Bartolomé Lenoir, député UDR de la Creuse | La politique et moi
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il a créé une entreprise de chaises "made in France", mais c'est son combat pour faire baisser les impôts qui a fini par le rapprocher de la politique. Proche d'Eric Ciotti, mon invité siège au sein du groupe UDR à l'Assemblée. Générique --- -Bonjour, Bartolomé Lenoir. -Bonjour, merci de votre invitation. -Avant de vous engager en politique, vous étiez à la tête d'une association qui vous a permis d'interroger les différents candidats à la dernière présidentielle.
On va revoir un extrait d'un de ces entretiens, c'était avec Valérie Pécresse. -C'est vrai. Merci beaucoup de répondre aux questions de Contribuables Associés.
Je voudrais commencer par une question très simple : y a-t-il trop d'impôts en France ? Contribuables Associés demande la suppression des droits de succession et de donation. C'est une cause importante pour nous.
Quelles sont vos propositions en la matière ? Comptez-vous abroger l'IFI ? -C'est moi qui ai fait ce montage, juste de vos questions, parce que c'est les questions qui m'intéressaient.
On voit que vous êtes vraiment très centré sur cette question de l'impôt. C'est normal, l'association, c'était Contribuables Associés, autour de 300 000 adhérents, c'est ça ? -Oui, plus de 300 000 adhérents, c'est une des plus grosses associations françaises. -Bon, et alors d'où vous vient cette obsession pour les baisses d'impôts ? -Non, alors, ce n'est pas que les baisses d'impôts, l'obsession.
Il y a deux pôles. C'est, d'un côté, la baisse des dépenses, puisqu'on ne pourra baisser les impôts que si on baisse les dépenses publiques. Et je pense que, si vous voulez, tout ça, les baisses d'impôts, c'est le pendant de l'amélioration de ce qu'on appelle le pouvoir d'achat des Français.
Je pense qu'en fait, le pouvoir d'achat des Français est diminué des impôts qu'on prélève. Plutôt que de donner sans cesse, il faut baisser la charge qui pèse sur les Français pour augmenter le pouvoir d'achat. Et en circonscription, dans la Creuse, je me rends compte des difficultés au quotidien des Creusois pour acheter les choses les plus simples. -Mais l'impôt, c'est aussi le pouvoir qui est donné à l'Etat de mener des politiques publiques, de développer des services publics qui sont importants.
C'est aussi un de vos combats. Donc, c'est quoi le bon niveau d'impôt en France ? -Le bon niveau d'impôt, ce n'est pas celui où nous sommes actuellement.
Nous sommes, comme on dit toujours, les champions du monde des impôts. Et effectivement, nous sommes le pays où il y a le plus de prélèvements obligatoires. Quand on ajoute l'ensemble des impôts, taxes, etc., on a un taux de prélèvement obligatoire de près de 45 %.
Et le bon niveau d'impôt, c'est celui qui, justement, permet d'assurer un service public de terrain, je suis très attaché à cela, mais qui n'empêche pas les Français de vivre et de pouvoir vivre. -Le corollaire de l'impôt, c'est la dépense publique. Est-ce que vous êtes partisan de la méthode Milei, donc sortir la tronçonneuse, comme il le fait le président argentin, pour sabrer dans les dépenses publiques ? -Alors, la méthode Milei, je pense, est adaptée, si vous voulez, à l'Argentine, à ce pays-là.
Donc, la méthode en elle-même, je ne sais pas s'il faut que ce soit la tronçonneuse en France, mais en revanche... je suis tout à fait partisan de couper massivement dans les dépenses publiques et à minima, si vous voulez, de pouvoir faire, et je pense que c'est ça la méthode qu'il faudrait utiliser, de faire un audit très rapide des dépenses de l'Etat en disant une seule chose, est-ce que c'est utile et est-ce que ça coûte le coût que ça devrait coûter ?
Et je pense qu'en analysant ces deux choses-là, on peut ensuite faire de grandes économies pour les dépenses publiques et réinvestir dans le service public de terrain. -Cette image de la tronçonneuse a été reprise par Eric Ciotti lors du Forum des libertés. Il veut s'inspirer de ce qu'a fait Elon Musk avec ce qu'on a appelé le DOGE aux Etats-Unis pour réduire massivement les dépenses de l'Etat fédéral américain.
Il défend aussi le bitcoin et il plaide pour un Etat minimal. Tout ça, ce sont des marqueurs politiques d'un mouvement de pensée qu'on appelle le libertarianisme. Est-ce que vous vous retrouvez dans ce mouvement-là ? -Je refuse qu'on me catalogue dans quelque chose pour en faire une récupération politique et pour décrédibiliser.
C'est pour ça que je... -Vous vous méfiez de ça ?
Vous n'êtes pas le M. Jourdain du libertarianisme ? Vous en faites sans le savoir ? -Non, ce n'est pas du tout ça.
Mais souvent, quand on a une idée, je trouve, en politique, on essaye de vous remettre dans une case en utilisant soit l'international, soit les sujets nationaux, pour décrédibiliser votre idée, je pense qu'elle est très bonne. Je pense que l'UDR porte la diminution massive des dépenses publiques pour réinvestir dans le service public de terrain. Et il faut y voir une solution française et un modèle français. -Vous êtes un jeune député, mais vous ne vous êtes pas engagé en politique très jeune, comme le font certains députés.
Vous avez d'abord eu une brève carrière d'entrepreneur avec La Chaise Française. C'était quoi exactement ? -Alors, en fait, il y a quelques années, beaucoup d'entreprises ont choisi d'utiliser une marque "made in France" pour vendre, donc un marketing "made in France".
Et nous, on a voulu faire ça pour le mobilier, parce qu'il n'y avait pas, à l'époque, de mobilier qui défendait un marketing "made in France". Et donc, quand je suis sorti d'école, j'ai voulu défendre la fabrication de meubles en France. Et ce qui était incroyable, c'est que la chaise, vous voyez tous les deux, on est sur un fauteuil aujourd'hui, mais la chaise est un produit, aujourd'hui, qui n'était plus fabriqué en France, alors que c'est un produit élémentaire que tous les Français utilisent chaque jour. -Et ça a marché ? -Ca a marché, très bien. -Pourquoi vous n'avez pas continué ? -Quand on crée une entreprise, son premier métier, et ça, ça m'a beaucoup appris, c'est d'être commercial.
Et les dirigeants, c'est une petite entreprise, les dirigeants sont des commerciaux. Et au bout d'un moment, j'ai bien compris que j'avais une envie de défendre des idées, de me battre pour des idées. Mais j'ai beaucoup aimé me battre pour des produits et pour une industrie.
Mais voilà, j'avais d'autres envies et ça s'est fait comme ça. -Alors, la politique, elle est arrivée dans votre vie plus tard. C'est donc votre activité à la tête des Contribuables Associés qui vous a permis de rencontrer Eric Ciotti.
Eric Ciotti qui vous a embauché au sein des Républicains. Quel était votre rôle, exactement, à ses côtés ? -Alors, en gros, il m'a embauché pour créer un média, le média des Républicains, qui s'appelait Une Certaine Idée, qu'on avait repris de Philippe Séguin, qui avait créé ça avec Jean de Boishue au milieu des années 90, pour, si vous voulez, faire une réflexion, rencontrer des personnes et ne pas s'isoler, ne pas faire des LR un parti isolé.
Et donc j'avais cette mission de rencontrer énormément de personnes, d'enregistrer ces entretiens, de les diffuser aux militants et ensuite d'en restituer des notes à destination de l'ensemble des personnes chez les LR. -Vous avez cité Philippe Séguin. C'est drôle parce que vous vous revendiquez de Philippe Séguin.
Sauf que pour moi, Philippe Séguin, c'est le souverainisme, mais c'est aussi une droite sociale. Et là, j'ai du mal à trouver cette dimension-là chez Eric Ciotti. -La baisse des dépenses publiques, c'est la meilleure utilisation de l'argent public.
Si vous voulez, quand il y a trop d'argent public, on n'est plus efficace, il y a une perte d'efficacité. Il faut bien comprendre ça, c'est que la baisse de la dépense publique va avec l'efficacité de la dépense publique. La baisse des dépenses publiques permet de recentrer les dépenses sur ce que j'appelle, et je le dis toujours en réunion de groupe, sur le service public de terrain.
J'ai obtenu très récemment d'avoir un pôle de dentiste à l'hôpital de Guéret. Je suis très attaché à cette dépense publique-là. Il ne faut pas, vous voyez, voir la baisse des dépenses publiques comme une coupe.
C'est pour pouvoir être plus efficace et pour pouvoir baisser les impôts des Français. -Au moment de la dissolution en 2024, vous avez suivi Eric Ciotti quand il a décidé de s'allier avec Marine Le Pen. Et dans la foulée, vous êtes présenté aux législatives dans la Creuse.
Pendant votre campagne, vous avez reçu le soutien personnel de Marion Maréchal. Vous êtes politiquement sur la même ligne qu'elle ? -Ah bah c'est sûr, on est, si vous voulez, avec Marion Maréchal, les membres du Rassemblement national, ceux de l'UDR, partisans de ce qu'on appelle et ce que nous on défend, parce que l'UDR c'est l'Union des Droites pour la République, d'une union autour des valeurs qui sont très fortes en nous et qui représentent peut-être 95 % de choses en commun. -L'union des droites, vous la défendiez déjà quand vous étiez au sein des Républicains ? -J'ai toujours défendu cette vision.
J'ai toujours été favorable à l'union des droites. -Dernière question avant de passer au quiz. En me baladant sur vos réseaux sociaux, je suis tombé sur des photos de vous et de votre van.
Vous circulez dans votre circonscription avec ce van, avec votre photo en grand dessus. -Exactement. Alors, de l'autre côté, il n'y a pas que moi.
Mais... -Mais ça...
Vous faites ça toutes les semaines ? -Oui, quasiment. -C'est pas "gadget" ? -Non, c'est ma seule permanence.
Donc, si vous voulez, les Creusois reçoivent un message, on a des demandes de rendez-vous et quand je vais à tel endroit, j'essaie de couvrir la Creuse. -Parce que votre circo est très étendue ? -C'est la plus grande de France, je pense.
Enfin, 255 communes, le département entier. Il y a que moi et la Lozère pour un département entier. Et donc soit que j'ai une permanence à Guéret et ça veut dire que des personnes qui sont à une heure de Guéret doivent faire une heure de route, soit j'utilise une méthode un peu novatrice, ce van, pour pouvoir aller à la rencontre et surtout pour pouvoir, parce que c'est ça, pour pouvoir aller dans des communes, des villages qui ne voient jamais un élu, leur député, etc.
Et voilà, j'ai voulu faire ça et j'en suis très heureux. -On va passer à notre quiz à présent. Je crois que vous n'aviez pas vécu dans la Creuse avant d'être élu député. -Alors si, quand même un petit peu, bien sûr. -Vous aviez une attache familiale, mais vous n'aviez pas vécu. -Plus que ça, mes parents y ont vécu. -On va vérifier votre connaissance de ce magnifique département avec un quiz spécial Creuse.
Laquelle de ces trois personnalités n'est pas née dans la Creuse ? On a Thierry Ardisson, Hubert Védrine et Roland Dumas. -Thierry Ardisson, je sais qu'il est né dans la Creuse parce que lors de son décès, je l'ai appris.
Hubert Védrine réside de façon assez régulière, j'en ai parlé avec lui d'ailleurs, dans la Creuse. Et Roland Dumas, je n'avais pas connaissance, mais peut-être, donc je dirais que Roland Dumas n'est pas né dans la Creuse. -Vérification.
Effectivement, il est né à Limoges, pas très loin. -Pas très loin, pas très loin. -Je vous propose trois spécialités de la Creuse en photo et il va falloir que vous retrouviez... -Alors, le creusois au milieu, qui ressemble pas au creusois classique, mais c'est le creusois au milieu. -Le creusois, vous expliquez. -C'est le gâteau creusois. -Avec... -C'est le gâteau creusois qui... -Des noisettes ? -Exactement, et qui est délicieux. -A gauche ? -A gauche, je dis, ça... -C'est une sorte de clafoutis. -Oui. -Mais pas la cerise.
Je vous donne deux indices. -Mais je ne l'ai pas...
C'est pas un plat que...
Peut-être, mais... -Bon, alors, le plat de droite ? -Le plat de droite, c'est un plat un peu divers, qu'effectivement, on me propose souvent.
Je dirais plutôt que c'est le plat de gauche, le clafoutis, qui n'est pas de la Creuse. -Là, il faut trouver les noms. Les trois sont de la Creuse. -D'accord.
Du coup, le creusois, et je n'ai pas les noms des deux autres. -Alors, à gauche, c'est la flognarde, c'est un clafoutis aux abricots. Et à droite, c'est le fondu, le fondu creusois. -Ah oui, d'accord.
Très bien. Le fondu creusois, mais la photo n'est pas facile. -Oui, peut-être que la photo n'aide pas.
Une dernière question. Quel est l'ancien nom de la creuse ? -La Marche. -Oui.
Vérification, mais... bravo. -La Marche, c'est plus étendu. -Oui, ça va un peu au-delà.
Ca inclut toute la creuse et ça allait au-delà. -Exactement. La creuse était une zone un peu tampon entre différents duchés français.
Et aujourd'hui, c'est vraiment bien identifié comme la Creuse, mais c'était la Marche, historiquement. -Ca fait de vous un député en marche ? -Non, pas du tout. -Ils rient. -Merci beaucoup. -Merci d'être venu dans "La politique et moi".
Générique de fin
Bartolomé Lenoir