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InterviewC à vous (sur YouTube)· 1 mars 2021 20 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & international

Nicolas Sarkozy et son avocat condamnés - C à Vous - 01/03/2021

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Qu'est-il reproché à Nicolas Sarkozy et à son avocat Thierry Herzog ?

  • 1:00RelanceRéponse directe

    La justice avait donc le droit d'écouter les conversations entre un avocat et son client ?

  • 1:22RelanceRéponse directe

    Mais s'il y a eu tentative de corruption, elle n'a pas abouti.

  • 2:58OuverteRéponse directe

    Comment Sarkozy pèse encore ?

  • 3:51OuverteRéponse directe

    Et lorsque le tribunal rappelle que Nicolas Sarkozy était garant de l'indépendance de la justice, il s'est servi de son statut d'ancien président.

  • 5:03FerméeRéponse directe

    Pas d'inéligibilité pour Nicolas Sarkozy, parce qu'ils auraient pu assortir la condamnation de cette peine-là.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:04InvitéFait
    « Un ancien président de la République condamné pour corruption. »
  • 0:08InvitéFait
    « Jacques Chirac, en 2011, n'avait eu que deux ans de sursis pour détournement de fonds publics. »
  • 0:27InvitéFait
    « D'avoir tenté de corrompre un haut magistrat, Gilbert Azibert, pour obtenir des informations confidentielles. »
  • 1:03InvitéFait
    « La cour de cassation a validé ses écoutes et cette apparente violation du secret professionnel. »
  • 1:24InvitéFait
    « Le pourvoi de Nicolas Sarkozy a été rejeté par la cour de cassation et le haut magistrat Aziber n'a jamais eu le poste qu'il convoitait à Monaco. »
  • 2:13InvitéFait
    « d'une particulière gravité ayant été commis par un ancien président qui a été le garant de l'indépendance de la justice »
  • 3:14InvitéChiffre
    « la corruption et le trafic d'influence, Nicolas Sarkozy risquait 10 ans de prison. »
  • 7:28InvitéFait
    « c'était la taupe de Nicolas Sarkozy. »
  • 10:27InvitéFait
    « on peut être condamné en France sur la foi d'écoute de conversation entre un client et son avocat. »
  • 10:41InvitéFait
    « Ça pose le sujet de l'existence même du PNF, de ses méthodes et puis de son indépendance. »
  • 11:24InvitéFait
    « Nicolas Sarkozy, c'est un ancien président de la République battu au terme d'un premier mandat qui rêvera toujours d'en faire un second. »
  • 17:24InvitéFait
    « Il est accusé de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012 et de dépassement du plafond autorisé des dépenses. »

Temps de parole

  • Invité31 %
  • Invité 225 %
  • Invité 320 %
  • Présentateur15 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Mais d'abord, Patrick, c'est une première. Un ancien président de la République condamné pour corruption.

0:04
Invité

Oui, premier ancien président de la Ve République condamné à de la prison ferme. Jacques Chirac, en 2011, n'avait eu que deux ans de sursis pour détournement de fonds publics. Disons d'abord que Nicolas Sarkozy, ayant fait appel, tant que la condamnation n'est pas définitive, il reste présumé innocent, mais la sentence est lourde et le jugement sévère.

0:22
Présentateur

Vous nous rappelez le fond de l'affaire. Qu'est-il reproché à Nicolas Sarkozy et à son avocat et ami Thierry Herzog ?

0:27
Invité

D'avoir tenté de corrompre un haut magistrat, Gilbert Azibert, pour obtenir des informations confidentielles, voire une influence, un coup de pouce sur un pourvoi en cassation que l'ancien président avait formé pour une autre affaire. Mais les conversations entre Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog ont été interceptées par un juge qui enquêtait sur une troisième affaire, celle du supposé financement libyen de sa campagne de 2012, interceptée sur une ligne clandestine, une recharge, elle sait faire la carte pour être précis, que l'ancien président avait fait prendre sous un faux nom, celui de Paul Bismuth.

1:00
Présentateur

La justice avait donc le droit d'écouter les conversations entre un avocat et son client ?

1:03
Invité

Alors c'est l'un des points les plus vivement contestés par la défense, mais la cour de cassation a validé ses écoutes et cette apparente violation du secret professionnel a compté du moment où l'avocat est lui-même soupçonné d'avoir commis une infraction. Les enquêteurs sont en droit de l'espionner et le tribunal a validé dans le jugement l'essentiel des écoutes.

1:22
Présentateur

Mais s'il y a eu tentative de corruption, elle n'a pas abouti.

1:24
Invité

En rien, le pourvoi de Nicolas Sarkozy a été rejeté par la cour de cassation et le haut magistrat Aziber n'a jamais eu le poste qu'il convoitait à Monaco. Nicolas Sarkozy n'est même jamais, semble-t-il, intervenu auprès du prince Albert. Tout cela peut sembler donc dérisoire, mais aux yeux de la loi et de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, la corruption est établie aussitôt qu'on l'envisage ou qu'on en discute. Les juges affirment avoir trouvé dans les écoutes les preuves du pacte de corruption entre les trois hommes et la gravité de la peine est justifiée par la qualité des prévenus.

Tous deux avocats, donc ayant parfaitement conscience du caractère frauduleux de ces agissements, ils ont, dit le tribunal, porté gravement atteinte à la confiance publique en instillant l'idée que les procédures devant la cour de cassation pouvaient faire l'objet d'arrangements occultes. Enfin, les faits dont Nicolas Sarkozy s'est rendu coupable sont, je cite toujours, d'une particulière gravité ayant été commis par un ancien président qui a été le garant de l'indépendance de la justice et qui s'est servi de son statut et de ses relations pour gratifier un magistrat.

Fin de citation en clair, c'est parce qu'ils sont puissants qu'ils sont puissamment punis, mais il y aura donc un procès en appel au mieux à la fin de l'année, sans doute. Début 2022 ? Je m'avance un peu parce que les agendas, les audiencements, comme on dit, de la justice, c'est compliqué, mais sans doute début 2022.

2:47
Présentateur

Marc Leplon, Jean Bonsoir, vous êtes journaliste au point. Vous avez suivi le procès de l'affaire des écoutes, l'intégralité des audiences. À vos côtés, Ludovic Vigogne, journaliste à l'opinion. Vous signez l'enquête qui fait la une du quotidien ce matin. Comment Sarkozy pèse encore ? Peut-être que ce jugement va être révisé à l'aune de ce jugement. Décision sans précédent et une condamnation lourde et sévère, a rappelé Patrick Cohen. Vous êtes de cet avis ?

3:12
Invité

Oui, c'est une décision lourde et sévère. Pour remettre un petit peu dans le contexte, pour les faits qui lui sont reprochés, la corruption et le trafic d'influence, Nicolas Sarkozy risquait 10 ans de prison. Ça peut paraître moindre. En même temps, c'est la première fois, vous l'avez rappelé, qu'un président de la République est condamné à de la prison ferme. C'est donc évidemment une sanction extrêmement sévère à rapprocher par rapport aux faits. Et comme vous l'avez dit également, le trafic d'influence qu'on lui reprochait est réel ou supposé. C'est-à-dire qu'il ne suffit pas d'obtenir ce que Sarkozy voulait. Le simple fait qu'il ait cherché à l'obtenir suffit à emporter sa condamnation.

Et c'est ça que les juges ont essayé de prouver. Et c'est pour ça qu'ils ont rendu cette décision.

3:51
Présentateur

Et lorsque le tribunal rappelle que Nicolas Sarkozy était garant de l'indépendance de la justice, il s'est servi de son statut d'ancien président. C'est une condamnation morale qui s'ajoute à la condamnation pénale ?

4:03
Invité

Oui, on imagine la colère que ça doit susciter chez Nicolas Sarkozy. On sait très bien que c'est un homme qui est extrêmement sensible à sa réputation. Et donc entendre la présidente aujourd'hui du tribunal correctionnel dire qu'il s'est servi de son statut de chef de l'État, c'est quelque chose qui ne doit pas passer en lui, ça c'est sûr. C'est une réalité ? Ça je ne sais pas. Il y a eu un jugement aujourd'hui. Ensuite, il a été parti dans une guerre ouverte avec le parquet national financier. Et là, le parquet national financier a marqué un point. Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à démontrer que cette institution créée par François Hollande faisait preuve d'acharnement, d'abus de pouvoir.

Et donc c'est vrai que pour lui, c'est une lourde condamnation qui s'est abattue sur ses épaules aujourd'hui. Une lourde condamnation, pardon, un point important pour son avocat Thierry Herzog, qui est condamné, évidemment c'est suspendu par l'appel, mais qui est condamné à 5 ans d'interdiction professionnelle, ce qui est une peine particulièrement lourde et une punition très sévère pour un avocat en exercice, évidemment.

5:03
Présentateur

Oui, et pas d'inéligibilité pour Nicolas Sarkozy, parce qu'ils auraient pu assortir la condamnation de cette scène-là. Non, tout à fait. Et ça n'a pas été le cas.

5:10
Invité

Ça n'a pas été le cas.

5:11
Présentateur

À la barre, pendant son procès, Nicolas Sarkozy avait fermement réclamé d'être lavé de cette infamie. Aujourd'hui, est-ce qu'il est frappé d'infamie pour continuer sur la condamnation morale à laquelle il a été très sensible ?

5:23
Invité

Oui, je pense qu'il doit vivre ça comme une injustice flagrante, et comme un abus de pouvoir du parquet national financier, et comme une mauvaise lecture de la justice, et comme un acharnement. C'est vrai qu'aujourd'hui, il est au cœur de plusieurs affaires, qu'il est dans cet étau-là, que parfois même, ça l'atteint. Parce qu'on sait très bien quelle est la détermination, Nicolas Sarkozy, sur l'échiquier politique. Peu d'hommes politiques en ont une semblable. Or, de temps en temps, maintenant, il met un peu le genou à terre.

C'est vrai qu'après avoir été mis en examen à l'automne, une nouvelle fois dans l'affaire du soupçon de financement libyen de sa campagne de 2007, il est sorti un peu grogui des quatre jours d'audition. Certains qui l'ont vu après le procès des écoutes l'ont trouvé un peu secoué. Et c'est vrai qu'il a le sentiment d'être pris dans une as dont il n'arrive plus à s'extraire. Un seul exemple, il y a aujourd'hui ce jugement, et le 17 mars commence un autre procès, celui de Big Malion, et il va se présenter cette fois-ci en situation de faiblesse. Et où, normalement, Thierry Herzog devrait être son avocat, devrait le défendre.

6:23
Présentateur

Oui, mais comme elle appelle le suspensif, il le défendra. Secoué Nicolas Sarkozy ? Vous l'avez senti secoué au terme des semaines d'audit ?

6:32
Invité

Oui, alors, ceux qui l'ont entendu au tribunal l'ont aussi vu extrêmement combatif. Et alors, Nicolas Sarkozy, il a une piste sur laquelle il va sans arrêt, c'est celle de l'acharnement judiciaire, et c'est ce que ses avocats ont tenté de faire, c'était d'objectiver cet acharnement judiciaire. Alors, nous, c'est le travail que j'ai essayé de faire avec le point de...

6:50
Présentateur

Ça fait la une, oui. L'écouteur d'une justice très politique.

6:53
Invité

Depuis plusieurs mois, c'est qu'il faut comprendre qu'il y a une affaire dans l'affaire, c'est-à-dire qu'on a une information judiciaire qui a été menée par des juges indépendants et qui l'ont conduit au renvoi devant le tribunal correctionnel de Nicolas Sarkozy et de son avocat.

Ensuite, il y a parallèlement à ça une enquête, une enquête parallèle du parquet national financier qui a été menée, c'est-à-dire qui est menée par des procureurs du parquet national financier, qui a consisté à rester en vie pendant six ans et à éplucher les fadettes, ce sont les factures détaillées des téléphones de plusieurs avocats qui étaient proches de Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog, parmi lesquels figurent Hervé Témim ou encore Éric Dupond-Moretti, qui est aujourd'hui ministre de la Justice. Cette enquête, elle visait à trouver une chose, c'était la taupe de Nicolas Sarkozy.

Parce qu'en fait, on s'est aperçu que Nicolas Sarkozy avait reçu une information comme quoi la ligne Paul Bismuth était sur écoute. Quand il a reçu cette information, les juges se sont immédiatement dit, les procureurs se sont dit, il y a une taupe chez nous et il faut faire en sorte de la trouver. Et plutôt que de confier cette enquête-là au juge indépendant, ils ont gardé l'enquête qu'ils ont menée pendant six ans. Elle est restée dans un état végétatif pendant des mois entiers et elle n'a jamais été communiquée à la défense. Elle ne l'a été qu'au bout de six ans, juste avant la tenue du procès.

Donc là, ce que va dire Nicolas Sarkozy, c'est déjà, il y a une attente considérable aux droits de la défense et aux principes du contradictoire. Puisqu'ils ne communiquent pas l'enquête. Et s'ils ont gardé cette enquête, on le comprend parfaitement à la lecture de votre papier, c'est qu'ils soupçonnaient en eux-mêmes, au sein même du parquet financier, la présence de la taupe. Et c'est encore plus, ça va plus loin que ça. Parce qu'il y a eu cette enquête préliminaire, au moins elle était inscrite dans un certain cadre procédural.

Ce qu'on révèle la semaine dernière dans Le Point, c'est qu'il y a un procureur du parquet national financier qui a donc soupçonné sa propre chef, qui était à l'époque Eliane Oulette, d'être la taupe de Nicolas Sarkozy. Alors, pas volontairement, elle ne l'aurait pas fait pour venir en aide à Nicolas Sarkozy. Elle aurait fait ce qu'elle aurait confié à sa fille l'information. Sa fille, qui était avocate à l'époque, l'aurait dit à son patron. Et son patron l'aurait dit à un associé de Pierre-François Veil. Et Pierre-François Veil, qui est donc le frère de Jean Veil et qui est avocat lui aussi, l'aurait répété à Thierry Herzog. Donc, on aurait eu un circuit de l'information comme ça.

8:56
Présentateur

Donc, il n'y a pas une taupe, il y en a plusieurs.

8:58
Invité

C'est un téléphone de taupe. Mais le problème, c'est que cette enquête-là, elle a été menée par ce procureur, qui a d'ailleurs comparé les factures détaillées des téléphones qui apparaissaient dans l'enquête préliminaire avec son propre carnet d'adresse. C'est-à-dire qu'il a regardé, bon, moi, j'ai le 06 de tel ou tel collègue, je vais regarder si ce n'est pas lui qui apparaît dans les écoutes. Et ça, il ne l'a à aucun moment retranscrit en procédure. C'est-à-dire qu'on est dans un cadre procédural totalement flou. Et j'ai même envie de dire qu'il n'existe pas aujourd'hui.

9:25
Présentateur

Le tribunal est resté en deçà des réquisitions du parquet national financier qui avait demandé les mêmes peines de 4 ans d'apprisonnement, dont 2 fermes à l'encontre des 3 prévenus. Malgré tout, c'est une victoire pour le PNF. Et le patron, Jean-François Bonnert, était présent en personne pour assister au jugement.

9:42
Invité

Oui, bien sûr. Alors, il était présent en personne pour assister au jugement. Il était aussi venu au moment du réquisitoire des procureurs Blachon et Guillet. C'est évidemment une victoire du PNF, puisque le jugement consacre cette enquête. Maintenant, il y a un appel. Je pense qu'il y a un certain nombre d'éléments encore, parmi lesquels les révélations du point qui vont être mises sur la table juridique. Et on va voir ce que ça donnera dans effectivement quelques mois, à la fin de l'année, peut-être, mais peu probablement l'année prochaine.

10:12
Présentateur

Pierre.

10:12
Invité

La condamnation de Nicolas Sarkozy et des deux autres co-accusés de ce premier procès, puisqu'il y en avait un second, elle a évidemment provoqué de nombreuses réactions à droite de l'échiquier. Je retiens qu'on peut être condamné en France sur la foi d'écoute de conversation entre un client et son avocat, y compris quand les écoutes ont été faites illégalement. Là, franchement, honnêtement, je trouve que c'est une condamnation tout à fait discutable. Ça pose le sujet de l'existence même du PNF, de ses méthodes et puis de son indépendance.

Chacun sait l'affection, le respect que j'ai pour Nicolas Sarkozy, qui a été un grand président de la République et qui, en ces moments difficiles, a évidemment mon soutien, mon soutien amical. Et on avait donc terminé avec Gérald Darmanin. Cette condamnation rebattait-elle le jeu à droite alors que les présidentielles sont pour l'année prochaine ? Il y a aussi le calendrier judiciaire que vous avez tous deux évoqué. Mais vous le rappeliez ce matin dans votre enquête, Ludovic, dans l'Opinion, Nicolas Sarkozy dit partout qu'il a tourné la page. Vous y croyez ? Non, évidemment que non.

Et Nicolas Sarkozy, c'est un ancien président de la République battu au terme d'un premier mandat qui rêvera toujours d'en faire un second, qui saisira la moindre opportunité qui lui permettrait de le faire. Il n'est pas le premier. Valéry Giscard d'Estaing, avant lui, n'a jamais renoncé. Et donc Nicolas Sarkozy est dans cette catégorie-là. C'est quelqu'un aussi qui voit que l'élection présidentielle approche. Et c'est comme un cheval de course dans le boxe juste avant que la course ne commence. Donc il sent la compétition arriver. Et donc ça réveille en lui beaucoup d'instincts, beaucoup d'envie, beaucoup de pulsions.

Il se voit comme un recours si Emmanuel Macron ne pouvait pas se représenter ? Aujourd'hui, c'est ça. Oui. Aujourd'hui, il y a ce qu'il dit officiellement. Effectivement, là, j'ai tourné la page. Et puis officieusement, c'est vrai qu'il invite ses proches à laisser courir le bruit que si c'était le chaos, ce serait Sarko. Voilà, c'est la fameuse formule que tout le monde se partage.

12:16
Présentateur

Avec quelle chance de se réaliser ? Indépendamment d'un Emmanuel Macron qui ne pourrait pas se représenter.

12:21
Invité

Aujourd'hui, elle est plutôt faible. Mais on l'a dit tout à l'heure, Nicolas Sarkozy, d'abord, il a une détermination à nul autre pareil. Deuxièmement, la droite n'a pas de candidat naturel, n'a pas de chef. Nicolas Sarkozy en reste le chef, lui. Dans les sondages, il reste la personnalité préférée des sympathisants LR. Et puis, lui, il pronostique le chaos, il pronostique la décadence. Il dit depuis 4 ans, comme il le disait d'ailleurs sous François Hollande, que ça va mal finir le quinquennat d'Emmanuel Macron. Et que donc, au début de l'année 2022, on aura besoin d'un homme qui a su gérer des crises, qui a l'expérience pour redresser le pays.

12:59
Présentateur

Et il est très sévère pour tous les autres prétendants à droite. Xavier Bertrand, il n'a pas l'étoffe. Valérie Précresse, elle a commis une erreur majeure en quittant les Républicains.

13:09
Invité

Oui, mais ça, on n'est pas surpris. On sait très bien que Nicolas Sarkozy, il a toujours la dent dure vis-à-vis de ceux qui lui ont succédé. C'est comme ça, on n'aime jamais vraiment son successeur. Et puis, il se considérera toujours le meilleur. Et puis, il constate aussi que c'est vrai, pour l'instant, personne n'a fait le trou. Après, on peut voir aussi qu'il laisse chacun s'égayer dans la nature, qu'il laisse chacun faire ses chances. Après, on a vu aussi que quand François Baroin pointait le bout du nez, c'était pourtant le candidat qui était censé avoir le plus les faveurs de Nicolas Sarkozy. Et puis, Nicolas Sarkozy a su désinguer en sous-main sa candidature.

13:46
Présentateur

Pour ceux qui le connaissent, écrivez-vous, Nicolas Sarkozy ne peut concevoir que deux scénarios. Soit il sera candidat, soit il sera celui qui amène la droite à Emmanuel Macron et tire les ficelles du futur casting gouvernemental. De toute façon, il se voit au centre, quoi qu'il arrive.

13:59
Invité

Oui, il se voit en celui qui tire les ficelles. Il a plutôt de l'estime pour Emmanuel Macron, même s'il est très critique pour lui. Mais il est chef de l'État, il a réussi à se faire élire. Et donc, il se dit s'il est en situation de se représenter, s'il est en situation d'être élu. Eh bien, je serai le dealmaker, je serai celui qui lui amènera la droite, qui choisira le prochain casting gouvernemental, qui choisira éventuellement le Premier ministre. Et même dans la Macronie, aujourd'hui, on est assez conscient de ça. On est assez conscient que si Nicolas Sarkozy apporte un coup de main à Emmanuel Macron en 2022, ce ne sera jamais gratuitement. Il y aura forcément une monnaie d'échange.

14:36
Présentateur

Nicolas Sarkozy qui a reçu le soutien de son épouse. Carla Bruni Sarkozy qui a publié ce message sur Instagram a ses 571 000 abonnés. « Quel acharnement insensé, mon amour, le combat continue, la vérité fera jour. » Hashtag injustice, un nouveau combat judiciaire sur cette affaire ne fait que commencer.

14:53
Invité

Alors oui, l'affaire ne fait que commencer, c'est certainement vrai. Moi, je voudrais revenir sur les propos de Christian Jacob aussi, quand il appelle à l'indépendance du parquet, qui pose question. On voit juste après qu'on a Gérald Darmanin qui commente une décision de justice individuelle tout en rappelant après qu'il la commente, mais qu'il ne la commande pas vraiment parce qu'il n'a pas vraiment le droit de le faire comme il est au gouvernement. Et à côté, sur l'indépendance du parquet, le parquet national financier n'est pas plus indépendant qu'un autre parquet, mais pas moins non plus.

Et en 2014, quand il est créé à la suite du scandale Cahuzac, d'ailleurs, ce qu'annonce François Hollande à l'époque, c'est qu'il sera véritablement indépendant et qu'on va faire voter une réforme constitutionnelle pour garantir ce statut au procureur. Or, cette réforme, elle ne verra jamais le jour. Et c'est en partie à cause de la droite, en partie à cause de la gauche. Finalement, il n'y a jamais aucun parti qui a souhaité l'indépendance des magistrats. Je pense que c'est la droite qui l'a bloquée au Sénat. Exactement. Pour être tout à fait précis sur... Non, mais tout à fait. C'était pas la première fois.

Et aujourd'hui, Éric Dupond-Moretti l'avait encore annoncé lors de son intronisation à la suite de Nicole Belloubet. Et la réforme a été aujourd'hui complètement remisée au placard parce qu'il n'a pas du tout la manœuvre politique, la marge politique pour le faire. En lisant votre enquête, pardon, dans le dernier numéro du Point, on se demande s'il n'est pas même un peu trop indépendant le parquet national financier ou alors indépendant individuellement dans ces différents éléments. Parce qu'il y a quand même une situation qui est invraisemblable.

Enfin, je ne sais pas quelles seront les conséquences au niveau peut-être de la procureure Champreneau, qui est la supérieure hiérarchique auquel s'est adressé le procureur. Mais enfin, c'est une situation qui interpelle n'importe quel citoyen tout de même. Oui, et puis normalement, les parquets sont maîtres de ce qu'on appelle l'action publique. C'est eux qui choisissent de poursuivre ou pas des gens. En revanche, l'action publique, il y a également un contrôle qui est fait normalement par les parquets généraux. Et en l'occurrence, c'est à Paris le parquet général de Paris.

Or, l'enquête bismuth, l'enquête préliminaire qui est lancée, celle qui verra les fadettes d'avocats être épluchées, elle n'avait même pas fait l'objet à l'époque d'un signalement à sa hiérarchie. Donc c'est vraiment une enquête qui a été menée en vase clos au PNF, aux mains de quelques procureurs. Alors oui, après l'indépendance, c'est une affaire d'hommes. C'est moins une affaire de réforme que de gens qui s'estiment indépendants et qui ne veulent pas prendre de consignes du pouvoir. Et qui appliquent cette indépendance. Et qui appliquent leurs principes, ce qui est important.

En revanche, ça n'apparaît pas non plus complètement aberrant qu'il y ait un contrôle, un véritable contrôle de l'action publique qui puisse être menée, un autre regard qui puisse être porté sur des choix procéduraux, comme c'est le cas dans la très grande majorité des affaires. Alors, comme le disait Carla Bruni, le combat continue. La pression judiciaire aussi, vous le rappeliez. Dans un peu plus de 15 jours, Nicolas Sarkozy doit de nouveau faire face à des juges pour le procès de la fabrique Malion. Il est accusé de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012 et de dépassement du plafond autorisé des dépenses.

Mais contrairement aux autres prévenus, il n'est pas poursuivi pour faux et usage de faux, escroquerie et abus de confiance. Est-ce que vous savez dans quel état d'esprit il aborde ce procès ? Procès qui risque de virer au grand déballage, puisqu'ils ne sont pas tous logés à la même enseigne, si je puis dire. Tout le monde n'est pas sur la même ligne. Il aborde ce procès comme chacun de ses rendez-vous judiciaires. C'est-à-dire qu'il travaille beaucoup en amont. Il est très médiculeux. Il prépare beaucoup ses arguments. Ça, il est toujours extrêmement préparé avant de se présenter.

Ce qui est sûr, c'est que vous le disiez, là, ce sera très différent, puisque lors du procès des écoutes, les trois prévenus avaient la même ligne de défense. Là, ce ne sera pas le cas. Les 14 prévenus n'auront pas la même ligne de défense. Ça peut tourner au grand déballage. Nicolas Sarkozy, lui-même, un ténor de la droite, il y a une dizaine de jours, a expliqué « Attendez-vous à avoir des surprises ». Donc, effectivement, ça peut être assez spectaculaire. Et je le disais tout à l'heure, c'est sûr que ce qui vient de se passer aujourd'hui... C'est sûr qu'aujourd'hui, le jugement le met dans une situation un peu de faiblesse, rien que psychologique, par exemple.

Et alors, il n'y aura pas cet échange, en tout cas, avec le parquet national financier, parce que l'affaire Big Malian, c'est une affaire de juge indépendant, mais qui avait été suivie par le parquet de Paris. Déjà, on n'aura pas ce match-là, et on retrouvera peut-être un petit peu de sérénité dans notre justice, et ce sera une bonne chose. Et il n'est pas accusé, là, pour le coup, d'avoir détourné de l'argent ou participé à des opérations financières litigieuses. C'est juste qu'il a dépassé, beaucoup dépassé, doublé, en l'occurrence, le plafond des comptes de campagne.

Et la question sera de savoir s'il avait connaissance de ce dépassement ou pas, ou si, c'est ce que disent toujours, c'est ce que dit la défense des hommes politiques, consiste à chaque fois à dire, « Moi, ce n'est pas mon affaire, ça, c'est une affaire de boutiquier, ce sont mes directeurs de campagne qui sont en charge de ça. Moi, les petites affaires du quotidien, je ne m'en charge pas, je suis concentré sur ma campagne. » Donc, on verra le degré de connaissance qu'il avait de ce dépassement, et ça, ce sera une affaire intéressante à suivre.

19:26
Présentateur

Procès en appel de l'affaire dite Bismuth en 2022, ça paraît quand même serré pour une candidature aux élections présidentielles.

19:34
Invité

C'est sûr que ça percute un peu le calendrier présidentiel.

19:37
Présentateur

Oui, c'est une façon assez poétique de le dire. Merci beaucoup.

19:40
Invité

Et en attendant, la troisième affaire, qui est celle du financement libyen.

19:43
Présentateur

Oui, exactement.

19:44
Invité

Où l'instruction n'est pas encore du tout terminée. Ah non, il y a combien ? Huit ans d'instruction ? Oui, il y a longtemps.

19:49
Présentateur

Ah oui, donc on n'est pas prêt d'assister à un procès ?

19:52
Invité

Ah, certainement pas, non, pas encore.

19:54
Présentateur

Merci beaucoup, Marc Leplongeon. Du point, je rappelle cette une, les coups tordus d'une justice très politique, les révélations sur des méthodes douteuses et des règlements de compte au parquet national financier. C'était le numéro du 25 février dernier. Merci beaucoup, Ludovic Gugogne. L'opinion, c'est tous les jours en kiosque avec vos excellents papiers. Merci beaucoup à tous les deux.