Charlotte Dauphin : "C'est une œuvre construite autour de l'idée que le passé ne disparaît jamais"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La Caisse départne île-de-france fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes. Judit Beller. Bonjour.
Bonjour. Dans Parlons femmes sur Sud Radio. On explore la réussite aux féminin et la force de celles qui font la différence.
Charlotte Dauphin est une figure singulière du cinéma d'auteur français contemporain, réalisatrice, sénatrice, actrice, productrice. Charlotte, vous êtes à la tête [musique] de votre propre boîte de prod d'uphin film. Bienvenue, avec plaisir.
Votre actualité est marquée par Mel Pomè, votre deuxième longmétrage Charlotte qui a été présenté à Cannez aussi le rôle principal au côté de Pascal Grégory, Andy Mcdoel, c'est pas rien. Marisa Berenson et Finegan Oldfield. Autant dire que rien ne vous arrête.
Allez, welcome, c'est parti. Sud [musique] radio, parlons femmes, Judith Beller. Alors, les questions de parlons de femmes, parlons de femmes ou parlons femmes.
D'ailleurs, j'ai refait le titre de l'émission aujourd'hui. Vous êtes prêt, Charlotte ? Quelle femme incarne pour vous le courage sans compromis ?
Euh, alors, approchez-vous du micro, je vous en prie. Le courage, son compromis. Euh les femmes qui qui sont qui sont elles-mêmes qui qui osent qui osent aller au bout de leur de leur désirs.
D'accord. Faut bien vous mettre devant le micro pour parler. C'est comme c'est un micrctionnel. [rires] Voilà.
Donc les les femmes qui qui vont au bout de leur désir, c'est ce que vous faites vous. Oui, exactement. Voilà.
Vous avez du mal à en parler ? Non, pas du tout, pas du tout. Je suis un petit peu intimidé parce que je j'ai pas l'habitude de faire de la radio.
Oui, vous allez voir, je suis gentille. Charlotte, quel nom a changé votre vie ? Quel nom ?
Ouais. Euh, le prénom, c'est ça ? Le nom que vous voulez.
Ça peut être un prénom, ça peut être un nom complet. Euh bah puisqu'on parle de film, je dirais euh je dirais euh je dirait euh chérie. Ouais.
Euh chéri parce que c'est j'avais un jour rencontré une productrice à Los Angeles qui s'appelait Chérie et qui c'est un joli prénom. Ouais, c'est vrai. Etherry Cherry Cherry et qui m'avait parlé de de son travail, qui m'avait parlé de cinéma.
À l'époque, j'étais étudiante et en fait c'est elle qui m'a un petit peu mise le pied à l'étrier. Voilà. Chérie.
D'accord. Alors euh cette chérie, elle vous a mis le pied à l'étrier, elle vous a donné envie d'un travail que vous aviez déjà envie de faire en fait. Oui.
Bah j'avais déjà fait des études dans ce domaine donc effectivement elle m'a elle m'a ouvert des perspectives. Elle m'a elle m'a elle m'a elle m'a en fait on a on avait regardé un film ensemble et et j'ai aimé sa curiosité intellectuelle. on en a parlé pendant des heures après et je trouvais que c'était passionnant d'avoir cette cette curiosité intellectuelle et de se l'autoriser en tant que femme aussi et de et de vouloir pas nécessairement être devant devant la caméra mais aussi derrière.
C'est ça c'est ça qui vous plaît aussi, c'est l'œil l'œil précis. Exement quel compliment adressé aux femmes vous exaspère le plus ? Il y en a un.
Ex le compliment. Ouais. Euh euh c'est mignon. [rires] Elle est mignonne.
Elle est bien mignonne celle-là. Du coup forcément être une femme ça a ajouté à votre face de caractère à vous. Ouais.
Ou de faim. Ouais. Est-ce que si vous pouviez offrir un super pouvoir à toutes les femmes du monde, ça serait quoi ?
Euh la capacité à avoir la vérité. Ah ! Et avoir le courage de la regarder.
C'est ça. C'est plutôt ça. C'est plutôt le deuxième point.
Le problème en général super pouvoir, c'est celui-là peut-être d'assumer quoi. D'assumer et de et de ne pas se voiler la face. Ouais.
Qu'est-ce que vous diriez à l'adulte, vous l'adulte que vous êtes, à l'enfant que vous étiez ? Charlotte ? Hm.
Euh, ça va être un peu plus compliqué que prévu. [rires] Ah ouais ? Est-ce que vous pensez que ça allait être tout droit ?
J'ai un petit côté euh J'ai un petit côté euh on avance on avance tout droit. Ouais, en général. Mais ça se passe pas toujours comme ça.
Il faut faire des côt continuez à avancer toujours tout droit quoi. Même si vous faites un pas de côté derrière. En fait, la force c'est de continuer à avancer tout droit quand il de marcher quoi et de se relever aussi.
Alors, il est en peu près de votre second longmétrage, c'est ça ? Mel Pomen Mel Pomen auquel bah que vous avez réalisé que vous produisez dans lequel vous vous tenez le rôle principal au côté je l'ai dit tout à l'heure de Pascal Grégoryi Andy Mcdoel Marisa Berensen et Finegan Olfield. Alors je vais dire un peu le pitch he pour les auditeurs, les auditrices.
C'est Marthe qui revient dans le sud de la France 30 ans après la mort mystérieuse de sa maman et puis elle cherche la vérité sur ce drame familial. Et puis en cherchant la vérité c'est une jeune professeure d'art. Elle bascule dans un espèce de labyrinthe psychologique où les frontières entre mémoire, réalité et folie deviennent de plus en plus flou.
On sait plus très bien si c'est vrai ou pas ce qu'elle vit. Recherche de la vérité, j'ai envie de dire. H ouais, exactement.
C'est un titre révélateur parce que Mel Pomè, c'est la muse grecque hein, de la tragédie. C'est ça. Ouai.
Oui. Oui. Oui.
Donc, qu'est-ce que vous cherchez à nous raconter ? Je pense que je j'envisageais Marthe quand je l'ai quand je l'ai pensé, quand je l'ai euh quand je l'ai sculpté comme un comme un un personnage tragique. Euh et puis enfin au fur et à mesure en fait que je que je que je que je la que que je sortais que je que je la que je la que je la formais, que je la tiris de son bloc de pierre.
Oui, parce que vous passez vous quand même de de la matérialisation, vous touchez la matière en fait avant de réaliser finalement. Oui. Oui, absolument.
Oui, oui. En tant que en tant que scénariste bien sûr. Donc [grognement] donc effectivement, j'ai j'ai vu émerger cette cette sculpture, je dirais, cette ce personnage, cette chose et d'ailleurs Melpomè est une sculpture [grognement] très connue du qui est au musée du Louvre et et j'ai j'ai elle m'a semblé vraiment tragique.
Oui. H et finalement ce ce cette dimension mythologique, c'est la tragédie absolue. Euh c'est le destin, c'est le poids de l'héritage, c'est la folie totale aussi.
Ouais, ça raconte l'humanité, j'ai envie de dire. Ça raconte l'humanité et c'était intéressant de revenir au perso de l'humanité avec Melpomen, quoi. C'est-à-dire d'aller d'aller chercher l'archétype un petit peu en fait.
H euh c'est aussi une œuvre qui est construite autour de cette idée que le passé en fait il disparaît jamais vraiment. Non, ça c'est vrai. Et je pense que le passé le passé effectivement revient toujours d'une manière ou d'une autre.
C'est euh c'est c'est ça qui est je crois que c'est difficile de s'en débarrasser. Je crois que les les les les choses remontent à la surface. H alors ce que vous c'est pas que le mystère familial que vous racontez, c'est aussi ces traumatismes he c'est c'est cette transmission des traumatismes qui s'imprime pas que dans les lieux ou dans notre mémoire collective mais aussi dans nos corps finalement cette espèce de transgénérationnalité du traumatisme [grognement] absolum auquel on est tous confrontés finalement.
H oui oui, c'est vrai qu'on parle beaucoup de cela aujourd'hui. Euh je pense que on parle davantage de de de ces choses-là qui étaient à une certaine époque, j'imagine à l'époque de Melpomène [rires] peut-être tu encore que les Grecs étaient assez Oui, j'assume. [rires] Il y avait déjà une recherche assez approfondie des thèmes donc je sais pas ce qui s'est passé entre-temps mais c'est vrai [rires] que c'est vrai que que en tout cas on a perdu de la sève vous trouvez ?
Je sais pas, peut-être qu'on a perdu un peu de on a été un petit peut-être un peu sclérosé par euh par un certain nombre de choses, de codes, de ce qu'on pense qu'il faut faire, pas faire tout ça. Hm. Et euh et en tout cas euh en tout cas euh effectivement euh je je je voilà je j'ai mis en scène dans ce film euh les non les les les traumas psychologiques mais qui peuvent aussi se manifester euh à travers le corps effectivement des des des hommes et des femmes.
H bien sûr. Et alors euh il y a aussi une idée centrale du film, j'ai l'impression parce que vous nous parlez de vérité mais finalement la réalité c'est jamais objective. La réalité c'est jamais objectif.
Effectivement, je pense que c'est ce qui est intéressant dans cette recherche que Marthe fait dans ce film, c'est que elle se rend compte quee effectivement la vérité est beaucoup plus complexe qu'elle ne le pense et que et que au fond toute la galerie de personnages qu'elle va rencontrer au fur et à mesure de son enquête, parce que c'est c'est une enquête en fait qu'elle mène, euh cette cette vérité va va prendre différentes formes finalement. Euh [grognement] et et donc elle elle se rend compte que peut-être elle n'arrivera jamais à atteindre la la vérité vraie. [rires] Existe-t-elle la question ?
Euh votre œuvre c'est en fait euh c'est à la frontière entre on dit thriller psychologique en fait hein. C'est ça. Euh il y a quand même du drame intime là-dedans et puis et puis on il y a les sens qui sont très à l'affe, j'ai envie de dire.
Euh sont mal menés. Oui. Voilà.
Mais ça ça vient aussi du fait que vous travaillez beaucoup sur le rythme, les variations de lumière, les répétitions, le cadre. Oui. Oui.
Oui. Oui. Il y a une grande attention portée euh au choix des lieux.
On a tourné dans le sud de la France. Donc il y a il y a eu une recherche euh enfin moi j'aime énormément l'architecture. Donc c'est vrai que j'ai mis une attention particulière au choix des lieux.
C'est pas une représentation réaliste. On est quand même dans quelque chose de d'assez formellement, je dirais presque dans une forme de dystopie et et c'est vrai que on tourne dans des dans des lieux par exemple des architectures de Jacques Quel, il y a une portée à la couleur, le film est tourné en 35 mm. Voilà, donc c'est vrai.
Cinéma d'auteur. Cinéma d'auteur. Alors, vous faites tout, scénariste, production, réalisation, vous jouez.
Comment vous faites tout ça ? Charlotte, tu es [rires] dormit pas toute seule dans ma société de production déjà. Oui, ça j'ai vu mais quand même.
Oui, oui, je je ça m'arrête. C'est des défis que vous vous lancez. J'aime bien aller toujours un peu plus loin.
Ouais, j'aime bien voir de quoi je suis capable. Alors, justement ce ce ces variations, ces répétitions, ce cadre et tout, ça nous fait ressortir une espèce de perte de repère. Moi, je suis très très fan de David Lynch. euh euh ce trouble perceptif que lui mettait en place dans ces films, vous avez vous avez réussi à en récupérer une petite partie, réinterpréter.
Est-ce que ça fait partie de vos inspirations ? C'était ça ma question. Euh je pense je m'inspire pas directement de de de d'un artiste ou d'un metteur en scène ou d'un c'est une chose vraiment organique qui se produit et si le résultat se rapproche de David Lynch, je dirais tant mieux.
Enfin, je j'aime beaucoup son travail donc évidemment mais après bien sûr je suis cinéphile et j'ai j'ai aussi cock voilà euh j'aime énormément quoi. J'aime énormément la suggestion la le minimalisme aussi dans la dans la côté direct encore [rires] euh [grognement] la simpicité je dirais de la dramaturgie chezcock bien sûr ça je trouve ça fascinant. Euh donc euh oui oui, il y a toutes ces toutes ces références-là bien sûr, mais elles sont elles sont très inconscientes et je suis pas quelqu'un qui travaille nécessairement avec euh avec euh avec euh la volonté, enfin avec des moodboards, avec des choses comme ça en tout cas pas immédiatement.
C'est vraiment l'écriture au départ, c'est vraiment l'écriture. Après euh c'est ça peut là dans pour ce film, c'était euh c'était vraiment ce ce lieu que je connaissais qui a vraiment déterminé cette ambiance en fait. Et les acteurs alors Andy Mcdoel notamment, c'est pas n'importe qui.
Comment vous faites pour la rencontrer elle ? Vous êtes allé la voir avec votre scénario en main ? Je je lui ai transmis le scénario et c'est comme ça qu'elle a aimé quoi et qu'elle a voulu.
Elle a elle a elle a eu un coup de cœur absolu sur l'histoire. Ouais. Hm.
Comme quoi, le talent ça paye. J'espère. Votre volonté, c'est de défendre un cinéma d'auteur ambitieux mais accessible.
Charlotte, on va en parler un peu plus. On est dans Parlons femmes sur Sud Radio, vous le savez. On est avec la réalisatrice, scénariste, actrice, productrice Charlotte Dauphin, à la tête de Dauphin Film et réalisatrice du film Melomen, sélectionné à Vu à Cann au marché du film de Cann.
Restez avec nous à tout de suite. La Caisse départne île-de-france, [musique] fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes. Juditth Bref sur Sud Radio donne la parole à celle qui parle vrai.
Et oui, on est avec Charlotte Dauphin qui est réalisatrice, scénariste, actrice, productrice, directrice de Dauphin Film et à l'affiche de son deuxème longmétrage Mel Pomè où elle joue le rôle principal au côté de pas n'importe qui. Pascal Grégorien Dy McDoel, Marisa Beranson et Final Fin Olville. Alors, vous me l'avez dit hors antenne Charlotte, je vous repose la question à l'antenne parce que j'ai cherché partout, j'ai pas trouvé.
Il sort quand ce film ? Au mois de septembre. D'accord.
Et c'est dans toutes les salles, j'imagine. Dans beaucoup de salles, j'imagine. Ouais.
Vous avez un peu le track ou pas ? Oui, un petit peu. Un petit peu.
Après le film est fait, j'avais plutôt le track au moment où je le où je le montais parce que Ouais, [rires] c'est ça. Et alors quand on monte un film où on est dedans, est-ce que c'est pas bizarre ? Parce que moi perso quand je me regarde, je déteste m'écouter.
Je déteste me regarder. Je c'est pas quelque chose que j'apprécie forcément non plus. Donc je vous abstraction.
Pardon. Regard. Vous avez un deuxième regard ?
J'ai Oui. Oui. De toute façon, toutes les personnes avec qui je travaille au fur et à mesure du film sont déjà des regards en soi que je consulte assez assez régulièrement.
Notamment mon chef opérateur euh et ma monteuse est un regard très important. Bien sûr. H.
Alors ce qui est intéressant c'est que vous produisez pas seulement des films français, vous construisez des ponts entre le cinéma européen, américain, asiatique avec votre boîte, votre catalogue, il mélange des auteur confirmés, des projets émergents, euh des trucs très artistiques, très psychologiques. Il il y en a quelques-uns qui sont quand même à noter. Euh par exemple de Spicis, de Justine Chadwick avec Anthony Hopkins et Charlotte Trampling où le film réalisé, le premier film réalisé par Scarlade Johanson et Leonard the Great.
Depuis combien de temps vous faites ça ? Comment vous êtes arrivé à rencontrer ces projets ? Parce que je pense qu'il y a plein de jeunes femmes qui aimeraient bien faire la même chose que vous et qui voudraient connaître le chemin à suivre.
Charlotte dauphin. Bah écoutez, comme je vous ai dit tout à l'heure, déjà j'ai fait des études, j'ai j'ai commencé par faire des études à à Los Angeles, mais c'était un très court moment, c'était pas un très long programme, mais j'ai commencé déjà par essayer de comprendre en fait comment on fait un film. H j'ai fait mon premier courtmétrage à ce moment-là que j'ai pareil, j'ai monté, j'ai réalisé, j'ai joué dedans, enfin j'ai euh student film quoi, le film de le film de d'école, le film d'étudiant.
Donc je je voulu vraiment mettre les mains dans dans le moteur et essayer de comprendre un petit peu comment ça marche. Et puis après ça après ça, j'ai fait des rencontres de d'auteurs, de réalisateurs euh et c'est comme ça que les choses sont arrivées. Et quand vous avez monté votre boîte alors parce que c'est pas n'importe quoi de monter une boîte de et de tenir des films de ce genre-là justement.
Oui. Bah il faut il faut il faut effectivement avoir des notions de de J'ai fait aussi une école de commerce de business. Bah oui, c'est ce que j'allais dire.
Donc en fait, faut pas hésiter à aller chercher à toujours être cherchant en fait hein. C'est ça. Oui.
Oui. Et ouvert aussi. Ouvert.
Enfin, par exemple, j'ai aussi fait le premier lométrage de d'Arthur Harari qui est aujourd'hui euh est un était au festival de Cann et et aussi à à était le scénariste d'anatomie Junchut euh pour lequel il a gagné un Oscar. Enfin, donc je pense qu'il faut aussi être capable de prendre des risques d'aller de soutenir des auteurs dont on sent le potentiel. Et euh comment vous savez si un auteur a un potentiel ou pas ?
C'est c'est c'est bon évidemment lui en l'occurrence il avait fait déjà quelques courtmétrages donc il a fait déjà quelque chose d'une de l'ordre de la voix unique qui qui émergeit déjà à ce moment-là et c'est vraiment l'idée de de de ressentir ça. Je pense qu'il faut être aussi donc il faut avoir quoi qu'il arrive une sensibilité artistique que moi je je développe plus que un producteur classique. Voilà c'est ce que j'allais dire c'est que vous faites partie vraiment d'une nouvelle génération de producteurs auteurs qui considèrent la production comme un geste artistique à part entière en fait.
Oui, absolument. Oui, mais pour moi, de toute façon, c'est pas je veux dire quoi qu'on fasse dans la vie, un moment on est obligé de on est obligé de de de voir ce qu'il y a un petit peu derrière derrière enfin com comment les choses se passent quoi. Je veux dire quand on apprend à jouer du au piano on est un petit peu obligé de passer aussi par le solf passer.
Donc il faut essayer de comprendre et puis si on peut réparer le piano soi-même, je dirais c'est encore mieux quoi. [rires] [souffle coupé] Ah oui, vous pourriez vous pourriez aller jusque là vous. Non, mais je veux dire essayer de comprendre, voilà, d'aller un petit peu d'être autonome en fait.
J'ai j'ai j'ai un grand besoin d'autonomie personnellement. Et donc [grognement] quand vous créez en fait quand vous produisez parce que pour vous produire c'est créé mais bon, vous créez aussi derrière, c'est vraiment un écosystème en fait créatif que vous mettez en place et qui vous permet de créer une œuvre unique quoi. Oui, absolument.
Absolument. Et puis après on on se constitue un peu une famille artistique autour de soi. Donc voilà.
Ensuite, les choses se font plus facilement quand on quand on quand on a mis un petit peu euh quand quand enfin voilà, au bout d'un moment, les choses se se font plus simplement, je pense. Ouais. H Alors, euh les thèmes que vous choisissez de produire, en général, il y a une espèce de cohérence.
Il y a beaucoup sur la mémoire, les héritages, [toux] pardon, les identités fragmentées, les figures féminines, euh la solitude contemporaine aussi, c'est un de vos thèmes. Oui. Euh c'est que des choses qui vous touchent directement.
Qu'est-ce qui vous inspire ? Je pense que bah effectivement Marthe comme je disais tout à l'heure donc Marthe qui est le personnage principal de Mel Pomen qui sortira en septembre. Absolument.
Voilà Marthe, je pense qu'effectivement j'ai vraiment été aussi à travers elle chercher vraiment les les confins de de de la solitude en fait existentielle quoi. La solitude vraiment de de l'être de l'être humain. C'est-à-dire la compréhension en fait.
Et cette incompréhension euh c'est ce qu'on parlait tout à par rapport à la vérité. la compréhension et la solitude, je pense je pense vient probablement d'une incapacité à communiquer quelque chose et à comprendre parfaitement la ce que l'autre essaie de nous communiquer aussi. Donc euh voilà, je pense que c'était ça que je voulais à travers Mart et je crois que dans mes choix de productrice, il y a aussi quelque chose de l'ordre de un petit peu l'autobiographie qui qui ressort peut-être bien sûr d'une certaine façon.
Hm. Alors justement, vous vous venez de l'univers exigeant de la danse classique, hein. Ça ça vous êtes produit sur des scènes lyriques très tôt puis c'est une blessure qui a mis fin à votre trajectoire pendant l'adolescence.
Donc forcément réorientation totale euh mais cette rigueur nécessaire au danseur, le travail acharné, aller au bout des choses, savoir comment ça marche, comment notre corps marche et cetera, tout ça, on imagine que bien évidemment c'est votre structure de base. C'est ma structure de base. Absolument.
Oui oui ou elle vient pas que de la danse, elle vient aussi un petit peu de mon éducation. Mais euh la danse clairement a été vraiment euh extraordinairement euh fondatrice dans ma personnalité. Oui, ça c'est sûr.
Et cette blessure à 16 ans qui vous réoriente vers un autre parcours qui est pas un parcours décidé au départ puisque vous vouliez être danseuse, euh comment vous avez fait pour passer ce moment de de difficulté pour le transformer en résilience finalement et en faire quelque chose comme vous l'avez fait ? Qu'est-ce c'est quoi le déclic ? le déclic d'abord d'abord il y a eu un rejet j'ai vraiment j'ai vraiment divorcé violemment avec la danse.
Je voulais plus du tout voir de la danse. C'était trop pénible. Cétait trop pénible pour vous.
Ouais. Ouais. Et et et après ça après ça on fait d'autres choses.
Donc ces chosesl on essaie de reconstruire quelque chose ailleurs. Euh mais un moment on est toujours obligé de revenir. Enfin mon premier film le tout premier longmétrage que j'ai fait parlait déjà de la danse d'une danseuse.
Donc j'allais en parler. Je pense qu'on peut pas être voilà l'autre on peut pas on peut pas être exilé toute sa vie à un moment il faut il faut revenir à ses à ses racines à ce qui vous ça vous a fait du bien de vous reconnecter ? Ça m'a fait beaucoup de bien.
Ouais ça m'a fait beaucoup de bien. Ça m'a fait ça m'a fait aussi [grognement] ça m'a fait un petit peu du mal parce que je me suis rendu compte de de que j'avais un petit peu laissé mon cœur là-bas. Mais mais oui, ça me fait du bien.
Oui ce film votre premier longmétrage, il est sorti en 2020. l'autre euh il a été salué sur le circuit international des festivals. Euh c'est un pied d'appel ça évidemment quand vous produisez un film qui est reconnu par les pères.
En tant [grognement] que femme aussi, j'imagine que c'est pas rien parce que il y a pas tellement de femmes réalisatrices encore aujourd'hui. Pas assez absolument. Alors, un petit mot là-dessus justement sur vos concepts.
Ah, effectivement, quand je suis arrivée dans cette industrie euh j'ai été confrontée à la dure réalité du fait que c'est plus difficile pour les femmes bien sûr hein, même quand on est une femme entrepreneure, même quand on a fait des études, euh ça n'est pas simple. Donc euh donc c'est vrai que je pense que c'est important que les femmes en parlent. Je crois que toutes les actrices, même les plus les plus primées, les plus les plus reconnues auquels on peut penser sont extraordinairement euh euh comment dire locaace sur ce sujet-là et et et elles se battent et et en fait le fait est qu'elles ont raison.
Donc je crois que c'est important. On a encore beaucoup de progrès à faire quoi. Qu'il y a quand même pas mal de de progrès.
Vous avez été confronté au sexisme directement ou pas ? Oui plusieurs fois. Oui oui ça m'est arrivé ou et en particulier euh sur les plateaux.
Oui, quand vous dirigez en fait peut-être aussi bah quand je suis confronté à une équipe composée majoritairement de parce que moi quand je suis dans production, ça va jusque là tout va bien. Et ensuite quand on se confronte à la réalité là c'est plus compliqué. Ouais.
Ils sont pas toujours ils aiment pas trop ça hein. On dirait. Bon et après qu'est-ce que vous comment vous faites pour vous faire entendre du coup ?
Écouter ? Bah il faut il faut il faut écouter sa vision. Il faut il faut être très clair et être extraordinairement précis et et déterminé.
Voilà. Et parler tout doucement. [rires] On peut aussi parler tout doucement parce qu'on est obligé de tendre l'oreille si vous parlez tout doucement.
C'est pas mal comme technique. Par peut-être. [rires] Peut-être.
Euh vos projets sont forcément transdisciplinaires. Il y a de la performance, il y a de l'art visuel, il y a du design, il y a du cinéma, il y a tout ce que vous aimez. En fait, vous avez besoin de tout exprimer.
Charlotte Daupin. Je crois qu'à partir du moment où j'ai dû arrêter la danse, forcément la question s'est posée de de d'ouvrir d'autres portes et à partir où j'ai ouvert une autre porte, je me suis dit pourquoi j'irais pas ouvrir une autre et puis une autre et puis une autre. Donc je j'ai commencé [rires] peut-être un peu à me dire finalement un mal pour un bien.
Allons ouvrir toutes ces portes. Et alors je vais dire une petite phrase un peu idiote mais c'est une blague que j'aime bien. Soit tu as la dalle, soit tu as pas la dalle.
Quand tu as pas la dalle, tu as que dalle. Voilà, vous avez bien raison Charlotte Dauphin. Euh vous êtes bien jeune.
On vous souhaite bah de bien continuer comme ça surtout d'avoir bien des succès et puis ce film Mel Pom qui sort du coup en septembre dans toutes les salles et ben je recommande aux auditeurs aux auditrices d'aller le voir. Merci beaucoup Charlotte. Merci beaucoup.
Vous serez au côté donc de dans ce deuxième longmétrage que vous produisez que vous réalisez au côté de Pascal Grégoryi Andy Mcdoel Marisa Berenson Finfield. Bravo pour votre implication. Merci à tous et à toutes d'être fidèle à parl femme sur Sud Radio.
Rendez-vous samedi prochain à 13h30 sans oublier demain à 19h pour cet excellent. Merci à Julien qui réalise pour vous. Je vous embrasse.
Bye. Sud [musique] Radio, parlons femmes. Juditth Beller avec la Caisse d'épargne île-de-Fance.
Fier de soutenir toutes les femmes.
Olivier Faure