Inc*este, Briser le silence
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je suis née dans la violence. Avant même ma naissance, mon père avait éclaté la tête de ma mère contre un lavabo. Puis il l'a frappé enceinte de 7 mois.
Il lui a donné des coups dans le ventre. Il lui a perforé un tym. C'est dans cette violence que je suis venue au monde.
Ce n'est pas un détail. Ce n'est pas un contexte accessoire. C'est le point de départ.
Un homme violent ne peut pas être un bon père. Le juge Duran vous l'a dit, les violences conjugales et l'inceste relèvent d'un même système, d'une même logique de domination, d'un continuum. L'inceste est un crime de masse.
Le nombre de familles incestueuses présentes dans la société est vertigineux et donc la société est forcément impacté euh puisque nous vivons tous et toutes, nous sommes tous et toutes socialisés comme dit Dorot Dussi à l'inceste et à sa silenciation parce que les violences sexuelles commises sur les mineurs tuent. Mon petit frère Carl n'est pas un cas isolé. Je pense à Yanis 17 ans, qui s'est suicidé l'année dernière après avoir appris par une sierce personne et non par l'institution judiciaire la libération anticipée de son agresseur.
Je pense à cette adolescente que nous accompagnons, hospitalisé après des escarifications profondes faisant suite au fait qu'elle a dû avorter l'été dernier de son père. Je pense à ce garçon de 13 ans qui refuse désormais de s'alimenter. Je pense à ses enfants suivis pour troubles dissociatifs, à ceux qui multiplient les tentatives de suicide, à ceux que nous visitons en pédopsychiatrie.
L'association Car à chaque mois parfois davantage une raison de se rendre à l'hôpital pour aller voir un enfant. Qu'est-ce que l'inceste ? le droit absolu.
J'ai pensé que le tabou, l'interdit, c'était que les pères violent leurs enfants, mais je me suis rendu compte que c'était très fréquent. Alors, j'ai pensé que l'interdit c'était que l'enfant le dise, mais j'ai observé que les enfants le disaient. Alors, j'ai compris que l'interdit c'était d'empêcher les pères de violer leurs enfants.
Je suis une mère qui doit dire à son enfant : "Je sais que papa met ses doigts dans ton je sais que papa te m et même si tu veux que ça s'arrête, tu dois aller chez lui pour 30 jours et pour 30 nuits, même sans pouvoir me parler au téléphone parce que papa ne le veut pas." J'en suis une maman qui m à son enfant en lui disant "dezler aux étoiles dans le ciel et que je l'entendrai s'il m'appelle à l'aide." Parce que le père violeur a un permis de violer son enfant par ordonnance de justice et qu'il a même le droit de contrôler notre communication.
Je souhaite rappeler pourquoi cette commission a été créée. Elle a été créée parce que des enfants continuent aujourd'hui de dénoncer des violences sexuel sans être pleinement protégé par notre système. Elle a été créée parce que des parents protecteurs, le plus souvent des mères, nous ont alerté sur des situations dans lesquelles des enfants ont parfois été maintenus ou renvoyés auprès du parent désigné comme agresseur.
Parce que les enfants préfèrent se donner la mort plus tôt que de retourner auprès de celui qui leur prend la vie petit à petit. Elle a été créée parce que des associations, des victimes, des professionnels de santé, des magistrats, des avocats et des enquêteurs nous ont signaler des dysfonctionnements graves dans le traitement judiciaire et institutionnel de ces affaires.
Christian Baptiste