Gouvernement Bayrou, "loi spéciale" à Mayotte et procès des viols de Mazan... Le "8h30 franceinfo" de Marc Fesneau
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France Info Bonjour Marc Fénault. Bonjour. Participer au gouvernement, soutenir sans participer ou s'opposer, François Bayrou a donné jusqu'à midi au président de groupe parlementaire, au patron de parti pour se positionner. La gauche unanime a dit non merci. Est-ce qu'il lui reste une chance à François Bayrou d'éviter la censure ?
Mais il y a plusieurs choses. Lors de la réunion chez le président de la République, et encore hier autour du Premier ministre, les socialistes, et il faut respecter leurs paroles, et les écologistes d'ailleurs ont dit qu'ils ne participeraient pas au gouvernement. Boris Vallaud, Olivier Faure ont dit chez le président de la République qu'ils seraient dans l'opposition.
Mais la question c'était entre les deux.
Donc par nature, s'ils étaient dans l'opposition, ils ne sont pas membres d'un futur gouvernement. C'est une évidence. Deuxième élément, est-ce que partant de là, étant dans l'opposition, il y a des moyens de dialoguer ? C'est ça le chemin qu'essaie d'ouvrir François Bayrou et qu'il a ouvert en particulier en ouvrant la porte à une discussion nouvelle ou renouvelée autour de la question des retraites. Mais ça, ça se verra au fur et à mesure, à la fois autour de la discussion sur les retraites et autour de la discussion budgétaire.
Hier soir, ils disent clairement non merci.
Non mais moi, je ne leur fais pas grief de penser qu'ils croient au non merci sans savoir du tout ce que va être l'équation budgétaire et les propositions de François Bayrou. François Bayrou a dit hier chez vos confrères de France 2 qu'il souhaitait qu'on ouvre la question des retraites, je viens de le dire, et deuxièmement que sur les questions budgétaires, on essaie de trouver une trajectoire qui soit supportable pour tous. Ça va être la suite du dialogue une fois que le gouvernement sera nommé. Donc par postulat, je ne crois pas. Et en plus, je crois que ce serait insu de faire cela aux socialistes et aux écologistes qu'ils soient fermés à toute discussion. Pourquoi ils viendraient ?
Non mais la question, ce n'est pas qu'ils viennent. La question est tranchée. On ne parle pas de participer. La question, c'est que nous nous retrouvions autour d'une table de discussion parce qu'ils auraient sur la table des propositions qui leur sembleraient aller dans la bonne direction, dans la situation dans laquelle est le pays. Parce que, pardon, nous n'avons pas de budget. Nous n'avons pas de trajectoire pour les acteurs économiques et pour les Français qui nous regardent. Et ça, il y en a besoin. Et moi, je fais confiance de ce point de vue-là à toutes les forces démocratiques pour essayer de trouver les voies pour avoir un budget. Et donc, il faut faire des compromis.
Il faut essayer en tout cas d'en discuter.
Pourquoi ils viendraient soutenir, et avec des guillemets, vous l'appelez comme vous voulez, mais à Bercy, par exemple, si on a un ministre macroniste, vous allez me dire aussi, les listes ne sont pas définitives, mais quand même, on parle de Jean-Renquais, on parle de René Lescure, c'est-à-dire la continuité. Pourquoi ils soutiendraient dans ce cadre-là ?
Mais ce n'est pas seulement les hommes, une politique. Une politique, ça s'incarne au travers des hommes.
Vous voyez bien ce que ça veut dire ?
Non, non, non. Les deux noms, je vous cite. Une politique, ça s'incarne aussi au travers des sujets. Et je ne leur demande pas, au fond, de soutenir les yeux fermés. Je demande qu'on se mette autour de la table et qu'on puisse regarder s'il peut y avoir des points de convergence sur le budget. Il y avait quelques points de convergence qui avaient pu être trouvés, alors même si à la fin, on est parti dans une espèce de dérive et une espèce de folie outrancière d'un point de vue fiscal, de dire, est-ce qu'on n'essaie pas de trouver des éléments de la justice fiscale ? Est-ce qu'on peut trouver des choses autour de ça ?
Est-ce qu'on peut se mettre d'accord avec un certain nombre de personnes qui soutiennent le gouvernement et d'autres qui ne le soutiendraient pas sur le fait qu'il faut qu'on ait des leviers qui soient des leviers qui permettent de relancer l'économie ? Il me semble que peut-être, là, il y a un chemin, mais il est un peu tôt pour le dire, dès lors que nous n'avons pas encore de gouvernement et que c'est au travers du gouvernement que s'exprimera la volonté du Premier ministre, du gouvernement et du Président de la République.
Mais on avait quand même le sentiment que les socialistes étaient partis pour une collaboration, pour ne pas voter la censure et que là, on revient finalement à un point où on était
avec le gouvernement Barnier. Le calendrier que vous connaissez comme moi, c'est 14 janvier, déclaration de politique générale. D'ici le 14 janvier, il y a trois semaines. Il y a la capacité à se dire des choses.
Mais on nous promet un gouvernement avant Noël.
Mais je ne sais pas comment l'expliquer. Les socialistes ont dit qu'ils ne participeraient pas au gouvernement. Oui, ça d'accord, on est clair. Donc, il faut respecter ce qu'ils ont dit. Deuxième élément, le gouvernement va se mettre à la tâche pour proposer qui a un budget, qui a un certain nombre de dispositifs. C'est autour de ça que se pose la question de la censure. La question de la censure, elle ne se pose pas sur le gouvernement, en tant que tel.
Sinon, c'est vraiment un délit du gouvernement,
si je peux dire.
Marc Fénault, ils ont jusqu'à midi pour se positionner.
Mais ça, c'est participation.
Ok, ça, ce sera non. Soutenir sans participer ou s'opposer.
C'est ça, c'est le triptyque. Non, c'est prêt au dialogue. Il n'a pas dit soutenir sans participer. Il a dit, est-ce que vous êtes prêt à vous mettre autour de la table au dialogue ? Moi, je n'ai pas entendu hier qu'il n'était pas prêt au dialogue. Mais le prêt au dialogue, ce n'est pas l'aboutissement du dialogue. C'est le début d'un processus.
Sur les retraites, vous avez compris ce que veut faire François Bayrou ?
C'est assez simple. Nous avons une réforme des retraites qui a été faite courageusement, je le dis d'ailleurs, par Elisabeth Borne, parce que nous sommes dans une impasse budgétaire sur la question des retraites. François Bayrou a dit, je suis prêt à réouvrir l'ensemble des sujets qui sont posés sur les retraites. Alors, les sujets des retraites, ce n'est pas seulement la question de l'âge. C'est la question de la durée de cotisation. C'est la question de montant des pensions.
Mais c'est aussi l'âge, pardon. C'est aussi l'âge.
C'est la pénibilité. Enfin, c'est tout ça. Et donc, il dit de bonne foi, on peut réouvrir tous ces sujets. Simplement, il faut que tout ça n'aboutisse pas à l'approfondissement du déficit du système de retraite. Et donc, une fois qu'on ouvre ça, on se donnait quelques mois pour se dire, on peut essayer de regarder s'il n'y a pas des voies de convergence pour trouver un autre chemin. Certains disent depuis longtemps qu'il y a d'autres possibilités. Regardons s'il n'y a pas d'autres possibilités, s'il n'y a pas d'autres chemins à trouver.
Je rappelle en plus, parce que j'ai entendu hier parfois les socialistes dire c'est un délai, c'est trop long, c'est maintenant qu'on veut l'abrogation ou la suspension. D'abord, la suspension, elle n'est pas possible pour un certain nombre de raisons. Pour quelles raisons ? D'abord, qu'il y a un certain nombre de dispositifs qui sont favorables, notamment à la revalorisation des plus petites pensions. On ne segmente pas la suspension. Deuxième élément, c'est que suspendre, c'est acter le principe qu'on laisse creuser le déficit et le trou.
Alors, au moment où on dit qu'il faut rétablir les finances publiques, commencer par dire qu'on continue à creuser le déficit, ça veut dire qu'on vient pénaliser sur la suite.
C'est une force ouverte pour faciliter la discussion.
Non, non, mais vous connaissez comme moi les sujets dans le pays. Quand on commence à dire suspension, en fait, on arrête et puis on dit ouf, on arrête les discussions. Plutôt que d'attendre 2027, puisqu'un certain nombre disent après en 2027, à la présidentielle, toute chose nouvelle. On se donne quelques mois, ça permet de regarder s'il y a d'autres formes de financement et je trouve que c'est un bon chemin. Je salue d'ailleurs le fait que les syndicats de salariés plutôt saisissent la main tendue en disant, ok, on est prêt à se mettre autour de la table. FO, je crois aussi ce matin. FO, et qui a l'impression.
Il faut justement revoir les exonérations de cotisation.
Ça ne compromet personne de faire ça. C'est juste de dire, certains disent qu'il y a d'autres voies, mais il ne faut pas que ça alourdisse le coût du travail, que ça pénalise les entreprises. Il ne faut pas non plus que ça revienne à faire du déficit parce que c'est très facile de commencer le système de retraite comme ça. Mais est-ce qu'il n'y a pas un côté quand même
où on reflit la patate chaude au syndicat et au patronat et dans 9 mois, on arrête tout ?
D'abord, c'est inexact. Le Premier ministre a dit...
C'est comme ça que ça a été un peu perçu par là.
Le Premier ministre a dit on mettra autour de la table les partenaires sociaux et les forces politiques parce qu'il faut que tout le monde prenne sa part. Mais on ne peut pas à la fois reprocher, ça a été reproché souvent au gouvernement successif, de vous ne discutez jamais avec les partenaires sociaux et quand on leur dit mettons-nous autour de la table, pas vous seuls, mais nous avec vous, dire, vous essayez de refiler la patate chaude. Moi, je pense que la responsabilité se partage parce que sinon, chacun reste dans son coin et personne ne veut prendre sa part de ce qui est un effort de réflexion et un effort de compromis.
De ce que vous avez pu comprendre, peut-être des échanges que vous avez eus hier soir, à gauche, vous êtes relativement confiant sur la possibilité d'un soutien, d'une poursuite des discussions
avec les socialistes ? Je répète, ce que je sens depuis plusieurs jours ou semaines, c'est la volonté pour un certain nombre d'acteurs de la gauche de ne pas laisser le pays dans le chaos et dans l'ornière dans laquelle il est. Et je trouve que c'est un point de départ qui est utile pour le pays. Et donc, vous me trouverez toujours à essayer de faire en sorte à ma place, à la place qui est la mienne, vous savez que je suis assez proche de François Bayrou, de faire en sorte que ces discussions de bonne foi se passent, pas pour procrastiner et pas pour gagner du temps, pour essayer de trouver un chemin.
Je le dis, pas de budget, pas de perspective économique, c'est mauvais pour tout le monde et c'est en particulier mauvais pour les plus pauvres. Ceux qui sont les premières victimes d'absence de budget, c'est ceux qui sont les plus fragiles dans la société. Il y en aura un, nécessairement ? Non, il n'y en a pas forcément un. Avec un 49.3. Et pour le coup ? Pardon, madame, excusez-moi, il y a eu un 49.3, vous savez à quoi ça aboutit ?
J'entends, mais ça dépend aussi des négociations. Je suis d'accord, vous dites qu'il y en aura forcément un. Il ne peut pas y avoir de budget, mettons, un mi-février ou mars.
Parce qu'il n'y a pas de budget. Pourquoi croyez-vous qu'on essaie de trouver des voies et des chemins ? Parce qu'il n'y a pas de budget. Mais un budget, ça ne peut pas être simplement la facilité des temps et de dire à la fin, on augmente de 60 milliards la fiscalité et très bien, continuons à dépenser comme ça. Il y a besoin de faire des efforts aussi sur la dépense.
Sur le 49.3, ça aussi, c'est une demande de la gauche. François Bayrou a précisé sa pensée hier soir sur France 2. Il dit qu'il ne l'utilisera pas sauf en cas de blocage sur le budget et pas en dehors, sauf énorme crise. Expliquez-nous, est-ce qu'il l'utilisera ou est-ce qu'il ne l'utilisera pas ? La gauche demande qu'il s'engage à ne pas le faire.
Le postulat de départ, c'est de dire on ne recourt pas au 49.3. Il peut se trouver des situations, donc ça veut dire que sur des textes, c'est déjà arrivé, sur des textes courants, des textes qui peuvent faire partie d'une discussion, il n'y aura pas de 49.3. Vous vous retrouvez dans la situation que j'évoque, c'est-à-dire qu'il y a un budget qui, dans le débat, aboutit à 60 ou 70 milliards d'augmentation fiscale. Il me semble que là, pour le coup, il y a une question qui se pose, c'est une question de responsabilité. J'ajoute que le 49.3, on engage la responsabilité du gouvernement, c'est-à-dire qu'on engage la responsabilité sur aussi un texte.
Et donc la volonté de François Bayrou, c'est d'essayer de regarder par la discussion et donc de ne pas rentrer dans la discussion en se disant j'utiliserai le 49.3. Est-ce qu'on peut trouver des voies de concordance qui permettent que chacun fasse la part de l'effort pour qu'on ait un budget, mais un budget qui se tienne dans un cadre d'une pente raisonnable d'efforts sur la réduction de la dépense publique, supportable par tous, mais en même temps une pente fiscale qui soit supportable pour tout le monde et en particulier qui ne vienne pas entraver les activités économiques. Voilà, c'est ça.
Ce nouveau gouvernement, vous voulez y aller, vous, Marc Fénaud ?
Non, alors j'ai déjà dit assez clairement les choses. C'est rare que quelqu'un réponde comme je vais le faire. Je pense que dans ces moments-là, il faut être utile. Là, on pense qu'on l'est. Je pense que je suis utile à l'Assemblée nationale. Je ne cours pas après des postes ministériels. Nous en avons évidemment discuté avec François Bayrou. C'est très clair dans ma tête et c'est très clair dans nos têtes. Mais vous diriez non ? Je trouve que, je disais, en plaisantant à quelqu'un, si tu veux rendre service à François Bayrou, ne commence pas à lui dire que tu veux être ministre.
Mais vous diriez non ?
La question, c'est comment tu peux rendre service ? Vous diriez non ? Oui, je dirais non, oui. Et vous pensez que ce délai
est tenable d'avant Noël ?
Je pense que c'est un délai tenable. La réponse des formations politiques commence à se dessiner pour midi. Après, il y a la poursuite des itérations, comme on dit, du dialogue, comme c'est normal, entre les propositions du Premier ministre et le Président de la République qui décide et qui nomme. Il me semble que c'est une perspective à la fois souhaitable et possible.
À votre connaissance, certains poids lourds, c'est de ça qu'on parle, ont déjà donné un raccord ?
Pas à ma connaissance.
Vous avez dit il y a 24-36 heures que c'était déjà très avancé ?
Non, j'ai dit que François Bayrou est le Président de la République, le Premier ministre et le Président de la République travaillent sur une architecture. L'architecture, c'est les grands équilibres, c'est l'épaule, c'est ça l'architecture. Je ne rentre pas dans le détail des noms et ce n'est pas à moi de le faire de toute façon.
Vous êtes-vous favorable au retour de Bruno Retailleau dans ce gouvernement ? François Bayrou ?
Absolument. Je connais Bruno Retailleau depuis longtemps parce que dans des fonctions ministérielles précédentes en relation avec le Parlement, j'ai su travailler avec lui quand il était président du groupe au Sénat. Beaucoup d'entre nous connaissent ses qualités. Il me semble que c'est un homme qui a sa place dans un gouvernement parce qu'il incarne quelque chose d'une volonté d'autorité, notamment sur les questions de sécurité. Une droite dure, c'est ce que veulent les Français ? Je n'ai pas dit droite dure. C'est plutôt sa ligne. Je ne sais pas. Quand on dit autorité, on pense toujours que c'est forcément droite dure. L'autorité, ce n'est pas une valeur que de droite. Bien sûr.
Excusez-moi, je pense que ça peut être partagé.
Mais c'est la scène en l'occurrence ?
C'est l'image que certains veulent lui renvoyer mais je pense que l'idée qu'il puisse y avoir de l'autorité, c'est quelque chose qui est demandé dans le pays et ce n'est pas demandé que par la droite.
Il a eu raison, François Bayrou, d'exclure le RN et les Insoumis des discussions. Ce qu'il prive de fait d'une autre option, une autre possibilité de majorité.
Vous voulez qu'on fasse une option avec Jean-Luc Mélenchon qui veut la destitue ? Je vous pose la question. Mais vous répondez sur Jean-Luc Mélenchon, pas sur le RN. Ce n'est pas que Jean-Luc Mélenchon. Vous ne m'avez pas laissé finir ma phrase. Je vous laisse alors, pardon. Jean-Luc Mélenchon dit qu'il faut faire chuter tous les gouvernements jusqu'à la destitution du président de la République. Bon, c'est une non-option pour moi. Marine Le Pen est un peu presque sur cette option-là. Deuxièmement, nous sommes avec des forces politiques avec lesquelles nous avons des désaccords radicaux. Donc, il n'y a aucune raison de faire semblant. Personne ne doit faire semblant dans cette affaire-là.
Ça ne veut pas dire qu'ils sont...
C'est un vrai changement par rapport à... Alors, pour le coup,
l'époque, si on peut dire, Barnier. Oui, peut-être,
mais... Non, non, mais c'est une question, oui. C'est-à-dire un vrai changement. Le fait est que le RN était relativement présent, même très présent dans le...
Peut-être à la fin du processus budgétaire ça a pu donner cette impression.
Avec des concessions jusqu'au dernier moment.
J'ajoute que, d'ailleurs, les éléments de concession qu'il avait donnés, c'était des éléments de concession qui étaient demandés par toutes les forces politiques de la gauche jusqu'à la droite.
Oui, mais un communiqué final de Matignon qui citait le RN.
Oui, mais j'ai bien noté ce que vous êtes en train de me dire.
Je me permets de préciser.
Non, mais vous avez raison de préciser.
Donc, c'est un vrai changement ? Mais il faut à la fois
que ceux qui sont plutôt dans le champ qu'on vient de décrire tout à l'heure puissent travailler ensemble et dialoguer. C'est ça l'objectif. Ça n'exclut pas... Moi, je crois qu'un député il vaut un autre. Il n'y a pas de sous-député en France. Les élus de M. Mélenchon et les élus de Mme Le Pen c'est des députés qui ont été élus par les Français. Donc, ne pas dire qu'ils ont leur place y compris dans des discussions mais par postulat ne se construisent pas des majorités avec eux.
Marc Fénaud, président du groupe Modem à l'Assemblée nationale. Vous restez avec nous. On vous retrouve dans quelques instants pour ce 8h30. Ce sera après le fil une info d'Étienne Cholaise. Deuxième jour à Mayotte pour Emmanuel Macron. Il veut mettre fin au bidonville et créer un fonds d'investissement pour les non-assurés. Il promet aussi une loi spéciale pour faciliter la reconstruction. C'est le deuxième jour sur l'archipel pour le président de la République après le passage du cyclone Chido il y a moins d'une semaine. Un gouvernement avant Noël voire dès ce week-end. Promesse de François Baerou.
Le Pré-ministre a reçu toutes les forces politiques sauf le RN et LFI sur le plateau de France de hier soir. Il a proposé de revenir sur la retraite à 64 ans sans la suspendre ou l'abroger. Il y aura forcément un deuxième épisode au procès des viols de Mazan. Deux des condamnés ont déjà annoncé faire appel de leur condamnation. Hier devant la cour criminelle de Vaucluse près de 4 mois d'audience se sont achevés et 51 accusés sont condamnés. Dominique Pellicot écope de la plus lourde peine 20 ans de réclusion criminelle pour avoir drogué, violé et fait violer son ex-épouse Gisèle Pellicot par des dizaines d'hommes pendant 10 ans. Et ce matin
Marc Fénaud député du Loir-et-Cher président du groupe Modem à l'Assemblée nationale vous qui parlez le Bayrou couramment comment vous comprenez la succession de, je ne sais pas comment vous l'appelez de bourdes de maladresse des débuts de François Bayrou est-ce qu'il a eu raison par exemple très concrètement de traverser la France pour aller diriger le conseil municipal de Pau trois jours après sa nomination avec l'urgence Mayotte-Consé notamment.
La seule question qui a été posée c'est est-ce que ça a entravé son action de Premier ministre ? Il a participé à la réunion à Mayotte qu'il la tienne à Pau ou à Paris ne change au fond pas grand chose.
L'inverse c'était vrai il pouvait suivre la réunion de Pau depuis la cellule de crise de Mayotte. Non, l'inverse n'est pas vrai
on ne peut pas tenir un conseil municipal à distance ça a été autorisé pendant le Covid et c'est interdit désormais.
Vous pouvez, vous savez bien faire une intervention et dire écoutez en compte tenu de la situation Le maire préside On va reporter d'une semaine ou ce que vous voulez.
On peut dire ce que vous voulez le maire préside le conseil municipal et pour présider le conseil municipal il faut être présent. Est-ce que ça a entravé son action de Premier ministre ? Je ne crois pas en tout cas quelqu'un m'a-t-il démontré l'inverse ? Personne. Symboliquement il n'y a pas de problème à ne pas être.
Je peux comprendre que certains y voient je ne sais pas si c'est malice mais soient troublés par cela mais moi je ne suis pas troublé par cela il a été nommé le vendredi et le conseil municipal se tenait le lundi donc il était déjà convoqué et donc il y avait des choses à l'ordre du jour et qu'il maintienne aussi le lien auquel nous tenons tous à son territoire ne me paraît pas choquant.
Ça veut dire aussi traverser la France en Falcon forcément parce que dans l'urgence
Oui c'est toujours les mêmes débats qu'on a quand il y a un Premier ministre quel que soit le Premier ministre Oui mais c'est toujours le même débat et on tranche dans le sens Non non attendez c'est toujours les mêmes polémiques il me semble-t-il qu'on sorte de ce type de polémique Elle n'est pas fondée
cette réflexion-là ?
Alors forcément personnel ils sont mis à disposition Parce qu'il faut des moyens
Pas pour un conseil municipal à Pau
Oui mais quand vous rentrez chez vous vous rentrez sans vous souvent aussi comme ça quand vous êtes Premier ministre quel que soit le Premier ministre Pourquoi ? Parce que vous n'êtes pas sur les horaires habituels parce que vous rentrez dans la nuit et donc y compris pour rentrer on pourrait dire quand vous rentrez et ça a été le cas pour beaucoup de Premier ministre quand vous rentrez à votre domicile en province pardon il y a un certain nombre de Premier ministre et c'est pas le premier d'ailleurs
Mais d'accord mais on sait aussi que la situation climatique a changé que ce débat-là dans la société aujourd'hui n'est plus accepté de la même façon
Non mais accessoirement le cas de Mayotte est quand même tout petit peu lié au climat aussi
Non non mais le cas de Mayotte est lié au climat j'ajoute que Mayotte heureusement qu'il y a des avions parce que c'est le seul moyen de ravitailler Mayotte c'est des avions parce que si on commence à tirer la pelote On parle pas de la même chose Attendez si on commence à tirer la pelote de il faut pas d'avion il faut faire attention à la façon dont on tire la pelote mais je trouve que c'est polémique moi je les regrette alors je vois bien qu'elles naissent toujours au moment de
Mais vous vous balayez d'un revers de manche cette question là
Est-ce que vous avez eu l'impression ?
Un petit peu Non
Je dis que je comprends Vous dites que c'est toujours une polémique Attendez Je dis que je peux comprendre que ça crée de l'émoi ou des polémiques en même temps j'essaie de poser les faits est-ce que ça a entravé son action de premier ministre est-ce que ça lui empêchait d'être présent à la réunion interministériale sur Mayotte Non
Sa place était-elle à Mayotte ?
Moi je pense que dans les premiers jours et d'ailleurs c'est normal que le président de la République soit lui également à Mayotte il me semble que vous n'avez pas de gouvernement et que vous avez une obligation de constituer un gouvernement pour les raisons qu'on a évoquées tout à l'heure aller se précipiter dans les 24 heures quand les forces de sécurité les forces de secours ont besoin de se mobiliser sur les personnes Il me semble que c'est une visite primo-ministérielle ou ministérielle dans les premières heures c'est une visite qui devient plutôt désorganisée vous demandez à n'importe quel préfet l'organisation d'une visite d'un premier ministre ou d'un ministre c'est plutôt désorganisant
D'autant que le président arrivait dans la foulée Oui il est arrivé plusieurs jours après
mais le temps aussi que le secours puisse s'organiser Justement sur Mayotte on évoque la reconstruction déjà très vite on a fait un parallèle avec Notre-Dame de Paris Emmanuel Macron l'a fait hier François Bayrou se dit qu'il est peut-être possible aussi de faire plus vite deux ans reconstruire Mayotte en deux ans on est dans la science-fiction ou pas selon vous ?
Non on est dans on a eu les mêmes réflexions dans la reconstruction de Notre-Dame en disant on est dans la science-fiction Il faut se donner les moyens de reconstruire dans un pas de temps qui soit un pas de temps à visibilité humaine si je peux dire on ne pouvait pas dire dans dix ans on en reparle
Sauf que l'idée est de le faire différemment cette fois-ci pour éviter les bidons-villes pour mettre des plans d'urbanisme et ne pas construire n'importe où ça veut dire ça
parce que le drame humain de Mayotte c'est un drame aussi de la pauvreté et des constructions précaires nous n'aurions sans doute pas le même type de dégâts et le même nombre de victimes si nous étions dans d'autres territoires ultramarins ou des territoires de l'Hexagone et donc il faut à la fois reconstruire ça nécessite on en a parlé d'ailleurs hier avec les chefs de partis et de groupes qu'on ait des dispositions législatives qui allègent les procédures parce que si on rentre dans des procédures ne serait-ce que modifier un PLU c'est deux ans vous n'avez rien commencé avant d'avoir vous voyez ce que je veux dire donc on a besoin d'avoir des processus accélérés des processus simplifiés qui permettront de reconstruire dans des délais qui donnent de la perspective et de l'espoir aux populations de Mayotte
Vous avez acté le principe d'une enveloppe de 5 milliards justement hier en tout cas c'est le montant qui a été évoqué
le montant des dégâts évoqués ne serait-ce que sur la partie habitation mais c'est hors infrastructure hors bâtiment public quand on fait un calcul simple 75% des habitations qui sont détruites la plupart d'entre elles pour ne pas dire la quasi-totalité d'entre elles sans assurance donc ça ne peut pas être pris en charge par le système assurantiel il suffit de faire les multiplications ça ressemble à quelque chose qu'entre 4 et 5 milliards d'euros donc c'est ça alors après il faut chiffrer plus précisément mais ça ressemble à ça quand on fait une multiplication assez simple
Le financement n'est pas extrêmement clair à ce stade mais vous qu'est-ce que vous souhaitez on parle d'emprunts Il y a des parties emprunts
il y a des parties budgétaires il y a des aides européennes dans ce type de dispositif c'est tout ça qu'il faut mobiliser c'était il y a 6 jours il permettrait qu'on regarde l'ensemble
Mais dans les échanges d'hier ça n'est pas avancé plus que ça pour l'instant
C'est pas ça que c'est un reproche Non je ne l'ai pas pris comme un reproche je dis ça ne peut pas être autrement non je ne l'ai pas pris du tout comme un reproche ça ne peut pas être autrement qu'un processus qui vienne évaluer regarder les fonds disponibles et les manières de faire le financement ça nécessite je le dis au passage un budget
Ça pourrait bien en tout cas être la première fois en France que la France se retrouve frappée par une telle catastrophe climatique avec un bilan aussi lourd parce qu'hélas on est à 33 morts ce matin et il y avait 100 000 personnes dans ces habitats précaires D'autres Bruno Retailleau notamment parlent plus volontiers d'immigration Pour vous spontanément c'est un sujet d'abord climat ou un sujet d'abord immigration ?
Mais c'est un sujet climat sur des habitants quel que soit leur statut de régulier ou d'irrégulier sur des habitants qui étaient en situation précaire C'est d'abord le drame de la précarité l'affaire de Mayotte C'est le drame de gens qui vivaient dans des habitations qui ne pouvaient pas de toute façon résister à ces vents Donc c'est ça le drame de Mayotte Et quand vous regardez d'ailleurs les événements Mais précarité
c'est pas l'immigration Enfin je veux dire Une partie de la gauche a été choquée Les associations
Ça ne veut pas forcément dire cela Après qu'il y a un sujet migratoire
Par le fait que Bruno Retailleau part tout de suite
Après moi je n'ai jamais été à Mayotte Mais il faut écouter les Mahorais Il faut écouter ce qu'ils disent C'est une population qui a quasiment doublé en moins de 10 ans dans une immigration qui est tout à fait incontrôlée Mais c'est pas l'immigration qui provoque le malheur C'est la précarité et le climat déréglé Si les conditions d'accueil
n'existent pas justement pour accueillir cette population Mais ça pose bien cette question là
Il y a un moment où dans ce territoire là c'est ce que disent les habitants de Mayotte qui sont comme vous et moi à des gens accueillants mais qui disent il y a un moment on ne peut pas accueillir à cette vitesse là autant de monde et voilà le résultat devant lequel on est et il me semble que c'est ça aussi qu'il faut entendre
Un mot du procès Mazan qui s'est achevé suivi dans le monde entier Dominique Pellicot qui a violé, drogué livré sa femme à 50 co-accusés tous condamnés hier par la cour criminelle du Vaucluse Au coeur de ce procès il y a la question du consentement Est-ce qu'il faut modifier la loi ?
D'abord je voudrais rendre hommage à Gisèle Pellicot qui a fait le choix de rendre public les débats elle aurait pu faire un choix inverse c'est très courageux parce qu'au fond elle a revécu ou elle a découvert d'une certaine façon ce que lui avait fait subir son mari Deux vous avez raison je trouve que au-delà du procès des crimes sexuels à l'endroit des femmes c'est le procès du consentement c'est quand même des dizaines d'hommes qui sont passés au domicile de Gisèle Pellicot et qui ont eu des actes sexuels avec elle sans jamais manifestement se poser la question du consentement et c'est pas un ou deux hommes c'est la société d'hommes qui considère qu'il n'y a pas besoin d'avoir un oui pour avoir une relation sexuelle c'est pas simplement le consentement c'est pas simplement la capacité à avoir dit non c'est d'avoir dit oui
est-ce que ça s'écrit dans la loi
c'est d'inverser les choses est-ce que ça s'écrit dans la loi il y a un débat là-dessus oui j'ai pas de certitude donc il faut qu'on creuse cette question-là mais en tout cas la prise de conscience et j'espère que la prise de conscience collective y compris notamment chez les hommes de dire c'est pas parce qu'on dit pas non qu'on dit oui et que le consentement c'est quelque chose qui doit se percevoir est-ce que ça s'écrit j'ai un doute mais en tout cas je trouve que c'est un message très fort qu'elle envoie à l'endroit des hommes en particulier qui est celui de le consentement ce n'est pas une chose qu'on doit banaliser et qu'est-ce qu'il en restera
de ce procès selon vous
dans la classe politique justement il en restera dans la classe politique et dans la conscience collective il en restera cette question-là parce qu'on attend beaucoup de la classe politique aujourd'hui on l'a beaucoup entendu
hier devant vous voyez comment j'en parle
je pense qu'on a besoin de cette prise de conscience il y a les actes et il y a la prise de conscience est-ce que ça s'écrit dans la loi la loi elle est là pour réprimer des comportements l'idée quand même c'est que ces comportements-là n'existent pas ils n'existent plus ou diminuent et que chacun s'interroge en conscience sur sa manière de se comporter la loi elle est là pour donner des bandes est-ce que ça s'écrit dans la loi ça c'est un élément plus complexe
est-ce qu'on pourrait encore dire comme le président dans la république qu'un Gérard Depardieu rend fier les français parce que dans l'émotion tout le monde dit formidable Gisèle Pellicot
il y a dans l'émotion et globalement le président de la république comme l'ensemble de la classe politique partage le sentiment que la question du consentement est une question centrale et c'est un changement complet de paradigme par rapport quand vous écoutez y compris les débats j'ai écouté ça l'autre jour il y avait parfois sur les viols pour le coup beaucoup plus avérés en non consentement si je peux dire il y a 40 ans seulement c'était tout à fait lunaire au fond ce débat là donc je pense que la prise de conscience de la société progresse et il faut que ça puisse se traduire dans les comportements Merci beaucoup Marc Fénaud
président des députés Modem de l'Assemblée Nationale d'avoir été avec nous ce matin sur France Info
François Bayrou