Lyhanna : après le drame, faut-il modifier les lois ? - 12/06
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Un exemple de proposition concrète, on va vous faire découvrir si vous ne la connaissez pas encore ce soir, celle d'Antoine Vermorel Marques. Il est député à l'ère de la Loire. Il propose de créer un seul fichier, une fiche AS pour agresseurs sexuels. Créer un modèle national sur le même modèle du fichier S. Il va proposer une proposition de loi la semaine prochaine. En gros, cette fiche AS permettrait, dit-il, d'agréger toutes les informations sur un suspect. Explication, lundi dernier, dans le forum BFM TV, de son chef de parti Bruno Retailleau, et on en débat après.
Il faut que les employeurs puissent avoir accès à un fichier. Le problème, c'est qu'on est aujourd'hui, en France, à un âge de pierre. Tous les lieux où il y a un contact avec l'enfance, je pense que les employeurs devraient avoir la possibilité de consulter le fameux fichier. Vous avez un nom, alors ils ne peuvent pas consulter tout le fichier, c'est-à-dire que vous avez un nom,
Ils disent, voilà, je fais passer l'entretien demain de M. X, est-ce que vous pouvez me confirmer ?
Je consulte le fichier. Et là, vous avez une alerte ou non, et du coup, vous ne l'embauchez pas.
Général Galtier, l'ex-premier ministre, candidat à la présidentielle, Gabriel Attal, est aussi favorable à ce traitement. Il dit qu'il faut aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Alors, un pédocriminel n'est pas un terroriste. Je disais simplement qu'il faut donner la liberté d'action à tous les enquêteurs d'avoir accès à ce fichier. C'est relativement simple, c'est réglementaire. Alors, il y a aussi une autre formule importante. Il faut changer l'article 43 du code pénal et du code de procédure pénale qui tend à donner à l'enquêteur initial la possibilité de poursuivre l'enquête sous le contrôle du parquet.
Et c'est ça qui aurait dû permettre, en l'occurrence sur l'affaire Liana, à l'unité initialement saisie, qui avait bien fait les choses et notamment l'audition avec la salle Mélanie, et qui était en possession de tous les éléments suite à l'audition de la petite Rosa, de poursuivre avec l'autorisation du parquet cette enquête et d'aller jusque dans le GER, en compagnie peut-être et en saisine avec la section de recherche de Toulouse, pour aller au plus vite. Et ça, aujourd'hui, on ne peut pas encore le faire. Il faut donc changer ses dispositions et donc il y a des possibilités d'agir plus vite.
Voilà les deux pistes, me semble-t-il, à la fois réglementaires et législatives, qui devraient permettre d'aller plus loin, pour donner enfin la vraie parole aux victimes.
On a bien compris qu'il y avait des informations mais qu'elles ne circulaient pas suffisamment. Merci beaucoup, Général Galtier. Ce drame qu'il y a également, Victor Hérault, vous êtes là ce soir avec nous, des conséquences politiques. Bonsoir. Plusieurs appels, notamment à la démission de Gérald Darmanin. Pas partout, mais de la part de Jordan Bardella, le ministre de la Justice, qui aurait dû, à mon sens, présenter sa démission au président de la République. Ça, c'est ce qu'a dit Jordan Bardella, regardez-le. Est-ce qu'il fallait démissionner ou pas ?
Alors, je ne le pense pas du tout. Et je pense qu'en posant cette question-là, que ce soit Jordan Bardella ou une bonne partie de la gauche, en réalité une bonne partie de la classe politique d'ailleurs, on se détourne complètement du débat et on cherche un bouc émissaire politique. Et en plus, je vais m'expliquer, ce n'est pas pour défendre Gérald Darmanin, ce serait n'importe quel ministre de la Justice, je dirais la même chose. Le ministre de la Justice, il y a ce qui s'appelle la séparation des pouvoirs. Et là, je crois qu'on accuse Gérald Darmanin, en tant que ministre de la Justice, on le rend responsable de quelque chose sur lequel il n'a pas prise.
Gérald Darmanin ne peut pas mettre son nez dans les affaires, ne peut pas donner de directives même juridiques, judiciaires. Il peut simplement donner de grandes orientations politiques. C'était le cas d'ailleurs de la fameuse circulaire de 2025 qu'on a évoquée. Et l'enquête administrative dira si, oui ou non, cette circulaire livrée par Gérald Darmanin, dans laquelle il écrit, lorsque la victime est mineure, les violences physiques ou sexuelles doivent faire l'objet d'une vigilance particulière et d'un traitement prioritaire. Donc l'enquête administrative dira si cette circulaire a été appliquée ou pas par le système judiciaire dans ce cas-là.
Mais on ne peut pas rendre Gérald Darmanin responsable de l'inaction de la justice, dans le sens où la séparation des pouvoirs l'empêche précisément d'agir, d'avoir prise sur ce système judiciaire. Et je pense que dans ces débats-là, si vous voulez, là autour du plateau, on essaie de trouver des réponses concrètes lorsqu'on parlait de la numérisation, lorsqu'on parlait des problèmes de fond, faire en sorte que ça se reproduise moins et qu'il y ait moins de victimes, ou en tous les cas, que les agresseurs soient attrapés plus rapidement, que la justice passe plus rapidement. Ça, ce sont les questions de fond.
Lorsqu'on parle de la démission de Gérald Darmanin, on cherche un bouc émissaire, ça ne règle rien aux problèmes. Le prochain ministre de la justice sera confronté au même problème, aura la même incapacité à agir concrètement. Donc je veux dire, cela ne sert à rien.
Il l'a dit, je ne quitterai pas le bateau en pleine tempête. C'est ce qu'il a dit lundi soir chez nous aussi.
Oui, mais d'ailleurs, je peux comprendre. Très cyniquement, on pourrait même dire que dans la période politique actuelle, beaucoup de ministres ne font pas grand-chose. Peut-être qu'un ministre sous pression comme Gérald Darmanin pourrait être amené à proposer davantage de propositions qu'un nouveau ministre de la justice.
Il parle beaucoup en tout cas, il s'explique beaucoup, il parle beaucoup.
Là, on veut dire en tout cas qu'il se mouille. C'est vrai qu'il est sorti, il a fait énormément de sorties médiatiques cette semaine. C'est, comment dire, il y a d'autres ministres qui en ont moins fait. Je pense aux ministres de l'Intérieur notamment. Mais je veux dire, là, ce n'est pas pour défendre Gérald Darmanin. Je pense simplement que ce n'est pas du tout la réponse. Non, mais notons d'ailleurs que l'avis des Français,
on va avoir ce sondage du Figaro, les Français pensent qu'il devrait rester en place. Ils ne sont pas forcément contre la démission. Regardez, 59% pensent qu'ils ne devraient pas démissionner. Pour clouter l'intervention de Victor Hérault, chez nous, lundi soir au forum, vous l'avez dit, Gérald Darmanin nous a dit, moi, je ne peux pas téléphoner à un procureur de la République. Je ne peux pas convoquer un procureur de la République. C'est un ministre de la Justice qui n'a pas accès à la justice. C'est-à-dire que ces personnages de la magistrature sont hors sol. Ils sont tellement haut placés que personne n'a accès à eux.
Le ministre de la Justice, si vous voulez, a moins de pouvoir que le ministre des Sports. On pourrait le tourner comme ça.
On n'a plus accès à eux. C'est-à-dire que qui a accès à ces personnages de l'État ? Pour lesquels j'ai un immense respect. La justice, c'est ma passion aussi. Mais pourquoi est-ce que ces personnes-là ne redescendent pas de temps en temps vers nous pour nous parler ? Il y a un débat là. Il y a deux citations historiques que je trouve assez belles. Je crois que l'une est assez récente. C'est Loisel qui disait que la justice, c'est une administration qui usurpe le nom d'une vertu. C'est quelque chose d'assez fort. C'est un peu dur. Mais il y a quelque chose de vrai. Ça reste une administration.
Il y a une très vieille citation que je vais vous donner qui vient d'un vieux livre, je crois, 800 ans avant Jésus-Christ. Quelque chose de très vieux. Amos qui dit que vous changez le droit en absinthe. Et l'absinthe, c'est ce qui rend fou et aveugle. C'est les deux éléments. Et c'est vrai qu'il y a quelque chose de prestigieux. Quand vous avez 20 ans et que vous dites je veux être magistrat, je veux être avocat, je veux être greffier, je veux travailler dans la justice. Vous arrivez dans ces beaux palais où il y a des belles colonnes. J'étais à Angers hier, c'était splendide. Il y a quelque chose de beau. Mais pour de vrai, ça reste une administration. C'est dur, c'est limité.
J'ai l'impression que c'est un gros mot, administration, dans votre bouche. C'est-à-dire quoi ? C'est compliqué à gouverner ? Non, c'est concret. C'est une machine. C'est une machine trop grosse. J'ai une audience dans 5 jours. On ne peut pas scanner le dossier. On m'a dit, maître, il faut vous déplacer pour lire le dossier au greffe avec une lampe de poche frontale, peut-être, pour s'il n'y a pas de lumière, si vous voulez. Non, il y a une pesanteur sur l'administration.
Est-ce que vous diriez, comme Mourad Batik, qui était sur le plateau d'Alice Darfeuil tout à l'heure, il y a une clochardisation en ce moment de la justice ?
C'était fort.
C'était des propos assez forts.
Je trouve ça... Déjà, j'ai essayé de travailler à l'insertion des personnes SDF. Et donc, je n'aime pas ce terme de clochardisation. Ce n'est pas quelque chose qui me fait plaisir. Je n'ai pas envie de l'employer. Et encore moins pour la justice. Vous comprenez l'esprit du mot. C'est-à-dire que c'est une administration qui aurait besoin de moyens beaucoup plus qu'elle en a aujourd'hui. On a beaucoup d'idéal, je pense. On a beaucoup d'idéal. On a très, très peu de moyens. Ça, c'est sûr. Je crois que la justice, elle manque d'humanité. Vous voyez, la justice, elle ne regarde plus les hommes qu'elle défend. C'est-à-dire qu'un magistrat, il est enfermé dans son cabinet.
Déjà, il a beaucoup de boulot. Il a 160 dossiers. Il n'a pas le temps de s'occuper des victimes. Il n'a pas le temps de les recevoir. Et une victime, c'est quelqu'un qui va vous bloquer une heure de votre temps pour vous raconter son histoire. On le sait, nous, les journalistes. Quand les gens nous appellent pour un dossier, et toi, tu le sais aussi, Vincent, ça dure longtemps parce qu'ils ne savent pas résumer, synthétiser. Et ils disent, ouais, mais moi, vous voyez... Il y a trop d'émotions. Bien sûr, il y a trop d'émotions. Un magistrat ne peut pas le faire. Un jour, je discutais avec Eric Dupond-Moretti, ministre. On se connaissait depuis tellement longtemps.
Je dis, mais pourquoi tu ne fais pas dans les tribunaux ? Pourquoi tu ne prends pas des vieux magistrats retraités qui adorent la justice, qui viendraient des femmes, des hommes, consacrent un peu de leur temps, qui feraient le tour des cabinets d'instruction et qui dirait, tiens, vous voulez que... Je peux regarder ce dossier-là. Et puis qui dirait, par exemple, trois fois par semaine, le matin, je reçois des victimes. Qui leur parlerait. Qui leur dirait, tiens, j'ai vu le juge X qui m'a dit que votre dossier... Voilà, donc il y a ça qu'on peut vous dire. Il y a des choses qu'on ne peut pas vous dire. Mais votre dossier avance. Il s'y intéresse. Il a convoqué des gens. Voilà.
Et puis si vous voulez qu'on en reparle, revenez me voir.
Que vous a-t-il répondu ?
Et tu te rends compte, ça fait beaucoup de boulot, il faut les installer quelque part. Et c'était pas... Et franchement... Il faut une chaise. C'était moins mon pote quand il était ministre. Mais il a fait du boulot. Il a bossé. Il a fait des bons trucs.
Philippe Jean-Kévis, justement... Mais il aurait dû faire ça. Sur cette vision de la justice.
Oui, pour rebondir sur ce que M. Darmanin, qui est cloisonné, sur votre citation d'il y a 800 ans, je vais vous en donner à plus près, Balzac a dit que... Il faut mieux être juge d'instruction que ministre, parce que Balzac, il a dit, le juge est l'homme le plus puissant du territoire. C'est vrai. Et oui, et c'est toujours vrai. Donc ça, je crois que c'était dans l'illusion perdue, ou je sais plus, bref. Et finalement, oui, parce que M. Darmanin, comme vous dites, si justement est cloisonné, il ne peut pas faire, alors que c'est mis à la justice, donc il devrait pouvoir avancer. Non, c'est l'indépendance de la justice. Et bon, c'est ce que je voulais dire, parce que 800...
C'est vrai, vous avez raison, là, maître, il y a 800 ans, c'était une bonne pensée. C'est vrai.
La proposition de ce député, je reviens à mon débat, de créer une seule fiche AS pour agresseur sexuel, sur le même modèle que les fichiers S. C'est-à-dire qu'il y aurait un seul fichier qui recentre tout. C'est possible ? Et est-ce que vous, vous dites, oui, c'est une bonne chose ?
Le fichier est une bonne chose. Pourquoi ? Parce qu'on a besoin de renseignements. Et dans le fichier, on a le renseignement qu'on recherche. Alors, oui, bon, ça fait un fichier de plus, donc on a les fichiers S, on a les fichiers... Ce qui est important, c'est, je pense, de recueillir...
Oui, mais ça serait un fichier AS qui, vous avez compris, rassemble le tâche, Cassiopée, c'est-à-dire qu'il n'y aurait plus qu'un seul.
Voilà, je veux dire, il faudrait, oui, mais il faudrait justement que les signalements qui vont être fournis soient bien rentrés. Donc, ça veut dire qu'on va mettre les signalements, les plaintes, parce que les gens ont du mal à donner un signalement parce qu'ils ont peur de mettre un non alors que ce n'est pas de la délation. Et l'enquêteur ne va pas aller dire on a eu le tuyau parce que c'est un tel qui a dit ça. On laisse les balances pour les petites frappes, comme on dit. Mais je veux dire par là que, oui, un fichier, c'est important pour recueillir les renseignements et recueillir les faits et le pédigré de la personne.
Pourquoi vous dites que ce n'est pas possible, maître ?
Alors, je vais vous dire pourquoi, parce que le principe d'un fichier police, c'est que c'est un accès limité, réglementé. Il faut que certaines personnes aient un agrément pour accéder à un certain fichier parce que si tout le monde peut y accéder, ça devient dangereux. Je vais vous donner un exemple. J'ai des clients, des bandits, on va le dire, qui sont jugés, etc. Ils disent, mais moi, pour 200 euros, j'ai l'adresse de n'importe qui parce que je peux avoir par un travailleur ou un fonctionnaire de la sécurité sociale des informations sur l'adresse de n'importe qui.
Et si vous voulez, si vous avez un fichier qui recense toutes les informations sur une seule personne qui n'a pas de cloisonnement et qu'il y a un accès assez général à tous les enquêteurs, indépendamment de leur qualité d'officier de police judiciaire ou d'APJ, ça donne une bonne nuit claire si vous voulez, civique à tout le monde. C'est extrêmement dangereux. Donc en fait, la sécurité de base, c'est cloisonner les fichiers cloisonner les fichiers et réglementer l'accès.
Au-delà du cas de Jérôme Barrella, on découvre aussi depuis plusieurs jours toute une famille entière rattrapée par la justice et on va vous entendre dans un instant, Caroline Lejeune, puisque vous avez travaillé également avec des auteurs de violences sexuelles. Vous avez écrit ce livre « Soigner les auteurs de violences sexuelles ». Il y a Yannick, le frère de Jérôme Barrella, placé cette semaine en garde à vue notamment pour viol surminéur de plus de 15 ans et viol par conjoint. Et puis il y a son père Joël Barrella, âge aujourd'hui de 71 ans et accusé d'abus sexuels par les petites filles de sa compagne.
Maître Mourad Bati qui était avec nous il y a quelques minutes sur ce plateau, défend justement les deux petites filles. Je vous propose de leur écouter.
Pour l'une, d'agression sexuelle alors qu'elle avait 9 ans. En tout cas, c'est les souvenirs qu'elle en a et c'est ce qu'elle a expliqué lorsqu'elle avait déposé plainte à l'âge de ses 11-12 ans à l'entrée au collège et pour l'autre de manière beaucoup plus grave et beaucoup plus irrémédiable de viol pendant 3 ans de l'âge de 10 ans. De l'âge de ses 10 ans à l'âge de ses 13 ans. Trois années de viol, trois années d'enfer dans laquelle non seulement elle traversera un enfer infini et infernal mais en plus avec la circonstance aggravant de ne pas être cru pour l'une ça finira par un classement sans suite et pour l'autre ça finira par un non-lieu. Autrement dit, les deux ne sont pas crues.
Pour l'une, on dira que c'est une aguicheuse que finalement le mal vient d'elle. C'est elle qui provoque, c'est elle qui a des envies, c'est elle qui suscite l'intérêt. Vous voyez ? Ce que disait père de Joël Barrella. Exactement, le renversement de la charge émotionnelle et pour l'autre tout simplement que ça n'était pas suffisant et que la description qu'elle en faisait était insuffisante pour permettre d'aller plus loin dans l'enquête et d'ouvrir pourquoi pas une information judiciaire ou pourquoi pas imaginer un placement en détention provisant.
Oui, effectivement c'est toujours très important quand on fait l'évaluation d'un notoire de violence sexuelle qui a une phase primordiale, initiale et très importante et qui initie la prise en charge notamment quand on travaille en prison. Ce qui a été mon cas pendant de longues années, c'est tout à fait important d'essayer de repérer le fonctionnement familial et effectivement on trouve des familles qui sont marquées par un dysfonctionnement et on peut repérer au niveau des différentes générations déjà la présence d'auteurs qui sont des membres de la famille comme le père et on parle de transmission intergénérationnelle de la violence ou du traumatisme.
Effectivement et notamment on travaille beaucoup un des instruments qu'on utilise beaucoup c'est le génogramme qui permet effectivement de travailler le génogramme c'est un petit peu comparable à un arbre généalogique ça permet effectivement de partir de l'auteur de repérer toutes les strates familiales toute sa configuration familiale et d'essayer de voir avec lui s'il y a eu des personnes qui ont déjà été auteurs ou s'il y a déjà eu aussi des traumatismes alors des traumatismes vécus par l'auteur lui-même ou vécu par d'autres membres de la famille et effectivement on trouve parfois des fonctionnements très sidérants où on retrouve de la violence sexuelle agie aux différents niveaux de la famille c'est-à-dire l'auteur lui-même père enfin les parents les grands-parents etc.
c'est quelque chose qu'on peut trouver et c'est très important de pouvoir repérer ça. Donc si je vous comprends bien finalement ce schéma familial il ne vous surprend pas tant que ça le fait qu'il y ait l'huile, son frère son père c'est tristement classique c'est ça ?
Je ne dirais pas que c'est tristement classique mais c'est vraiment un cas de figure qu'on peut rencontrer et c'est important aussi de différencier les violences sexuelles à l'encontre des mineurs des violences sexuelles intrafamiliales et des violences sexuelles extra-familiales puisque effectivement là dans ce cas de figure de cette famille le présumé coupable effectivement ce serait livré à des agissements des violences extra-familiales sur des mineurs et là dans le cas du père on retrouve des violences intrafamiliales mais on retrouve effectivement on peut retrouver tout à fait ce genre de de configuration et c'est très important de le repérer et ça peut aider effectivement à comprendre pourquoi un homme passe à l'acte et de façon sérielle aussi puisque là il est question quand même de la répétition d'actes Dominique a une question moi j'aimerais vous poser une question madame est-ce que dans certaines familles ça reste toujours dans la sphère familiale ou est-ce que ces gens-là sont capables d'en sortir pour aller chercher des victimes ailleurs ou est-ce que pour eux ça reste toujours dans la famille alors moi je travaillais dans un centre de détention un centre de détention de Melun où j'avais mis en place tout un dispositif spécifique pour les auteurs de violences sexuelles c'est un des centres de détention à la prison de Melun sur la petite île où était Patrick Henry que je suis allée voir jusqu'à sa mort que j'ai connue effectivement que j'ai connue et donc effectivement j'avais participé à mettre en place tout un dispositif spécifique pour la prise en charge des auteurs de violences sexuelles le centre de détention de Melun fait partie des 22 établissements fléchés en France qui sont spécialisés pour la prise en charge des auteurs d'agressions sexuelles aussi bien sur le plan sanitaire donc des soins que sur le plan pénitentiaire et judiciaire et donc effectivement moi notamment nous occupions des condamnés à des longues peines des auteurs de violences sexuelles condamnés à des longues peines et j'ai eu c'est pas non plus la majorité mais j'ai eu à m'occuper d'auteurs qui effectivement avaient commencé à passer à l'acte sur leurs enfants même voir des enfants très jeunes et qui effectivement avaient continué à passer à l'acte de façon externe à la famille sur les copains les camarades de leurs enfants donc ça c'est des cas de figure qui sont pas les plus fréquents mais qui existent et qui posent vraiment la question de la personnalité du fonctionnement psychique qu'est-ce qu'il fait quels sont les mécanismes du passage à l'acte qui poussent quelqu'un à agir à commettre des violences sexuelles aussi bien sur ses enfants que sur la sphère extra-familiale et à l'opposé des gens madame Le Gendre qui seraient comme monsieur Barrella qui lui a des petites filles dont Lianette est une copine dont Rosette est une copine qui vont aller pardon chercher dans l'entourage mais qui vont pas toucher à leurs enfants oui tout à fait ça peut exister aussi parce qu'on va lui poser la question c'est en fait on va parler c'est important je pense de parler des auteurs de violences sexuelles au pluriel parce que même si effectivement on peut trouver des traits spécifiques et sur le plan criminologique c'est-à-dire dans la façon de passer à l'acte et sur le plan du fonctionnement psychique en même temps chaque auteur est singulier donc c'est vraiment très important à chaque fois d'où l'intérêt la prise en charge des auteurs de violences sexuelles et des évaluations qu'on peut faire aussi bien en milieu carcéral qu'en milieu ouvert puisqu'effectivement qui dit prise en charge en milieu carcéral dit continuité des soins à l'extérieur en milieu ouvert et donc les évaluations notamment visent à ça comprendre le niveau de fonctionnement et la manière de fonctionner de ces auteurs et c'est toujours important de considérer la singularité la singularité de chaque auteur de violences sexuelles c'est pour ça on parle d'agresseur sexuel moi j'ai envie de parler je ne suis pas la seule d'auteur de violences sexuelles parce que chaque auteur est singulier et malgré je viens de le dire aussi malgré la monstruosité de certains actes on est toujours dans l'humain on est toujours dans l'humain
vous n'êtes pas d'accord avec ce que disait Pierre Desseaux Gérald Darmanin quand il a dit je pense que les pédocriminels sont incurables personnellement il a dit ça sur notre plateau lundi dernier
voilà je ne suis pas du tout d'accord et je bouillonnais je suis heureuse de pouvoir en parler ce soir je partage avec l'ensemble des professionnels que nous avons une obligation parce que incurable ça veut dire pas soignable on parle quand même on est dans le soin quand on parle les pédocriminels sont incurables je le pense personnellement voilà et je pense que en tant que soignant notamment il est important de considérer malgré la gravité des actes malgré la lourdeur des actes malgré la monstrosité des actes la pédocriminalité c'est quand même le pédocriminel le pédophique c'est quand même un quart de la figure du monstre je crois que c'est important de penser qu'il y a toujours même comme dirait l'expert mon expert un ami et expert Daniel Zaguri qu'il y a toujours un epsilon d'espoir et donc je pense que nous avons une obligation éthique de penser que c'est possible et de mettre en place les moyens nécessaires pour les soigner et d'adapter les stratégies thérapeutiques nécessaires Maître ça vous a fait réagir aussi ce qu'a dit Gérald Darmanin sur le côté incurable des pédocriminels en fait si vous partez du principe qu'un justiciable même s'il doit être condamné et condamné définitivement est incurable c'est un aveu d'échec pour tout le monde c'est-à-dire que toute la chaîne judiciaire le sens de la peine le sens du soin en fait malheureusement je vais vous le dire il y a des moments où à échelle humaine on ne peut pas voir les solutions je voulais juste dire quelque chose il y a quelque chose de très intéressant dans ce qu'a dit Caroline Legendre c'est qu'en fait elle ne resitue pas que l'individu face à son crime elle resitue aussi l'individu dans sa famille dans sa généalogie et il y a une approche en psychogénéalogie qu'elle propose me semble-t-il en tout cas qui donne en fait un autre relief et face aux crimes les plus importants à mon avis il faut faire rentrer l'ensemble de la famille dans un travail thérapeutique
Victor Hérault c'est vrai qu'elle a fait beaucoup réagir cette phrase du ministre de la justice Gérald Darmanin beaucoup de psychiatres se sont élevés contre cette petite bombe même s'il l'a dit personnellement ça a fait énormément réagir cette semaine
il dit personnellement mais c'est en tant que ministre de la justice qu'il le dit donc ça compte quand même oui c'est une phrase qui peut marquer énormément parce qu'elle rompt aussi avec une tradition française justement de la justice qui considère parce que c'est le point de vue de la justice là c'est pas un point de vue médical point de vue de la justice qui considère que chaque justiciable justement peut-être soignable en tous les cas peut-être réinsérable peut-être réadaptable à la société c'est d'ailleurs pour cela que la France a aboli la peine de mort c'est considéré que non même le pire des criminels peut avoir l'espoir d'un avenir meilleur en tous les cas la société peut avoir l'espoir que ce criminel aussi mauvais soit-il puisse être guéri ou puisse être réinséré à la fin ça rompt avec quelque chose mais ça répond aussi si vous voulez ce sont des questions qui doivent être posées je pense que sur ce genre de sujet qui est ô combien difficile mais ô combien important la priorité doit être de faire en sorte que les violences physiques et sexuelles faites aux enfants puissent diminuer en tous les cas que la justice fonctionne davantage si ça nous oblige à poser des questions qui peuvent être désagréables face à la pression
face à la pression populaire aussi peut-être Victor Hérault il y a peut-être une sortie politique
peut-être une surenchère peut-être aussi une prise de parole peut-être qui n'était pas calculée peut-être aussi de se dire il faut que j'y aille fort pour pouvoir marquer le coup parce que la colère est forte tout à fait et d'ailleurs c'est une colère très saine mais ce que je dis c'est que n'importe quelle question qu'on puisse y répondre par oui ou par non à la fin d'un débat n'importe quelle question mérite d'être posée est-ce que le sujet est curable ou pas c'est une question qui mérite d'être posée quitte à ce qu'on réponde à la fin au terme d'un débat avec des scientifiques avec des membres de la justice de répondre oui il est parfaitement curable cette question est écartée passons à autre chose
mais Philippe Podjankiewicz quand il dit ça on peut se poser aussi la question est-ce que quand on dit ça c'est pas aussi la faillite un peu de notre société quelque part ?
j'ai envie de dire vous dites incurable si on ne peut pas soigner c'est vrai mais moi je veux dire par là aussi est-ce qu'ils sont récupérables ? oui voilà c'est pas la même chose c'est pas la même chose oui c'est ça bon d'accord on parle de l'incurable etc bon ok et moi c'est pas ce mot que je dis est-ce qu'ils sont récupérables ?
parce que on vient dire des fois les x pourcentages qui passent par la case prison sont irrécupérables voilà ce qu'on entend aussi alors c'est là la question qui m'interpelle c'est récupérer ces gens-là parce que bon voilà quelque chose d'incurable oui bon il y a des maladies qui sont incurables qu'on ne peut pas soigner qu'on ne peut pas guérir mais ok mais là je pense que le mot oui c'est
très rapidement je crois qu'on se trompe de ce débat là on met la focale sur ceux qui soit se sont dénoncés en tant que pédophiles soit sur ceux qui ont été attrapés qui ont été mis en prison et on se demande s'ils peuvent être insérés on ne traite pas là du tout toute la question de ceux qui ne sont pas attrapés parce que de communication de moyens de méthode c'est là l'iceberg il est ici là on ne regarde que la pointe de l'iceberg c'est-à-dire ceux qu'on a réussi à condamner
très vite je suis plutôt d'accord avec le ministre je vais vous faire bondir je suis plutôt d'accord je suis allé voir des gens en prison j'en ai rencontré plein et des voyous des gangsters et dont un auquel je me suis attaché qui est sorti de prison et l'histoire est sur internet on la voit partout Patrick Guillemin ancien braqueur qui s'est a changé de vie mais je ne crois pas trop à ça pour les pédocriminels je n'y crois pas trop
donc vous êtes d'accord avec Gérald Darmanin ?
oui je parle du pédocriminel meurtrier du pédocriminel multirécidiviste Francis Evrard Christian Van Gelhoven Denis Vaccin des prédateurs tous ces noms des vrais prédateurs ceux-là je pense qu'il ne faut pas les laisser ressortir en tout cas le débat est désormais c'est pas la même chose c'est pas la même chose de ne pas les laisser ressortir et de quand même tenter des soins bien sûr évidemment qu'il faut les soigner et
Jean-pierre Grand