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Podcast / conversationLes Militants· 1 novembre 2016 27 minFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Paul-André Boucher, artisan en autogestion ouvrière et en coopératives de travail, partie 2 de 2

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:22InvitéFait
    « Bon, il faut dire que dès le départ, on a manqué le financement. »
  • 1:53InvitéFait
    « À un moment donné, on était en rupture de stock, de matières premières. »
  • 2:55InvitéFait
    « Jean-Guy nous emmenait des personnes très importantes dans le dossier pour nous aider à bâtir le plan d'affaires sur le plan financier. »
  • 3:21InvitéFait
    « Au plan légal, les coopératives de travail n'étaient pas reconnues dans la loi des coopératives à l'époque. »
  • 3:53InvitéChiffre
    « La compagnie va être dissoute en 2019 environ pour devenir coopérative de travail. »
  • 7:11InvitéChiffre
    « une dernière intervention gouvernementale, un investissement d'un million deux cent mille, »
  • 11:12InvitéFait
    « Il faut dire que Pinatel avait été acheté pratiquement en situation de faillite. »
  • 14:02InvitéFait
    « Quand le PQ a pris le pouvoir, en 76, en 77, s'est créé cette première table de concertation-là pour commencer à se donner un outil de rassemblement pour les coopératives de travail. »
  • 15:33InvitéFait
    « La question du financement, j'ai oublié de le mentionner tantôt, mais c'était un air de la guerre. »
  • 18:01InvitéFait
    « ton nouveau sous-ministre est issu de nos reins. »
  • 18:50InvitéFait
    « Le mode de financement des CDA reposait en grande partie sur le nombre d'emplois créés pendant l'année. »

Temps de parole

  • Invité97 %
  • ?4 %

≈ 32,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:57
Locuteur

On

0:57
Invité

est capable de décrire

0:58
Locuteur

les

0:59
Invité

sacrifices qui ont été vécus par tout le monde, c'était au niveau de Tricofine. On a des semaines qu'on a sauté des pays.

1:11
Locuteur

On

1:11
Invité

nous payait la semaine suivante, au cours de la ligne, ce que ça faisait, toute insécurité, ça créait des grands grands compats dedans. Bon, il faut dire que dès le départ, on a manqué le financement. Et on va se rendre compte que jusqu'à demi-lieu du projet, jusqu'à ce qu'il y ait un nouveau gouvernement, la Parti québécois, on va toujours vivre de crise en crise. Au niveau des médias, comme on l'était, comment vous vouliez ouvrir des marches de crédit pour acheter du fil, ces choses-là, c'était à tout payable, content, c

1:45
Locuteur

'était

1:45
Invité

bien évident. Donc, on roulait à la petite semaine au bout de la ligne, mais malgré tout, on réussissait quand même à faire des choses, mais on partait des contrats. À un moment donné, on était en rupture de stock, de matières premières. On a vraiment marché de même pendant presque deux ans de temps.

2:03
Locuteur

Ça

2:04
Invité

aurait été dans un autre contexte où, par exemple, l'expérience aurait été bien accueillie dès le départ par le gouvernement, en disant qu

2:12
Locuteur

'il

2:12
Invité

y a là une piste intéressante pour permettre aux travailleurs de contrôler leur milieu de travail.

2:17
Locuteur

On

2:17
Invité

aurait pu probablement reconnaître les deux ou trois premières années de dire, bon, bien là, ça va être l'apprentissage, il va se faire. Après ça, là, on rentrera graduellement dans un cycle, dans un cycle, tu sais. Et on sait que

2:30
Locuteur

ça

2:31
Invité

prend au moins cinq ans pour consolider une entreprise. Ça,

2:34
Locuteur

c

2:34
Invité

'est reconnu par tout le système en place, qu'est-ce que tu veux, tu sais. Nous autres, Tricofils, six mois après, on commençait à attendre parler de rentabilité. Oui, mais elle vous rentable, là!

2:44
Locuteur

Dans

2:44
Invité

un premier temps, on a loué l'usine de Groval.

2:48
Locuteur

Il

2:49
Invité

nous loua l'usine, il ne nous a pas fait de cadeaux. Et là, il a fallu que le gouvernement du Québec s'implique. Jean-Guy nous emmenait des personnes très importantes dans le dossier pour nous aider à bâtir le plan d'affaires sur le plan financier. Jean-Parisot, au niveau des poulies de finances. Au niveau légal, c

3:07
Locuteur

'était

3:07
Invité

Pierre Morois. Donc, Parisot qui devait devenir ministre des Finances. Morois qui devait devenir ministre du Travail et de la Mendeur. Après ça, il

3:18
Locuteur

y a

3:18
Invité

Mme Payette qui va rejoindre à nous autres, mais elle, c'est pour l'achat de l'usine. Donc, c'est un an après. Au plan légal, les coopératives de travail n'étaient pas reconnues dans la loi des coopératives à l'époque. Ça fait qu'à ce moment-là, ils nous ont dit, ils n'avaient pas le choix, il faut vous former en compagnie. Après qu

3:33
Locuteur

'il

3:33
Invité

nous a aidé, Jacques Parizeau, à former une compagnie incorporée.

3:37
Locuteur

Donc,

3:38
Invité

le capital votant était contrôlé en exclusivité par les travailleurs. Et ça, ça votait jusqu'à la fin de l'expérience de Tricophile. Et que le capital, les forces privilégiées, eux autres étaient mises en disponible au niveau du public. La compagnie va être dissoute en 2019 environ pour devenir coopérative de travail. Parce que là, la loi avait été modifiée et on pouvait effectivement devenir en coopérative de travail.

4:07
Locuteur

Au

4:07
Invité

moment de l'allocation de l'usine, je suis toujours président du syndicat. Et là, à ce moment-là, quand l'usine est pour partie et qu

4:17
Locuteur

'on

4:17
Invité

part en autogestion, on est conscient que les rôles doivent être mieux définis. Et que ça prenait un conseil d'administration de Tricophile, c'était bien évident.

4:29
Locuteur

Et

4:29
Invité

que ça prenait un syndicat. Ça, il y avait une volonté du collectif de maintenir un syndicat jusqu'à la fin aussi. Et là, moi, ça m'a amené à faire un choix. Ça fait que lors d'une assemblée générale, j'ai suivi assez rapidement la réouverture définitive de Tricophile, au début, durant l'hiver 75. Je deviens président du conseil d'administration et on me remplace au poste de président du syndicat.

4:56
Locuteur

Dans

4:57
Invité

le sol de la cathédrale, on avait, parmi les choses que l'on avait travaillées, c'était une convention collective adaptée dans la réalité d'autogestion ou de co-gestion. Mais là, on était rendu, c'était à l'autogestion. Le comité consultatif devenait véritablement, là, dans cette convention-là, un comité de gestion. Un comité qui va fonctionner jusqu'à la fin de Tricophile, où il avait deux représentants syndicals et deux représentants de Tricophile. Le syndicat siégea ce conseil d'administration. Il était au cœur de toutes les décisions prises, les livres, il y

5:35
Locuteur

avait

5:35
Invité

accès aux livres, tout ce que c'est qu

5:37
Locuteur

'on

5:37
Invité

veut.

5:38
Locuteur

La

5:39
Invité

première année, on était tous sur l'adrénaline de dire, il faut partir ça, il

5:42
Locuteur

faut

5:42
Invité

que ça marche. Ça

5:43
Locuteur

fait

5:43
Invité

que ça, dans ce sens-là, le consensus était excellent. Dans la deuxième année, là, au fur et à mesure qu'on avançait dans l'expérience, au fur et à mesure que les problèmes devenaient complexes aussi, que la production grossissait, que la pression extérieure était de plus en plus forte aussi, au niveau des commandes, au niveau du financement, au niveau gouvernemental, quand ils vont réinvestir. Le permanent syndical s'arrachait, je suis de sa tête complètement. Malgré toute sa bonne volonté, je ne connaissais absolument rien. Ça a été à un point où je sais, à

6:23
Locuteur

un

6:23
Invité

moment donné, il nous a corrément dit de changer de syndicat, parce qu'il dit « je ne

6:27
Locuteur

peux

6:27
Invité

pas vous aider ». On vivait une situation de plus en plus difficile. On inventait. À chaque jour, suffisait sa peine. Tricophile, c'était beaucoup plus un laboratoire. laboratoire durant, je dirais, les deux premières années.

6:44
Locuteur

J

6:44
Invité

'ai quitté l'expérience de Tricophile en 79. Donc, c'est une chose. J'ai continué à la suivre de près, mais je

6:55
Locuteur

n'étais

6:55
Invité

plus dans le cœur de l'action même de Tricophile. Il

6:58
Locuteur

y a

6:58
Invité

une nouvelle équipe de gestionnaires qui s'ont mis en place, avec un mandat de viabiliser l'entreprise, une dernière intervention gouvernementale, un investissement d'un million deux cent mille, avec une mise en veilleuse de l'autogestion, mais en même temps, les travailleurs ont trop conservé les pleins pouvoirs décisionnels comme votants. Jean-Guy qui m'a remplacé au poste de président du conseil d'administration. Effectivement, au bout d'un an et demi environ,

7:35
Locuteur

les

7:36
Invité

résultats ont été positifs. Tricophile a atteint la viabilité économique.

7:41
Locuteur

On

7:42
Invité

est à l'époque de la crise économique. On a fait référence tantôt. Donc, le textile n'a pas été exempt de cette crise économique-là. Ça fait que ça, c'est évident que le marché était devenu, notamment au niveau de la couture, au niveau du vêtement, il n

7:56
Locuteur

'y

7:56
Invité

avait plus rien à faire. Au niveau du tissu, ils pouvaient encore tirer leur épingle du jeu. Bon, la preuve, c'est qu'ils ont réussi à travers, à travers cette crise-là, quand même, à atteindre la viabilité économique. Ça

8:09
Locuteur

fait

8:09
Invité

que ça, c'est un plus au niveau de l'équipe de gestion qu'il y

8:12
Locuteur

avait

8:12
Invité

là. Et au niveau du consensus qui se dégageait dans l'usine autour de la confiance de cette équipe de gestion-là, ces quatre personnes-là qui avaient été embauchées de l'extérieur.

8:24
Locuteur

Ça fait

8:24
Invité

que ça, c'était des plus. Moi, à ce moment-là, je n'avais pas encore quitté. J'étais sur le conseil d'administration. J'étais secrétaire. On m'avait demandé de continuer sur le conseil d'administration. J'avais trouvé ça intéressant. J'avais fait pendant un an de temps.

8:37
Locuteur

Et

8:37
Invité

effectivement, les décisions qu

8:39
Locuteur

'il

8:39
Invité

se prenait, je les trouvais rationnelles. Puis, je les partageais.

8:50
Locuteur

On

8:51
Invité

est rendu en 79.

8:53
Locuteur

Et

8:53
Invité

là, au niveau de la direction générale et au niveau du conseil d'administration, on voyait la possibilité de consolider un réseau de textiles alentour de tricotfil. Et ça, ça l'a amené à ce moment-là à faire des recherches pour se porter acquéreur d'une autre usine qui pourrait venir renforcer les opérations.

9:18
Locuteur

Le

9:19
Invité

projet n

9:19
Locuteur

'a

9:19
Invité

jamais été discuté en assemblée générale, n

9:22
Locuteur

'a

9:22
Invité

jamais été discuté dans l'usine, ni rien de ça. Et quand la décision finale a été prise, j'étais plus au conseil d'administration. Il y

9:29
Locuteur

a

9:29
Invité

eu effectivement l'achat de l'usine de Pinatel à Joliette. Une usine qui faisait la finition du tissu. Et dans ce sens-là, elle était complémentaire à ce que

9:40
Locuteur

le

9:41
Invité

tricotfil faisait au niveau de la teinturerie puis au niveau du tricot. Puis les membres ont voté pour l'achat de l'usine.

9:48
Locuteur

Une

9:48
Invité

assemblée générale s'est tenue rapidement. Et la décision, elle a été prise immédiatement, en dedans d'une heure. C'est quelques jours après que le monde a commencé à poser des questions. Faut-il pas des jobs? L'usine à Joliette, c'est quoi cette histoire-là? À force de se faire poser des questions, il a

10:04
Locuteur

fini

10:04
Invité

par faire une assemblée générale.

10:09
Locuteur

Et

10:09
Invité

là, il a été obligé de dire que, effectivement, le département Finition de Saint-Jérôme fâmerait ses portes, vu que la machinerie à Pinatel était plus moderne et qu'il y aurait une navette d'autobus qui s'organiserait pour les voyager matin et soir à Joliette. Donc, ils ont une scène et une éteinte.

10:29
Locuteur

Mais

10:29
Invité

l'autre élément aussi qui a été mis du sable dans l'engrenage, c'est que l'usine de Pinatel à Joliette, elle était syndiquée, mais à la CSM.

10:40
Locuteur

Nous

10:41
Invité

autres, on était à la FTQ.

10:43
Locuteur

Puis

10:43
Invité

là,

10:44
Locuteur

les

10:45
Invité

travailleurs de

10:45
Locuteur

Joliette n

10:47
Invité

'étaient pas informés de rien, eux autres, évidemment. Tout d'un coup, ils voyaient arriver un autobus, ils vont, ils s

10:52
Locuteur

'en

10:52
Invité

viennent visiter l'usine. Des voleurs de jobs, le syndicat ne voulait pas être mêlé dans cette affaire-là. On n'avait pas les ressources techniques pour être capables de gérer deux usines.

11:03
Locuteur

C

11:03
Invité

'était bien beau de dire, on avait atteint une rentabilité économique, mais c'était excessivement fragile. Donc, tout était à la faire pour consolider ça.

11:12
Locuteur

Il faut

11:12
Invité

dire que Pinatel avait été acheté pratiquement en situation de faillite. Donc, tout était à la faire aussi.

11:18
Locuteur

C

11:18
Invité

'est bien évident que là, le petit peu qu'on avait réussi à ramasser, on l'a tout mangé avec Pinatel. Puis les résultats de ça, bien là, le trichophile est rentré dans une grosse crise économique.

11:30
Locuteur

Puis

11:30
Invité

finalement, ça a été incapacité de compléter. On continuait à payer l'hypothèque. Puis les taxes situées à Saint-Jérôme, on avait une hypothèque. On dépasse 100 000 $.

11:45
Locuteur

Il

11:45
Invité

y avait des actifs au-delà des millions. Ça avait été des évaluations indépendantes.

11:49
Locuteur

Ça

11:49
Invité

avait été fait là-dessus. Des jardins. On a projeté de Thierry-en-Pleuille. d'une façon élégante de se tirer puis de nous casser les reins.

11:59
Locuteur

Puis

11:59
Invité

après ça, la ville de Saint-Jérôme, eux autres, ils en ont profité pour l'incapacité de payer des taxes. Puis là, c'était un groupe de promoteurs d'une dizaine d'hommes d'affaires de Saint-Jérôme.

12:12
Locuteur

Ils

12:12
Invité

ont formé un regroupement entre eux autres puis ils ont porté l'acquéreur de tout ça pour les boucher de pin.

12:28
Locuteur

L

12:29
Invité

'expérience de trichophile s'est terminée en 1982. Le travail, proprement dit, dans l'usine, on peut dire que c

12:38
Locuteur

'est

12:38
Invité

en 1981. Parce que de partir de fin 1981, même milieu 1981, il n

12:46
Locuteur

'y

12:46
Invité

avait à peu près plus rien qui se faisait à l'intérieur de l'usine. La coopérative en 1982, elle a été liquidée. Dans ce sens-là, c'est une fin triste.

12:55
Locuteur

Tu

12:56
Invité

as le droit de faire faillite. Ce n

12:58
Locuteur

'est pas

12:58
Invité

un crime, c'est loin d'être un crime. Le patronat de faillite est à la cage de jour puis il n

13:02
Locuteur

'y a

13:02
Invité

pas personne qui s'énarbre. Mais est-ce qu'on peut faire faillite différemment en ayant encore des choses humaines puis qui permet à un groupe de ne pas se sentir abandonné. Puis ce

13:14
Locuteur

qui

13:14
Invité

a peut-être été le plus dur à vivre, la fin tragique de trichophile, c'était la façon que ça s'est faite. C'est une assemblée quasi d'informations un soir, puis voter, puis ça vient de finir là, puis aller visant chez vous, on ne

13:34
Locuteur

se

13:34
Invité

revoit plus, on ne sort pas de plus, puis c'était point de la ligne. Malgré les déchirures humaines qu'on a eues entre nous autres, il y avait un fond d'une vision commune qu'on a partagée jusqu'à la fin. Et après ça, on a véhiculé dans nos propres milieux. Puis moi-même que j'ai véhiculé, évidemment, par la suite, au regroupement des coopérateurs, coopératrices du travail.

14:02
Locuteur

Quand

14:02
Invité

le PQ a pris le pouvoir, en 76, en 77, s'est créé cette première table de concertation-là pour commencer à se donner un outil de rassemblement pour les coopératives de travail. Et on se rencontrait, on était à 12, 15, alentour de cette table-là, qui venait de partout du Québec, des leaders dans leur milieu, aussi passionnés que moi-même je pouvais l'être. On s'est rendu compte à ce moment-là qu'on avait les mêmes problèmes, même si on n'était pas dans des mêmes secteurs d'activité.

Donc, cadre juridique inexistant, outil de formation à peu près inexistant, la promotion du modèle auprès des partenaires, auprès du public en général, tout ça, la concertation du mouvement, il n'y avait pas de mouvement, des coopératives de travail. Donc, ça a été à peu près ces 3-4 grands axes-là qui ont été identifiés et

14:58
Locuteur

qui

14:58
Invité

vont se développer, mais c'est à partir des échanges avec des personnes comme Pierre Moroy, Jean Parizeau, Louise Payet, qui s'est joint à nous autres, qui vont aussi adhérer à ce modèle-là pour développer les coopératives de travail, que ça va nous conduire après ça, avec l'implication du gouvernement, une table de concertation, un début de mouvement, puis il

15:29
Locuteur

y a

15:29
Invité

une loi, des lois qui vont s'adapter.

15:32
Locuteur

La

15:33
Invité

question du financement, j'ai oublié de le mentionner tantôt, mais c'était un air de la guerre. Avoir un capital de risque prêt à investir ou des prêts de risque prêts à investir dans ces projets-là qui semblaient peut-être moins porteurs, si tu le regardais avec la lunette traditionnelle du système du capitalisme, mais qui était très porteur comme moyen de contrôle de notre milieu, de développement local qu'on parle aujourd'hui, qu'à l'époque, on n'avait pas nécessairement ce thème-là. Et ça, c'était vraiment le pilier, disons, le pivot. Et Tricophile a été un des grands instigateurs de mise en place de tout ça.

16:14
Locuteur

Là,

16:19
Invité

on arrive dans les années 80,

16:22
Locuteur

au

16:22
Invité

regroupement des coopérateurs, coopératrices du travail. On arrive à une époque où

16:27
Locuteur

il

16:28
Invité

y

16:28
Locuteur

a

16:28
Invité

des outils qui se mettent en place. Un volet qui manquait beaucoup, c'était le volet de soutien technique au démarrage. Donc, d'avoir des personnes qui avaient une formation

16:39
Locuteur

pour

16:40
Invité

être capables d'emmener un groupe de personnes à développer un plan d'entreprise de coopérative. Et qu'est-ce qu'il y a de particulier le plan d'entreprise de coopérative, c'est que tu as un volet économique que tu ne changes pas tellement par rapport à un plan d'affaires. Tu as une rentabilité à atteindre,

16:57
Locuteur

tout

16:57
Invité

ça. Sauf que tu peux l'atteindre différemment. Mais, tu as un autre côté, c'est le côté social. Donc, toute la question d'organisation de la coopérative, le partage des bénéfices, le ci, le ça, tout ce que tu veux. Et là, on disait, ça prend des ressources des consultants, des ressources techniques

17:17
Locuteur

qui

17:18
Invité

connaissent c'est quoi la coopérative, c'est quoi l'entreprise autogérée. Enfin, donc, on disait, il faut former

17:24
Locuteur

des

17:25
Invité

groupes conseils

17:27
Locuteur

qui

17:27
Invité

vont accompagner un groupe qui veut démarrer en coopérative de travail.

17:33
Locuteur

Et,

17:33
Invité

on a toujours dit que c'était le rôle de la fédération,

17:38
Locuteur

de

17:39
Invité

la future fédération, à mettre sur pied des coop de travail, d'avoir sur sa responsabilité, ces conseillers techniques-là, qui étaient en lien avec des fédérations pour soutenir, pour le démarrage, la création des coopératives d'habitation, les coopératives funéraires, ici, les autres.

17:57
Locuteur

Bon. Mais

17:58
Invité

là, quand tu arrives en 1985, ton nouveau sous-ministre est issu de nos reins.

18:04
Locuteur

Donc,

18:05
Invité

on partageait cette vision-là commune.

18:07
Locuteur

Mais,

18:07
Invité

lorsqu'il a été nommé sous-ministre, à la surprise générale, il nous a annoncé que le développement qu'il était pour proposer serait un développement non pas à partir de la fédération des coopers de travail, mais que c'était une créature que le ministère était pour créer. Donc, c'est un réseau conseil qui est devenu par après les CDA et les coopératives régionales de développement. un réseau financé en grande partie par l'État. Après, une autre approche qui était plus

18:38
Locuteur

régionale,

18:40
Invité

mais le plan d'affaires

18:43
Locuteur

se

18:43
Invité

devait beaucoup être très viable dans son potentiel avant son démarrage. Le mode de financement des CDA reposait en grande partie sur le nombre d'emplois créés pendant l'année. On nous a invités à ce moment-là à se saborder.

19:00
Locuteur

On

19:00
Invité

a parlé avec notre conseil d'administration et on a dit qu'on ne s'aborde pas.

19:05
Locuteur

On

19:06
Invité

a gardé notre organisation en place.

19:08
Locuteur

On

19:08
Invité

a continué à travailler en accord avec le CDR pour mettre en place la fédération des coopers de travail. Après, on a pris la décision de continuer commune de façon autonome au niveau du regroupement.

19:22
Locuteur

C

19:22
Invité

'était deux approches totalement différentes. Il y avait une approche qu'une autre on développait au niveau de la table de consultation qui devient le regroupement qui était plus une approche locale, on va dire, de développement, d'accompagnement, de soutien au démarrage puis après le démarrage. Et qui a vu naître justement tout un réseau d'économie sociale qui a commencé à se reconnaître dans un autre type d'économie.

19:48
Locuteur

Et

19:48
Invité

c'est dès qu'on met en place, il y

19:51
Locuteur

a

19:51
Invité

tout un type de réflexion sur l'économie qui s'est développée et aujourd'hui, c'est le chantier d'économie sociale. Quand le réseau des CDR avait été créé, le sous-ministre à l'époque aussi avait mis en place des groupes conseils spécialisés. Un au niveau syndical, au niveau de la CSN qui les emmenait à créer le fonds d'action qui est très impliqué au niveau de toute la question du développement de l'économie sociale, du développement local.

20:22
Locuteur

Si

20:23
Invité

on s'était sabordé, on n'aurait peut-être pas eu la même façon de cette dynamique-là.

20:27
Locuteur

Parce

20:28
Invité

qu'on a toujours été la table qui permettait à du monde qui croyait à un modèle comme nous autres de se retrouver pour aboutir à des résultats comme la mise en place d'un chantier d'économie sociale puis d'un fonds

20:39
Locuteur

d

20:39
Invité

'action de la CSN. Moi,

20:41
Locuteur

je

20:41
Invité

me rappelle après la création du fonds

20:43
Locuteur

d

20:43
Invité

'action qu'on avait des rencontres régulières à peu près au moins une demi, deux mois pour réfléchir sur un fonds risque pour des promoteurs qui n'avaient pas d'argent

20:55
Locuteur

à

20:56
Invité

mettre dans le projet mais que voulaient soutenir. Et puis, c'est à quoi les conditions d'accompagnement dans ces cas-là puis ce que c'est que tu veux.

21:07
Locuteur

Au

21:08
Invité

niveau du regroupement, quand on accueillait un groupe, je me rappelle Michel Bouchard, il faisait l'accompagnement les dernières années, j'étais là. Avant de commencer à travailler le plan d'affaires, de regarder les chiffres, même pas les plans d'affaires, mais de regarder les chiffres avec un groupe, il regardait le portrait social, le portrait humain du groupe. Et là, en règle générale, ça désassonnait le monde complètement parce qu'eux autres, je suis heureux, ils arrivaient avec une préoccupation de plan d'affaires, tout ce que c'est que tu veux, des chiffres, puis tout ça, puis il va se faire mettre ça en ordre puis un petit petit.

Et là, Michel, lui, il passa un deux heures avec eux autres. Moi-même, j'ai eu l'occasion d'en faire aussi. Donc, c'est quoi les forces que vous avez à l'intérieur du groupe

21:47
Locuteur

?

21:49
Invité

C'est quoi vos tâches

21:51
Locuteur

que

21:51
Invité

vous voulez mettre en place

21:52
Locuteur

? C

21:53
Invité

'est quoi les forces que vous avez pour répondre à ces tâches-là ?

21:55
Locuteur

C

21:56
Invité

'est quoi qui vous manque

21:57
Locuteur

? Comment

21:58
Invité

vous allez chercher les forces qui vous manquent? Bon, grosso modo, vous connaissez depuis combien de temps, puis toute l'affaire.

22:08
Locuteur

Et

22:08
Invité

là, on les amenait à comprendre, de dire, si vous voulez donner une chance que votre coopérative de travail fonctionne, il faut que vous répondiez à ces questions-là avant que vous répondiez à vos chiffres. Parce que si vous ne les avez pas, si vous n'avez pas cette fusion-là humaine entre vous autres, il n

22:28
Locuteur

'y a

22:28
Invité

pas de réussite possible dans le coop,

22:30
Locuteur

il

22:30
Invité

y

22:30
Locuteur

a

22:30
Invité

du monde qui se sont levé là-bas, puis ils sont vraiment formés en coopérative.

22:34
Locuteur

Puis

22:34
Invité

pour nous autres, ce

22:35
Locuteur

n'est

22:35
Invité

pas un échec. Il y en a, on a scandalisé, je vais dire, mais moi, quand je suis là de la réunion, puis qu

22:42
Locuteur

'on

22:42
Invité

m'appelait deux, trois jours après, puis on me disait à M. Boucher, puis là, en règle générale, la personne était tout croche au téléphone, puis elle ne savait pas comment aborder ça, pour dire qu'après la décision, ou ils ont pris la décision, il n

22:54
Locuteur

'y a

22:54
Invité

pas de tapons coopératives de travail. Donc, ça nous fait de la peine, mais tant mieux, dans le sens, on ne

23:00
Locuteur

vous

23:00
Invité

déchirera pas au bout de six mois ensemble, puis tout ce que c

23:03
Locuteur

'est

23:03
Invité

qu

23:03
Locuteur

'on

23:03
Invité

veut.

23:08
Locuteur

Un

23:09
Invité

autre mandat que le regroupement avait, et le dernier mandat, important aussi, c'était toute la question de l'éducation coopérative, mais particulièrement au niveau des jeunes, au niveau des adolescents.

23:19
Locuteur

Et

23:21
Invité

ça, ça l'a amené à accueillir au Québec un promoteur qui avait développé un modèle de coopérative jeunesse de service, en Ontario, francophone,

23:30
Locuteur

au

23:32
Invité

début des années 80, et Louis Grenin. Et Louis, il est venu nous rencontrer au regroupement, à l'initiative de notre président de l'époque, Alain Brideau, et il est venu nous proposer le modèle coopérative de jeunesse de service, donc il s'adresse à des étudiants, de 14 à 17 ans, il s'adresse toujours, parce qu'il est au rôle opérationnel, et qu'il se crée un emploi d'été dans le cadre d'une coopérative jeunesse de service. Évidemment, la coopérative n'a pas de cadre juridique, mais il vit l'expérimentation d'une coopérative.

24:07
Locuteur

Il

24:07
Invité

prend des décisions humaines, des décisions économiques, etc. Il offre le service, des menus travaux, tout ça. C'est un modèle qui s'est développé, et d'année en année, les dernières années,

24:19
Locuteur

il

24:19
Invité

y

24:19
Locuteur

avait

24:19
Invité

toujours une centaine de communautés locales à travers le Québec, et les dernières nouvelles, en cours de deux ans, on m'a dit qu'il continuait au même rythme à se développer. Et ça, c'était, à mon point de vue aussi, un élément important pour faire l'éducation coopérative auprès des jeunes. Mais quand je parlais tantôt de, finalement, qu'on n

24:44
Locuteur

'est

24:44
Invité

plus la décision de maintenir le regroupement sur ces rails, malgré les difficultés, je pense que dans ce sens-là, ça l'a marqué vraiment dans ce cadre-là. Et le CJS a été un point de reliement, je dirais, à l'entour du regroupement, encore plus grand que l'accompagnement auprès des démarrages de coopératives de travail.

25:08
Locuteur

Et,

25:09
Invité

finalement, il y

25:10
Locuteur

a

25:10
Invité

eu le sommet jeunesse qui s'était tenu en l'an 2000, et qui a amené la création d'un fonds jeunesse, en partenariat entre le fonds de solidarité de

25:20
Locuteur

l

25:20
Invité

'AFTQ,

25:20
Locuteur

puis

25:21
Invité

le gouvernement du Québec. Et fonds qui existent aujourd'hui,

25:25
Locuteur

et

25:25
Invité

qui permettent de financer une bonne partie du salaire des animateurs. Pour le moins, c'est quelque chose de bien positif.