ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE 2015 : 10 ans après, la leçon de JUSTICE DE FRANÇOIS MOLIN
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Comment vous vous souvenez de ce qui s'est passé il y a 10 ans ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Cette journée, qu'est-ce qu'elle marque pour vous personnellement ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Comment vous avez vécu depuis 10 ans avec ça ?
- 6:00FerméeRéponse directe
Est-ce que les policiers vous avaient préparé à ce que vous alliez voir ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment articule-t-on le pardon et la justice ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce que certains basculent dans le mal absolu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 14:00François MolinsFait
« Le terrorisme, c'est l'entreprise individuelle ou collective qui a pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur. »
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Voilà, ça fait 10 ans et j'imagine que vous tous bien vous vous souvenez où vous étiez, ce que vous faisiez il y a 10 ans. Comment vous vous en êtes, comment vous avez réalisé ce qui se passait ? Parce qu'au début, on a pu croire que c'était un un règlement de compte.
François Mollince, bonjour. Bonjour. Vous êtes ancien procureur de Paris, procureur général près de la Cour de cassation.
C'est très saisissant d'être en face de vous parce que se souvient justement de votre visage dans ces moments-là. C'est l'un des visages qu'on a le plus vu. Vous avez raconté cela dans un livre Au nom du peuple français.
Vos mémoires donc paru aux édition Flamarion. J'ai envie de vous demander justement à vous aussi et ce que vous vous souvenez ce qui a été métabolisé depuis 10 ans de ce moment où vous avez compris qu'il se passait quelque chose au Bataclan. Vous y êtes allé.
Ma mémoire effectivement elle estelle elle elle est intacte et j'allais dire elle a été revigorée parce que c'est vrai que je vis un peu là dedans hein depuis 10 ans. Euh elle a été revigorée parce que j'ai des rendez-vous réguliers à travers ces commémorations avec les autorités qui qui étaient en responsabilité à ce moment-là. C'est des rencontres avec des avec des victimes.
J'ai écrit donc c'est aussi une occasion de figer la mémoire. J'en parle souvent, je verbalise beaucoup. Donc c'est vrai que c'est une mémoire pour moi qui est un petit peu entretenue, je dirais, mais euh je pense que cet entretien, cette verbalisation euh ça ça aide aussi.
Euh ça m'aide comme je pense que ça peut aider beaucoup de de gens qui ont souffert de ces attentats ou qui sont intervenus. Euh je pense que ça ça ça aide à mieux mieux comprendre, mieux supporter. Voilà.
Cette journée, qu'est-ce qu'elle marque pour vous personnellement ? François Molin ? C'est un anniversaire de plus mais bon c'est le 10e et euh par expérience puisque je je pense au 10 ans de Charlie Hebdo, j'appréhende un peu parce que les les le 10e anniversaire la la 10e commémoration des attentats de Charlie Hebdo hyper cacher, je trouve elle avait elle avait été beaucoup plus dure que les précédents parce que il y avait plus de monde, elle était chargée d'émotion.
Donc je j'avoue, je crains un peu la journée d'aujourd'hui. Comment vous avez vécu depuis 10 ans avec ça ? Parce que vous racontez dans votre livre Au nom du peuple français la manière dont vous avez découvert ce qui s'était passé là-bas, la scène que vous avez découverte puisque à la différence de de la plupart d'entre nous, vous vous étiez là-bas.
Vous étiez là-bas et et vous racontez à quel point l'horreur vous a saisie. Je préfère que ce soit vos mots François Melins. Oui, ben en fait, j'ai été de d'autant plus saisi par l'horreur que moi je m'attendait pas du tout à un bilan un bilan victimaire pareil lorsque je pars parce que j'ai compris que Paris est la le le victime de multiattentat terroristes.
Lorsque je pars sur les scènes de crimes des terrasses, bon, je vois de nombre corps fauchés mais je sais pas encore véritablement et avec précision ce qui se passe au Bataclan. Et euh j'avoue que bah ma surprise a été très grande quand je suis rentré dans le batacl parce que je m'attendais pas du tout à rentrer dans une salle dans laquelle il y avait il y avait 90 corps morts. Euh et ça effectivement j'imaginais absolument pas une telle ampleur et un tel un un tel bilan, un tel bilan après cet attentat.
Donc effectivement en soi, c'est horrible et en plus il y a la surprise et la sidération de se trouver face à un bilan qu'on absolument pas imaginé avec une talleur. Est-ce que les policiers vous avaient préparé ? Je ne sais pas si ça se fait de Non non non.
Quand on est quand on est magistratquet, on a l'habitude des ces de crime hein parce que ça fait partie du travail. Quand vous dirigez une enquête et que la suite d'un meurtre ou d'un assassinat qui a été commis, euh la règle veut que c'est la pratique parquetière, hein. Vous allez sur les lieux avec les policiers ou les gendarmes que vous avez saisi de l'enquête.
Donc on a l'habitude de la violence, on a l'habitude de la mort violente, mais on n'est pas habitué à des des choses comme ça euh qui sont de véritables scènes de guerre avec des des bilans que je je pense pas qu'il y ait beaucoup de il y a il y a peu d'attentats qui sont traduits par des bilans pareils. Il y a Madrid à Tocha en Europe en 2004, il y a quelques attentats dans le monde mais c'est c'est quelque chose de très particulier. Oui, c'est c'est particulier parce qu' en lisant votre livre et en lisant les coupures de journaux puisqueaujourd'hui évidemment tous les journaux reviennent là-dessus et je me suis rendu compte de l'importance du bilan des morts mais aussi des blessés 1500 blessés.
Oui. Alors des des des blessés lourds, on les chiffrait à quelques centaines. On parlait de 47 480.
En réalité, il y en a beaucoup plus. Et puis surtout, il y a les impliqués. Ce qu'on appelle les impliqués, c'est-à-dire les gens qui se trouvaient là au moment de l'attentat, qui ont peut-être pas forcément été blessés. physiquement dans leur chair euh mais qui ont été blessés, j'allais dire, dans leur esprit et qui euh compte tenu de ce qu'ils ont vécu, peuvent développer ce fameux euh syndrome post-traumatique qui peut apparaître plus ou moins vite et qui cause beaucoup de de souffrance psychique.
Donc ceux-là aussi font partie des victimes. Donc effectivement, c'est des c'est des milliers. Et vous, je veux dire psychologiquement, est-ce que vous êtes habitué à cela ? parce que vous avez débuté votre carrière à Bastien et vous avez été donc magistrat en Corse.
Vous vous êtes frotté alors que vous étiez tout jeune à la violence à une violence qui était réelle mais qui était bien évidemment moindre que celle qui s'est déroulée au Bataclan François Molins. On n'est pas habitué à ça. On n'est pas habitué, on n'est pas accompagné et on on gère ça comme on peut si vous voulez hein.
On gère ça comme on peut. Chacun gère avec sa sa façon de vivre, sa personnalité, euh ses ses convictions. Euh moi, j'ai une une en général quand je suis sur dans ce type de circonstances, j'ai toujours fait comme ça sur scène de crime.
Je m'accorde quelques minutes, euh je sors de mon cadre professionnel euh et je me recueille quelques minutes en pensant aux victimes et et à leur famille. Voilà. Donc je je suis dans ma bulle, euh ça dure 2 3 minutes et puis j'en ressors pour me consacrer à à mon office professionnel.
J'ai toujours fait comme ça et ça ça m'a permis je pense de de de mieux exercer euh par la ensuite l'exercice de mes compétences professionnelles. Une pensée à quoi ? Une pensée euh religieuse, laïque, artistique, religieuse en l'occurrence hein.
En général, je sur des au Bataclan, j'ai prié. Mais justement, comment fait-on pour conserver encore la foi ? C'est comme ça.
Mais j'ai cette chance-là si vous voulez. Euh ce ce genre d'événement, on peut entraîner des des réactions de rejet chez certaines personnes. Moi, j'ai la chance de pas l'avoir eu et j'ai jamais c'est c'est des événements aussi tragiques qu'il soit qui m'ont jamais fait des qui qui m'ont pas fait perdre la foi et qui m'ont jamais, j'allais dire désespérer de la nature humaine parce que effectivement euh il y a on est dans le mal absolu là mais moi j'ai toujours gardé cette espérance.
Voilà. Comment articule-ton le pardon si c'est un terme que que vous employez et et la justice ? Ah non, je là je moi je parle pas de pardon parce que c'est pas mon office.
Euh le pardon, ça relève si vous voulez, je veux pas employer les grands mots, ça relève de l'économie du don et ça appartient aux victimes. Moi, ça m'appartient pas sur quelque chose comme ça. C'est pas à moi pardonner.
Moi, j'ai pas été victime de tout ça. C'est aux victimes effectivement à c'est entre les mains des victimes et encore une fois je vous dis c'est l'économie du don et c'est un exercice qui est vraiment très personnel à chaque victime. Mais vous vous êtes dans une autre économie, vous êtes dans l'économie symbolique où la justice ou la collectivité française rend la justice et tente de réparer la pl.
Je ne sais pas si pour vous d'ailleurs la justice a une vertu thérapeutique ou si la justice suffit à elle-même. La justice peut avoir une justice une vertu thérapeutique à l'occasion des procès. Mais effectivement le travail le travail de de la justice face à des actes comme ça, c'est effectivement de nommer les choses et de faire en sorte d'identifier les coupables, les gens qui ont fait ça pour les sanctionner.
Et c'est effectivement cette sanction qui va rétablir le droit et le le le monde normal de fonctionnement de notre société. Pour autant, et on l'a très bien vu ça avec le procès du 13 novembre, je pense que la la justice peut avoir cette vertu effectivement d'aider les victimes à se reconstruire parce que le procès pénal, c'est d'abord et avant tout un procès qui a pour objet de déterminer si monsieur X ou monsieur Y a commis les faits qu'ils lui sont reprochés. Mais on a aujourd'hui en France un système dans lequel on a su euh établir un équilibre et faire une place à la victime.
Et le procès du 13 novembre a très bien montré effectivement que à côté du jugement des accusés, on pouvait prendre le temps de permettre aux victimes qu'il souhaitait parce qu'il est pas question de l'imposer à celles qui ne le voudrait pas permettre aux victimes de s'exprimer et on sait que je moi je suis persuadé pour en avoir parlé avec certaines victimes que ce le procès a pu contribuer à à à au à leur processus de reconstruction et a pu à un moment leur permettre de commencer ce travail de deuil. Pourquoi ? Parce que grâce à la justice, elle cesse d'être passive en tant que victime.
Parce que bien sûr, un être humain n'est jamais passif, mais on pourrait avoir tendance à considérer que les que les victimes sont passives. Ça leur permet ça leur permet de s'exprimer et puis surtout le procès et l'occasion de de répondre à un certain nombre de questions qu'elles vont se poser sur le pourquoi, le quand, le comment et tout ça effectivement les aide. On a vu d'ailleurs la soif de question de de de nombre de de de beaucoup de partis civiles.
Non, mais alors justement ça c'est très intéressant parce que vous qui êtes procureur et il y a Malre qui raconte par exemple que l'omonier des Glières disait que pour lui le mal n'était pas un un problème mais un mystère parce que un problème ça une solution. Oui. Oui.
Et pour vous, mais je suis assez d'accord. Euh je pense effectivement oui, ça relève effectivement du mystère. Pourquoi est-ce que à certains moments, on peut se trouver dans la tête de certaines personnes avec une une telle propension à faire le mal ?
Effectivement euh en fait, je pense que c'est des causalités qui sont multiples, hein. Ça peut renvoyer à des carences éducatives, ça peut renvoyer à des carences familiales, ça peut renvoyer à des troubles du caractère. En l'occurrence, ça renvoie à quelque chose tout à fait différent. ces ces attentats commis dans le cadre du terrorisme djihadiste, ça renvoie en réalité à une instrumentalisation de la religion et à une forme si vous voulez de de on va c'est une idéologie finalement qui va contribuer effectivement à créer de la violence.
Euh c'est pas en réalité la la religion qui crée la violence, c'est la manipulation de la religion par l'idéologie. Mais euh justement Boem Sansal euh qui est libéré aujourd'hui dit que il y a une forme d'islam impatient dans l'islamisme. Il pointe du doigt la responsabilité d'un certain nombre de au responsables musulmans.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Oui, certainement. Certainement.
Euh l'organisation de de de l'islam fait effectivement que il y a peut-être plus de facilité à à propager ce genre de d'idéologie tout à fait extrémiste qui finalement instrumentalise la religion. Ça certainement ça serait beaucoup moins facile à réaliser avec d'autres religions. Et alors lorsque vous vous considérez votre carrière celle sur laquelle vous revenez dans votre livre, est-ce que vous considérez qu'il y a je ne sais pas une sorte d'essence commune entre le Bandit Corse parce que vous racontez des scènes extrêmement violentes en Corse lorsque vous arrivez là-bas alors que vous êtes jeune procureur ? il y a bon un nombre de de règlements de compte très important et puis une sorte de tissu social qui s'est fait à cette violence.
Donc c'est le début et puis cela continue jusqu'au 13 novembre 2015. Est-ce que pour vous ce caractère maléfique de certains hommes est de même nature, du même bois ou bien on a affaire à des phénomènes de nature très différents ? Non, je crois que c'est différent quand même.
Je je m'azarderai pas à faire le le lien et à trouver des points communs entre les deux. Je pense que c'est c'est différent. Le qualificatif de terrorisme Oui.
Justement en en droit à quoi sert-il et comment l'utilisez-vous puisque c'est principalement cela qui distingue sur le plan juridique hein la pratique que vous pouvez avoir vis-à-vis d'un band corse et vis-à-vis de l'un des auteurs du 13 novembre. Alors, j'ai essayé d'expliquer ça. J'ai écrit récemment un livre de droit qui s'appelle pratique judiciaire du contre terrorisme.
Faut bien comprendre que le le terrorisme, c'est pas une notion fouet tout, contrairement à ce que disent d'ailleurs certains avocats ou certains professeurs. C'est pas une notion pour tout. Et chez nous, ça correspond à une définition qui n'est pas une définition politique mais une définition juridique.
Euh, regardez par exemple ce qui s'est passé en Turquie. Euh l'opposant, monsieur Erdogan, a été embastillé. Euh donc le l'ancien maire d'Istanbul, on lui on lui reprochait d'un une infraction de terroriste.
Je suis allé par curiosité lire la définition du terrorisme dans le code pénal turc. Euh peut être terroriste tout acte qui a vocation à déstabiliser la République. Ça c'est une définition politique.
Chez nous, on n pas une définition politique. On a une définition juridique, ce qui est tout à fait différent. Le terrorisme, c'est l'entreprise individuelle ou collective qui a pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.
Donc c'est une sorte de doll spéciale, d'intention spécifique qui va accompagner une intention une intention si vous voulez une intention spéciale qui va être dans la tête de de l'auteur de l'acte de de l'auteur de ces faits. Et chaque fois qu'on a effectivement un acte qu'on souhaite qualifier le terrorisme, il faut retrouver effectivement cette volonté de créer ce climat d'intimidation et surtout de terreur qui va accompagner l'acte. C'est pour ça que la notion de terrorisme pas être ne peut pas être galvodée.
Elle peut d'autant moins être galvodée que le terrorisme dans notre droit, il autorise des techniques dérogatoires du droit commun, des techniques spéciales d'enquête qui sont très attentatoires aux libertés. Donc on ne peut pas, j'allais dire interpréter n'importe comment cette notion. Et vous savez qu'en droit pénal, il y a un grand principe he qui est celui de l'interprétation restrictive.
Et ben, s'il y a vraiment un domaine dans lequel cette interprétation restrictive à vocation à s'appliquer, c'est effectivement le droit du terrorisme. Pourquoi ? Parce que cette interprétation restrictive justement, il y a de tels pouvoirs à Oui, tout à fait.
Il y a de tels pouvoirs qui sont donnés par la loi qu'il faut véritablement avoir beaucoup de scrupules et beaucoup d'attention à rester effectivement dans le cadre de la définition et on peut pas galvoder ce terme de terrorisme et l'utiliser pour n'importe quoi. On a souvent redouté que justement cette législation elle soit accompagnée d'effets pervers sur les libertés publiques. Est-ce que c'était une crainte justifiée rétrospectivement François Molin ?
Je pense qu'il y a toujours une crainte. Alors moi je je crois que quand un masque dit certains encore, je pense que nous on est resté dans le cadre de l'État du respect de l'état de droit en France et que la réponse au terrorisme, elle est dans le cadre de l'état de droit parce qu'elle est confiée à l'institution judiciaire, à la justice, dans le respect des principes conventionnels de la Convention européenne des droits de l'homme. Un terroriste qui est accusé bénéficie des mêmes droits que n'importe quel procès et il a le même procès équitable que n'importe quel autre criminel de droit commun.
Pour autant, il y a certains dangers. Euh moi, j'en vois au moins, j'envoie deux ou trois. Euh le premier, c'est celui qui consiste à toujours plus euh aller vers plus de sévérité au prétexte que avec en en durcissant toujours les textes, on fera disparaître le terrorisme.
Ça, je pense que c'est une illusion parce que le terrorisme, il existera toujours. Le risque zéro ne sera jamais là. La le deuxième risque, je je le qualifierai de pérénisation de l'urgence.
C'est le danger qui consiste à adopter des mesures dans l'urgence et pour une durée déterminée et puis qui consiste ensuite à les péréniser. Ben, c'est l'exemple type de l'état d'urgence en France où certaines mesures adoptées dans le cadre de l'état d'urgence ont ensuite été pérenisées pour entrer dans le droit commun. Et le 3è le 3è danger, c'est celui du détournement de procédure, c'est-à-dire d'utiliser des moyens procéduraux à d'autres fins que ceux pour lesquels ils ont été créés, à savoir lutter contre le terrorisme.
François Molins, ancien procureur de Paris, procureur général près de la Cour de cassation, vous doit au nom du peuple français aux éditions Flamarion. On se retrouve dans une vingtaine de minutes pour évoquer ces 10 ans. 10 ans avec une menace terroriste qui a peut-être changer de visage mais qui est toujours là 8h sur France Culture.
Les matins de France Culture, Guillaume Erner. Nous retrouvons notre invité François Mollins. Vous êtes ancien procureur de Paris, procureur général près de la Cour de cassation.
On vous doit notamment au nom du peuple français vos mémoires par aux éditions Flamarion. Vous aviez évoqué avec nous il y a quelques instants la manière dont vous avez pris connaissance des attentats du Bataclan, mais aussi ce que pouvait la justice contre le terrorisme, le qualificatif de terrorisme. Je vais vous faire entendre un extrait d'une fiction que France Culture consacre à ce 13 novembre. une fiction audio bien sûr le peuple des blessés qui sont les peuples qui sont les blessés du 13 novembre après les victimes.
On écoute un extrait de cette fiction audio. Le peuple des blessés est immense. En [musique] premier marchent les victimes, mais la foule est nombreuse derrière elle.
Il y a ceux qui étaient dans l'immeuble d'en face et ont vu des gens courir et mourir. Ils auront peur désormais. Il y a ceux qui resteront hantés par une image qui feront des cauchemars récurrents.
Ceux qui vivent à Paris et chez qui [musique] une inquiétude nouvelle s'est déposée. Comme à chaque attaque. C'est la mémoire du sang, la mémoire de ces minutes de terreur où nos vies deviennent fragiles. [musique] La rue des rosiers, l'attentat de la rue de Rennes, celui de la station port royale, du métro Saint-Michel, de Charlie [musique] et de l'hypercacher.
Nous portons la mémoire de ses coups, de ses cris, de ses vies [musique] emportées. Chacun d'entre nous dorénavant aura le réflexe de regarder où sont les sorties de secours dans une salle de spectacle, [musique] de ne pas s'installer d'eau à la porte dans un restaurant, d'avoir de l'appréhension quand il y a trop de monde dans un grand magasin. Chacun d'entre nous se sentira abîmé même s'il n'a pas été blessé.
La fiction audio de France Culture a retrouvé bien sûr sur le site de France Culture et sur l'appli Radio France un commentaire peut-être. François Molin ? Oui, je en écoutant, je me disais ça ça montre bien le le caractère lâché aveugle du terrorisme surtout sur le les attentats de vendredi 13 où il y a pas de cible particulière comme par exemple Charlie Abdo, des policiers, la communauté juive.
Là, les victimes sont recherchées à raison non pas de ce qu'elles font mais de ce qu'elles sont. Et on est vraiment dans la tuerie de masse qui va affecter tout le monde, n'importe qui, tout un chacun, à partir du moment où il est dans le périmètre d'action des terroristes. On a dit notre mode de vie, la fête, les terrasses.
Oui. Tout ce que la France incarne et toutes les valeurs toute la mais aussi les valeurs de la démocratie. Il y a pour vous toujours un échec lorsqu'un attentat et commis sont vos propos.
François Mollins on vit toujours un attentat comme un échec. Je pense que derrière ces attentats, particulièrement quand ils ont causé de nombreuses victimes, on a toujours quelque part un phénomène de culpabilisation. Oui, on vient quand on travaille sur le contre terrorisme effectivement je pense qu'on ne peut que voir les attentats commis comme effectivement des des échec par rapport à à l'action que que développent tous les services de contre terrorisme au quotidien qui ont justement pour objet d'éviter la commission de ce genre d'attentat.
Donc c'est vrai que par rapport à ça euh tous ces attentats effectivement bah ils sont vécus comme un constat d'échec et on a on a toujours effectivement euh une partie de culpabilisation euh dans son fort intérieur. Responsabilité collective. Oui, je pense.
Oui. Comment avez-vous travaillé donc notamment ce 13 novembre 2015 ? Qu'est-ce que les politiques vous ont dit ?
Est-ce que vous avez échangé des propos ? Même si bien sûr le pouvoir judiciaire est indépendant. à l'époque, d'abord vous avez raison de le souligner, le les politiques, donc les les gouvernants de l'époque ont parfaitement respecté l'indépendance de la justice.
Donc moi, dans le cadre de la direction d'enquête de ce de suite à tous ces attentats, j'ai pu travailler euh en développant avec mes collègues du parquet, on a développé toutes nos compétences et on a vraiment fonctionné de matière indépendante de matière de manière indépendante. Pour autant, ça veut pas dire qu'il y ait pas eu de lien entre nous et le politique parce que la justice aujourd'hui après un attentat, elle participe à des dispositifs étatiques interministériels. Je prends un exemple, la prise en charge est victime.
On est dans des dispositifs des dispositifs interministériels qui ont pour objet cette prise en charge. Donc on avait effectivement sur un plan institutionnel des relations très fréquentes. Et puis moi au quotidien, je m'ignais aussi à renseigner le plus précisément possible ma ministre la garde des saux madame Tobira parce que j'estimais que elle avait le droit d'être informée le plus précisément possible de ce qui se passait.
Elle allait au conseil de défense avec le président de la République et c'était normal qu'elle soit informée au plus près des évolutions de l'enquête. Justement, quel était votre rôle ? Quel est le rôle du procureur de la République ?
Comment agit-il sur ce type d'enquête ? Bon, on a des compétences multiples en réalité, bien plus nombreuses qu'end droit commun. Il faut d'abord qualifier les fait juridiquement.
Est-ce que c'est terroriste ? Est-ce que ça allait pas ? Là, c'était relativement facile.
Il faut ensuite saisir des services d'enquête. En général, il y en a trois. Et comme il y en a trois, ben il faut désigner un coordonateur.
Là, ce soir-là, on a désigné la sous-direction de l'antiterrorisme. Il faut sécuriser l'enquête après et demander au juges de liberté de la détention les autorisations de faire des actes coercitifs attentatoires aux libertés. Il y a une dimension aussi médecine légale.
On va décider qui sera autopsié ou pas. Qu'est-ce qui est attentatoire aux libertés publiques dans ce type d'enquête ? Si par exemple de ce soir ou cette nuit, je vais aller faire une perquisition de nuit dans un domicile, c'est clairement effectivement à la vie privée et j'aurais besoin de l'autorisation d'un juge.
Si je veux poser une écoute téléphonique hein sur certains numéros, j'aurais besoin de l'autorisation d'un juge et cetera. Donc médecine légale qui qui j'autopsie qui je n'autopsie pas, participation dispositif de prise chargé victime, coopération internationale et communication. Vous voyez, ça fait beaucoup de choses.
Et alors là aussi euh dans ce type d'enquête, vous êtes à la fois indépendant, mais j'imagine que vous avez une jurisprudence. J'imagine que et vous avez longuement réfléchi François Molins à la manière dont on doit mener ce type d' On a comme pour toute crise et la justice n'échappe pas à ça. Face aux crises, on a des plans.
Donc effectivement, on avait un process qui consistait à activer ce qu'on appelait une cellule de crise pour pouvoir gérer une une pour pouvoir armer une une cellule de crise qui fonctionne de 7 jours sur 7 24h sur 24 et qui soit l'interlocuteur unique de tous nos partenaires. Donc effectivement quand les attentants étaient commis que on a pris conscience de la gravité de ce qui se passait et de l'importance des dégâts, ben on a activite cette cellule de crise qui a été qui a pu fonctionner parce que on a rappelé en renfort des procureurs qui n'appartenaient pas à la section antiterroriste mais qui étaient au parquet de Paris et qui sont venus renforcer cette section. Et on a comme ça pendant euh pu fonctionner pendant 11 jours avec l'aide de 38 ou 39 procureurs et 12 greffiers.
Et puis vous avez aussi un rôle de communication. Oui, bien sûr. Effectivement dans ce genre de de situation la communication fait vraiment partie du corps de métier du procureur et il faut être en mesure effectivement de nommer les choses et de livrer à nos concitoyens un résit qui soit clair, rigoureux, précis que qui vont pouvoir s'approprier mais que pourront aussi s'approprier les politiques et les journalistes et qui va avoir pour objet de montrer que les les dispositifs étatiques sont en place et que notamment la police judiciaire et la justice font leur travail pour identifier les auteurs et les interpeller.
Et alors, vous dites à quel point il faut être précis. Vous rappelez un autre épisode qui était celui des émeutes cette fois-ci des émeutes de 2005 et vous racontez à quel point un mot peut entraîner le politique ou le débat national dans comment dirais-je des polémiques inutiles. Ouais, mais la communication c'est un exercice qui est très compliqué, qui est dangereux.
Euh moi je je je effectivement en tête des des conférences de presse, vous en évoquez une où j'ai été loin d'être parfait, j'ai pu faire des erreurs. Donc j'ai appris de mes erreurs et qui a dit ça c'est c'est vous-même François Molin dans votre livre et ben je j'ai appris et chaque fois je corrigais, j'ai progressé. En 2005 l'idée c'était de savoir si les deux jeunes qui sont morts la course poursuite ou pas.
Ouais. Donc les les mots ont vraiment beaucoup d'importance et ce sont des exercices effectivement qui sont dangereux, qui doivent être préparés avec beaucoup de soins et beaucoup de rigueur. Quand vous rencontrez un terroriste en l'occurrence Salah Abdessam, alors j'ai je rencontrais pas de terroriste moi en réalité hein.
Les terroristes que vous l'avez jamais vu les Non, je l'ai vu à l'audience quand j'ai été cité comme témoin. Les terroristes que j'ai vu en général, c'est les terroristes morts qui avaient été neutralisés par les policiers parce que j'étais dans la direction du parquet. Donc, j'étais pas au contact des terroristes, j'avais pas prolongé les gardes à vue, j'entendais pas les gens, j'étais pas juge, je les mettais pas en examen.
Donc Salah Abdlam, la seule fois où je l'ai vu, c'est à l'audience de la cour d'assise spéciale quand j'ai été cité comme témoin. Qu'est-ce que vous êtes dit ? Comment l'avez-vous trouvé ?
Bah, je je suivais les contreres-rendus de presse. Euh, je l'ai regardé parce qu'effectivement euh je voulais euh je voulais le regarder. Euh je je pense pas que nos regards soient croisés.
Euh puis j'ai regardé le président, hein. Euh je venais pas Moi, je venais d'abord pour euh répondre aux questions que la cour me posait et répondre au questions de des parts civiles et de la défense. Il il a fait appel à une notion récemment, c'est assez surprenant, de justice restaurative. on a parlé sur France Culture.
Peut-être faut-il rappeler en quelques mots en quoi ça consiste et j'avoue ne pas avoir bien compris. Alors je vais vous expliquer la la justice restaurative c'est quelque chose qui ne se substitue pas la justice pénale qui mais plutôt que se superpose. Donc c'est prévu par la loi.
Ça a été voté par une loi en 2017. euh c'est possible pour toutes les procédures. Donc euh la loi n'exclut pas le terrorisme du champ de la justice restauratif.
Et qu'est-ce que c'est ? C'est une démarche qui va consister sous sous l'égide d'une sorte de tiers médiateur à mettre en présence un auteur et une victime pour rechercher un climat d'apaisement pour éclairer des questions sur le pourquoi et le comment et faciliter à la fois la reconstruction de la victime et la réinsertion de l'auteur. Donc c'est quelque chose qui est fondé sur certaines conditions et c'est là où moi aussi j'avoue je comprends pas trop le film en ce qui concerne c'est cette proposition de salab d'islam.
Il faut que ce soit fondé sur la reconnaissance des faits par l'auteur. Et je pense que c'est là où il y a un premier problème. J'ai pas le souvenir que Salah Abdlam a reconnu tous les faits qui lui étaient reprochés.
Alors son avocat dit qu'il a demandé pardon mais il a Oui. Non mais ça c'est pas il a effectivement il a peut-être pu le dire mais il a pas reconnu tout ce qu'on lui reprochait. et notamment, il a beaucoup ergoté sur son passage dans le 18e arrondissement et sur des voyages fait en Europe pour aller récupérer les terroristes qui arrivaient de Grèce.
Il y a des voyages qu'il a jamais reconnu. Donc cette reconnaissance des faits pour moi, elle n'y est pas. Voilà, il manque une condition.
Et puis la seconde, c'est que je trouve qu'il y a quelque chose de relativement incohérent à venir proposer un schéma de justice restaurative euh que des victimes auraient peut-être envie d'accepter pour certaines d'entre elles hein et je respecte tout à fait cette optique. Il y a quelque chose d'incohérent à proposer ça alors que on reste radicalisé. il est radicalisé et les l'histoire récente montre encore l'histoire récente avec l'histoire de la clé UBS qui contient des vidéos de propagande jihadiste montre que ça continue.
Je vois pas comme on peut à la fois être radicalisé et rentrer dans un champ de justice restaurative. Pour rentrer dans le champ de la justice restaurative, je pense qu'il faudrait déjà avoir fait un travail de retour sur soi-même, de désengagement et d'amorce de sortie de la radicalisation. Mais j'ai j'ai envie de vous poser une question là-dessus sur cette radicalisation.
Est-ce que pour vous la radicalisation est euh un phénomène d'ordre idéologique ou psychologique ? Je pense que ça peut être les deux. Euh ça peut être les deux.
Tout dépend des tout dépend des individus. Euh c'est sûr que à la base c'est de l'idéologie hein qui va euh qui va j'allais dire instrumentaliser la religion, vous amener vers la violence et l'ultraviolence. Mais il peut y avoir effectivement aussi une part euh une part beaucoup plus beaucoup plus personnelle, hein.
On sait que certains de ces gens-là ont un attrait pour la violence, peuvent peuvent aussi avoir des troubles à personnalité, des des troubles psychologiques. Donc ça peut être aussi un mélange des deux. Je voulais vous faire entendre la voix d'Emmanuel Lévinas, le philosophe, un dialogue avec un autre philosophe Paul Ricker sur la différence entre l'amour, l'amour qui singularise et la justice qui universalise.
Dans l'usage contemporain, nous nous aurions cette différence entre l'amour qui est singularisant tandis que la justice est universalisante. C'est-à-dire que j'ai des obligations de justice à l'égard de quiconque. Alors cette notion de quiconque est absolument importante.
Alors ça c'est le niveau où la justice fonctionne au plan juridique. Il y a une juridicité qui est un niveau de relation intérine car il y a très peu de gens que je peux aimer personnellement. Oui.
Et tandis que je dois être juste à l'égard de tous. Et donc en ce sens on peut dire que la justice universalise l'amour et l'amour singularise. C'est absolument de votre vie.
Mais avec alors dans ma dans ma position propre, n'est-ce pas, je pense que la la si la la justice remonte, n'est-ce pas, elle remonte à cette unicité de d'autrui, enfin que j'appelle encore autrement le vis d'autrui. Pour moi, le moment euh aigu, n'est-ce pas, du langage, c'est le fait même que il m'importe de dire ça à l'autre. Qu'est-ce que vous en pensez, François Mol ?
Oui, c'est c'est c'est des des des schémas philosophiques effectivement euh que dit bien les choses, la justice universalise, hein. Et c'est vrai d'ailleurs que euh face à la justice, tout le monde a les mêmes droits, hein. Et euh la justice euh fait ça fait aussi partie de sa fonction universaliste.
À travers le métier qu'elle fait, elle doit toujours s'astreindre à respecter la dignité de chacun et assurer le respect de ses droits. Donc, c'est aussi une fonction universaliste. Comment voyez-vous aujourd'hui la nature de la menace terroriste ?
François Mollins ? Les Français sont évidemment inquiet de cette menace. On sait qu'un certain nombre d'attentats sont déjoués en permanence.
Alors moi, je je vis plus là-dedans au quotidien, mais je lis beaucoup, je suis pas mal de choses. Il y en a d'autres qui l'ont dit beaucoup mieux que moi, mais effectivement la menace, elle est toujours présente. Euh mais elle a évolué, elle a pas tout à fait la même forme qu'à 10 ans. la menace projetée qui est celle des attentats du 13 novembre avec des commandos entraînés militairement dans un autre pays et qui sont projetés dans un chez nous, clairement elle a pas la même vigueur parce que Daesh n'a pas du tout la même capacité militaire et et logistique de faire des choses comme ça, contrairement à ce qu'elle avait il y a 10 ans avec beaucoup de moyens et beaucoup d'argent.
On est plutôt sur les deux autres types de menaces qui sont la menace téléguidée et la menace inspirée. La menace téléguidée, on a eu un exemple il y a il y a un an avec un an et demi avec les attentats de Moscou. C'est la menace qui va consister à avoir des membres d'une communauté étrangère faire passer à l'acte des membres de leur communauté dans un autre pays pour aller commettre un attentat.
Alors, ça c'est quelque chose qui euh qui qui est présente un vrai risque parce que il y a une structure aujourd'hui en Asie centrale qui s'appelle l'État islamique au Corassan qui a cette capacité, j'allais dire d'activer des membres de ces communautés à travers toutes ces communautés russophones effectivement qui ont pu migrer dans pas mal de pays en en Europe. Euh donc il y a cette menace là, je pense j'aiécouté la chef de la DGSI il y a quelques mois disait qu'elle la prenait très au sérieux. Euh et enfin, il y a la menace inspirée, ce qu'on appelle chez nous la menace endogène, donc qui est celle qui tourne autour de l'autoradicalisation, hein, qui fait que c'est la menace qui va consister à voir des gens qui sont chez nous, qui se sont radicalisés, passer à l'acte euh ou sur un mode individuel ou à plusieurs.
Et cette menace là, elle est elle pose problème parce que c'est pas forcément le fait de de gens très endurcis, ça peut être le fait de gens qui comme on pourrait dire sont sous les radars et qui sont pas forcément suivis par les services de renseignement. Donc ça ça ça pose un vrai problème de détection et euh je pense que c'est effectivement le le plus clair de la la menace qu'il y a aujourd'hui dans notre pays. Vous présidez hein le projet de futur musée du terrorisme, plus précisément d'ailleurs l'observatoire d'orientation de ce musée François Molins.
Qu'est-ce que qu'est-ce que vous entendez y faire dans ce musée ? Alors le l'observatoire d'orientation d'abord, c'est un observatoire qui réunit les associations de victimes et les représentants des cultes et qui donne son avis sur les les évolutions à venir du projet. Mais je trouve c'est un projet magnifique, moi et c'est vraiment quelque chose qui changera le regard sur tout ça.
Parce qu' il y a il y a plusieurs dimensions dans ce projet. Il y a d'abord une dimension historique qui est essentielle hein parce que on peut pas comprendre véritablement le terrorisme si on connaît pas son histoire. Donc c'est capital.
Euh ça va permettre effectivement de de traduire la parole et euh et la mémoire des victimes à travers effectivement toutes ces collections composées d'objets qui viennent de céd judiciaires mais aussi d'objets donnés par les familles des victimes. Et puis enfin ça va être intéressant. Euh c'est d'ailleurs un peu comme il y a d'autres exemples comme ça, le musée de la choa cette dimension, il y aura une dimension pédagogique.
Voilà, parce que ça doit aussi aider à comprendre euh les ressorts euh du terrorisme et quelque part peut-être participer à une meilleure prévention à travers l'explication de ce phénomène. Il faut transmettre ce souvenir. Oui, oui, oui. est important parce que je pense que la transmission et la mémoire sont des éléments essentiels dans notre mémoire collective et le 13 novembre fait vraiment partie de notre identité aujourd'hui.
Le le l'entretien que vous avez évoqué là qui est paru dans le dans le dans le un grand quotidien il y a il y a 2 jours. Oui. sur les cadres sociaux de la mémoire, une expérience les attentats du vendredi 13 novembre 2015 effectivement ils sont c'est la première chose qui est cité en premier bien devant les attentats du 11 septembre. sans dilon sur le ressenti de la société française.
Merci beaucoup François Molins d'avoir été avec nous, de nous avoir donné votre sentiment 10 ans après ces attentats. Je rappelle le titre de votre ouvrage Au nom du peuple français aux éditions Flamarion.
Emmanuel Macron