Chute de Bayrou : le PS et le RN ont-ils la solution ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:39OuverteRéponse directe
Peux-tu nous refaire un petit point sur la taxe Zuckman ?
- 5:01RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que tu réponds aux arguments du gouvernement sur la fuite des riches ?
- 9:13OuverteRéponse directe
Thomas, qu'est-ce que tu penses de cette séquence sur les 5% d'économies ?
- 11:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a d'autres moyens que la taxation pour réduire les inégalités ?
- 14:26OuverteRéponse directe
Est-ce que le contre-budget du PS remet en cause le libéralisme ?
- 17:03OuverteRéponse directe
En coulisses, ça discute pour l'après-Bayrou. Quelles sont les pistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56InvitéChiffre
« Plus de 26 milliards d'euros de recettes nouvelles grâce à la mise à contribution des gagnants du macronisme, les grandes fortunes et les grandes entreprises. »
- 1:59InvitéFait
« Taxe Zuckman de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros. »
- 2:04InvitéChiffre
« 15 milliards avec une refonte de la fiscalité sur les dividendes et les plus-values. »
- 2:08InvitéChiffre
« Un gain de 2,9 milliards avec un prélèvement social de 1% sur les très grandes successions. »
- 2:56InvitéFait
« La taxe Zuckman, c'est une taxe à 2% sur les gens qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine. »
- 2:58InvitéChiffre
« Ça concerne 1 800 ménages seulement, 1 800 ménages. »
- 5:14InvitéChiffre
« L'ISF, vous aviez 350 000 à peu près ménages qui la payaient et vous n'aviez que 0,2% qui partaient tous les ans. »
- 13:34PrésentateurChiffre
« Entre 2011 et 2021, les PDG des 100 plus grandes entreprises françaises cotées ont vu leur salaire augmenter de 66% contre 21% pour les salariés et 14% pour les SMICAR. »
- 29:15InvitéFait
« l'économie pourrait aller mieux parce qu'il y aurait beaucoup plus de demandes internes qui permettraient d'avoir des débouchés, notamment pour les petites entreprises. »
- 30:01InvitéFait
« il va falloir commencer à se soucier de ce problème et d'ailleurs ils le disent en France mais aussi ailleurs parce que ça touche l'ensemble des pays riches. »
- 30:40InvitéFait
« Boomer, c'est un terme stigmatisant, péjoratif qui voudrait dire qu'une population qui a profité du système, qui ne pense qu'à elle, qui est égoïste, qui est une population qui pollue, serait responsable de la dette. »
- 31:11InvitéChiffre
« Des études ont montré, par exemple, que la France était une des premières à mettre en avant cet agisme, c'est-à-dire ces discriminations envers les vieux. Sur plus de 68 pays d'études, la France est classée 61e sur 68. »
- 31:46InvitéFait
« La génération d'aujourd'hui fait de plus longues études que la génération d'avant, a plus accès aux soins. La génération d'avant a effectivement eu accès plus facilement à l'immobilier et a vécu les 30 glorieuses. »
- 32:51PrésentateurChiffre
« La situation politique est inédite, historique et face aux 105 millions d'euros du milliardaire ultra-conservateur stérin qui veut installer l'extrême droite au pouvoir, le média est en pleine riposte. »
Temps de parole
- Invité71 %
- Présentateur25 %
- Présentateur 24 %
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Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 24-7, et d'activer la cloche. Tout est une question de choix individuel, si vous n'avez pas réussi c'est de votre faute, si vous êtes au chômage et que vous le voulez... Si vous êtes en arrêt maladie, ne prenez pas l'arrêt, c'est indécent de dire quelque chose comme ça. Oui c'est indécent, la personne qui a gagné 250 millions en loto, qui rentre dans les 400 premières fortunes, cette personne-là, en plaçant ce qu'elle a gagné sur le placement le moins risqué, le plus faible, etc., ça lui rapporte 300 000 euros par mois. Vous vous rendez compte ?
300 000, donc plus de 3 millions par mois.
En ne faisant rien.
En ne faisant rien.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher. Toutes les semaines, on entend tout et son contraire sur l'économie, et pas que, alors on est là avec Thomas pour détricoter tout ça. Et on en a du travail, le Média est en pleine riposte, vous le savez, l'extrême droite aidée par des médias financés par les milliardaires, cherche à imposer sa vision en muselant la diversité des voix et en bafant le pluralisme sur les réseaux sociaux et sur la TNT francilaine, nous voulons porter les voix qui dérangent, celles qu'on ne veut pas entendre ailleurs.
Cette bataille pour la démocratie nous concerne toutes et tous, alors rejoignez-nous et soutenez-nous sur campagne.lemédiatv.fr. Bonjour Thomas.
Salut Lisa.
Alors avec toi aujourd'hui au programme, le PS et le RN se battent pour Matignon, mais pour faire quoi ? C'est parti. On le sait, le macronisme arrive au bout, s'étiole, ne convainc plus, crise après crise, élection après élection, censure, démission, bref, c'est quoi l'après ? Après le libéralisme, virage à gauche ou victoire de l'extrême droite ? Nous, vous nous connaissez, on va aller décortiquer la partie éco. Le PS a présenté son contre-budget face à Bayrou la semaine dernière. Le parti à la rose reprend les grands principes du programme du NFP, augmenter les recettes plutôt que de réduire les dépenses, qui pèseront sur les pauvres et les classes moyennes, je les cite.
Plus de 26 milliards d'euros de recettes nouvelles grâce à la mise à contribution des gagnants du macronisme, les grandes fortunes et les grandes entreprises, donc avec la taxe Zuckman de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, ou encore 15 milliards avec une refonte de la fiscalité sur les dividendes et les plus-values. Autre exemple, un gain de 2,9 milliards avec un prélèvement social de 1% sur les très grandes successions. Les socialistes proposent aussi la réduction des aides aux grandes entreprises. Alors cette question de la taxation des plus riches et ou des grandes entreprises est dans toutes les bouches depuis les débats sur le budget et la fin de l'ère Bayrou.
On en a parlé ici, mais pas que. Les plateaux TV s'y mettent, enfin, j'ai envie de dire. Et malgré l'adhésion populaire à cette idée, 40 faits que nous parler de faire des économies et les gens ne sont pas si bêtes que ça, eh bien le bloc libéral rejette cette idée au nom de l'investissement, garder nos riches, être compétitifs. Thomas, est-ce qu'on peut se refaire un petit point sur la taxe Zuckman ? Est-ce que tu peux nous en parler un peu ?
Oui, c'est important de se refaire un point. En fait, la taxe Zuckman, c'est une taxe à 2% sur les gens qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine. Donc c'est énorme, 100 millions d'euros de patrimoine. Ça concerne 1 800 ménages seulement, 1 800 ménages. Alors, dans la tête des gens, il y a cette idée que si tu prends 2% à quelqu'un qui a 100 millions, il lui reste 98 millions et puis après il lui restera 96 et 94 et sur plusieurs années, tu vas l'appauvrir. Et donc, c'est une taxe qui a pour but d'appauvrir les plus riches. C'est parfaitement faux. En réalité, la fortune des riches augmente très fortement chaque année.
Et cette taxe, elle n'a pour but que de ralentir l'enrichissement des riches, des très riches, des ultra riches, disons, qui continueront à s'enrichir. Je te donne un exemple très simple. L'immobilier, entre 2017 et 2022, l'immobilier, ces gens-là à 100 millions ont un patrimoine immobilier assez important. C'est pas ce qu'ils ont de plus parce qu'ils ont plus d'actions, mais ils ont un patrimoine immobilier important. L'immobilier, dans la période de 2017 à 2022, a augmenté de 18%. C'est beaucoup plus que la taxe cumulée de 2%, 2% chaque année. Donc, ça veut dire que les riches n'auront pas leur patrimoine qui va diminuer.
Il va continuer à augmenter, mais il augmentera moins vite que ces 15 dernières années. Et ces 15 dernières années, il a augmenté extrêmement vite avec une nette accélération sous Macron. On l'a souvent dit ici, en donnant l'exemple des 500 premières fortunes. Les 500 premières fortunes ont vu leur patrimoine, leur fortune multipliée par 6. Personne n'a vu son patrimoine, quand vous avez 10 000, 15 000 euros de côté ou 5 000, multiplié par 6 en l'espace d'une quinzaine d'années. Donc, vous voyez, on voit bien que là, il y a un problème de captation de la richesse qui est beaucoup trop fort en haut du panier.
Donc, cette taxe a juste pour but de récupérer un peu plus de cette augmentation pour la redonner au fonctionnement de l'économie. Parce que les riches font partie de l'économie. Ce n'est pas une bande à part qui a fait sécession. Ils font partie de l'économie.
Et s'enrichissent grâce à ce qu'il y a en dessous d'eux, c'est-à-dire tout le monde. Donc, le gouvernement ne cesse de répéter que cette taxe ou taxer les riches affaiblirait nos entreprises et in fine la croissance, ferait partir nos riches, abîmerait notre compétitivité. Quand moi-même, j'ai posé la question à la porte-parole du gouvernement, elle a dit mais ça va forcer les ultra-riches à revendre des entreprises, etc. Parce qu'en fait, la majorité, ce n'est pas des revenus, mais des actions ou des parts dans les entreprises, etc. Qu'est-ce que tu réponds à ces arguments qu'on nous présente à chaque fois ?
Je réponds qu'en tous les cas, dans ce que nous avons vu précédemment, ça n'a pas été fait. Même sur des taxes qui concernaient beaucoup plus de gens comme l'ISF, on l'a dit ici, l'ISF, vous aviez 350 000 à peu près ménages qui la payaient et vous n'aviez que 0,2% qui partaient tous les ans. C'est-à-dire qu'il y en avait 500 qui partaient, il y en avait 800 et 300 qui revenaient. Donc 0,2%, ça veut dire que 99% des gens payaient cette taxe tranquillement, sans rien dire. Alors oui, tout à fait, il peut y avoir des gens qui partent, mais c'est une infime partie. La majorité reste.
Quant à la revente des entreprises, alors il faut bien comprendre une chose, c'est que la plupart des entreprises aujourd'hui, la majorité des très grosses entreprises sont héritées. D'accord ? C'est des entreprises familiales, on hérite de cette entreprise. Là, il n'y a aucune raison que les gens revendent leur entreprise, ils payeront la taxe et des entreprises gagnent énormément d'argent et ils pourront très bien vivre avec. Après, on parle de petites entreprises où vous avez des gens qui refusent de se donner un salaire, qui font grimper leur entreprise pour la revendre et faire une plus-value financière. Alors ces gens-là, quand même, cherchent quand même la culbute financière.
Donc quand on dit oui, ils vont se faire racheter, mais c'est aussi un peu à ça qu'ils jouent. Et quand vous avez une entreprise, je ne sais pas, qui est valorisée à 150 millions, dites-moi pas que vous pouvez emprunter une petite partie pour payer la taxe tellement votre entreprise est valorisée. Donc c'est un faux problème, c'est un faux débat pour nous dire que les gens qui innovent vont être gênés par ça. C'est faux. Et on l'a bien vu de manière générale, c'est que les baisses d'impôts n'ont pas permis plus d'innovation, n'ont pas permis plus d'investissement, notamment pour l'ISF, ça c'est les trois rapports de France Stratégie qui le disent, et n'ont pas créé les emplois escomptés.
Et c'est pour ça qu'on est d'ailleurs dans cette situation aujourd'hui.
Ce qui est drôle, c'est qu'on nous présente toujours ces arguments comme si les ultra-riches investissaient en France et faisaient naître des emplois.
Oui, exactement.
Ça tiendrait si c'était le cas, mais là...
Et les baisses d'impôts n'ont pas engendré ça, n'ont pas engendré ce surcroît d'emplois qu'on devait avoir. Donc il faut aussi apprendre de l'histoire. Et ça, les gens s'en rendent compte maintenant. C'est-à-dire qu'à un moment, on a dit, bon, on est les plus taxés. Alors là, on a baissé les taxations, la concurrence fiscale a eu lieu au niveau européen là-dessus. Et ça n'a pas entraîné le cadeau que ça devait faire à l'ensemble des Français. Parce que c'est ça qu'on nous avait dit. Nicolas Dose avait employé ce terme-là. C'est un cadeau pour la France, la réforme de l'ISF. Donc les gens n'y croient plus.
Donc non, c'est très clairement des arguments visant à écarter une certaine population des efforts à faire qu'est la population des ultra-riches. Vous savez, il y a deux politologues très connus américains qui avaient fait une grande étude et qui montraient en fait que plus les gens étaient riches, plus ils arrivaient à avoir une influence sur les politiques. Et on le constate aujourd'hui. Les gens qui ont accumulé des fortunes, des élites économiques, on parle de très grosses fortunes, arrivent aujourd'hui à avoir une influence sur les politiques.
Et les politiques à la base sont au service de la majorité de la population, de l'ensemble de la population, riches et pauvres, et pas que des riches. Donc s'il y a des efforts à faire, ces efforts doivent être faits par tous.
500 milliards, c'est de la redistribution à chacun des Français. Et moi, je trouverais très joli que chacun des Français dise « Je m'engage à faire non pas 2,21, mais 5% d'économie. » Tous les Français. Tous les Français. Parce que c'est nous, tous, individuellement, qui sommes bénéficiaires de ces 500 milliards de redistribution. Alors, des idées qui me sont venues, aller, au lieu de prendre un VSL, « Je me fais accompagner par mon fils à l'hôpital. » Au lieu de prendre une semaine de maladie un peu confortable, je n'en prends pas. Au lieu de faire un peu durer mon chômage, je reprends mon boulot un peu plus vite.
Au lieu d'embaucher un salarié dans une mairie ou de remplacer un salarié qui s'en va, « Je ne remplace pas. » Et ainsi de suite. Mille exemples. J'aimerais, si j'en avais le pouvoir, ce que ça serait beau, que chacun des Français dise « Moi, je m'engage à faire 5% d'économie sur ce que je touche. » Thomas, qu'est-ce que tu penses de cette séquence-là ? La vie est facile quand on est en 90e fortune de France.
Oui, déjà, je ne sais pas d'où elles sortent, tous ces chiffres, parce qu'il y a beaucoup de chiffres sur la dépense de l'État, les 47 milliards, on était plutôt à 44. Je ne sais pas où elles sortent ces chiffres, mais ce qui est assez impressionnant, c'est qu'on voit la déconnexion très claire de ces gens. La première déconnexion, c'est d'avoir l'impression que tout est un choix individuel. C'est-à-dire que tu es au chômage, arrête ton chômage et retrouve un emploi tout de suite.
Mais la plupart des gens, quand ils sont au chômage, et là, encore une fois, on a des études sérieuses, pas du ressenti aux doigts mouillés, qui montrent que 90% recherchent très clairement un emploi et qu'elle aille le dire aux gens de son âge, parce que je ne sais pas quel âge elle a, mais elle a plus de 50 ans, visiblement. Les plus de 50 ans veulent retravailler et c'est les entreprises qui n'en veulent pas. Donc, vous voyez, toute la vie n'est pas un choix individuel.
Bien sûr que quand vous avez votre fils qui vit à côté de chez vous et que vous êtes malade et que vous allez vous faire une chimiothérapie, peut-être que vous allez appeler votre fils s'il a les moyens de vous amener parce que parfois, il travaille, il ne peut pas. Son travail ne lui permet pas quand vous êtes une vieille dame qui vit en province et que vous avez vos enfants qui travaillent sur Paris. Eh bien, heureusement qu'il y a des taxis conventionnés pour vous amener à l'hôpital. Sinon, vous allez prendre le bus pour faire une chimio. Je veux dire, tout le monde n'a pas un chauffeur comme madame.
On est dans un monde où vraiment là, tant sur la façon dont vivent les Français que sur même les taxations, les riches, les très riches, les ultra riches, parce que là, on parle de quelqu'un qui doit avoir 300, voire 400 millions de fortunes, on fait sécession. On fait sécession et sont dans une position où ils peuvent théoriser un certain nombre de choses. Mais ils ont été aidés ces dernières années. Théoriser un certain nombre de choses. C'est nous qui créons la richesse et c'est grâce à nous que vous vivez, alors que la richesse est créée collectivement et c'est plutôt l'inverse. C'est grâce au travail collectif qu'eux sont riches. Tout est une question de choix individuels.
Si vous n'avez pas réussi, c'est de votre faute. Si vous êtes au chômage, c'est que vous le voulez.
Si vous êtes en arrêt maladie,
ne prenez pas l'arrêt. Voilà, ne prenez pas l'arrêt. C'est indécent de dire quelque chose comme ça. Oui, c'est indécent. Déjà, c'est factuellement faux et puis c'est après indécent. Je ne sais pas du tout ce qui a pris à cette dame et ce qui montre que ces gens vivent dans un univers aussi parallèle. Parce que pour dire ce genre de choses, en plus le dire à la télé, là, elle ne le dit pas à des confrères fortunés ou à d'autres gens. Elle le dit à la télé. Donc, elle le dit devant un téléspectateur. C'est qu'on montre bien qu'il y a une déconnexion totale de ces gens par rapport au reste du monde.
Est-ce qu'il y a d'autres moyens que la taxation pour réduire les inégalités ?
Il y a d'autres moyens. En fait, la taxation, elle corrige. Ça, il faut vraiment avoir ça en tête, c'est que la taxation corrige. Mais il y a d'autres moyens qui peuvent être imposés. Par exemple, l'augmentation des salaires réduit les inégalités. On n'en parle jamais. Je veux dire, on n'en parle jamais. La différence qu'il y a aujourd'hui dans les entreprises du 440, puisqu'on prend ça, les PDG du 440 gagnent très bien leur vie, qui ne sont pas à pleine, etc. Un PDG du 440 gagnait 40 fois le SMIC dans les années 60. 40 fois le salaire minimum. Aujourd'hui, c'est plus de 250 fois le SMIC. Donc, un PDG gagne énormément d'argent, beaucoup plus, son salaire a augmenté par rapport au SMIC.
Vous voyez ? Donc là, on a un rapport très clair entre le salaire minimum et le salaire des très grands patrons du 440. Ça, ça montre quand même qu'il y a eu quelque chose qui s'est passé. Il y a eu tout un système économique qui a permis aux grandes fortunes de s'enrichir plus. Les PDG du 440 en font partie. Donc, la vraie question, oui, elle est dans les salaires et dans la redistribution aussi, mais elle est aussi en amont dans comment tu vas partager ce que tu crées. Et c'est vrai que là-dessus, sur les salariés, il y a eu une assez forte modération salariale ces 30 dernières années. Et elle s'explique par quoi ?
Par la baisse du taux de syndicalisation en partie qui a permis de faire passer des réformes en défaveur des salariés dans les grandes entreprises.
Et ça fait penser, j'ai, il y a quelques semaines, fait une carte blanche sur la richesse sur le média et on y découvrait quand même pas mal de chiffres. Par exemple, en 2023, sur les 153,6 milliards d'euros records, ce sont les actionnaires qui ont mangé la plus grosse part du gâteau avec 67,8 milliards d'euros de dividendes et 30,1 milliards d'euros de rachats d'actions. Et la part consacrée à la rémunération du travail, c'est ce qu'on parlait, donc la valeur ajoutée, diminue. Elle est passée de 61 à 51% dans les 100 plus grandes entreprises françaises cotées en bourse. C'est ce que montre Oxfam en 2023. Et parlons des PDG, tu en parlais.
Entre 2011 et 2021, les PDG des 100 plus grandes entreprises françaises cotées ont vu leur salaire augmenter de 66% contre 21% pour les salariés et 14% pour les SMICAR. Encore une fois, c'est ce que montre Oxfam. Donc ça montre quand même que là, on crée un gâteau et quand même une grosse partie qui est donnée aux PDG, aux actionnaires et qui en plus, on dit oui, mais c'est parce que c'est eux qui prennent les risques. Mais au final, quand il y a un petit problème, c'est l'État qui paye.
Oui, tout à fait. Et ces chiffres sont très parlants. Et en fait, tout le monde le constate aujourd'hui dans sa vie de tous les jours, quel que soit le niveau. Pendant très longtemps, les ouvriers l'ont constaté très fortement, les employés, mais même aujourd'hui, les cadres le constatent. Tout le monde a très bien compris que grosso modo, y compris dans des très grandes entreprises qui vont faire des très bons chiffres, c'est l'économie pour tout le monde. C'est des économies sur les déplacements, c'est des économies sur les remboursements d'hôtels quand on fait un déplacement, etc. C'est les économies partout.
À la base, on parlait du contre-projet du PS. Dedans, il y a un retour sur les impôts, sur les successions. C'est souvent un sujet qui crispe l'héritage. T'en penses quoi ? Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ?
Alors, c'est quelque chose de purement moral. Les gens sont contre l'impôt sur les successions parce qu'ils partent du principe qu'ils ont travaillé, qu'ils ont payé des impôts toute leur vie et qu'ils peuvent léguer le fruit de leur travail à leurs enfants. Très bien. Moralement, pourquoi pas ? C'est vrai, qu'est-ce qui se passe ? C'est que 85% des gens lèguent des choses à leurs enfants sans être taxés. 85%. Oui, parce que la plupart des gens, ils arrivent à faire soit des donations, soit ils ont de l'assurance vie, soit ils n'atteignent pas les 100 000 euros de patrimoine. La plupart des gens, la majorité des gens n'atteignent pas les 100 000 euros de patrimoine.
Après, il y a le reste, les 15%. Dans les 15%, on peut comprendre qu'une partie qui a réussi à payer sa maison à 300 000 euros va le léguer à son enfant, elle va payer un impôt et trouve ça scandaleux. Mais il y a aussi le haut, le très très haut qui là va léguer parfois des parcs immobiliers ou des entreprises et qui peut déjà les contourner avec la loi d'Utreuil. Et là, il y a une vraie question. C'est qu'aujourd'hui, l'héritage, ça représente 60% du patrimoine. Dans les années 70, c'était 35%.
Donc ça veut dire qu'on est dans une société de plus en plus d'héritiers et qu'on ne peut pas dire après, oui, c'est la méritocratie, liberté, égalité, fraternité, si vous réussissez tout va bien alors qu'en réalité, c'est de l'héritocratie. C'est-à-dire que c'est des gens qui héritent de leurs parents et qui perpétuent une richesse qui s'auto-valorise. Alors quand il travaille, c'est bien, mais même s'il ne travaillait pas, il gagnerait encore plus d'argent parce que ça s'auto-valorise. Là, la personne qui a gagné 250 millions, l'auto là, 250 millions, donc qui rentre dans les 400 premières fortunes, 250 millions d'euros qui pourraient payer la taxe Zuckman.
cette personne-là, en plaçant ce qu'elle a gagné sur le placement le moins risqué, le plus faible, etc., ça lui rapporte 300 000 euros par mois. Vous vous rendez compte ? 300 000. Donc plus de 3 millions par mois.
En ne faisant rien.
En ne faisant rien. Vous voyez ? Alors elle peut faire semblant de travailler, mais en ne faisant rien. Vous comprenez ? Donc imaginons qu'elle commence à mieux placer un petit peu tout ça avec des conseillers sur des choses qui rapportent un peu plus. On peut vraiment augmenter très fortement les rendements. Donc le patrimoine augmente de lui-même naturellement. Donc la question de l'héritage doit être posée, mais c'est vrai qu'il y a quelque chose qui doit être résolu dans l'imaginaire des gens qui sont plutôt contre cette taxe. Parce que 80% sont contre, alors que 85% ne la payent pas. C'est quand même particulier.
En coulisses, ça discute pour l'après-Bayrou. Les canaux de discussion entre le PS et l'Elysée sont grands ouverts. Ils étudient toutes les pistes, celles de Fort, évidemment, mais aussi et surtout quelle candidature du Bloc central serait la plus acceptable pour nous, a dit un proche d'Olivier Fort à l'opinion. Il y a Nils Vizque, notre journaliste Popole Maison, qui a activé ses contacts et nous rapporte que Macron cherche à obtenir du PS, je cite, un soutien au gouvernement sans participation ou d'un soutien avec participation ou fin de présenter cette option à l'opinion publique. On connaît Emmanuel Macron. Nous, ce qui nous intéresse, on le dit, c'est l'économie.
Est-ce que c'est possible en l'état actuel des choses de trouver des compromis sur un programme éco entre celui du PS voire du NFP et celui des libéraux ? Parce qu'en fait, on voit qu'il y a quand même une grosse crispation autour de la taxation.
Oui, tout à fait. Moi, je pense que c'est le seul point de bascule entre le PS et Macron. En réalité, le PS, on fait un programme où il propose un certain nombre de choses, mais le réel point de bascule, ce serait la taxation des plus riches. C'est-à-dire que si demain, Bérou, ou un autre, ou si Macron allait dire, allez, mettons la taxation, la taxe Zuckman en place, bon, ben là, le PS, pour lui, il est quasiment d'accord avec le reste. Je pense qu'il dirait, il n'y a pas de souci, et je pense, et qu'il prendrait. Donc, la vraie crispation est là-dessus.
Ce qui est différent de la France Insoumise ou du programme de départ du NFP, qui était vraiment un programme de relance et de remise en cause aussi des traités de commandes publiques, de relance et aussi de remise en cause des traités européens, de renégociation des traités, etc. Là, le programme du PS, c'est un programme dans le cadre, dans le cadre des traités, réduction à 3% d'ici 2030, mais avec un effort qui serait plus partagé également par les plus riches. Donc, moi, je dirais, avoir ces programmes qui sont aujourd'hui différents, je dirais deux choses. Je constaterais que certains de ces députés se sont fait réélire avec le programme du NFP.
Ça, c'est le programme du NFP qui était très proche du programme, finalement, de la France Insoumise. Donc, beaucoup de ces gens ont accepté ce programme-là pour se faire élire. Alors, j'imagine qu'à ce moment-là, il y avait ce qu'on appelle des intérêts alignés entre ce que voulaient les dirigeants de la France Insoumise et ce que voulait le PS. Et la deuxième chose que l'on constate, c'est que le PS redevient dans son programme un parti socialiste comme les deux premières années de Hollande qui a évolué la taxation de 75%, l'encadrement des loyers, etc. Donc, ils reviennent là-dessus. Ce qui les différencie de la gauche plus radicale dans son programme de la France Insoumise.
Est-ce que pour toi, le programme du PS qui est un contre-budget, ce n'est pas un programme général, mais est-ce que le contre-budget du PS remet en cause le libéralisme ?
Non, je ne dirais pas qu'il le remet en cause, il corrige. Non, il ne remet pas en cause le libéralisme, il le corrige. Ce qui a été toujours le rôle du PS, en réalité. Voilà. Donc, peut-être, il y a des nouveaux discours tenus peut-être par des jeunes, des nouvelles voix du parti socialiste, mais le parti socialiste a toujours été de faire, c'est la social-démocratie, c'est de faire avec le marché. Le problème, c'est qu'une partie du parti socialiste était devenue sociale-libérale, c'est-à-dire qu'il voulait faire des transformations et des réformes.
Là, c'est un programme où on accompagne le cadre européen, on accompagne, il n'y a pas de remise en cause à part la réforme des retraites, mais on accompagne le cadre, et puis après, voilà, on demande un peu plus de taxation et un équilibre beaucoup plus partagé. Moi, je pense qu'il y a ce programme-là, mais après, c'est une base de négociation. Mais en tous les cas, ce que l'on constate, c'est que c'est plus un parti de consensus qu'un parti d'opposition aujourd'hui. Voilà.
l'EPS a déjà été au pouvoir, tu l'as rappelé. Est-ce qu'il a mis en place ces mesures-là de justice sociale, de faire participer les plus riches, les entreprises ? C'est un peu une question théorique où je veux en venir. Non, non,
si on est parfaitement honnête encore une fois là-dessus, le quinquennat d'Hollande, il y a eu pour moi deux quinquennats dans le quinquennat. Il y a eu une première partie qui a duré un an et demi, deux ans, où il y a eu la social-démocratie qui a été appliquée, c'est-à-dire que François Hollande a augmenté les impôts, il a essayé de mettre la taxe à 75% de la dernière tranche qui a été refusée par le Conseil constitutionnel. Il a bloqué les loyers, il avait Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Cécile Duflot dans ses rangs. Donc c'était de la social-démocratie. Ce n'était pas un programme de rupture, mais c'était un programme social-démocrate.
Et après, il y a eu effectivement le tournant libéral avec Manuel Valls, avec la loi Travail, avec le CICE, où là... Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, à l'économie, les bus, la loi Macron, souvenez-vous, la libéralisation des bus, la libéralisation des pharmacies, l'ubérisation de l'économie. Ça, c'était un ministre de l'économie du PS. Et là, vous avez eu effectivement un programme libéral qui n'avait même pas été appliqué par Nicolas Sarkozy. Il a été beaucoup plus loin que Nicolas Sarkozy dans son programme libéral et dans les économies qui ont été faites, notamment sur les collectivités locales. Donc il y a deux François Hollande.
Et la majorité, si on fait la moyenne, la majorité du quinquennat de Hollande, c'est un quinquennat de trahison qui ne lui a pas permis de se représenter. Mais au début, il y a une voie sociale démocrate avec laquelle, me semble-t-il, quand je regarde ce qui se passe comme ça de loin, le PS est en train de renouer avec son programme.
Du côté de l'extrême droite, on place aussi ses pions pour être l'après-Bayrou. Jordan Bardella a écrit une lettre au chef d'entreprise de France. Voici ce qui est proposé. 100 milliards d'économies sur, je cite, en mettant fin à l'immigration d'assistanat, au subventionnement des énergies intermittentes, à l'excès de l'aide publique au développement d'autres pays ou encore aux millefeuilles administratives ainsi qu'aux coûts exorbitants de la bureaucratie d'État. Mais aussi, je cite, alléger le fardeau normatif avec des mesures de simplification pour les entreprises. On entendrait du Bruno Le Maire, là.
Ou adopter une fiscalité de croissance, je cite, nous proposons un choc fiscal positif par l'allègement massif des impôts de production afin de les réduire de 20%, réalignant ainsi la France sur ses partenaires européens. Thomas, c'est quoi la différence avec Emmanuel Macron, là ?
Sur l'économie, rien. De toute façon, l'extrême droite, aujourd'hui, est devenue extrêmement libérale. Vraiment, il faut se souvenir. Il y a eu la première extrême droite de Jean-Marie Le Pen qui était libérale, baisse d'impôts, pro-européenne. Et puis après, il y a eu, de manière assez opportuniste, je trouve, parce que c'est un peu fini, il y a eu le FN, de Marine Le Pen, avec le protectionnisme qui avait été abandonné par la gauche, avec la sortie de l'euro et la critique de l'Europe à l'époque.
Ce n'était pas très bien bossé, mais...
Oui, pas très bien bossé, mais avec quand même une critique qui, là, déplaisait très clairement au patronat. Et que, je me souviens même qu'un magazine comme Challenge avait mis en première page Le Pen, ce serait la catastrophe s'il passait au pouvoir. Aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'il ferait la même chose. Donc, là, il y avait ça. Et puis, maintenant, il y a cette nouvelle extrême droite dans le monde entier, Mélanie, Orban, Trump, et bientôt, peut-être, et aussi Marine Le Pen qui s'est rangée à ça, qui est une extrême droite libérale.
Donc, on s'en prend l'État, l'État qui gaspirait, il y aurait plein d'argent caché, un peu comme Elon Musk, mais ils ne vont pas les trouver, leurs 100 milliards, là. Enfin, je les mets au défi, ils vont avoir du mal à les trouver. Donc, il y a ça, il y a le fait que, voilà, le nucléaire ne serait pas cher, il n'y a que ça, comme Trump, il te dit qu'il n'y a que le pétrole et le gaz de schiste, c'est un peu plus compliqué que ça.
Sur l'immigration, ils vont trouver des sommes de dingue, je ne sais pas comment ils vont faire pour arrêter, parce que l'immigration, c'est aussi un fait, à un moment, c'est-à-dire que les gens arrivent, je veux dire, même Mélanie, elle est quand même revenue là-dessus, et puis il y a une partie du patronat, d'ailleurs, qui a besoin de l'immigration pour faire tourner.
Ce que l'on voit, c'est que le patronat, depuis la dissolution, il y a une forme de jeu de séduction, et que maintenant que Marine Le Pen a une partie des ouvriers, elle se dit, tiens, là, il y a quelque chose à aller, parce que quand vous avez le patronat, vous avez grosso modo le tampon, le tampon que tout va bien fonctionner pour l'économie, soi-disant, c'est à peu près ça. Et donc là, il y a un jeu de séduction qui se met en place, et ce que disait une chronique ce matin de Fanny Guénochet sur France Info, c'est que les gens se laissent quand même le patronat se laissent quand même assez séduire par ça, facilement.
Contrairement au patronat de Laurence Parizeau à l'époque, du MEDEF, qui était très vent debout contre le RN, mais le RN avait un autre programme à l'époque. Donc là, il y a une opération séduction du patronat.
Et qui fonctionne, on va regarder.
Dans les deux cas, on a des problèmes économiques. Maintenant, objectivement, les problèmes économiques sont beaucoup moindres si c'est le RN qui gagne une éventuelle dissolution que si elle est fille. Et si le problème est absurde, économiquement, c'est le Venezuela, la France s'effondre. Elle s'effondre vite.
Bon, le patronat a choisi le RN. Avec l'effet, la France s'effondre ou alors les petits business des grands patrons ne fonctionnent plus, c'est plus ça. Rien d'étonnant ? Parce que tu disais, c'est le nouveau visage de l'extrême droite, c'est le nouvel extrême droite. C'est vrai que dans l'histoire, on l'a vu, que quand ça sent un peu le roussi pour les plus riches, il y a souvent une alliance entre les fascistes et le grand patronat.
Là, nous y sommes. Il y a une rupture morale qui s'est faite au moment de la dissolution. On a vu vraiment qu'il y avait très clairement dans la tête des représentants du grand patronat, parce qu'il n'y a pas que eux. des représentants du grand patronat. Quand les forces politiques ont été présentées dans leur programme, on a très bien vu qu'il y avait finalement le programme Macron-Macro-compatible qui était en premier, puis RN, puis LFI. Et que là, comme les soutiens de Macron sont en grande difficulté, on préfère le RN à la France insoumise ou même au NFP. À l'époque, c'était le NFP avec le Parti socialiste, etc. Donc oui, c'est problématique.
Ça montre que les idées d'extrême droite ont fortement avancé dans notre société, qu'elles se sont banalisées et qu'aujourd'hui, elles sont jugées comme finalement acceptables et peu graves, vraiment les idées de base. Et qu'à partir du moment où on baisse un petit peu les impôts, où on promet mon zémerveil sans que vraiment ce soit regardé par quelqu'un de sérieux, parce que si on est regardé par quelqu'un de sérieux, on n'est pas dans les mêmes chiffres, le patronat accepte. Donc non, c'est une faillite morale. Il n'y a pas d'autre mot à dire. C'est une faillite morale.
Est-ce qu'un programme de gauche, par exemple tel que le NFP, qui n'est pas... Enfin, le NFP, on vous rappelle, c'est un programme économique quand même, pas de gauche radicale qui ne proposait même pas des nationalisations. Enfin, reprenons notre boussole quand même. Est-ce que la gauche est dangereuse pour le patronat, même le petit patronat, pour les entreprises en général, pour la croissance ? C'est ce qu'on essaye de nous faire dire. Est-ce que la gauche est dangereuse économiquement ?
Non, je ne pense pas qu'elle soit... En fait, la gauche, c'est une meilleure répartition des richesses. Alors, on parle surtout, en fait, de cette richesse qui a été captée par une partie extrêmement minime de la population ou par des grandes entreprises qui vont jouer sur l'évasion fiscale. On ne parle pas des petites entreprises. Les petites entreprises, qu'est-ce qui peut leur arriver ? En réalité, si demain, il y a des parties de gauche qui passent... Je veux dire, ils ont peur que la fiscalité augmente.
Mais la fiscalité, là où on peut aller chercher vraiment des rentrées fiscales, ce sont sur des grandes entreprises qui peuvent pratiquer de l'optimisation fiscale à outrance et que là, on peut se dire à un moment, bon, c'est un peu bizarre. On l'a souvent dit ici, 4,40, 40 entreprises qui ont plus de 1 000 filiales dans les paradis fiscaux, 1 500 filiales. C'est normal d'aller se poser des questions de ce qu'elles font dans ces paradis fiscaux.
Et dont certaines font des plans de licenciement.
Dont certaines font des plans de licenciement. Les aides aux entreprises, on a parlé ici, 200 milliards d'aides aux entreprises, c'est normal de se demander ce qu'elles vont faire avec ces aides-là. Donc, non, nous avons une telle... des telles politiques économiques qui ont été en faveur, aujourd'hui, des plus riches, depuis longtemps, avec chaque fois plus. Parce que là, ils vous disent que, ah non, Macron n'a pas suffisamment baissé les impôts, mais il les a baissés très fortement quand même pour les plus riches. Donc, on a eu tellement des politiques favorables qu'aujourd'hui, la moindre possibilité de retour sur ces politiques-là, c'est le drame. Et comme je l'ai dit, c'est le drame.
Et ces gens-là ont une telle puissance aujourd'hui qu'ils arrivent à avoir des influences sur les politiques et même des influences via des comités, des comités bizarres, des associations, etc., pour aller défendre leurs paroles à droite et à gauche. Non, non, non. Je pense que même l'économie pourrait aller mieux parce qu'il y aurait beaucoup plus de demandes internes qui permettraient d'avoir des débouchés, notamment pour les petites entreprises. Non, on sortirait juste d'un système qui vise à toujours compresser les coûts, compresser les plus faibles pour faire dégager du profit qui en profite qu'à une petite partie.
Et on rappelle que ce n'est pas les économistes qui sont à gauche, mais c'est la gauche des fois qui copie un petit peu les économistes et leurs travaux et leurs chiffres.
Oui, tout à fait.
Je préfère quand même
le préciser. C'est très difficile aujourd'hui quand vous avez des gens comme Krugman, Stiglitz de les associer à la gauche radicale parce qu'ils soutiennent la taxe Zuckman. Quand vous avez des prix Nobel d'économie qui soutiennent la taxe Zuckman qui sont dans les meilleures universités américaines qui regardent juste les chiffres.
Je pense qu'on n'en a rien à faire des petits échanges que peuvent avoir deux politiques sur un plateau de BFA et ils ont autre chose à faire et ils sont aux Etats-Unis qui ne regardent que la réalité des chiffres et qui vous disent qu'à un moment il va falloir commencer à se soucier de ce problème et d'ailleurs ils le disent en France mais aussi ailleurs parce que ça touche l'ensemble des pays riches.
La semaine dernière les médias ont beaucoup reparlé des boomers. On en avait parlé la semaine dernière déjà tant la sortie de Bayrou avait fait réagir. Est-ce que ce débat n'a pas pour but de masquer les vraies inégalités sociales, de parler de la lutte des âges plutôt que de la lutte des classes ?
Si, c'est ça. En fait, on en a parlé la semaine dernière mais vraiment j'aimerais revenir là-dessus. Quand Bayrou a utilisé le terme boomer, il faut vraiment être conscient que le terme boomer ce n'est pas un terme qui permet juste de définir une classe d'âge. Boomer, c'est un terme stigmatisant, péjoratif qui voudrait dire qu'une population qui a profité du système, qui ne pense qu'à elle, qui est égoïste, qui est une population qui pollue, serait responsable de la dette. Donc oui, déjà, il y a dans cette façon d'utiliser ce vocabulaire-là une façon de stigmatiser. Et je tiens à le dire, ça s'appelle l'agisme. L'agisme, c'est quand vous stigmatisez des gens parce qu'ils sont vieux.
On le voit dans le monde du travail, on ne veut plus prendre des vieux parce qu'ils ne sont plus efficaces. Et là, en fait, M. Bayrou accompagne cette division. Des études ont montré, par exemple, que la France était une des premières à mettre en avant cet agisme, c'est-à-dire ces discriminations envers les vieux. Sur plus de 68 pays d'études, la France est classée 61e sur 68. C'est-à-dire que c'est un pays qui, naturellement, s'en prend plus facilement à ses aînés. Et là, on a un Premier ministre qui surfe là-dessus, qui crée une division supplémentaire, enfin, qui est déjà là, mais qui appuie sur cette division.
Et moi, je trouve ça assez scandaleux parce qu'effectivement, quand on regarde les inégalités entre générations, elles existent. C'est vrai, même si, on l'a dit la semaine dernière, chaque génération a eu ses avantages et ses défauts. La génération d'aujourd'hui fait de plus longues études que la génération d'avant, a plus accès aux soins. La génération d'avant a effectivement eu accès plus facilement à l'immobilier et a vécu les 30 glorieuses. Mais les 30 glorieuses, enfin, quelqu'un qui est né en 50, qui s'est tapé, qui avait 23 ans en 1973, en 73, c'était les chocs pétroliers. En 75, il y avait 10 millions d'ouvriers.
Les 10 millions d'ouvriers, ils ne prenaient pas le concord toutes les semaines pour aller faire des vacances. Donc, vous voyez, je veux dire, il n'y a pas une vieillesse, il y a des vieillesses. Il n'y a pas une jeunesse aujourd'hui, il y a des jeunes. Et la vraie question, c'est les inégalités dans les classes d'âge, entre les jeunes riches et les jeunes pauvres, entre les vieux riches et les vieux pauvres. Mais ce n'est pas une guerre de génération qu'il faut faire. Cette guerre de génération, et tu l'as bien dit, elle détourne des vrais problèmes d'inégalités qui sont dans les classes d'âge et qui existent très fortement aujourd'hui et que ce gouvernement ne veut pas voir.
Et on rappelle justement, en parlant de lutte des classes, qu'on sera à la fête de l'humanité ce week-end. Venez nous voir, on a un stand à l'attente des médias indépendants. Donc on sera ravis de vous rencontrer. Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. Je le dis toutes les semaines, mais c'est de plus en plus vrai. La situation politique est inédite, historique et face aux 105 millions d'euros du milliardaire ultra-conservateur stérin qui veut installer l'extrême droite au pouvoir, le média est en pleine riposte.
C'est une contre-offensive vitale et citoyenne et c'est notre unique chance de bâtir une chaîne d'infos populaire et indépendante capable de percer sur les réseaux sociaux et sur la TNT francilienne pour donner enfin la parole à celles et ceux qu'on ignore. Ensemble, reprenons le terrain et protégeons notre démocratie. Soutenez-nous sur campagne.lemediatv.fr spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux. Je vous dis soit à la fête de l'IMA, soit à la semaine prochaine.