir une explosion des cas début janvier à cause des fêtes de Noël, parce que les Français ne vont pas faire attention, ne vont pas respecter les recommandations. On n'a pas vu cette explosion-là.
Vous avez raison, vous avez raison sur ces données, mais je vous entends. Mais du coup, je reviens à ma question. Vous êtes d'accord pour dire que la majorité des Français est responsable, que la majorité, l'immense majorité des Français suit les règles ? Et en même temps, votre ministre de l'Intérieur, sur Twitter, dit « Attention, on va renforcer les contrôles ». Ce n'est pas pour une minorité qu'il le dit. Vous demandez des attestations après 18 heures. Je veux dire, c'est contre-intuitif. Soit nous sommes responsables et vous nous faites confiance, soit vous ne nous faites pas confiance et vous nous contrôlez.
Je redis qu'il y a un équilibre qui est toujours difficile à maintenir entre ces deux extrêmes. Il y a des contrôles, par ailleurs, qui vont être renforcés sur les commerces, notamment les grandes surfaces, pour le respect des jauges, sur des réouvertures clandestines qui peuvent exister. C'est dans ce cadre aussi que Gérald Darmanin s'est exprimé, a annoncé qu'il y aurait des contrôles supplémentaires. Mais oui, c'est un équilibre à tenir.
Moi, ce que je dis simplement, c'est que dans la grande majorité, les Français font des efforts, respectent les règles, et que c'est important aussi de le dire et de ne pas donner le sentiment en permanence qu'on serait un pays de resquilleurs qui ne respecterait aucune règle.
Alors l'équilibre aux frontières également, c'est l'une des annonces majeures de Jean Castex vendredi soir, la fermeture au fond pour caricaturer des frontières, mais avec des exceptions, les motifs impérieux qui permettent tout de même de se déplacer, de sortir de notre territoire et d'y revenir. La liste a été publiée par le gouvernement. Il y a trois grandes familles, les motifs familiaux, les motifs de santé et les motifs professionnels. En tout, 13 motifs sont disponibles. Est-ce que ça va être efficace, ce durcissement aux frontières ?
Est-ce que les variants, dont on nous dit qu'ils sont beaucoup plus contagieux, vont s'arrêter aux frontières, étant donné le nombre d'exceptions possibles ?
Je crois que ce qui est important de voir, c'est que c'est des mesures très fortes, supplémentaires, qui viennent s'ajouter à un cadre existant. La limitation du passage des frontières avec la France pour des personnes qui viennent de pays hors de l'Union européenne, elle date du printemps 2020. Dès ce moment-là, on a dit, peuvent venir et rejoindre la France les personnes qui ont la nationalité française, ou des personnes qui ont un titre de séjour valable, qui peuvent venir de l'étranger et de pays de l'Union européenne. Ensuite, dès l'été dernier, on a renforcé, avec des tests PCR obligatoires qui devaient être faits dans le pays d'origine ou à l'arrivée, sur un certain nombre de pays.
Il y a plusieurs semaines, on a renforcé encore, en disant que maintenant, c'était pour tous les pays extérieurs à l'Union européenne, où il fallait produire un test PCR négatif pour embarquer. Et maintenant, effectivement, on passe une étape supplémentaire, où y compris pour les Français, il faut un motif impérieux, par exemple, le décès d'un proche, une personne de notre famille qui est en pronostic vital engagé.
Est-ce que moi, je peux revenir chez les Français qui sont à l'étranger ? Est-ce qu'ils peuvent revenir tranquillement ? Vous avez raison de poser cette question.
Je pourrais avoir beaucoup de questions par message de personnes qui sont à l'étranger. Évidemment, si aujourd'hui, vous êtes à l'étranger, que votre résidence principale est la France, vous pouvez revenir en France. Ça fait partie des motifs.
Est-ce qu'ils peuvent revenir dans un mois aussi, normalement ?
Si votre résidence principale est en France, que vous travaillez en France, vous pouvez revenir en France. On peut rentrer chez soi. Bien sûr. Et progressivement, il y aura de moins en moins de personnes concernées puisqu'il y a cette limitation au départ qui est contrôlée par les compagnies aériennes, par la police aux frontières.
Il y a quand même un truc un peu bizarre. C'est le département et les territoires d'outre-mer qui sont traités un peu comme si c'était des pays étrangers. Je veux dire, la Réunion est traitée comme Madagascar, voire la Martinique. Est-ce que vous voulez là aussi nous dire pourquoi cette assimilation ?
On a des territoires français qui ont une proximité avec certains pays où les variants se sont développés plus fortement. S'agissant de la Réunion et de Mayotte, il y a les Comores, des pays où le variant sud-africain s'est développé. S'agissant de la Guyane, des Antilles, il y a la proximité avec le Brésil. Et par ailleurs, c'est des départements où on le sait, les capacités hospitalières ne sont pas extensibles à l'infini, même si on les a là aussi renforcées, y compris en ayant recours aux services de santé des armées. Et donc c'est très important dans les deux sens de protéger ces territoires.
Je vous cite une phrase, Gabriel Attal. Que de temps perdu pour se décider finalement en catastrophe à la maîtrise des frontières et à des contrôles renforcés ? Vous connaissez l'auteur de cette phrase, c'est Marine Le Pen, qui dit, je le dis depuis un an, voilà ce que dit la présidente du Rassemblement national, cela fait un an qu'elle propose de renforcer les contrôles aux frontières pour protéger les Français de l'arrivée du virus. Que répondez-vous à cela ?
Je dis que je vous ai fait la démonstration à l'instant qu'on avait démarré des contrôles importants et même des limitations de passage des frontières à nos frontières depuis quasiment un an, depuis le printemps dernier. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose que je dis, c'est que c'est un sujet sur lequel on a avancé en coordination européenne. C'est un sujet sur lequel il est objectivement très compliqué d'avancer seul, parce que si vous avancez seul, la France peut dire, j'interdis tout franchissement de la frontière avec un pays hors de l'Union européenne. Mais si nos voisins et si les autres pays de l'Union européenne ne font pas pareil ?
Sachant qu'il y a des passages avec les frontières européennes. On le doit notamment à nos 350 000 travailleurs français qui vont tous les jours travailler dans un pays voisin. Qu'est-ce qui se passe pour avoir des personnes qui atterrissent dans un autre pays européen et qui ensuite rejoignent la France ?
Donc ça, c'est important d'avancer ensemble. Sauf que les décisions, elles sont unilatérales. La Belgique a décidé de faire ça de son côté, nous, on décide de faire ça. Il n'y a pas d'accord européen sur ces questions.
On a avancé en coordination sur un certain nombre de points, notamment sur les contrôles qui sont désormais en place entre pays de l'Union européenne. C'est vrai que sur la coordination sur les pays extérieurs à l'Union européenne, ça met plus de temps.
On avance notamment avec l'Allemagne. Même intra-Union européenne, ça n'est pas vrai, Gabriel Attal. Il n'y a pas de concertation sur ces questions. Ça n'est pas décidé de façon commune. Il y a beaucoup de réunions, je vous le dis. Il y a des réunions, mais ce n'est pas décidé de façon commune.
Que ça n'aboutisse pas de manière extrêmement efficace et coordonnée tout de suite, oui, c'est une réalité. C'est pour ça qu'on prend aussi nos responsabilités. On le fait beaucoup en lien avec les Allemands qui ont annoncé eux aussi des mesures de renforcement vendredi soir. Vous le savez. Et c'est comme ça qu'on avance.
Vous êtes en train de faire l'argumentaire de Marine Le Pen pour 2022. L'Europe, l'Europe retarde. L'Europe alourdie. L'Europe nous empêche de nous protéger. Non, c'est parce que je... La présidente du Rassemblement national va s'en donner à cœur joie dans les prochains mois.
Je vais vous dire, David Doucan, les Français le savent bien, qu'il y a une crise du coronavirus ou pas. De toute façon, Marine Le Pen explique matin, midi et soir, depuis des années, que l'Union européenne est un problème. Que l'Union européenne ne fonctionne pas. Il y a eu énormément de progrès qui ont été permis par l'Union européenne pour partager les informations, pour partager les données, pour mettre en place une coordination sur la commande de vaccins. Tout ça, c'est des progrès très importants qui ont été permis par l'Union européenne. Évidemment qu'il y a des enjeux, des sujets sur lesquels on n'a pas une coordination aussi forte que celle qu'on souhaiterait.
Mais il faut là aussi toujours regarder les progrès qui sont permis. La capacité de relancer notre économie aussi. On a l'Union européenne qui s'est endettée collectivement en développant des ressources propres pour permettre de relancer notre économie. Ça aussi, c'est un progrès. Et si on n'avait pas l'Union européenne pour relancer notre économie, pour mettre en place un plan de relance, on n'aurait pas les mêmes ambitions.
Je prends un exemple très simple. Avec la Belgique, nous avons 620 km de frontières. Il y aurait, pas au pro, 1500 points de passage. Juste la France et la Belgique.
Comment est-ce que vous allez contrôler ça ? Là, il y a un principe de réalité. Il va y avoir des contrôles aléatoires qui vont être mis en place. Il y a par ailleurs des Français, 350 000 Français, qui tous les jours traversent les frontières avec la Belgique ou avec d'autres pays de l'espace européen. Les travailleurs frontaliers. Les fameux travailleurs frontaliers. C'est des gens, si on leur dit plus personne ne passe les frontières, c'est des gens qui se retrouvent au chômage. Et donc oui, on doit mettre en place un cadre adapté. C'est ce qu'on fait pour leur permettre de continuer à travailler.
On vous réécoute, Gabriel Attal. C'était il y a quelques jours. On écoute ce que vous avez dit. Après, j'ai deux, trois petites questions.
Nous envisageons plusieurs scénarios qui vont d'un maintien du cadre actuel avec le couvre-feu à 18 heures jusqu'à un confinement très serré. L'efficacité du couvre-feu à 18 heures semble désormais insuffisant.
Le maintien du cadre actuel du couvre-feu à 18 heures paraît peu probable.
À ce stade, il paraît peu probable.
Gabriel Attal, mercredi, vous le disiez tout à l'heure à David Doucan, mercredi, le couvre-feu était insuffisant. Là, on voit bien qu'on a un couvre-feu qui est maintenu. Est-ce que vous pouvez juste nous raconter un tout petit peu la jeunesse de cette non-décision par rapport au confinement ?
D'abord, il est maintenu, mais il est renforcé avec des mesures supplémentaires dont on parle depuis tout à l'heure. Non, mais c'est important de le dire. Ce qui était peu probable, c'est de dire qu'on ne touche à rien. Vous-même, vous avez fait des contre-pieds difficiles. Non, j'ai présenté des scénarios différents. Ce qui était peu probable, c'était de dire qu'on ne touche à rien, on maintient le statu quo absolu. Et il y avait plusieurs scénarios ensuite qui allaient de maintenir le couvre-feu à 18 heures en renforçant le cadre. On parle depuis tout à l'heure de mesures qui sont importantes. Il y a le télétravail aussi, on y viendra peut-être. Et puis, le confinement.
Moi, je vais vous dire, et je vais vous redire ce que j'ai dit tout à l'heure. Le moindre mois, la moindre semaine, le moindre jour de confinement qu'on peut éviter aux Français, il faut qu'on le prenne. Même si c'est 8 jours. C'est notre conviction. On le doit à nos commerçants, à nos artisans, à nos PME. On le doit plus globalement aux Français, pour qui c'est extrêmement difficile depuis maintenant près d'un an, cette situation. Et on le doit, tant que ça ne met pas en péril notre gestion de l'épidémie et l'hôpital, on se doit de le suivre. Il y a un chemin pour éviter un nouveau confinement. Ce n'est pas une autoroute, ce chemin, mais c'est un chemin réel qui existe. Il faut l'emprunter.
Le chemin. Alors, dans le journal du dimanche ce matin, Olivier Véran, on va le voir et je vais le citer. Les experts scientifiques nous disent, nous restons persuadés que les variants peuvent provoquer une vague majeure. Mais leur circulation augmente moins vite qu'on le craignait. Il ajoute, le danger auquel nous faisons face est possible, voire probable, mais il n'est pas certain. On va se parler franchement, Gabriel Attal. Vous faites un pari. Le gouvernement fait aujourd'hui un pari. Il est risqué. Il est important. Vous vous êtes donné une date. Il y a une date butoir. Il y a une date de revoyure. Il y a un calendrier.
Quand est-ce que vous allez décider si, oui ou non, il y aura un confinement ? Il n'y a pas de pari. On ne fait pas de pari avec la santé des plus. Il y a un risque. Pardon, mais ce que je viens de vous lire, ce que je viens de vous lire, les experts scientifiques disent, c'est la probabilité d'une vague majeure. Il y a une probabilité.
C'est le ministre de la Santé qui dit que c'est probable. Oui, mais ça n'est pas certain. Et ça n'est pas certain. Et si jamais il apparaissait que cela devient inéluctable, on prendra toujours les mesures nécessaires. Vous vous êtes bien fixé une date. Mais Gabriel Attal, vous ne vous êtes pas dit, on verra un jour. Mais on regarde au fil de l'eau la situation de l'épidémie. On regarde en permanence les données qui nous sont apportées, la moyenne du nombre de cas sur les sept derniers jours. On regarde comment ça évolue. On constate cette semaine qu'il y a une hausse de l'incidence de l'ordre de 5%. La hausse était de 15% la semaine dernière. Ça s'appelle une lumière qui permet d'espérer.
On constate dans le système de contrôle des eaux usées qu'on a mis en place que la circulation du virus dans les eaux usées, notamment en Ile-de-France, diminue. C'est aussi une lumière qui permet d'espérer. Et donc, on se doit, on le doit aux Français, dans ces conditions, de tout faire pour éviter de reconfiner immédiatement. Je vais vous dire, c'est aussi un enjeu de mobilisation pour tout le monde.
Tous les jours, vous allez prendre ces chiffres, les regarder, et possiblement, tous les jours, le coup près va tomber ?
Je vous confirme que d'abord, tous les jours, on analyse les données, qu'elles soient en termes de contamination, en termes d'entrée à l'hôpital, dans les services de réanimation. Je vous confirme ensuite qu'on a très régulièrement des points autour du Président de la République, du Premier ministre, pour faire un état des lieux de la situation, notamment un Conseil de défense, un Conseil des ministres, qui ont lieu toutes les semaines. Et donc, oui, on va continuer à suivre la situation.
Vous savez pourquoi je vous pose cette question ? Vendredi soir, j'étais à l'antenne. On a appris à 17h30 qu'un Conseil de défense sanitaire était convoqué en urgence. Il était précipité. Ce rendez-vous n'était pas prévu à cette heure-là. Dans la foulée, une prise de parole de Jean Castex. Tout ça semble urgent. En tout cas, il faut agir, il faut prendre des décisions. Dans un sens, mais sans doute dans l'autre. Les Français sont là, vous écoutent, vous regardent. Ils sont inquiets, ils se demandent ce qui va se passer. On leur dit, pour l'instant, ça tient. Mais pour l'instant, ça tient. Ce n'est pas un rendez-vous. Pour l'instant, ça tient. C'est de l'incertitude.
Je vais vous dire, l'incertitude, c'est ce que vit le monde depuis un an avec cette épidémie. On a vu des pays, oui, qui ont été surpris par une vague qui est arrivée, qui ont dû prendre des mesures rapidement, etc. Nous, on a toujours fait le choix d'anticiper, de prendre des mesures tôt. On a généralisé le port du masque assez tôt, avant d'autres pays. On a mis en place un deuxième confinement assez tôt, au mois de novembre, qui nous a permis d'avoir des résultats positifs parce que les Français ont fait des efforts. Et il y a des pays voisins en Europe qui ont dû, en catastrophe, refermer leur commerce et mettre en place un confinement à quelques jours de Noël.
Je pourrais également vous citer Taïwan qui a tout fermé, qui a eu 80 morts depuis le début de l'épidémie. On ne peut pas tout comparer. Quand est-ce que vous allez refaire emploi ?
Ce que je vous dis, c'est que depuis le début de cette épidémie, on anticipe et on regarde en permanence la situation. Et que le confinement, ça a toujours été pour nous une mesure ultime de protection des Français et de notre hôpital. Qu'on prend quand on considère que les conditions sont réunies pour un emballement rapide de l'épidémie. Il n'y a pas de date pour un nouveau point. Il n'y a pas de date qui a été fixée pour un reconfinement. On regarde tous les jours. On n'exclut rien, on essaye tout. Et je pense que ça, encore une fois, les Français, non seulement peuvent le comprendre, mais à mon avis, l'attendent.
Ils attendent qu'on essaye tout pour éviter de retomber dans cette situation.
Juste une petite question, je reviens un instant. Pourquoi est-ce que ce n'est pas le président de la République ? Vu qu'on a bien compris que c'était sa décision contre tout le monde. Pourquoi est-ce que ce n'était pas un contrat de confiance qu'il veut faire avec les Français ? Il appelle à leur responsabilité. Pourquoi ce n'est pas lui qui a parlé ? On a M. Chevrion, un président de la République,
un Premier ministre qui est le chef du gouvernement et un gouvernement qui s'exprime. On peut dire que le président de la République ne se soit peu exprimé dans cette crise. Et à chaque fois qu'il y a des décisions très difficiles à prendre, il a toujours été au rendez-vous de sa responsabilité pour en parler aux Français.
Une autre question, puisqu'on parle beaucoup d'aller-retour. Pourquoi hier, c'était les petits commerces qui étaient fermés et puis la grande distribution qui était ouverte ? Et pourquoi là, ce sont les centres commerciaux qui sont fermés et pas les petits commerces ? On a l'impression que là aussi, c'est un peu contradictoire, même si ce n'est pas exactement la même chose. Nous sommes d'accord.
Ce qui est certain, c'est que depuis le début de cette crise, on tire systématiquement des enseignements, des mesures que l'on prend. Donc c'était une erreur d'avoir fermé les petits commerces ? Le confinement n'était pas pareil que le premier confinement. Et là, on prend des mesures qu'on n'avait pas prises avant.
Quel est l'enseignement à cet égard ?
L'enseignement.
Vous dites, les petits commerces ne sont pas contaminants ?
Par exemple, dans le deuxième confinement, on a pris la décision de continuer à permettre des visites des familles dans les EHPAD, ce qui avait été totalement interdit et fermé pendant la première vague. On s'est rendu compte que ça avait un impact extrêmement fort, terrible pour les familles et pour les résidents des EHPAD. Donc systématiquement, on tire des enseignements. Je pense que c'est normal. On est humble aussi. C'est une épidémie qu'on découvre, que le monde entier découvre. C'est normal d'adapter là aussi nos réponses.
Une précision. Le président de la République avait annoncé que les étudiants pourraient revenir un jour par semaine dans les facs, en présentiel, comme on dit, quelle expression affreuse qui s'est imposée à nous depuis un an. C'est maintenu ? Oui, bien sûr. Et ces étudiants, vous les voyez comme nous, ces images ? Ils sont des files d'attente interminables dans les rues pour la banque alimentaire, pour se nourrir, donc plus de moyens. Qu'allez-vous faire pour leur venir en aide ?
C'est un sujet de préoccupation très fort pour nous. Vous vous souvenez que dès le mois de juin dernier, on avait mis en place une aide exceptionnelle pour les étudiants, notamment boursiers ou ceux qui avaient perdu un stage ou un job étudiant et donc des ressources. On avait mis en place une aide de 200 euros, je crois, déjà à l'époque. On a renouvelé au mois de décembre pour tous les boursiers, c'est-à-dire à peu près 40% des étudiants qui ont reçu cette aide. Évidemment, on va continuer à adapter.
Mais le RSA, c'est toujours nouveau.
Le président de la République a annoncé un certain nombre de mesures il y a quelques semaines, notamment une mesure importante s'agissant de la question de l'alimentation et de la précarité. C'est le repas à 1 euro midi et soir pour tous les étudiants qui en ont besoin dans les restaurants universitaires. C'est une mesure qu'on avait mise en place en septembre dernier pour les boursiers qui est donc étendue à tous les étudiants qui en ont besoin.
Il y a d'autres mesures qui ont été annoncées et qui sont en train de monter en puissance, notamment pour des étudiants qui ne sont pas boursiers mais qui s'appuyaient sur des ressources extérieures, par exemple un job étudiant, qui ne l'ont plus et donc qui se retrouvent dans des difficultés. On crée des jobs étudiants dans les universités, sur les campus, notamment pour faire du tutorat pédagogique. C'est-à-dire qu'on recrute des étudiants qui, à distance, c'est plus d'une dizaine de milliers d'étudiants, qui, à distance, vont pouvoir accompagner des jeunes, par exemple, en première année de licence, pour les aider à garder le rythme et à continuer à étudier et qui sont payés pour ça.
Donc on cherche des solutions pour répondre à chaque situation et il y en a. Il y a des situations très difficiles auxquelles font face les étudiants.
Justement, à propos de situations très difficiles, on a un peu de mal à saisir. Est-ce qu'on se contamine ou pas à l'école ? C'est quand même un point important qui, après, préoccupe beaucoup David Doutan. Le parent d'élèves d'David Doutan. Les parents d'élèves, mais c'est vrai que Jean-Michel Blanquer dit « Ben non, il n'y a pas de démonstration qu'on se contamine plus à l'école que dans le milieu familial. » En même temps, on voit bien que, notamment, le variant anglais, il se propage beaucoup dans les écoles. Est-ce qu'on se contamine, oui ou non, plus à l'école qu'ailleurs ?
Il y a des contaminations. Et là-dessus aussi, on fait la transparence. Toutes les semaines, le ministère de l'Éducation nationale rend public les chiffres de contamination dont ils disposent à l'école. Qu'est-ce qu'ont montré les derniers chiffres ? C'est qu'il y avait eu une augmentation après les vacances de Noël, comme on l'avait vu après les vacances de la Toussaint. C'est Jean-Michel Blanquer qui a utilisé, je crois, ce terme qu'on était sur un phénomène de cloche, c'est-à-dire que, probablement, ça allait se stabiliser ou redescendre. Et je crois que c'est déjà ça qu'on a observé. Par ailleurs, on augmente nos capacités de mesurer ce phénomène.
Vous vous souvenez qu'on a annoncé il y a quelques semaines qu'on augmente très fortement nos capacités de texte dans l'éducation nationale. L'objectif est d'arriver à 1 million de tests par mois, c'est-à-dire environ 300 000 par semaine. C'est en train de monter en puissance et ça nous permet de mieux analyser ce phénomène. Mais est-ce que vous pouvez nous dire que les écoles ne vont pas fermer ? Ce que je vous dis, c'est que depuis le début de cette crise, vous l'avez vu, depuis notamment la fin du premier confinement, on a toujours eu comme boussole de permettre autant que possible aux élèves d'aller à l'école. Il y a des pays qui ont fait un choix différent.
En Italie, je crois qu'il y a un certain nombre d'élèves qui ne sont allés à l'école depuis un an que trois semaines. Tout le reste du temps, les écoles étaient fermées. On ne peut pas dire à ce stade que ces pays-là aient une situation épidémique qui soit plus satisfaisante que la nôtre.
L'Italie rouvre les restaurants, l'Italie rouvre les musées à Rome, par exemple.
J'entends ce que vous dites. On a vu qu'il y avait des évolutions permanentes depuis le début de cette crise. Mais donc, pour l'instant, on a fait ce choix et on a cette boussole-là. Évidemment que si on a des données scientifiques qui nous indiquent qu'il faut prendre d'autres mesures, on les prendra. Tout est sur la table par principe.
Est-ce que tout est sur la table jusque, comme vous le disiez jeudi dernier, les vacances scolaires ? Vous avez dit, on peut tout imaginer, jusqu'à un alignement des vacances, c'est-à-dire on met les trois zones ensemble, tous les enfants s'arrêtent au même moment. Est-ce que c'est toujours sur la table ? Je vais préciser que les vacances, elles commencent pour la première zone, fin de semaine prochaine.
Tout est toujours sur la table par principe, Jean-Baptiste Boursier. Après, moi, je fais toujours très attention quand je m'exprime. Vous voyez bien qu'on a fait le choix, là, de tout faire pour éviter un reconfinement. Qu'on appelle à cette mobilisation nationale de chacun, parce qu'à 66 millions, il n'y a pas de petits gestes barrières, il n'y a pas de petits efforts, qu'on a montré qu'on était capables, avec nos efforts, notamment au moment des fêtes, de déjouer les scénarios qui avaient été faits par certains sur une explosion de l'épidémie. Donc, on fait ce choix-là et on l'assume.
Et donc, si on commence déjà à se projeter dans une situation qui serait différente et des choix qui seraient différents, à quoi bon faire des efforts ? – Non, mais c'est pour ça que je pose la question, parce que les parents d'élèves, il faut qu'ils s'organisent. – Évidemment, je pose la question.
Vous le disiez à l'instant, Jean-Baptiste, c'est vendredi. Ce n'est pas dans trois semaines, dans un mois. C'est vendredi que ça commence les vacances. Il y a des millions de parents d'élèves dans le pays. C'est vrai, non, mais on voit les représentants, FCPE, PEP, qui disent, attendez, il faut nous dire. Il faut nous dire ce qui va se passer. Donc, le côté « on est au fil de l'eau » trouve peut-être une limite quand on parle des écoles.
– Là aussi, c'est un équilibre, vous avez bien vu, donner le plus de visibilité possible, tout en étant toujours en capacité de prendre des décisions quand elles s'imposent. Voilà ce que la décision qu'on a prise vendredi, qui a été annoncée par le Premier ministre, encore une fois, c'est de faire ce choix, de renforcer très fortement les mesures autour du couvre-feu à 18h, parce qu'on a des signes, des signes… – Qui vous encouragent. – Qui nous permettent d'espérer ne pas avoir à recouvrir dans l'immédiat à un reconfinement. Et donc, il faut les poursuivre.
– Alors, il y a un domaine où l'addition, elle se présente assez rapidement. Évidemment, c'est sur le plan des conséquences économiques de toutes ces mesures qui ont été prises ou qui vont être prises. L'INSEE nous a donné une petite indication. récession de moins 8,3%, ça c'était en 2020. Un coût, déjà une ardoise, de 178 milliards d'euros pour l'endettement de la France. Je voudrais qu'on écoute le Premier ministre Jean Castex et puis après, votre réaction peut-être sur le quoi qu'il en coûte.
– Le quoi qu'il en coûte, prêt garanti par l'État, fonds de solidarité, chômage partiel, s'appliquera bien sûr pour tous les salariés et les entreprises concernées.
– Vous pouvez me dire ce qu'il n'y avait pas le son sur le plateau.
– Le quoi qu'il en coûte va continuer, voilà ce que dit…
– Oui, alors qu'Olivier Dussop disait, le ministre des Comptes publics, disait la semaine dernière, il faudra qu'on arrête le quoi qu'il en coûte en 2021. Donc c'est sûr qu'il y a de nouvelles modifications, on le voit bien avec ce couvre-fait plus strict, cette menace de reconfinement. C'est un côté un peu sans fin. Nouvelles mesures ont été annoncées pour les centres commerciaux ce week-end par Bono Le Maire, il y a un côté un peu sans fin dans ce quoi qu'il en coûte. – Ce qui est certain, je vais vous dire,
j'entends là aussi qu'il y a des inquiétudes et des incertitudes. La certitude qu'on apporte et qu'on continuera d'apporter, c'est que tant que la crise durera, le quoi qu'il en coûte durera. Tant qu'il y aura des secteurs qui seront administrativement fermés, des personnes qui seront empêchées d'ouvrir leurs restaurants, leurs bars, leurs salles de sport, leurs commerces, on continuera à les accompagner, à compenser la perte du chiffre d'affaires, à faire le chômage partiel pour leurs salariés, à faire des exonérations de charges, toutes ces mesures que Bruno Le Maire a annoncées et portées depuis le début de cette crise. Ça me semble être une certitude importante à apporter, à renouveler.
– On repousse les séances quand même. – On continue à les accompagner, Edwige Chevrillon. Ça n'aurait pas de sens, y compris en termes de bonne gestion économique, d'avoir fait tout cet investissement et dépensé autant d'argent pour accompagner ces secteurs pour, au bout du compte, les laisser tomber et les voir plonger.
– Vous avez vu, ils sont de plus en plus nombreux à ne… Alors ils prennent les aides, parce que c'est indispensable, mais ils n'en veulent pas des aides. Ils veulent travailler. Vous avez vu, ce mot dièse sur les réseaux sociaux, je ne me reconfinerai pas, des restaurateurs qui disent « moi je vais rouvrir, je vais rouvrir, je vais prendre sur moi de rouvrir ». Des théâtres qui disent « attention, je vais faire des représentations contre les réglementations du gouvernement ». Est-ce que vous êtes inquiet d'un durcissement ? On parle de désobéissance et peut-être la violence dans les prochaines semaines, dans les prochains mois ?
D'abord, si votre question est de savoir, si je pense que la situation des personnes qui sont empêchées de travailler aujourd'hui à cause de la crise est satisfaisante pour eux, la réponse est non, évidemment. On parle de personnes qui n'ont pas envie de survivre grâce à des subventions, mais qui ont envie de vivre de leur passion. Des restaurateurs qui ont envie de vivre de leur travail. Des artistes qui ont envie de retrouver leur public et vivre de leur passion. Aujourd'hui, ils survivent parce que l'État leur apporte des moyens de survivre. Mais évidemment qu'ils ont envie de recommencer à travailler. On l'entend parfaitement.
Et notre souhait, c'est qu'ils puissent retravailler dès que ce sera possible. Et s'ils désobéissent ? Aussi rapidement que possible. Vous allez leur envoyer les gendars ? Après, là, je vais vous dire, c'est toujours la même chose, David Boucan. On parle beaucoup de ceux qui disent « je désobéis » ou « je vais désobéir ». Et on ne parle pas de ceux qui respectent les règles et qui attendent, malheureusement, de pouvoir ouvrir et pouvoir recommencer à travailler. Maintenant, je vous confirme que pour ceux qui décident de ne pas respecter les règles, ne serait-ce que par respect pour l'immense majorité de ceux qui respectent les règles, évidemment qu'il y a des contrôles et des sanctions.
Alors évidemment qu'il y en a, très régulièrement, qui vont être renforcés et que les sanctions elles-mêmes pourraient être renforcées.
Gabriel Attal, vous parliez du « quoi qu'il en coûte » avec Edwige Chevrillon à quelques instants. Il y a eu des rendez-vous à Matignon, au ministère de l'Économie également, avec les partenaires sociaux. Bruno Le Maire les a reçus. Et il a été question de la prise en charge des frais fixes pour les entreprises qui sont fermées. Je voudrais avoir vos précisions à ce sujet parce que c'est très important. On parlait du « quoi qu'il en coûte », ça pourrait alourdir cette addition de façon ultra conséquente pour expliquer les choses à nos téléspectateurs. Jusqu'à maintenant, les bailleurs, ceux qui possèdent les murs, pouvaient alléger, en tout cas éviter, un mois de loyer.
Ils avaient une défiscalisation. Mais c'était un mois de loyer sur une année. Là, une des pistes, et ça n'a pas marché, c'est que tout soit pris en charge. Est-ce que vous pouvez nous le confirmer ?
Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? Ce que je peux vous dire, c'est qu'effectivement, il y avait ce crédit d'impôt qui avait été mis en place au départ, auquel on a ajouté une autre mesure dès le mois de décembre, c'est la prise en charge de 20% du chiffre d'affaires plutôt que les 10 000 euros pour précisément couvrir les frais fixes, les loyers, notamment des petits restaurants ou des commerces.
Il y a ensuite une question qui se pose, c'est le sens des réunions qui ont eu lieu hier avec Bruno Le Maire et Alain Griset, pour les grands centres commerciaux qui sont maintenant fermés, puisque les centres commerciaux depuis aujourd'hui de plus de 20 000 m2 non alimentaires sont fermés et là, que ce soit pour les foncières, pour les commerces, il y a une question qui se pose. Mais y compris les petites enseignes au sein de ces centres commerciaux. Les commerces au sein de ces centres commerciaux, il y a une question qui se pose.
Et là-dessus, Bruno Le Maire, que j'ai eu hier au téléphone à l'issue de ces réunions, m'a dit très clairement qu'il y aura une prise en charge des loyers pour ces commerces et pour ces fonds. Par l'État. Donc vous nous le confirmez,
l'État va prendre en charge ses loyers parce que c'est potentiellement colossal. Ça veut dire que n'importe quel commerce qui est fermé, l'État va prendre en charge son loyer.
Là, ce que je vous parle, c'est des commerces qui ont été fermés dans le cadre des annonces qui ont été annoncées. Évidemment, on continue à suivre la situation de ceux qui sont fermés depuis un certain temps et encore une fois... Donc ils sont pour l'instant...
Je suis désolé, il faut être très clair. Donc là, vous nous dites, le loyer, c'est pour ceux qui se trouvent dans les centres commerciaux qui sont fermés.
Ce que je vous dis, c'est qu'il y a un dispositif supplémentaire qui avait été mis en place il y a maintenant quelques semaines de 70% des frais fixes pour les très grandes structures. Les grandes structures, c'est plutôt... Notamment ceux qui ont un million d'euros, je crois, de chiffre d'affaires. On va garantir que ce dispositif s'applique bien pour les grands centres commerciaux et les commerces dans ces centres commerciaux qui sont fermés depuis aujourd'hui. Que pour les autres commerces, les autres restaurants, on a déjà renforcé l'accompagnement sur les frais fixes avec les 20% du chiffre d'affaires.
Mais qu'évidemment, on continue toujours à regarder la situation et si on peut améliorer des dispositifs, on le fera.
Donc on peut aller plus loin.
On a vu là encore qu'on a toujours adapté nos dispositifs et que les 20% du chiffre d'affaires, c'est une nouveauté qui date du mois de décembre parce qu'on a vu que pour un certain nombre de restaurateurs, de commerces, le plafond de 10 000 euros n'était pas suffisant. Donc je peux vous dire que Bruno Le Maire et Alain Griset, ils sont mobilisés en permanence. Ils sont en lien en permanence avec les fédérations de commerçants, les partenaires sociaux pour adapter le cadre.
Une précision pour brosser ce que disait à l'instant Jean-Baptiste Boursier. Dans le cadre du chômage partiel, le reste à charge des entreprises, les règles doivent changer à partir du 1er mars. C'est-à-dire que les entreprises, elles vont prendre un peu plus leur part dans le cadre du chômage partiel. Est-ce que là, est-ce que ça va changer ou pas ? Est-ce qu'on va repousser ou pas cette échéance ?
Là-dessus, là aussi, il y a des discussions qui se font en cours avec Elisabeth Borne. Mais je vais vous dire, évidemment, tant que la crise se poursuivra dans ces conditions, on continuera à accompagner les secteurs qui en ont besoin,
qui se sont fermés. Gabriel Attalali, c'est des plans sociaux dans les grandes entreprises. Je ne parle que d'elles. est colossal. Colossal. Si on ajoute les PME, les TPE, c'est encore pire. Est-ce que le gouvernement a un moyen de vérifier que certains groupes ne vont pas profiter de cette crise pour licencier ?
On le fait à chaque fois. L'effet de bannes. On le fait à chaque fois. C'est vrai qu'il y a des plans sociaux qui sont annoncés, qui sont parfois liés à une situation qui était antérieure à la crise, qui sont parfois liés à la crise. À chaque fois qu'il y a ce type d'annonce, les ministres concernés, Agnès Pannier-Runacher, ma collègue de l'industrie, rencontrent les entreprises, rencontrent les partenaires sociaux, obtiennent des engagements et s'assurent que les engagements sont tenus. Je peux rajouter une autre mobilisation qui me semble extrêmement importante, qui est celle qu'on a mise en place avec l'activité partielle de longue durée.
On a mis en place ce bouclier anti-chômage justement pour les entreprises qui aujourd'hui ont leur carnet de commandes qui s'est quasiment arrêté, donc qui n'ont plus d'activité, qui, dans ces conditions-là, seraient amenées à licencier, à faire des plans sociaux. Mais pas encore très utilisés. Et 500 000 salariés quand même qui sont couverts. C'est quand même beaucoup. Et donc ces entreprises-là, qu'est-ce qu'on leur propose ? Que l'État finance une partie des salaires, ils en financent une partie et en contrepartie, les salariés se forment et sont formés à des nouvelles compétences.
C'est quand même, Edwige Chevriand, 500 000 salariés qui sont couverts par cette activité partielle de longue durée qui s'est beaucoup développée. Il y a beaucoup d'accords qui sont signés avec des grandes entreprises et c'est aussi un dispositif qu'on va continuer
de maladies. On parlera des vaccins dans quelques instants mais je voudrais qu'on parle des traitements, des médicaments avec la piste des anticorps monoclonaux. Je voudrais que vous écoutiez Yves Verrier, c'est le secrétaire général de Force Ouvrière à la sortie de la réunion avec Jean Castex. C'est en fin de semaine.
Il semble qu'il y a un traitement qui devrait voir le jour. On nous a parlé d'une publication ces jours-ci un traitement monoclonal de ce que j'ai compris. Moi, je n'y connais rien. Mais qui pourrait être déployé opérationnellement voudrait qu'on ne soit pas à 20 000 contaminations par jour mais plutôt à redescendu à 5 000 pour pouvoir le déployer. Donc on vous a parlé
d'un traitement qui pourrait déployer ces prochaines semaines. C'est ce que j'ai compris. Est-ce que vous pouvez nous confirmer cette information ? Si elle est vraie, c'est capital, Gabriel Attal. C'est capital. Le gouvernement est sur la piste effective d'un traitement.
Ce que je vous confirme d'abord, c'est que depuis le début, à chaque fois qu'il y a des traitements qui semblent prometteurs, on investit pour regarder si ces traitements effectivement sont confirmés. Il y en a certains qui malheureusement n'ont pas été confirmés. On en a beaucoup parlé. Ça a beaucoup animé le débat politique. Puis il y en a qui restent prometteurs. Et les anticorps monoclonaux en font partie.
Et donc ce que je vous confirme, il y a eu une réunion autour du président de la République vendredi sur ce sujet-là, c'est qu'on va développer des protocoles cliniques pour travailler cette piste-là qui semble s'adresser à des personnes qui sont à risque de faire une forme grave quand elles viennent d'avoir leur diagnostic positif ou qu'elles sont au tout début des symptômes. C'est a priori, d'après ce que disent les recherches scientifiques, pour ce type de patients ce traitement serait le plus indiqué. Je dis serait parce que là, encore une fois, évidemment, il faut de la recherche et tester les choses. Vous avez un calendrier ?
Là, dès les prochains jours, je crois qu'il y a des protocoles cliniques qui vont être lancés de manière importante. On regarde éventuellement... Il y a d'autres pistes, comme la colchicine par exemple. Il y a l'interféron qui est aussi un traitement qui est regardé. Je vais vous dire, depuis le début, on regarde tout. Et on investit dès lors qu'on considère qu'il y a une piste prometteuse. Mais donc là, il y a un investissement concret. On a par exemple très tôt investi dans l'oxygénothérapie à haut débit, que ce soit à domicile ou à l'hôpital, en pré- ou en post-hospitalisation.
Et ça a donné des résultats. Une dernière question, Gabriel Attal. On a investi sur... Non, mais c'est important
que les Français sachent aussi... Mais ils le savent que vous avez investi sur ce sujet. Oui, et que ça change la donne.
Qui est-ce qui travaille concrètement sur ces anticorps monoclonaux que vous poursuivez ? C'est des chercheurs. Et un calendrier ?
C'est le conseil scientifique. Je n'ai pas de calendrier d'annonce à faire. Mais ce que je peux vous dire, c'est que oui, on accélère sur notamment ces pistes-là qui semblent les plus prometteuses.
Des éléments prometteurs sur les traitements. Et puis, il y a le vaccin. La vaccination, elle est enclenchée, trop lente aux yeux de certains. Et puis, il y a ce rendez-vous manqué de la France. L'Institut Pasteur qui a dû renoncer. Qu'est-ce qui se passe ? La recherche française n'est pas à la hauteur de la situation aujourd'hui, Gabriel Attal ?
Le constat qu'a fait Emmanuel Macron dès qu'il a été élu en 2017, et même pendant sa campagne, c'est qu'il fallait réinvestir dans notre recherche. Et que c'est sûr que depuis des décennies, la France a pris un retard en termes de recherche avec un certain nombre de pays, notamment avec l'Allemagne. Qu'est-ce qu'on a fait il y a quelques mois ? On a voté une loi de programmation pluriannuelle, 25 milliards d'euros pour la recherche. Donc, on réinvestit. La deuxième chose, c'est qu'agissant des industries de santé, de la production de produits de santé, là aussi, depuis des décennies, les choses se sont réduites.
Entre 2005 et 2015, la part de la France dans les parts de marché mondial sur les produits pharmaceutiques a été divisée par deux. Donc, oui, c'est certain qu'il y a un travail de réinvestissement à faire et qu'on le fait depuis 2017. Ça ne change pas en un claquement de doigts, on le sait, mais ce travail, on l'a engagé et c'est un constat qu'on a fait dès le début de ce quinquennat.
On voit bien qu'il y a un besoin massif de vaccins. On ne va pas revenir forcément sur toutes les difficultés d'approvisionnement, mais il y a des vaccins qui marcheraient bien et puis il y a des quantités évidemment très importantes, ce sont les vaccins russes et les vaccins chinois. Est-ce qu'on peut imaginer qu'à un moment, l'Europe fasse appel à des vaccins chinois
ou russes ? Moi, je vais vous dire, j'avais déjà dit qu'il y a un proverbe chinois, je crois que j'aime bien, c'est peu importe que le chat soit noir ou gris du moment qu'il attrape la souris. Le vaccin, on ne regarde pas sa nationalité, on regarde son efficacité et sa sécurité. Donc, on pourrait avoir des vaccins russes chinois. Si il y a un vaccin qui est jugé par les scientifiques indépendants, les agences de santé indépendantes comme sûr et efficace, évidemment qu'on fera des commandes et qu'on le proposera à nos concitoyens.
Alors, de quelles infos disposez-vous sur le vaccin AstraZeneca ? Parce que le président de la République échangeait vendredi avec des confrères de la presse étrangère et alors, il leur a dit qu'il est quasi inefficace ce vaccin. Sur les plus de 65 ans, certains disent 60 ans, l'Union européenne, l'agence, l'autorité européenne sur les médicaments ne dit pas du tout ça et dit que c'est OK à partir de 18 ans. D'où le président de la République tient-il ces informations ?
Il y a une autorisation qui a été donnée par l'agence du médicament européenne qui dit effectivement qu'on peut l'utiliser sur toute personne de plus de 18 ans et qu'il y a, je vérifie, il faudra vérifier les termes exacts, mais qu'il y a, je crois, une faible démonstration dans les recherches de l'efficacité sur les traits âgés. Il ne dit pas qu'on ne recommande pas de leur fournir, mais on manque de données sur ce sujet-là. Dans ces conditions, il y a un certain nombre de pays qui ont déjà pris des décisions, je crois notamment l'Allemagne, qui a décidé de ne pas l'administrer aux plus âgés dans son pays.
Nous, comme à chaque fois, c'est des scientifiques indépendants, une autorité indépendante, la Haute Autorité de Santé, qui va nous faire des recommandations. C'est mardi qu'on aura les recommandations de la Haute Autorité de Santé et on fera un choix, on appliquera ces recommandations en fonction de ce qu'elle nous recommandera.
Gabriel Attal, d'autres questions qui concernent l'actualité maintenant. Le centre d'entraînement de l'Olympique de Marseille, c'est du foot, a été attaqué hier. 300 personnes, des images qui ont choqué évidemment. Le match de championnat prévu entre Marseille et Rennes a été reporté hier. Quelle est votre réaction ?
C'est une situation et des images qui sont absolument scandaleuses. Ce n'est pas des supporters qu'on voit, c'est des pratiques de voyous. On ne peut pas se livrer pour quelque raison que ce soit à ce type d'agissement. À la fois parce que c'est les lois de notre pays, parce qu'on ne peut pas accepter ces images dans la République, parce que c'est aussi l'image de la France. Quand on parle de football, quand on parle de grands clubs, c'est aussi l'image de la France que l'on renvoie à l'étranger. Donc évidemment, je peux vous dire que tout est fait pour identifier et appréhender ceux qui sont responsables de cette situation.
Il y a eu cette terrible agression de ce jeune sur la plateforme de Beaugrenelle, juste à côté des CIUSSS BFM TV, où il y a neuf jeunes qui ont été présentés à un juge après cette violente agression. Cinq ont été mis en examen pour tentative d'assassinat et un pour complicité. Ce phénomène de bande, ça ne date pas d'hier, ça fait très longtemps que ça dure. On le voit, même ce qu'on a vu à Marseille, c'est aussi presque des phénomènes de bande. Qu'est-ce qu'on peut faire pour tenter d'endiguer au moins ce phénomène ?
Évidemment, vous l'avez dit, c'est un sujet qui n'aide pas d'aujourd'hui. Pour moi, il y a deux choses. Il y a tout ce qu'on peut faire pour renforcer à la fois les moyens de la sécurité et de la police. Je rappelle que le président de la République a fait le choix de recruter 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires sur ce quinquennat. On augmente leurs moyens matériels, on fait en sorte qu'ils soient mieux payés pour que ça soit aussi attractif. Il y a le travail qui est en train d'être fait avec la justice. Moi, je crois beaucoup à un principe qui est tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies et si tu attaques, tu as une sanction immédiate, tu as une sanction très forte.
Et donc, on a un investissement historique dans le système judiciaire qui a été voté par les députés, là aussi pour renforcer l'efficacité. Et puis après, il y a toute la question sociétale sur la violence et le respect des règles, des droits et devoirs du citoyen dans la République. Et ça, pour moi, c'est un enjeu d'éducation, c'est l'école, c'est ce qu'on peut faire avec le service national universel, qui est un projet que j'ai porté dans mes précédentes fonctions, qu'on va continuer à faire monter en puissance. Puis c'est aussi les familles. Gérald Darmanin l'a dit à l'Assemblée nationale cette semaine, moi je crois beaucoup à ça.
Il y a une responsabilité des familles dans ces situations-là.
Alors, le projet de loi séparatisme, enfin, son terme exact, c'est renforçant les principes républicains, arrivent demain en première lecture à l'Assemblée nationale. Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, a dit qu'elle était prête à en voter certaines dispositions. Est-ce que vous, Gabriel Latave, qui venez du Parti socialiste, cela vous fait douter ? Vous vous demandez, vous vous dites, si Marine Le Pen vote nos lois, est-ce qu'on va dans la bonne direction ? Ça vous interroge ?
Je veux dire, d'abord, ce n'est pas ma boussole. Moi, ce que je veux, c'est qu'on soit au rendez-vous des engagements qu'on a pris devant les Français en 2017 et qu'on prenne des mesures qui sont efficaces. Voilà, chaque député vote comme il veut. Moi, je ne me positionne pas en fonction de Mme Le Pen, évidemment. Cette loi, elle est très importante. C'est des mesures qui sont attendues pour renforcer notre efficacité, pour lutter contre l'islamisme politique et ses effets dans un certain nombre de territoires en France.
J'ai vu des choses dans certains déplacements qui m'ont interpellé, qui m'ont heurté, et des situations qui sont inacceptables dans la République pour lesquelles il faut des réponses. On a apporté des premières réponses. Ce projet de loi ne démarre pas notre lutte contre l'islamisme politique et radical dans notre pays. On a fermé, je crois, plus de 500 lieux de radicalisation en France. On en ferme un tous les deux jours, que ce soit des débits de boissons, des associations, des écoles clandestines. On a renforcé les moyens des services de renseignement. On a identifié des quartiers de reconquête républicaine prioritaires où, là, on a une action au cas par cas. Mais il faut aller plus loin.
Il faut donner des outils supplémentaires à nos forces de sécurité, à notre système judiciaire. Et avec ce projet de loi, on s'en donne les moyens.
Grosse journée demain, parce qu'il y a le Beauvau de la sécurité qui débute également. Les forces de l'ordre, elles sont partout. Elles doivent nous contrôler au sujet de la pandémie, évidemment. Elles sont en lutte contre le terrorisme, plus tout le reste, les sujets de sécurité dont nous venons de parler. Qu'est-ce que vous allez leur dire pour les calmer, calmer leur colère ? Et est-ce qu'on va leur donner plus de moyens pour qu'ils travaillent mieux ?
C'est un moment très important, ce Beauvau de la sécurité. On met tout sur la table. Je le disais tout à l'heure, on a renforcé beaucoup les moyens de la sécurité depuis 2017. C'est plus d'un milliard d'euros en plus. C'est le renouvellement de la flotte automobile. C'est 100 euros net en plus par mois pour les gardiens de la paix. C'est des millions d'heures supplémentaires qui sont payées. C'est des recrutements. Un milliard d'euros pour rénover les commissariats dans le plan de relance. Tout ça, on le fait déjà. Et maintenant, il y a ce qu'on peut faire en plus. Il y a ce qu'on peut faire en plus en termes de moyens. Probablement qu'il y a là encore des choses qu'on peut améliorer.
Il y a ce qu'on peut faire de plus en termes de formation. C'est aussi un constat qui a été fait ces derniers mois. Formation initiale, formation continue. Est-ce que c'est trop court ? Est-ce que ce n'est pas suffisamment efficace ? On peut probablement améliorer. Et il y a ce qu'on peut faire en termes d'encadrement. Comment l'organisation se fait parmi nos forces de sécurité. En gros, avec le constat qui revient à dire qu'on a aujourd'hui des stratèges et des hommes et des femmes de terrain. Mais il manque l'échelon intermédiaire entre les deux. En gros, des chefs, des sous-chefs qui sont dans la rue avec les hommes de terrain et qui permettent aussi de faire cet encadrement.
Et donc, c'est tous ces sujets-là, avec le lien aussi entre la police et la population, qui vont être regardés. Ils vont être regardés avec les policiers, avec les gendarmes, avec leurs représentants. Ils vont être regardés en transparence puisqu'il y a ces débats, ces tables rondes qui vont être diffusées en direct sur Internet. Ils vont être regardés aussi en région puisqu'il y a des débats décentralisés qui vont avoir lieu pour que tout ne se fasse pas à Paris. Et l'objectif, c'est dans quatre mois d'avoir des mesures extrêmement fortes qui sont attendues aujourd'hui par nos forces de sécurité, par les Français qui ont besoin et envie d'être en sécurité pour avancer avec eux.
Un mot de politique et d'élections, il y a un moment qui s'annonce un petit peu difficile. Peut-être pour votre parti, c'est les élections régionales. Jean-Michel Blanquer a donc renoncé à être tête de liste pour la région Île-de-France et Laurent Saint-Martin qui le saura finalement. Est-ce que pour vous, pour La République En Marche, ça va être une déroute comme ça a été pour les précédentes élections ?
Écoutez, je vais vous faire franchement une confidence. Quand on est au gouvernement, notamment dans les fonctions qui nous amènent à soit gérer, soit expliquer la gestion de la crise qu'on est en train de vivre, on a assez peu objectivement de temps et de bandes passantes pour poser des questions sur ces sujets-là. J'entends que nos oppositions se posent beaucoup de questions sur ces sujets-là, sont très investies sur ces sujets-là. Le matin, midi et soir, elles pensent élection régionale et présidentielle et qu'elles sont avec les critiques sur le gouvernement précisément pour cet objectif. Il y a des ministres aussi qui réfléchissent.
Je vais vous dire, aujourd'hui, en le disant en plus, je sais que ça fait langue de bois de dire ça, mais c'est la réalité. Vous imaginez bien que dans nos réunions, avec le président de la première ministre, on parle de la gestion de la crise et on ne parle pas des élections.
Cette question, en revanche, est importante parce que c'est une expression démocratique fondamentale. Est-ce qu'elles auront lieu en juin ? Il y a un texte de loi
qui est en train d'être examiné par le Parlement qui prévoit les élections en juin, qui fait suite à un rapport qui a été remis par Jean-Louis Debré qui a trouvé un consensus avec les formations politiques pour que ces élections qui devaient avoir lieu en mars, je le rappelle, soient reportées en juin. Donc le Parlement examine...
Et donc au goût, à charge à l'État de s'assurer que la campagne puisse bien se dérouler aussi, y compris si on est encore en situation pandémique.
Bien sûr. Et puis je rappelle qu'il y a un rapport, c'est prévu d'ailleurs dans le rapport qui a été remis par Jean-Louis Debré, et un avis du Conseil scientifique qui doit être remis je crois début avril pour déterminer la situation épidémique et les conditions dans lesquelles peuvent se tenir les élections.
Une toute dernière question, David. Dernière question, Gabriel Attal. Un palmarès a été établi. La personnalité politique la plus souvent invitée dans les matinales radio-télé est votre collègue Marlène Schiappa. Vous glandez. Vous glandez, Gabriel Attal. Vous avez du mal à vous lever le matin. Que se passe-t-il ?
J'ai vu, je crois que c'est Figaro, c'est ça qui a sorti ça, j'ai vu le baromètre, je crois que c'est 17, moi je dois être à 15. Écoutez, moi je ne fais pas la comptabilisation. Un petit peu, un petit peu quand même parce que vous connaissez. Je ne fais pas que des matinales, la preuve, je suis là devant vous ce dimanche et c'est important qu'on ait des ministres qui soient mobilisés dans les médias et ma collègue Marlène Schiappa, elle a ce talent d'à la fois être pleinement mobilisée sur son ministère et ses sujets et puis la capacité aussi de défendre l'action collective du gouvernement.
Moi je vais vous dire, je suis ravi d'avoir des collègues qui sont capables d'aller défendre ce que fait le gouvernement y compris sur des sujets qui ne sont pas ceux de leur périmètre ministériel et Marlène le fait très bien.
Merci beaucoup Gabriel Attal d'avoir accepté notre invitation. Edwige, David, à la semaine prochaine. À la semaine prochaine. Moi je vous retrouve à 18h pour BFM TVSD et là reste avec nous, vous allez retrouver Philippe Godin et Dominique Rizet avec notamment dans quelques instants une interview sous les époux Jacob dans l'affaire Grégory.
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