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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 21 mars 2024 29 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalNumériqueÉducation & rechercheSécurité

Discours de Macron : parler de l'Ukraine pour faire oublier tout le reste

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 9 %Attaque 66 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:09OuverteRéponse partielle

    Quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron ?

  • 2:52OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu retiens de ce premier débat officiel sur les européennes à noter avec l'absence de Jordan Bardella ?

  • 5:18OuverteRéponse directe

    C'est quoi sa stratégie à Emmanuel Macron en ce moment ?

  • 7:30RelanceRéponse directe

    Tes élections, donc, sans programme ou alors on s'en fiche du programme, sans débat, tu pointes quand même un gros problème démocratique, là.

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Justement, tu parles de LFI. Ils présentent les élections européennes comme un premier tour pour les présidentielles.

  • 9:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu sais pourquoi les élections européennes sont peu suivies ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15InvitéChiffre
    « on va mettre 5 milliards dans l'IA »
  • 0:20InvitéChiffre
    « on nous dit un point de croissance par an, on nous dit des créations d'emplois, mais on ne connaît pas vraiment l'impact »
  • 16:50InvitéFait
    « vous avez dans le 93 aujourd'hui des lycées, des enseignants qui sont en grève, on a vu des images circuler, où on voit que dans l'un il y a des rats, dans l'autre il y a le plafond qui s'effondre, des fuites d'eau, etc. »
  • 12:18PrésentateurChiffre
    « Les 25 propositions des experts se chiffrent à 27 milliards d'euros sur 5 ans. »
  • 12:52PrésentateurFait
    « La France et l'Allemagne freinent des quatre fers sur ce projet de régulation pour des raisons de souveraineté. »
  • 15:51InvitéChiffre
    « on nous dit un point de croissance par an »
  • 16:10InvitéFait
    « on nous a même promis au départ que ça permettrait de lutter contre la pauvreté dans les pays pauvres »
  • 24:08InvitéFait
    « les gains qu'on risque d'avoir sur la recherche par exemple dans la transition écologique ou énergétique vont être supérieurs au coût »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur26 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Alors là on voit bien, et le rapport le dit, et c'est ça qui est problématique, qu'il va falloir faire des arbitrages, et ça j'aime pas ce mot-là. Vous avez dans le 93 aujourd'hui des lycées, des enseignants qui sont en grève, on a vu des images circuler, où on voit que dans l'un il y a des rats, dans l'autre il y a le plafond qui s'effondre, des fuites d'eau, etc. Et là on n'a pas d'argent pour ça, on n'a pas d'argent, il faut même faire des économies, et on va mettre 5 milliards dans l'IA, on nous dit un point de croissance par an, on nous dit des créations d'emplois, mais on ne connaît pas vraiment l'impact, on nous a dit la même chose pour internet.

C'est là que ça va être très dur démocratiquement.

0:28
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher. L'Instant Porcher c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas, pour analyser, décrypter, et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. J'arrête pas de le dire, mais ça fait déjà plus de 4 mois qu'on tient le pari qui a pu sembler fou, faire tourner une télé d'info indépendante et engagée, en plateau et sur le terrain. Merci pour votre force, le média ne tient que par vous.

Alors n'hésitez pas à rejoindre l'aventure de manière pérenne en vous abonnant à partir de 5 euros par mois pour soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Vous pouvez aussi vous abonner à notre newsletter quotidienne pour ne rien manquer des informations version le média. Bonjour Thomas.

1:08
Invité

Salut Lisa.

1:09
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, européenne, Ukraine, interview, quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron ? Et puis nous irons défricher la face cachée de l'intelligence artificielle, nouvelle tribune du président. C'est parti. Quelle est la stratégie d'Emmanuel Macron ? Jeudi dernier, la bataille des européennes a officiellement démarré par un premier débat. Le soir même, Emmanuel Macron était sur TF1 et France 2 pour clarifier sa politique sur la guerre en Ukraine après les ambiguïtés autour d'envois de soldats au sol qui feraient entrer la France, sous couvert de l'OTAN ou pas, en guerre contre la Russie.

Jeudi soir donc, Emmanuel Macron a réaffirmé que rien n'était exclu et qu'il ne faisait pas la guerre à la Russie, qu'elle était la seule responsable de la situation et qu'il ne pouvait pas tout clarifier dans un monde où, je cite, « ce qu'on croyait impensable auparavant arrive ». Sa priorité, la sécurité des Français où la guerre est à 2000 kilomètres. Vouloir la paix, c'est ne pas choisir la défaite, c'est soutenir l'Ukraine, dit le président, qui refuse la faiblesse et dit être soutenu par ses homologues européens et que les choses bougent, même si, officiellement, Emmanuel Macron avait été désavoué avec la possibilité d'envoi de troupes sur le terrain.

Quelques heures avant, donc, avait lieu le débat officiel pour les élections européennes qui ont lieu dans moins de trois mois, le 9 juin, sur Public Sénat. Jordan Bardella ne s'y est pas rendu et a envoyé Thierry Mariani pour représenter le RN. Alors, on ne pourra pas résumer 2h30 de débat, mais il y a eu plein de sujets qui ont été débattus, l'agriculture, l'immigration, la place de l'Europe et de la France, la guerre en Ukraine, le libre-échange, l'indépendance énergétique, le pouvoir d'achat, un peu d'écologie. Les thèmes étaient nombreux, sans oublier les clashes, forcément.

Thomas, qu'est-ce que tu retiens de ce premier débat officiel sur les européennes à noter avec l'absence de Jordan Bardella ?

2:54
Invité

Alors, déjà, l'absence de Jordan Bardella, on dit beaucoup. Ça montre bien, en fait, qu'au final, il n'avait pas besoin de venir débattre, il n'a pas besoin de dire quel est son programme, et il refuse d'aller sur Public Sénat parce qu'il juge que les audiences ne sont pas suffisamment bonnes pour lui. Et ça montre bien qu'en fait, cette élection, ce n'est pas une élection où on va débattre d'un programme, d'une vision de l'Europe, mais c'est une élection, finalement, de mi-mandat et qui reste quand même une élection nationale, où on avoue ou on désavoue, finalement, le président en place.

Comme la cohabitation ne peut plus exister, parce qu'il y a une époque où un président a été élu pour 7 ans alors que le député a été élu pour 5 ans. Il pouvait y avoir des cohabitations, comme c'était le cas en 1986, comme c'était le cas quand Chirac a dessous l'Assemblée. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Donc, en fait, le président de la République est un chef de parti, aujourd'hui. Et ce qu'on a vu hier, c'est que, voilà, vous avez un parti qui caracole en tête de sondage, qui dit, moi, je n'ai pas besoin de venir. C'est-à-dire, les Français, ils s'en foutent de ma vision de l'Europe. Eux, ce qu'ils aiment, c'est mon parti.

Et d'ailleurs, ils m'aiment bien moi et ils vont voter pour moi. Et vous avez juste après un président de la République qui dit une interview et qui plie le débat, puisqu'on parle plus de l'interview du président que du débat aux européennes. Donc, on voit bien qu'il y a une stratégie politique nationale à l'intérieur d'une élection européenne. Maintenant, quand on regarde l'élection en elle-même, qu'est-ce qu'on peut dire ? Moi, j'ai trouvé qu'il y avait un certain nombre de candidats qui avaient été reconduits. Oui, c'est le cas de Raphaël Glucksmann, Manon Aubry, M. Bellamy à droite. On se rend compte qu'il y avait quand même une marge de progression par rapport à 2019.

Les débats, ce qu'on va faire de l'Europe, et que, avec toujours cette phrase en disant, oui, l'Europe, c'est ce que vous en faites, les gens ne sont pas dupes et ils savent très bien que le Parlement européen a en réalité très peu de pouvoir. Il n'a pas de budget, ce n'est pas lui qui va émettre un certain nombre de décisions. Bien sûr qu'il est consulté, bien sûr qu'il peut infléchir en partie, mais il n'a pas un pouvoir, comme c'est le cas de l'Assemblée nationale. Et donc, cette élection intéresse en réalité peu de monde. C'est une élection plutôt de confirmation, de soutien ou non aux partis en place ou aux oppositions.

5:00
Présentateur

Je le disais, quelques heures après, à peine Emmanuel Macron a été interviewé sur TF1 et France 2, il a choisi ses chaînes et ce jour pour s'exprimer sur la guerre en Ukraine. Ça a pu faire peur aussi dans certains de ses propos. Donc tu as raison, après les médias et autres n'ont parlé que de ça. C'est quoi sa stratégie à Emmanuel Macron en ce moment ?

5:18
Invité

La stratégie d'Emmanuel Macron, elle est très intéressante parce qu'il a compris quelque chose, Emmanuel Macron, et là-dessus, on ne peut pas lui enlever un certain sens politique, une intelligence politique. C'est qu'il a compris que, bon, le fond ne servait pas à grand-chose, qu'on pouvait gagner une élection présidentielle sans vraiment avoir de programme et sans vraiment avoir besoin de débattre. Et d'ailleurs, Jordan Bardella, il fait la même chose.

Et moi, je pense qu'à la prochaine élection présidentielle, je pense que Marine Le Pen, qui a perdu ces deux débats largement contre Emmanuel Macron, le premier parce qu'elle a voulu faire une stratégie un peu plus populiste, mais elle n'a pas réussi. La deuxième, elle a voulu être technique. Elle s'est emmêlée dans ses feuilles. Et Macron, c'était le professeur face à l'élève. Elle aurait tout intérêt, au prochain débat, si elle est au second tour, de refuser le débat. Puisque finalement, tout le monde refuse les débats aujourd'hui. Donc elle peut dire, moi, je refuse le débat. C'est le candidat des médias. Et probablement qu'elle ferait un meilleur score.

Parce que Macron a ouvert cette voie en disant, bon, moi, je n'ai pas à débattre, je suis président. Là, Bardella dit, je n'ai pas à débattre. Et puis la prochaine fois, on verra ce qui se passera. Mais là où il a un sens politique, c'est qu'il a très bien compris que les européennes, il ne s'agit pas de parler du fond ou de ce qu'on a voté ou pas voté ou de la présence de l'un ou de l'autre au Parlement. Il s'agit juste d'occuper le terrain. Et donc, vous avez ce premier débat sur Public Sénat, dont les audiences, m'a-t-on dit, sont moins élevées qu'ailleurs.

Et ce premier débat aurait pu trouver une vie secondaire dans les autres médias, les journaux, etc., pour qu'ils puissent refaire le résumé, qui a gagné le match, etc. Et là, vous avez quelqu'un qui, ce jour-là, c'est le seul jour, vous fait juste après la fin du débat un espèce de grand oral sur deux chaînes grand public, TF1, France 2. Après ça, qui se souvient du débat des européennes ? Personne. Et là, Macron, il reprend la main, en fait. Il reprend la main en disant, voilà, moi, j'ai ma stratégie, on ne parle que de ça. C'est une bonne stratégie politique et comme j'ai dit dans la première question, Macron, ce n'est plus un président aujourd'hui.

C'est un chef de parti, en fait, en réalité. Et le but de ces élections, c'est de voir si les gens lui font encore confiance ou non. Et nous l'avons vu et nous le savons. Emmanuel Macron, c'est quelqu'un qui aime bien la compétition. Et donc, je sais qu'il veut faire en sorte que dans ces élections-là, il puisse rattraper le retard qu'il y a dans les sondages entre Bardella et Mme Ayer. Et donc, c'est pour ça qu'il intervient dans le débat.

7:30
Présentateur

Tes élections, donc, sans programme ou alors on s'en fiche du programme, sans débat, tu pointes quand même un gros problème démocratique, là.

7:37
Invité

Ah non, moi, je trouve que programmer cette intervention, mine de rien, juste après un débat, qui est le débat des européennes, c'est un problème. Il y a une volonté d'intervenir dans les élections européennes. Et ce n'est pas le rôle d'un président. Il y a une élection, il y a une tête de liste, ils doivent en débattre. Normalement, on programme son intervention un autre jour ou on déplace les missions des européennes à un autre moment. Mais là, enchaîner les deux, coup sur coup, on savait très bien que l'intervention de Macron allait intervenir comme un bulldozer.

Surtout que le débat des européennes a beaucoup porté sur la question de l'Ukraine, de la place de l'Europe vis-à-vis de la Russie et de la question du soutien à l'Ukraine. Et l'interview de Macron n'a porté que là-dessus. Donc, on voit très bien la stratégie politique qu'il y a derrière. La stratégie politique, c'est de dire, voilà, grosso modo, moi, je suis là, je tiens la maison, je la tiens bien. Et puis derrière moi, c'est le Front National qui est historiquement l'ami de la Russie. Et donc, le débat, c'est entre moi et eux. Et le match qu'il y a, c'est entre moi et eux. Les autres, c'est des gens qui pensent à peu près comme moi, à part la France insoumise.

C'est des gens qui pensent à peu près comme moi avec des degrés un peu plus à gauche. Mais on peut se rejoindre, donc on peut discuter. Donc, c'est grosso modo mon bloc contre le bloc de Marine Le Pen et derrière le troisième bloc qui est divisé et en perte de vitesse qui est dans les sondages pour le moment qui est le bloc de la LFI, de la gauche dont la LFI a eu la tête à la présidentielle.

9:00
Présentateur

Justement, tu parles de LFI. Ils présentent les élections européennes comme un premier tour pour les présidentielles. T'en parlais un petit peu. Sauf que c'est vrai que dans ces élections européennes, il y a un enjeu de faire voter pour son parti, quel que soit le parti. Et il y a aussi un enjeu de faire voter tout court parce qu'en fait, les élections européennes, elles ne suffisent pas beaucoup d'intérêt que ce soit dans les médias ou en termes d'audience ou des choses comme ça ou alors même dans les votes après. C'est une élection qui est peu suivie. Est-ce que tu sais pourquoi ?

9:26
Invité

Je pense déjà qu'il y a eu une défiance traditionnelle de la France envers l'Europe. Et à juste titre, on se souvient que Maastricht est passé très légèrement avec une grande campagne pour le oui, que le non à la Constitution l'a emporté à l'époque. Et donc, que les Français étaient bien conscients que l'Europe qu'on leur vendait était une Europe libérale alors que leur fonctionnement à eux de leur économie était une économie plutôt administrée avec des monopoles publics, EDF, auxquels les Français sont très attachés avec un service public fort et aussi, on va dire, un modèle social assez important auquel, encore une fois, les Français sont attachés.

On l'a bien vu au moment de la réforme des retraites. Et donc, il y avait une défiance d'une espèce de technostructure supranationale qui imposerait des choix. Et à juste titre, c'est la réalité puisqu'il y a un certain nombre de traités qui ont été mis en place par la Commission européenne. Il y a un certain nombre de pressions qui sont faites aux États pour qu'ils baissent leurs dépenses publiques et qui réduisent leurs déficits. Et donc, les Français, traditionnellement, ont une forme de méfiance envers ce qui se passe en Europe. Ça, c'est la première des choses.

Sauf une petite élite qui, elle, se sent plutôt européenne dans son horizon, dans sa façon de penser, etc., qui, elle, reste concernée par cette élection. Donc, cette élection a toujours eu du mal à l'intéresser. et c'est pour ça qu'aujourd'hui, les partis, c'est le Front National, la France Insoumise aussi, là, et de fait, Macron en font une élection qui est plutôt nationale et comme finalement une élection de mi-mandat pour voir ce que pensent les Français de la politique qui est menée.

Et aux dernières européennes, ça s'est vu très concrètement puisque c'était le Front National qui est sorti premier, au coude à coude quand même avec La République En Marche qui a fait un très gros score et puis après, vous aviez le reste qui était très très loin. Et là, voilà, on veut refaire ce match-là. Le seul problème, c'est que la gauche part désunis avec des positions quand même très différentes sur chaque point et donc, ça risque d'être difficile. Mais Jean-Luc Mélenchon a raison de dire ça. Enfin, c'est quand même comme, ça prépare très largement quand même les élections.

Après, vous avez encore les régionales, les municipales, mais ça reste une élection nationale donc qui est quand même un bon indicateur de ce que va être la suite. Même si la dernière fois, Manon Aubry avait fait 6%, plus de 6% avec Mélenchon a fait quand même 23%. Donc, il y a une différence. Ça reste quand même à mi-mandat un indicateur sur une élection nationale des tendances politiques.

11:49
Présentateur

Le plan IA pour l'intelligence artificielle est sorti. Le comité interministériel sur l'intelligence artificielle générative lancé par le gouvernement il y a quelques mois a présenté son rapport très ambitieux pour ne pas rater le virage technologique et industriel sur ce domaine pour la France. On y retrouve le remplacement par l'IA de postes mais aussi de la création d'emplois ou des formations massives. Le rapport est extrêmement optimiste sur la hausse de PIB qu'engendrerait le développement de l'IA en France. Les 25 propositions des experts se chiffrent à 27 milliards d'euros sur 5 ans.

Emmanuel Macron veut faire de la France un pays à la pointe sur l'IA en mettant en avant les boîtes françaises. Et c'est dire dans ce comité sur l'intelligence artificielle on y retrouve Cédric O, l'ancien secrétaire d'Etat au numérique sous Macron. La France avait montré de la résistance lors des discussions à l'Union Européenne sur l'Artificial Intelligence Act visant à encadrer le développement de l'IA. Le commissaire européen en numérique a expliqué que la France et l'Allemagne freinent des quatre fers sur ce projet de régulation pour des raisons de souveraineté.

Nos deux pays redoutent qu'un cadre trop contraignant pénalise l'envol de leurs champions nationaux Mistral Aï chez nous et Aleph Alpha Outre-Rhin qui est à la tête de Mistral Aï Cédric O. Revenons au rapport dedans on parle innovation technologique croissance très peu d'écologie et il n'y a aucune mention des ouvriers qui oeuvrent au développement de cette technologie c'est un peu la face cachée derrière tous les beaux discours Thomas qu'est-ce que révèle le rapport sur l'IA remis à Macron ?

13:16
Invité

Alors tu as dit énormément de choses déjà très intéressantes c'est vrai que le rapport se veut plutôt optimiste que pessimiste même s'il disent que bon ils sont ni l'un ni l'autre mais il est quand même plus optimiste sur les gains de productivité et gains de croissance que l'impact environnemental fait à peine une page et demie et il part du principe dans l'impact environnemental que grosso modo voilà les gains allaient être supérieurs que le coût et après il n'y a pas mention comme tu l'as très bien dit aussi des petites mains qui challengent l'intelligence artificielle maintenant pourquoi c'est quand même essentiel les utilisateurs de Tchad GPT sont extrêmement nombreux je crois qu'il y a plus d'un milliard d'utilisateurs par mois c'est énorme et énorme chez les étudiants aussi énormément chez les étudiants donc on ne peut pas passer à côté de ça maintenant maintenant que ça existe il faut absolument qu'on ait au niveau européen un champion qui puisse concurrencer le champion américain ou les champions chinois ça c'est indéniable ce rapport est bienvenu pour ça et surtout que dans ce rapport on met quand même beaucoup en avant le rôle de l'état parce que vous savez pendant très longtemps les entrepreneurs nous ont dit attention nous on va tout faire tout seul laissez-nous tranquille juste baissez-nous les impôts enlevez-nous des réglementations et on va tout bien faire tout seul laissez-nous dans notre garage on va inventer Apple numéro 2 en intelligence artificielle or là le rapport demande énormément d'argent à l'état 5 milliards par an et il demande à l'état de réguler en partie l'organisation du marché pour laisser apparaître un géant européen de l'intelligence artificielle donc on voit bien que ça redonne à l'état son rôle de stratège et de financeur de l'innovation en amont comme ça a été le cas en réalité dans tout parce qu'aujourd'hui on a des iPhones parce que l'état américain a investi massivement dans les écrans tactiles dans le GPS dans internet en réalité l'iPhone c'est une innovation majoritaire de l'état qui a été reprise par des entrepreneurs et donc la leçon a été dite et elle va à l'inverse en fait de ce que on nous a dit pendant des années dans les journaux économiques traditionnels

15:22
Présentateur

à l'heure où le gouvernement ne jure que par les économies et qu'ici même il est contredit sur au contraire il faut de l'investissement est-ce qu'on doit aller dans l'IA est-ce que c'est là qu'il y a urgence

15:33
Invité

c'est ça en fait c'est là que ça va être très dur démocratiquement c'est-à-dire que là tout le monde est d'accord tout le monde c'est-à-dire le gouvernement les libéraux les éditorialistes économiques tout le monde est d'accord d'un investissement dont on ne connait pas en réalité parce que c'est que des prévisions dont on ne connait pas l'impact on nous dit un point de croissance par an on dit des créations d'emplois mais on ne connait pas vraiment l'impact on nous a dit la même chose pour internet il y a un grand rapport qui a été fait sur internet depuis l'existence d'internet à aujourd'hui et qui dit que le lien la causalité entre internet et productivité elle n'est pas constamment avérée elle n'est pas constamment avérée alors qu'on nous a promis de la productivité de dingue on nous a même promis au départ que ça permettrait de lutter contre la pauvreté dans les pays pauvres or il y a des études qui ont montré qu'il n'y avait pas eu d'impact dans la lutte contre la pauvreté donc le début c'est toujours comme ça c'est qu'une innovation nous promet des monts et merveilles et on se rend compte qu'au final même si c'est très présent dans notre vie mais ça a changé notre vie ça n'a pas amélioré majoritairement la productivité il y avait cette phrase de Solo un très grand économiste qui disait les ordinateurs sont partout sauf dans les chiffres de la productivité et c'est la réalité on a tous des ordinateurs mais ça n'a pas augmenté plus la productivité donc il faut faire attention si la productivité n'augmente pas les emplois n'augmentent pas la croissance n'augmente pas et c'est plié il y a plus de destruction d'emplois que de création donc la messe est dite on est prêt à mettre 5 milliards sur des prévisions alors qu'on retire en même temps 5 milliards au service public on l'a dit la semaine dernière vous avez dans le 93 aujourd'hui des lycées des enseignants qui sont en grève on a vu des images circuler d'un lycée à Saint-Denis Paul-Éluard d'un autre à Sevran où on voit que dans l'un il y a des rats dans l'autre il y a le plafond qui s'effondre des fuites d'eau etc et là on n'a pas d'argent pour ça on n'a pas d'argent il faut même faire des économies et on va mettre 5 milliards dans l'IA sur des prévisions hypothétiques dont on ne connait pas le résultat à court terme et qui seront probablement sur le long terme donc ça va être difficile à entendre pour les citoyens français moi je suis d'accord sur le fait que on ne peut pas laisser les américains et les chinois seuls développer l'IA puisque l'IA va être utilisée de fait elle est là déjà largement utilisée par les étudiants donc il faut qu'il y ait des champions français ou européens pour qu'on ait une maîtrise sur les données sur l'utilisation de cette IA c'est important je pense qu'il faudrait même protéger ça mais après on ne peut pas investir 5 milliards et les retirer ailleurs il faut relâcher cette contrainte budgétaire il faut oui une politique industrielle où on investit sur l'IA sur la transition énergétique mais il faut aussi de l'autre côté qu'on investisse dans les secteurs publics alors là on voit bien et le rapport le dit et c'est ça qui est problématique qu'il va falloir faire des arbitrages et ça j'aime pas ce mot là parce que pour moi l'hôpital et l'éducation sera toujours plus intéressant que l'IA ça c'est clair et net mais là l'arbitrage va être fait en faveur de l'IA sur des prévisions qui sont un peu folkloriques et une grosse partie de la commission était issue des industries du numérique et donc c'est dans leur intérêt d'avoir de l'argent de l'État et de dire qu'il va y avoir des résultats spectaculaires

18:19
Présentateur

et encore une fois on se demande quelle est la colonne vertébrale politique c'est à dire que les arguments pour faire des économies là ils tiennent plus dans le cadre de la stratégie vantée pour l'IA donc on se demande comment on peut tenir une ligne politique si on peut totalement détruire sa vision économique parce que là on veut investir dans l'IA et l'autre chose aussi c'est cet investissement on le disait nous on n'arrête pas de dire ici il faut investir au contraire pour avoir un retour sur investissement mais est-ce que ça va être un investissement conditionné et où les français vont avoir des retours sur investissement ou est-ce que ça va être encore des investissements entre guillemets cadeaux ou alors on dit aux entreprises on vous donne de l'argent vous en faites ce que vous voulez puis après vous pouvez partir ailleurs délocaliser faire ce que vous voulez

19:01
Invité

ça semble être à peu près ça ça a toujours été comme ça de toute façon mais là tu pointes une chose intéressante c'est à dire le paradoxe qu'il y a c'est que quand on baisse la fiscalité il n'y a pas de soucis là on ne parle plus des agents d'notation on ne parle plus de la dette on ne parle plus de déficit parce que si on investit dans la transition là c'est autre chose on dit on ne peut pas il y a la dette mais dans l'IA qui fascine tout le monde il n'y a pas de problème de dette il n'y a pas de problème de déficit il n'y a pas de problème d'argent à trouver il n'y a pas de problème d'efficacité et de conditionnement de l'investissement puisqu'il faut justement déréglementer c'est ce que dit le rapport une partie des règles sur la recherche etc pour que les gens puissent y aller plein pot donc non c'est toujours la même chose et puis investir dans l'IA encore une fois dont on n'arrive pas à voir ce que ça va donner réellement parce qu'on va peut-être investir des milliards et on va se faire bouffer par les américains et par les chinois là-dessus et ça ne servira à rien donc il faut le faire mais on ne voit pas le résultat mais il faut le faire quand même il faut que l'état redevienne un peu entrepreneur il faut le faire quand vous investissez de l'argent dans l'éducation ou dans les services publics pour les gens c'est une perte c'est de l'argent qui tombe dans un trou noir donc l'éducation dans le 93 ou les hôpitaux c'est un coût et l'investissement dans l'IA dont on ne connait pas encore les gains réels c'est un investissement et c'est ça le problème alors qu'on a tous besoin d'une bonne éducation on a tous besoin de bons hôpitaux donc là ça devrait être considéré comme un investissement une infirmière c'est pas qu'un coût c'est plutôt un investissement un enseignant c'est plus un investissement qu'un coût et ça il faut le rappeler alors que là on ne sait pas ce qui va se passer à terme bien qu'il faille et encore une fois je le dis pour ne pas avoir une position dogmatique il faut absolument qu'on arrive à avoir quand même et qu'on ne fasse pas comme on a fait avec Google qu'on ne fasse pas comme on a fait avec l'iPhone qu'on ait des industries en Europe et particulièrement en France qui puissent être importantes sur ces thèmes là parce que c'est des thèmes qui vont être présents dans nos vies futures

20:46
Présentateur

puis on ne le rappellera jamais assez quand tu dis les services publics c'est un investissement et pas un coût alors au delà des valeurs morales humaines sociales etc c'est vrai que même économiquement si on prend le truc très cyniquement ça rapporte plus d'investir sur le long terme que d'avoir des visions court termites c'est à dire c'est un coût on arrête d'investir parce qu'après les gens malades les gens pauvres les gens encore une fois de manière cynique ça coûte de l'argent je le disais le rapport est extrêmement optimiste avec les impacts économiques de l'IA au bout de 10 ans la hausse de PIB produit intérieur brut serait comprise entre 250 et 420 milliards d'euros soit du même ordre de grandeur que l'activité actuelle de l'industrie dans son ensemble c'est ce qu'affirment les experts des experts qui ont aussi des rôles dans les entreprises dans l'IA on ne le rappellera jamais assez Thomas est-ce que tu partages ce même enthousiasme ?

21:36
Invité

moi je regarde les innovations précédentes et ce qu'on nous a dit et on nous a dit sensiblement la même chose on nous a dit la même chose avec internet on nous a dit la même chose alors internet ça allait sauver le monde c'est à dire qu'au début d'internet il y a eu toute la face en fait cachée de l'impact environnemental qui n'a pas été dite on nous a dit qu'il y avait quasiment c'était neutre qu'il n'y avait pas d'impact alors que nous savons aujourd'hui qu'il y a un impact environnemental fort là ils ont comparé l'intelligence artificielle à l'arrivée de l'électricité je ne suis pas sûr chaque innovation en fait dans le temps c'est ce que l'histoire nous a montré avait moins d'impact que la précédente internet a eu moins d'impact que l'ordinateur vous regardez en fait quand on a créé le télégramme le télégramme qu'on envoyait ça a eu un impact génial parce qu'avant une lettre quand vous l'envoyez aux Etats-Unis elle mettait plus d'une semaine à arriver par bateau ou par avion ça mettait un temps fou le télégramme ça a été très rapide ça mettait quelques heures et puis après on a inventé le fax ça mettait quelques minutes internet ça met quelques secondes donc vous voyez que les gains de temps en fait de productivité sont à chaque fois plus faibles que les précédents donc moi je me méfie de ça parce qu'on nous a dit les mêmes choses on nous a baraté de la même façon avec internet ça c'est dans nos vies on l'utilise tous on l'utilise tous mais ça n'a pas changé radicalement le monde et ça a créé aussi beaucoup de destruction d'emplois parfois même plus que de création dans les banques par exemple il y a plus de banques en ligne dans les réservations d'hôtels réservations d'avions réservations de trains tout passe par internet et ça a mis un coût supplémentaire au consommateur parce que c'est lui qui doit maintenant tout faire alors qu'avant c'était quelqu'un d'autre qui le faisait donc je ne suis pas sûr que les gains aient été aussi élevés que ce qu'on nous a dit au départ et je dirais même je rajouterais une chose c'est que ça a détourné les investissements utiles dans les pays pauvres parce qu'il n'était plus facile d'avoir des fonds quand vous développiez la 5G dans un pays émergent que quand vous investissez dans des sanitaires propres ou dans des services publics ou de transport parce qu'il y avait une fascination pour tout ce qui était de l'ordre du numérique et moi je vois bien qu'il y a la même fascination aujourd'hui pour l'intelligence artificielle et ça m'inquiète parce qu'on peut promettre monts et merveilles pour avoir des financements mais souvent quand on va les études après on se rend compte que ce n'est pas ce qu'on nous avait promis

23:50
Présentateur

T'en parlais est-ce que les impacts environnementaux ils sont assez calculés ils sont bien pris en compte dans cette étude selon toi ?

23:55
Invité

Non c'est une page et demie grosso modo ce qu'ils nous disent c'est que les coûts sont à peu près connus les coûts environnementaux parce qu'on a une expérience de ce que consomme ce type d'intelligence artificielle maintenant l'idée c'est de dire que les gains qu'on risque d'avoir sur la recherche par exemple dans la transition écologique ou énergétique vont être supérieurs au coût mais pareil on est vraiment sur de la prévision on est dans la boule de cristal en disant mais non non vous verrez et ça ça ressemble très fortement à ce qu'on nous a dit pour internet parce que moi je me souviens de Jérémy Rifkin cette transition écologique et numérique qu'on nous promettait avec cette idée que le numérique n'avait pas d'impact écologique on se rend bien compte aujourd'hui qu'on a été bluffé et là c'est la même chose c'est à dire qu'il y a un coût il est estimé mais en même temps il y a des gains qui sont évalués et qu'on nous dit qui risqueraient d'être beaucoup plus élevés que les coûts mais les data centers ont des fortes consommations d'eau fortes consommations d'électricité à un moment où on dit à tout le monde de mettre le chauffage à 19 degrés et de faire des économies sur les bâtiments etc est-ce que ça va être entendable ?

ça c'est aussi une autre question et vous avez aussi un stress hydrique qui est très important des villes comme Barcelone qui importent aujourd'hui de l'eau vont-elles être sensibles à l'installation de ces gros data centers ? c'est des vraies questions annexes qu'il faut poser aujourd'hui et pas passer sous le tapis pour nous faire croire que tout va bien aller

25:22
Présentateur

c'est quoi les principaux dangers de l'IA selon toi ?

25:26
Invité

ceux qui créent ces intelligences scientifiques le disent c'est qu'elles peuvent échapper parfois que même eux sous-estimaient l'impact que ça pouvait avoir vous savez il y a plein de passifs par exemple Elon Musk qui était quand même un homme d'affaires qui était beaucoup mis en avant pour son génie qui aujourd'hui est un peu plus décrié parce que tous ceux qui l'ont mis en avant il y a 10 ans en disant que c'était génial qu'il ne fallait surtout pas que l'Etat intervienne alors que l'Etat était intervenu beaucoup pour monter Elon Musk aujourd'hui ils vous disent non mais en fait il faudrait peut-être un peu de contrôle parce que depuis qu'il a repris Twitter c'est un peu n'importe quoi ce qui s'y passe et vous regardez ce qu'il a fait Elon Musk il a viré tous les gens qui étaient dans la modération sur Twitter et c'était pas déjà une grosse modération parce qu'on se faisait déjà beaucoup insulter il les a tous retirés il a dit je remplace ça par une IA bon ben on voit le résultat on voit le résultat c'est à dire que l'IA peut avoir des défauts elle peut avoir aujourd'hui encore quand vous tapez des choses moi je donne un cours d'économie mes élèves utilisent beaucoup le chat GPT vous avez parfois des choses qui sont hallucinantes donc il faut faire attention et puis moi là où j'ai très peur c'est que vous savez aujourd'hui entre quelqu'un qui va étudier un médecin qui va faire 8 ans 10 ans d'études parfois une spécialité et quelqu'un qui va chercher sur Google on est sur Google pas sur l'intérieur il va trouver une réponse il va remettre en question un diagnostic de médecin donc la verticalité qui peut exister avec des diplômes elle est remise à plat parce que tu as une réponse sur Google et demain parce que tu auras une réponse sur le chat GPT or malgré tout rien ne remplace 10 ans d'études sur un domaine c'est pas parce que sur Google vous avez trouvé une réponse économique que vous avez compris l'économie c'est ce que je dis à mes étudiants c'est parce que vous avez une réponse que vous avez compris quelque chose et c'est pas parce que demain tu sais tu vois je sais pas moi un grand boxeur qui t'explique un coup droit que tu sauras mettre un coup droit c'est la répétition c'est la pratique c'est le fait d'avoir des adversaires différents qui fait que tu maîtrises ton sport et c'est pareil pour la médecine tu as opéré c'est l'analyse clinique c'est les études que tu as fait qui fait que tu maîtrises c'est pas parce que t'as une réponse sur Google sur le chat GPT que tu comprends quelque chose et moi le vrai danger je pense c'est que tout le monde va s'improviser tout et n'importe quoi et c'est déjà ce que l'on voit plus ou moins aujourd'hui sur les réseaux sociaux et qui va être amplifié demain avec le chat GPT

27:36
Présentateur

et on peut dire la même chose pour le journalisme dont les syndicats s'inquiètent de l'arrivée de l'intelligence artificielle pour remplacer des cerveaux qui pensent

27:43
Invité

exactement qui pensent qui recherchent qui enquêtent etc

27:45
Présentateur

merci Thomas

27:46
Invité

merci beaucoup

27:47
Présentateur

et merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'instant porché cela fait déjà 4 mois qu'on tient le pari qui a pu sembler fou faire tourner une télé d'info indépendante et engagée en plateau et sur le terrain merci pour votre force le média ne tient que par vous alors n'hésitez pas à rejoindre l'aventure de manière pérenne en vous abonnant à partir de 5 euros par mois pour soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran vous pouvez aussi vous abonner à notre newsletter quotidienne pour ne rien manquer des informations version le média nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas chaque semaine merci pour tous vos pouces en l'air et commentaires qu'on lit sous la vidéo YouTube spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine à la semaine prochaine

28:28
Locuteur

à la semaine prochaine à la semaine prochaine