Et maintenant... le retour du covid ! #cdanslair 26.03.2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 44 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Faut-il craindre une résurgence de l'épidémie de Covid ?
- 0:29RelanceRéponse partielle
A-t-on levé trop tôt les gestes barrières comme le dit l'OMS ?
- 0:35OuverteRéponse directe
Pourquoi en Asie l'épidémie repart avec virulence ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que cette épidémie aura changé dans notre rapport au monde médical ?
- 1:37OuverteRéponse directe
On était près de 150 000 contaminations hier, en hausse de 50% en une semaine. Que se passe-t-il ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a toujours beaucoup d'absences liées au Covid en entreprise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurChiffre
« Plus 50% de contamination en une semaine et toujours plus de 100 morts par jour. »
- 0:22PrésentateurFait
« Emmanuel Macron dit qu'il est prêt à prendre ses responsabilités si les choses devaient empirer. »
- 1:45PrésentateurChiffre
« Il y a une semaine, c'était 100 000, donc plus de 50% en une semaine. »
- 2:42PrésentateurChiffre
« En 2021, près de la moitié des absences, 44%, étaient liées au Covid. »
- 2:48InvitéChiffre
« Il y a eu une augmentation de plus de 250% des arrêts maladies liés au Covid à la fin de l'année 2021. »
- 3:53InvitéFait
« L'OMS dit que la France a relevé trop vite et trop tôt ces mesures, ces gestes barrières. »
- 5:39PrésentateurFait
« On est en train de fermer les centres de vaccination, preuve qu'il n'y a plus cette inquiétude. »
- 8:05PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a évoqué un éventuel retour obligatoire du port du masque. »
- 9:06PrésentateurChiffre
« Le nombre de cas positifs a même doublé en seulement trois semaines. »
- 9:15PrésentateurChiffre
« Un taux d'incidence qui a augmenté de 36%. »
- 10:58InvitéChiffre
« 111 décès jeudi, plus de 141 000 morts depuis mars 2020. »
- 12:01PrésentateurFait
« L'OMS l'a rappelé encore aujourd'hui. Elle cite un certain nombre de pays qui ont levé les mesures un peu trop précocement et un peu trop brutalement. »
- 20:10InvitéFait
« On sait bien, on ne peut pas être contre l'arché du numérique, ça, évidemment. Mais il faut veiller à ne pas perdre. »
- 23:24InvitéFait
« On est dans une population en France et dans les pays européens extrêmement bien vaccinée avec des anticorps. »
- 26:52PrésentateurFait
« Le gouvernement a dit quatrième dose pour les plus de 80 ans. »
- 28:26InvitéFait
« Là, pour l'instant, c'est 80 ans et les résidents d'EHPAD. »
- 37:54PrésentateurChiffre
« Nous avons encore 52 millions de personnes âgées de plus de 60 ans qui n'ont pas suivi le cycle complet de vaccination. »
- 38:07PrésentateurChiffre
« Ils sont seulement 51% à avoir reçu le cycle complet de la vaccination contre le Covid. »
- 42:53PrésentateurChiffre
« Ils ont eu 300 décès quotidiens par jour au maximum. »
- 42:53PrésentateurChiffre
« Ils ont eu 300 décès quotidiens par jour au maximum. »
- 43:00PrésentateurChiffre
« C'est à peu près deux fois et demi plus que nous, notre pic de la première vague. »
- 43:20PrésentateurFait
« Regardez ces Européens. »
- 43:22PrésentateurFait
« On n'a pas de vaccins. »
- 43:39PrésentateurFait
« Ce n'est pas du tout ce qui est en train de se passer en Chine. »
- 44:12PrésentateurFait
« On a vu tout à l'heure le responsable du Parti communiste chinois, droit dans ses bottes, niant les morts à Hong Kong. »
- 44:23PrésentateurFait
« La stratégie Covid était la meilleure et qu'on la ferait contre vents et marées. »
- 44:28PrésentateurFait
« Le vaccin chinois était le meilleur au monde. »
- 45:50PrésentateurFait
« Le maître mot, c'est « ili », la persévérance. »
- 45:59PrésentateurFait
« La couverture vaccinale en Chine est inversée. On a favorisé la jeune population plutôt que les personnes âgées. »
- 46:13PrésentateurFait
« C'est justement parce que les autres pays abandonnent les zéro Covid que la Chine va la poursuivre. »
- 47:02PrésentateurFait
« Le vaccin efficace inventé par Pfizer et Moderna nous avait sorti de cette affaire. »
- 47:11PrésentateurFait
« Les insuffisances de Sinovac, le vaccin chinois, peuvent expliquer les difficultés de la Chine. »
- 58:29PrésentateurChiffre
« On a reçu 100 000 traitements au premier trimestre, il y en a un petit peu moins de 4 000 qui ont été utilisés. »
Temps de parole
- Présentateur88 %
- Invité4 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Plus 50% de contamination en une semaine et toujours plus de 100 morts par jour. C'est 10 fois plus que le nombre de morts sur la route. Faut-il craindre une résurgence de l'épidémie de Covid ? Emmanuel Macron dit qu'il est prêt à prendre ses responsabilités si les choses devaient empirer. Alors a-t-on levé trop tôt les gestes barrières comme le dit l'OMS ? La vaccination est-elle toujours efficace ? Pourquoi en Asie, en Chine, en Corée du Sud, l'épidémie repart avec virulence et frappe comme au tout début de la pandémie il y a un peu plus de deux ans ? Qu'est-ce que cette épidémie aura changé dans notre rapport au monde médical ?
C'est le sujet de cette émission de Ce C'est dans l'air, intitulée ce soir et maintenant le retour du Covid. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Patrick Pelou. Vous êtes médecin urgentiste au SAMU de Paris, président de l'Association des médecins urgentistes de France et auteur de Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux, c'est chez Robert Laffont et c'est sur l'agonie des gens célèbres. Faïsa Bossy, vous êtes médecin généraliste à Paris. Caroline Tourbe, journaliste spécialisée en sciences et médecine pour le magazine Le Point. A lire cette semaine votre dernier article intitulé Le Covid rétrécit le cerveau.
Et enfin Nicolas Béraud, vous êtes journaliste au journal Le Parisien Aujourd'hui en France. Je cite votre article avec Omicron, des mesures peuvent-elles être encore efficaces pour freiner l'épidémie ? Merci de participer à cette émission en direct. Caroline Tourbe, on commence avec vous d'abord avec ces chiffres qui passent sous le radar, on n'en parle pas, mais on était hier par exemple près de 150 000 contaminations. Il y a une semaine, c'était 100 000, donc plus de 50% en une semaine. Ça repart et ça repart aussi chez nos voisins. Oui, ça repart chez nos voisins et puis on pourrait dire, oups, c'est comme si on l'avait oublié.
Et c'est vrai que ces chiffres, comme vous dites, ils passent sous le radar. Or, on est vraiment dans une dynamique de l'épidémie qui est repartie. C'est le cas, on le voit en Italie, ce n'est pas encore le cas en Espagne, ce n'est pas le cas en Espagne. En Angleterre aussi, ça fait longtemps qu'on en entend parler. Les Anglais ont toujours un coup d'avance dans cette épidémie. Oui, malheureusement pour eux. En tout cas, cette sixième vague, elle a aussi fait parler d'elle au Danemark et dans les pays du Nord, avant nous.
Il y a eu quelque chose qui s'est passé déjà avant nous et c'est lié au variant, au sous-variant Omicron, le BA2 dont on reparlera, je pense, dont on se dit qu'il est beaucoup plus contagieux, dont on constate qu'il est beaucoup plus contagieux. Faïsa Bossier, vous êtes par ailleurs médecin en médecine du travail. Est-ce qu'il y a toujours beaucoup, on n'en parle pas, mais il y a beaucoup d'absences. J'ai lu qu'en 2021, près de la moitié des absences, 44% étaient liées au Covid et ça continue ? C'est une vraie réalité, il y a eu une augmentation de plus de 250% des arrêts maladies liés au Covid à la fin de l'année 2021.
C'est en train de rebondir de nouveau avec évidemment cette levée du port du masque en entreprise et puis également des jeunes populations pas forcément ayant un schéma vaccinal complet. Donc oui, on a aujourd'hui le taux d'arrêt maladie est significativement élevé et est lié principalement à la Covid. Alors Nicolas Béraud, est-ce qu'il faut mettre en relation ce rebond du Covid avec la suppression à la fois du pass vaccinal et puis surtout la suppression du masque ? On n'a plus le masque. Alors le pass vaccinal, a priori non. Les experts disent qu'au contraire, c'était le moment de l'enlever. Il n'y avait plus vraiment d'intérêt à le maintenir.
En revanche, le port du masque, oui, moi je m'en rappelle fin février quand il a été annoncé que le masque ne serait plus obligatoire dans les lieux avec pass vaccinal puis qu'il ne serait plus obligatoire quasiment nulle part à part dans les transports et les hôpitaux. Les épidémiologistes disaient que ce n'est peut-être pas très prudent. L'OMS le dit. L'OMS dit que la France a relevé trop vite et trop tôt ces mesures, ces gestes barrières.
Tout ce modo, les scientifiques le disent parce que dans ce rebond, cette sixième vague, comme disent certains, qu'on voit en France, mais aussi comme ça a été dit chez nos principaux voisins, il y a ce fameux variant BA2, donc un sous-variant Omicron, entre guillemets, qui est plus transmissible que le précédent variant Omicron. Et puis il y a aussi d'autres raisons, sans doute le relâchement des mesures parce que vous avez parlé du port du masque qui n'est plus obligatoire, mais on a aussi bien senti, comme vous l'avez dit, on avait parfois un petit peu oublié l'épidémie, oublié le virus après la très très forte vague de janvier.
Donc il y a sans doute eu en France et chez nos voisins une sorte de relâchement qui s'est matérialisé par cette fin du masque obligatoire. Et puis il y a aussi peut-être d'autres raisons qui peuvent expliquer ce rebond qui est toujours multifactoriel, notamment on peut penser à la baisse de l'immunité au fil des mois, soit après une vaccination, soit après une précédente infection. On reviendra sur la vaccination, mais il y a aussi le relâchement en entreprise, c'est le retour de la bise entre collègues ?
C'est le retour de la bise entre collègues. Vous l'avez constaté ? Oui, oui, c'est exact.
Et également l'autre chose aussi, c'est que c'est la fin du télétravail, que les gens reviennent sur site, et donc il y a plus de gens sur les open space ou dans les entreprises de façon générale. Ce qui est intéressant, et je rebondis sur ce que disait Nicolas, c'est qu'il faut bien savoir que le Omicron et le soulignage BA2, il a cette capacité à pénétrer assez facilement les cellules de la lignée nasale, et donc à être expectorées de façon également assez rapide, ce qui refait sa contagiosité. Donc le port du masque a véritablement un intérêt. Patrick Pelou, on a commencé cette émission avec Caroline Tourbe qui nous exignait 148 000 contaminations au jour.
En fait, c'est énorme si on repense à nos exigences d'il y a un an. Mais il y a comme une lassitude, on n'a pas envie de replonger, et on se dit que ce n'est pas possible, on ne va pas replonger dans cette épidémie. D'ailleurs, dites-moi si je me trompe, mais on est en train de fermer les centres de vaccination, preuve qu'il n'y a plus cette inquiétude. Oui, c'est sûr qu'il y a à la fois moins d'inquiétudes, parce que ça a quitté, comme vous le disiez, le premier titre des actualités. Deuxièmement, les gens en avaient assez, et les professionnels de santé aussi, parce qu'il n'y a pas que l'omicron dans le problématique de la santé, donc il fallait s'occuper des autres malades.
Donc ça, ça a été, et si on se mobilisait autant pour les autres maladies qu'omicron, ça serait peut-être aussi utile, ce qu'on dit en passant. C'est ce que vous vous êtes dit, vous vous êtes dit finalement, il y a eu un quoi qu'il en coûte pour l'omicron, il n'y a pas de quoi qu'il en coûte pour les autres maladies. Oui, voilà, notamment sur le dépistage du cancer, par exemple. Le truc là, c'est que, alors c'est sûr que les chiffres que vous dites sont justes, il y a un rebond, mais ça on s'y attendait en fait, parce que quand d'un coup on a dit on lève les mesures barrières, c'était logique.
La pandémie, ce n'est pas on-off, la pandémie, elle continue, elle va continuer, il va sans doute y avoir d'autres mutants. Bien sûr, là on est au mois de mars, tout a explosé au mois de mars il y a deux ans, puis l'année dernière, au mois de mars, ça avait recommencé. Donc il y a une espèce de saisonnalité qui est en train de se dessiner. Il ne faut pas que ça affole, parce que ce qu'on voit nous, c'est qu'il n'y a pas plus d'appels, et ça ne bouge pas sur les curseurs de l'urgence, sur les malades graves, on n'a pas besoin de refaire des secteurs Covid sur les réanimations.
Il y en a quelques-uns qui sont toujours, hélas, les mêmes profils, c'est-à-dire les gens qui n'ont pas été vaccinés, les gens qui ont une hypertension pas traitée, un diabète pas traité, une obésité, les personnes âgées. C'est pour ça que là, il y a une mobilisation qui se fait sur la quatrième dose pour les plus de 80 ans, et les personnes à risque, notamment les immunodéprimés, les personnes qui ont des maladies chroniques comme les cancers. Donc il y a une mobilisation qui existe toujours, mais qui prend une autre forme. Et c'est intéressant de voir l'évolution qu'il y a dans la société, où les gens respectent quand même le port du masque dans les transports en commun.
Et ça, c'est intéressant, parce que je pense que justement, le port du masque dans les transports, on ne va pas le délaisser avant très longtemps. On va voir d'ailleurs ce en quoi, peut-être qu'il y a eu des changements définitifs avec cette épidémie de Covid. En tous les cas, je retiens ce que vous venez de dire, ce n'est pas on-off, ce virus, il va rester. C'est sûr. Les contaminations au Covid, donc on l'a dit, sont en nette hausse. Emmanuel Macron a évoqué un éventuel retour obligatoire du port du masque. D'ailleurs, de nombreux Français, vous l'avez dit, commencent de même à le remettre. Sujet de Mélanie Lunès avec David Lemarchand et Ilana Azinko.
Depuis dix jours, il flotte comme un vent de liberté. Le port du masque n'est plus obligatoire à part dans les transports.
Alors ce matin-là, sur ce marché de la capitale, ils étaient de plus en plus rares à emporter. Toujours maintenir les gestes barrains, mais par contre le masque, c'est vrai que c'est plus facile sans. On a eu le Covid, nous, assez récemment, donc ça a enlevé la pression aussi. Avant, on était quand même assez prudents. Mais là, je pense qu'il y a aussi eu un petit peu un ras-le-bol après deux ans de faire super attention tout le temps. Je ne sais pas si tu as quelque chose à rajouter. Si, si, complètement, c'est exactement ça. Ça fait du bien à la liberté, quoi. Complètement, et surtout qu'on n'est pas certains qu'elle dure. En France, les indicateurs de l'épidémie repartent à la hausse.
Le nombre de cas positifs a même doublé en seulement trois semaines. Jeudi, plus de 148 000 cas positifs recensés en France.
Et un taux d'incidence qui a augmenté de 36%. Des chiffres qui effraient Ronan Lecéré.
Il a reçu deux grèves de rein. Considérée comme une personne immunodéprimée, lui garde son masque en permanence, à l'extérieur. Et même lorsqu'il va faire ses courses, il doit rester prudent.
La porte, elle s'ouvre, elle se ferme assez fréquemment.
Donc, pour moi, ça permet de valider qu'on aère régulièrement quand même le magasin. Et là, je vais aller chercher une boîte de haricots verts.
Donc, je ne pense pas que je vais y rester très, très longtemps.
Cinq minutes, pas plus, pour se protéger un maximum contre le virus. Et dans la file d'attente, là encore, il reste vigilant.
Je me mets à plus d'un mètre de la personne devant moi, déjà. La porte, là-bas, elle s'ouvre régulièrement.
Et puis, je n'ai personne derrière moi. Parce que ce que je déteste, c'est avoir quelqu'un derrière moi. Et que le souffle...
Mais très vite, une famille non masquée se poste derrière lui.
J'ai... C'est la vie.
Plaisir.
Bah, qu'en fin de compte, je ne vais pas aller empêcher tout le monde de ne pas porter un masque. Parce que moi, je suis malade. Il a reçu quatre doses de vaccin. Mais depuis la levée du port du masque, sa vie a changé.
Je m'interdis quand même énormément de sorties. Aujourd'hui, je ne vais pas aller mettre les pieds dans un cinéma. Je ne vais pas aller mettre les pieds dans une salle de concert. Parce que pour moi, c'est trop m'exposer, en fin de compte, à d'autres personnes. Je pense que le gouvernement aurait dû effectivement maintenir le masque. Maintenant, encore une fois, c'est compliqué en période électorale. Je pense qu'il y a des points à gagner. Et que retirer le masque, c'était un moyen de montrer qu'on redonne de la liberté, en fin de compte, à la population.
Un retour à la vie normale, alors que le Covid tue, toujours. 111 décès jeudi, plus de 141 000 morts depuis mars 2020. Parmi eux, le père et le frère de Sabrina Selamy. Ils sont partis tous les deux au début de la crise sanitaire en mars 2020. À 24 jours d'intervalle, j'ai perdu d'abord mon père le 6 mars et puis mon frère le 30. Tous les deux de la Covid-19. Depuis, elle se bat pour que les morts du Covid-19 ne soient pas oubliées. La Covid-19, c'est une maladie meurtrière. Les gens l'oublient. Je veux dire que même des gens, on pense que ce sont des gens qui ont des comorbidités, des gens qui ne veulent pas se faire vacciner, mais ce n'est pas vrai.
La Covid peut toucher tout le monde et tout le monde peut tomber dans des complications. Le docteur Franck Larrault fait partie d'un collectif qui étudie le Covid. Lui estime que le gouvernement a levé ses restrictions trop brutalement.
L'OMS l'a rappelé encore aujourd'hui. Elle cite un certain nombre de pays qui ont levé les mesures un peu trop précocement et un peu trop brutalement. On en fait partie. Ce qu'on aurait pu faire, c'est qu'on aurait pu ne pas lever toutes les mesures en même temps. Le plus important actuellement, c'est l'intérieur. Là, on est en intérieur. Vous avez le masque, j'ai le masque. Nos risques de nous contaminer sont quasi nuls.
Un variant très contagieux, mais moins dangereux. Les hôpitaux ne constatent pour l'heure pas de hausse majeure du nombre de malades Covid dans leur service.
Ça va remonter. Faïsab aussi, un mot sur ce reportage de Mélanie Dunez. On a vu Renaud, immunodéprimé, qui vit dans la hantise au supermarché d'être contaminé. C'est ça le quotidien de beaucoup de Français qui ont été traumatisés. A tort ou à raison. Lui, en l'occurrence, il a raison puisqu'il est immunodéprimé. Donc, il est plus sensible que d'autres au Covid. Le quotidien de beaucoup de Français, je dirais non. Mais c'est vrai qu'il y a une frange de la population qui est vulnérable. Et qui, par essence, a tout à fait raison d'avoir peur et de se prémunir. Donc, de faire en sorte de porter le masque, de sortir à des euros où il n'y a pas grand monde, etc.
Et c'est tout à fait louable et légitime. Mais ce n'est pas le quotidien de l'ensemble de la population française. Il n'empêche, Patrick Pelou, on voit de plus en plus de Français remettre le masque. Vous remarquez que dans les transports en commun, on portait le masque. Est-ce qu'on est entré dans une société plus hygiéniste ? C'est vrai qu'on a tous vu à la télévision ces gouttelettes qu'on recrachait. On n'en avait peut-être pas conscience qu'on postillonnait autant et qu'on transmettait la gastro ou je ne sais quoi en parlant à quelqu'un. Et c'est le retour des hygiaphones que vous avez connu quand on était tout gamin. Parler dans l'hygiaphone.
Parler dans l'hygiaphone, qui était une mesure qui avait été prise à l'époque pour freiner la tuberculose. qui avait disparu après et en fait ça revient. Et en effet, ceux qui ont mis des plexiglas dans les cafés, etc. s'aperçoivent que la quantité de postillons qu'il y a, ça on le savait depuis toujours. On n'arrivait pas à faire passer ces mesures quand il y avait des pandémies. Je me souviens de reportages sur les épidémies de grippe il y a des années où en fait on disait, faisons comme les pays asiatiques, mettons le masque. Tout le monde vous regardait avec des... On trouvait ça lunaire. On trouvait ça lunaire. Maintenant, c'est banalisé. Ça va rester.
D'abord, il y a une première chose, c'est que le niveau de connaissance médicale de la population française a largement augmenté. D'accord ? Premièrement. Donc du coup, en effet, par rapport aux chiffres que vous annoncez sur l'augmentation, il y a beaucoup de gens qui se soignent eux-mêmes, qui savent. J'ai été de garde cette nuit au SAMU. Il y a des gens qui vous appellent, qui disent, écoutez, j'avais des symptômes, je suis allé faire mon test, je suis positif, voilà, j'ai un petit peu de mal à respirer, vous les faites compter. Et on voit que ce n'est pas grave, donc ce n'est pas grave, en effet, parce que ce variant et cette suite logique sur la pandémie n'est pas grave pour l'instant.
Et les gens ont énormément compris et ont l'habitude. Et en effet, il y a beaucoup de gens qui portent le masque parce qu'ils savent qu'ils sont à risque, ils ne veulent pas. Ou vous avez des gens qui reportent le masque tout le temps parce qu'ils savent qu'ils vont faire un voyage, qu'il faut encore faire des tests PCR avant de rentrer dans l'avion. Donc ils savent, ils ne veulent pas être contaminés. Donc vous voyez, il y a une espèce d'intelligence collective qui a énormément progressé. C'est intéressant.
Nicolas, oui, d'ailleurs, quand on ne savait pas très, moi le premier, ce que c'était qu'un service de réanimation, on a bien compris que quand on était en réanimation, c'est que c'était sérieux. Ah bah oui, ça c'est vrai. Et la compréhension même du parcours hospitalier a changé. Et vous le constatez. Ah oui, oui, mais énormément. Et les gens savent qu'à partir du moment où on les met dans une unité de soins continu, dans une unité de réanimation, les choses sont graves, le pronostic vital est engagé. Non, non, c'est intéressant de voir tout ce progrès qu'on a eu collectif. Enfin, Isabelle aussi, vous l'avez constaté.
Il y a aussi une part de la, enfin, la plupart de la population maintenant s'axe aussi sur des axes de prévention, par exemple. Voilà, ils vont voir le médecin pour faire des gestes, pour avoir de la prévention, un suivi, des dépistages, mettre à jour ces vaccins. Et puis le gel hydroalcoolique qui est maintenant dans les restaurants, ça c'est bien, parce que les restaurants, il y avait beaucoup de restaurants, le savon n'existait pas pour se laver les mains. Donc il y a un peu moins de maladies, genre gastro, qui circulent ? Un peu moins, il y en a encore. C'est remonté parce que justement on a baissé le port du masque, etc. Mais en effet.
Alors, on revient sur l'actualité, 148 000 contaminations hier, Jean-Pierre dans le Barin s'interroge, Nicolas Béraud, quels sont les symptômes ? Alors on a un peu perdu le fil des variants, en ce moment c'est le variant BA2, et apparemment Jean-Pierre est un expert, il dit, s'agit-il des mêmes que ceux du variant BA1 ? Ce sont quoi ? C'est ce qu'on appelle des... c'est la famille Omicron. Tout à fait. En fait, si on résume, on avait le variant Delta, qui est devenu majoritaire au début de l'été et qu'il est resté jusqu'au mois de décembre.
Au mois de décembre, il y a un nouveau variant, Omicron, qui a été identifié en Afrique du Sud, qui est apparu extrêmement rapidement et qui est devenu majoritaire à la fin du mois de décembre. Au sein de cette lignée, de cette famille variant Omicron, il y a plusieurs, ce qu'on appelle des soulignages. On va dire que ce sont des frères ou des cousins au sein de ce variant Omicron. Il y en a un, il s'appelle BA1, et c'est lui qui était là en décembre, en janvier, c'est lui qui a été responsable de la très très forte vague, un pic à 360 000 cas par jour, qu'on a eu en janvier.
Ensuite, il a un petit frère, entre guillemets, BA2, qui est apparu progressivement et qui est maintenant devenu majoritaire. C'est lui, les 148 000 cas, l'essentiel, c'est du BA2. En très grande majorité. Il est devenu majoritaire fin février. On estime que maintenant, il représente 80-90% des cas quotidiens. Donc tout ça, c'est du BA2, mais ça reste de l'Omicron au sens large. La question des symptômes. On n'a pas encore de données sur est-ce qu'avec BA2, c'est différent de avec BA1. A priori, on va partir du principe qu'en l'état actuel, BA1 et BA2, c'est à peu près les mêmes symptômes. Ce qui était intéressant, c'est que c'était différent par rapport aux symptômes avec Delta.
C'est-à-dire que dans les données qu'on a obtenues, notamment depuis le Royaume-Uni, il y avait moins souvent perte de goût, perte d'odorat. Et à l'inverse, il y avait souvent, un peu plus souvent, de la toux, la gorge qui gratte, le mal à la gorge, le nez qui coule. On peut aussi avoir de la fièvre, des maux de tête, etc. Et du coup, la difficulté avec ces symptômes, c'est qu'en fait, ça peut aussi être des symptômes de plein d'autres choses. Des symptômes d'un rhume, des symptômes d'autres choses. Et parfois, de la grippe, qui est en très forte progression depuis trois semaines.
Donc parfois, si on a ce genre de symptômes et qu'on ne se fait pas tester, c'est impossible de savoir ce qu'on a. Je parlais avec un médecin il y a quelques jours et ça m'amusait parce qu'il me racontait, moi j'ai des patients qui viennent, ils me disent, j'ai les symptômes du Covid, docteur, j'ai le Covid, je les teste trois fois, ils n'ont pas le Covid. Alors d'ailleurs, Faïsab aussi, plusieurs témoignages remontent de personnes âgées qui disent, tiens, vous leur dites, allez faire un test pour savoir si c'est le Covid ou si c'est autre chose. Eh bien, on a plusieurs personnes âgées qui sont un peu perdues avec le code SIDEP.
On a 10 minutes top chrono pour le saisir sur son téléphone portable. Donc imaginez la personne de 85 ans qui met ses lunettes. C'est impossible. Est-ce qu'il y a un peu de simplification, un choc de simplification qui serait le bienvenu en matière de détection ou de plateforme Covid ? Patrick, elle-moi. Non, mais ça, je suis un tarissable. Non, non, mais c'est des plateformes informatiques qui sont compliquées, même pour nous, à les remplir. Ah, même pour vous, mais oui. Même pour nous, c'est un nombre de clics, ce n'est pas ergonomique. Alors évidemment, on le fait, mais c'est quand même...
Et puis il y a cette fracture numérique, j'imagine les personnes âgées, mais même moins âgées, saisir tout ça, remplir son QR code, aller sur l'application, c'est quand même très compliqué. Patrick Poulou, vous avez des personnes âgées qui simplement veulent savoir si, oui ou non, elles ont le Covid. Et on les fait passer par un cheminement informatique qui les perd. Mais ce n'est pas que les personnes âgées. Il y a plein de gens, vous savez, tout le monde n'a pas un téléphone Android ou un téléphone sophistiqué. C'est très compliqué. C'est trop compliqué. Il y a une élite qui pense que tout le monde a cet accès au numérique. Ce n'est pas le cas.
Et ce qui fait que c'est encore quelque chose d'exclusion. Donc du coup, vous avez des gens qui se sentent exclus du système. L'apparition du QR code, bien sûr, ça a été formidable, mais personne ne dit un QR code. C'est complètement... Enfin, il y a plein de gens qui se sont sentis exclus du système. Et ça, c'est vraiment une réflexion. On sait bien, on ne peut pas être contre l'arché du numérique, ça, évidemment. Mais il faut veiller à ne pas perdre. Et on perd. Voilà. Et je crois vraiment que c'est quelque chose qui doit servir. On s'est gargarisé d'applications, tout ce qui est anti-Covid, etc. Mais je pense qu'il y a peut-être la moitié des gens qui n'avaient pas accès à ça.
Alors, Caroline Tourbe, une fois qu'on sait oui ou non, si on a le Omicron variant BA2, donc le nouveau variant, quelles sont les caractéristiques de ce variant ? On dit qu'au fond, est-ce que c'est en simplifiant, oui, il est encore plus contagieux que le précédent, mais il est peut-être encore moins méchant que le précédent. Comme c'était dit, c'est-à-dire qu'on observe encore pour être sûr de ça, il n'a pas l'air d'être plus méchant, entre guillemets, que le B1, que la première version, que le grand frère Omicron.
Par contre, ce qui est vrai, c'est qu'il est plus contagieux, mais même au niveau de sa contagiosité, le résultat est qu'il circule plus vite, mais on ne sait pas si c'est dû à une facilité qu'il aurait pour entrer dans les cellules et les infecter, ou si c'est parce qu'il contourne plus facilement les digues immunologiques qu'on a développées les uns les autres. Peut-être les deux, peut-être les deux. En tout cas, le résultat de tout ça, c'est qu'il se diffuse très bien, très vite, et c'est vraiment ce qui a expliqué ce qui s'est passé au Danemark, et ce qui explique en grande partie ce qui se passe en France actuellement. Oui, Patrick Peau ?
Juste, par rapport à ce que disait la dame qui a perdu ses parents dans votre reportage, on ne mesure pas la chance qu'on a aujourd'hui, c'est-à-dire que ce qu'on a vécu en 2020, ce qui est vrai, moi j'ai vu des couples mourir en quelques jours, le Covid a tué, et tue encore. Donc c'est vraiment une maladie. 110 personnes par jour, 120 hier, c'est 10 fois plus que la route, on s'est habitués. Et donc le combat est important.
Et deuxièmement, vous avez les Covid longs, qu'il ne faut pas oublier, où là, on découvre des gens qui ont développé des pathologies restrictives pulmonaires, qui sont très handicapantes, des jeunes, pas que des personnes âgées, des jeunes qui avant étaient des grands sportifs, faisaient des marathons, etc., qui ne courent plus, et tout ça, ça a marqué en fait la santé publique et la santé en France. Caroline Tourbe, vous parliez là du BA2 qui serait plus contagieux que le BA1, est-ce que c'est la destinée de ces coronavirus d'être de plus en plus contagieux et de moins en moins létal, ou est-ce que non ?
Attention, la magie de la génétique peut survenir un nouveau variant qui serait très méchant, un peu comme le flux Delta en décembre. C'est exactement ça, c'est-à-dire qu'on a pour l'instant eu la chance d'en avoir des plus contagieux et pas plus méchants d'un point de vue des symptômes et de la mortalité, mais rien n'empêche la génétique de faire sortir du chapeau quelque chose de cet ordre-là. On parle du Delta-Cron, un mélange de Delta et Omicron. Il y aurait la contagiosité d'Omicron et la méchanceté du Delta. Ça peut ne pas forcément être ça, ça peut être particulièrement peu contagieux et particulièrement peu méchants. Il y a plein de choses qui peuvent émerger.
En fait, ce qui va faire le succès de ces variants-là, c'est dans quelle population ils vont s'inscrire aussi. Typiquement, on est dans une population en France et dans les pays européens extrêmement bien vaccinée avec des anticorps. On a vraiment des protections qui sont efficaces. On reparlera du temps de protection. Mais enfin, on est quand même globalement bien protégé. Et un variant qui aurait du succès en pouvant se diffuser dans la population, ce serait typiquement celui qui arriverait à contourner ces défenses-là.
Justement, Nicolas, Béraud, est-ce que si, au fond, 148 000 contaminations au jour, mais il y a beaucoup moins de cas graves qu'il y a deux ans, c'est peut-être parce que la population française commence à le connaître. Physiquement, on commence à être bien immunisé contre cette souche du coronavirus qui nous a fait tant de mal depuis deux ans. Bien immunisé, à la fois avec les précédentes infections et avec la vaccination. Et d'ailleurs, pour compléter ce qui a été dit sur BA2, effectivement, sa sévérité, les données britanniques le montrent, ils ne semblent pas entraîner un risque plus important de formes graves que BA1. Donc ça, c'est la bonne nouvelle.
Il y a une question qui est importante et on n'a pas encore toutes les réponses. Est-ce qu'on peut attraper deux fois Omicron ? Est-ce qu'on peut avoir BA1 en décembre-janvier et BA2 maintenant ? Dans les projections qu'a faites l'Institut Pasteur et qui sont souvent évoquées par le gouvernement pour dire que ça ne devrait pas monter aussi haut qu'en janvier, l'Institut Pasteur considère que dans la période d'études, jusqu'au 1er avril, on est protégé quand on a eu BA1 de BA2.
Les données, notamment danoises et britanniques, montrent à l'inverse que le risque de réinfection, enfin, on peut être réinfecté par BA2 quand on est déjà eu Omicron version 1, BA1, mais que le risque est a priori rare. Le souci, c'est qu'en général, plus la durée entre deux infections est grande, plus le risque est important. Donc, il est possible que des personnes qui aient eu Omicron en décembre-janvier risquent un petit peu plus de le re-attraper dans les semaines qui viennent plutôt qu'en février-mars. On n'a pas encore vraiment de données là-dessus, mais est-ce que l'épidémie de BA1 va fortement écraser celle de BA2 comme on peut l'espérer ?
Peut-être pas autant que ce qu'on aurait pu espérer il y a 2-3 semaines. Mais Patrick Pelou, il y a toujours, on le disait, 120 morts par jour. Le BA1, il continue de susciter des admissions à l'hôpital. Où est-ce qu'on en est ? Il y a toujours aussi, malheureusement, dans le lot, des gens qui font des formes graves ? Non, non, il y a un petit flux. Les formes graves, c'est toujours les mêmes patients avec des comorbidités qui sont l'obésité, qui sont l'âge, l'hypertension non traité, le diabète non traité. Donc, c'est toujours à peu près ça. Vous continuez à en avoir en admission ? Non, très peu, oui. Très peu. Très peu, très peu.
Mais, comme là, en fait, il faut compter juste 3 semaines, 4 semaines, il va y en avoir, mais ça ne sera pas... Mais si vous voulez, on est très mobilisés, c'est-à-dire qu'en fait, les plans d'afflux massifs sont toujours prêts, on a l'entraînement, hélas, mais après 2 ans, on a l'entraînement, on pourra monter en capacité là-dessus. Mais ce qui est dit dans le monde hospitalier, c'est qu'il ne faut pas rejouer une position qui serait de dire on va se consacrer à nouveau qu'au Covid, parce qu'on a délaissé les patients de chirurgie, on a délaissé les patients de psychiatrie, etc. Vous payez les pots cassés, là ? On paye un peu les pots cassés. Oui, oui, ça, c'est très net.
Les patients qui sont cassés, là. Et notamment, c'est très juste ce que disent mes collègues psychiatres, c'est qu'il y a eu des conséquences, voilà, il y a eu des conséquences de tout ça, de tout ce qu'on dit là, c'est très regardé, les gens sont très inquiets, même si en effet, ces variants sont beaucoup moins dangereux que ce qu'on a connu au début de l'épidémie, vous avez des gens qui sont extrêmement inquiets. Donc ça, il faut en tenir compte. Faïsab aussi, le gouvernement a dit quatrième dose pour les plus de 80 ans. Est-ce que c'est sage ? Oui, on sait que quand on est âgé, on le sait, on est plus vulnérable, on a le système immunitaire moins fort.
Et est-ce que ça prend, est-ce que ça marche, est-ce que ça fonctionne ? Difficilement, je vous avoue. Les personnes âgées se sont vaccinées pour la plupart, on a quand même une belle couverture vaccinale, mais ils hésitent encore à, de nouveau, faire un booster. Pourquoi, quand on en a fait trois ? Il ne faut pas le bout du monde de faire la quatrième ? J'en conviens bien, mais c'est encore du mal à passer. Et puis, il y a aussi cette notion qu'on se dit, cet Omicron, il est contagieux, mais il est moins grave. Donc, ils hésitent un peu. Ça ne veut pas dire que ça ne va pas être fait. Donc, c'est à nous, là encore, d'être conseillés.
Et puis, alors après, il y a aussi le niveau de vulnérabilité. Les gens qui sont vulnérables, ils n'hésitent pas, pour le coup, à le faire. Ça, vraiment. Parce que c'est plus de 80 ans et les immunodéprimés qui ont le droit à la quatrième dose. Absolument. Il y a des personnes qui sont sous chimiothérapie, notamment. Voilà. Les personnes vulnérables, maladies chroniques. Nicolas Béraud. Oui, oui, alors je vous en prie. Je voulais juste rebondir sur ce que disait Patrick Pelou. C'est que cette notion de priorisation que du Covid pour la Chine, actuellement, c'est une véritable problématique. Puisqu'ils ont priorisé là-dessus. Et aujourd'hui, ça pose des vrais problèmes.
Autant en Europe, la situation est sous contrôle. Autant en Asie, ils sont en train de revivre ce que nous, on avait vécu il y a deux ans. Nicolas Béraud. Et juste sur le deuxième rappel, ce qu'on appelle parfois la quatrième dose, mais c'est plutôt une deuxième dose de rappel. Là, pour l'instant, c'est 80 ans et les résidents d'EHPAD. La question, c'est est-ce qu'on abaisse un petit peu cette limitage ? Mais oui, pourquoi ? Il y a beaucoup de Français qui seraient ravis d'aller faire la quatrième dose parce que pour des raisons bien comprises, ils n'ont aucune envie d'attraper la maladie. C'est possible.
Je dis que la priorisation, c'est-à-dire qu'elle est pour les personnes de 80 ans et les personnes vulnérables. Mais rien n'empêche les personnes qui souhaitent faire une quatrième dose de pouvoir le faire. Je peux y aller là ? Je peux prendre rendez-vous ? La Haute Autorité de Santé et le Conseil scientifique, ils ont avancé, ils disent que ce serait peut-être pas mal de mettre 65 ans, à minima pour ceux à risque. D'autres pays comme Israël, quand ils se sont lancés, ils ont fait 60 ans.
Les données, on a des données notamment françaises qui sont des données en vie réelle qui montrent que l'efficacité de la dose de rappel, de la première dose de rappel, au bout de trois mois, elle décline chez les personnes âgées d'au moins 60 ans. Donc ça pourrait aller dans le sens de ça. Mais du coup, la question, parce que les gens de 30, 40 ans qui nous regardent, ils se disent « Ah bah, le premier rappel, l'été dernier, on a commencé par les plus de 80 ans, puis 60, et ensuite ça a été à nous. » La question, c'est est-ce que le deuxième rappel, ça va finir par être élargi à tous les adultes ?
Ça, c'est pas si sûr, en tout cas pas dans l'immédiat, parce que déjà, on manque encore de recul. Comme tous les 30, 40, 50 ans, ils ont eu leur premier rappel, souvent en décembre ou janvier, on manque encore de recul sur la protection chez eux. Et ensuite de ça, il y a aussi un concept que le gouvernement prend en compte, c'est ce qu'on appelle la fatigue vaccinale, c'est-à-dire, c'est aussi ce que dit la Haute Autorité de Santé, il faut faire attention. Si on dit à toute la population, tous les trois mois, nouveau rappel, qu'il ne faudrait pas que ça les braque et qu'ils se disent « Bon, c'est bon, j'en ai marre, arrête-la ».
La quatrième dose, c'est la dose de trop, un peu, c'est celle qui vous fait croire. Pour certains, oui. Non, il y a une usure, mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'on a la chance en France d'avoir ce vaccin qui est remboursé, donc gratuit par la Sécurité sociale, qui a plein de pays où l'accès au vaccin est encore limité et on risque en effet d'avoir dans ces pays où le vaccin n'est pas accessible, d'avoir en effet des endroits où vous allez avoir des nouveaux variants qui vont arriver. Ah oui, et qui vont nous revenir en boomerang. Caroline Tourbe, sur le gouvernement aussi, est-ce qu'il y a une veille quand même ? Est-ce qu'il s'inquiète de projets…
Là, on est à plus de 50% en une semaine, on voit bien qu'il ne faudrait pas que ça continue à ce rythme-là. Emmanuel Macron, mercredi dernier, a dit « Si les choses devaient se dégrader, le président que je suis prendrait ses responsabilités pour protéger ». L'année nouvelle, hier titrée « Covid, quelle perspective pour cet été ». Rassurez-nous, là, on ne va pas revivre un été sous restriction, sous… On n'en sait rien en fait. En tout cas, est-ce qu'il prendra des décisions ? C'est possible. Je serais très étonnée qu'il en prenne avant le second tour. Oui, mais après pour l'été, on pensait à nos vacances. C'est un virus politique. On peut réserver tranquille cet été ?
Est-ce qu'on peut réserver tranquille cet été ? De toute façon, ce qui va se passer, c'est que ça n'aura rien à voir avec la situation de l'année dernière. Il y a un an, on faisait des émissions, on participait à des émissions, on écrivait des articles, où on se posait la question de savoir s'il y aurait des vaccins pour tout le monde. On était à cette période-là. Il faut quand même comprendre… Il y a un, les vaccins sont arrivés il n'y a même pas un an. À peu près. En tout cas, pour la population générale, ce sentiment qu'on pouvait y avoir accès, c'était il y a un an. Donc évidemment, quand l'été est arrivé, plein de gens n'étaient pas encore vaccinés.
On ne savait pas si tout le monde pourrait y avoir accès. Quand on se retourne, il ne faut pas aller très très loin en arrière pour s'apercevoir qu'on n'est plus dans le même monde. Donc est-ce qu'il faut réserver ? Oui, je pense qu'on peut réserver. Je pense qu'on peut être tranquille au niveau européen. Les choses ont été organisées pour qu'on ne se retrouve plus avec des situations, des casse-têtes légaux trop différents dans les aéroports, des choses comme ça. À mon avis, oui. Mais est-ce qu'on va se retrouver avec l'obligation du port du masque dans des endroits où on avait pris l'habitude de ne plus le mettre ? C'est possible aussi.
Mais ça dépendra d'ailleurs des résultats des élections quelque part. C'est-à-dire, le candidat qui sera élu cette fois, quelle sera sa position vis-à-vis du Covid ? Mais par rapport à des hypothèses que j'ai vues traîner sur des réseaux sociaux de dire qu'on va vers des reconfinements, etc., je pense qu'on s'en éloigne largement. Et que grâce à la vaccination, et que justement, ce que dit le président Macron est juste, si jamais, et on l'a vu, on dit qu'on reporte le masque, je pense que ça passerait largement en disant aux gens « Vous reportez le masque, le gel hydroalcoolique, il ne faut pas l'oublier parce que c'est quand même l'essentiel, c'est le gel hydroalcoolique. » D'accord ?
Ça éviterait justement de repenser ou d'imaginer qu'on puisse reconfiner toute la population comme on l'a connue. Enfin, Isabelle aussi, Caroline Tourbe rappelait, c'est vrai qu'il y a un an, on n'avait pas encore de vaccin en fait. Enfin, on ne l'avait pas, c'était quelques... Les heureux élus. Avec le recul d'ailleurs, comment est-ce que... Quelle image vous renvoyez ? Est-ce que les gens vous ont remercié ? Est-ce que les gens sont... Le regard qu'on porte sur la maladie, sur le vaccin et sur le corps médical, est-ce qu'il a changé ? Ah oui.
Ben, j'ai envie de vous dire qu'il y a beaucoup d'anxiété et que ce soit dans les cabinets médicaux, que ce soit en structure hospitalière, le personnel soignant a été à l'écoute, à l'écoute de cette angoisse. Et en ça, je crois que la population est en effet très remerciante. Mais globalement, quand même, on reçoit des merci en dehors du Covid. Et ça, c'est sympa. Donc ça n'a pas changé. Après, le regard sur le corps médical, c'est peut-être sur l'organisation médicale. Bien sûr. Mais sur le personnel hospitalier que vous êtes, les médecins, le regard a changé.
Et sur la médecine, cette médecine qui a été capable, ou cette science qui a été capable de nous dégainer un vaccin qui nous a quand même tiré d'affaires, pour nous les survivants ? C'est la science, plus que la médecine. C'est la science, c'est la recherche. Il ne faut pas oublier, l'ARN messager n'est pas tombé du ciel. Ça remonte à 30 ans. Les premières recherches sur ce vaccin avec l'ARN messager remontent au début des recherches sur le sida. Française, d'ailleurs. Voilà, française. Et une partie des équipes chez Pfizer sont français. On peut se poser la question, pourquoi ils sont partis trouver le vaccin aux Etats-Unis et pas en France ? Pour ça, c'est autre chose.
Il y a plusieurs choses. Un, je pense que le niveau culturel, médical des Français a largement progressé. Deux, il y a un regard qui a été très critique sur le système de santé avec justement cette perte de souveraineté pour fabriquer des masques, fabriquer des respirateurs, fabriquer des médicaments. C'est pour ça que c'est un des sujets sur la campagne. Ça s'est remonté. Ça s'est remonté et c'est un des sujets sur la campagne présidentielle. C'est donc un sujet éminemment politique. Maintenant, on a été remercié largement. Pour ma part, sur Instagram, je faisais des InstaLives pour rassurer les gens. Ça a eu beaucoup de succès et c'était formidable. D'accord ?
Mais vous avez une frange, il ne faut pas les négliger, les anti-vax. Alors ça, on a aussi un sujet. Voilà, bon, on reviendra avec votre sujet. On va revenir sur savoir ce que sont devenus les anti-vax et quel autre combat ils mènent aujourd'hui. D'abord, on avait parlé tout à l'heure de l'Asie. Autant si l'Europe est en train de lever les restrictions parce qu'on est en train de vivre avec le Covid, comme le titrait d'ailleurs ce matin un article du Parisien en Espagne. En Asie, c'est tout le contraire.
Plusieurs grandes nations sont-elles confrontées à une brutale reprise des contaminations avec des chiffres et avec des morts qui rappellent le tout début de la pandémie, sujet de Constance Meyer et Michel Bouilly. À l'extérieur, devant la porte de cet hôpital, des dizaines de malades sur des brancards. À Hong Kong, les cas de Covid sont si nombreux que les parkings font désormais office de salle d'attente. J'ai demandé aux médecins, mais il n'a aucune idée du temps que je dois attendre parce qu'il y a trop de patients Covid à l'intérieur. Donc ils ont du mal à répartir toute la main d'œuvre.
Même de nuit, les patients attendent des heures sans être sûrs de pouvoir être pris en charge, comme la maman de cette fillette de deux ans positive au Covid.
Ils n'ont pas de place pour nous, donc on n'a pas d'autre choix que de rentrer à la maison. Les soignants sont débordés.
Plus de 280 000 cas ont été enregistrés à Hong Kong ces deux derniers mois, 20 fois plus qu'en deux ans de pandémie. La région affiche désormais le taux de mortalité le plus élevé au monde. Pour enrayer cette nouvelle vague, les autorités ont même été jusqu'à construire, à la hâte, des camps d'isolement. 70 000 places réparties sur plusieurs sites en périphérie de Hong Kong. Des préfabriques et alignés de seulement quelques mètres carrés par chambre, avec barreaux aux fenêtres. Impossible de sortir avant 14 jours, même pour les asymptomatiques, sous peine de risquer six mois de prison.
Selon les scientifiques, le variant Omicron aurait contaminé la moitié des 7 millions d'habitants, mais pour l'instant pas de reconfinement à Hong Kong, contrairement à d'autres régions chinoises. À Shanghai, certains quartiers sont bouclés.
Les complexes résidentiels dans lesquels je livre sont confinés. Je viens de laisser des colis aux portes, car elles sont bloquées par les barrières. La capitale économique tourne au ralenti. J'ai des amis avec qui je traînais il y a quelques jours, et qui ont été soudainement mis en quarantaine. Nous étions censés quitter Shanghai. Mais on ne peut plus partir maintenant. Le gouvernement nous a dit de faire un test Covid dans les 48 heures. Nous allons le faire.
Comme eux, des milliers de Chinois sont priés d'aller se faire tester. Dans les grandes villes du pays, c'est même fil d'attente devant les centres de dépistage. Le gouvernement fait la chasse aux cas positifs, alors qu'une grande partie de la population n'est pas vaccinée. Nous avons encore 52 millions de personnes âgées de plus de 60 ans qui n'ont pas suivi le cycle complet de vaccination. Parmi elles, la plus grande proportion est celle des personnes âgées de plus de 80 ans. Ils sont seulement 51% à avoir reçu le cycle complet de la vaccination contre le Covid.
Alors que certains scientifiques demandent la fin de la politique zéro Covid, le gouvernement chinois campe sur ces positions et se défend.
Grâce à la stratégie zéro Covid et à des stratégies de prévention précises,
la Chine a assuré des activités de production normales et la vie de la majorité des personnes dans la grande majorité des régions, réduisant ainsi les désagréments causés par l'épidémie. À Singapour, les autorités hésitent entre la stratégie zéro Covid appliquée depuis le début ou laisser circuler le virus. Ici, dans une semaine, il sera possible de tomber le masque en extérieur, de quoi réjouir les habitants. Hong Kong et la Chine ont adopté une stratégie de type zéro Covid, ce qui crée beaucoup de stress pour les gens. J'ai des collègues là-bas aussi, je ne les ai pas vus depuis deux ans et je pense que ça commence à les affecter.
Je pense donc que Singapour va définitivement dans la bonne direction en ce qui concerne l'ouverture, l'assouplissement des mesures et le Covid-19 commence à devenir endémique. Après des mois d'interdiction, les rassemblements de plus de dix personnes seront à nouveau autorisés et la quarantaine pour les voyageurs vaccinés levée à partir du 1er avril. De quoi reconnecter le pays au reste du monde, selon les mots du gouvernement. Alors, Faïsa Bossy, question téléspectateur. Qu'est-ce au juste que la stratégie zéro Covid ? Pourquoi est-elle en cause ?
La stratégie du zéro Covid, c'est tout simplement une fermeture, c'est-à-dire que vraiment la Chine est sous cloche, on fait véritablement une espèce de bulle sanitaire, c'est des tests de dépistage massifs et isolement. Alors, ça a très bien marché au début ? Alors, ça a très bien marché, d'abord on ne sait pas, parce que les données chinoises ne sont pas toujours... Non, mais en Asie, d'une façon générale, ça a bien marché. Alors, oui, mais on part sur un système insulaire, c'est-à-dire l'Australie, par exemple, la Nouvelle-Zélande, avec des populations qui sont moins nombreuses que chez nous. Mais à partir du moment où vous réouvrez, bon ben voilà, les contaminations se font.
Là, on est sur un Omicron BA2, donc extrêmement contagieux. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que Xi Jinping, qui exhorte à maintenir cette stratégie zéro Covid, il parle de « ili », on voit partout ça dans les journaux, c'est-à-dire la notion de persévérance dans cette stratégie. On a des tests massifs, un personnel médical qui est surchargé, des structures médicales qui n'arrivent plus à suivre, et pris une vraie lassitude de la population chinoise, qui a du mal... Typiquement à Changchun, qui est une région qui a été fermée, c'est que vous sortez de chez vous un jour sur deux pour aller ravitailler, une personne sur deux, mise en quarantaine 15 jours, 3 semaines.
Et puis, il y a eu, il n'y a pas très longtemps, ce qui a mis en émoi le site Weibo, qui est une infirmière de 49 ans qui malheureusement est décédée, de crise d'asthme, parce que la priorité, c'est le Covid,
et qu'elle est décédée de crise d'asthme, n'ayant pas accès à la santé.
Donc Nicolas Béraud, ce qu'on comprend, c'est que maintenant, il est tellement contagieux, ce Covid, que c'est une illusion de vouloir me mettre sous cloche, parce qu'il se propage partout. Donc du coup, il est inadapté avec un virus aussi contagieux, sous question du téléspectateur, puisque ça ne marche plus, quel pays d'Asie met encore en œuvre cette politique zéro Covid ? Un truc qui ne marche pas, on arrête. Déjà, se rendre compte que face à un variant très contagieux, c'est compliqué de faire du zéro Covid, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, ces pays-là se sont dit ça l'automne dernier, avec le variant Delta, et à ce moment-là, ils ont changé un petit peu de stratégie.
Il y avait, grosso modo, il y a quelques semaines, trois pays ou territoires, la Chine, Hong Kong et Taïwan, qui continuaient vraiment à faire la stratégie zéro Covid. Hong Kong, vous me disiez, ils ont une mortalité quasiment trois fois supérieure au pic que l'on a eu en France. Alors Hong Kong était là-dessus il y a quelques semaines, et ils se sont pris une vague Omicron extrêmement forte, parce qu'en gros, les mesures qui étaient prises ne suffisaient pas à stopper la transmission d'un virus qui peut se propager si rapidement. Et du coup, ils ont une vague extrêmement élevée. Ils ont deux inconvénients.
C'est qu'ils ont très peu de personnes qui étaient immunisées par une précédente infection, vu qu'ils avaient fait du zéro Covid. Donc quasiment personne ne l'avait eu. Deuxième, entre guillemets, inconvénient, les personnes âgées à Hong Kong sont peu vaccinées, moins d'une sur deux est vaccinée. Et parmi celles vaccinées, la majorité sont vaccinées avec un vaccin chinois, Sinovac, qui est moins performant que les vaccins à ARN messager. Donc tous ces éléments... Il y a aussi le vaccin chinois qui n'est pas très efficace. Il est efficace, mais moins que Pfizer.
Donc tous ces éléments mis ensemble, ils ont effectivement eu un pic de cas quotidiens extrêmement élevé, qui a été atteint il y a trois semaines. Ils ont eu un pic de décès quotidiens. Ils ont eu 300 décès quotidiens par jour au maximum. Et quand on rapporte à la population, c'est à peu près deux fois et demi plus que nous, notre pic de la première vague. Donc avant les vaccins. Alors certes, les comparaisons entre pays sont toujours... D'accord, d'accord, mais c'est pour avoir une idée du tsunami qui sont en train de vivre. Caroline Tourbe. La stratégie zéro Covid, en fait, encore une fois, il y a deux temps dans cette stratégie.
Au tout début, quand elle est décidée par l'Australie, la Nouvelle-Zélande et certains pays asiatifs. Ils sont les rois du monde et ils nous disent regardez ces Européens. Et elle a du sens parce qu'on n'a pas de vaccins. Donc ils font une stratégie qui va les empêcher d'avoir les premières vagues, les premiers tsunamis que nous, on a pu avoir. Et l'idée, c'était d'avoir, après, une fois que le vaccin est là, de vacciner massivement. Du coup, d'ouvrir les portes quand la population est largement protégée avec un vaccin très efficace. Ce n'est pas du tout ce qui est en train de se passer en Chine. C'est plus ou moins ce qui se passe maintenant en Nouvelle-Zélande et en Australie.
Même si au début, il y a eu aussi des problèmes. C'est-à-dire que quand la Nouvelle-Zélande a imaginé, a bien vu, il y avait un principe de réalité, de voir qu'ils ne pouvaient pas rester sous cloche en permanence, ils n'avaient clairement pas incité leur population à se vacciner assez vite, assez fort. Donc, il a vraiment fallu... Il faut vraiment que les deux choses fonctionnent. C'est un zéro Covid sans vaccin. Ça a été possible au début, mais on ne peut pas ouvrir son pays si on n'a pas vacciné massivement. Patrick Pelou, est-ce qu'on ne peut pas avoir une lecture politique, d'ailleurs ?
On voit qu'il y a des démocraties, comme la Nouvelle-Zélande et l'Australie, qui sont agiles, qui s'adaptent. Et on a vu tout à l'heure le responsable du Parti communiste chinois, droit dans ses bottes, niant les morts à Hong Kong, nous expliquant que la Chine avait toujours raison et que la stratégie Covid était la meilleure et qu'on la ferait contre vents et marées et que le vaccin chinois était le meilleur au monde. Il a rajouté pour la production économique. C'est-à-dire qu'en effet, c'est un virus politique. C'est un virus qui a fait tomber Trump. C'est un virus qui a fait trembler l'Angleterre. C'est un virus éminemment politique parce qu'il a touché...
Personne ne s'attendait à une telle pandémie. Et en effet, ça a touché les systèmes de santé, les systèmes de protection sociale, l'exclusion, les programmes de santé publique. Pourquoi les États-Unis ont été très touchés ? Parce qu'ils ont une épidémie d'obésité qui est absolument épouvantable dans leur pays. Donc, c'est un virus qui a tapé partout, sur toutes les défaillances. Et là, ça tombe sur une dictature, la Chine. Et quand ils disent... Oui, vous avez raison, Nicolas. Le truc, c'est quand ils disent... On a un vaccin chinois. Non, leur vaccin, il n'a pas fonctionné.
Mais Faïsa Bossi, c'est vrai qu'au début, on était assez admiratifs de la façon dont les Chinois avaient géré l'épidémie de Covid. On disait, ben, eux, ils n'ont pas de morts. Est-ce que ce n'est pas en train de se retourner, là ? Ils sont droits dans leur botte avec cette stratégie zéro Covid et ils ont les morts alors qu'il y a un vaccin. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont une difficulté à faire face à un virus qui est très contagieux et ils ont du mal à vouloir replacer leur stratégie. Alors, est-ce que c'est un choix politique ? De l'entêtement ? Je peux dire si c'est de l'entêtement.
En tout cas, je vous dis, quand vous regardez les journaux chinois et la presse chinoise, le maître mot, c'est « ili », la persévérance. C'est-à-dire qu'on persévère dans cette stratégie qui est là. Et l'autre chose importante, c'est que la couverture vaccinale en Chine est inversée. On a favorisé la jeune population plutôt que les personnes âgées. Et donc, il faut y voir aussi un signe de stratégie économique. Il y a quelques semaines... Stratégie économique, c'est bien vu en Chine. Il y a quelques semaines, un chercheur m'expliquait que c'est justement parce que les autres pays abandonnent les zéro Covid que la Chine va la poursuivre.
Et il se trouve que là, on voit le président chinois qui dit « on maintient ». Parce qu'il y a aussi effectivement un enjeu politique de montrer au monde entier, vous voyez, tous les autres, ils abandonnent et nous, on continue. On parvient à maîtriser le nombre de décès, le nombre de cas, même s'il y a sans doute une sous-estimation. Mais il y a effectivement une motivation politique derrière ça et aussi économique. Et d'ailleurs, à propos de l'économie, on voit que quand il y a des confinements dans des grandes villes chinoises parce qu'il y a quelques cas, ça impacte l'économie du monde entier. Parce qu'il y a des usines qui ferment, du coup, la demande en pétrole diminue.
Donc, en fait, ce qui se passe en Chine, c'est un pays tellement puissant que ce qui se passe en Chine, en Chine a forcément des conséquences sur l'ensemble du monde. Et ça, c'est intéressant parce que ça fait renaître la souveraineté et l'indépendance des pays européens. En tous les cas, on a vu comment le vaccin efficace inventé par Pfizer et Moderna nous avait sorti de cette affaire et comment les insuffisances de Sinovac, le vaccin chinois, peuvent expliquer les difficultés de la Chine. Il n'empêche, en Europe, nous avons aussi des anti-vax et des anti-pass, des anti-pass qui se sont recyclés. Alors, est-ce qu'il faut y voir un hasard ou un phénomène communautaire ?
En tous les cas, sur les réseaux sociaux, les anciens opposants au pass sanitaire partagent désormais des discours favorables au président Vladimir Poutine. Comment l'expliquer ? Est-ce qu'il existe une passerelle entre ces deux nébuleuses ? Élément de réponse avec Laura Radeau, David Lemarchand et Erwann Illion.
Ils sont français, mais leur discours a récemment pris des accents pro-russes. Poutine, dans un souci de défendre son peuple et derrière tout cela, la souveraineté de son pays,
a bien sûr raison d'intervenir en Ukraine. Les gouvernants successifs et l'Europe vous feront croire à tous que Poutine ne veut pas discuter.
Quant à nous, la France, quittons l'OTAN ? Que fait-on encore dans ce truc hyper agressif à la boîte des États-Unis ? Richard Boutry, Olive Olive, Florian Philippot, des figures du mouvement anti-pass sanitaire en France. Depuis le 24 février, la guerre en Ukraine est devenue leur nouveau cheval de bataille. Sur les réseaux sociaux et sur YouTube, leurs comptes se font l'écho des thèses du Kremlin. Aujourd'hui, on arrive à voir des citoyens ukrainiens. On les voit, ça y est, les vidéos sortent. C'est pour ça que d'ailleurs, ils coupent beaucoup les réseaux. Des citoyens ukrainiens qui se félicitent de l'arrivée de la Russie en Ukraine. Pourquoi ?
Parce que quand on écoute un petit peu ce qu'ils racontent, ils racontent quand même qu'ils se sont fait bombarder la gueule par leur propre gouvernement. Autre compte, même thèse complotiste, celui de la Covid-oseptique, Chloé Framerie. Elle dénonce l'existence de laboratoires d'armes bactériologiques en Ukraine, carte à l'appui. Sur Telegram, l'un des plus écoutés, Sylvano Trotta, suivi par 150 000 abonnés, propage les plus folles rumeurs.
Un médecin de la ligne de front ukrainienne affirme avoir ordonné la castration de tous les prisonniers de guerre russe. Et on soutient ces barbares.
Selon un sondage canadien, 88% des personnes vaccinées pensent que la Russie commet des crimes de guerre en Ukraine. Ils ne sont que 32% parmi les non-vaccinés. Du Covid à l'Ukraine, l'adhésion au thème complotiste participerait en réalité d'une même logique, celle d'une défiance du système en général. Pour certains influenceurs complotistes, il y a une certaine logique à la succession d'événements dramatiques. On passe du Covid à l'Ukraine et pour eux, ça fait partie d'un plan global des élites mondialistes et qui cherchent à soumettre la population.
D'abord avec le Covid, avec les masques, avec les passes sanitaires et qui maintenant cherchent à nous saisir devant les écrans, nous faire une peur d'une guerre nucléaire. Et tout ça ferait partie d'un plan mystérieux des élites. Donc tout ça est écrit. Dans cette guerre de l'information, le rôle des réseaux sociaux et des plateformes continue de poser question. Facebook, Twitter ou Youtube, un terreau fertile sur lequel les discours marginaux prospèrent. Les plateformes sociales essayent, pour les grandes plateformes, que ce soit Twitter ou Facebook, de lutter contre la désinformation liée à cette guerre en Ukraine.
Ils le font des fois en s'attaquant à des médias de propagande russe ou certains sites de propagande russe. Mais le problème reste qu'on est sur un marché dérégulé de l'information, qu'on est sur un marché global, globalisé de la désinformation et que s'il y a une demande, évidemment, l'offre sera toujours là pour la nourrir. Et quand des médias russes comme Spoutnik et RT soutiennent tacite des antivax, se voient interdits de diffusion, c'est sur Twitter que la propagande de Poutine se déploie. avec comme relais les comptes officiels du Kremlin, présents en Europe.
Dans cette vidéo postée par l'ambassade russe à Paris, une femme qui habiterait près de Mariupol raconte les exactions d'une milice néo-nazie ukrainienne. Depuis le premier étage, ils ont tiré sur les gens. Huit personnes ont été tuées, quatre blessées. Des contenus ensuite repris par des influenceurs antivax, le résultat d'une stratégie de longue date mise en place par le régime russe.
Ce qui a été travaillé dans la durée par le Kremlin au moment du Covid-19 avec une forme de relativisme permanent, de doute visant la politique vaccinale des élites occidentales, aujourd'hui est utile dans la perspective du Kremlin pour justement mobiliser des audiences qui, elles, vont diffuser là aussi une forme de doute et de confusion autour de l'action de l'armée russe en Ukraine. Donc c'est ici qu'il faut peut-être voir une forme de parallèle, de connivence, on va dire, de conversion d'intérêts entre ces cibles et le discours officiel du canon.
Entre manipulation de l'information et propagation de fake news sur Internet, les théories conspirationnistes ont explosé depuis le début de l'invasion russe. Une aubaine pour le Kremlin et une audience toujours plus importante pour les partisans du complot.
Alors, question téléspectateur Nicolas Béraud, pro-russes et anti-vax sont-ils les mêmes ? Je crois que vous avez enquêté sur ce sujet. On ne va pas dire que tous les pro-russes sont anti-vax et inversement, mais très clairement, il y a des passerelles entre ces deux groupes de personnes. Alors, il y a plusieurs passerelles, plusieurs choses qui les rejoignent. On peut citer notamment le fait que, dans les deux cas, ils dénoncent ce qu'ils considèrent être un discours dominant. Ils disent qu'ils sont manipulés, donc à savoir, les vaccins, ça marche d'un côté et puis de l'autre, Poutine, c'est le méchant et l'Ukraine a été envahie par la Russie.
Donc voilà, ils considèrent que, enfin, ils estiment que c'est un discours vraiment largement dominant, médiatique, et ils considèrent que ce n'est pas forcément vrai. Et la deuxième chose, c'est, ils ont aussi, enfin, ce qu'ils disent, c'est qu'ils voient dans cette guerre en Ukraine une sorte de diversion qui permettrait de continuer à imposer des mesures qu'ils estiment liberticides, etc.
Donc, il y a très clairement des passerelles et elles se matérialisent notamment sur les réseaux sociaux parce qu'on voit des anciens comptes très influents de la sphère anti-vax qui très fréquemment partagent des messages ou des vidéos un petit peu complotistes concernant la guerre en Ukraine et on voit inversement l'ambassade de Russie en France qui est extrêmement active sur les réseaux sociaux. L'ambassadeur a même été convoqué hier pour deux caricatures un peu, enfin, très polémiques. Mais l'ambassade de Russie en France, elle partage maintenant des articles, par exemple, du site François qui est un repère entre guillemets des contestataires anti-vax.
Donc, il y a vraiment des passerelles très visibles. Et c'est vrai que, Caroline Tourbe, il y a une contestation de la parole officielle que vous représentez, par exemple, en se disant mais non, mais va sur télécite et là, tu vas apprendre des choses qu'on nous cache. C'est quelque chose que vous entendez souvent, vous, en tant que journaliste... Moi, je ne représente pas la parole officielle. Non, mais ce que je veux dire... C'est un ressort. C'est clairement un ressort. L'idée, c'est d'aller là où les autres n'iraient pas avoir accès à des informations que l'on ne mettrait pas en avant parce qu'on veut les cacher. Il ne vient pas à l'esprit qu'on ne les met pas en avant.
On vous l'accueille souvent, vous, les journalistes ? Ça peut arriver. Ça peut arriver. Pas tant que ça, mais ça peut arriver et clairement, c'est un ressort qui est important et il faut bien distinguer les choses, encore une fois. Il y a les antivax, ça a déjà été dit, et puis il y a les gens qui sont sceptiques sur les vaccins, les gens qui se posent des questions. Je rappelle toujours que c'est très important d'avoir le droit de se poser des questions sur les vaccins, c'est très important de pouvoir y apporter des réponses et qu'il y ait une convergence qu'on puisse discuter. Et ça, c'est très différent de ce qui est un antivax qui, lui, de toute façon, a la préscience des choses.
Il sait que les vaccins sont dangereux et ne fonctionnent pas. Donc, partant de là, on ne peut pas discuter. La plupart du temps, on ne peut pas convaincre un antivax parce qu'on utiliserait des arguments rationnels auxquels il ne veut pas répondre puisqu'il a l'impression qu'on lui cache les choses dont il est certain qu'elles sont réelles.
À partir de là, les choses tourneront et ce pont entre les deux, entre pro-russes et antivax, on voit aussi que, par exemple, Spoutnik et puis tous les médias russes qui ont largement été aussi utilisés, non pas pour forcément faire de l'antivax, mais pour avoir des discours sur notamment l'épidémie en Russie qui n'était pas si terrible que ça, alors qu'on avait des échos de journalistes occidentaux en Russie qui ont expliqué à quel point le Covid a frappé très fort en Russie et à quel point il n'était pas sous contrôle. Les gens ne se sont pas vaccinés. En Russie même, les gens n'ont pas confiance dans les vaccins puisqu'ils sont à peine à 35% de couverture vaccinale totale.
Donc, on est vraiment aussi dans un pays dans lequel on nourrit une méfiance terrible en faire des vaccins. Allez, un petit mot. Je sais que vous recevez beaucoup de messages en tout genre d'insultes. Oui, pas tant que ça. C'est vraiment, mais c'est un tout petit peu, mais c'est toujours les mêmes. Je suis complètement d'accord. On ne peut pas faire l'amalgame, mais c'est souvent les mêmes. Moi, je me suis prononcé, évidemment, en faveur de l'Ukraine et évidemment, là, il y a les insultes, les menaces à chaque fois. C'est souvent les mêmes comptes, d'ailleurs, sur Instagram, sur Twitter. Il y a une frange, il faut l'accepter, il y a une frange de la population qui est complotiste.
Sauf qu'elle a une caisse de résonance maintenant au travers des réseaux sociaux. Parce que le gars, avant, il était au café du coin et puis ses conneries ne dépassaient pas le bar et puis maintenant, il a cet outil magnifique où d'un coup, vous pouvez faire votre propre chaîne de télé, diffuser vos propres informations, faire des fausses cartes, mentir, etc. Et vous allez toujours avoir des gens qui vont vous suivre et c'est comme ça qu'ils existent. Et donc là, ils surfent sur les sujets d'actualité. Là, il faut espérer que cette guerre ne va pas... continuer et se propager. Eh bien, ils trouveront autre chose après, évidemment.
Et ça, quand vous essayez de faire porter la science et la vérité ou avoir des arguments sur vos opinions, eh bien, c'est très difficile et c'est très compliqué. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, Faïs Abossi, on ne parle plus de traitement. Pourquoi ? Est-ce que vous avez d'ailleurs des demandes pour des traitements contre le Covid ? Quand on a le Covid, on n'en parle pas. Et le Covid long, est-ce que ça se traite ? Est-ce que ça se soigne ? On sait qu'il y a un vaccin, mais quid des traitements ? Alors, le vaccin est une des thérapeutiques qui fait partie de la stratégie pour lutter contre l'autre vie. Voilà, il n'y a pas que ça.
Il y a aussi, on rappelle, les gestes barrières. on ne les oublie pas. Après, il y a des thérapeutiques médicamenteuses et notamment les anticorps monoclonaux. Je crois qu'il y a encore des études récentes qui ont été faites sur des anticorps monoclonaux qui vont passer par la bouche alors que ce qu'on avait, c'était en infusion. Donc non, les travaux continuent. Mais si moi, j'ai le Covid, vous me prescrivez quelque chose ou vous me dites, écoutez, si ça va mal, vous appelez Patrick Pelou ? Voilà. Exactement. Absolument. Déjà, ça dépend de la sévérité. Comment vous êtes touché ? Quels sont les symptômes que vous ressentez ?
À chaque symptôme, on va adapter, grader une thérapeutique et celles-ci, elles sont toujours présentes et on continue à avancer, on continue à travailler sur le sujet, etc. Non, des thérapeutiques, il existe toujours. Il y a un traitement sur lequel on misait beaucoup d'espoir, c'est le Paxlovide. C'est un antiviral qui est mis au point par Pfizer et ce traitement, il a pour but, en fait, on le donne à des patients qui sont à risque dès qu'on sait qu'ils sont infectés et c'est pour éviter, pour limiter le risque de formes graves et dans les données cliniques, on voit qu'ils marchent bien. Le problème, c'est que, pour l'instant, c'est un peu un flop.
C'est-à-dire qu'on a reçu 100 000 traitements au premier trimestre, il y en a un petit peu moins de 4 000 qui ont été utilisés parce qu'il y a des questions un peu pratiques, il faut le prendre dans un intervalle très précis, il y a aussi sans doute un problème de communication. Le ministre de la Santé, hier, a fait un message pour encourager à la fois les patients et les médecins à utiliser ce traitement. qui n'arrivent pas encore à être très utilisés en France. Question de Bertrand dans le Haut-Rhin. Covid en Chine, manque de fiabilité du vaccin chinois ou population trop faiblement vaccinée ? Les deux. Alors, est-ce qu'ils se... Les deux ? Les deux.
Dans les pays autoritaires, on se méfie de son vaccin ? De son vaccin d'État ? Je ne sais pas si on peut dire ça. Ce qui est sûr, c'est qu'encore une fois, je le répète, l'efficacité du Sinovac sur le Covid est moins importante que les vaccins ARN messagers ou les autres vaccins dont nous avons pu disposer en Europe. C'est le premier point. Je vous ai dit, le schéma vaccinal est inversé. Ils ont favorisé la vaccination chez les populations jeunes que chez les personnes âgées alors que pourtant, ce sont les plus vulnérables. C'est pour soutenir les forces de travail. Voilà. Et puis, la volonté au départ, c'était la stratégie zéro Covid.
Donc, pas forcément de mettre en exergue la vaccination qui n'est pas non plus un choix sanitaire qui est mis en exergue dans les pays asiatiques. Que savons-nous sur les risques à long terme du Covid ? Coeur, poumon, fertilité ? Ces fameux... Ah, c'est surtout cœur-poumon, en fait. C'est surtout les fibroses qui apparaissent sur les personnes qui ont eu des atteintes jusqu'à 75% et où, en fait, il y a une fibrose qui est apparue. Donc, elles sont durablement essoufflées ? Durablement essoufflées, même chez les jeunes. Vous avez des jeunes qui, d'un coup, étaient sportifs et qui, d'un coup, ne peuvent plus courir. Alors, il faut savoir que...
On parlait des variants précédents, peut-être pas d'Omicron. Non, pas d'Omicron. On parlait de Delta. Voilà, voilà. Mais vous avez... Même avec Omicron, il y a des personnes qui ont fait des formes avec des atteintes à 25-50%. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait, ces personnes sont bien prises en charge, que ce qui compte, c'est justement l'activité physique, c'est justement un suivi par des pneumologues et ça, ça prend une bonne tournure. Évidemment, quand vous touchez le poumon, vous avez des répercussions sur l'appareil cardiovasculaire. Évidemment, c'est inhérent. Et le troisième, qu'il ne faut jamais oublier, c'est psychiatrique et psychologique.
C'est-à-dire qu'en effet, vous avez des syndromes dépressifs qui ont été entraînés par la Covid-19. Ce rebond épidémique n'est-il pas surtout dû à l'allègement du protocole sanitaire dans les écoles ? Caroline Tourbe, on sait que les enfants, il y a beaucoup d'interactions. Ça doit remonter chez les parents après. On a observé qu'il y avait des fermetures d'écoles, mais enfin, on n'est pas sur une deux classes, on n'est pas sur une explosion du nombre de classes fermées, du nombre d'écoles fermées. Donc oui, ça joue dans la dynamique. C'est toujours la même question. On sait que ça joue. Est-ce que c'est l'essentiel de ce qui fait ce rebond ? Je ne pense pas.
C'est clairement le BA2 qui joue son rôle d'hyper-contagiosité et les masques qui seront moins portés en intérieur, l'aération qui n'est pas encore un réflexe. C'est vraiment quelque chose qu'il faut répéter avec les températures un peu plus douces. C'est encore plus simple. Il faut vraiment aérer chez soi, au bureau, au restaurant quand c'est possible, le plus possible, aérer. Quelle variance vit actuellement en Asie ? Est-ce le même qu'en Europe ? Est-ce qu'il y a des régionalisations ? C'est Omicron. C'est Omicron. Parfois, BA2 n'est pas encore majoritaire. Parfois, il l'est déjà. Mais c'est Omicron.
Omicron, vraiment, il se propage tellement rapidement que dès qu'il arrive dans un pays, en quelques semaines, c'est bouclé, il devient dominant. Donc c'est incroyable. C'est la loi des grands nombres qui fait qu'à Hong Kong, il y a eu autant de morts ou c'est parce que c'est la faible immunisation des populations chinoises qui ont vécu sous cloche ? C'est la faible immunisation naturelle parce qu'il y a eu très peu de personnes infectées par le passé et aussi la faible immunisation par la vaccination chez les personnes âgées qui sont les plus à risque de décéder. Une démographie un des pays où vous avez en termes de population une démographie qui est très élevée.
On n'est pas sur une île en Nouvelle-Zélande avec vous et un mouton quand même. Il faut aussi replacer. C'est quand même un terreau. Il y a une forte densité donc une facilité pour le virus à se propager. Et juste pour compléter sur l'aération parce qu'on a parlé du nombre de cas qui augmente très fortement, quelque chose va beaucoup nous aider. C'est l'arrivée des beaux jours. On voit que là, depuis quelques jours, il fait plus doux, plus beau. Et on sait que ça, on l'a vu l'an dernier, on l'a vu aussi il y a deux ans à la fin de la première vague. Ça nous aide parce que le virus, entre guillemets, il se propage plus facilement en saison hivernale.
Quand il fait beau, déjà, on peut beaucoup plus s'aérer plus facilement. Donc ça devrait nous aider à atteindre un pic qu'on espère dans pas trop longtemps. Ce qu'il faudra qu'on surveille, c'est l'arrivée éventuelle d'un nouveau variant, évidemment, à partir du mois de juillet. Ou que ce soit dans le monde. Ou dans le monde. Ça se sert dans le monde. En espérant qu'il soit toujours moins létal que le précédent. Oui, c'est possible. Parce que quand on regarde, c'est possible. Il faut espérer ça. Et moi, je suis assez optimiste parce qu'en fait, ils s'usent progressivement. C'est la loi, d'ailleurs, de ces coronavirus. On dit que le rhume, c'est un ancien coronavirus.
Franchement, sur ce coronavirus, on ne peut pas savoir. C'est-à-dire, c'est ce qui s'est passé avec les autres, mais sur celui-là, ça ne peut pas savoir. À la fin, quand même, les virus dans l'histoire, à la fin, ils sont de mieux en mieux tolérés. En virologie, le principe même d'un virus, c'est de survivre et donc de vous contaminer vite, rapidement, mais il n'a pas vocation d'être létal parce que sinon, il disparaît. Ah bah voilà. Il faut quand même maintenir en vie la bête pour continuer à exister. Une infection au sous-variant BA1 protège-t-elle du BA2 ?
Alors, si j'ai bien compris, Nicolas Béraud, BA1, c'était la première version du Omicron, celle qu'on a vue apparaître fin décembre, début janvier. Et BA2, c'est celle qu'on a en ce moment-là, les 148 000. Donc, est-ce qu'on sait si on l'a eu, Omicron, en début janvier ? Est-ce qu'on est protégé en ce moment ? Déjà, on n'a pas encore énormément de recul parce que BA1, comme vous l'avez dit, c'est décembre janvier. Mais ce qu'on a aujourd'hui dans les données danoises et britanniques, qui fournissent toujours des rapports très complets, c'est que le risque d'attraper BA1 puis BA2 dans une période de quelques mois, il existe, mais il est a priori faible.
Et la grande question, c'est si on fait passer un délai de 4-5 mois entre BA1 et une infection BA2, est-ce que c'est davantage possible ? Et on peut le craindre parce que l'immunité, en général, elle baisse au fil des semaines. Donc, il y a des gens qui ont eu BA1 en décembre qui peuvent avoir BA2 maintenant et on peut craindre que des gens qui ont eu BA1 en décembre risquent davantage d'attraper BA2 dans les semaines qui viennent. C'est pour ça que le gouvernement répète toujours les gestes barrières. Il recommande quand même le masque aux cas contacts et aux personnes fragiles, même si c'est plus obligatoire, même si on a déjà eu Omicron en décembre-janvier.
Oui, ça fait BA1 à Noël et BA2 pour Pâques. On attend BA3 ? Après, il y a aussi BA11 parce qu'il y a des soulignages de soulignages pour toute la galaxie d'Omicron. D'accord. Voilà, c'est la fin de cette émission. Merci beaucoup d'y avoir participé. Bien sûr, vous restez sur France 5 puisqu'à suivre, c'est l'hebdo avec Ali Badou. Bonsoir Ali. Qu'y a-t-il au menu ce soir ?
Salut Axel. Au programme ce soir, la guerre en Ukraine. Arrêter la guerre sans faire la guerre. C'est le dilemme des Occidentaux face à Poutine. Décryptage avec nos invités. Et puis, fin de campagne présidentielle. Les candidats n'ont plus que 15 jours pour convaincre. On ira expliquer à chacun sa stratégie. Et puis, rencontre avec celui qu'on appelle l'homme qui parle aux requins, l'océanographe et plongeur professionnel François Sarano. Et Daniela Ferrière, le formidable écrivain, viendra nous rendre visite après 20 heures. Salut Axel et à tout de suite.
Salut Ali. C'est tout de suite, c'est l'hebdo. Ali Badou,
bonne soirée sur France 5.
Sous-titrage Société Radio-Canada
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