"Nous sommes à la fin d'une histoire, il faut tout reconstruire" : le "8h30 franceinfo" d'Arnaud Robinet, dimanche 23 juin 2024
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Comment Edouard Philippe imagine créer cette majorité parlementaire qu'il appelle de ses voeux ?
- 0:46RelanceRéponse partielle
Mais qui réellement ? Très concrètement, parce que dire sociodémocrate très largement, oui on peut l'entendre, mais concrètement ce sont des hommes et des femmes qu'il va falloir mettre à peu près dans le même camp ?
- 1:12RelanceRéponse directe
Mais quand même, dans ce bloc central, comme vous dites, rassembler depuis la droite jusqu'aux écologistes, ça semble quand même très compliqué.
- 1:46OuverteRéponse partielle
En même temps, en fait, on est en train de parler d'une espèce de troisième tour, puisque pour l'instant, d'ailleurs, si on regarde les sondages, cette hypothèse n'existe pas. Est-ce qu'en coulisses, les discussions, elles ont déjà commencé ?
- 2:26FerméeÉludée
Mais donc, ça veut dire que des discussions existent avec Raphaël Glucksmann ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Alors, on a vu qu'Edouard Philippe, on l'a dit, a pris ses distances, quand même, d'une certaine façon, avec Emmanuel Macron. Est-ce que, finalement, ça, ce n'est pas un affichage d'une certaine désunion dans ce qui était la majorité présidentielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08PrésentateurFait
« Cette semaine, Edouard Philippe, que vous soutenez, a clairement pris ses distances avec l'Elysée. »
- 0:11PrésentateurFait
« Selon lui, Emmanuel Macron a, je cite, tué la majorité présidentielle. »
- 0:18Invité politiqueFait
« Quand on prend la décision de dissoudre, on met fin à une histoire. »
- 0:22Invité politiqueFait
« Donc on met fin à la majorité présidentielle, du moins à l'ex-majorité présidentielle. »
- 2:21Invité politiqueFait
« soit la santé, l'éducation, la question de la dette publique. »
- 2:51Locuteur non identifiéFait
« Est-ce que, finalement, ça, ce n'est pas un affichage d'une certaine désunion dans ce qui était la majorité présidentielle ? »
- 2:58Invité politiqueFait
« Est-ce qu'on peut reprocher Edouard Philippe de ne pas avoir été loyal depuis 2017 ? »
- 3:21Invité politiqueFait
« c'est le président de la République qui a décidé, à 21h02, le soir des élections européennes, de dissoudre l'Assemblée nationale. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Je crois qu'il faut en prendre acte. Le président a mis fin à sa majorité présidentielle. »
- 4:20PrésentateurFait
« Au bout de 7 ans, on ne sait toujours pas ce que c'est que le macronisme ? »
- 5:03Locuteur non identifiéFait
« on se souvient qu'en 2017, évidemment, c'était une figure rassembleuse. »
- 5:11Invité politiqueFait
« aujourd'hui, c'est vrai que la figure du président est assez repoussante, d'une certaine manière. »
- 6:21PrésentateurFait
« Est-ce que là, il ne faudrait pas un miracle pour sauver les candidats de la majorité présidentielle ? »
- 7:14Invité politiqueFait
« D'une certaine manière, oui. Vous savez, aujourd'hui, moi, je considère qu'il n'y a pas 33% de Français qui sont racistes ou fascistes. »
- 7:51Invité politiqueFait
« Alors, est-ce que c'était mal expliqué ou mal compris ? Mais nous avons eu des augmentations d'effectifs chez les forces de l'ordre. »
- 10:50Invité politiqueFait
« Edouard Philippe a été très clair là-dessus. Il a dit, quand on est chef d'un parti ou quand on est patron, Premier ministre, on assume ses responsabilités et on ne se défausse pas sur ses collaborateurs ou sur ses collègues. »
- 11:09Invité politiqueFait
« Les décisions qui ont été prises à l'époque ont été les bonnes décisions. »
- 11:41Invité politiqueFait
« depuis des années, la droite républicaine, à laquelle j'appartiens, parce que je me considère d'être un élu de centre droit, nous avons mis cette question sous le tapis et en laissant notamment l'extrême droite s'en emparer. »
- 12:16Invité politiqueFait
« les Français ne sont pas racistes. Les Français veulent quoi ? C'est celles et ceux que l'on accueille sur notre territoire respectent les valeurs de la République et que si on commet un crime, un délit, on est jugé et on est expulsé. »
- 13:52PrésentateurFait
« On a l'impression que le discours, c'est nous ou le chaos. »
Temps de parole
- Arnaud Robinet68 %
- Présentateur17 %
- Locuteur non identifié15 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Arnaud Robinet.
Bonjour. Cette semaine, Edouard Philippe, que vous soutenez, a clairement pris ses distances avec l'Elysée. Selon lui, Emmanuel Macron a, je cite, tué la majorité présidentielle. Comment Edouard Philippe imagine créer cette majorité parlementaire qu'il appelle de ses voeux ?
Quand on prend la décision de dissoudre, on met fin à une histoire. Donc on met fin à la majorité présidentielle, du moins à l'ex-majorité présidentielle. Donc aujourd'hui, l'objectif est de recréer une nouvelle majorité présidentielle sur de nouvelles bases. Derrière, comme l'a dit Edouard Philippe, c'est élargir cette majorité, c'est rassembler le bloc central. Parce qu'il n'y a pas de fatalité entre LFI et le Rassemblement National. Il y a la possibilité en France d'avoir un bloc central, travaillant ensemble, des sociodémocrates jusqu'à l'ère modérée.
Mais qui réellement ? Très concrètement, parce que dire sociodémocrate très largement, oui on peut l'entendre, mais concrètement ce sont des hommes et des femmes qu'il va falloir mettre à peu près dans le même camp ?
Bien évidemment, toutes celles et ceux notamment qui ont soutenu la liste de M. Guzman aux européennes, celles et ceux qui refusent de faire une alliance avec l'extrême gauche, ils ont leur place dans ce bloc central, dans une grande majorité présidentielle, pour faire avancer bien sûr notre pays et surtout pour prendre les mesures nécessaires.
Mais quand même, dans ce bloc central, comme vous dites, rassembler depuis la droite jusqu'aux écologistes, ça semble quand même très compliqué.
Vous savez, nous sommes face à une situation assez exceptionnelle. Est-ce que l'on veut être simplement observateur et se dire, ben voilà, soyons fatalistes, entre guillemets, aujourd'hui ce sont deux blocs qui s'affrontent, l'extrême droite, l'extrême gauche ? Ou est-ce que face à une situation exceptionnelle, les républicains décident, les républicains au sensage du terme, décident de se rassembler pour porter un projet pour les trois ans qui restent ?
En même temps, en fait, on est en train de parler d'une espèce de troisième tour, puisque pour l'instant, d'ailleurs, si on regarde les sondages, cette hypothèse n'existe pas. Est-ce qu'en coulisses, les discussions, elles ont déjà commencé ? Est-ce qu'Edouard Philippe, de manière informelle, il a déjà commencé à discuter avec certains responsables à gauche, par exemple ?
Edouard Philippe, depuis maintenant plusieurs mois, je dirais quelques années, aujourd'hui discute avec tout le monde, beaucoup de terrain, à la rencontre des élus, qu'ils soient des élus d'ailleurs de renaissance, d'horizon, et même au-delà, pour échanger, dialoguer sur des sujets extrêmement importants qui intéressent les Français, qui préoccupent les Français, soit la santé, l'éducation, la question de la dette publique. C'est un âme d'ouverture, oui.
Mais donc, ça veut dire que des discussions existent avec Raphaël Glucksmann ?
Je ne sais pas si des discussions existent vraiment avec Raphaël Glucksmann, mais en tout cas, des discussions existent, des échanges existent, avec toutes celles et ceux qui refusent cette fatalité.
Alors, on a vu qu'Edouard Philippe, on l'a dit, a pris ses distances, quand même, d'une certaine façon, avec Emmanuel Macron. Est-ce que, finalement, ça, ce n'est pas un affichage d'une certaine désunion dans ce qui était la majorité présidentielle ?
Est-ce qu'on peut reprocher Edouard Philippe de ne pas avoir été loyal depuis 2017 ? Il l'a été jusqu'au bout. Et maintenant, c'est fini ? Non, je ne dis pas que c'est terminé. Aujourd'hui, il prend acte d'une décision du Prenne-la-République de dissoudre l'Assemblée nationale. Donc, c'est une nouvelle histoire qui va s'écrire. La page a été tournée. À partir de là, ce n'est pas Edouard Philippe qui a décidé, je veux dire, de dissoudre l'Assemblée nationale, c'est le président de la République qui a décidé, à 21h02, le soir des élections européennes, de dissoudre l'Assemblée nationale. Donc, à partir de là, la désunion,
elle vient plutôt de l'Élysée que de chez Edouard Philippe. Mais ça veut dire que chez Horizon, on considère que quand Emmanuel Macron a dissous l'Assemblée, il a aussi dissous, il s'est aussi dissous, il a dissous aussi le macronisme. Hier, François Hollande disait, le macronisme, si tant est qu'il ait existé, c'est terminé. Vous aussi, vous pensez que le macronisme a été dissous avec cette dissolution ?
Je crois qu'il faut en prendre acte. Le président a mis fin à sa majorité présidentielle.
Oui, mais le macronisme, c'était aussi une idée. Le dépassement auquel...
Non, mais ça ne dépend comment on définit le macronisme. Vous savez, le dépassement, il a aussi existé avant l'arrivée d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire, rassembler celles et ceux qui veulent travailler ensemble, qui ont des idéaux communs sur des sujets aussi bien précis. C'est-à-dire, rassembler celles et ceux dont les choses rassemblent plus que divisent. Donc, le macronisme, moi, je ne sais pas ce que c'est, en tant que tel, le macronisme.
Au bout de 7 ans, on ne sait toujours pas ce que c'est que le macronisme ?
En tout cas, moi, ce que je vois, c'est que le macronisme, si c'est dire aujourd'hui, le macronisme, c'est donner au bloc extrême de pouvoir exister et d'être présent sur la scène nationale et avoir des résultats tels qu'on les connaît aujourd'hui, si c'est ça, je n'y adhère pas. Mais je ne veux pas donner cette définition du macronisme. C'était rassembler celles et ceux qui voulaient travailler ensemble, mettre fin peut-être à cette opposition droite-gauche. On voit que c'est un échec, d'une certaine manière, aujourd'hui, et qu'il faudrait écrire une nouvelle page.
Alors, justement, Arnaud Robinet, vous êtes le maire de Reims, donc vous rencontrez très régulièrement des électeurs. Tous les jours. Tous les jours, nos concitoyens. Par rapport à la figure d'Emmanuel Macron, on se souvient qu'en 2017, évidemment, c'était une figure rassembleuse. Est-ce qu'aujourd'hui, vous diriez qu'au contraire, il fait un peu figure de, on va dire, carrément d'épouvantail ?
Oui, moi, les candidats me le disent aussi. Aujourd'hui, c'est vrai que la figure du président est assez repoussante, d'une certaine manière. C'est-à-dire que, quand on parle d'Emmanuel Macron sur le terrain, les gens, voilà, reculent. Mais, vous savez, je ne crois pas qu'il y a un président de la République, et moi, je ne veux pas personnaliser autour de la personne d'Emmanuel Macron, qui est président de la République, donc pour qui j'ai le plus grand respect. Mais force est de constater que, d'ailleurs, tous les présidents de la République ont eu, à un moment ou un autre, dans leur mandat, je dirais, cet effet repoussoir, cet effet, je dirais, stop, on n'en veut plus, on veut changer.
C'est le cas aujourd'hui. Peut-être que les réformes qui ont été menées ont été aussi, peut-être aussi, des réformes courageuses. Et donc, justement, quand on dit prendre du courage, c'est aussi parfois ne pas être louis d'or pour tout le monde. C'est peut-être ça qui explique cela aujourd'hui. Force est de constater aujourd'hui, c'est que nous sommes à la fin d'une histoire. Il n'y a plus de majorité présidentielle. Il faut tout reconstruire.
Juste un dernier mot, puisqu'on parlait de la Marne. Dans la Marne, il y a cinq circonscriptions. Et sur ces cinq, il y avait quatre députés sortant de la majorité présidentielle. On ne va pas rentrer dans le détail de ces circo, mais l'ERN, dans la Marne, il a recueilli 40% des voix aux Européennes. C'est 25 points de plus que la macroniste Valérie Ayet. Est-ce que là, il ne faudrait pas un miracle pour sauver les candidats de la majorité présidentielle ?
À Reims, l'ERN, c'est 28%. Aujourd'hui, les candidats sont sur le terrain. Nous sommes à leur côté. Et vous savez, une élection...
Mais c'est quand même deux fois plus que...
Oui, mais on ne peut pas... Moi, je dis toujours, on ne peut pas transposer les résultats de l'élection européenne à une autre élection. Les élections législatives, certes, sont des élections nationales, mais il y a aussi cette particularité du contact avec les électeurs. Il y a cette donne personnelle des candidats. Et je reste persuadé que dans la Marne, nous pourrons sauver nos circonscriptions.
Le 8.30 France Info, Jean-Rémi Baudot, François Baudonnet. De retour au 8.30 France Info avec Arnaud Robinet, maire Horizon de Reims. Alors, les électeurs, on parlait des électeurs que vous rencontrez tous les jours à Reims. Il y a parmi eux des électeurs du Rassemblement National. Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Est-ce qu'ils ont le sentiment que les problèmes de la France n'ont pas été réglés jusqu'à présent ?
D'une certaine manière, oui. Vous savez, aujourd'hui, moi, je considère qu'il n'y a pas 33% de Français qui sont racistes ou fascistes. Je crois qu'il y a une forme de ras-le-bol qu'il faut aussi entendre. Mais quels sont les sujets qui me sont remontés ? Ce sont des questions d'insécurité, des questions de deal, des questions aussi de non-respect des valeurs de la République.
Est-ce qu'Emmanuel Macron, qui est au pouvoir depuis 2017 maintenant, est-ce que vous pensez qu'il avait pris en compte ces aspects d'insécurité, par exemple, depuis le début ?
Force de constater que oui. Alors, est-ce que c'était mal expliqué ou mal compris ? Mais nous avons eu des augmentations d'effectifs chez les forces de l'ordre. Il y a eu aussi le sujet d'un certain nombre de dispositifs qui ont été mis en place dans nos quartiers prioritaires de la ville. Oui, des choses ont été faites. Mais peut-être que les Français l'ont mal compris, ne l'ont pas perçu. Mais en tant qu'élu local, l'État a été aussi à nos côtés. Je le reconnais. Il faut être objectif.
Mais c'est quoi ? Ça veut dire des hausses d'effectifs ? Il y a eu beaucoup d'aides, notamment pendant le Covid, où Edouard Philippe était encore à la main d'oeuvre. Est-ce que ça veut dire que derrière, les gens ne votent pas pour le camp présidentiel ? Ça veut dire qu'il y a une forme d'ingratitude de la part des électeurs ? Ils n'ont pas bien compris ?
Vous savez, nous sommes, depuis la crise de la Covid, c'est vrai que nous sommes dans une forme de crise économique, de crise sociale et sociétale. Et dans ces moments de crise, il est toujours très difficile de faire passer un certain nombre de messages où, en tant que citoyen, parce qu'avant d'être élu, je suis aussi un citoyen, de percevoir tout ce qui est fait. Et on parle plutôt des choses qui ne vont pas bien que des choses qui vont dans le bon sens. Donc aujourd'hui, en tout cas, le message n'est pas passé. Il faut en avoir conscience. Et que derrière ça, les Français lancent un appel, un peu un cri d'alarme.
Mais je le dis, on ne peut pas se résoudre à ces deux blocs d'extrémistes entre l'extrême droite et l'extrême gauche. Aujourd'hui, même si on peut avoir des critiques sur cette dissolution, sur le pourquoi du comment, je crois qu'aujourd'hui, il faut regarder vers l'avant et dire aux Français, il y a une troisième voie possible si on veut vraiment répondre aux défis auxquels nous faisons face et si on veut éviter ces deux extrêmes.
Mais est-ce que vous savez que quand, là, vous avez dit, par exemple, le message n'est pas passé, ça veut dire, encore une fois, qu'il faudrait faire de la pédagogie ? En gros, les Français n'auraient pas compris ce que vous voulez leur expliquer. À chaque fois que, en fait, le gouvernement dit on doit faire de la pédagogie, ça fait monter le Rassemblement National. Parce que les gens se disent on a très très bien compris, sauf qu'on n'est pas d'accord avec ce qu'on veut nous dire. Est-ce que vous êtes conscient de ça ?
Ça, c'est ce qu'on appelle la démocratie, bien évidemment. C'est-à-dire qu'il y a un moment, il y a des références politiques qui prennent des décisions. Les Français sont d'accord ou pas d'accord, ils s'expriment à travers les urnes. Mais je veux être objectif. Je veux dire que ce qui a été fait, notamment depuis la crise sanitaire, ont permis quand même aux Français d'avoir, de conserver, je dirais, leur pouvoir d'achat, je dirais, de sauver les entreprises, un nombre de dispositifs qui ont permis à la France de garder la tête hors de l'eau. C'est pour ça que je parle
d'une forme d'agratitude ?
Alors, vous savez, moi j'ai beaucoup de respect pour le peuple français et pour mes concitoyens. Donc, une forme d'agratitude, je ne sais pas si on pourrait le qualifier de la sorte. Mais en tout cas, ce que je vois, c'est que forcément, le message n'est pas compris. Il y a peut-être des inquiétudes que nous n'avons pas su, je dirais, détecter.
Une forme de déclassement, notamment, qui n'aurait pas été traité, sur l'inflation, les difficultés de pouvoir d'achat. Toutes ces classes moyennes qui se tournent vers le Rassemblement National, ça dit quand même quelque chose d'un échec de la politique. Et là-dessus, par exemple, Edouard Philippe ne peut pas être absent de cette forme de comptabilité. Il est comptable aussi des choses qui ont été mises en place pendant cinq ans, notamment.
Edouard Philippe a été très clair là-dessus. Il a dit, quand on est chef d'un parti ou quand on est patron, Premier ministre, on assume ses responsabilités et on ne se défausse pas sur ses collaborateurs ou sur ses collègues. Donc, il l'assume totalement. Mais force est de constater, c'est que les décisions qui ont été prises à l'époque ont été les bonnes décisions. Il est toujours facile, aujourd'hui, en regardant dans le rétroviseur, de dire, il aurait fallu faire ci, il aurait fallu faire ça. Les décisions ont été les bonnes. On peut se comparer aux autres pays européens. On voit que la France est un des pays qui s'en est le mieux sorti.
Alors, il y a un sujet dont on n'a pas parlé encore depuis le début de cette interview, c'est celui de l'immigration. Selon une étude récente, c'est la troisième préoccupation des Français, aujourd'hui. Est-ce que, selon vous, ce sujet de l'immigration, ce problème de l'immigration, pour certains, est-ce qu'il n'a pas été traité correctement ?
Vous savez, depuis des années, la droite républicaine, à laquelle j'appartiens, parce que je me considère d'être un élu de centre droit, nous avons mis cette question sous le tapis. et en laissant notamment l'extrême droite s'en emparer. Oui, l'immigration est un sujet. Quand je disais que j'ai rencontré mes concitoyens quotidiennement, c'est un sujet dont ils me parlent aujourd'hui. C'est un sujet, mais pas forcément un problème. C'est un sujet, pour certains, c'est un problème, pour d'autres, un peu moins, mais en tout cas, c'est un sujet en termes de maîtrise de l'immigration, la question notamment des OQTF. Vous savez, je le dis, les Français ne sont pas racistes.
Les Français veulent quoi ? C'est celles et ceux que l'on accueille sur notre territoire respectent les valeurs de la République et que si on commet un crime, un délit, on est jugé et on est expulsé. C'est ce que souhaitent les Français. Mais la France reste un pays d'accueil, c'est notre ADN et donc, il faut maîtriser cette immigration. Moi, j'ai toujours été favorable notamment aux quotas votés par le Parlement chaque année pour une meilleure assimilation, pour un meilleur accueil de celles et ceux qui veulent et qui souhaitent pour de multiples raisons s'épanouir et vivre en France.
Et en même temps, il y a eu un texte, une loi immigration qui a été jugée très dure, voire très droitière et ça n'empêche pas en fait le Rassemblement National de continuer à prospérer. Donc, d'une certaine manière, reprendre une partie des thèses ou des méthodes de l'extrême droite n'empêche pas de...
Excusez-moi, je ne suis pas d'accord avec vous de dire reprendre des thèses de l'extrême droite. Est-ce que parler d'immigration, quand on parle d'immigration, est-ce qu'on doit toujours cataloguer des extrêmes droites ? Moi, je ne suis pas l'extrême droite, j'ai toujours combattu l'extrême droite. Mais l'immigration est un sujet, c'est un sujet de société, il faut en avoir conscience, il faut prendre les bonnes mesures. Le vrai sujet, quand on parle d'immigration, c'est comment mieux accueillir celles de ceux qui viennent en France et qui souhaitent s'y intégrer, qui souhaitent travailler.
Ce n'est pas de dire on veut mettre tout le monde dehors, ce n'est pas fermer les frontières, mais c'est répondre à une problématique, à des inquiétudes de nos concitoyens.
Depuis l'annonce de la dissolution, Emmanuel Macron comme l'ensemble de la majorité, vous le faites aussi, mais vraiment dos à dos, le Rassemblement National et le nouveau Front Populaire expliquant que chaque solution emmènerait au chaos économique. On a l'impression que le discours, c'est nous ou le chaos. Et ça, manifestement, les Français répondent à 20%, enfin à 80%,
en fait, non. C'est tout le travail qu'il nous reste à faire durant ces dernières semaines. Oui, l'extrême gauche ou l'extrême droite, c'est le chaos. On a parlé de l'extrême droite, je parlais maintenant de l'extrême gauche. Quand je vois les mesures annoncées, notamment par LFI sur le sujet, de la gratuité de l'école publique, parce que je vois, l'école publique est gratuite aujourd'hui. Mais quand on parle de la gratuité des cantines, la gratuité des transports scolaires, mais qui payent ? Ce sont des compétences communales. Donc, je suis assez étonné que les associations d'élus ne montent pas au créneau pour dénoncer ce type de mesures. En même temps,
les Français, peut-être trouvent que c'est une très bonne chose de ne pas avoir à payer les transports scolaires,
de ne pas avoir à payer la cantine. Enfin, ne pas payer, il y a toujours quelqu'un qui paye. La gratuité n'existe pas. À la fin, il y a un moment, il y a toujours quelqu'un qui paye. Et donc, moi, je considère, si on prend la cantine, c'est un exemple, la cantine est un service. Si je prends, vous savez, Ville de Reims, le premier prix, le premier tarif pour la cantine scolaire, c'est 1 euro. Le périscolaire est non facturé aux familles. Qu'est-ce que l'on ne veut de plus ?
Alors, il y a un argument qui est mis en avant dans cette campagne par la majorité présidentielle, c'est le sérieux économique du gouvernement. Quand on voit que la Commission européenne vient d'épingler la France pour déficit excessif que l'agence Standard & Poor's a dégradé la note de la France, est-ce que cet argument du sérieux économique tient toujours ?
Je vais paraphraser Édouard Philippe, remettre de l'ordre, un grand penseur, remettre de l'ordre dans les comptes. Mais il y a un moment, il va falloir prendre des mesures courageuses et je crois que les Français aussi attendent qu'on ait un discours de vérité et qu'il y a un moment, s'il y a des économies à faire, c'est vraiment des réformes de l'État que l'on doit mener. En se donnant des priorités, moi je vais vous dire une chose, ça ne va peut-être pas plaire à mes amis de la majorité, mais je crois que depuis 2022, on a manqué de vision, on a manqué d'objectifs, quelles sociétés nous voulons, quelles sont nos priorités et à force de trop t'embrasser, qui trop embrasse, mal étreint.
Et donc à partir de là, on a dépensé, dépensé, dépensé sans avoir des priorités, que ce soit dans le domaine de la santé, dans le domaine de l'éducation, dans le domaine de la justice. Gouverner, c'est choisir, c'est faire des choix et c'est parfois aussi renoncer.
Merci beaucoup Arnaud Robinet, maire Horizon de Reims. Merci d'avoir été l'invité de 830 France Info.
Arnaud Robinet