Contre-Matinale #120 | Dernière ligne droite, semaine de tous les enjeux
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:06OuverteRéponse directe
C'est quoi les appuis qu'il a ?
- 6:05RelanceÉludée
Est-ce que ça vous gêne de poser des questions essentielles sans vous en poser aucune ?
- 7:26RelanceÉludée
Je vous pose des questions, vous n'y répondez pas ?
- 9:23OuverteRéponse directe
Vous dites qu'ils savent que c'est plié ?
- 21:10ComplaisanteRéponse directe
Salut Clément, comment tu vas ?
- 21:33OuverteRéponse directe
Tu es en campagne pour Jean-Luc Mélenchon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:01Invité politiqueFait
« Macron va certainement la gagner, compte tenu de tous les appuis qu'il a, il ne peut pas perdre. »
- 5:29Invité politiqueFait
« Ça veut dire qu'Emmanuel Macron est le candidat des médias, c'est ça que vous dites ce matin, Jean Lassalle ? »
- 7:10InvitéFait
« Cette campagne est pourrie. »
- 7:20InvitéFait
« On ne savait pas que les journalistes l'étaient autant lâches. »
- 9:18InvitéFait
« La guerre en Ukraine est due, pain béni, et donc la campagne est terminée avant même d'avoir commencé. »
- 9:43InvitéFait
« On le sait, il va être réélu Emmanuel Macron. »
- 24:11InvitéPromesse
« Nous recruterons 50 000 infirmiers et aides-soignants. »
- 37:09InvitéFait
« Le retour à la retraite à 65 ans, exactement comme en 1910. »
- 37:03InvitéFait
« ceux qui ont été capables d'inventer le retour à l'apprentissage à 12 ans »
- 37:09InvitéFait
« ceux qui ont été capables d'inventer le retour à la retraite à 65 ans exactement comme en 1910 quand elle fut créée pour la première fois »
- 40:40InvitéChiffre
« Les bénéficiaires du RSA donneront chaque semaine 15 heures d'activité à la société 15 heures chaque semaine obligatoires et pas facultatives comme le souhaite Emmanuel Macron »
- 40:56InvitéFait
« Emmanuel Macron a envoyé une lettre aux français il aurait dû en même temps leur envoyer la facture la facture du quinquennat des promesses non tenues des réformes enterrées »
- 41:25Invité politiqueFait
« le verbe ne suffit pas il ne remplace pas l'action et c'est un drame »
- 43:37Invité politiqueFait
« c'est quand même mener une majorité verte, rose, rouge à Paris »
- 43:51Invité politiqueFait
« de ne pas renier les années hollandes »
- 44:01Invité politiqueFait
« l'homme du CICE l'homme de la loi travail l'homme de la déchance de nationalité »
- 44:20Invité politiqueFait
« on a un mode de scrutin totalement paradoxal où quand différents candidats portent les mêmes idées au lieu de les faire monter en puissance ils se phagocytent les uns les autres »
- 46:43Invité politiqueChiffre
« si on veut passer de 12 tonnes de CO2 en moyenne par an et par français à 2 tonnes dans 20 ans »
- 47:37Invité politiquePromesse
« il faut passer aux 32 heures mais il faut aussi passer à davantage de semaines de congés payés »
- 47:44Invité politiquePromesse
« comme le propose Jean-Luc Mélenchon un âge de la retraite qui redevient décent à 60 ans »
- 57:05Invité politiqueFait
« on peut faire sa procuration à tout moment mais pour être certain qu'elle arrive avant le premier tour en gros la poste garantit le truc que jusqu'à mardi après c'est Inchallah »
- 58:58Invité politiqueFait
« ce que fait la République en marche en se donnant le droit comme ça de sortir du cadre des règles électorales »
- 59:18Invité politiqueFait
« Roland Dumas a validé les comptes de campagne de Balladur et de Chirac en 1995 alors qu'ils étaient avérément faussés »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Invité politique38 %
- Invité5 %
- Invité 25 %
- Invité 34 %
- Invité 43 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le 4 avril 2022, à six jours du premier tour d'une élection présidentielle qui s'annonce cruciale pour la France. A la fin de cette semaine, on saura si on aura la réédition du duel ou du duo Macron-Le Pen ou alors un autre schéma moins mortifère. Regardez le Média TV, un média indépendant qui ne survivra peut-être pas au mois d'avril. Parce que malgré la mobilisation de ceux qui nous aiment lors des campagnes comme celles que nous venons de boucler pour financer les enquêtes, des milliers d'abonnés oublient de renouveler leur abonnement quand leur carte bancaire arrive à expiration.
Ce qui est en réalité sans grandes conséquences pour leur usage, la quasi-totalité de nos contenus étant d'accès libre. L'accès libre est un choix politique que nous assumons, mais c'est un choix qui pourrait aussi nous tuer. Et nous devons, pour survivre et être à l'abri des huissiers, gagner très vite 4000 nouveaux abonnés. Pour vous abonner, allez sur lemédiatv.fr slash soutien. C'est important. En tout cas, pour l'instant, on est là. La contre-matinale du Média épisode 120, c'est parti. Aujourd'hui, c'est lundi et comme tous les lundis, nous faisons un peu le bilan du week-end politique.
Un week-end riche en meeting de la dernière chance, comme nous le verrons avec notre invité fil rouge du jour, Clément Perrault. Clément Perrault est activiste, notamment au sein de la primaire populaire. C'est un vétéran, si on peut dire, de la campagne de Bernie Sanders 2016 et de Jean-Luc Mélenchon 2017. Il est aussi l'auteur du livre « N'allez plus seulement voter », un manuel de mobilisation électorale à l'usage des citoyens qui veulent pousser leurs proches et leurs voisins à ne pas grossir les rangs de l'abstention, à se déplacer dans les bureaux de vote. Mais avant d'échanger avec Clément, regardons un peu les unes de la presse.
Le chaos du monde est tel que l'élection présidentielle de dimanche ne monopolise pas, comme on aurait pu l'imaginer les unes de la presse. Les images terribles venues d'Ukraine sont là, entêtantes, traumatisantes. La ville de Boucha, dans la banlieue de Kiev, est devenue tristement célèbre après le retrait des troupes russes et le constat du carnage fait par les premiers journalistes qui y sont entrés. « Ukraine, la barbarie », titre Libération, avec une grande photo d'illustration qui fait froid dans le dos. « Washington, Paris ou Londres évoquent des crimes de guerre et appellent à une enquête », écrit le quotidien de centre-gauche.
La dernière édition du Monde est sortie avant la découverte macabre de Boucha, mais le quotidien du soir l'évoque largement sur son site internet. Accusé de crimes de guerre, la Russie nie et demande une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, titrelemonde.fr. À la Une du Monde, version papier, ce n'est pas la guerre, mais les conséquences de la guerre. Inflation, pouvoir d'achat, l'inquiétude gagne, peut-on lire. Il y a de quoi. En mars, le prix des pâtes a augmenté de 13% et celui des huiles de 7%, ce qui incite déjà les consommateurs à modifier leurs habitudes. Cette crise alimentaire qui menace le monde, c'est la grande Une du Figaro.
Le quotidien de la droite traditionnelle rappelle que la Russie et l'Ukraine fournissent à l'humanité le tiers des importations de blé. De la Tunisie à l'Égypte, les autorités redoutent une explosion sociale et en appellent à l'aide internationale. Crédit immobilier, le virage de l'inflation, titre le quotidien économique Les Echos. Le taux de crédit à l'habitat a monté pour se hisser à 1,15% et la production de crédit en France commence à ralentir, avertissent les échos. La présidentielle demeure à la une de l'humanité. Le quotidien d'inspiration communiste vante le vote Fabien Roussel, un vote pour que l'argent serve les gens.
La droite compte nous faire les poches, alerte par ailleurs l'humain. Et la croix met dos à dos Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen en évoquant à sa une la tentation protestataire. C'est une séquence qui entrera sans doute dans les annales de l'histoire de la télévision. Jean Lassalle, candidat indépendant à l'élection présidentielle, que BFM TV est obligé d'inviter en raison des règles en termes d'égalité des temps de parole, décide de mettre mal à l'aise la journaliste Apolline de Malherbe. Il s'en prend notamment aux propriétaires de la chaîne, aux intérêts qu'il défend et aux liens qu'il entretient, comme d'autres oligarques avec le président sortant.
Macron va certainement la gagner, compte tenu de tous les appuis qu'il a, il ne peut pas perdre.
C'est quoi les appuis qu'il a ? Ça veut dire quoi ça ?
Qu'est-ce que ça veut dire ? Il a Patrick Drahi, que vous connaissez bien, BFM TV, RMC, L'Express, Libération.
Il a Bernard Arnault, le Parisien, le Sécou, le Sécou, Patrick Drahi d'ailleurs, qui est une entreprise luxembourgeoise, à Guernonais.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'Emmanuel Macron est le candidat des médias, c'est ça que vous dites ce matin, Jean Lassalle ?
Il a été élu, pas par les médias, parce que je suis assez grand, et que vous avez fait une sociologie, un master de sociologie politique.
Je vois que vous avez beaucoup étudié mon CV.
Et que vous êtes une littéraire de haut rang.
Non mais Jean Lassalle, on ne s'intéresse pas à moi ce matin, mais on s'intéresse à vous.
Mais moi je m'intéresse aussi un peu à vous, madame, parce que j'ai envie de vous poser la question, est-ce que ça vous gêne, quelque part, de poser des questions aussi essentielles, et vous, de ne vous en poser aucune, alors que vous étiez avec ce renommement en 2002.
Mais vous n'imaginez pas une seule seconde que je ne m'en pose pas, je m'en pose tous les matins. Et je vais même vous dire une chose, c'est que tous les matins, avant d'arriver devant vous, j'ai depuis deux heures et demie discuté avec tous les auditeurs d'RMC,
qui d'eux-mêmes viennent porter devant vous et devant nous tous, toutes les questions que se posent les Français aujourd'hui. Donc vous ne pouvez pas me faire franchement cette injure. Jean Lassalle, je voudrais qu'on puisse poursuivre. Il y a cette question très importante ce matin, vous pouvez refuser de répondre et ensuite dire que c'est la faute des autres. Vincent Bolloré, lui, a lancé Zemmour. Voyez l'équilibre, comment ça se fait. Alors Jean Lassalle, sur le couvert d'achat, c'est aujourd'hui. Vos amis qui ont parlé avec vous ce matin sachent tous ces détails, vous comprenez.
Jean Lassalle n'est plus un troll, c'est le roi des trolls. Après avoir mis en lumière la contradiction structurelle dans laquelle se débattent les journalistes qui travaillent pour les milliardaires, des milliardaires ayant quoi qu'on dise leur agenda et leurs intérêts à défendre, il accuse la profession. Cette campagne est pourrie.
Pour une fois, pas par les politiques, parce qu'on savait qu'ils étaient d'une lâcheté crasse, et j'en fais partie parce qu'il y a longtemps que je suis en politique, mais on ne savait pas que les journalistes l'étaient autant lâches. Et qu'ils sont capables d'une lâcheté crasse. Je vous pose des questions, vous n'y répondez pas ?
Et c'est moi qui suis lâche ? Oui, pas à vous, toute seule. Ces dernières semaines, la corporation journalistique a-t-elle été lâche ? La réponse est oui. Et Jean Lassalle a été une victime de sa lâcheté. Les journalistes ont accepté de couvrir la campagne électorale aux conditions exclusives dans des candidats Emmanuel Macron. Prenons l'exemple de BFM. La chaîne contrôlée par Patrick Drahi avait prévu d'organiser un débat entre tous les candidats au premier tour le 23 mars, comme cela s'est fait en 2017. Refus d'Emmanuel Macron, qui était pourtant bien content de profiter de ce dispositif il y a cinq ans.
Il aurait été possible, bien entendu, d'organiser quand même un débat, sans Macron et sans Le Pen, elle aussi non désireuse de se confronter à la concurrence. BFM a invoqué les règles strictes de temps de parole pour justifier l'annulation de l'ajoute. Mais un temps de parole, ça peut se rattraper. L'exemple le plus caricatural de soumission au désidérata du pouvoir nous a été donné par TF1, la chaîne du groupe WIG, qui a organisé une émission compliquée, sans débat, comme le souhaitait Macron, autour de la thématique de la guerre en Ukraine, parce que ça donnait l'avantage au président sortant.
Et comme le voulait le chef de l'État, TF1 a exclu un certain nombre de candidats et ont pourtant obtenu leurs 500 signatures. Parmi ces candidats, Jean Lassalle en comprend qu'il est mauvaise. Au-delà de la soumission au caprice du chef, les journalistes politiques et les éditorialistes en vue ont caressé comme jamais le pouvoir dans le sens du poil. La conclusion du site spécialisé Arrêt sur image, « Les médias ont déjà réélu Macron, ils ont inventé le mandat de 10 ans ». Philippe David, elle est finie cette campagne.
La guerre en Ukraine est due, pain béni, et donc la campagne est terminée avant même d'avoir commencé.
Vous dites qu'ils savent que c'est plié ?
Ils voient très bien que c'est plié. Comment voulez-vous que d'ici, on est à moins de 30 jours de l'élection présidentielle ? Alors je veux bien qu'on parle, on dit que ça ne s'est jamais joué au dernier moment. Bien sûr que ça ne s'est jamais joué, mais ça, c'est vrai quand on est au mois de janvier. Une petite phrase que m'a confiée un conseiller du gouvernement cette semaine, il y a deux jours, en parlant de l'élection, il me disait, « On le sait, il va être réélu Emmanuel Macron ».
Franchement, depuis un moment, je me demande même pourquoi ils essayent encore, parce que de toutes les façons, le jeu, il est plié d'avance.
Emmanuel Macron, il y a quand même une prime au sortant, légitime, quand il y a une guerre à quelques encablures de chez nous, et forcément, les Français le ressentent avec de l'angoisse. Enfin bon, là, je crois qu'on peut dire que le président Macron sera réélu, puisque en temps de guerre, on ne change pas de chef. Les sondages, pour le moment, le donnent très… Mais moi, les sondages m'intéressent assez peu, j'ai du bon sens, et je rapporte ce qu'on m'a dit, mes interlocutrices et mes interlocuteurs. Tout le monde a peur, quand on a peur, on ne change pas de chef.
Après, je pense que le gros changement, c'est tout simplement qu'il a fait ses gammes, et qu'aujourd'hui, il se présente comme le seul, effectivement, qui a éprouvé l'Élysée, qui a éprouvé les périodes de crise, le pouvoir, et qui donc pourra stabiliser le pays sur les cinq ans qui viennent. Tous les sondages semblent dire qu'Emmanuel Macron est le favori pour être réélu président de la République. La question qui se pose aujourd'hui, c'est de savoir s'il aura une majorité aux législatives. Le seul suspense, c'est le qualifier pour la deuxième place.
Dans la logique de protection du candidat Macron, une sorte de muraille de sécurité a été construite, une sorte de consensus tacite s'est imposé pour le protéger des affaires. De l'affaire des ventes d'armes à la Russie, dossier au sujet duquel il n'a jamais sérieusement été interrogé par personne après la sortie de l'affaire par le média Disclose. De l'affaire McKinsey, du McKinsey-Gate, pourtant partie d'un rapport officiel du Sénat, mais qui s'effrayait un chemin dans les dédales de l'actualité, surtout grâce aux réseaux sociaux et aux médias indépendants. L'hebdomadaire L'Express le reconnaît volontiers.
Au départ, il n'y avait que des bruissements sur les réseaux, des bruissements qui ont petit à petit gagné en écho dans les médias traditionnels. Il a fallu le courage d'un intervieweur de France 3 pour que Macron daigne s'exprimer sur ce qui est pourtant, bel et bien, une affaire d'État. Un autre exemple de la soumission à Macron ou du désir de protection de Macron, c'est le fameux Rothschild Gate, c'est-à-dire cet énorme hashtag qui est monté suite à la diffusion d'un documentaire de nos camarades de off-investigation sur les mystères autour du patrimoine d'Emmanuel Macron.
Son redressement fiscal sur les années 2013 et 2014, ses millions gagnés chez Rothschild qui semblent évaporés en 2017, mais aussi son grand coût, le deal Pfizer-Nestley, un deal à 9 milliards d'euros qui lui a rapporté beaucoup d'argent si l'on s'en tient aux pratiques du secteur de la banque d'affaires, un pactole qui semble lui aussi évaporé. Dans le documentaire de off-investigation, une source anonyme proche de Rothschild évoque une hypothèse qui est tout sauf fantaisiste. Je connais bien le système des associés-gérants chez Rothschild. Les associés-gérants ont chacun une sorte de petite société, genre auto-entrepreneur.
Bon, c'est pas tout à fait ça, c'est plutôt un trust, mis à Jersey ou à Guernsey ou à Lidemann, puisque Rothschild est à cheval d'entre Paris et Normand. On leur verse à peu près 20% de rémunération sous forme d'une paye classique avec une feuille de paye, comme vous l'avez, comme en rogé, et puis on leur verse les 80% qui restent dans le trust. Le trust, il est anonyme. Il y a un avocat, une boîte à lettres à Jersey, ou à Lidemann.
Un système d'optimisation fiscale qui aurait été rendu possible suite à des compromis acceptés par Bercy.
C'est quelque chose qui serait légal, en fait,
de verser 80% des fils à l'étranger ?
Eh oui, voilà. Argan, du fait qu'on retire à deux sièges qui sont à Londres, Londres et Paris, donc. En tout cas, ça a été approuvé à ce moment-là par le fisc français.
En 2005, le patron de la Banque Lazare avait effectivement négocié avec Bercy un statut fiscal sur mesure pour ses associés gérants. Objectif, éviter les doubles impositions entre la France et les États-Unis. En 2007, Bercy confirmait dans un rescrit fiscal une sorte de note à l'usage des contribuables repris dans un document de 2012 qu'il acceptait que certains honoraires des professions libérales basées entre Paris et Londres ne soient pas forcément fiscalisés en France.
Le documentaire de off-investigation devient très vite viral sur les réseaux sociaux. Il faut dire que Jean-Baptiste Rivoire n'est pas n'importe qui. C'est l'ancien monsieur enquête de Canal+, un journaliste chevronné, souffre douleur de Vincent Bolloré pendant de longues années. Mais bizarrement, le petit monde des médias fait le blackout sur ce documentaire, comme il l'a fait sur le documentaire précédent, tout aussi troublant, signé Jean-Baptiste Rivoire et Yanis Mamdi, un documentaire sur les liens troubles entre Macron et les oligarques algériens.
Quand France Inter publie sur son site internet un article sur le documentaire de off-investigation, c'est pour dénigrer une enquête qualifiée d'auto-désignée et pour relayer les éléments de langage de la Macronie décrivant le fondateur de off-investigation en opposant politique. Puis le cœur des médias reprend une dépêche AFP qui relaie le démenti de la banque d'affaires Rothschild & Co. Rappelons que l'AFP n'avait pas dénié, relayé l'information de départ. Le système médiatique valide ainsi une tactique de guerre mise en place par les communicants des politiques et les grands patrons. Comment ça se passe ?
Un média enquête sur un sujet qui vous concerne, il vous contacte, vous ne lui répondez pas. Finalement, son sujet sort. C'est à ce moment que vous répondez à d'autres. Ce qui vous laisse libre de répondre à côté, de jouer avec les mots, sans prendre le risque d'être recadré par un interlocuteur qui a bossé le sujet. Une partie des journalistes se déshonore en choisissant d'enquêter sur les enquêteurs, de jeter le doute sur le travail de leurs confrères, au lieu de pousser les dirigeants politiques et économiques à s'expliquer sérieusement quand ils sont mis en cause. C'est ainsi que le gouffre s'élargit entre les journalistes et les publics et leur public.
Un public dont nos confrères du service public, justement, auront bien besoin si Emmanuel Macron est réélu et s'il supprime la redevance audiovisuelle comme il l'a déjà promis. Une manière de mieux assujettir la profession déguisée en geste au service du pouvoir d'achat. Je le disais, le média est en danger, il ne survivra que s'il parvient à mobiliser en un temps record 4 000 nouveaux abonnés, un petit spot vidéo pour vous convaincre de rejoindre le navire de nos soutiens actifs si vous n'y êtes pas déjà.
Enquêter, c'est aussi prendre des risques. Lorsque j'ai enquêté sur l'argent sale qui a sauvé Marine Le Pen, je m'en suis rendu compte. Cette investigation, qui m'a pris plusieurs mois, a permis de mettre à jour l'un des financements de campagne électorale les plus opaques de la Vème République. Pour ceux qui n'en auraient pas entendu parler, en 2017, alors que le Front National est au bord de la faillite, 8 millions d'euros arrivent miraculeusement sur ses comptes sous forme de prêts. Cet argent sale, on l'a retracé. Il s'est baladé entre des oligarques kazakhs, des paradis fiscaux, et un étrange businessman français, Laurent Fouché, qui a trempé dans de sales affaires en France-Afrique.
Pour le moment, aucun grand média n'a repris nos révélations. Et Marine Le Pen est aujourd'hui encore en position de se qualifier au second tour de l'élection présidentielle. Mais si cette enquête capitale ne semble pas intéresser les médias mainstream, elle ne laisse toutefois pas indifférent. Vous voyez ces images inquiétantes ? C'était le 4 février dernier. Une silhouette s'est introduite aux médias. Elle avait le code. Elle est entrée un vendredi soir, un peu après 19h, alors qu'il n'y avait plus personne. Elle a déambulé dans les couloirs, semblant chercher quelque chose. Très vite, après avoir porté plainte, nous nous sommes posés des questions.
Pourquoi cette personne n'a rien volé alors qu'il y avait beaucoup de matériel très cher à portée de main ? Nous nous sommes demandé si cette intrusion n'était pas liée à cette investigation sensible que nous menions. Vous pensez que c'est de la parano ? Le lendemain de l'intrusion aux médias, quelqu'un s'est introduit à mon domicile personnel. Là encore, rien n'a été dérobé, mais des objets ont été déplacés. Comme si quelqu'un avait voulu marquer son passage et me dire « fais attention ». Mais ce n'est pas fini. Une banque kazakh, citée dans mon enquête sur ce financement douteux de campagne de Marine Le Pen, a menacé de porter plainte alors que le papier n'était même pas encore sorti.
À un peu plus d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, alors que les sondages créditent Marine Le Pen de 20% des intentions de vote. Pourquoi cette information est-elle passée sous les radars de la presse mainstream, alors qu'elle est capitale dans la période politique actuelle ? Pourquoi, de manière générale, nos enquêtes d'intérêt public ne sont-elles jamais reprises par l'AFP ? On n'aura sans doute jamais de réponse. Et en fait, on s'en fout.
On s'en fout parce que c'est grâce à vous, grâce aux citoyens qui nous financent, que j'ai pu investiguer pendant de longs mois, que j'ai pu partir enquêter dans des pays lointains comme la République centrafricaine, pour finalement pouvoir ramener cette enquête qui en dit beaucoup sur les pratiques d'un parti d'extrême droite qui n'a jamais été aussi proche du pouvoir. D'autres enquêtes arrivent, des enquêtes qui vont mettre en lumière des zones d'ombre jamais explorées de la Macronie. Mais pour que ces gros dossiers sortent, nous avons plus que jamais besoin de vous. Nous avons besoin de votre soutien, encore et toujours.
Dans un paysage médiatique majoritairement aux mains des milliardaires, vous êtes les garants d'une liberté fondamentale au fonctionnement d'une démocratie, celle d'informer en toute indépendance. Il ne reste plus que cinq jours avant la fin de la cagnotte que nous avons lancée afin de mettre sur pied un pôle d'investigation. D'ici au 31 mars, vous pouvez encore nous aider à réunir au moins 50 000 euros afin que le média puisse continuer à produire des enquêtes qui dérangent. Pour que vous puissiez continuer à lire ce que vous lirez nulle part ailleurs. Vous pouvez aussi nous aider en partageant au maximum cette vidéo afin de faire vivre l'investigation. Merci d'être à nos côtés.
Je suis désormais sur le plateau avec Clément Perrault. Je le disais en début de matinale, Clément Perrault est activiste, notamment au sein de la primaire populaire. Il a de nombreuses campagnes électorales dans les jambes, notamment celle de Bernie Sanders en 2016 aux Etats-Unis et de Jean-Luc Mélenchon en 2017 en France. Il est aussi l'auteur du livre « N'allez pas seulement voter », ce manuel de mobilisation électorale qui est sorti aux éditions VA. VA éditions, ce n'est pas Valeur Actuelle. Non, non, non, Valeur Ajoutée. Alors, il nous parlera des techniques de mobilisation éprouvées et qui peuvent servir aux citoyens et qui veulent faire campagne autour d'eux.
Mais on va commencer par évoquer l'actualité politique du week-end. Salut Clément, comment tu vas ? Bien et toi ? Ça va, ça va. On est dans les six derniers jours et c'est assez excitant, ma foi. Alors, en gros, on ne va pas parler de toute la cuisine interne de la primaire populaire sur laquelle vous reviendrez après le scrutin.
Oui, là, l'important, c'est de gagner. On verra après comment on tire les apprentissages du jeu de massacre qu'a été la gauche durant un an et demi.
Alors, si je comprends bien, tu es en campagne et en campagne pour Jean-Luc Mélenchon.
Pourquoi ? Je suis en campagne pour l'Avenir en commun et son candidat, Jean-Luc Mélenchon. Depuis le début, la primaire populaire et les initiatives qui lui font suite portent les idées et les idées nécessitent une victoire. La nécessité de victoire était l'origine du projet de la primaire populaire avec l'association qui l'a portée depuis le début, 2022 ou jamais. Aujourd'hui, la personne qui a plus à même de porter nos idées au deuxième tour dans un mode de scrutin extrêmement paradoxal et qui n'est malheureusement pas assez interrogé, c'est Jean-Luc Mélenchon.
Et du coup, on nous met toutes nos forces aujourd'hui avec les activistes qui le veulent pour faire en sorte que dimanche, Jean-Luc Mélenchon soit dans le ticket du deuxième tour.
Alors, on va se lancer dans le zapping politique du week-end, un week-end marqué par le seul et unique meeting d'Emmanuel Macron, un meeting durant lequel le président sortant a fustigé le système et a récupéré les mots du NPA de manière assez troublante. On écoute un extrait.
Oui, cette révolution de l'école, nous la ferons avec des chefs d'établissement, eux-mêmes plus libres, de bâtir des projets, de conduire des équipes, de les réunir. Oui, pour ce grand chantier de l'école, je veux que nous donnions enfin aux enseignants, aux directrices et directeurs d'établissement, aux maires, aux parents, aux associations qui s'occupent souvent du périscolaire, à nos enfants eux-mêmes, les moyens de réussir en inventant au plus près du terrain des solutions adaptées, nouvelles, fortes, ambitieuses. Alors, je vous rassure, le système nous dira que c'est impossible.
On nous expliquera que ça n'a jamais été fait, qu'il faut faire comme avant, discuter depuis Paris, tout décider depuis Paris. Mais comme c'est impossible, nous le ferons, parce que nous l'avons déjà fait, permettre à tous nos compatriotes qui font ces métiers si difficiles, si essentiels du soin, de l'accompagnement de nos aînés, de le faire mieux, d'être mieux rémunérés, et permettre à tous nos aînés qui le peuvent de vieillir chez eux, avec leurs profs. Et quand ils ne le peuvent plus, alors de les accompagner dans des établissements dignes. Et pour cela, nous recruterons 50 000 infirmiers et aides-soignants, et nous renforcerons les contrôles.
Car tous, tous, nous avons été indignés par les révélations faites sur certains établissements. Cela ne vaut pas pour tous, et beaucoup font un travail admirable, mais cela ne doit plus exister, jamais. Nos vies, leurs vies, ne valent plus que tous les profils. Pendant que ses copains, les riches, veulent l'argent public, Macron nous vole nos slogans. Décidément, ces gens osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.
Alors Clément, on a vu quelques extraits du meeting d'Emmanuel Macron. Est-ce le retour du en même temps ? Certains médias vont jusqu'à parler de coups de barre à gauche.
Enfin, après cinq ans de Macronie, des centaines d'yeux éborgnés, des cadeaux faits aux riches dans tous les sens. En fait, on s'en moque du discours d'Emmanuel Macron hier. Ce qui est important, là, dans la semaine qui vient, c'est que chaque personne qui regarde le média appelle ses parents, ses grands-parents qui ont une grande proposition à voter Macron en disant en fait, faites ce que vous voulez, mais ne votez pas Macron. Donc exactement l'inverse de la lune de libération du deuxième tour de 2017. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, donc déjà, ça n'a aucun intérêt d'un point de vue politique, ce n'est pas intéressant. Je veux dire, on sait ce qu'il a...
On sait ce qu'il propose, on sait ce qu'il a fait depuis cinq ans. Donc déjà, proposons-lui une alternative. Au deuxième tour, il faut qu'il ne soit pas face à Marine Le Pen, ne serait-ce qu'en termes de qualité de débat, pour qu'on ait vraiment un choix de société. Le deuxième aspect, c'est qu'aujourd'hui, Marine Le Pen est dans la marge d'erreur au deuxième tour face à Emmanuel Macron. Et du coup, de manière assez paradoxale, les macronistes n'ont aucun intérêt à voter Macron au premier tour, puisqu'il est assuré de passer par l'inertie effectivement du président sortant. Il faut qu'il vote pour quelqu'un à gauche.
Ne serait-ce qu'en fait, un macroniste qui vote Jadot est plus utile au débat politique en France qu'un macroniste qui vote Macron parce qu'au deuxième tour, on aura du coup un poids de la gauche si on a Mélenchon qui passe et Jadot en soutien que si on a à nouveau un débat absolument inutile et délétère de Macron-Le Pen.
Peut-être que les macronistes ont intégré le fait qu'il fallait absolument justement pour verrouiller le débat politique et le déplacer sur le champ moral les méchants fascistes et avoir Marine Le Pen au second tour. Peut-être que ces macronistes justement n'ont aucun intérêt à voter pour Yannick Jadot.
s'ils le veulent c'est à leur risque et péril. Ce qui est sûr c'est qu'il y a cinq ans et j'en fais partie il y a un grand nombre de personnes qui sont allées voter Emmanuel Macron au deuxième tour la mort dans l'âme. On ne me reprendra plus à ça et je pense que nous sommes des millions.
Donc ça veut dire qu'en réalité le risque d'une victoire de Marine Le Pen il est réel en cas de face-à-face avec Emmanuel Macron.
Il y a un point important d'ailleurs là-dessus. C'est très important de souligner que les gens qui n'iront pas voter au deuxième tour Macron face à Le Pen ne mettent pas ces deux individus sur un pied d'égalité. En revanche souvent et c'est mon cas ils les mettent au-delà d'une ligne rouge infranchissable qui sont climaticides. Je n'irai pas voter au deuxième tour de l'élection présidentielle pour un candidat climaticide et des centaines de milliers de personnes préfèrent aujourd'hui un pays bloqué et un candidat un président élu illégitime par une abstention record que d'avoir des candidats climaticides et de faire le choix entre les deux.
Emmanuel Macron avant ce meeting avait aussi endossé le concept de planification écologique peut-être justement pour parler au cœur des personnes comme toi reconnu qu'à la base c'était un concept porté par Jean-Luc Mélenchon alors est-ce qu'il en est encore à la triangulation ou c'est juste justement une manière de faire de faire mourir les mots en leur faisant dire n'importe quoi ?
Ce qui est sûr c'est que le mandat Hollande avant lui mais le mandat Macron en est vraiment l'aboutissement a été extrêmement préjudiciable pour la place du sens des mots dans la politique et du coup dans la capacité des citoyens qui regardent l'actualité et qui écoutent les discours politiques à comprendre et à lire le monde qui les entoure et la manière dont la politique est menée parce que même quand les évidences factuelles sont là à partir du moment où la personne en face de vous vous ment comme un arracheur dedans il y a toujours un doute qui subsiste et sur ça Emmanuel Macron a une assez grande similarité avec Donald Trump capable de mentir frontalement de raconter n'importe quoi sauf que comme Emmanuel Macron a une gueule de genre idéale on ne l'ennuie pas avec ça il est tout aussi délétère au rapport à la vérité que l'est Donald Trump
en tout cas sur la question des EHPAD il en parle et il parle des vies qui comptent plus que les profits certains observateurs ils pointent une forme de cynisme puisque le gouvernement refuse de rendre public le rapport produit par deux corps d'inspection sur l'affaire Orpéa c'est une info Mediapart au nom de la sacro-sainte loi sur le secret des affaires votée en 2018 le gouvernement refuse de faire toute la lumière sur l'affaire Orpéa tout en disant qu'il accentue tout en disant via Emmanuel Macron qu'il accentuera les contrôles et que vraiment c'est terrible et que les profits ça va une minute etc.
c'est pour ça qu'il faut le dégager point je ne sais pas quoi dire de plus mais c'est vrai qu'on est dans une situation assez dingue où un gouvernement vote une loi sur le secret des affaires pour arranger ses potes et après se cache derrière cette loi au moment où ça peut être déterminant et à un moment il faut faire des choix clairs forts réussir à faire en sorte qu'au deuxième tour cet homme soit confronté alors que durant cinq ans il a été confronté à très peu de contradictions et que durant l'intégralité de cette campagne il a échappé au débat faisons en sorte que le débat du deuxième tour puisque ce n'est pas les journalistes qui l'intervieweront à ce moment-là qui feront une contradiction forte soit portée avec une contradiction forte par un candidat en face aujourd'hui cette personne-là s'appelle Jean-Luc Mélenchon
sur la question du RSA conditionné à 15 à 20 heures d'activité hebdomadaire Emmanuel Macron a aussi donné l'impression de reculer hier en regard d'un petit magnéto
nous mettrons en place pour les bénéficiaires du RSA de 15 à 20 heures par semaine des activités de formation d'insertion de réinsertion sur le modèle de ce que nous faisons depuis le 1er mars avec le contrat d'engagement jeune pour les 18-25 ans il ne s'agit pas comme l'ont prétendu certains de travaux d'intérêt général non encore moins de vouloir couper des aides à ceux que la vie a trop abîmé effectivement on va renforcer leur accompagnement c'est la partie droit mais oui il y aura aussi désormais davantage de devoirs pour rentrer dans un processus pour retrouver une activité et effectivement il y aura le candidat l'a dit entre 15 et 20 heures par semaine soit de formation soit de travail d'intérêt général soit de stage ce que propose le candidat Emmanuel Macron
c'est que dans une logique de droit et de devoir mais aussi dans une logique d'insertion il y ait effectivement 15-20 heures d'activités
pour les bénéficiaires du RSA
mais c'est quoi cette activité ? pardon rentrons dans un concret
c'est quoi ? c'est des activités qui mènent à l'insertion sociale et professionnelle donc ça peut être c'est dans le privé c'est dans le public c'est une formation ça peut être des mises
en situation professionnelle qui peuvent être dans le privé ou dans le public ça peut être des formations c'est quoi ? c'est des stages ? c'est une autre manière de dire stage ? oui mise en situation professionnelle c'est-à-dire être dans une situation mais vous savez à point de malerme c'est des dispositifs qui existent aujourd'hui
alors Clément il faut beaucoup d'aplomb pour contredire les éléments de langage martelés par son propre camp depuis un certain temps quand même en gros et le Premier ministre et Gabriel Attal ont expliqué qu'il y aurait des droits et des devoirs des obligations donc pour les bénéficiaires du RSA et Emmanuel Macron il dit non il n'en est pas question il n'a jamais dit ça c'est quelque chose c'est un droit absolu et ce sera juste une manière de les aider à se sortir de la difficulté
et c'est là où on voit que le candidat est malhonnête et on s'en doutait et ce n'est pas une surprise et c'est pour ça que c'est important que chaque personne qui aujourd'hui perçoit cette malhonnêteté aille la combattre par la discussion et l'écoute avec chacun et chacune de ses proches dans les jours qui viennent pour vraiment convaincre les gens que ça ne sert à rien d'aller voter Macron moi ce qui m'a vraiment choqué dans le discours d'hier je n'ai pas du tout écouté en entier parce que je n'ai pas que ça à m'infliger mais c'est cette idée de mettre les gens à l'apprentissage à 12 ans je veux dire Victor Hugo doit se retourner dans sa tombe
12 ans en fait et c'est passé crème une fois de plus j'en parlais au début de cette matinale quelque part effectivement le journalisme s'est déshonoré parce que les problèmes fondamentaux les questions d'intérêt général ont toujours été remises au fin fond du grenier ou bien de la cave quand il s'agissait des propositions délétères d'Emmanuel Macron et je pense que quelque part les règles démocratiques sont faussées puisque un grand nombre de personnes ne s'intéressent que maintenant à l'élection n'a pas tout le background politique des militants et donc finalement écoutent et croient ce que dit la télévision et c'est ce cœur électoral là qui pourrait justement par par conformisme voter pour Emmanuel Macron sans vraiment avoir réfléchi à l'ensemble des propositions et c'est pour ça que du coup
pour battre en brèche la doxa médiatique il faut vraiment aller discuter sur le terrain j'espère qu'on va en parler et aller vraiment apporter des éléments factuels de contradiction face à ce discours majoritaire et surtout dès l'élection passée qu'elle soit gagnée ou perdue il va falloir trouver un moyen probablement si elle est perdue par un référendum d'initiative populaire et si elle est gagnée en appelant le président Mélenchon à le faire immédiatement à passer une loi de salubrité publique des médias avec d'ailleurs qui est totalement présente dans le programme de la France insoumise aujourd'hui c'est indispensable aujourd'hui pour qu'on ait une démocratie saine d'avoir des médias qui sont indépendants exigeants des moyens pour les journalistes que les pigistes ne soient plus à tirer le diable par la queue et qui aient vraiment du temps pour à la fois faire des investigations et surtout de la liberté financière pour avoir l'audace c'est impressionnant de se dire qu'un journaliste qui pose une question un tout petit peu désagréable à un membre du gouvernement ou à un candidat sur un plateau a du courage à quel moment on en est là aujourd'hui
on est en 2022 en France Emmanuel Macron était hier à la Défense Arena à Paris et Jean-Luc Mélenchon à Toulouse il s'y est posé en rempart contre justement Emmanuel Macron et Marine Le Pen On est venu me dire que j'exagérais quand je parlais de choix de société oui si vous votez pour moi c'est un choix de société mais n'allez pas croire que si vous votez
pour eux ça ne serait pas un choix de société ça serait le pire des choix de société le mépris de classe d'un côté le mépris de race de l'autre au choix
et bien non et bien non il existe une sortie
par le haut bien sûr elle a ses défauts bien sûr on n'est pas obligé d'être d'accord avec les 694 propositions du programme mais chacun d'entre nous c'est bien dans la vie chaque matin qui fait un compromis celui qui va au boulot fait un compromis avec le capital en allant lui vendre son travail dans la moitié gratuite au moins alors des compromis on en fait tous venez pas me dire que vous n'êtes pas capables pas vous de faire un compromis avec le programme
l'avenir en commun qu'est-ce qu'il y a dedans qui vous empêche de vivre qu'est-ce qu'il y a dedans qui au contraire
ne facilitera pas la suite ne fait pas appel à votre mobilisation quoi qu'il arrive vous autres qui êtes ici quoi qu'il arrive et surtout
si nous gagnons ne vous démobilisez pas soyez vigilants
revendicatifs exigeants ne cédez jamais rien même à votre gouvernement de l'union populaire ceux qui ont été capables d'inventer le retour à l'apprentissage à 12 ans ceux qui ont été capables d'inventer le retour à la retraite à 65 ans exactement comme en 1910 quand elle fut créée pour la première fois
cela vous propose un de ces mondes dont vous savez que Victor Hugo l'avait résumé en disant
c'est de l'enfer des pauvres qui est fait le paradis des riches et bien aujourd'hui 3 avril pile poil c'est le 160e anniversaire de la première édition des misérables alors quand je vous dis un autre monde est possible je vais le résumer comme lui-même l'avait fait
vous voulez dit-il aux autres les misérables secourus moi nous
nous voulons la misère supprimée vive la France vive la République
alors nous sommes dans les six derniers jours Jean-Luc Mélenchon est dans sa dernière campagne électorale il donne tout et ces derniers temps on entend parler à gauche d'injonction au vote utile Mélenchon il y a beaucoup que ça agace quel regard tu as porté sur ce meeting de Toulouse
c'est une très belle ville très belle place du Capitole ça fait plaisir de l'avoir bondé et de voir l'espoir réellement monter et j'ai hâte de voir le succès des meetings d'hologrammes de Jean-Luc Mélenchon il en avait fait 5 en parallèle il y a 5 ans il en a fait 12 cette année c'est la preuve d'une vraie montée en puissance de la campagne moi les meetings qui m'ont marqué dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon c'est pas cette année particulièrement ceux de Jean-Luc Mélenchon mais ceux de son équipe c'est une singularité très intéressante de sa campagne qui a plein d'égards et très similaire à celle de 2017 mais sur ça il y a une grosse différence de nombreux meetings avec juste des figures de la France Insoumise et du collectif de l'Union Populaire mais pas Jean-Luc Mélenchon et des meetings où il y a plusieurs centaines de personnes parfois plus que dans les meetings de Yannick Jadot et d'Anne Hidalgo c'est assez impressionnant ça me rappelle du coup la campagne de 2020 de Bernie Sanders où Alexandria Ocasio-Cortez en Iowa avait fait des meetings où elle avait trois fois plus de gens que Joe Biden la veille dans la même ville c'est la preuve que quoi ?
c'est la preuve que le nombre de personnes qui attaquent Jean-Luc Mélenchon sur sa personnalité parce qu'il est assez rigolo là sur le meeting il dit si vous n'êtes pas d'accord avec l'une des propositions maintenant Jean-Luc si les gens sont gênés c'est principalement par sa personnalité et c'est pas grave ça arrive et c'est parce qu'aussi il y a un biais médiatique à l'égard de Jean-Luc Mélenchon qui est scandaleux et ça rejoint le point précédent mais donc pour revenir ce qui est très intéressant dans cette campagne c'est qu'elle décentre la lumière sur d'autres figures et qu'on voit du coup émerger effectivement quelque chose qui ressemble à une équipe alors aujourd'hui une équipe insoumise j'espère que dans l'entre-deux-tours il s'ouvre à ouvrir ouvrir la main et la porte tendre la main pardon et ouvrir la porte à d'autres forces de gauche mais aujourd'hui une équipe insoumise qui est riche diverse compétente avec moi effectivement quand j'ai des gens au téléphone en ce moment dont l'argument qui les gêne à l'égard de Jean-Luc Mélenchon c'est sa personnalité j'en demande qu'est-ce qu'il se pense d'un gouvernement où on aéré Mathilde Panot à l'écologie Adrien Catenance au travail François Ruffin à la culture et là immédiatement ça débloque
alors Valérie Pécresse elle a aussi été en meeting à Paris porte de Versailles et elle a mis le curseur à droite toute pour montrer qu'elle était plus ferme sur les fondamentaux de la droite que Emmanuel Macron
Les bénéficiaires du RSA donneront chaque semaine 15 heures d'activité à la société 15 heures chaque semaine obligatoires et pas facultatives comme le souhaite Emmanuel Macron encore un mauvais plagiat Emmanuel Macron a envoyé une lettre aux français il aurait dû en même temps leur envoyer la facture la facture du quinquennat des promesses non tenues des réformes enterrées mes amis le verbe ne suffit pas le verbe
ne suffit pas il ne remplace pas l'action et c'est un drame qu'en France la politique à force de s'enivrer de ses propres mots est finie par se convaincre que dire
c'était agir alors mes chers compatriotes si vous ne supportez plus les beaux parleurs qui en définitive sont de mauvais acteurs si vous préférez une femme qui ose à ceux qui glossent rejoignez-moi
alors donc on voit que Valérie Pécresse essaye d'occuper un espace un espace qui n'existe peut-être pas celui de la de la droite libérale pure et dure qui va encore plus loin qu'Emmanuel Macron d'autant plus qu'il a donné l'impression de reculer sur le fameux RSA conditionné à du travail payé moins que le SMIC ce que Valérie Pécresse assume donc on va continuer en évoquant Anne Hidalgo la candidat la candidat du parti socialiste qui était de son côté à Paris au cirque d'hiver et les mauvaises langues ont fait remarquer qu'elle faisait moins sale comble que Nathalie Arthaud au zénith de Paris tu parlais donc de la désastreuse campagne en tout cas désastreuse année 2022 de la gauche pourquoi et comment à ton avis la campagne d'Anne Hidalgo a à ce point échoué ?
C'est assez amusant parce qu'Anne Hidalgo avait un profil capable de rassembler la gauche c'est une élue qui a fait des actions audacieuses à Paris sur les questions climatiques contre la pensée dominante contre la pensée médiatique aussi quand elle a fermé les voies sur berge quand elle a vraiment donné sa place au vélo quand elle fait plein de choses sur le climat c'est une élue qui a été réélue à son poste donc elle avait une vraie légitimité populaire et c'est une élue qui a un cas c'est quand même mener une majorité verte, rose, rouge à Paris pour tout ça elle avait un profil qui pouvait la faire gagner ce qui a fait perdre Anne Hidalgo c'est sa volonté de ne pas je pense en tout cas de ne pas prendre un pas de côté par rapport au PS de ne pas renier les années hollandes de ne pas faire le mea culpa des années hollandes à partir du moment où elle retourne à Tulle pour déjeuner avec François Hollande l'homme du CICE l'homme de la loi travail l'homme de la déchance de nationalité elle perd toute possibilité de créer un récit qui va effectivement créer du souffle l'autre élément qui fait qu'aujourd'hui Anne Hidalgo est dans les choux c'est que le vote PS durant des années était le vote utile pourquoi ?
parce qu'on a un mode de scrutin totalement paradoxal où quand différents candidats portent les mêmes idées au lieu de les faire monter en puissance ils se phagocytent les uns les autres ils se cannibalisent l'électorat il est indispensable de changer de mode de scrutin pour qu'on puisse s'exprimer sur tous les candidats comme on l'a fait à la primaire populaire pas forcément par le vote à jugement majoritaire il y a d'autres modes de scrutin qui existent mais ce n'est pas normal aujourd'hui dans une élection où il y a un nombre potentiellement infini ou large de candidats que chaque électeur n'ait le choix que d'un seul bulletin et qui du coup doivent stratégiser alors que ça n'a aucun sens l'important c'est que si on veut que le vote soit fiable sincère il faut que l'électeur puisse venir s'exprimer avec toute la complexité et la richesse de ses opinions sans avoir à stratégiser en fonction du bulletin
justement est-ce que le problème c'est pas qu'Anne Hidalgo ait été certes une élue mais une élue parisienne peut-être que la sociologie particulière de Paris peut-être que même le rapport à l'écologie qu'on peut avoir à Paris est différent de la sociologie politique de la banlieue parce qu'Anne Hidalgo n'est pas très aimée par les banlieusards et des autres endroits en France la province par exemple enfin la province c'est une manière de parler les régions est-ce que c'est pas justement la preuve qu'un élu parisien n'est pas forcément à même de se confronter à la France
j'en sais rien il n'y a pas de fatalité pour moi sur ça et en tout cas je ne suis pas sociologue et je ne pourrais pas savoir si c'est un élu parisien et quand il n'est pas d'origine corésienne incapable de prétendre aux responsabilités nationales mais je te rejoins sur un point c'est qu'il est possible que le récit sur l'écologie ait manqué d'une richesse d'une diversité d'une approche qui donne envie et sur ça c'est quelque chose qu'on peut reprocher d'ailleurs de manière large à beaucoup de candidatures globalement aujourd'hui il y a beaucoup de candidats et de candidates qui ont compris l'urgence écologique qui ont compris la nécessité de prendre des mesures mais qui ne racontent pas un récit de bascule sociétale vers une frugalité heureuse vers une sobriété qui soit épanouissante alors que fondamentalement aujourd'hui si on veut passer de 12 tonnes de CO2 en moyenne par an et par français à 2 tonnes dans 20 ans c'est un chemin qui va demander une bascule fondamentale qui amène à réinterroger l'ensemble de ces activités et pas juste les transports ou pas juste l'alimentation ou pas juste les consommations du quotidien et en fait si on va jusqu'au bout de la démarche si on veut moins consommer de carbone il va falloir moins consommer de matière et d'énergie et pour ça il va falloir trouver plus de temps pour faire plein de choses parce que globalement manger végétarien ça demande plus de temps égouttu végétarien égouttu donc pour garder du plaisir il va falloir plus de temps pour cuisiner aller voyager loin sans avion ça demande plus de temps globalement il est essentiel et c'est pour ça qu'une des mesures fortes qui était portée dans le socle commun et qui rassemble à gauche c'est la diminution du temps de travail mais pas seulement à l'échelle de la semaine oui il faut passer aux 32 heures mais il faut aussi passer à davantage de semaines de congés payés il faut aussi passer avec comme le propose Jean-Luc Mélenchon un âge de la retraite qui redevient décent à 60 ans et aussi peut-être réfléchir à comment on parsème tout au long de la vie des années sabbatiques pour que les gens puissent prendre des respirations puisqu'on ne pourra plus prendre l'avion dans 10 ans si on a enclenché la bifurcation écologique à la vitesse et à la hauteur qu'il faut il va falloir trouver du temps pour aller voyager loin et ça ça se fait sur plusieurs mois
on ira en bateau dans la Méditerranée je ne sais pas ça pourrait être politique en fait 10 jours pour faire Brest, New York en bateau oui c'est jouable alors parlons maintenant de ton livre N'allez plus seulement voter au-delà du livre c'est un manuel de mobilisation électorale nous sommes donc à 6 jours du scrutin et nous voulions parler ensemble des méthodes qui permettraient de rêver le corps électoral mais qui ne seraient pas forcément des méthodes qui iraient du haut vers le bas mais qui seraient du bas vers le bas etc et donc dans ce livre il y a un certain nombre de techniques que tu évoques pour pouvoir au soir du 10 avril ne pas avoir de regrets si moi je suis un citoyen que je veux avoir un impact sur mon environnement pousser au vote et pousser au vote utile utile pour pour le débat démocratique le vote stratégique qu'est-ce que je fais techniquement pratiquement
alors l'idée fondamentale que j'ai rapporté des campagnes de Bernie Sanders mais globalement des méthodes de mobilisation là-bas qu'on appelle l'organizing c'est que une bonne mobilisation s'organise autour d'une discussion seule à seule c'est le point fondamental il s'agit de parler ou plutôt d'écouter politique avec un maximum de gens et vous pouvez commencer avec tous vos proches pourquoi il faut discuter et pourquoi il faut discuter seule à seule la première chose c'est que ça permet de se mettre vraiment à l'écoute de la personne en face de lui demander toi qu'est-ce que t'as envie de voir changer quand on va changer de président dans trois semaines se mettre à l'écoute c'est le point fondamental de ce quinquennat où les gens se sont sentis méprisés pas écoutés c'est déjà quelque chose qui libère la parole qui libère l'espoir qui réveille l'envie ensuite parce qu'on s'est mis à l'écoute de ce que vient de vous dire la personne ciblez le point précis qui vous vous relie à elle et vous amène à voter pour Jean-Luc Mélenchon et son programme l'avenir en commun typiquement si la personne veut plus de justice sociale plus de démocratie plus d'écologie vous avez tout dans les 694 propositions du candidat donc on a au lieu d'arriver avec un tract qui donne un argumentaire pré-mâché sur un truc où si la personne en face n'en a rien à faire vous aviez arrivé avec un point de réponse sur un point du programme qui lui parle et après en plus la discussion permet de cheminer ensemble oui mais Mélenchon il a dit ça alors oui est-ce que je peux t'expliquer pourquoi même s'il a dit ça et même si je suis inconfortable avec aujourd'hui je vote pour Mélenchon ok c'est intéressant aussi parce que comme on est dans la discussion seul à seul on n'est plus dans la posture vous vous avez le droit de reconnaître que vous avez des réserves sur le candidat sur le programme sur ceci typiquement moi j'ai des réserves sur ce qu'il raconte sur le nucléaire mais c'est pas grave parce que le chiffre project et Jean-Marc Jancovici qui est pourtant pro nucléaire lui ont mis la meilleure note et moi ça me suffit à me rassurer sur le fait qu'aujourd'hui son programme énergétique il est censé donc on peut apporter la discussion en acceptant d'avoir des réserves et surtout la personne d'en face ne se sent pas acculée si elle change d'avis si elle chemine dans son indécision elle n'est pas soit dans une conversation Facebook où tout le monde vous regarde et où il faut être bravache soit autour d'une bière où le plus relou de la table qui de toute façon votera Macron vient l'interpeller sur lui dire tu vas quand même pas changer d'avis en une seconde mais bien sûr que si en fait c'est pas changer d'avis c'est cheminer vers l'indécision le dernier point qui est très intéressant le dernier point qui est très intéressant dans la discussion seul à seul c'est qu'on peut du coup amener un appel à l'action si l'indécis devient convaincu et bien dans ces cas là il faut lui proposer de venir faire la même chose que nous convaincre d'autres personnes si le convaincu est déjà convaincu il faut lui proposer de faire un don à la campagne du candidat parce qu'il va falloir se financer cette campagne du deuxième tour et on va pas avoir tant de temps que ça durant deux semaines et si la personne est encore indécise à la fin de la discussion c'est l'autre point qui est intéressant on est pas là pour lui forcer la main ok y'a pas de soucis merci pour l'échange c'était vraiment cool est-ce que je peux juste partager un ou deux liens vidéo qui moi m'ont particulièrement intéressé sur ce sujet et là on cible pareil sur l'argument qui a touché cette personne là pourquoi cette technique là elle marche c'est parce qu'en fait cette technique là elle est aussi virale que le Covid le Covid vous toussez sur quelqu'un cette personne tombe malade elle tousse sur d'autres personnes ces personnes tombent malades et si vous toussez sur 10 personnes par jour à la fin on est 100 000 en 5 jours et bien si aujourd'hui vous prenez votre répertoire il va falloir vous bloquer 2 ou 3 heures par jour durant cette semaine et vous n'allez pas regarder Netflix mais si aujourd'hui vous bloquez
on va regarder Netflix très tard en général et bien c'est pas grave justement
c'est ça qui est chouette parce que vos proches vous pouvez les appeler ou envoyer des SMS à n'importe quel moment de la journée mais screener votre répertoire identifiez tous les gens qui sont fans de Mélenchon ou de l'avenir en commun ou qui ont des idées de gauche ambitieuses et qui du coup sont probablement déjà convaincus ramenez-les le lendemain vous faites l'apéro ensemble et vous rappelez ensemble tous vos potes indécis et progressivement comme ça si vous en faites 10 par jour entre lundi et vendredi vendredi soir rien que par votre mobilisation vous êtes 100 000 donc je vous dis pas qu'on va tous faire ça mais si une poignée de personnes aujourd'hui convaincues se disent on se lance on peut aller chercher des centaines de milliers de millions d'indécis il y a des millions de personnes des dizaines de millions de personnes qui hésitent à aller voter qui n'ont besoin que d'une conversation avec vous pour franchir le pas soyez sans regret c'est peut-être un dernier point la conversation c'est la seule quand on la mène avec ses proches souvent on a cette petite rengaine de l'oncle de droite à table qui vous dit par les politiques je suis fatigué par les politiques c'est pas poli demandez-vous si c'est plus grave d'être impoli ou de se taper à un Macron-Le Pen
justement en fait toi et puis vous en tant que groupe organisé vous avez peut-être plus les moyens de mener ce type de campagne parce que vous avez peut-être un répertoire un fichier des méthodes des logiciels peut-être d'appels téléphoniques qu'est-ce qui distingue justement des groupes organisés à des initiatives individuelles
comment vous procédez vous en fait ce que je veux dire dans mon point précédent c'est que cinq jours avant l'élection vous pouvez décider de vous organiser et décider de s'organiser ça ne demande pas d'avoir un logiciel d'appel automatique ça ne demande pas d'avoir une base de données votre base de données c'est votre répertoire Facebook, Whatsapp, Messenger Signal, Telegram franchement si vous écumez ça vous n'avez pas besoin d'avoir une base de données en plus ce qui est important c'est surtout de se donner une rigueur militante une hygiène où effectivement on ne va rien lâcher durant cinq jours jusqu'à la fin de campagne vendredi 23h59 oui effectivement aux Victoires Populaires on a des numéros de téléphone qu'on appelle et c'est fascinant de faire cheminer des indécis qu'on ne connaissait pas et avec qui on crée un lien en quelques minutes par téléphone
si tu peux nous raconter un peu un certain nombre de conversations comment ça se passe quelle est l'expérience que vous en tirez
déjà moi je trouve que c'est une très belle façon de faire de la politique parce que ça recrée du lien humain on se met à l'écoute de quelqu'un qui n'est pas a priori d'accord avec vous que vous ne connaissez pas voilà exactement on l'appelle parce qu'il a accepté d'être contacté par téléphone par nous et on l'appelle et la première question c'est bonjour est-ce que vous avez trois minutes pour discuter avec nous de comment on va changer de président cette question elle est chouette parce qu'elle donne le sourire aux gens à partir de là c'est peut-être
plus engageant que ceux qui nous appellent pour le CPF c'est sûr
c'est sûr et du coup la deuxième avec laquelle on enchaîne c'est génial avant de vous raconter ce que j'ai envie de vous dire au sujet de la candidature de Jean-Luc Mélenchon et son programme l'avenir en commun vous qu'est-ce que vous aimeriez voir changer quand on va changer de président dans trois semaines et là la personne c'est très intéressant parce que c'est souvent un moment où il y a un blanc dans la conversation et il ne faut pas le lâcher parce que c'est un moment où vous offrez l'opportunité à la personne de s'ancrer dans ce qui est important pour elle à ce moment-là et cet ancrage c'est ça qui va créer sa motivation dimanche à aller voter aujourd'hui ou demain à aller faire sa procuration c'est très important faites votre procuration avant mardi soir pour être sûr qu'elle soit reçue par votre bureau de vote et c'est ça qui va la ramener à l'enjeu fondamental nous sommes lundi matin
pour ceux qui ne pourront pas être à leur lieu de vote il y a encore quelques heures donc de lundi matin jusqu'à mardi soir pour pouvoir faire une procuration et donner et pouvoir voter en fait par l'intermédiaire d'un proche
on peut faire sa procuration à tout moment mais pour être certain qu'elle arrive avant le premier tour en gros la poste garantit le truc que jusqu'à mardi après c'est Inchallah donc voilà donc en fait il faut poster sa procuration d'ici demain oui vous pouvez aller sur élections.intérieurs.gouv.fr et vous avez toutes les démarches pour savoir faire comment faire votre procuration vous pouvez aussi aller sur l'excellent site tousinscrits.fr qui a été créé par l'association Tous Élus qui a fait un très beau travail de mobilisation pour lutter contre la malinscription et maintenant qui lutte contre l'abstention parce que l'abstention est un fait politique mais n'est pas forcément un acte politique individuel une grande partie des abstentionnistes sont des abstentionnistes contraints parce qu'ils ont oublié de changer de bureau de vote ou parce que globalement ils ne se sont pas motivés ce jour-là mais ce n'est pas un choix politique conscient actif l'abstention aujourd'hui n'est pas quelque chose d'actif si Macron et Le Pen sont au deuxième tour alors là ce sera un choix politique actif d'une grande partie de plusieurs millions de personnes
alors il faut noter cet article du Monde qui explique que alors il faut savoir que six mois avant un scrutin il est illégal de faire de la publicité électorale via des postes sponsorisés sur les réseaux sociaux comme Facebook et la République en marche a quand même fait des postes sponsorisés pas directement pour appeler à voter Macron mais pour appeler à faire des procurations si on n'est pas là et en fait elle a ciblé spécifiquement le coeur de l'électorat de la Macronie c'est à dire les personnes plutôt favorisées les jeunes et les personnes plus âgées plutôt issues de milieux favorisés parce qu'il y a une sorte d'inégalité déjà naturelle dans le recours aux procurations pour ceux qui ne peuvent pas être physiques c'est plutôt un acte bourgeois malheureusement
oui c'est grave ce que fait la République en marche en se donnant le droit comme ça de sortir du cadre des règles électorales ça montre aussi une certaine impunité mais ça tient aussi au fait que ce système politique est fondamentalement vicié on se rappelle que Roland Dumas a validé les comptes de campagne de Balladur et de Chirac en 1995 alors qu'ils étaient avérément faussés sous prétexte que ça aurait été sinon problème pour la démocratie non ce qui est problème pour la démocratie c'est que des candidats et des partis ne respectent pas les règles qui sont imposées pour que la démocratie soit saine
en tout cas le livre n'allait plus seulement voter paru aux éditions via édition je ne sais pas si c'est une version PDF si justement j'ai demandé à mon éditeur
qui l'a accepté avec grâce le livre et sur toutes les plateformes digitales à 5 euros pour tout le mois donc en un clic vous pouvez l'avoir il se lit en une heure vous aurez tous les modèles de conversation toutes les méthodes pour faire cheminer les indécis et c'est indispensable de se dire qu'à 5 jours d'une élection on peut avoir cette viralité cette démultiplication l'important c'est d'avoir de la rigueur de la motivation et de se rappeler soi-même qu'est-ce qui fait qu'on a envie d'aller voter pour Jean-Luc Mélenchon et son programme L'Avenir en Commun dimanche prochain
en tout cas on a compris ton message Clément ça y est la contre-matinale du Média c'est terminé pour aujourd'hui pour lui permettre de vivre après le direct mettez des petits pouces bleus abonnez-vous et activez la clochette n'oubliez pas nous avons besoin de 4000 nouveaux abonnés sinon nous mourrons ce soir ne ratez pas à l'instant Porcher la prochaine contre-matinale c'est demain matin même studio même équipe à plus