Faillites d'entreprises : "On ne voit se profiler aucun tsunami", selon la représentante des tribunaux de commerce
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Vous présidez le tribunal de commerce d'Evry et vous représentez aussi tous les tribunaux de commerce de France.
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Nous sommes le 1er septembre. Est-ce que ça va si bien que ça ?
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Vous parlez de ceux qui commencent à avoir des difficultés sérieuses aujourd'hui, avec des difficultés qui vont augmenter dans les prochains mois. C'est là qu'il faut agir.
- 2:02OuverteRéponse directe
Mais donc, votre message pour celles qui seraient en difficulté ou qui commenceraient à avoir des difficultés, c'est agissez, allez voir qui alors ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Mais attendez, qu'on soit concret, par exemple, si on a des dettes à l'URSSAF très importantes, si on voit qu'on va avoir du mal à rembourser tel ou tel prêt, des dettes fiscales...
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Mais l'État, on le voit, a massivement soutenu les entreprises, même si là, les aides vont diminuer.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36InvitéFait
« On ne voit se profiler aucun tsunami. »
- 2:48InvitéFait
« Les seuls défauts qu'ont mis en exergue cette crise, c'est quoi ? C'est le coût de la matière première qui a énormément augmenté. »
- 3:01InvitéFait
« Et la deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui, on n'a plus de gens qualifiés. »
- 3:28PrésentateurChiffre
« Les défaillances d'entreprises n'ont pas augmenté, ce qui est une bonne nouvelle. Mais elles ont même baissé moins 39% l'année dernière. »
- 3:40InvitéChiffre
« Moins 50% dans beaucoup de tribunaux. »
- 4:24InvitéChiffre
« Déjà, il est prévu, normalement, une croissance d'environ 6% pour 2021 en France. »
- 4:40InvitéChiffre
« Plus de 2 millions de fonds de solidarité. »
- 4:40InvitéChiffre
« Plus de 700 000 entreprises ont bénéficié des PGE. »
- 6:04InvitéChiffre
« On est monté entre 10 et 15% au niveau des entreprises zombies. »
Temps de parole
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Bonsoir à tous. L'économie française redémarre. Elle fonctionne à 99%. Voilà ce que répète Bruno Le Maire, le ministre de l'économie. La réalité est-elle si positive ? On va en parler avec l'invité éco de France Info. Bonsoir Sonia Roas. Bonsoir Jean-Lémarie. Vous présidez le tribunal de commerce d'Evry et vous représentez aussi tous les tribunaux de commerce de France. Vous présidez la conférence générale des juges consulaires. C'est le titre exact. Nous sommes le 1er septembre. Sonia Roas, c'est la rentrée. Est-ce que ça va si bien que ça ?
Ça va bien. C'est-à-dire que pour l'instant on ne voit se profiler aucun tsunami. Quelque part j'ai confiance dans les chefs d'entreprise. J'ai confiance mais je suis prudente. Pourquoi je suis prudente ? Parce que je me rends compte que les chefs d'entreprise n'arrivent pas à comprendre l'intérêt pour eux de la prévention. Ils ne connaissent pas la prévention. Ils ne sont pas à même de venir passer la porte d'un tribunal, voire venir passer la porte d'un expert comptable ou d'un commissaire au compte pour exposer leurs problèmes.
Vous parlez de ceux qui commencent à avoir des difficultés sérieuses aujourd'hui, avec des difficultés qui vont augmenter dans les prochains mois. C'est là qu'il faut agir.
C'est maintenant qu'il faut agir. Ce n'est pas quand les problèmes seront là et qu'on ne pourra plus rien faire. C'est maintenant qu'il faut agir. C'est maintenant que, si vous voulez, on s'est rendu compte que cette crise a un avantage extraordinaire. C'est qu'on s'est aperçu que les entreprises avaient une énorme réactivité. Ils avaient une énorme réactivité parce qu'ils avaient agi dans la diversification, ils avaient agi dans la restructuration, ils avaient agi dans la formation. Et ça a fait énormément évoluer les entreprises qui n'auraient peut-être jamais eu l'idée d'avancer de cette façon si cette crise n'était pas arrivée.
Ça, c'est le côté positif de la crise. Mais donc, votre message pour celles qui seraient en difficulté ou qui commenceraient à avoir des difficultés, c'est agissez, allez voir qui alors ?
Alors, allez voir les présidents de tribunaux. Ne pas hésiter à passer la porte de son tribunal et d'aller voir...
Mais attendez, qu'on soit concret, par exemple, si on a des dettes à l'URSSAF très importantes, si on voit qu'on va avoir du mal à rembourser tel ou tel prêt, des dettes fiscales...
Ne pas hésiter à aller voir l'URSSAF. Ne pas hésiter de contacter la DGFIP, le Trésor Public. Ne pas hésiter de contacter la Banque de France pour voir si on peut étaler sa dette. Aujourd'hui, on est dans un système où tout est ouvert pour les chefs d'entreprise. Les seuls défauts qu'ont mis en exergue cette crise, c'est quoi ? C'est le coût de la matière première qui a énormément augmenté.
Et c'est un sujet, on en parle beaucoup.
Et la deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui, on n'a plus de gens qualifiés. Il y a un manque de salariés énorme. Vous allez dans un restaurant, ils recherchent des personnes. Vous allez dans une entreprise d'hôtellerie, elles recherchent également des personnes. Partout, ils recherchent des personnes.
Et ça, nos invités nous en parlent régulièrement. Depuis le début de la pandémie, Sonia Aroua, certains économistes prédisent une avalanche de faillites. Mais l'État, on le voit, a massivement soutenu les entreprises, même si là, les aides vont diminuer. Les défaillances d'entreprises n'ont pas augmenté, ce qui est une bonne nouvelle. Mais elles ont même baissé moins 39% l'année dernière.
Moins 50% dans beaucoup de tribunaux.
50% dans beaucoup de tribunaux. 39% c'était l'estimation, les calculs de la Banque de France pour l'année 2020. Est-ce que ces défaillances, aujourd'hui, sont plus nombreuses ? Est-ce qu'elles recommencent à augmenter ?
Pas du tout. Mais alors, pas du tout. On a très peu d'affaires aujourd'hui, quel que soit le tribunal de Paris, province. On a très peu d'affaires en procédure collective. Donc, c'est pour ça qu'on demande l'anticipation aux chefs d'entreprise. C'est pour ne pas en avoir plus. Si vous voulez, il faut croire aux chefs d'entreprise.
Est-ce que ça peut durer, ça, franchement, ce lien à roi ? Est-ce que l'arrêt des aides publiques confirmées, là, il y a quelques jours, ne va pas entraîner mécaniquement des défaillances nombreuses ?
Déjà, il est prévu, normalement, une croissance d'environ 6% pour 2021 en France. Il y a beaucoup d'aides qui ont eu lieu, mais à des grandes hauteurs, c'est-à-dire plus de 2 millions de fonds de solidarité. Plus de 700 000 entreprises ont bénéficié des PGE. Donc, si vous voulez, ce sont des remboursements qui sont étalés. Donc, j'avoue qu'à la date d'aujourd'hui, on n'est pas inquiet. Quel est votre scénario pour les prochains mois ? Pour les prochains mois, ce qu'il faut penser, c'est qu'avec M. Bruno Le Maire et M. le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, il y a eu le plan d'accompagnement qui a été signé le 1er juin 2021.
Ce plan d'accompagnement est fait soit pour les entreprises de moins de 20 salariés, soit pour les entreprises de moins de 10 salariés. Le mandat ad hoc express pour les moins de 10 salariés, ce que nous, on appelle le redressement judiciaire flash pour les moins de 20 salariés. Ils vont être mis en place puisqu'on attend juste le décret d'application qui doit sortir courant septembre. Et derrière, il faut que les entreprises et les entrepreneurs en bénéficient.
Et ça, c'est adapté, à votre avis ? C'est ce qui va permettre de lisser la sortie de crise ? Ça va lisser, tout à fait. Ça n'évitera pas toutes les faillites ?
On ne peut jamais tout éviter. L'essentiel, c'est de soigner un maximum de personnes.
Et ma question suivante, qui est évidente, est-ce que vous, vous voyez en ce moment, par exemple à Évry, beaucoup d'entreprises zombies, comme on les appelle parfois, des entreprises qui ne tiennent que grâce aux aides publiques et parfois de manière artificielle ?
Alors, on sait qu'on en a plus en France que dans les autres pays de l'Europe. On est monté entre 10 et 15% au niveau des entreprises zombies. Mais je dirais que c'est un petit peu aux banques à faire le ménage. Parce que ces canards boiteux, il ne faut pas qu'ils restent sur le marché économique.
Il y en a trop aujourd'hui ?
Ah ben, il y en a, oui, puisque 10 à 15%, on est monté à 10 à 15% d'entreprises zombies. Oui, c'est quand même beaucoup. Et ça peut entraîner des redressements judiciaires ou des liquidations judiciaires de fournisseurs, puisque c'est en série. Et donc, par rapport à ça, oui, il faut éliminer les entreprises zombies. Mais ce n'est pas à nous de le faire.
Sonia Roas, merci, la représentante des tribunaux de commerce, invité éco de France Info ce soir.