Face à Face : Bruno Le Maire - 18/04
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe.
Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Le Maire.
Bonjour Apolline de Malherbe.
Vous êtes le ministre de l'économie bien sûr. 100 jours d'apaisement qui commencent donc aujourd'hui, nous dit Emmanuel Macron. 100 jours d'essai en quelque sorte, puisqu'un premier bilan sera tiré le 14 juillet avec trois chantiers. Un nouveau pacte de vie au travail, un chantier justice et ordre républicain et un chantier progrès pour mieux vivre. On va tenter de les décliner avec vous et de parler aussi de l'inflation qui était quand même assez absente hier du discours d'Emmanuel Macron. Ça ne vous a pas surpris qu'il ne parle pas des prix quand même ?
Je crois qu'il a reconnu très clairement les inquiétudes, les difficultés de nos compatriotes. Il a parlé des courses que chacun devait faire et qui sont de plus en plus pénalisantes, de plus en plus lourdes pour chacun d'entre nous. Il a parlé d'apaisement, il a parlé aussi d'élan. Il ne faudrait pas qu'on oublie ce mot-là qui me paraît absolument essentiel. Vous savez, les autres pays ne vont pas nous attendre. Les autres pays européens, les autres pays développés ne vont pas nous attendre pour investir, pour réindustrialiser, pour décarboner leur économie. Et donc il faut que la France reste dans la course. Il faut qu'elle garde son élan, qu'elle garde sa puissance.
Je vois ce que proposent nos opposants. Dans le fond, c'est le grand sommeil. On revient en arrière. Marine Le Pen qui vous dit, je reviendrai sur la réforme des retraites. Je reviendrai sur les autoroutes, je les nationaliserai, je dépenserai 40 à 50 milliards d'euros pour renationaliser les autoroutes. Et dans le fond, je ne ferai pas grand-chose d'autre. Ce grand sommeil que proposent nos opposants, pas de réforme des retraites, pas de transformation du modèle économique, pas de réforme du marché de l'emploi parce que ce serait trop difficile, se transformera en grand cauchemar pour nos compatriotes.
Nous, ce que nous proposons, je sais que c'est difficile, je sais qu'il faut convaincre sans relâche. Oui, comme ça a été dit à quelques instants sur votre chaîne, il faut que nous travaillions davantage, tous collectivement, pour payer notre modèle social. Oui, il faut que nous investissions dans la décarbonation de notre économie pour être la première économie décarbonée en Europe. Oui, il faut que nous fassions des investissements dans les transports. Oui, il faut que nous renforcions notre système de sécurité, que nous justions avec plus d'efficacité contre l'immigration illégale. La mise à l'arrêt du pays n'est pas une option.
Mais c'est un super programme électoral, Bruno Le Maire.
Non, c'est ce que propose le président de la République.
Sauf qu'Emmanuel Macron est là depuis six ans. Est-ce qu'il n'y avait pas un peu un décalage de ce point de vue-là, à lancer des projets comme si on arrivait au pouvoir ?
On n'arrive pas au pouvoir, nous y sommes depuis six ans, et nous avons dans le domaine qui est le mien, des résultats que le président de la République a rappelés très clairement. 1,7 million d'emplois créés, avec une croissance, comme partout dans les pays développés, qui est plutôt faible. Pour la première fois de son histoire récente, la France a une croissance qui crée de l'emploi. Souvenez-vous de ce qu'on disait, la France a de la croissance, mais elle ne crée pas de l'emploi. Nous avons une croissance qui est solide et qui crée de l'emploi. Nous ouvrons des usines. Nous sommes arrivés à lutter avec plus d'efficacité contre l'inflation que beaucoup d'autres pays européens.
Donc les résultats, ils sont là. Simplement, il faut continuer à accélérer. Je le redis, le grand sommeil n'est pas une option. Il se transformera en cauchemar. Il faut que nous continuions à travailler et à transformer notre modèle.
On va revenir en détail sur ces perspectives, et d'ailleurs aussi sur les perspectives de la dette, parce qu'on sent bien quand même que c'est aussi une étoile de fond. Vous évoquiez les oppositions qui ne proposeraient qu'un grand sommeil. Les réactions, ce sont celles-là, notamment du coup d'être Marine Le Pen. Emmanuel Macron, toujours coincé dans un monde parallèle, n'a pas eu un mot sur l'inflation qui asphyxie les Français et leur pouvoir d'achat qui s'effondre.
Elle, elle repropose à nouveau qu'au lieu de faire ce panier anti-inflation, qui dans les faits n'a pas l'air d'avoir beaucoup, beaucoup de réalisations concrètes pour les Français, elle dit qu'on aurait dû supprimer toute la TVA sur les produits de première nécessité.
C'est faux, et comme toujours, les solutions de Marine Le Pen ne marchent que lorsqu'on ne les a pas essayées. Ça fait des années qu'elle vous répète qu'il faut baisser la TVA. Si nous reprenions la proposition de Marine Le Pen, baisser la TVA sur les carburants et sur les produits alimentaires, ça coûterait 20 milliards d'euros. Vous pensez, Apolline de Malherbe, que ça arrive dans la poche de qui ? Moi, je vais vous dire, pas dans la poche des Français, dans la poche des distributeurs. Et les Français ne verraient que quelques miettes, que quelques centimes d'euros. Pourquoi ? Parce que vous pensez que les distributeurs remontraient en fait les prix ?
Voilà ce que propose, mais évidemment, on sait bien que lorsqu'on baisse la TVA, ça ne va pas dans la poche des consommateurs, ça va dans la poche des distributeurs, des industriels, ou de ceux qui peuvent en bénéficier directement. Pardon, mais enfin, c'est déjà un peu le cas. Je vais vous donner un exemple très concret, ça a été essayé en Espagne. Ils ont baissé la TVA. Quels sont les résultats ? Baisse la TVA en janvier, augmentation des produits alimentaires 14,6 en janvier, 15,7 en février, 16,3 en mars. Joli résultat. Mais c'est les solutions de Marine Le Pen. Elle les répète sans cesse, mais ça n'en fait pas des vérités.
Pour autant, la réalité, c'est que le marche tant qu'on ne les a pas essayées. Je rappelle juste que nous, sur l'inflation, nous avons pris des décisions concrètes, qui sont allées directement dans la poche des consommateurs. Le bouclier sur l'énergie, le plafonnement des prix de l'électricité et le gel des prix du gaz. Ça a coûté 46 milliards d'euros à l'État. Mais ces 46 milliards d'euros, ils sont allés directement dans la poche du contribuable et dans la poche du français, qui a vu que sa facture d'électricité et sa facture de gaz, qui auraient dû augmenter de 180 à 200 euros par mois, n'a pas augmenté. C'est la différence entre Marine Le Pen et cette majorité.
Des mensonges, des illusions, faire prendre des vessies pour des lanternes, voilà la politique de Marine Le Pen et des réalités concrètes, efficaces, qui se soldent par des résultats dont j'ai bien conscience, qui sont toujours insuffisants pour nos compatriotes. Mais c'est des résultats en espèces sonantes et trébuchantes, près de 200 euros de dépenses en moins pour chacun d'un compatriote.
De l'autre côté, on a la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon qui, eux, appellent à bloquer les prix. Est-ce que ça, ça n'a pas été efficace ?
Je vais passer d'un bout à l'autre du territoire européen. Je regarde attentivement les solutions. Je cherche des solutions qui peuvent être les plus efficaces pour nos compatriotes. Mais je ne vois dans les oppositions, une fois encore, que des mensonges, des illusions et la répétition de mêmes vieilles recettes qui n'ont jamais marché. La TVA, je l'ai montré, ça ne marche pas. Le blocage des prix, ça a été essayé en Hongrie. Taux d'inflation sur les produits alimentaires, 35%. Super ! C'est vraiment ça qu'on veut ? Enfin, c'est des recettes qui sont totalement éculées. Les oppositions n'ont rien d'autre à proposer que des recettes qu'on entend depuis des années qui ne marchent pas.
C'est le grand bond en arrière. Nous nous préférons avancer.
Pour autant, Bruno Le Maire, vous leur faites quand même un peu des petits clins d'œil. En tout cas, au RN, hier, cette grande fermeté promise sur l'immigration. Et ce matin, Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics, qui revient sur l'idée d'intensifier la traque de ceux qui bénéficient d'aides sociales ou fiscales. Et notamment, en vérifiant qu'ils ne passent pas trop de temps à l'étranger, plus de temps à l'étranger que sur le territoire, Bercy, qui va traverser, travailler, dit-il, avec les compagnies aériennes pour tracer les allées et venues de ceux qui bénéficient d'aides avec une autre mesure forte et on comprend bien donc à qui ça s'adresse.
Pas d'allocation retraite sur un compte à l'étranger au Portugal ou au Maghreb ?
On ne fait de clin d'œil à personne. On veut juste que l'ordre républicain soit défendu. Nous cherchons juste des solutions qui marchent. Je reviens une seconde sur le panier anti-inflation. Les produits qui sont dans le panier anti-inflation distribués par les distributeurs en France, c'est des produits qui sont moins 5 à moins 7% moins chers, alors que l'inflation a augmenté de 1,8% au mois de mars. Et d'ailleurs, les Français se ruent, nos compatriotes, se ruent sur ces produits du panier anti-inflation. Donc, c'est bien la preuve que c'est une solution qui, elle, est concrète, efficace, qui donne des résultats et qui est d'ailleurs plébiscité par nos compatriotes.
Et vous voyez, le cœur de notre politique contre la fraude sociale au Maghreb. Nous cherchons des solutions efficaces qui sont plébiscitées par nos compatriotes. Nos compatriotes, légitimement, en ont ras-le-bol de la fraude. Ils en ont ras-le-bol de voir des personnes qui peuvent toucher des aides qu'ils payent eux-mêmes. C'est le contribuable qu'ils payent, c'est l'entrepreneur, c'est le salarié qui paye ses aides. Ce n'est pas mon argent, c'est l'argent du contribuable. Il n'a aucune envie de voir que des personnes peuvent en bénéficier, leur envoyer au Maghreb ou ailleurs alors qu'ils n'y ont pas droit. Ce n'est pas fait pour ça le modèle social.
Le modèle social est fait pour protéger les plus modestes, pour protéger contre les accidents de la vie tous nos compatriotes. Certainement pas pour envoyer de l'argent de manière illégale à l'étranger.
Alors sur l'inflation, restons-y. Cette question de l'inflation, on découvre des chiffres ahurissants. 42% des plus modestes qui renoncent à un repas, qui sautent un repas. De plus en plus de Français qui renoncent à des produits d'hygiène, qui n'achètent plus de savon, qui n'achètent plus de dentifrice, qui n'achètent plus de déodorant. Vous aviez lancé une grande enquête pour savoir à qui profite le crime en quelque sorte. Est-ce que c'est vraiment uniquement dû à l'augmentation des prix d'énergie, à la guerre en Ukraine ou est-ce qu'il y en a qui s'en mettent quand même un petit peu dans les poches au passage ?
La conclusion de Bercy, c'était que tout le monde jouait le jeu et que personne n'en profitait particulièrement. Ce n'est pas l'idée que s'en fait la députée LFI mais aussi économiste Aurélie Trouvé qui chiffre à l'appui estime que les grands groupes industriels prennent au passage. Je voudrais que vous l'écoutiez, elle était mon invitée mercredi dernier sur RMC.
Je vais prendre un exemple, votre plaquette de beurre président et la grande multinationale de l'élactalis qui l'a produit. Votre plaquette de beurre président, elle était à 3-4 euros, celle de 500 grammes elle est aujourd'hui à 5 euros. D'où provient la différence ? Bruno Le Maire nous explique ah oui, c'est les coûts de production voire les salaires. En fait, pas du tout. Ce qu'on observe, c'est qu'aujourd'hui l'essentiel de cette montée des prix, elle est liée à l'augmentation des profits des industriels agroalimentaires.
Qu'est-ce que vous répondez à ça Bruno Le Maire ?
Plusieurs choses. D'abord, la transparence, on va continuer à la faire régulièrement. J'ai promis que nous ferions la transparence sur les marges des distributeurs, des industriels régulièrement. Nous continuerons à la faire. La deuxième chose, est-ce que des grands industriels aujourd'hui voient leur marge remonter ? La réponse est oui. On n'arrivera pas très souvent d'être en accord avec un député LFI mais oui, j'estime qu'aujourd'hui les grands industriels doivent revenir à la table de négociation avec les distributeurs. Je leur laisse quelques semaines pour engager ces discussions avec les distributeurs pour répercuter les baisses de prix que l'on voit sur le marché de gros.
Déjà que chacun comprenne bien qu'aujourd'hui on voit les prix du blé qui baissent. On voit les prix du fret maritime qui baissent.
On le voit sur les grands panneaux de la bourse. On le voit dans le caddie.
J'aimerais qu'on le voit dans le caddie. J'aimerais qu'on le voit lorsque l'on passe payer ses courses au supermarché du coin. Je voudrais que la répercussion à la baisse soit aussi rapide que la répercussion à la hausse.
J'ai beaucoup le conditionnel. Je voudrais. Mais sauf que dans les faits et Dominique Schelcher par exemple, le patron de Système U il le dit, il dit qu'ils ne reviennent pas. Le problème c'est que les industriels et c'est dans une interview qu'il donne à la tribune, les industriels ne veulent pas se mettre au taux dévastable.
J'ai lu l'interview de Dominique Schelcher qui comme très souvent une voix raisonnable je leur laisse quelques semaines. D'ici la fin du mois de mai si jamais les négociations n'ont pas reprise. Je convoquerai au ministère de l'économie et des finances distributeurs et industriels pour qu'ils reprennent leurs négociations. Nous ne laisserons pas des grands industriels faire des marges indues ou faire des rentes sur des prix de gros qui sont en train de baisser. Je ne veux pas qu'ils refassent leurs marges au moment où les prix baissent sur le dos des consommateurs.
Et croyez-moi, nous avons montré notamment sur les énergéticiens que nous étions capables de reprendre la rente quand il y avait de la rente. C'est comme ça que nous avons financé le bouclier énergétique. Je ferai toutes les solutions à ma disposition pour que les grands industriels reviennent à la table de négociation et répercutent à la baisse les coûts de production ou les coûts aujourd'hui des produits de gros sur les produits alimentaires. Ça veut dire
que vous utiliserez éventuellement des moyens fiscaux pour récupérer de l'argent s'ils ne jouent pas le jeu ?
Je pense avoir montré à Pauline de Malherbe depuis plus de 6 ans que je tiens très à cœur mon rôle de garant de l'ordre public économique. L'ordre public économique, c'est la justice. Si les prix de gros baissent, il faut qu'ils se répercutent sur les produits à la consommation. Quand ça n'a pas été le cas pour les énergéticiens, on a récupéré la marge. C'est donc une forme d'ultimatum que vous lancez aux grands industriels. Si ils ne reviennent pas négocier à la table de négociation avec les distributeurs, j'examinerai toutes les options à ma disposition. Je termine juste avec un petit point.
Malgré tout, je pense que l'exemple n'est pas très bien choisi en prenant l'exemple d'un producteur de lait en l'espèce, c'est Lactalis. Là, vous répondez à nouveau
à ce que disait Aurélie.
Oubliez que derrière, il y a aussi des agriculteurs français. Qu'il y a des producteurs de lait. J'ai été trois ans ministre de l'Agriculture. Avoir un prix de la tonne de lait autour de 400 euros, c'est déjà très juste pour beaucoup de producteurs de lait en France. Il ne faut pas non plus que ce soit eux les perdants. Soyons vigilants à ce que nos producteurs agricoles soient eux aussi protégés.
Il y a évidemment aussi la question des retraites. Parce que ce serait peut-être un peu trop facile de se dire en deux minutes hier sur 13 minutes d'interview que les retraites, globalement, ça y est, c'est bon, on peut passer à autre chose. Dans la décision du Conseil constitutionnel, il y a un certain nombre de choses qui ont été retoquées. Et notamment, le fait que les médecins devaient normalement, en fin de carrière, s'assurer que les salariés n'étaient pas trop cassés, abîmés, qu'ils n'avaient pas besoin de partir plus tôt. Ça, ça a été retoqué. Est-ce que vous allez, d'une manière ou d'une autre, remettre ça dans la loi ?
Est-ce que vous pouvez dire aux Français « Écoutez, le Conseil constitutionnel a retoqué, donc tant pis, on ne vérifiera pas que votre dos est encore vaillant ? »
Je vous donne ma position personnelle qui engage aussi mon ministère. Moi, je le souhaite ardemment. Je le souhaite ardemment. Que sur les questions de pénibilité, sur les questions de difficulté au travail, sur les questions d'organisation du travail, sur la question dont j'ai parlé, je crois, de multiples reprises depuis des années, de l'emploi, de ce qu'on appelle les seniors. Je déteste ce mot. Mais les personnes qui ont plus de 55 ans, j'en approche rapidement, on fasse le maximum. Que les entreprises fassent le maximum. Il faut que nous demandions aux entreprises de faire le maximum pour garder les personnes qui ont plus de 55 ans.
C'est un peu décrit d'en fait, parce que la vérité, c'est que tout le monde savait, en mettant cet indice senior qui n'était déjà pas follement contraignant, qu'il ne passerait pas le Conseil constitutionnel.
Je pense que c'est un des plus grands gâchis de la vie économique française que d'avoir des personnes qui ont de l'expérience, du savoir-faire, la compétence, qui ne le transmettent pas aux plus jeunes. Il n'y a pas de plus grand gâchis que de voir des personnes de plus de 55 ans. C'est cette espèce de vieux modèle des années 80 que je refuse catégoriquement. On fait partir la retraite le plus tôt possible. On se prive d'expérience, de compétence. Mais si on veut y arriver, il faut que les entreprises jouent le jeu, que les entreprises s'engagent pour les plus de 55 ans, qu'elles aient leur place dans le monde du travail, qu'elles transmettent leurs compétences.
Mais c'est la discussion qui va s'ouvrir. Vous savez, je n'ai pas la prétention d'avoir des solutions toutes faites. Je dis simplement que déjà, identifier un des problèmes de la société française qui est cette façon de mettre de côté les gens qui ont de l'expérience. Déjà, identifier le sujet comme cela avait été dans le cadre de la réforme des retraites avec l'Index Senior. Travailler ensemble, notamment avec les entreprises, notamment avec les entreprises. Vous invitez les entreprises
à publier un Index Senior même s'ils n'y sont pas contre un ?
Un Index Senior ou autre chose. Mais je pense que ça doit être au cœur de la discussion que le président de la République a demandé d'ouvrir dès maintenant, que les partenaires sociaux et notamment les chefs d'entreprise s'engagent pour les plus de 55 ans qu'ils gardent leur place dans l'entreprise, qu'ils gardent leur place dans le monde du travail. Je suis convaincu que pour la société française, ce sera une amélioration considérable. Ce sera un apaisement, pour reprendre le mot du président de la République, et ce sera un gain de compétence et de savoir-faire.
Bruno Le Maire, les perspectives de la dette, parce que tout ça, ça coûte beaucoup d'argent, la France est très endettée. Et les perspectives, tiens, de la dette, c'est justement à la fin de la semaine prochaine. Le 28 avril, le fameux Fitch dont on avait beaucoup parlé sous François Hollande qui est l'une de ces entreprises qui disent si oui ou non les dettes des États sont solides, pas solides, si les perspectives sont solides, pas solides. Et puis Moody's, pareil, ça c'est le 21 avril. Le 2 juin, ça c'est une autre de ces entreprises qui classent donc les dettes. Aujourd'hui, je le redis, la dette de la France, elle a des perspectives au mieux stables, au pire négatives.
Est-ce que le fait que la semaine prochaine, ces entreprises vont dire si oui ou non, on peut emprunter, donner de l'argent à la France, prêter à la France ou non, en étant rassurée, est-ce qu'en fait, ce n'était pas pour ça qu'il y avait eu urgence à promulguer ?
Absolument pas, puisque, non absolument pas, pour une raison qui est simple, ça fait à peu près un an que je dis que la France est à l'europrès. Ça fait un an que je dis, que je répète avec gravité ce matin, que les conditions financières ont radicalement changé. Avant les élections présidentielles, nous empruntions, le Trésor public français, empruntait pour financer sa dette à 0%. Au moment de l'élection présidentielle, on était aux alentours de 1%. Aujourd'hui, on est aux alentours de 3%. Nous avons pris, pour parler techniquement, 200 points de base, 2 points de taux d'intérêt
en quasiment un an. C'est exactement le même système. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Je redonne un dernier chiffre. Un point de taux d'intérêt en plus sur la dette française, c'est, à horizon 2027, 15 milliards d'euros de charges supplémentaires sur la dette publique française.
Mais je voudrais comprendre si tout ça a un rapport. C'est-à-dire, quand Emmanuel Macron finalement avait invoqué, je le cite, les risques financiers et économiques trop grands et ça justifiait le fait qu'il ne pouvait pas abandonner la réforme des retraites. Ça justifiait, à ses yeux, l'idée d'utiliser le 49.3.
Ça justifie d'avoir une réforme des retraites qui garantit l'équilibre du régime des retraites par répartition en horizon 2030. Vous vous dites, on a rendez-vous avec les banquiers.
En gros, ce qui se passe, c'est comme si vous aviez rendez-vous avec les banquiers la semaine prochaine et vous vous dites, bon, avant, il faut bien tout ranger. Je ne vais pas vous parler de ma vie personnelle,
Apolline de Malheur, mais il se trouve que ma fonction de mise des finances fait que les agences comme Moody's, comme Standard & Impulse, comme Fitch, nous les voyons régulièrement, nous expliquons comment nous finançons notre dette, nous expliquons quelle est notre trajectoire. Mais le patron, c'est la politique économique que nous menons, mais au bout du compte, vous devez rendre des comptes à vos créanciers. Ça fait partie de la vie. Quand vous empruntez de l'argent, vous rendez des comptes à vos créanciers. Quand vous êtes une grande nation, vous devez aussi avoir des comptes publics qui sont bien tenus.
C'est pour cela, en raison de ces nouvelles conditions financières dont j'ai parlé depuis un an, je ne prends personne par surprise, que nous allons accélérer le désendettement de la France. Que jeudi, je présenterai le programme de stabilité de la France avec les perspectives de réduction des déficits et de réduction de la dette.
Et nous allons accélérer cette réduction de la dette française tout simplement parce que les conditions financières ont changé et que moi, je vais vous dire très sincèrement, je n'ai aucune envie de jeter l'argent par les fenêtres parce que c'est l'argent du contribuable et que claquer de l'argent pour la charge de la dette uniquement parce que les taux d'intérêt ont augmenté, je trouve que c'est autant d'argent qui aurait pu aller vers les hôpitaux, vers les collèges, vers les crèches, vers les universités, vers les investissements verts, vers la décarbonation de notre économie et que je préfère dépenser de l'argent public pour investir dans nos services publics ou investir dans la décarbonation
plutôt que dans la charge de la dette.
Mais l'objectif, c'est justement d'arriver à économiser l'argent, là il est le moins utile et le moins efficace pour pouvoir garder des marges de manœuvre de l'argent public là où il est efficace, les services publics Vous nous annoncez donc
ce matin que vous allez réduire le taux d'endettement de la France.
Je vous annonce ce matin que nous allons accélérer le rythme de désendettement de la France et que je présenterai ces éléments-là jeudi lors de la présentation de ce qu'on appelle le programme de stabilité, c'est-à-dire la trajectoire de baisse de la dette et de la baisse de dépenses
Vous avez évoqué au passage la question de la décarbonisation de l'industrie. Vous voulez mettre décarbonation, pardon, un plan d'épargne verte pour les moins de 18 ans. Je suis un peu surprise parce que les moins de 18 ans ils n'ont pas beaucoup de sous. Je ne vois pas comment ils peuvent mettre de côté.
Non, mais on va voir il y a des moins de 18 ans qui ont des livrets A qui peuvent être financés par leurs parents et les parents qui peuvent vouloir mettre de l'argent de côté pour leurs enfants. Nous avons mis à l'étude parce que tout ça est soumis à l'appréciation des Français. C'est consultable sur le site internet du ministère la possibilité d'ouvrir un livret qui ne serait pas vraiment un livret d'épargne. Ce n'est pas la même rémunération garantie qu'un livret A mais où on donnerait l'assurance aux parents que chaque euro qu'ils auront mis de côté pour leurs enfants ira au financement de la décarbonation de l'économie française et de l'industrie.
De la décarbonation. Merci Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique d'avoir été mon invité ce matin sur RMC BFM TV.
Bruno Le Maire