L'édito de Thomas Bonnet : «Violences urbaines, la nouvelle fatalité»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la politique à présent. Il y a un lien d'ailleurs presque avec la politique parce que avec cette chaleur, il y a beaucoup de gens dehors. Donc ça peut ça peut poser des problèmes de sécurité.
Et dimanche soir, il y a la fête de la musique. Laurent Nugèz réclame la plus grande fermeté au préfet en prévision de cette fête de la musique. Dans une note, le ministre de l'intérieur dit redouter les violences urbaines, Thomas Bonet.
Ça veut donc dire que ce phénomène de violence, c'est devenu récurrent. À chaque fois qu'il y a une fête, on craint des violences. C'est la fatalité.
Le ministère de l'intérieur en fait romain, c'est devenu l'équivalent pour les violences de météo France pour les vagues de chaleur. La note de Laurent Nouise au préfet, c'est un peu le bulletin météo du weekend à venir. Il affirme que la fête de la musique pourrait être, je le cite, propice à un épisode de violence urbaine, notamment en fin de soirée.
Il parle de débordement qui pourrait être amplifié dans le contexte des rencontres de football de la Coupe du monde. Voici donc le bulletin prévisionnel de dimanche, chronique d'un chaos annoncé. Laurent Nouise a raison, les faits parlent d'eux même.
Cela fait plusieurs années que la fête de la musique est le théâtre de violence urbaine. L'an dernier, 371 personnes avaient été interpellées, 13 membres des forces de l'ordre avaient été blessés et quasiment 1500 personnes avaient elles-mêmes été blessées parmi les participants. Ouais.
Le [grognement] ministre demande de la fermeté aux effectifs de police et de gendarmerie. On a l'impression que le scénario se se répète à chaque fois. C'est un jour sans fin.
D'ailleurs, c'est très bien qu'il le demande et bien sûr le ton martial de la note ne laisse place à aucune polémique. L'intervention des forces de l'ordre devra être systématique et rapide pour mettre un terme au fait de violence et de dégradation. Laurent Nouz ne tergiverse pas dans les consignes qu'il donne et encore une fois charge est donnée aux policiers et aux gendarmes de se dresser en première ligne contre la sauvagerie annoncée.
Malgré ces consignes, les forces de l'ordre savent aussi que rien ne leur sera pardonné. La mort d'un fétard à Nant lors d'une fête de la musique ces dernières années avait provoqué des semaines de polémiques et d'accusations antiflic. Cette journée de dimanche, cette fête de la musique se tiendra dans un climat caniculaire mais aussi dans une atmosphère hostile aux forces de l'ordre où la suspicion est la règle et le moindre écart peut les envoyer en prison ou devant une cour d'assise.
Et Thomas, vous dites qu'on s'est trop habitué à ces phénomènes de violence. À chacun sait désormais que fait de la musique rime avec émeut, débordement ou heure selon lexique que vous employez. C'est communément admis comme pour le nouvel an Halloween le 14 juillet et certains matchs de foot.
C'est tellement intégré d'ailleurs que tout le monde choisit siamment son lieu de fête en fonction de ce critère qui est presque devenu le critère principal devant le choix du concert que vous allez écouter. Ce qu'on est en droit d'attendre de nos responsables politiques, c'est un diagnostic complet de la situation qu'on explore toutes les raisons pour lesquelles la joie collective est devenue aussi nocive. Une fois ce constat posé, il conviendra alors d'en tirer les conséquences en posant cette fois des actes politiques.
Alors ça paraît simple, dit comme ça. Certaines explications, je l'imagine vous viennent en tête assez vite. Notamment les conséquences, pourquoi pas d'une immigration à contrôler, l'absence de sentiment d'appartenance au pays.
Mais dire ça déjà, c'est s'exposer aux gardiens des dogmes qui sont encore bien tenaces. Tôt ou tard, cette réalité deviendra pourtant inévitable tant les occasions où elle nous explose au visage se multiplient. Le vrai courage politique, ce n'est pas tant de demander de la fermeté au préfet, c'est d'assumer de dire ce qui ne va pas dans notre pays et d'affronter des décennies de doxa pour tenter tenter d'enrayer un phénomène auquel il ne faudrait jamais s'habituer.
Merci beaucoup Tom Abonné. Ok.