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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 février 2026 43 min

Municipales : des maires démunis face au narcotrafic

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

ouvre le second débat de ce sens public débat thématique. Vous le savez, on est maintenant à quasi un mois des municipales. On a fait les transports, la santé, l'environnement se demande quels sont les pouvoirs des mères pour lutter contre le narcotrafic dans certaines villes.

On va prendre tout de suite l'exemple des Chiroles. C'est devenu le thème [musique] central de la campagne. Reportage ener signé.

Fabien RERP de patrouille pédestre, secteur centreville. C'est une patrouille de routine pour ses agents de la police municipale deschirol. Dans cette ville de l'agglomération grenobloise, connu pour être en proie au narcotrafic, il s'agit d'occuper au maximum le terrain.

On effectue des passages, on sécurise les sorties d'école en zone sensible, on fait éteindre les bras zéro qui malheureusement sont liés certainement et probablement à une activité de narcotraafiquant. Si ces policiers municipaux veillent comme ils le peuvent à la tranquillité des habitants, la lutte contre les narcotrafiquants ne relève pas de leurs compétences mais de celle de l'État. Ça c'est le un des courriers de réponse d'Emmanuel Macron.

C'est un des courriers de réponse de Bruno Rotaillot. Depuis plusieurs années, la MRE communiste Amandine de Mor demande justement à l'État un commissariat de plein exercice pour Échirol dans une agglomération déjà sous-dotée en policier et marquée par les règlements de compte sur fond de trafic. Je souhaite le retour de la police de proximité parce que aujourd'hui ils œuvrent en sous-effectif.

On a une police qui est d'intervention qui n'a pas le choix d'autre choix que d'être une police d'intervention. Et moi, je souhaite qu'on ait des des moyens dédiés au territoire en nombre. Dans sa lutte contre les trafiquants, madame la Mire a tout de même obtenu une victoire, la fermeture en 2024 par un arrêté de cet immeuble situé en plein centre-ville qui servait de plaques tournantes pour les dealers.

On vivait une situation là en plein cœur du centre-ville des Chirol qui était juste plus possible avec des tirs d'armes à feu au petit matin. On a eu un blessé par balle à Chirol. Le thème de la lutte contre le narcotrafic écrase tous les autres dans la campagne pour l'élection municipale.

Bonjour mesdames. Bonjour Laticia Rabi. Je suis à tête de liste vivre uni à Échirol à toute proximité des écoles d'échiroles d'î des points d'î qui ne sont pas démentlés.

Investi entre autres par le PS et place publique, Latitia Rabi a choisi de rompre l'alliance entre socialiste et communiste à Échirol, critiquant l'action de la mère dont elle est pourtant encore l'adjointe. Dans une ville qui est devenue hors de contrôle, les moyens doivent être mis et ils doivent être mis de façon conséquente. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

Notre liste en fait propose dès 2026 par un redéploiement des priorités budgétaires de mettre 500000 € de plus sur la sécurité. En plus de la mer sortante, Latitia Rabi affrontera un candidat LFI allié aux écologistes, une division à gauche dont veut tirer profit le candidat du Rassemblement national. À seulement 21 ans, Enzo Billon vit sa première campagne axé à fond sur le thème de l'insécurité.

Juste derrière, si vous allez derrière les bâtiments là, vous aurez un point de île. Il a des points d'île qui sont un petit peu de partout, même en plein centre-ville de Chirol, il y a aucun quartier qui est épargné aujourd' par le narcotrafic. La mer a des pouvoirs de police administrative qui sont importants et une police municipale qui est largement sous effectif aujourd'hui et qui donc ne permet pas de faire reculer ce narcotrafic à Chirol.

Donc oui, madame Dem est une très bonne communiquante mais aujourd'hui sur le terrain et dans la réalité du quotidien des échurlois, on ne voit pas forcément d'amélioration au sujet du narcotrafic. Face à ses détracteurs, madame la Mire rappelle ses investissements pour déployer la vidéosurveillance dans la ville. Amandine de mort qui a vu son véhicule incendié dans la nuit du 12 au 13 janvier.

Pour l'élu, il s'agirait bien d'une tentative d'intimidation de la part des narcotrafiquants. Desmaer parfois menacé, on vient de le voir, démuni souvent face au narcotrafic. On est en débat avec Étienne Blanc.

Bonsoir. Bienvenue. Vous êtes sénateur à l'air du Rô, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire justement sur le narcotrafic. en 2024 Marie Geoffrey Rouside, bonsoir bienvenue à vous aussi, sociologue, politiste, directrice recherche à l'interm l'Institut national de la santé de la recherche médicale, Bris Sole.

Bonsoir. Bonsoir. Bienvenue à vous.

Vous êtes politologue, essayiste et co-auteur avec Frédéric Dabre L'écharpes et les tempêtes publiées aux éditions de l'aube et Michel d'Armont évidemment resté à mes côtés, littoraliste pour pour sens public. On va peut-être commencer par le constat. Euh monsieur le sénateur Ettien Blanc, que pèse le narcotrafic aujourd'hui en France ?

Si on parle peut-être presque de budget d'argent, si on parle de budget, enfin il y a deux chiffres moi qui m'ont impressionné dans les travaux que nous avons menés avec Jérôme Durin pour en casadre de cette commission d'enquête sénatoriale. Le premier c'est le chiffre d'affaires. C'est assez curieux quand on a commencé à travailler sur le sujet en 2023 environ 6 milliards.

Aujourd'hui tout le monde est assez d'accord pour dire que c'est 7 milliards voir même un peu plus. Ça veut dire que ça s'accélère. Les quantités de cocaïnes commercialisées prennent des proportions et le deuxième chiffre qui m'a beaucoup impressionné, ce sont les 25000 personnes en France qui vivent partiellement ou totalement du narcotrafic.

Un petit job pour un gamin qui va surveiller, siffler, contrôler, qui va transporter à 100, 150 € par jour. Il fait ça trois ou quatre fois par semaine. Et puis celui qui est en en fait son activité essentielle.

Ouais. Donc ces deux chiffres combinés euh nous font tourner la tête. H avec effectivement Marie-Joffrè aussi de la place de la cocaïne.

Quel mot vous vous employez pour en parler une déferlante ? Est-ce que c'est un peu fort pour dire pour pour dire alors moi en tant que scientifique, je vais plutôt parler d'une augmentation importante euh mais c'est un produit dont la consommation a été multipliée par 10 ces 30 dernières années. Donc oui, on a une augmentation très importante et surtout la nouveauté c'est que c'est une augmentation très importante dans toutes les catégories sociales parce que et dans tous les territoires qu'il soi urbain ou ruraux parce que le prix a considérablement baissé et l'accessibilité de la cocaïne est beaucoup plus importante qu'auparavant.

On a vu des points d'î ouvrir plus tôt le matin pour que des gens qui partent au travail parfois sur des chantiers puissent puissent trouver la cocaïne quoi. C'est effectivement on est très très loin de l'image du du du bourgeois fétard quoi pour systématiser. Tout à fait.

Puis les trafiquants ont le sens du commerce donc en fait ils s'adaptent, ils font en sorte d'élargir leur marché et donc en fait on observe aussi une ubérisation du trafic. Auparavant, les gens devaient se rendre sur des points d'î pour aller acheter, ce qui pouvait faire hésiter certaines personnes. Maintenant, les produits viennent au consommateur.

Ouais. Et si on regarde les les les thèmes qui vont jouer un rôle déterminant dans cette euh campagne, dans ces campagnes municipales, la sécurité vient de loin en tête avec euh 76 % des euh des réponses à un baromètre ifop pour la tribune dimanche. Ensuite, on a gestion, propreté, soins et santé et puis le narcotrafic qui rentre dans la sécurité mais qui arrive euh lui aussi dans cette liste des des thèmes principaux.

On vient de voir Brisocol, on a une maire communiste à Ichirol et et une candidate elle-même issue de la gauche demandait plus de moyens. Est-ce que c'est encore un sujet de clivage d'après vous ? Alors, c'est intéressant ce que vous dites parce que dans l'ouvrage qu'on a coécrit avec Frédéric Dab voilà, on en a tiré quelques conséquences.

La première, on l'a écrit il y a quelques mois, on a interrogé de nombreux mères et c'est vrai que la la première des observations, c'est que il y a plus de clivage droite gauche sur la thématique de l'insécurité ou de la sécurité. Deuxièmement, comme le disait justement madame, cette thématique de l'insécurité, elle est à la fois elle était avant dans les quartiers populaires, puis dans les métropoles, puis dans le périurbain et aujourd'hui, on la trouve également dans le rural. Juste une parenthèse, il y a un un symbole l'affaire de Crépole, je sais pas si vous souvenez du petit Thomas qui a vraiment marqué des esprits et symbolique.

Ça a été pour beaucoup de gens l'entrée de l'insécurité de manière symbolique dans les campagnes. Euh on est dans une fête de village et c'est vrai qu'il y a, je vais simplifier mais des jeunes plutôt issus de banlieu qui débarquent bagarre et la mort de ce de ce jeune absolument. L'insécurité s'est perçu aussi par une majorité de Français comme l'impuissance des pouvoirs publics.

À force, quand vous avez des forces de l'ordre, des pompiers, des ambulanciers qui sont euh voilà qui sont qui sont sujets à ces à cette insécurité et c'est le sentiment pour beaucoup de Français que l'État recule et à travers ces ces symboles là. Et et enfin, il y a une notion qui devient qui apparaît beaucoup dans les dans les métropoles aujourd'hui un peu genré de l'insécurité. C'est-à-dire que les femmes sont se sentent se ressentent principalement les victimes de cette insécurité.

Et donc de cette insécurité, comme il a été dit préalablement par monsieur le sénateur et dans son rapport c'est c'est très très clair, on a substitué le mot insécurité au mot trafic de stupe au mot narcotrafic. Le cette sémantique du narcotrafic ça devient l'insécurité, c'est le narcotrafic. Absolument. et s'inscrit vraiment à travers ce mot dans la campagne des municipales.

Allez. Alors, on va on va voir euh et se poser la question de du pouvoir des mes qu'ils peuvent faire ou ne pas faire d'ailleurs face à ce narcotrafic et je vous propose d'écouter une habitante habitante d'Alè. Alors, elle témoigne anonymement, elle vit en face d'un point deal et elle interpelle son mère.

Et le bol, moi je ramasse tous les à 5h du matin les poubelles. Le balayur, il veut venir nettoyer et les gens il en r le bol. On paye des charges, on paye tout et et le soir, il y a des coups de feu.

J'avais vu les trois qui sont tués dans la piscine au près Saint-Jean et Nar bol. Si le maire il veut faire quelque chose et s'il veut que le maire en boîte pour lui dans le quartier, faut éradiquer ce problème hein. Voilà, il témoignait 4 jours après le des tirs qui avaient causé le décès de d'un habitant du du quartier d'un quincagénère.

Que quels sont les pouvoirs du maire ? Étienne Blanc. Alors, d'abord et il faut rappeler que la lutte contre le narcotrafic, contre cette criminalité, c'est une responsabilité de l'État qui s'est organisé un peu mieux après la loi que nous avons adoptée, hein.

C'est notamment le parquet national, l'anticinalité organisée. Mais dans ce texte aussi, nous nous avons donné quatre possibilités nouvelles ou développé quatre possibilités. La première, c'est les interdictions de paraître.

Une décision administrative sur un point deal, vous interdisez. Dit oui, mais il faut contrôler. Oui, il faut contrôler.

Mais c'est quelque chose de plus que l'on peut faire et aujourd'hui les services de police, les préfectures nous disent "C'est assez efficace." Ils s'en sont emparés très vite bien sûr. La deuxième chose, ce sont les ruptures de beau.

Une famille de narcotrafiquants est installée quelque part. On demande au préfet de saisir le tribunal d'instance pour que le bail soit rompu et la jurisprudence aujourd'hui est assez favorable hein du trafic démontré. On ront assez facilement un bail.

La troisème chose, c'est l'échange de renseignement. Celui qui connaît sa ville, c'est le maire directement par son conseil municipal mais aussi par sa police municipale. Il a des informations, il doit recevoir des informations de la part des services de l'État, notamment du parquet quand il y a des poursuites, mais il doit aussi en donner.

Et les maires le souhaitent ça, hein. Ils veulent absolument que comment dirais-je le l'information circule quoi. Et puis le le 4è sujet, c'est la lutte contre le blanchiment.

Et là, les maires ont une responsabilité importante, c'est la fermeture des fonds de commerce qui sont des blanchisseuses que l'on connaît, hein. Une activité déclarée qui n'est pas du tout l'activité réelle, c'est on déclare un chiffre d'affaires avec de l'argent en espèce, on le porte à la banque et puis ensuite cet argent est blanchi et c'est considéré comme un chiffre d'affair absolument et ça le maire a le pouvoir de fermer ses échaves. Le maire a la possibilité de le faire.

Enfin, il saisit le préfet, il administrative. Mais ce sont des possibilités euh nouvelles très clairement. S'il y en avait eu d'autres avec Jérôme Durin, vous en sera emparé.

Ouais, effectivement. Alors, il y a aussi euh Brisocool la question de la vidéosurveillance et c'est intéressant parce que effectivement, elles se sont généralisées. Oui.

D'ailleurs, quels que soient les là aussi la couleur politique de euh du du maire. Mais alors avec la question c'est jusqu'où on va dans la vidéosurveillance, son utilisation, les moyens parce qu'elle progresse la vidéo surveillance. lors des dernières municipales un peu un peu après en 2022, il y avait une altercation entre Gérald Bermanin et Grégorie Dous à Lyon sur justement le déploiement des caméras et la nécessité de déployer ou pas des caméras.

Aujourd'hui, depuis 2024, la majorité des collectivités ont de la vidéo protection. Voilà, c'est devenu voilà une réalité dans la majorité des communes françaises. Et aujourd'hui, de la vidéo protection, on passe à l'hypervision. ou c'est la deè étape.

L'hypervision c'est quoi ? C'estàd que vous avez une caméra évidemment vous pouvez regarder tout ce qui est lié à la délinquence et à l'insécurité mais vous pouvez y pluguer des capteurs de pollution, des dispositifs d'éclairage, des détecteurs d'incendie et cetera. Donc ça veut dire que le la caméra devient vraiment un outil polyvalent au service des citoyens et nos concitoyens, pas uniquement sur le volet purement sécuritaire mais sur dans d'autres domaines.

Et la troisième étape qui a été expérimentée pendant les les Jeux Olympiques, c'est ce qu'on appelle la vidéosurveillance algorithmique. Ça a été expérimenté pendant les GO. Je crois savoir qu'il y a une décision du Conseil d'État qui pour l'instant dit nous n'y sommes pas totalement favorables.

Ça n'a pas encore fait ses preuves. Donc peut-être allons-nous vers de l'expérimentation dans les dans les mois et les années à venir sur cette thématique là. Mais on voit bien que progressivement cette demande c'est pas les maires qui comme ça qui se réveillent un jour un matin en disant je vais mettre de la vidéo protection.

C'est une une vraie vraiment préoccupation, une vraie demande de nos concitoyens à l'échelle de la proximité, à l'échelle de leur maison, de leur rue, de leur quartier. D'ailleurs, la police de proximité, c'était ce ce dont parlait la la maire des des Chiroles tout à l'heure dans notre reportage. Est-ce que il y a là parce que police de proximité, ça ça nous ramène à une à une époque avant Nicolas Sarkozy qui avait fait campagne en disant "Les policiers sont pas là pour jouer au foot avec les avec les gamins Enfin bref, il y a il y a c'est un peu un marqueur politique quand même la question de la police de proximité.

Est-ce que puisqu'on s'est dit finalement tout le monde s'y met à la sécurité, à vouloir le trouver des moyens de lutter contre le narcotrafic. Est-ce que vous voyez là quand même des différences ? Alors moi en tout cas ce que ce que je vois sur la question de la police de proximité c'est qu'en fait les habitants des quartiers populaires demandent le retour de la police de proximité.

Amine Kessassi par exemple qui est une figure importante de la lutte contre le narcotrafic dans son discours met au centre cette question de la police de la proximité en disant que c'est important que les quartiers populaires qui ont été abandonnés ces dernières années et au sein desquels un certain nombre de trafiquants recré du lien social, il est important que la police de proximité soit présente. Il est important aussi qu'il y ait des investissements publics qui soient réalisés dans ces quartiers populaires pour éviter que le trafic de drogue devienne une option pour des jeunes. Et ce que je trouve important, enfin intéressant moi dans le le témoignage là qu'on vient d'entendre, c'est qu'en fait dans les discours récents du président de la République, on a beaucoup entendu des discours sur la responsabilité des consommateurs dans le trafic mais très peu de discours sur la responsabilité de l'État et la responsabilité des pouvoirs publics, que ce soit au niveau local et au niveau national.

C'est pour ça que je trouve ça très intéressant qu'on puisse le poser aujourd'hui ici dans les témoignages qu'on entend et dans notre débat puisque'en fait le trafic de drogue, il est aussi lié à la responsabilité de l'État et pour qu'il y ait moins de trafic de drogue, il faut ener qu'il y ait moins de consommateurs et pour qu'il y ait moins de consommateurs, il faut éviter les entrées, c'est-à-dire mettre de l'argent pour la prévention et faire en sorte qu'il y ait plus de sortie, mettre de l'argent aussi pour le traitement. aussi une politique de santé publique. Est-ce que j'entends peut-être un mot là-dessus Étienne Blanc votre votre avis ? travaux et nous nous sommes concentrés sur la lutte contre le narcotrafic comprendre comment fonctionne l'entreprise criminelle et de la base jusqu'à l'organisateur qui souvent est à l'étranger.

Donc ça a été l'essentiel de nos travaux avec un dispositif pénal, les repentis, les infiltrés et puis un dispositif administratif comme je l'indiquais tout à l'heure. Mais avec Jérôme Durin, nous avons volontairement exclu la question de la consommation. Pourquoi ?

Parce que si on faisait rentrer la question de la consommation dans le débat, immédiatement se posait la question de la légalisation du cannabis. Et là, il y a des avis contraires. Nous souhaitions avoir un rapport adopté à l'unanimité de notre commission et ensuite une loi adoptée à l'unanimité.

Si on avait eu cette question de la consommation, ça n'aurait pas été le cas. Mais quand nous avons terminé nos travaux, nous l'avons dit partout. Nous l'avons expliqué à des ministres.

Il faut maintenant un deuxè volet à mon avis, il doit être initié par le par le Sénat, hein, la dernière assemblée parlementaire dans laquelle on arrive encore à se parler. Voilà. Donc ça serait très très bien que ce soit au Sénat qu'on prenne cette initiative et je vous cache pas qu'aujourd'hui on a fait quelques propositions.

J'espère qu'elles vont prospérer. Ouais. Vous parliez de DAIN Kessassi, militant écologiste, militant à Marseille, qui a choisi de s'engager hein dans dans la campagne sur la liste de du maire sortant Benoît Paillant.

Voilà ce qu'il disait le jour où il a officialisé sa candidature. Elle m'est traversé qu'une seule fois. Qu'est-ce que je veux faire pour ma ville ?

Qu'est-ce que je veux faire pour Marseille ? Et ça c'est évident. Je veux m'engager.

Je veux porter des choses. Je veux être au côté de celles et ceux qui font. Et puis sur la question de la peur, de quoi voulez-vous que j'ai peur ?

On a déjà tué mon petit frère. On a déjà assassiné et brûlé, calciné mon grand frère Brahim. Pourquoi voulez-vous que j'ai peur ?

Voilà, Amine Kessassi. Donc sur la liste du maire sortant, je cite les autres candidats. Franck Alisio pour le Rassemblement national, Martine Vassal pour la droite divers droite, Sébastien Deel de Logu pour les insoumis, Réy Batzeli, Lut ouvrière, Erwan Davou et Victor Hugo Espina sans Espinoza pardon sans sans étiquette.

Je je reviens quand même sur cette idée de police de proximité parce que là on est dans les pouvoirs du maire Bris Sool et quand même moi je trouve que ça met un petit coin sur dans l'analyse que vous nous donniez tout à l'heure sur le fait qu'il y avait plus vraiment de clivage gauche droite sur la la façon d'appréhender la lutte contre le Nartirafic ou plus généralement la thématique il y a une réalité c'est que les citoyens qui habitent dans une ville de droite ou de gauche veulent aujourd'hui plus de sécurité ça c'est une réalité après sur la la méthode et les moyens d'y arriver ça peut diverger Quand je discute avec des élus de sensibilité écologique, parfois même socialistes encore aujourd'hui, ils me disent "C'est pas à nous [rires] maire d'assumer le rôle de l'État en matière de sécurité." Mais c'est philosophique, ça peut se défendre parce que un maire un maire son rôle juridiquement c'est la tranquillité publique. L'État c'est la sécurité publique.

Et on en revient à ce que vous disiez préalablement, c'est que le les deux sujets qui intéressent le plus les Français aujourd'hui, la sécurité, service public, santé. C'est des sujets sont des sujets régaliens qui appartiennent à l'État et donc il faut il va falloir les maires ne veulent pas se se être les responsables d'une défaillance des politiques nationales. C'est ça le sujet aujourd'hui et les mères sont pris en état entre un état défaillant et des citoyens de plus en plus exige et donc c'est très difficile d'arriver pour eux à à se situer.

Sachant que la sécurité, on parle aujourd'hui, je pense que vous vous l'avez vous l'avez traité dans le sujet, c'est [rires] le le la thématique de de continuité de sécurité et et en matière de santé, c'est pareil. Je veux dire, l'État, les collectivités, les associations doivent travailler ensemble sur ces deux sujets de manière complémentaire. Alors euh on on va parler maintenant de pression euh de la sécurité des maires ou même des candidats dans cette dans cette campagne municipal de euh deux interrogations de nos téléspectateurs, téléspectatrices Géraldine euh qui nous écrit de la Rock Gajac.

Si les maires sont vulnérables, est-ce qu'on ne devrait pas repenser complètement leur protection, les moyens mis à leur disposition ? Premier élément, Frédéric qui lui écrit de Levallois Peret. Si un maire veut agir contre un point de d, comment peut-il être sûr qu'il ne sera pas menacé ? ou corrompu par les trafiquants.

Ça rejoint ce que le ministre de l'intérieur nous disait ce matin même sur notre antenne, il était face à Orian Mansignier. On écoute Laurent Nouz. Ça peut être aussi une cible en tant que en tant que objectif d'influence qu'on peut influencer sur un certain nombre de décisions.

Les communes gèrent des décisions en matière d'urbanisme, sont compétentes pour implanter des caméras de vidéoprotection. Voilà, on a tout un tas de décisions qui peuvent gêner les trafics et qui peuvent être prises par les élus. Donc, il faut qu'on soit vigilant à ce que ce ces narcotrafiquants ne fassent pas pression sur les élus ou les futurs élus pour euh les décisions qu'ils vont être amené à prendre et qui pourraient euh venir euh perturber le trafic.

Et et Michaël, vous nous dites que ce narcotrafic est devenu une menace politique. Et oui, et de plus en plus assumée. On assiste bien effectivement à une volonté de prise de contrôle directe ou indirecte de pans entier de politique publique.

Il y a des élus qui en clair ont l'impression de vivre en tout cas de subir une narcosée renforêt. D'accord. D'ailleurs, il faut remarquer la prolifération des séries, hein, sur les plateformes liées au monde justement et à l'activité des narcotrafic.

Et en fait, l'évolution qui se dessine et bien on peut on peut l'appeler comme ça, c'est le risque d'escobarisation de la campagne électorale. Alors, il faut vous expliquer allusion à Pablo Escobar qui était le chef célèbre d'un cartel colombien. Oui, parce que Pablo Escobar, le grand patron effectivement narcotraafiquant en Colombie, n'a pas seulement ordonné d'exécuter des dizaines de journalistes, d'hommes politiques, de de fumenter les attentat, faire sauter des voitures et des immeubles, mais il a aussi financé des écoles, des centres sociaux, accordé des bourses aux étudiants et bref, il était très populaire à Médéine, cette grande agglomération en Colombie au point même qu'il a été un élu et qu'il a eu un parcours politique.

Alors en France, là où l'État recule, on sait le trafic avance. Là où les services publics sont absents, les réseaux et bien s'intensif. Cette escobarisation guête pour la campagne à venir parce qu'elle est déjà installée depuis quelques temps.

On a vu des narcotraafiquants proposer récemment des aides pour les rentrées au moment de la rentrée scolaire, proposer des activités alternatives pour les enfants pendant les vacances scolaires. Bref, il faut le voir en face dans certains territoires, les trafiquants financent déjà, arbitrent, punissent, protègent, il distribuent l'argent, imposent la vie locale. Et résultat évidemment érosion constante de cette autorité démocratique dont on parlait d'ailleurs dans notre premier débat avec une initiative de la commission des comptes de campagne qui reconnaît avec un livret l'acuité du problème.

Et oui et le danger n'est pas simplement la corruption au sens classique qu'on a pu connaître les valises de billets qu'on transmet de manière secrète. D'ailleurs à ce moment-là, il y avait pas d'avertissement officiel. Cette fois euh c'est le système qui euh c'est pas le système qui économie qui s'achèterait les bonnes grâces du monde politique.

C'est une économie illégale parallèle qui vient justement prendre une influence politique. Le narcotrafic on a compris ne s'arrête pas aux frontières sociales. Il infiltre tous les circuits et disons-le en fait maintenant le narcotrafic est désormais un adversaire de la démocratie.

Votre avis Marie Geoffrustite sur ce rôle presque social ou sociétal. Euh on parlait des 250000 personnes qui vivraient euh directement ou indirectement de de du narcotrafic. Bah en tout cas, ce que montrent les études sociologiques, c'est que la question du trafic et de l'influence des trafiquants de drogue, elle elle s'inscrit en fait dans des zones de fragilité et donc en fait pour éviter que les trafiquants prennent la place des centres sociaux, des commerçants ou de l'accompagnement scolaire, mais il faut remettre de l'argent dans les quartiers populaires.

Donc en fait ils vivent de ses failles et donc voilà, je pense que mais là c'est plutôt effectivement au niveau du régalien, il est vraiment important qu'il y a à nouveau une politique de la ville très volontariste et et et c'est vrai que ce qu'on entend aussi beaucoup souvent et ça je voulais le souligner aussi on parle des des des jeunes des guetteteurs dans les quartiers populaires. Généralement, ils ne font pas ce genre de métier par choix. S'ils avaient la possibilité d'avoir du soutien scolaire, d'avoir des trajectoires scolaires comme les enfants en fait de quartier plus favorisés, d'être avocat, médecin, les études sociologiques le montrent.

Il préférait ces métierslà puisqueen fait il y a l'argent facile hein. Même cette dimension là qu'on peut pas gommer quoi. Exactement. il y a l'argent facile, mais par contre euh ils ont tout à fait conscience du fait que c'est un argent facile au prix de leur vie.

Et donc en fait si plus de moyens étaient émis dans les quartiers populaires, plus de moyens sur la prévention, plus de moyens sur l'éducation, on limiterait l'entrée de ces trafics. Voilà, dans toutes ces failles du système. Je veux bien vous entendre là-dessus Étienne Blanc sur le à quel point parce que là vous nous avez donné ce chiffre de 150000 personnes qui vivent de d'une narcotrafic. ce que ce que décrivait Michael à l'instant, c'est ça va au-delà, c'està-dire c'est des actions d'influence, on s'attire les bonnes grâces du quartier et cetera et cetera.

Il y a chose d'abord, on va s'approcher des élections municipales, il y a deux pistes différentes sur lesquelles il faut travailler. La première piste, c'est l'entrisme. On peut faire rentrer un conseiller municipal qui ensuite va donner des informations et cette ce conseiller municipal, il sait bien que que le maire a des responsabilités.

La deuxième chose, c'est la pression. la corruption ça non pas forcément vous êtes candidat vous êtes dans une association voilà moi je suis connu dans un quartier et en même temps vous avez un pied dans le narcotrafic est-ce qu'on en a pardon je je je veux bien qu'on se concentre quelques secondes sur ce premier aspect vous nous développerez le second après mais est-ce qu'on a des preuves de de d'infiltration déjà ou est-ce que pour l'instant c'est une crainte c'est toute la difficulté il faut que les services de renseignement il faut que les services régaliens surveillent cette questionlà hein est-ce qu'il On se présente, il faut parler de quasi judiciaire, mais est-ce qu'il a des liens familiaux avec les réseaux narcotrafiques ? Il faut l'observer, c'est le travail du renseignement.

Bon, donc ça c'est le premier élément. La deuxème chose c'est la pression. Voilà, on fait pression sur Pourquoi on fait pression sur un maire ?

On fait pression sur un maire ou sur un conseiller municipal parce qu'on sait bien que c'est le maire qui installe les caméras. C'est le maire qui décide des rondes de police municipale. C'est aussi le maire qui attribue des logements.

C'est le maire a des responsabilités qui peuvent gêner le narcotrafic. Et ça, pour que le narcotrafic prospère, il faut qu'il soit tranquille. He faut pas qu'il y ait trop de surveillance, faut pas qu'il y ait trop de gêne.

Et les maires peuvent gêner le narcotrafic. Donc voilà pourquoi c'est un sujet à l'approche des élections qu'il faut surveiller de très très prégè. Quand on a rencontré ces magistrats, quand on a eu un contact avec ses magistrats mexicains qui étaient venus en France dans le casre d'un échange avec l'école de la magistrature, ils avaient dit "Non, la France vous êtes pas un narcoétat." Mais attention, il y a toute une série de signes, hein, que nous avons connu nous au Mexique, nous n'avons pas traité suffisamment vite et qui nous ont amené à devenir un narcoétat.

Vous parliez des des pressions. Alors, on a vu dans notre reportage, on a on a rappelé que la voiture de la mer des Chirol a été incendie. Il y a aussi on est dans l'Oise là en janvier dernier, trois individus qui ont fait sauter le capot de la voiture d'une adjointe au maire chargée de la sécurité dans une commune de de Loise et voilà pareil une enquête qui est en cours pour savoir si il s'agit d'acte de représaille après l'insération de caméra pour limiter surveiller les trafics de drogue.

Brisocol, est-ce que c'est une campagne hors norme pour ça ? C'est cette campagne de C'est une campagne c'est la c'est la première fois que cette thématique de de l'insécurité et du narcotrafic une telle influence sur ces sur des élections municipales. C'est la première fois à ma connaissance he sous sous la 5e République mais vous l'aviez rappelé dans votre rapport l'Ofaste l'avait dit en 2023.

Aujourd'hui, le danger le danger du narcotrafic, c'est le risque corruptif. Et quand on dit le risque corruptif, c'est évidemment les élus, l'administration, mais aussi ça peut-être les les douigners, ça peut-être les policiers, ça peut-être les dockers. Et ça c'est vraiment le risque aujourd'hui numéro 1, c'est qu'ils sont en train de bâtir euh une une véritable contreciété et vous le soulignez également dans le rapport que j'ai relu récemment avec une vraie faiblesse pour l'État dans les outresemes.

On oublie les outresemères mais ce phénomène corruptif se développe peut-être plus rapidement aujourd'hui dans les outresemers qu'en métropole. Et l'État encore une fois a du retard. Par où rentre le la drogue aujourd'hui ?

Essentiellement par nos ports. H voilà. A-t-on mis en place une politique publique en matière de sécurité dans le port du Havre, dans le port de Marseille ?

Le sujet, c'est toujours le même. C'est-à-dire que entre la liberté du commerce et la sécurité, qu'est-ce que l'on choisit ? Voilà, c'est une c'est un vrai sujet parce que la majorité aujourd'hui de la cocaïne ou d'autres stupéfiants arrivent dans nos ports et dans les ports européens.

On on va s'intéresser à à la question de l'excuse de minorité. C'est vrai que ce mardi s'est ouvert à Paris le procès d'un mineur sur mes pépito accusé d'avoir abattu par balle un chauffeur VTC à Marseille. Il avait 14 ans au moment des faits.

Et donc ça ramène dans l'actualité puisque plusieurs ministres en parlent d'excuses de minorité. C'est Steve Jourdin qui va nous éclairer sur sur cette question. Rebonsoir Steve.

Et donc revoilà les la réforme de l'excuse de minorité sur la table. C'est un peu un serpent de mer Thomas. À chaque fois qu'un fait d'hiver implique un mineur, on dénonce l'excuse de minorité.

Ces dernières heures, c'est le ministre de l'intérieur qui est revenu à la charge. Il se dit favorable à une réforme. Écoutez-le.

Une personne mise en cause pour vol violent sur trois est un mineur. Et moi je ne sais pas ce que c'est que l'excuse de minorité. Quand vous avez un mineur de 16 ans qui en agresse un autre avec un couteau, on intervient, on l'interpelle.

Donc c'est la justice. Non, je dis pas que c'est la justice. Je dis qu'il faut s'interroger maintenant à tous les niveaux pour avoir enfin un choc d'autorité.

Alors Steve, il faut faire un peu de pédagogie, rappeler ce qu'est l'excuse de minorité. C'est un principe juridique qui prévoit de diviser par deux la peine encour. On le trouve ce principe aux articles L121-5, les L121-6 du code de la justice pénale pour les mineurs.

Le dispositif prévoit une exception à titre exceptionnel et uniquement ce qui concerne les mineurs de plus de 16 ans, le juge peut écarter l'excuse de minorité à condition de motiver sa décision. Mais cette réforme, on l'a déjà essayé et les sages du Conseil constitutionnel ont dit non. Oui, les il y a quelques mois, le Conseil constitutionnel a retoqué une proposition de loi de Gabriel Atal qui et bien euh proposait euh de réformer le dispositif.

L'idée était de renverser le mécanisme à juridiction aurait dû justifier l'application de l'excuse de minorité et non plus sa non application. Mais les sages ont estimé qu'il s'agissait d'un principe intangible de notre constitution et que pour le changer et bien il fallait changer la constitution. Bon en résumé en l'état actuel la réforme elle semble impossible.

Bah d'ailleurs Gérald Darmanin lui-même semble le reconnaître ce matin sur France Info, le garde des saut s'est dit favorable à une réforme mais il ajoute immédiatement il faut changer la constitution pour ça. Je pense qu'on en a pas les moyens politiques aujourd'hui avec une assemblée où nous sommes extrêmement minoritaires, mais je pense que c'est pour l'année prochaine, c'est-à-dire pour un débat présidentiel. Le rendez-vous est pris Thomas.

Merci beaucoup Steve. Alors je vais vous poser un petit peu la même question aux uns et aux autres. Je commence avec vous Marie- Geoffrère aussi sur cette excuse de alors on disait serpent de mer, c'est vrai que ça fait plusieurs fois qu'elle est qu'elle est évoquée.

Bon voilà et c'est vrai aussi qu'il y a des mineurs de plus en plus jeunes qui participent au trafic de drogue parfois comme guetteteurs et puis ça va malheureusement jusqu'à des des tueurs, des assassins, des tueurs à gag de 14 ans. Est-ce qu'il faut revoir l'excuse de priorité ? Donc revoir la constitution pour revoir l'excuse de priorité.

Est-ce que pour vous c'est une vraie solution ? Moi, je travaille pas directement sur ces sujets-là. Mais par contre, ce que je peux vous dire et c'est ce qu'on voit dans toutes les études, hein, c'est que les trafiquants ont bien compris qu'il fallait justement qu'ils emploient des mineurs pour pouvoir contourner la loi.

Et il y a un phénomène qui est qui est nouveau qu'on observait pas auparavant, c'est qu'en fait généralement ils vont aujourd'hui embaucher des jeunes, des mineurs qui viennent d'autres villes. Et donc en fait, il y a tout un marché aujourd'hui qui existe auprès de de tueurs qui vont être embauchés pour un moment donné sur des contrats donnés. Et ça c'est quelque chose qui est nouveau parce qu'avant tout ce qui était lié à la question du trafic restait quand même relativement local.

Là, on est vraiment sur un phénomène qui qui est beaucoup plus géopolitique et puis aussi qui exploite encore une fois des jeunes vulnérables, donc des jeunes avec des troubles de santé mentale importants et des jeunes en fait qui vont être mis de ville en ville pour exécuter des contrats. Donc en fait, je pense que le problème, il est aussi comme le disait Étienne Blanc tout à l'heure de de vraiment s'intéresser et s'attaquer à la source, c'est-à-dire aussi au trafiquants, à la corruption parce que pour le moment, on part des des des petits des guêteurs, on va arrêter ce qu'on enfin voilà qui sont en première ligne, mais il faut vraiment qu'on ait des mesures importantes et le rapport le fait pour attaquer aussi ce qui est à l'origine en fait de tout ce système de violence. Est-ce qu'il faut changer la constitution pour euh supprimer euh l'excuse de minorité ?

Ah, moi je suis très favorable à une modification de la Constitution compte tenu de ce qui est en train de se passer non seulement en France mais et dans un grand nombre de pays européens. La question de la délinquence des mineurs se pose. Alors en France, on a ce système, une excuse qui est mécanique, hein.

Moins de 16 ans, c'est automatique. Entre 16 et 18 ans, le juge peut s'en affranchir. Et moi, je pense qu'il faut supprimer ce système.

Et il faut en revenir au principe général. que l'on connaît dans le droit criminel. Ce sont les circonstances atténuantes hein.

Dans une affaire criminelle, une affaire de meurtre. Parmi les questions qui sont posées au jury, il y a les circonstances atténuantes. Et quand le jury décide d'attribuer les circonstances atténuantes à un accusé, un condamné, espèce, et bien à ce momentlà la peine diminue.

Il faut laisser au magistrater que la minorité, ça peut-être une circonstance atténuante dans certaines conditions, mais ça n'est pas mécanique. Voilà, il faut quitter le système mécanique pour en arriver à l'appréciation souveraine des juges parce que le profil de ces mineurs a changé. Est-ce qu'on peut dire ça à Bris Scool ? qui a des délinquants de plus en plus jeunes, de plus en plus violents.

C'est une réalité aujourd'hui. Je crois que la proportion des mineurs qui sont impliqués dans l'ensemble de la délinquence, c'est 20 % et sur des faits de plus en plus violents. Donc il y a une réalité, j'allais dire sociale et juridique.

Et puis vous avez l'attente d'une partie de la population aujourd'hui qui souhaite qu'on apporte des réponses policières mais des réponses judiciaires. Et si on continue à voir cette inadéquation entre la réalité, les attentes de la population et et une réponse pénale qui a du retard, on risque d'aller vers de grandes difficultés, en tout cas vers des changements politiques majeurs. Euh et là, on sera plus dans une étape de réforme, on sera dans des étapes beaucoup plus violentes et ça crée de l'injustice, ça crée de l'incompréhension et ça affaiblit l'État.

Donc, il faut vraiment que euh les magistrats et les policiers travaillent vite ensemble à des solutions pour euh réfléchir absolument sur ces excuses de minorité. Vous savez que cette excuses de minorité, elle elle date de des ordonnances de 1945. On l'a retravaillé 70 fois depuis 70 ans et on n pas la solution aujourd'hui.

Donc vous voyez bien que il y a un une déconnexion entre la réalité, la violence du quotidien liée évidemment au narcotrafic et la réponse pénale. Alors ça ça fait réagir nos téléspectateurs, téléspectatrices Iman qui nous écrit de Saint-Circ la Popie. Pourquoi ne pas créer des centres d'insertion pour les jeunes à risque avec encadrement, éducation, travail pour les empêcher de devenir des tueurs ou des dealers ?

Ça repose la question prévention répression. Je voudrais aussi citer, on a parlé du procès qui s'est ouvert à Paris mais il a un autre procès en ce moment à Marseille de six hommes qui sont jugés pour avoir séquestré, torturé, violé deux jeunes qui à l'époque étaient âgé de 16 ans qui avaient été recrutés sur les réseaux sociaux comme des petites mains du réseau à Marseille. Ce sont aussi des victimes Étien Blanc des adolescents.

Donc euh c'est c'est pour ça que la la question de l'exclusion de minorité, elle se elle se pose. Alors vous nous dites quand si si ces jeunes sont confront sont jugés euh il y aura des circonstances atténuantes. C'est ça.

C'est ça. Moi, je pense qu'il faut donner euh au magistrat la possibilité de décider de circonstances atténuantes sous prétexte de minorité. Mais le système, est-ce qu'on les pas est-ce qu'on les considère pas de nous interrompre hein, mais est-ce qu'on les considère pas euh systématiquement comme des coupables ?

À partir du moment où on inverse la la logique de cette excusion ? Non, c'est pas systématiquement comme des coupables. Le magistrat, il apprécie.

C'est au cas par cas. D'ailleurs, c'est un principe de notre droit. La peine doit être individualisée.

Et dans l'individualisation de la peine, on prend évidemment en compte l'âge du délinquant. Ouais. Euh Marie Geoffrey aussi, c'est vrai que ce sont aussi des victimes ces gamins qui sont rentrés dans la spirale violence argent facile don parlait quoi.

Tout ce sont des victimes comme les habitants des quartiers populaires sont des victimes également euh du trafic et en fait ces ces jeunes qui sont dans ces spirales de violence, ça va être les premiers à être abattu, torturés par les trafiquants quand ils voudront s'en débarrasser et les remplacer par d'autres. Donc c'est pour ça que voilà, comme votre téléspectatrice le le proposait également, moi je pense que euh bonà il y a des choses qui relèvent du judiciaire. Tout à fait hein, c'est important d'avoir une réponse judiciaire à ces questions mais il y a aussi beaucoup de choses qui relèvent aussi de l'éducation, de la prévention, de la prise en charge de ces jeunes qui sont souvent complètement livrés à eux-mêmes.

Je pense qu'il y a aussi beaucoup de choses à faire aussi sur la question des réseaux sociaux et des informations qu'on délivre sur cette questionl marque de Besançon qui va s'afficher pendant que vous parlez. Il y a il y a sur ces questions aussi, je trouve toute une forme de mytification autour des films, autour des mots qu'on peut employer qui donne une forme d'héroisation autour de de de ces comportements sur les tout à fait sur les séries. Et moi je pense qu'il faudrait vraiment être très vigilant sur ces questionsl parce que aussi il y a il y a une forme de comment dire de perte de sens c'est chez enfin qu'on observe chez ces jeunes sur est-ce que les vies quelles vies ont de la valeur qu'est-ce qui a de la valeur qu'est-ce qui est important et ça ça peut aussi se réappendre dans des centres où on accompagne ces jeunes et pas uniquement le fait de les pub ça rejoint la notion de controciété dont vous nous parliez tout à l'heure BR ce qu'on est en train de décrire Voilà, c'est presque un combat pour ne pas laisser je j'essaie de pas exagérer mais ne pas laisser cette contre sociociété prendre de plus en plus de place.

C'est un combat qu'on doit mener, j'allais dire tous en commun. Je veux dire à l'échelle locale comme à l'échelle nationale. Le judiciaire, le policier, le politique, l'associatif.

Je pense que c'est un combat sociétal. Euh comme la souveraineté est un combat, comme l'indépendance est un combat, la lutte contre le narcotrafic est un combat parce que les premières victimes, ce sont évidemment ces jeunes gens qui sont aspirés dans cette violence et ce sont aussi Moi, je je lutte vraiment contre cette stigmatisation des quartiers populaires parce que vous savez que la la première, on a fait un sondage avec Frédéric Dab, quartier populaire ruralité. Les premiers thèmes qui apparaissent dans les quartiers populaires, ils veulent quoi ?

Ils veulent de la sécurité. De la sécurité. Ils veulent euh de des écoles, voilà, et du travail.

C'est c'est pas à nous. C'est que il faut pas qu'on se dise le narcotrafic uniquement dans les quartiers populaires et c'est bien les quartiers populaires. Ce n'est pas vrai.

Ce n'est plus vrai. Et je pense qu'il faut qu'on qu'on réinvestisse ces quartiersl comme on l'avait fait quelques années comme Jean-Louis Borlot l'avait fait lui sur le volet immobilier dans le cas de l'Agence nationale de la rénovation urbaine. Mais voilà, c'est c'est tout un pan entier de notre société euh qu'il faut accompagner et aider.

On peut pas avoir une société qui soit aussi fracturée. Voilà. Marc, on a vu sa question, je je vais vous la poser parce que vous l'avez peut-être pas noté.

Monsieur le sénateur, est-ce qu'on peut mettre en place un vrai suivi des réseaux sociaux pour détecter le recrutement de mineurs par les trafiquants ? C'est pas si simple à mettre en œuvre. Est-ce que vous avez évoqué ça ou travaillé là-dessus dans votre cas de votre que nous avons fait adopter et il y a une augmentation considérable des sanctions pour ceux qui recrutent des secondes mains sur les réseaux sociaux.

Maintenant c'est 7 ans d'emprisonnement et 70000 € de mand. C'est on a augmenté considérablement parce qu'on s'est aperçu que c'était comme ça que l'on recrutait. De manière plus générale, moi j'ai j'écoute les les réponses qui sont faites.

Une vraie question que nous devons nous poser et pourquoi a-t-il fallu attendre une commission d'enquête sénatoriale pour prendre la mesure du problème ? Je le narcotrafic d'hier, la déferlande financière c'est pas d'hier, la violence extrême c'est pas d'hier. Et la la véritable question est là hein.

Pourquoi les gouvernements successifs ne s'en sont pas saisis plus tôt ? On a l'impression il y avait des alertes, il y avait des alertes, il y avait des signaux allumés. Enfin, je veux dire, il suffit de prendre des statistiques dans les tribunaux correctionnels pour voir l'augmentation des faits connexes avec le narcotrafic criminel aussi.

Donc là, la la véritable question, est-ce qu'on est dans une société qui est capable encore d'identifier les risques et de prévenir ces risques ? Est-ce qu'il y a pour conclure Marie- Geoffrère aussi des une réponse al c'est toujours compliqué mais ailleurs en Europe qui peut-être une autre méthode qui qui fonctionne ou qui est en train de de fruit ? Alors c'est très compliqué parce que c'est un phénomène complexe.

Vous l'avez dit. Alors ce qu'on sait c'est que ce qui se passe en France avec une enfin une réponse plutôt prohibitionniste, ça ne fonctionne pas, on l'a vu. Enfin sur les questions de violence, sur les questions de consommation.

Il y a des pays qui ont des propositions intéressantes. Moi, je trouve que la Suisse est un pays très intéressant sur ces questionsl sur ces questions de sécurité publique et de santé publique lié aux drogues. Par exemple, en Suisse, dans les années 80, ils avaient des scènes ouvertes de drogue avec des consommateurs d'héroïne dans la rue ou des consommateurs de craque comme on peut voir par exemple dans le nord-est parisien.

Euh et en fait, ils ont mis en place des des salles de consommation à moindre ce qu'on appelle des altes soins, addiction dès les années 80, en 1986 et ils ont euh réduit considérablement ces scènes ouvertes et aujourd'hui bah ils ont une politique pragmatique. Alors ils ont mis en place des expériences de légalisation au niveau des villes, l'égalisation du cannabis très encadré et qui qui sont intéressant. Ça dépend des villes avec avec un un pouvoir local qui peut s'expliquer un pouvoir local et des votations au niveau de la population.

Donc c'est vraiment des politiques très consensuelles et très concertés. Merci beaucoup. L'égalisation, c'est un autre débat qu'on a déjà eu et qu'on aura de nouveau certainement sur ce plateau parce qu'il n'est pas tranché.

Merci à tous d'avoir participé à à ce débat qui était passionnant. Brisoco, je rappelle le titre de votre livre coécrit avec Frédéric Dabécharpes et les tempêtes aux éditions de l'eau. Bah très bientôt sur le plateau de de Pux là. signale Marie Geoffré Rouside que vous avez coordonné le prochain numéro de la revue Esprit consacré au nouveau territoire de drogue.

Voilà, on est en plein thème avec interview blanc dans apparaître début mars. Merci encore. Voilà, je vous dis à demain.

Merci de votre fidélité. Notez que c'est Martin Adjari, le président de l'ARCOM qui sera notre invité dans la matinale face à Orian Manini. Belle soirée. [musique]