Iran : les États-Unis enlisés
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
-R.Sciora: Les municipales, ce n'est pas comme en France. On est dans un Etat fédéral. -L.Sénéchal: Le détroit d'Ormuz est ouvert, mais l'Iran menace toujours de reprendre ses frappes si le régime s'estime lésé dans les négociations avec les Etats-Unis. - Au jour de leurs 250e anniversaire, les Etats-Unis sont officiellement toujours en guerre.
Mais devant les journalistes, Donald Trump se montre une nouvelle fois très confiant quant à la résolution prochaine du conflit avec l'Iran. - La dénucléarisation de l'Iran avance bien. Les discussions ont été très bonnes et nous verrons bien.
Comme vous le savez, nous les avons frappés très fort pendant trois nuits, mais nos relations sont excellentes. La bourse bat des records pratiquement tous les jours. Le prix du pétrole est en forte baisse. - Un optimisme qui contraste avec la réalité de négociations qui s'enlisent.
Plusieurs points de blocages persistent. L'avenir du nucléaire iranien ou encore la gestion du détroit d'Ormuz. Des discussions et des regain de tensions, comme la semaine dernière, avec ces frappes américaines sur le sud de l'Iran.
Donald Trump apparaissait pourtant triomphant lors de la signature du protocole de paix au château de Versailles il y a deux semaines. La promesse de mettre fin à une guerre au coût pharaonique outre. Outre les 29 milliards de dollars de dépenses militaires engagés, un fonds de 300 milliards est prévu pour reconstruire l'Iran, ce que ne manque pas de dénoncer l'opposition démocrate au congrès. - Donald Trump et les républicains ont plongé l'Amérique dans une guerre coûteuse qui s'est révélée être un désastre. - Cela n'est même pas comparable à l'accord signé à l'époque.
C'est pire. On parle d'un coût de 300 milliards de dollars. Cela m'inquiète vraiment.
C'est le citoyen américain qui va payer la facture. - La facture est salée. L'inflation annuelle dépasse les 4%.
A la pompe, comme dans les supermarchés, les prix atteignent des niveaux historiquement élevés. - Hier, j'ai acheté un demi gallon de jus d'orange que je paye d'habitude 7 dollars. Il coûte désormais 8 dollars. - C'est devenu plus difficile d'acheter certains produits pour ma fille.
J'ai dû prendre un paquet de couches plus petit que ce que je voulais. - Selon un récent sondage, à peine un quart des Américains sont favorables à la guerre quand 60% la désapprouvent. La cote de popularité de Donald Trump a atteint ce mois-ci son plus bas niveau historique.
Une guerre incomprise jusque dans son propre camp. - Je préfère la paix à la guerre. La paix est meilleure pour le commerce.
Bien sûr, personne ne souhaite que l'Iran se dote de l'arme nucléaire ou qu'ils enrichissent de l'uranium, mais nous peinons à maîtriser cette situation depuis des décennies. Ca n'a rien de nouveau. Il y a 20 ans déjà, on nous disait qu'ils auraient l'arme atomique dans une semaine. - Cela restera dans les annales comme une énorme erreur de politique étrangère.
L'Iran s'en retrouve renforcé. L'Iran a compris que s'il voulait prendre le contrôle du détroit d'Ormuz, il pouvait dicter sa loi au monde occidental. C'est une grave erreur. - Donald Trump de plus en plus sous pression à quatre mois des élections de mi-mandat qui s'annoncent périlleuses pour le parti au pouvoir. -L.Sénéchal: Le détroit d'Ormuz est rouvert, comme je le disais tout à l'heure.
Le prix du pétrole sur les marchés a baissé à nouveau. Est-ce que Donald Trump a assez de temps pour que le niveau des prix redescende et que le pouvoir d'achat repartent à la hausse? -N.Bacharan: Il doit compter là-dessus.
Pendant sa campagne présidentielle, il disait que le prix de l'alimentation...
Il a dit que le premier jour de sa présidence, les prix allaient baisser. Ce n'est jamais arrivé. S'il veut récupérer sa base, les gens qui lui ont fait confiance, il faut qu'il y ait des baisses de prix quelque part.
C'était très bien présenté dans le sujet. Les Iraniens tiennent l'économie mondiale. Le régime est divisé en Iran.
Les infrastructures sont par terre. Il y a eu des destructions à n'en plus finir, mais ils ont le détroit d'Ormuz. Il suffit de tirer sur un bateau et le détroit est fermé.
Je ne sais pas comment vous le dire, mais les Iraniens savent qu'ils peuvent demander à peu près n'importe quoi à Trump. -L.Sénéchal: Question de Raymond. -N.Bacharan: Exactement, on en est là.
Cette semaine, Donald Trump a parlé de 6 milliards d'avoirs gelés qui reviendraient à l'Iran. Les Iraniens ont réfléchi un petit peu et ils ont dit que ce n'était pas assez. Il y aurait 100 milliards d'avoirs gelés qui ne sont pas aux Etats-Unis.
Ils sont très peu en Europe et très peu en Asie. -- et beaucoup en Asie. -R.Sciora: Une partie au Qatar. -N.Bacharan: Ce sont les banques américaines qui ont ordre d'empêcher les transactions en dollars.
Ces avoirs ne peuvent pas revenir sans l'accord du président. Les enchères montent. Les Iraniens ne cessent de dire que, de toute façon, le détroit restera sous commandement iranien. -L.Sénéchal: Comment réagit la base électorale de Donald Trump?
Lui dit qu'il a gagné, mais sont-ils dupes? -L.Henneton: Ca dépend.
Il y a la base qui va croire tout ce qu'il dit. Il y a la base qui a souffert et qui est un peu échaudée. Puis, il y a les baisses de prix et le sentiment de baisse de prix.
Le principal groupe, ce n'est pas la base. La base pourrait se démobiliser. Il y a tous les gens qui ne sont pas républicains et qui ont voté pour Trump en 2024.
C'est ce qu'on appelle les indépendants. C'est comme les hommes noirs qui votent généralement démocrate et qui, là, ont voté républicain. Beaucoup d'hispaniques ont voté républicain pour la première fois.
Ils ont franchi le Rubicon. Il y a une raison simple. Ce n'est pas parce qu'ils aiment Trump.
Il leur semblait être le mieux armé pour faire baisser les prix. C'est un chef d'entreprise. Ces gens-là pourraient très bien, et c'est ce qu'un sondage...
Comme les Reagan-democrats qui ne sont jamais revenus chez les démocrates. Tout ce vivier d'électeurs de 2024 va disparaître dans la nature. Les différents candidats républicains au Sénat et à la Chambre des représentants ne pourront plus compter sur eux.
On voit des équilibres nouveaux au Texas ou dans l'Iowa. Il y a des démocrates qui sont soit en tête, soit en position de faire un bon score. Ce sont des choses qui demandent à se confirmer d'ici novembre.
Si les gens continuent à associer Trump à une hausse ou à une baisse des prix...
Le week-end du 4 juillet, on conduit beaucoup. Le prix de l'essence ne baissera pas. -L.Sénéchal: Le prix à la pompe est toujours élevé aux Etats-Unis en ce moment? -R.Sciora: Je n'ai pas de voiture.
Je n'en ai pas vraiment souffert. Mais j'ai contribué financièrement à cette guerre en tant que contribuable américain. Je paye 2000 dollars d'assurance santé par mois. -L.Sénéchal: Par mois? -R.Sciora: Par mois.
Je paye 3700 dollars pour un petit trois-pièces convenable. Rien de luxueux. Je prends toujours un exemple.
Prenons un couple de la classe moyenne new-yorkaise qui gagne chacun 4000 dollars par mois. C'est un salaire correct. Ce couple gagne 8000 dollars.
Avec les taxes, ils auraient 6600 dollars pour s'en sortir. Ils vont prendre la plus petite assurance pour la famille. Il leur reste maintenant... -L.Sénéchal: 5200. -R.Sciora: 5000 dollars avec l'assurance.
Il leur faut un petit appartement comme le mien avec une chambre commune pour les enfants et une pour les parents. -L.Sénéchal: Ca, c'est à New York. -R.Sciora: Il reste 1500 dollars.
C'est le budget nourriture pour deux personnes à New York. Quid du budget nourriture pour les enfants? Et l'assurance auto?
Et le téléphone? Même un couple de la classe moyenne new-yorkaise ne s'en sort pas. Imaginez les classes populaires et paupérisées à travers le pays.
Le coût de la vie est exorbitant. Les Américains ne s'en sortent pas. S'il n'y a pas de signaux positifs, Trump pourrait le payer très cher. -L.Sénéchal: Au Texas, c'est moins cher? -L.Henneton: Les Américains vont au Texas parce que la qualité