Chine, le bâton en carton de Macron
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« La Chine, je le cite texto, vient percuter le cœur du modèle industriel européen. »
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« Le cap des 300 milliards de dollars d'excédent vis-à-vis de l'Europe a été franchi. »
- 1:58PrésentateurChiffre
« La France et l'Allemagne ont le même déficit commercial avec la Chine, 50 milliards. »
- 2:02PrésentateurChiffre
« Nous y exportons pour 20 milliards de biens, les Allemands pour 90 milliards. »
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Dominique Seux, votre question est la suivante. La Chine est-elle devenue notre ennemi public numéro 1 ? Alors Emmanuel Macron ne le dit pas comme ça dans l'interview accordée aux Echos dans la vidéo qu'il ramenait samedi de Chine. Mais il ne raconte pas autre chose. La Chine, je le cite texto, vient percuter le cœur du modèle industriel européen. Le cœur. Il hausse le ton et menace Pékin de droit de douane. Cette prise de parole est en vérité à double tranchant. Elle a certes le mérite de la franchise, mais c'est en même temps un peu étrange parce que le chef de l'État reconnaît à la face du monde que sa visite a été un échec. Il n'a pas convaincu Xi Jinping. Il ne l'a pas convaincu.
Alors ni d'arrêter de soutenir Vladimir Poutine, ni de ralentir ce rouleau compresseur commercial. On en a déjà parlé ici et encore vendredi avec Thomas Porcher. Le cap des 300 milliards de dollars d'excédent vis-à-vis de l'Europe a été franchi. Mais rappelez-nous Dominique, d'où vient ce rouleau compresseur ? De très loin. Un, de 30 ans de travail acharné et de méthode parfois douteuse, les Chinois ont longtemps eu l'avantage des prix bas et de la quantité illimitée. Ils ont désormais celui de la qualité qui est bonne. Deux, Donald Trump a fermé le marché américain aux Chinois qui se déverse du coup en Europe pour réaliser des profits. Alors je vous donne un exemple.
Le constructeur automobile BYD ne réalise pas de marge en Chine. Il y a trop de concurrents. Eh bien, il vient donc en faire ici ses pratiques. Que propose Emmanuel Macron ? Le bâton et la carotte. Le bâton, c'est la menace de droits de douane européens sur les produits chinois qui veulent entrer chez nous dans quelques mois si Pékin ne change pas, promet-il, comme Washington. Alors c'est une idée logique pour créer un rapport de force, sauf qu'il y a un mais. La France est de loin la plus motivée sur le bâton parce qu'elle est le pays le plus désindustrialisé du continent et pas principalement à cause de la Chine, à cause de nos choix internes.
La concurrence chinoise, il faut le dire, n'a pas tué les industries allemandes, italiennes et espagnoles, en tout cas jusqu'à maintenant. Berlin, Rome et Madrid commencent-ils à avoir peur ? Oui, mais juste un peu. La France et l'Allemagne ont le même déficit commercial avec la Chine, 50 milliards. Mais nous y exportons pour 20 milliards de biens, les Allemands pour 90 milliards. Ce n'est pas tout à fait la même façon de voir les choses. Alors ça, c'était le bâton de la carotte maintenant.
Alors Emmanuel Macron dit aux Chinois, si vous voulez nous vendre des marchandises, venez les fabriquer chez nous, ouvrez des usines et transférez-nous au passage vos technologies comme nous l'avons fait en allant chez vous il y a 30 ans, Airbus, EDF, etc. Exemple pratique, CATL, un fabricant chinois de batteries électriques très avancées, a inauguré une usine en Allemagne et en construit d'eux en Hongrie et en Espagne. En Espagne, il a fait venir 2000 salariés chinois, d'où le soupçon qu'il n'a pas du tout l'intention de partager ces technologies. Bref, des idées, il y en a beaucoup sur la table. La grande question, tout simplement, c'est de savoir s'il y a une volonté.
Et merci Dominique Seux, à demain. Merci.
Merci. Merci.