Le budget de 2025 se prépare dans l’incertitude - Reportage #cdanslair 01.08.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La candidate désignée par la gauche à Matignon, L.Castets, planche dessus, de même que B.Le Maire. - Un ministre démissionnaire plutôt décontracté hier.
B.Le Maire arrive avec une bonne nouvelle, le chiffre de la croissance française: plus 0,3 % au 2e trimestre. - B.Le Maire: Les chiffres sont excellents, surtout comparé à d'autres pays.
L'Allemagne a eu un chiffre négatif ce trimestre. On a un chiffre positif. Nous devrions avoir une performance meilleure en 2024... - C'est quoi, l'objectif? - B.Le Maire: 1 % de croissance.
On l'a déjà en juillet. Notre politique donne des résultats solides sur le long terme. - Le locataire de Bercy content de lui, alors que l'UE a ouvert vendredi dernier une procédure contre la France pour déficit excessif.
Le pays fait partie des plus mauvais élèves. 5,5 % de déficit, 110 % de dette publique. C'est bien loin des critères imposés par le pacte de stabilité.
Il va falloir faire mieux, prévient le commissaire européen à l'Economie. - Comme toujours, la Commission sera en mesure d'aborder les problèmes liés au cycle institutionnel des pays. Mais quoi qu'il arrive, il est clair qu'il y a un besoin d'ajustement fiscal en France, comme dans les autres pays très endettés. - Situation sous contrôle, assure B.Le Maire.
Même sur le départ, le ministre prépare le budget 2025 et proposera, d'ici le 15 août, des plafonds de dépenses pour chaque ministère. L'UE n'est pas la seule à grincer des dents. La Cour des comptes s'alarme aussi des mauvais chiffres de l'économie.
Dans son rapport sur la situation et la perspective des finances publiques de la France publié mi-juillet, l'institution dénonce une trajectoire de réduction du déficit et de stabilisation de la dette sans aucune marge de sécurité et difficilement crédible. Les pistes d'économies sont pourtant possibles, selon P.Moscovici.
Les arbitrages à faire sont tombés dans les travers de l'austérité. - P.Moscovici: On parle des dépenses de santé.
Elles croissent considérablement depuis des années. Je pense qu'elles peuvent être gérées mieux pour moins cher, sans dégrader la qualité de soins pour les Français. Il n'y a pas de tabous.
Le seul, c'est la justice. On peut dépenser mieux sans toucher davantage à ceux qui en ont le plus besoin. - Un sujet qui occupe aussi la gauche et la prétendante du Nouveau Front populaire à Matignon, L.Castets. - L.Castets: Le programme du Nouveau Front populaire propose d'intégrer des recettes grâce à une réforme fiscale de grande ampleur sur les personnes les plus riches, les grandes entreprises, avec le rétablissement de l'ISF, l'étalement de l'impôt de manière plus juste.
Une contribution plus juste des gens en fonction de leurs moyens. - Des mesures détaillées dimanche dernier dans "La Tribune". Progressivité de l'impôt sur le revenu avec 14 tranches.
Les expatriés fiscaux seraient sommés de payer leurs impôts au fisc français. Il y a aussi la taxation du patrimoine élargie et le retour de l'ISF. Ce n'est pas vraiment du goût de la droite qui veut serrer la vis sans pour autant taxer davantage les Français. - B.Retailleau: Ce qui est bon pour la France, ce n'est pas d'augmenter les impôts.
A ce moment-là, on tue l'activité française et on provoque du chômage. On veut baisser la dépense publique. Dans ce pays, dès qu'il y a un problème, on pense qu'il est soluble avec plus de subventions.
Ce n'est pas le cas. - Un parti qui avance ses pions en vue d'un éventuel pacte législatif avec la majorité. Sur le sujet de l'économie, il assure qu'il ne laissera rien passer. - A.de Tarlé: Question.
On a entendu le programme du Nouveau Front populaire, qui dit qu'il faut augmenter les impôts chez les plus riches. Il suppose donc de faire 14 tranches de CSG pour aller taxer les 8 % les plus riches. - A.Oberdorff: La feuille de route est claire.
On ne parle pas de rationalisation de la dépense publique ou d'optimisation des services publics. Il y a une volonté claire de remettre de l'argent sur la table, quitte à assumer le fait de ne pas rentrer dans les clous des règles budgétaires européennes, qui nous sont imposées, quitte à dévier de la trajectoire qui voudrait qu'on fasse 20 milliards d'euros d'économies l'an prochain. Par l'instauration des 14 tranches d'imposition, le rétablissement de l'ISF, l'exit tax, on pourrait les multiplier.
Il y a l'illusion au Nouveau Front populaire de pouvoir recouvrer suffisamment de recettes pour parvenir à financer un programme extrêmement ambitieux. - A.de Tarlé: C'est difficile?
Ce serait difficile de collecter autant d'impôts et de taxes? - A.Oberdorff: Nécessairement.
Si je me mettais à lister tous les effets de bord qu'il y aura...
Il y a eu de grands débats... - A.de Tarlé: Une matière fiscale mouvante.
Quand elle est ciblée, elle va se cacher. - A.Oberdorff: Il y a eu des débats sur la courbe de l'affaire.
Trop d'impôts tue l'impôt. On a en tête l'expression de ras-le-bol fiscal. Est-ce que, passé un certain stade, il n'y a pas un mitage de cette opposition qui ne permet pas de collecter les recettes fiscales qu'on pense pouvoir collecter?
Le Nouveau Front populaire assume le fait, pour reprendre une expression que j'entends souvent à gauche, de gouverner en fonction des besoins. En engageant une très forte relance de la consommation populaire, de créer un cercle vertueux keynésien qui permettrait de rendre ce programme finançable...
Beaucoup de socialistes aujourd'hui disent qu'il n'est pas tellement finançable en l'état. - A.de Tarlé: On a entendu P.Moscovici, socialiste, qui a été dans le gouvernement de F.Hollande.
Il doute de la faisabilité du programme économique du Nouveau Front populaire? - A.Oberdorff: Evidemment.
Lorsque les instances du PS se réunissent, elles se disent entre elles que ce programme, et c'est là qu'il y a un intérêt sur le questionnement de la politique des petits pas...
à mettre en place un dixième de ce programme, ce serait déjà un progrès social pour les pays. C'est la divergence de vue avec J.-L.Mélenchon, qui dit: "Tout le programme, rien que le programme." L.Castets a hérité de ces contradictions. - C.Michel-Aguirre: Il y a des nuances.
Il faut faire la différence entre ce que payent les classes supérieures, les classes moyennes supérieures, et ce que payent les très riches. C'est ce qui est visé quand on dit...
Plusieurs économistes de gauche, réputés, rappellent que la frange la plus riche française, les milliardaires, les très riches, les 0,001 %, payent beaucoup moins d'impôts en moyenne que la classe moyenne supérieure. Pour quelle raison? Aujourd'hui, le capital, le revenu du capital, c'est pour ça qu'elle parle de la fiscalité du patrimoine, est 2 fois moins imposé que le revenu du travail.
Tout notre modèle social, et toute la classe politique est d'accord pour le préserver, repose sur cette fiscalité du travail. Il n'y a que les salariés qui financent, pas les très hauts patrimoines. Je réagirais aussi à ce qu'a dit B.Retailleau. "La gauche veut toujours augmenter la dépense, alors qu'il y a trop de subventions." Aujourd'hui, et ça a été démontré par une économiste, A.-L.Delatte, l'Etat subventionne énormément les entreprises. - A.de Tarlé: Elle les taxe et elle les subventionne. - C.Michel-Aguirre: Exactement.
Elle dit qu'en les subventionnant, c'est toute la théorie d'E.Macron et de B.Le Maire, on récupère plus au final parce que ça développe l'activité.
On récupère des impôts sur les sociétés.
Bruno Le Maire