Tentative d'assassinat contre Donald Trump : "La violence n'a aucune place en politique", pour Clémence Guetté
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Son nom a été proposé par son camp pour aller à Matignon. Clémence Guettet, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous en studio ce matin. Vous êtes députée insoumise pour le nouveau Front populaire. Vous avez participé à l'élaboration du programme du NFP. Mais avant de parler de la politique française, je voudrais vous interroger sur l'image de la nuit. Donald Trump blessé par balles, ce filet de sang sur sa joue. Ça s'est passé lors d'un meeting de campagne en Pennsylvanie. Qu'est-ce que ça dit de la politique américaine ?
Bon, d'abord, c'est une image qui est extrêmement choquante pour toutes et tous. Et la première chose que je veux dire, c'est d'apporter mes condoléances parce qu'il y a une personne qui a été tuée dans le public. Ça, c'est la première chose. Ce que ça dit, c'est que la violence n'a aucune place en politique. Et je crois qu'il y a eu une condamnation absolument unanime et nécessaire. Et en France aussi, nous avons à connaître des menaces, y compris sur notre intégrité physique. Je rappelle qu'il y a des gens qui ont été condamnés pour des projets d'attentats contre Jean-Luc Mélenchon.
Je rappelle aussi que, pas plus tard que la semaine passée, il y a eu une liste de gens candidats à une balle dans la nuque, il me semble que c'était formulé comme ça, par des groupuscules d'extrême droite, y compris des journalistes. Voilà, ça dit que la démocratie est la méthode de pacification, de conflits qui sont très forts, et que la violence n'a absolument aucune place dans le monde politique. Et qu'il faut le redire très fermement et lutter contre ça.
Mais elle vous fait peur aujourd'hui, cette menace qui menace les élus, qui menace les représentants de l'État et du peuple ?
La peur peut tétaniser. Or, nous savons pourquoi nous luttons politiquement, pourquoi nous combattons, pour faire passer nos idées, et nous croyons à la forme institutionnelle, à la forme du fait de purger démocratiquement. Voilà, des conflits qui sont en effet très forts. Après, il est clair que nous prenons des mesures pour notre protection, parce que nous savons le danger que représente l'extrême droite, qui n'est pas ce pays de mots, qui est très concret. Plusieurs d'entre nous ont dû déménager, plusieurs d'entre nous ont dû changer de téléphone, de numéro de téléphone.
C'est très concret dans nos vies, et vous savez, moi comme beaucoup d'autres, je reçois des menaces de mort, des menaces de viol. Il y a cet emballement sur les réseaux sociaux de haine, en plus avec un caractère parfois extrêmement massif, et puis il y a le fait que ça peut faire éruption très concrètement dans le réel et dans nos vies. Donc nous sommes très fermes sur cette question.
Est-ce que la classe politique n'a pas une responsabilité aussi, dans ses propos, parfois violents, elle aussi, qui libère une parole, qui banalise une parole, parfois violente, aux Etats-Unis comme en France d'ailleurs ?
Il y a une grosse différence entre la parole et les actes, vous le savez. Il y en a qui peuvent tuer, pour ce qui est des actes, et je crois à la conflictualité en politique, y compris pour exprimer une certaine forme de colère, parce qu'en fait, dans ce pays, il y a beaucoup de gens qui sont très en colère. Pourquoi ? Parce qu'ils survivent, parce qu'ils en ont marre de se faire avoir, parce que cette colère, elle est légitime. Elle n'a rien à voir avec des projets d'attentats fomentés par des dingues dans leurs coins, bourrés à une idéologie raciste, suprémaciste, etc.
Donc vraiment, je nous invite à beaucoup de prudence, y compris parce que les faits se sont déroulés cette nuit, et à en rester au choc, aux condoléances, et à dire que très fermement, ça n'a pas sa place en politique.
Alors, on revient naturellement à la politique française, où l'enjeu pour vous à gauche, c'est en ce moment de trouver un ou une candidate à Matignon. Ça s'avère bien compliqué. Donc l'hypothèse du Getbello, elle est mise de côté ?
Alors, vous allez très vite dans votre question. Bon, d'abord, je veux revenir quand même sur la situation dans laquelle nous sommes. parce que, y compris médiatiquement, la façon dont nous sommes interrogés peut effacer un fait politique majeur qui est quand même la responsabilité de M. Macron dans cette affaire. Il a été défait trois fois à des élections. Nous sommes dans un contexte où les crises démocratiques, les crises de défiance, le dégoût, etc., ne sont pas purgées par les élections. Il a été défait aux élections européennes, où l'extrême droite est arrivée largement en tête. Il a dissous l'Assemblée nationale.
Nous sommes repartis en campagne avec différentes formations politiques dans le cadre du nouveau Front populaire. Nous avons présenté un programme, un chiffrage. Nous avons été les seuls à le faire. Nous avons fait campagne devant les électeurs en toute honnêteté, en sincérité, en disant carte sur table ce que nous allions faire quand nous allions arriver au pouvoir. Oui, mais j'y arrive, j'y arrive. Et il a été défait au premier tour des législatives et au second tour des législatives. Et là, M. Macron est dans une forme de déni démocratique extrêmement grave.
Il espère, je ne sais pas, jouer la montre, avoir les gens à l'usure, préparer à l'idée que de toute façon ça n'a aucune importance, il est parti à l'étranger. Il s'est exprimé dans une lettre aux Français qui est extrêmement choquante. En fait, il ne prend pas acte du résultat des urnes. Je ne sais pas si on se rend compte... Quel est le résultat des urnes pour vous ? Le résultat des urnes, il est très simple, c'est que le nouveau Front populaire est arrivé en tête. Et qu'à l'Assemblée nationale, contrairement à ce qu'on dit tous les sondages pendant toute la campagne des législatives, même si elle a été très courte, le Rassemblement national est arrivé en troisième force à l'Assemblée.
Et donc, il n'y a aujourd'hui, certes, pas de majorité absolue pour le nouveau Front populaire. 180, 180 de députés. Nous ne sommes pas dans une forme de déni. Il n'empêche qu'il y a une formation politique qui est arrivée en tête. Et à chaque fois que ça s'est présenté, le président de la République décroche son téléphone et appelle un des chefs de parti de la coalition, le numéro de Manuel Bompard, je suis sûre qu'il va le trouver puisqu'il a déjà été reçu, Manuel Bompard, à l'Élysée. Et il dit, voilà, je suis prêt à nommer un Premier ministre. Et donc, c'est ça que nous attendons prioritairement.
Mais alors, si Emmanuel Macron vous appelle, là, tout à l'heure, vous allez dire, allez, on nomme un Premier ministre, c'est qui pour la gauche ? Voilà.
Et donc, j'arrive à votre question sur Madame Bellot. Huguette Bellot a fait l'objet d'une proposition conjointe, et vous le savez, son nom a émergé pour Matignon comme... Proposition du communiste. ...première ministre, que nous avons appuyée, ou que les Verts appuient d'une forme de bienveillance. Et qui est bloquée, à ce stade, par les socialistes. Madame Bellot, parce que je veux en dire un mot, est une femme, une dirigeante politique, exceptionnelle, qui a pour elle, d'avoir prouvé qu'elle savait diriger un exécutif, elle est présidente de la région... Présidente communiste de la Réunion. ...de la Réunion, oui. Voilà. C'est pas une insoumise, mais elle est proche de la famille.
...elle a fait l'union de la gauche localement, toutes les composantes du Nouveau Front Populaire selon sa majorité, et elle a pour elle une vie de combat et de militantisme. Pour les droits des femmes, elle a toujours été favorable à l'IVG, elle s'est battue contre les violences faites aux femmes. Elle n'a pas voté le mariage pour tous. Elle était absente au moment du vote. Et je veux le dire parce que ça m'intéresse que vous m'interpelliez là-dessus.
Je trouve que les campagnes de dénigrement qui ont été organisées contre elle depuis 24 heures sont absolument infectes et infamantes pour une femme qui, certes, était absente au moment du vote de la loi du mariage pour tous, mais qui a été la première à célébrer le premier mariage homosexuel à la Réunion, qui a organisé depuis et participé, contrairement à beaucoup d'élus locaux, à toutes les prides à la Réunion, qui a signé une tribune contre l'homophobie en 2018 et donc dont les faits politiques parlent pour elle sur son courage et son engagement. Et ça, c'est le cas sur les droits des personnes homosexuelles, c'est le cas sur les droits des femmes.
Elle a lutté de toutes ses forces depuis des années contre l'apartheid, contre toutes les formes de racisme et de discrimination. C'est une candidate qui a pour elle cette vie de militantisme et qui est une grande dame de la politique et qui est une présidente de région ultramarine qui saura, je le dis, en arrivant à la tête d'un gouvernement, bloquer les prix. Ça se fait à la Réunion, figurez-vous, donc c'est quand même intéressant d'avoir quelqu'un qui a cette expérience, qui saura également être utile à la crise en Nouvelle-Calédonie, qu'Annaquie.
Parce que, figurez-vous, que nous sommes extrêmement inquiets pour notre pays, parce que des guerres ont lieu dans le monde, que la France y est en premier lieu engagée, et que donc nous avons besoin de quelqu'un qui a cette expérience. Et je veux le dire parce que vraiment, ces campagnes de dénigre ont toujours été orchestrées, le soupçon sur une éventuelle homophobie, etc., contre des militants antiracistes. Et j'y vois une forme de racisme. Et donc, je ne le tolère pas. Et je veux redire à quel point nous avons de l'admiration pour Mme Bellot, pour ses combats, et à quel point elle ferait une excellente candidate.
Donc, elle reste votre candidate, on est d'accord là-dessus. Les socialistes n'en veulent pas. Vous vous réunissez à la France Insoumise à midi. C'est pour parler de ça ?
C'est pour parler du blocage du Parti Socialiste. Parce qu'à ce stade, nous ne le comprenons pas. Nous avons découvert, comme vous, l'interview d'Olivier Faure, ce matin d'un parisien, qui explique que la candidature de Mme Bellot n'est pas consensuelle et qui redit qu'il est candidat au poste de Premier ministre. Nous nous sommes accordés, je veux revenir sur cet historique, avec les partenaires du Nouveau Front Populaire, sur une méthode de désignation au sein des délégations qui se réunissent de façon assez soutenue depuis une semaine. Pour un consensus, pour discuter d'une candidature et pour former une équipe gouvernementale.
Parce qu'on parle beaucoup du poste de Premier ministre, c'est bien normal. Mais ce qui nous intéresse, c'est d'avoir une équipe soudée qui se déploie rapidement parce que, figurez-vous, que nous avons énormément de choses à faire et de manière très efficace. Et donc, nous avons d'abord compris qu'il y avait en effet la candidature de M. Fort, puisqu'il s'est déclaré dans la presse sans même nous en avertir. Nous avons eu le temps depuis d'en discuter. Nous avons compris ensuite que les candidatures insoumises étaient... Dont la vôtre. La vôtre, Manuel Bonpart, Jean-Luc Mélenchon. Je vais être transparente avec vous.
Nous avons annoncé quatre noms à la demande notamment du Parti Socialiste qui nous demandait qui c'est. Donc, nous avons avancé quatre noms à parité. Manuel Bonpart, Mathilde Panot, Jean-Luc Mélenchon et moi-même avec des expériences qui sont différentes. Et nous avons fini par comprendre que le Parti Socialiste ne voulait pas d'un insoumis ou d'une insoumise. Puis, nous avons fini par comprendre qu'il voulait d'un socialiste. Puis, nous avons fini par comprendre que le socialiste en question était M. Fort. Alors, vous allez faire quoi aujourd'hui ? Voilà la situation dans laquelle nous sommes. Vous actez la rupture avec les socialistes ?
Aujourd'hui, nous, nous réunissons notre instance parce qu'il faut bien comprendre que ce type de discussion, je pense que c'est un peu pénible pour vos auditeurs, mais hier, il y avait un Conseil national du Parti Socialiste. Nous attendions de comprendre exactement quels arguments politiques ils nous opposeraient à la candidature de Mme Bellot. Nous n'en avons eu aucun. Donc, nous, nous prenons aussi, si vous voulez, les informations telles qu'elles nous viennent de nos partenaires avec ces discussions qui sont exigeantes. Et donc, nous, nous réunissons en effet notre coordination pour discuter et essayer d'analyser quel peut être le blocage.
Et nous attendons davantage d'informations, mais nous allons continuer à nous parler. C'est une évidence.
Est-ce qu'il va y avoir une deadline ? Est-ce que vous vous donnez une deadline à ces discussions ? Olivier Ferre, il dit ce matin dans Le Parisien qu'on peut prendre son temps aussi pour construire comme ça une coalition pour déterminer qui représentera au mieux cette coalition, ce nouveau front populaire ?
Ce que je veux dire, c'est que c'est normal que ces discussions soient exigeantes et ne se fassent pas en une minute. Parce que, ensuite, nous sommes en place et nous avons à tout reconstruire. Voilà, nous avons des services publics à remettre sur pied, de grandes lois à proposer aux Français. Nous avons, y compris, un projet budgétaire en termes de partage des richesses qui est ambitieux. Et ce qui paraît fou, c'est que vous vous êtes mis d'accord
sur un programme et ça, ça n'a pas duré des semaines et des semaines. Vous avez été ultra efficaces sur le programme, vous étiez tous d'accord sur ce programme du nouveau front populaire. Pourquoi c'est possible sur un programme et pas possible sur des personnalités ?
C'est une guerre d'égo, en fait. C'est une discussion qui est en cours et évidemment, nous allons discuter de ces personnalités parce que nous voulons qu'il y ait un consensus et qu'ensuite, ce soit une équipe qui soit prête à ce combat idéologique dont je viens de vous parler, prête à mettre en place un programme de rupture. et ça ne va pas se faire comme une promenade de santé et il faut y être prêt. Et je veux le dire aussi, nous discutons de personnalité, en réalité, c'est une charge, c'est une tâche immense pour la et les personnes qui vont composer cette équipe gouvernementale. Et donc, il faut le prendre avec gravité, pas comme un casting de gens qui plairaient.
Enfin voilà, c'est une tâche immense. Mais ça peut donner aussi des arguments parce que vous me posez plusieurs questions à la fois. Et donc, nous prenons ce temps-là sur le programme. Nous avons mis 5 jours, en réalité, 5 jours et 5 nuits blanches. Je veux quand même le dire. C'était très efficace aussi parce que nous avions comme base le programme de la NUPES, que nous avions déjà fait ce travail il y a 2 ans et que nous avions, pour notre part, nous les Insoumis, l'Avenir en Commun, 40 livrets, des propositions extrêmement détaillées sur tous les sujets. Donc, nous arrivons idéologiquement très charpentées avec une idée précise de ce que nous avons envie de faire.
Mais ça a été des discussions quand même très exigeantes. Et nous avons à la fin 150 mesures et une ambition qui est de changer la vie des gens dans ce pays. En réalité, c'est la seule chose qui m'intéresse. Voilà, c'est comment on fait en sorte, et je vous le dis, on est en plein cœur du mois de juillet, moi je crois que l'urgence des gens, c'est de savoir qu'ils vont pouvoir respirer, que leur salaire va pouvoir avoir été augmenté. On a des gens qui, aujourd'hui même où on se parle, nous tranquillement dans ce studio, se privent de repas, savent qu'ils ne pourront même pas emmener leurs enfants un week-end à la mer quelque part cet été, de tout l'été.
Voilà, donc c'est ça, c'est de ça qu'on doit être à la hauteur aujourd'hui, dans ce moment.
Est-ce qu'à midi, vous allez également discuter d'après le nouveau groupe des frondeurs insoumis qui viennent se former, est-ce qu'on leur reparle à ces dissidents qui ont été exclus des candidatures
aux législatives ? Ils n'ont pas été réinvestis pour une raison simple, c'est qu'ils n'avaient pas l'intention de rester à la France insoumise après ces élections. Donc c'est une situation politique qui est très claire. Bon, pour répondre à votre question, non, je doute que ce soit notre ordre du jour. On parle de Clémentine Autain, Alexis Corbière, Daniel Simonnet, Raquel Garrido. Voilà, nous avons beaucoup de choses extrêmement importantes à faire et davantage que l'après, c'est le maintenant qui nous intéresse. Donc on essaye d'être concentrés sur notre objectif. Ils n'avaient pas l'intention de rejoindre le groupe parlementaire de la France insoumise.
Nous avons découvert qu'au journal officiel, leur association avait été publiée le 21 mai, c'est-à-dire pendant les élections européennes, c'est-à-dire pendant que nous tous, nous étions à la tâche pour faire la plus belle campagne des élections européennes possibles et faire en sorte que le plus grand nombre possible d'eurodéputés sur la liste de Manon Aubry entrent au Parlement européen. Voilà, donc maintenant la situation politique elle est claire, il n'y a pas davantage de rancœurs ou de problèmes que ça.
Ils cheminent, je n'ai pas exactement compris quel était à eux leur ordre du jour, leur programme, à part le fait qu'ils ne voulaient plus être à la France insoumise, qu'ils les réunissent. Voilà, ils cheminent. Honnêtement, ça n'est pas l'urgence.
Il y a une échéance la semaine prochaine, jeudi, le 18 juillet, c'est l'élection du président ou de la présidente de l'Assemblée nationale. Alors, qui ira au perchoir ? Est-ce que vous, les insoumis,
vous allez présenter un candidat, une candidate ? Ça fait partie des discussions qu'on a dans le cadre de la coalition du Nouveau Front Populaire. Ça me paraît extrêmement logique. C'est un poste qui est très important dans l'ordre protocolaire. Nous avons aussi pour ambition de revivifier la démocratie parlementaire, de faire vivre cette Assemblée. Et contrairement au Macroniste, de ne pas l'écraser comme un bulldozer à chaque projet de loi. Et donc, c'est un poste qui a tout son importance. Donc, c'est des discussions qu'on mène, y compris, je vous ai parlé de l'équipe de gouvernement, en même temps, nous parlons de ce type de poste. Je veux dire une chose quand même.
C'est que, ce qui se trame pour le 18 juillet, que nous avons appris dans la presse, c'est que Mme Broun-Pivet tient des discussions secrètes, ou semi-secrètes, puisqu'elles sont dans la presse, avec l'extrême droite, avec M. Chenu en particulier, qui était vice-président, avec qui il entretient une grande amitié, etc.
Vous parlez d'un long naufrage
moral et politique de la Macronie. Oui, parce que je pense que c'est un rapport extrêmement malsain aux électeurs, aux citoyens, aux citoyennes de manière générale. Vous ne pouvez pas, comme l'a fait Mme Broun-Pivet, faire campagne, comme toute la Macronie, sur le barrage républicain, pour obtenir un maximum d'élus à l'Assemblée nationale, après les législatives, et en même temps, le fameux en même temps macroniste, qui ne manque pas de... qui est insupportable, à vrai dire, là, tenir des discussions secrètes pour sauver son petit poste et sa carrière à la tête de l'Assemblée nationale. Je trouve ça extrêmement malsain. Voilà. Au-delà de la figure de Yael Broun-Pivet,
il faut dire quand même que les électeurs qui ont voté pour le Rassemblement national sont les plus nombreux en France aujourd'hui. C'est le RN qui a été premier parti de France en termes de nombre de voix. Est-ce qu'il n'y a pas une logique quand même à ce que le Rassemblement national ait des postes, des représentations, des commissions ?
En 2022, quand nous sommes arrivés à l'Assemblée nationale, les macronistes ont fait une magouille secrète déjà pour faire élire Mme Broun-Pivet à la présidence et deux vice-présidents du Rassemblement national. Nous, nous avons toujours considéré que le Rassemblement national, non, n'était pas un parti comme les autres.
Que c'était un parti qui avait été fondé par des Waffen-SS, que c'était un parti, et on l'a encore vu pendant la campagne des législatives, qui n'avait pas deux, trois brebis galeuses quand il s'agissait de trouver 577 candidats, mais bien 70 personnes, dont certains portent des casquettes nazies pendant leurs loisirs et leurs vacances, dont d'autres ont participé à l'organisation de prise d'otages, où il y a des histoires de violences avec armes, où il y a des histoires de condamnation pour haine raciale, qui ont des propos délirants sur la religion de leur ophtalmo, etc. Ce n'est pas un parti comme les autres. Oui, mais il y a quand même
près de 10 millions de Français qui ont voté au premier tour pour des candidats à Rassemblement national.
Permettez-nous de mener une bataille idéologique très ferme. Il y a une extrême droitisation de la société, il y a une banalisation du Rassemblement national qui a été orchestrée, y compris avec les médias, qui à un moment donné disaient nous n'invitons pas l'extrême droite, et qui à un moment donné ont commencé à plus qu'inviter l'extrême droite à faire 11 unes pendant les élections européennes sur M. Bardella et quelle cuisine il aimait faire et sa recette préférée de pâtes et son bouquin préféré, etc.
C'est une banalisation extrêmement grave d'un parti qui est raciste et d'un parti qui en plus est un leurre en matière sociale puisqu'ils n'ont pas d'autre projet que le projet néolibéral de continuation de la casse sociale et de non partage des richesses comme l'est la Macronie. Donc permettez-nous de mettre très nettement un coup d'arrêt à ce processus lent d'extrême droitisation. Le Rassemblement National n'est pas un parti comme les autres et donc nous, nous ne voulons pas qu'il ait de poste à responsabilité dans les institutions qui continueraient cette lente œuvre de banalisation
et de normalisation. Il ne nous reste que quelques minutes mais je voudrais quand même qu'on parle du programme puisque vous avez quelques mesures que vous voulez appliquer très vite si vous arrivez à Matignon, si vous avez un gouvernement, la réforme des retraites, on abroge, le blocage des prix, le SMIC à 1600 euros. Ce n'est pas si simple puisque vous voulez faire tout ça par décret. Est-ce que c'est vraiment possible le droit ? Je crois que dit que c'est un peu plus compliqué que ça.
Alors, la première chose c'est qu'on a plus que quelques mesures, on en a 150. Et si j'insiste là-dessus, ce n'est pas pour fétichiser un document que j'aurais participé à l'alaborer et dont je suis assez fière. Évidemment, c'est le cas. Mais d'abord, la première chose c'est que c'est un programme de rupture qui se tient entièrement et qui ne peut pas être saucissonné. C'est-à-dire que le début se tient avec le milieu et avec la faim. Et je vais dire une chose, c'est parce que nous avons un budget à l'équilibre. Il y a autant de recettes que de dépenses. Ok, pour le budget
mais sur le droit. Par exemple, la brogation de la réforme des retraites, il nous reste très peu de temps. Ce n'est pas possible par décret la brogation des retraites. Comment vous allez faire alors ?
Alors, il y a des constitutionnalistes y compris qui disent que c'est possible. Nous, nous savons que nous pouvons revenir sur les décrets de cette odieuse réforme des retraites de Macron. Nous savons que nous pouvons utiliser un article du Code du commerce pour par décret bloquer les prix de l'énergie, de l'alimentation et faire en sorte que les gens puissent se nourrir dans ce pays, se chauffer, etc. Nous pouvons également par décret augmenter le SMIC. Nous pouvons faire énormément de choses rapidement. Sur le SMIC, le président peut utiliser
de sa captation de pouvoir. Ça veut dire qu'il peut exiger de contresigner le décret, ce qu'il ne fera jamais.
Ah mais le président Macron peut continuer de brutaliser la démocratie. Ça, c'est une certitude. Je lui dis juste, la colère des gens va continuer d'augmenter. Et donc, à un moment donné, chacun va être mis face à ses responsabilités, y compris les parlementaires qui voteront en leur âme et conscience dans cette Assemblée nationale qui pourront préférer le bazar à la hausse des salaires, qui pourront préférer de voter contre la hausse du SMIC. Seulement, nous, nous avons un rapport aux électeurs et aux citoyens de manière générale qui est de dire que quand nous avons écrit que nous allions faire quelque chose, nous nous en donnons les moyens.
Et nous le présentons à l'Assemblée nationale pour changer radicalement la vie des gens.
Merci beaucoup, Clémence Guettet, d'avoir répondu à notre invitation ce matin. Je rappelle que vous êtes député insoumise du Val-de-Marne. Je vous souhaite une bonne journée. Merci.
Clémence Guetté