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interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 23 avril 2025 2 minAutoproduit

Reconnaître la Palestine

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

La bataille qui est engagée, qui est une bataille militaire sur le terrain, de répression, mais qui est aussi une bataille du récit, qui veut déshumaniser, effacer les voix, les vies, les visages, les noms et les prénoms des Palestiniens. Notre interdiction de territoire s'ancre là-dedans, avec l'interdiction de tout œil extérieur. Les yeux extérieurs des journalistes internationaux, qui doivent être « embedded », qui doivent être liés à la politique israélienne pour être acceptés sur place. Les reporters palestiniens qui se font tuer.

Rappelez que la Palestine est aujourd'hui le pays dans le monde où il y a le plus de morts côté journaliste, où c'est un tiers des journalistes mondiaux qui se font tuer sur place là-bas, tués par l'armée israélienne. Autre œil interdit, c'est celui des associations. En premier lieu, l'UNROI, qui est interdit de territoire. Et enfin, nous, les élus maires parlementaires. Ça fait cinq jours maintenant qu'on a reçu ce refus d'entrer sur le territoire israélien.

Et en cinq jours, il n'y a pas eu une seule réaction de la présidence de la République, pas une seule réaction du ministère des Affaires étrangères, pas une seule réaction du gouvernement, pas une seule réaction de la présidente de l'Assemblée nationale ou du président du Sénat. On demande à ces institutions, aujourd'hui, de sortir du silence et de sortir de l'ambiguïté. Mais plus généralement, on demande au président de la République de sortir du silence et de sortir de l'ambiguïté après 18 mois où un peuple se fait écraser et où on a une politique qui tortille. Que ça soit clair désormais que la France, sans condition, va reconnaître l'État de Palestine.