Marylise Léon : “Aujourd’hui, nous ne sommes pas égaux face à l’impôt, c’est une réalité”
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Marie-Éliséon, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation secrétaire général de la CFDT. On va évidemment revenir sur ce qu'a dit hier François Bairrou. Mais avant de rentrer dans le dans le fond de ses propos, la CFDT demandait depuis longtemps une réunion des finances publiques.
Est-ce que ce qui s'est passé hier et le discours de François Baïou, c'était à la hauteur de vos attentes ? Alors à ce stade, pas complètement mais je dirais que c'est un peu la mise en jambe. Je pense qu' on a eu un exercice assez innovant de présentation de la situation.
Elle est assez inédite puisque on est avec un un déficit important et que la on sait que la préparation du budget 2026 va être compliqué. Mais ce qui est intéressant, c'est de vouloir rassembler l'ensemble des parties prenantes et notamment les organisations syndicales, patronales, les élus locaux, les parlementaires pour pouvoir faire cet état des lieux en quelque sorte et je pense que tout va se jouer maintenant. Donc il y a des annonces qui ont été faites en terme de méthode, c'est pas complètement stabilisé et donc la SFDT, elle a bien l'intention de de continuer d'être présente, de faire ses propositions et puis je pense qu'on a il y a un axe qui doit être amélioré, c'est que je pense qu'il manque des acteurs autour de la table, notamment des acteurs de la société civile.
Je pense notamment à mes aux partenaires du pacte du pouvoir de vivre qui sont qui organisent des associations, des association de lutte contre la pauvreté pour le logement et cetera. Il faut aussi qu'ils puissent avoir leur mots à dire parce que le budget ça concerne tout le monde. C'est une vision de la société, c'est un cap et on sait que il y aura des choix difficiles à faire.
Donc il faut on plaidera pour pouvoir avoir aussi cette façon de travailler avec une société civile qui est plus étauffée que celle qui est actuellement. Donc pour vous, c'était pas une opération de communication comme l'a dit par exemple Sophie Bid CGT ? Bah je suis pas totalement naïve lorsqu'on fait ce type d'opération avec un discours, l'ensemble du gouvernement des la presse, c'est une façon de de poser le débat, de dire la situation est grave, il va falloir travailler dans dans ces sur ces l'ensemble des sujets qui ont été évoqués, notamment le travail.
Donc oui, c'est une opération de com, mais moi ce qui m'importe, c'est la suite. Qu'est-ce qui va pouvoir être véritablement mené ? Et en fait c'est une opération inédite.
On a jamais eu cette possibilité de pouvoir poser. Donc la méthode, elle est perfectible mais c'est un premier un premier bon une première bonne étape qui peut pas suffire à à avoir juste eu cet échange hier matin. Quelle doit être la prochaine étape pour vous ?
Prochaine étape, ben nous on veut des discussions concrètes pour pouvoir faire nos propositions. Euh on a bien entendu qu'il y avait un certain nombre de choses de champs ouverts. Euh il y en a un qui reste quand même totalement euh absent, c'est la question de la fiscalité.
Euh et le message de la CFDT qu'on a passé euh aussi hier euh à l'ensemble des ministres, c'est que on ne peut pas réfléchir aujourd'hui en 2025 comme on le faisait en 2017. Et donc il faut sortir, je dirais, faudrait sortir du noir et blanc et avec toutes les transformations qu'il a pu avoir depuis quelques années, la question le Covid qui a eu un impact extrêmement fort sur les finances publiques mais sur la société en général, la guerre en Ukraine, les transformations du rapport au travail, il faut pouvoir euh réfléchir et avoir une vision de société avec le souci de préserver la cohésion sociale de ces ciments. Et aujourd'hui pour la CFDT, l'impôt n'est pas suffisamment juste.
Donc il faut aussi ouvrir ce chantier. Ça veut dire qu'on peut pas dire comme le dit Emmanuel Macron et Éric Lombard, on augmentera pas les impôts. Pour vous c'est pas le le le bon postulat.
Il y a pas de solution sans ouvrir ce chantier si on veut en plus avoir comme boussole la justice sociale. C'est pas possible. Aujourd'hui, nous ne sommes pas égaux face à l'impôt.
C'est une réalité. Depuis 2012, la CFDT demande une réforme d'ampleur sur la fiscalité et le crédau de la CFDT, c'est pas de l'impôt à toutva, de l'impôt dans tous les sens et une augmentation indéfinie. C'est pas c'est pas du tout c'est pas du tout le sujet.
La question de la justice sociale, elle est fondamentale et comme je disais, on a des transformations démographiques, le numérique, la transformation écologique est quand même assez peu évoquée malheureusement. comment on fait en sorte de pouvoir trouver les solutions qui soient justes et que chacun se dise "Je peux contribuer en fonction de mes moyens mais tout le monde partage les efforts." Et ça c'est pas aujourd'hui le cas vis-à-vis de l'impôt.
Il faut pouvoir en discuter. Tout le monde ça veut dire quoi ? Que tout le monde doit payer l'impôt à hauteur de ses revenus.
Ça veut dire que on a toujours nous on a on a on est on est ouvert sur l'ensemble des sujets. On est ouvert sur la révision des impôts de succession par exemple qui est souvent un tabou. C'est une on est aussi sur plus de progressivité de l'impôt.
On est sur une progressivité. Est-ce que vous dites quel que soi vos revenus, vous devez payer l'impôt à hauteur de vos revenus ? on est sur une révision des tranches et le fait d'aller plus loin c'està-dire que notamment ceux qui le peuvent donc les plus aisés doivent plus contribuer à à ce à cette cohésion sociale.
Je pense qu'aujourd'hui il y a notamment des classes des classes populaires, des classes moyennes, le sentiment d'être beaucoup mis à contribution et que ceux qui pourraient faire plus ne le font pas. Et je pense que ça c'est extrêmement important de pouvoir euh le poser en débat et de voir et puis le chiffrer parce qu'en fait ça a été euh un des sujet, on a beaucoup parlé euh de chiffres et de comptabilité. Je pense qu'il faut ramener les choses euh à hauteur de situation de citoyen et de citoyenne et que chacun puisse s'y retrouver et ça fait partie des des proposition.
Et ça ça passe par l'impôt parce qu'Abéine de Montchalin on a l'impression qu'elle dit ça passe plutôt par la suppression de certaines niches fiscales. C'est ça qui rendra de la justice fiscale. Il faut tout regarder.
Enfin je pense qu'aujourd'hui on est dans une situation exceptionnelle. Il faut il faut pouvoir regarder effectivement ces niches fiscales et et et sociales. On a fait un un état des lieux par exemple des aides directes ou indirectes aux entreprises.
Ce sont des c'est un manque à gagner pour pour l'État et pour le pour le budget de l'État et pour le budget de la sécurité sociale. Il faut les supprimer, il faut les conditionner. Je vais pas demander au aux autres de pas être dogmatique et de l'être moi-même.
Moi, je pense qu'aujourd'hui, on a besoin de comprendre à quoi ça sert, comment c'est utilisé et est-ce que c'est efficace, comment cette dépense ou cette absence de recette, elle permet véritablement d'atteindre les objectifs quand on fait des aides par exemple sur le crédit d'impôt recherche. Je pense qu'il y a des entreprises qui l'utilisent à bonne, il y en a d'autres dont on peut totalement douter de l'efficacité et du fait que ça serve véritablement la recherche. C'est tout ça qu'il faut pouvoir mettre sur la table avec plus de contreparties en terme de maintien d'emploi notamment.
Il y a l'efficacité qui doit être regardée et puis il y a des contreparties notamment sur les cotisations euh les exonérations de cotisation sociale. Il y a un rapport parlementaire qui a été fait par monsieur G et Ferathi qui dit que au-delà de 2,5 SMIC, les exonérations de cotisation n'ont aucune efficacité. C'est un manque à gagner énorme pour la sécurité sociale.
Donc regardons les dépenses mais regardons aussi les euh les recettes supplémentaires qui peuvent être faites. C'est un des enjeux d'ailleurs des retraites qui euh on va revenir sur les retraites. Mais est-ce que vous avez l'impression là quand vous entendez le gouvernement qu'il y ait beaucoup de questions de réduction de dépenses mais pas assez d'augmentation de recettes ?
Oui, c'est pour ça que c'est important qu'on soit dans la discussion et qu'on puisse rappeler que on ne peut pas réfléchir en 2025 comme en 2017 et qu'il faut sortir de ces dogmes et pouvoir véritablement ouvrir tous les tous les tous les champs de discussion. Comment vous avez réagi quand hier vous avez entendu François Baïou dire "Nous ne produisons pas assez, nous ne travaillons pas assez". Le le la question du travail ne pas travailler assez a été bien traduit après par la ministre du travail street Panion Bouvet qui a dit il faut travailler toutes et tous et travailler mieux et c'est exactement ce que la CFDT porte depuis de nombreuses années travailler toutes et tous aujourd'hui s'il faut absolument qu'on ait des dispositifs très volontaristes pour l'emploi des jeunes qui dont on voit que le le chômage augmente et l'emploi des seniors qui est quand même un des sujets quand même un un un point noir aujourd'hui euh et une responsabilité des employeurs de de de ne pas faire en sorte que les les seigneurs puissent rester en emploi.
On est le plus mauvais élève européen en matière de taux d'emploi des seiors. On est largement en dessous de la moyenne et on a fait nous un calcul. Si on progresse du taux un taux sur le taux d'emploi des seniors de 10 points, ça nous ramène à la moyenne européenne.
C'est quand même pas un effort de de dingue. Quand on fait euh cette possibilité d'avoir ce taux d'emploi des seigneurs, on a à 10 milliards d'euros de recettes supplémentaires. Donc en fait, c'est un vrai sujet.
Et donc quand j'entends François dit il faut travailler plus. Oui, il faut travailler toutes et tous. C'est comme ça qu'on pourra s'en sortir.
Est-ce qu'il faut aussi faire des efforts sur les dépenses sociales ? Bah, je ne sais pas sur quel euh sur quel euh sur quel ch l'une des pistes de la cour des comptes, c'est de revoir de faire payer les dépenses de santé en fonction des revenus. Qu'est-ce Comment vous réagissez à cette piste ?
Moi je pense que ça c'est du bricolage par exemple, c'est tordre l'esprit même de notre système de protection sociale. On pour vous c'est une ligne rouge de faire payer les dépenses de santé en fonction des revenus ou pas ? On a on a on a ben on a beau être dans une situation exceptionnelle de budget, ça veut pas dire qu'il faut faire n'importe quoi.
Et je pense que ce que ce dont les citoyens et les citoyennes ont besoin, c'est de comprendre c'est quoi le cap, c'est quoi la vision, c'est quoi le système de de protection sociale, le modèle social qu'on veut défendre. parce qu'en fait derrière ce budget, c'est aussi toute une façon de prendre soin des plus vulnérables, de pouvoir se soigner, de pouvoir accéder aux soins. C'est tout ça qu'il faut pouvoir mettre sur la table.
Mais et je pense que on ne peut pas bricoler, se dire on va taper un petit peu là-dessus. Il y a la question de l'assurance aussi qui a été remise sur la table par certains responsables politiques. Euh moi, je suis convaincu qu'après toutes les réformes qui a pu avoir 30 milliards d'euros de ponction du régime par l'État, ce qui est un scandale total euh parce qu'ils sont allés euh prendre euh dans les les réserves de l'UNEDC pour financer d'autres choses et pas complètement uniquement les la question des de l'accompagnement des demandeurs d'emploi.
Donc je pense que c'est exactement ce dont les citoyens et les citoyennes, c'est ce qu'il reproche au responsables politiques, c'est qu'on a l'impression que sur les questions de fiscalité, les questions de financement de la protection sociale, on branche des tuyaux de partout pour réussir à faire des petites économies et faire en sorte qu'on ne touche surtout pas à l'impôt alors que c'est le sujet sur lequel il faut. Donc faire contribuer aux dépenses de santé en fonction des revenus, c'est pas une piste sur laquelle vous souhaitez travailler, c'est une porte que vous fermez. Faire contribuer les retraités aisés.
Est-ce que ça c'est une piste ? Ça fait partie des sujets dont on a dit notamment dans le cadre de la discussion sur les retraites que c'était c'était ça pouvait être étudié. Oui, je pense que moi ce que je crains et ce que mon organisation craint aujourd'hui, c'est que dans des cette situation compliquée et difficile, on soit dans un conflit intergénérationnel.
Et quand je dis que tout le monde doit pouvoir y contribuer à à faire des efforts, c'est aussi du côté des retraités et et des retraités qui le peuvent. C'est ça en fait. On peut pas uniquement dire de façon globale la population des retraités c'est pas c'est pas un groupe homogène.
Vous avez des vous avez 10 % de retraités euh en situation de pauvreté et je ne pense pas que ça soit juste de leur demander de contribuer et et à faire des efforts. Par contre, il y en a qui euh qui ont des des pensions bien plus confortables qui peuvent y contribuer et je Alors, c'est ça qu'il faut pouvoir c'est ça qu'il faut pouvoir qu'il faut pouvoir définir. Moi, j'ai pas de j'ai pas de chiffre à vous donner maintenant, mais quand on dit par exemple il faut que ceux qui le peuvent puissent contribuer plus, nous on a soutenu une proposition de loi qui a été beaucoup portée par l'économiste Gabriel Zucman de contribution minimale de 2 % de ceux qui ont les patrimoines les plus élevés.
On est sur des patrimoines de plus de 100 millions d'euros, 1800 contribuables, ce qui rapporte plusieurs milliards. Voilà ce qui moi me semble être véritablement une mesure de justice sociale. Sur les retraites, les retraites, pardon, la CFDT continue, le conclave.
Est-ce que vous pensez que ce conclave va aboutir à un accord ? Bah, j'espère. Moi, je je suis là pour ça.
Je suis là pour aujourd'hui, on me dit les chances d'y arriver. Moi, je pense qu'il y a 5050. C'est encore 5050 pour vous. parce que parce que c'est très compliqué.
On a autour de la table des acteurs qui pour partie soutenaient la réforme de 2023 et pour d'autres la l'ont combattu dans la rue pendant 6 mois. Donc on a fait un certain nombre de de propositions. Pour la CFDT, ça tient en trois mots.
Il faut traiter de l'âge, les femmes, la pénibilité. Et donc on est en cours de discussion. Les discussions sont de d'un niveau extrêmement intéressant.
On n'avait jamais eu ce ce niveau de maturité, je pense, pour pouvoir échanger et se dire que on peut trouver trouver un accord. Mais en tout cas pour la la CFDT, c'est extrêmement clair. Il faut une reconnaissance des métiers pénibles, corriger les l'impact des pour les femmes de ce report de l'âge et revenir sur le report de l'âge.
Mais est-ce que compte tenu de la situation qu'a décrit hier François Bairou qui si on l'écoute est quand même très alarmiste, vous dites toujours on peut revenir sur les 64 heures. Oui, parce que dans le cadre de la de la de la de la discussion, il y a l'équilibre budgétaire qui est qui est attendu et on sera au rendez-vous par que nous. Bah nous, on on a des propositions sur euh bah l'emploi des seigneurs par exemple.
Comme je vous ai dit, ces 10 milliards d'euros, c'est des choses sur lesquelles on peut, si on a une véritable politique volontariste, on peut progresser sur l'emploi des seniors. Et puis vous savez, la CFDT, elle a pas renoncé à son projet initial, hein. On est dans une discussion qui va traiter d'un certain nombre de thèmes, mais on est convaincu que le vrai système, c'est le système où l'âge ne compte plus et c'est le système universel par point qui permet à chaque à chaque travailleur et travailleuse, quel que soit son statut, de décider de quand il part à la retraite en étant informé de son niveau qui était la réforme voulue initialement par Emmanuel en 2017.
Est-ce que vous lui demandez de la remettre sur la table Ben moi je trouve extrêmement je n'ai pas compris pourquoi il a changé d'avis puisqu'en 2022 il a dit ça sera l'âge on va aller sur une réforme paramétrique. Moi, je suis convaincu que c'est que c'est une c'est un vrai projet de d'avenir. C'est attendu par les travailleurs et les travailleuses comme le compte épargne tant universel.
Je pense qu'aujourd'hui les les travailleurs et travailleuses, ils ont envie de choisir. Ils ont envie de choisir leur rapport au travail. Ils ont envie de choisir le temps dont ils peuvent disposer.
La question de l'articulation des temps entre le travail et la vie perso, c'est devenu fondamental. Si on ne s'y on ne s'y penche pas, on passera à côté. C'est là-dessus que le modèle social d'aujourd'hui doit pouvoir se construire.
À quoi vous jogerez la réussite de ce conclave ? Est-ce que si vous trouvez un accord sur la pénibilité, sur l'emploi des seniors, mais que l'âge reste à 64 ans, ce sera un échec ? On est en discussion.
Moi pour le moment, j'ai trois impératifs, c'est l'âge légal, la pénibilité et la situation des femmes. Donc c'est-à-dire si les trois ne sont pas réunis, ce sera un échec. C'est une discussion sur lesquelles on veut avoir euh des avancées sur ces trois points.
Est-ce que la solution ça peut être d'arrêter de faire de l'âge un totem et de travailler par exemple sur la durée de cotisation ? Alors, nous on a toujours dit que la question de l'âge était profondément injuste et que ça n'était pas euh le critère sur lequel il fallait euh il fallait qu'il fallait bouger en terme de curseur. Euh la la durée de cotisation euh a été augmentée.
Là, elle a été accélérée d'ailleurs avec la réforme de 2023. On ne demande pas à revenir là-dessus, mais du coup, on va regarder comment on peut voilà faire en sorte que l'âge ne soit pas un un coup prêt comme ça l' aujourd'hui. Parce que moi ce que j'entends quand je vais rencontrer les travailleurs et les travailleuses notamment, surtout les femmes, c'est qu'elles ne peuvent pas travailler jusqu'à 64 ans.
C'est juste une question de santé. Quand vous avez un tiers des aides soignantes qui ne sont qui ouvrent leur droit à la retraite en étant déjà en incapacité, c'est que c'est juste pas tenable. Ça n'est pas tenable.
Donc la question de l'âge là, on a bien l'illustration que c'est ce qu'il y a de plus injuste. Sophie Binet de la CGT demande un référendum sur les retraites. Est-ce que vous demandez la même chose ou ?
Moi, je demande à ce qu'il y ait une responsabilisation des employeurs aujourd'hui qui sont investis dans la discussion et que mon travail de syndicaliste, c'est de discuter avec dans cet espace-là et obtenir des avancées. Donc, pas de référendum. Pas de référendum.
Moi, je pense que bah je pense que euh ça fait partie la CGT n'est plus dans les discussions donc elle trouve elle propose d'autres d'autres. Moi je pense que non, chaque organisation a sa propre vision, sa propre stratégie. Moi je pense que si on veut faire la démonstration que le syndicalisme est utile, il faut pouvoir obtenir des avancées dans cet espace de discussion.
Est-ce que vous mesurer déjà les conséquences de la politique et des revirements de Donald Trump concernant les droits de douanes sur nos entreprises, sur nos emplois ? Oui, ça fait partie des fortes inquiétudes qu'il y a dans la dans certains secteurs d'activité. Moi, j'ai des remontées de d'équipes qui me disent que c'est surtout euh une des inquiétudes parce que les entreprises n'investissent plus.
On voit qu'il y a vraiment une une des grandes difficultés à se projeter, ce qui est normal puisque les entrepreneurs savent pas trop à quelle sauce va être vont ils vont être mangés en fonction des marchés. à ce stade, c'est ce type d'inquiétude qui qui demeure et c'est pour cette raison qu'on avait il y a plusieurs semaines déjà demandé à ce qu'il y a une rencontre avec le ministre de l'économie et la ministre du travail pour dire elle a lieu vendredi matin donc à force de demander on obtient quand même des ce type de de c'est important parce qu'en fait il y a une réunion avec les organisations patronales lundi comité d'entreprise je crois à à croire que il y a pas de salariés dans ces entreprises donc nous n'y étions pas on a demandé cette réunion, elle a lieu vendredi et je pense que c'est important de traiter enfin les questions sociales et économiques ensemble parce qu'en fait il s'agit pas uniquement de regarder quelle guerre commerciale est menée et comment la France doit riposter ou l'Europe. Il faut aussi se tenir compte des salariés qui sont dans ces entreprises qui sont inquiets et qui connaissent pour certains déjà des impacts. notamment, je j'ai en tête des entreprises étrangères qui abandonnent des programmes diversité, inclusion, égalité malheureusement et donc des des salariés qui sont en difficulté dès maintenant.
Donc c'est important qu'on traite ces questions sociales. Elles sont au moins aussi importantes que les questions économiques et c'est ce qu'on rappellera au Mais donc avec le ministre de l'économie et du travail, vous demandez pas une réunion avec le premier ministre ou le président de la République ? On a bah cette réunion, elle est planifiée.
Il y a plusieurs ministres qui seront réunis vendredi. On va utiliser cet espace pour expliquer qu'il y a un enjeu de protection des emplois. Il y a de l'activité partielle longue durée qui a été relancée qui permet de protéger les emplois et les compétences.
Euh il y a d'autres dispositions et je pense qu'il y a aujourd'hui aussi les entreprises qui utilisent le contexte un peu euh plutôt euh confus pour euh pour restructurer et donc euh on demande de euh la possibilité pour les élus dans les entreprises d'avoir plus de moyens et plus de leviers d'action pour protéger les emplois et faire en sorte donc vous pensez qu'il y a des entreprises qui vont sacrifier des emplois sous couvert de de politique commerciale de don toutes les crises. Il y a des opportunistes et je pense qu'il y a aujourd'hui des entreprises qui alors c'est lié à à aux dernières annonces qui ont pu être faites récemment, mais c'est on l'avait constaté déjà en fin d'année dernière hein qu'il y avait des restructurations importantes avec une caractéristique qui était spécifique à à au moment c'est que les entreprises qui restructurent elles annoncent des des soit des fermetures de de sites soit des diminutions d'effectifs. Et en fait, il y a dans ces cas-là très peu de d'espacces de discussion et elles nous disent "On ferme, c'est notre plan A et il y a pas de plan B ni de plan C." Et c'est là que nous on veut alerter le gouvernement en disant il faut pouvoir faire en sorte que les alertes soient lancées beaucoup plus tôt qui est la possibilité pour les représentants du personnel et les salariés de participer à la recherche de reprise d'activité puisque nous notre objectif c'est d'éviter ces ces ces suppressions d'emploi.
Mais qu'est-ce que vous demandez au gouvernement face aux attaques de Donald Trump ? Des garanties financières pour les secteurs concernés, des garanties en terme d'emploi pour les secteurs concernés. comprendre comprendre quelle est la stratégie de alors de la France mais aussi à l'échelle européenne qu'est-ce qui est défendu la bonne pour vous pour le je pense qu'il faut pas se laisser faire mais il faut pas non plus rentrer dans une guerre commerciale de de surencher où c'est forcément perdant perdant et et c'est surtout perdant pour pour les populations et les Américains au premier sur la question du travail vous allez diffuser prochainement au grand public le résultat de vos travaux quelle forme ça va prendre et qu'est-ce que va contenir ce document Alors nous on a depuis plusieurs mois travaillé sur un on sait que la question du travail c'est vraiment le sujet sur lequel les représentant du personnel sont le plus interpellés.
Moi, je fais pas une réunion, un débat, une rencontre sans qu'on me dise je veux avoir les moyens de bien faire mon travail. C'est vraiment un sujet central. Les questions de travail, ça fait pas quelques mois que la CFDT s'en occupe, ça fait des années.
Mais on voit bien que là, il est en plein bouleversement. Donc on a euh rassemblé dans un document qui s'appelle le travail que nous voulons qui va être accessible au grand public euh les grandes lignes à partir de la semaine prochaine. Euh c'est un un un un outil de de soutien aux équipes syndicales pour qu'elles puissent aller vraiment s'emparer des différentes questions sur les questions de santé, les questions de rapport avec ses managers, ses responsables, sur les questions d'organisation du travail, sur la question de la conciliation des temps. on a balayé un ensemble de thématiques pour permettre aux équipes de de pouvoir l'avoir comme guide et de pouvoir lancer des actions concrète parce qu'en fait les salariés, les agents dans les fonctions publiques, ils ont envie de parler de leur travail et c'est un des sujets d'ailleurs, on parlait de budget pour les les agents des fonctions publiques, c'est extrêmement désagréable et et c'est véritablement mal vécu de leur part qu'on ne parle de leur travail qu'au prisme des lignes budgétaires derrière les les tous ces services publics, l'action publique, il y a des des hommes et des femmes qui aiment leur travail, qui sont très largement investis et qui ont envie de bien faire leur travail.
Donc nous, on veut accompagner ces équipes syndicales pour pouvoir y travailler et puis et puis leur apporter des réponses très concrètes. Un dernier mot sur une question d'actualité, c'est ces attaques qui ont lieu dans des prisons, plusieurs attaques qui ont eu lieu dans des prisons, des agents de la pénitentiaire visés, y compris jusqu'à leur domicile. Qu'est-ce que vous leur dites à ces agents de la pénitentiaire ?
Je leur dis qu'ils sont qu' doivent être je m'adresse au responsable de le ministre de tutelle qu'il doit pouvoir assurer la sécurité de leur de ces agents et que vous dites à Gérin qu'il faut renforcer personne ne peut accepter que quelqu'un qui va au boulot euh qui fait son travail et qui soit menacé lorsqu'il a des trajets pour se rendre à ce travail, rentrer chez lui, enfin c'est c'est totalement inacceptable. Donc il faut renforcer cette cette protection, prendre des mesures et organiser les choses de façon à ce que ça soit que que leur sécurité soit garantie. Notamment, je j'ai découvert qu'il y avait des des véhicules personnels qui étaient visés.
Ça veut dire qu'il y a des informations qui circulent. Il faut pouvoir comprendre comment c'est comment ça fonctionne, enfin comment c'est possible et comment on met en place les mesures de de prévention. Et puis euh et puis je pense que ces agents de la pénitentiaire, qui soient agents ou directeur, on est très bien représenté chez les les la direction de la pénitenre, c'est de regarder justement les ces questions de travail, de conditions de travail.
Là, on parle de sécurité, mais on parle véritablement de conditions de travail. Et je pense que dans les fonctions publiques de façon générale, c'est un point aveugle. Et moi, je suis persuadé que si on travaille pas sur les conditions de travail des agents, on ne peut pas améliorer la qualité et on ne peut pas être sur un un service public de qualité.
Vous demandez à voir dans les intimement lieu intimement. Il faut qu' il rencontre les représentants concernés par ces de ces il peut pas faire sans eux. Merci beaucoup Mar.
Merci d'avoir été notre invité ce matin. On va revenir sur tous ces sujets tout de suite dans le club. M.
François Bayrou