BFMTV face-to-face interview, Thursday, September 4, 2025 | Laurent Wauquiez
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Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Wauquiez. Merci de répondre à mes questions ce matin. D'ailleurs c'est la première fois que vous acceptez de répondre à une inaudible depuis votre défaite face à Bruno Retailleau pour la présidence du parti en mai dernier. Vous êtes, Laurent Wauquiez, le président du groupe droite républicaine à l'Assemblée nationale. Vous avez écouté François Bayrou hier. Vous l'aviez rencontré la veille à Matignon. Avez-vous été convaincu ?
J'ai été déçu. Moi j'aime bien que les choses soient claires. Quand je suis allé voir François Bayrou mardi, je lui ai dit qu'il y a des choses qu'il fallait qu'il bouge. Et que ce qui ne passait pas, c'était le sentiment que c'était toujours les mêmes qu'il payait. Certes dans son budget il y a des économies, mais il y a beaucoup d'augmentation d'impôts déguisés. Et qui tombe sur les mêmes, c'est-à-dire la France qui travaille, la France qui a travaillé toute sa vie, avec pour nous les députés républicains cette mesure qui est quand même très symbolique, qui a heurté, qui est la suppression des deux jours fermiers sans même de salaire en face. Pourquoi ça ne va pas ?
Je ne pense pas que vous redressez la France en faisant du mal à la France qui travaille. Et donc nous ce qu'on a proposé...
Vous lui aviez dit ?
Je lui ai dit, on a fait une proposition qui est très simple, plutôt que de s'attaquer aux deux jours fermiers de ceux qui travaillent, on s'attaque aux 365 jours fermiers de ceux qui profitent du système. Et les économies, on ne demande pas moins d'économies, on propose plus d'économies avec un projet de loi contre l'assistance.
Il vous avait répondu quoi ? C'est-à-dire que vous pensiez qu'hier, il allait officiellement dire qu'il renonçait à la suppression de ces deux jours fermiers ?
Il me donne son accord mardi, il me dit qu'il est prêt à bouger dessus et qu'il trouve que ça a du sens. Et donc je m'attendais à ce que mercredi matin à votre micro, les choses soient claires. Et d'ailleurs j'ai vu que vous-même vous étiez hérité, parce que tout simplement la parole n'était pas claire. On est à quelques jours du 8 septembre, on n'est plus dans un contexte où on dit peut-être, éventuellement, la discussion peut être ouverte. Il faut que les choses soient simples, il faut que les Français comprennent ce qu'on propose de lui.
Lui, avez-vous reparlé depuis ?
Non, je ne l'ai pas encore fait. Mais notre proposition à nous, elle est très précise. On l'avait faite quand il a été nommé, on l'a reformalisée avec tous les députés de mon groupe. L'objectif c'est quoi ?
Mais vous arrivez au même chiffre, c'est-à-dire que, pardon mais pour être tout à fait précise, effectivement hier il n'a pas dit je renonce à la suppression des deux jours fériés, il a dit je suis ouvert à l'idée de renoncer à ces deux jours fériés, s'il y a en échange une autre source d'économie qui permette d'arriver au même résultat, 4,7 milliards.
Alors je le redis parce que jusqu'au bout j'espère qu'on va y arriver, la suppression des deux jours fériés c'est 4 milliards d'euros d'économie. Nous ce qu'on propose c'est de fusionner toutes les aides sociales, dans une seule aide sociale, plafonner à 70% du SMIC, pour que dans tous les cas de figure on ne gagne pas plus d'argent en restant chez soi qu'en allant travailler. Je ne veux pas être caricatural, c'est-à-dire je veux qu'on garde du social, mais qu'on arrête l'assistanat et qu'on revalorise le travail. Cette mesure-là, nous l'avons évaluée à 7 milliards d'euros d'économie.
Elle peut être mise en place tout de suite, il suffit de voter une loi sur ce sujet avant même le budget et ça permet de le faire.
Mais elle passe cette loi ? Cette loi, vous pensez qu'elle passe ? Avec l'Assemblée telle qu'elle est aujourd'hui ?
Je suis convaincu qu'elle passe et je voudrais rajouter quelque chose. Tous les Français voient la situation de blocage de l'Assemblée nationale. Je pense que ça les préoccupe tous de voir aussi cette instabilité. Il y a un outil que je considère qu'on aurait dû utiliser et qu'il faut qu'on utilise à l'avenir. Quand il y a un blocage, on peut passer par référendum. Le référendum est là pour ça dans nos institutions.
Vous en parlez tous, il ne sort jamais.
Oui, je suis bien d'accord. C'est pour ça que je me bats là-dessus avec Constance. Le général de Gaulle l'a utilisé cinq fois. A lui tout seul, plus que tous ses successeurs. Vous m'interrogez, vous me dites est-ce que ça passe ? Je pense que ça passe à l'Assemblée. Mais si ça ne passe pas, on interroge les Français. C'est quand même normal que sur ces questions d'équilibre, l'équilibre entre le social, l'assistanat et le travail, les Français puissent trancher.
Vous avez dit, Laurent Wauquiez, que vous aviez été déçu. Déçu au point d'hésiter sur la confiance ?
Il faut être très simple. Pour un grand nombre de députés des Républicains, oui, ça pose un gros problème pour le vote du 8. Parce que l'ADN de notre groupe, la voix des Républicains, et je suis attaché à ce qu'elle porte sa singularité et ce qu'on veut défendre, nous, pour le redressement du pays, c'est la défense de la France qui travaille. Et souvent à votre micro, j'ai parlé de ces sujets. La France qui travaille, la France qui a travaillé toute sa vie. On a fait des propositions régulières sur ce sujet. Notre groupe n'a jamais été dans la posture. C'est-à-dire qu'on n'est pas là, on ne fait pas partie de ceux qui disent de toute façon...
Il faut participer à ce gouvernement. Il y a dans ce gouvernement actuellement des membres, et pas des moindres, puisque le président du parti.
Bien sûr. Et c'est donc pour ça que jusqu'au bout, j'espère que le Premier ministre va nous entendre.
Mais vous n'êtes pas convaincu ?
Aujourd'hui, je le dis...
S'il ne dit pas cette fameuse phrase que vous espériez qu'il dise hier, « je renonce à supprimer les deux jours fériés » et d'autres points éventuels, vous ne voterez pas pour la confiance ? Vous pourriez vous-même vous abstenir ?
Alors, je vais vous répondre sur moi et je vais vous répondre sur mon groupe. À terre aujourd'hui des Républicains, si jamais cette voix de la France qui travaille n'est pas entendue, il y aura un grand nombre de députés qui ne voteront pas le 8. Il y aura une majorité, je le pense, qui votera pour, mais il y a un grand nombre de députés qui ne voteront pas, tout simplement parce que c'est le cœur de nos convictions, c'est le cœur de ce qu'on défend. Ce n'est pas comme si on venait en disant « on veut moins d'économie ». On vient en disant « on veut plus d'économie ».
On a travaillé une proposition, elle permet de revaloriser la France qui travaille et elle correspond aussi à des convictions très fortes. J'ai géré ma région Auvergne-Rhône-Alpes pendant 8 ans. Les gens ont adhéré au programme de baisse des dépenses de fonctionnement que j'ai proposé, mais il y avait une contrepartie. La contrepartie, c'était l'engagement. Pas d'augmentation d'impôts, pas d'augmentation de taxes. Si on veut entraîner les gens, il faut qu'il y ait un contrat qui soit clair.
Je vous repose la question. Vous, à titre personnel, au moment où l'on se parle, vous votez la confiance ou non ?
Moi, je la voterai. Je la voterai sans enthousiasme. Vous l'avez compris. Mais par esprit de responsabilité. Parce que je ne veux pas mêler mes voix à la France insoumise. Parce que je considère, et je vous l'ai dit, que dans la période actuelle, l'instabilité politique est catastrophique pour notre pays. Et puis, vous le savez, j'aime l'histoire. Georges Pompidou a été Premier ministre pendant 6 ans. Ça lui a permis de faire des grandes choses pour notre pays. En moins de 2 ans, on va avoir éclusé 4 Premiers ministres. Je pense que c'est pas bon. Et donc, personnellement, moi...
Vous êtes pour qu'il reste Premier ministre et encore le plus longtemps possible.
Je suis pour le fait qu'on donne un minimum de stabilité au pays. Après, vous l'avez compris, je ne suis pas très enthousiaste. Et j'ai été quand même déçu, parce que je m'attendais à ce que, hier, les choses soient plus claires. J'espère qu'aujourd'hui, demain, ce sera clarifié et de façon beaucoup plus nette. Parce que les Français ont besoin de comprendre. Qu'on leur dise, oui, on va faire un effort budgétaire. En contrepartie, il n'y a pas d'augmentation de taxes et d'impôts. On protège la France qui travaille et qui a travaillé toute sa vie. Et on assume de dire, on arrête l'assistanat. Ça demande du courage politique.
Oui, ça demande du courage politique à un moment d'arrêter l'assistanat.
Il l'a dit ici à ce micro. Pour lui, c'est du bon sens que d'être plus strict sur les règles de l'AME. Il y a ce projet de décret qui est soumis aujourd'hui à l'assurance maladie, avec l'idée à la fois de pouvoir plus difficilement en bénéficier, ou en tout cas de devoir montrer davantage de papiers d'identité. Et puis, dans l'accès à certains soins, comme la balnéothérapie, les prothèses auditives, les lunettes, la chirurgie réparatrice, de devoir être bénéficiaire de l'AME depuis au moins neuf mois, pour pouvoir y prétendre. Est-ce que vous estimez que ce sont des bonnes décisions ? Est-ce que ce décret doit paraître ?
Tant mieux. Mais que de temps perdu. Vous savez que là aussi, ça fait des mois qu'on demande ça. Et qu'on dise les choses simplement. C'est-à-dire, on peut demander des efforts aux Français, mais pas si dans le même temps, on donne un accès plus généreux que ce qu'ont les Français qui cotisent à notre système de protection sociale, à des étrangers parfois même, qui sont sur notre territoire de façon irrégulière. Et donc là, ce que vous évoquez, c'est quelques ajustements bienvenus. Mais enfin, si je dis les choses comme je le pense, ce n'est pas à la hauteur des changements structurels qui sont nécessaires.
On passe par décret, un peu en catimini, à la dernière minute, ça a été proposé par le gouvernement, à l'assurance maladie, mardi. Ça vous paraît normal, cette méthode ?
Moi, je préfère toujours qu'on fasse les choses. Même si c'est à la dernière minute, même si c'est par décret, un décret, ce n'est pas par catimini, un décret, c'est le pouvoir du gouvernement. Et donc, je n'ai pas de problème avec ça. Ce qui me gêne, en revanche, c'est que ça n'a pas été fait avant. Ce qui me gêne, c'est que ce ne soit pas plus vigoureux. Et il y a un autre sujet auquel il faut s'attaquer, c'est le titre de séjour pour soins. Parce qu'on parle souvent de l'AME, mais on oublie cette autre polémique. Est-ce que vous savez que notre pays délivre des titres de séjour ?
Tout à fait. C'est quelque chose qui a été créé en 1981. Initialement, parce que François Mitterrand disait, ça va permettre à certains qui n'ont pas accès aux soins, soignés en France. Aujourd'hui, il n'y a plus mention de ce traitement en particulier. Effectivement, c'est ouvert quasiment à tous pour à peu près tous les soins.
Vous avez tout dit. Et à l'arrivée, il y a une dérive totale. Et on se retrouve avec des coûts qui explosent et qui ne sont pas documentés, puisque l'assurance maladie n'est même pas capable de nous dire combien ça coûte. Et donc ça, ça fait partie des choses qui, quand on avait les moyens très bien, et dans un pays qui est à la recherche de chaque euro, il faut arrêter.
Donc pour vous, il faut s'attaquer non seulement à l'AME, mais aussi à ce titre de séjour pour soins.
Et pas quelques petits ajustements. Un vrai arrêt de ces dispositifs.
Laurent Wauquiez, est-ce que vous pourriez travailler avec la gauche ?
Je vais essayer de répondre...
Je ne sais pas, ça vous fait rire, mais en Allemagne, ils arrivent à le faire. Chez nos voisins, ils arrivent parfois à se mettre d'accord.
Bien sûr. Et c'est pour ça que je vais répondre à cette question. Je considère qu'il faut qu'on change la méthode sur la constitution du gouvernement. Aujourd'hui, on a un système de gouvernement où, c'est votre question, est-ce que vous êtes capable de travailler avec Bruno Faure ? Est-ce que vous êtes capable de travailler avec la gauche ?
Je crois qu'il s'appelle Olivier, mais...
Olivier Faure.
Bruno Retailleau, Olivier Faure. Mais si vous fusionnez les deux...
Non, Bruno Faure, ça va vous faire sourire, c'est le président du camp. Et c'est un ami. Très bien. Je l'adore. Donc, Olivier Faure. Et on s'interroge avec... En gros, on constitue le gouvernement, on fait un chèque en blanc à une personnalité. Mais c'est n'importe quoi en termes de fonctionnement.
Pardon, mais c'est ce que les socialistes ont fait avec ce gouvernement-ci. Ce n'était pas quelqu'un qui était issu de leur rang. Et ils ont dit, on s'abstient, on ne le censure pas.
Et visiblement, leur parole n'a pas duré très longtemps. Mais je vous le redis, c'est n'importe quoi. Parce que pour moi, il ne faut pas fonctionner comme ça. Il faut fonctionner en commençant par se poser sur qu'est-ce qu'on va faire ensemble. Quelle feuille de route ? Quel pacte de gouvernement ? Et je souhaite qu'à l'avenir, pour le prochain gouvernement, s'il y en a un, les Républicains se prononcent sur cette base et sur cette base seulement. Parce que la question, ce n'est pas de faire un chèque en blanc à une personne. C'est de se demander qu'est-ce qu'on est prêt à faire ensemble.
C'est d'ailleurs le fonctionnement, vous l'avez évoqué, en Allemagne, en Italie, où les gens se sont mis autour de la table avant et ont défini ce qu'ils allaient faire. Parce que pourquoi est-ce qu'on a de l'instabilité ? On vote pour quelqu'un, on ne sait même pas ce qu'il veut faire.
Est-ce que vous pourriez travailler avec le RN ?
Alors, maintenant je vais répondre à votre question. Sur cette base-là, en tant que tel, je ne cherche pas à dire que je ne pourrais jamais travailler avec un tel ou un tel. Mais enfin, je regarde quand même quels ont été les propos des socialistes au cours des derniers jours. Aucune économie, plus d'impôts, plus d'immigration. Vous comprendrez que pour moi, en termes de conviction, c'est difficile.
Donc, Olivier Faure, c'est non, vous censureriez de manière quasi évidente.
Et pas parce qu'en tant que tel, c'est le Parti Socialiste, mais juste parce que ceux qui correspondent n'aient pas mes convictions.
Alors maintenant, je vous pose la question pour le RN. Est-ce que vous pourriez travailler avec le RN ?
Pardon, on est sur des scénarios de politique fiction totale.
Non, parce que là, vous avez commencé au début à me parler d'une loi qui redéfinirait les choses en matière d'assistanat. C'est un très bon exemple. Et cette loi-là, vous m'avez dit, elle passe. Mais moi, dans ma tête, je fais des calculs. Je me dis, si vous pensez qu'elle passe, c'est parce qu'elle passe avec les voies du RN. Donc, il y a bien des moments où vous vous dites qu'il faudrait bosser ensemble.
Non, mais votre exemple est très bon. Sur ce sujet de l'assistanat, quels sont les propos du RN ? Ils sont contre. Ils ne veulent pas qu'on régule l'assistanat. Et c'est pour moi un des vrais points de très forte divergence avec le RN. Le RN n'est pas sur une approche où ils sont prêts à assumer de dire qu'il faut arrêter l'assistanat pour revaloriser le travail.
Donc, si, prenons le même scénario dans l'autre sens, Olivier Faure d'un côté, Jordan Bardella de l'autre, vous censurez pareillement ?
Non, et là-dessus, je veux être bien clair, on a pris un engagement, nous. On ne censure pas. C'est-à-dire qu'on ne censurera pas un gouvernement socialiste, on ne censurerait pas un gouvernement du RN. Pourquoi ? J'essaie d'être cohérent avec ce que je vous dis. Je vous dis que je suis pour la stabilité politique. Nous ne faisons pas partie de ceux qui font tomber des gouvernements dans ce pays. Tout simplement parce que, quel qu'il soit, je pense que l'instabilité, c'est catastrophique pour le pays.
Nicolas Sarkozy estime que le RN est, aujourd'hui, dans l'arc républicain. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
Oui, bien sûr. Vous avez évidence ? Évidemment. Un parti qui se présente à des élections, qui a des élus, et qui n'est pas interdit et qui est légal, bien sûr qu'il est dans l'arc républicain.
Nicolas Sarkozy considère aussi que seule une dissolution pourrait résoudre la crise actuelle. Là, par contre, vous n'êtes pas d'accord, j'ai l'impression.
Non, je ne suis pas d'accord. On a eu cet échange avec Nicolas Sarkozy. Vous savez, on est très proche. J'adore échanger avec lui. J'aime son côté à mettre des pavés dans la mare. J'aime ça chez lui. J'aime cette fougue. J'aime le panache. Moi, j'aime la politique qui a de l'aspérité et du tempérament. Pourquoi est-ce que je pense que ce n'est pas une solution ? Je regarde les choses. Les sondages, les intentions de vote montrent très clairement aujourd'hui qu'une dissolution donnera à peu près exactement le même résultat s'il n'y a pas de majorité. Vous voyez comme moi le contexte, parce que là, on regarde la France. Vous voyez les turbulences commerciales.
Vous voyez la guerre que nous a déclaré Trump. Vous voyez ce qui se passe en Ukraine. Vous voyez les dangers d'affaissement de l'Europe. Est-ce qu'on pense sérieusement que dans cette période, on peut en plus perdre encore des mois et des mois, refaire une élection pour repartir dans une situation de blocage ?
Donc pour les mêmes raisons, pour vous, qu'il ne faut pas faire tomber un gouvernement, vous estimez qu'il ne faut pas faire tomber l'Assemblée nationale aujourd'hui ?
Mes repères, et j'essaye que dans cette période compliquée, il soit simple, de la stabilité, pour faire un travail qui soit le plus utile jusqu'en 2027, avec une ligne de lecture qui est claire, des économies, pas d'augmentation d'impôts, la défense de la France qui se travaille.
Et une présidentielle anticipée ?
Même réponse, si vous commencez à vous dire en France que parce qu'un président est impopulaire, on lui coupe la tête et on le fait tomber, on aura achevé de perdre les derniers restes de la Ve République. Et je pense qu'ensuite, le pays deviendrait ingouvernable.
Est-ce que pour un candidat de droite, il faudra une primaire ou non ? Je n'ai plus compris, je ne sais plus.
Vous me permettez là-dessus, pardon, et la réponse ne va pas vous plaire, je vais botter en touche. Pourquoi ? Parce que vous voyez l'État, vous voyez ce qui se passe, on est menacé sur notre budget, notre industrie est soumise à une pression incroyable, sincèrement, la question de savoir comment la droite va décider la primaire, elle viendra.
Mais elle viendra peut-être beaucoup plus vite que vous ne l'imaginez. Quand vous regardez le RN qui se prépare, qui la semaine dernière a avancé ses réunions pour savoir qui serait candidat ou quoi, comment, est-ce que vous ne vous dites pas, il faut quand même qu'on soit prêt ? Si ça arrive demain, vous ne savez toujours pas comment vous désignez votre candidat ?
Je vois bien qu'il y a beaucoup de prédateurs en ce moment qui semblent se réjouir potentiellement du chaos et du désordre, je n'en fais pas partie. Vous avez compris ce que fait Mélenchon en ce moment, la récupération du 8 octobre, du 8 septembre, la récupération du 10 septembre, la façon dont il semble se réjouir du désordre, ça n'a échappé à personne. Et donc oui, jusqu'au bout, peut-être que c'est une voie un peu singulière, j'essaye de porter une voie qui soit constructive, qui essaye de faire des propositions, qui fasse le pari qu'on peut s'entendre et qu'on peut essayer quand même de faire avancer.
Je vous pose aussi la question malgré tout, parce que dans les statuts du parti, le mode de désignation du candidat a disparu.
Non, ce qui a été prévu, c'est que ce sera les adhérents qui vont arbitrer. Et donc en temps et heure, on leur fera la proposition. Et vous voyez bien l'espèce de contraste. Enfin là, la question de savoir, c'est est-ce que la France va être sous le redressement de la BCE ? Est-ce qu'on est encore capable de payer nos dettes l'année prochaine ? Comment est-ce qu'on fait en sorte d'avoir un système de santé ou d'éducation qui fonctionne ? La question de savoir si la droite fait une primaire, elle viendra, mais bon. J'essaye de hiérarchiser les problèmes.
Vous en êtes où, vous ?
Je vous ai répondu, j'essaye de hiérarchiser les problèmes.
Non, mais je veux dire, vous en êtes où, vous ? C'est effectivement la première fois que vous répondez à une interview depuis votre défaite pour la présidence du parti. Vous l'avez vécu comment ? Vous en êtes où aujourd'hui ?
Ça n'a pas été facile. Ce n'est pas facile, un échec. J'ai longtemps cru qu'on grandissait par les victoires uniquement. Bon, ben là, j'ai appris à me remettre en question. J'ai pris un peu de temps, vous l'avez dit, un peu de recul. Maintenant, je ne viens pas sur ce plateau pour étaler mes états d'âme. Les Français, ils ont autre chose à entendre. Et donc, ce que j'essaye de faire, c'est d'avoir une voix des Républicaines qui soit forte, qui soit claire. Je pense qu'elle est utile dans la reconstruction du pays. Et je suis fier de l'apporter avec mes députés. Voilà. J'ai fait cet effort de me poser, de me dire où j'en suis. Est-ce que j'ai envie ? Cette flamme, je l'ai. J'ai envie de ça.
J'ai envie de me battre pour mon pays.
Est-ce que vous avez toujours des ambitions ? On le sait. Je veux dire, ça n'était mystère pour personne. Vous aviez des ambitions présidentielles. Est-ce qu'elles se sont évanouies ? Ou est-ce que vous vous dites, ben, le temps fera...
Je comprends que vous me posiez la question. Mais respectez, si vous me permettez, que dans cette période, je ne souhaite pas y répondre. J'y répondrai en temps et heure. Mais là, je considère que ce n'est pas le sujet. On a potentiellement un gouvernement qui tombe le 8 septembre. On voit tous, et vous en parlez, à quel point potentiellement on bascule dans l'inconnu. J'essaye de faire en sorte que les Républicains soient une voix solide et quelque chose de stable dans cette période.
Plusieurs questions en plus. Le Mercosur, qui est à nouveau sur la table. Oui ? Non ?
Il y a une partie qui est très bonne. Parce que dans cette période de guerre commerciale, qu'on puisse aider nos industries, et j'en ai beaucoup dans ma région Verdonalpe à exporter, c'est bien. En revanche, je l'ai toujours dit, ce qui ne me va pas, c'est que dans ces accords, l'agriculture est systématiquement sacrifiée. Et on ne peut pas avoir tous les débats qu'on a eus pendant l'été sur comment défendre l'environnement, toutes les règles qu'on veut faire peser sur l'agriculture française, et ouvrir nos portes et nos fenêtres à des produits qui viennent d'Amérique latine et qui ne respectent aucune des règles d'environnement. Juste un chiffre, mais qui est intéressant.
Vous prenez une viande du Brésil, elle aura émis 10 fois plus de CO2 que la même bonne viande, on parlait du Cantal, au Braque du Cantal. Ce n'est pas possible. Vous ne pouvez pas avoir deux poids, deux mesures, où d'un côté, vous avez les spécialistes qui critiquent non-stop l'agriculture française, et dans le même temps, on ouvre les portes de notre marché intérieur à des produits extérieurs qui ne respectent aucune des règles environnementales.
L'assaillant de Marseille, Abdelkader, tunisien de 35 ans, avait déjà été condamné par la justice. Il avait d'ailleurs à nouveau été en garde à vue cet été, cette fois-ci pour des propos antisémites. Il avait un titre de séjour de 10 ans. Est-ce qu'il faut parfois pouvoir raccourcir les titres de séjour dès qu'il y a condamnation ?
C'est lamentable. C'est lamentable. C'est la longue histoire qui ne cesse de se répéter de ces étrangers ultra-violents qui n'ont rien à faire sur notre sol, auxquels jamais un titre de séjour n'aurait dû être donné, et qui ne devraient pas être dans la nature.
Est-ce qu'il faut des sanctions ?
Est-ce qu'il faut des sanctions ? C'est pour moi évident, mais surtout ce qu'il faut, c'est corriger les choses, parce que le sujet, ce n'est pas de répondre à tous les manquements qu'il y a eu. Je pense que de ce point de vue, le travail que fait le garde des Sceaux est bien. Qu'est-ce qu'il essaye de faire ? Elle essaye de dire, maintenant, quand il y a des peines, il faut qu'elles soient tout de suite exécutées. Quatre condamnés sur dix à de la prison ferme ne vont jamais en prison en France. C'est malheureusement cette histoire qui est racontée, plus l'absence totale de contrôle de notre émigration.
Jean-Michel Aulas, à Lyon, vous soutenez ?
J'adore Jean-Michel Aulas. Je vais tout à l'heure à Lyon, et je serai amené à m'exprimer sur le sujet.
Si vous allez à Lyon et que vous l'adorez, vous le soutenez.
Je m'exprime chez moi, à Lyon, dans ma région.
Vous n'irez sans doute pas pour être à ses côtés et lui dire, je ne te soutiens pas. Il est 8h52. Merci, Laurent Wauquiez, président du groupe Droite Républicaine à l'Assemblée Nationale, d'avoir répondu à mes questions.
Laurent Wauquiez